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 On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.]

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Ghozwi
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MessageSujet: On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.]   On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.] EmptyMar 8 Aoû 2017 - 22:38

Depuis l'attentat du laboratoire d'Aori Opkims, l'angoisse ne cesse de m'étreindre, comme une prédatrice. Moi, vulgaire proie, a tout tenté pour... oublier ?! Comment le puis-je ? J'ai saboter la machine d'Aori à la demande d'une assassin, envoyée pour tuer l'ingénieur. Il a fallu qu'elle tombe sur moi et mes foutus talents pour arriver à ses noirs desseins.
Alors, vous vous doutez bien que lorsque la pirate la plus puissance des mers, ou en tout cas la plus recherchée, vous propose un projet absolument impossible -mais plutôt attirant- qui vous permet de fuir la ville ressemble disons à une vague solution de secours.
Dans la panique, on accepte des choses stupides et on fonce droit devant...
C'est au moment où j'ai reposé le pied en ville, que j'ai réalisé la grandeur de ma connerie. Il faut que je me barre d'ici, et le plus vite possible ! -Si j'arrive à me débarrasser des pots de colle que Nuhada m'a filé... - Lorsqu'ils se rendront compte de mon absence prolongée au rendez-vous, ils se mettront immédiatement à nous chercher. S'il y a une chose que j'ai compris chez Nuhada Long John Silver, c'est qu'une fois qu'on signe un contrat avec elle, c'est pour longtemps...

Tout en réfléchissant à un plan pour m'en sortir, je retourne vers les quartiers marchands. Cette rue animée de journées en soirées offre de multiples plaisirs aux yeux, à l'odeur, et d'immense possibilité d'achat. Tout est vendu ici, même les choses inutiles. Lorsque l'on traverse tout le bazar, on arrive dans les rues à la limite de la basse ville. C'est là où se trouve la boutique de Skirnix. Elle sert de point de vente des armes et bijoux forgés sur place. Le coin forge étant en arrière boutique, les clients pouvaient aller et venir sans prendre le risque de se salir les pompes.
J'arrive enfin dans cet endroit, à la maison... Oui, c'est chez nous ici. Je me suis toujours senti aussi bien pendant toutes ces années d'acharnements, de travailles, avec mon mentor, pour tenir la forge et gérer la boutique. Et au fur et à mesure, nous avons commencé à avoir une renommée et la machine est partie ! Tout s'est mis en place et désormais tout tourne à merveille.
Le nœud à l'estomac et le pincement au cœur m'indiquent que je ne suis pas encore prêt à partir de la maison... Ou alors c'est juste le stresse ?
Je secoue la tête pour me reprendre. Après tout, cela fait cinq bonnes années que je chemine entre ici et la Collaboration, travaillant sur deux fronts... Est-ce que ce train-train quotidien a fini par me lasser ? Parfois, l'idée de partir voyager quelque temps m'a traversé l'esprit. Mais je suis attaché à cette ville et à mes projets... Aujourd'hui, on m'arrache de tout ça pour me proposer ce qui peut devenir l’œuvre de ma vie. Proposés par des foutus pirates...

Non. Ma situation est déjà bien assez dramatique !
Je sors de mes rêveries lorsque le pied impatienté d'un des deux pirates se fait entendre... ça va j'ai compris. Ils attendent à la sortie de la boutique, suffisamment en alerte pour veiller à ce que je ne fasse pas une bêtise. Comme si ça me ressemble... Hmm.

Je me faufile dans mon espace personnelle où j'y ai rangé une partie de ma vie : des livres, des outils, des fabrications laissées à l'état de concept, des schémas et tout pleins de choses inutiles à décrire. Je cherche un papier, un seul très important ... Et... le voilà ! D'une main tremblante, je regarde le parchemin plié en quatre... Je respire un grand coup et le met en sécurité dans une poche de ma veste. J'attrape quelques affaires mis dans un sac à bandoulière et je m’apprête à filer... Mon long nez en croise un autre sur le chemin.
- Ghozwi !
- S-Skirnix ?!
Eh merde...
- Qu'est-ce que tu fiches, ulik - Ouh là, s'il me sort des gamins en vieille orc, ça va mal finir pour moi... - Tu rentres comme un voleur, laissant deux molosses armées jusqu'aux dents à ma porte, tu rassembles tes frusques, et tu allais partir sans rien dire ? Pas un mot laissé sur une table, rien ?!

Il s'arrête. Son mutisme est pire que son monologue... Mais son regard se fait plus inquiet. Il me connait bien, trop même... Et il a déjà vue quelques corsaires et pirates dans sa vie pour savoir en reconnaître un. Il a déjà compris rien qu'en lisant sur mon visage que je suis totalement perdu et probablement en danger.
- Qu'est-ce qui se passe, petit ? , Reprend-il plus doucement. Si jamais tu as encore des ennuis, tu sais que tu peux m'en parler... Je sais gérer les pires emmerdes à force de vivre dans cette ville, et je connais des gens qui peuvent nous aider.
- Skirnix... J'ai...

Le silence qui suit n'a pas le temps de s'éterniser que mon mentor reprit :
- C'est à propos de l'accident à la Collaboration ?
- Ce n'était... pas un...
- Peu importe. - Sur ces mots, il pose fermement une main sur mon épaule - Je te connais, ulik. Tu n'es pas un assassin.

Il n'a en réponse que le mutisme. Nous avons déjà discuté... toutes les nuits où j'ai crié suite aux cauchemars... Personne n'est innocent... Ce que j'ai fait, c'est... terrible. Je baisse la tête, effondrée, que je relève bien vite à la demande du gobelin.
- Gardes donc cette tête haute, je te l'ais répété cent fois.
- Oui !
- Bon. - Il finit par sourire - Je craignais ce jour... Mais peut-être vaut-il mieux que tu partes... Laisser le temps que toute cette pagaille se tasse et tu pourras revenir lorsque toi-même tu auras trouver ce que tu cherches.
- Et qu'est-ce que je cherches ?

Il se met à rire et hausse les épaules :
- A toi de trouver ! - Facile à dire. Mais dans ces paroles, une part de vérité se cache. - Et tu as intérêt à m'écrire ! D'ici quelques mois, Quetaïn aura cessé toutes recherches sur ce malheureux évènements... Je l'espère.

Des paroles très terre à terre. C'est tout lui, ça ! Connaissant Skirnix et son parcours, il a sans doute connu des moments douloureux dans son passé pour qu'il décide de quitter Zandorz, la cité natale des gobelins, pour voyager et venir jusqu'ici. A la fin, il s'est concentré sur ses rêves et ambitions. On peut dire qu'il a réussi.
Mais... Vais-je tout autant réussir que lui ? Pour le moment, je préfère penser au présent... Dramatique.
- Par contre, Ghozwi ... , Finit-i par dire dans un souffle. Il me tire une oreille, me faisant grimacer. Il me lance un regard dur et son ton est amer : C'est quoi ces foutus pirates dans le magasin ?!

Aïe.
Je t'expliquerais tout, promis ! Ce sont mes derniers mots avant que ma frimousse file à toute vitesse par la sortie de secours. Ils ne mettront pas longtemps à se rendre compte de ma fuite...

Suite à ces adieux rapides, le cœur peiné, je quitte la ville dans la minute. Je passe par le coin des voyageurs, là où se trouve une bonne majorité des écuries de la ville. Personne ne vient poser des questions ici, hormis les gardes qui veillent sur les marchandises que les voyageurs ramènent ou emportent pour faire des transactions. C'est ici que se joue toute l'exportation de Quetaïn. Prudent, je serpente presque entre la foule. On ne fait pas attention à un petit bonhomme encapuchonné. Tant mieux. Je me décale sur le côté pour éviter de me faire piétiner par les cheveux et je reprends mon souffle. Prochaine étape, la porte. Et ensuite... ? Direction l'ouest, loin de Quetaïn et loin de la mer !
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.]   On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.] EmptyVen 7 Déc 2018 - 23:53

Il y a une semaine qu'il n'a pas revu Yllianna. Pas que la gamine lui manque, notez ! Non, les mômes shootées aux herbes elfiques, il en a bien soupé, et si on lui posait la question il vous répondrait bien volontiers que bon vent ! d'Yllianna, qu'elle aille sautiller dans d'autres tavernes et qu'elle laisse un honnête poche cuver son vin et le vomir tranquillement !

Oui sauf qu'entre ce qu'If la Picole vous raconte et ce qu'il pense vraiment il y a souvent un gouffre. Avouer qu'il serait ravi de revoir la frimousse de la gamine et son espèce d'insouciance, ça lui arracherait la langue, au moins. Jouer les ours bourrus c'est tellement plus viril et constructif, surtout socialement. Sûr que ça l'a bien fait avancer dans la vie, à If, surtout avec la relation qu'il a – ou pas – avec sa fille.

Souvent, il se demande ce que fait Elys, ce qu'elle est devenue. Et puis il songe qu'elle doit être bien mieux sans lui.

C'est à cette rêverie de la vie de sa fille que l'on commence le récit. Il est avachi sur le pavé, une bouteille vide à la main et le derche endolori parce qu'il se l'est fait botté à la sortie d'une taverne. Pas de pièce, pas d'alcool, et un coup de pompe au cul en prime, on ne veut pas de mendiant ici, merci ! Pas que l'auberge dont il sort soit le lieu privilégié des marchands de Quetaïn, loin de là, mais bon, même les tavernes miteuses ont des principes. Arroser gratuitement un pochard n'en fait pas partie, curieusement.

Est-ce qu'Elys ressemblerait à Yllianna ? Est-ce que les deux gamines s'entendraient bien ? Il s'imagine sa fille avec un sourire un peu canaille, des envies de clins d’œil, un peu comme la guide de caravanes. Elle aurait un bon mari, des enfants déjà, peut-être. Elle saurait faire cette belle couture qui a toujours impressionné If et tiendrait d'une main de fer sa maisonnée. Une fois encore, il ne se trompe que plus sûrement sur le caractère et la vie d'Elys, mais ça, comment peut-il le savoir ? Pour cerner sa propre fille il n'a aucun talent.
Avec un grognement, il se lève. Tangue un peu sur ses jambes, et se rétablit. Pour soigner le coup de pied aux fesses, il a un bon remède. C'est le même pour chaque problème, et vous vous doutez bien de ce que c'est. Je n'insulterai donc pas votre intelligence, vous commencez à connaître l'animal.

Il récupère la bouteille, plus par réflexe que par intérêt pour l'état de la rue. Certains acceptent de la remplir, à un coût moindre. Direction une des portes de la ville ! L'avantage de la ville de Quetaïn c'est qu'elle est immense. C'est un coin qu'il n'a pas encore visité, il a peut-être sa chance.

Sauf que voilà, sitôt son périple – oui, on parle bien de périple, vu la manière dont il tangue – commencé, il se fait bousculer par un de ces nabots de Peaux-vertes. Il gueule.

« OOOoooh, f-f-faut faire gaffe, bordel ! »

Il titube un peu vers le fautif, un pas en avant, deux pas en arrière, tout en grommelant dans sa barbe des insultes. Dans la langue des peaux-vertes.

« N...nakhna z-z-zharr ! »

Quitte à insulter quelqu'un, toujours le faire dans sa langue.

La chevalerie de Feïral a encore de beaux jours devant elle.
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.]   On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.] EmptyDim 6 Jan 2019 - 16:24

On ne se doute jamais quand ni comment on recroise des visages connus. Et j’étais très loin d’imaginer recroiser ce visage-ci…

Alors que je me précipite vers la sortie de la ville, voilà que mon pied trébuche sur un autre. Un homme avec une belle carrure. Il n’est pas très grand mais il en impose et mon corps un peu maigrichon ne fera pas le poids. Je me rends compte bien vite que notre règlement de compte ne va pas finir en coups de poings ni en punition publique. Eh oui… On ne contrarie pas un marchand surtout lorsque l’on n’a aucune valeur à ses yeux. Heureusement pour moi, il ne s’agit ni d’un marchand ni d’un homme dangereux. Il suffit de voir sa dégaine et ses vêtements, ainsi que l’odeur qu’ils dégagent. Il arrive à peine à parler et à marcher, le malheureux… Je lui présente très vivement des excuses pour l’avoir bousculé mais je ne suis pas certain qu’il m’écoute. Il se met à bafouiller dans le vieux langage… Même si je ne le parle pas souvent, ce mot là par contre je le connais que trop bien. On l’utilise encore dans le langage actuel, c’est une crainte vieille comme le monde, si vous voyez où je veux en venir… Une insulte à quelque chose de plus grand que nous.
Devant cela, mes yeux s’écarquillent et un frisson étrange m’envahit. Je suis dubitatif concernant les anciennes croyances, mais à force d’entendre des histoires ont fini soi-même par craindre quelque chose qui n’existe pas… Alors jurer sur les Primordiaux eux-même, vous pouvez imaginer que ça ébranle un peu.
- Dhan’a… , Murmurais-je solennellement.

Un pardon pieux et un contre sort efficace… C’est bête de ne pas croire en ces choses là mais ce mot a toujours rassuré l’enfant que j’étais. C’est également un pardon très polis, ainsi je fais une pierre deux coups, au cas où il aurait oublié que j’étais désolé de l’avoir poussé. Je finis par ajouter :
- Vous devriez faire attention à ce que vous dites et à ce que vous faites ! Vous tenez à peine debout…

C’est étrange, ce visage me dit quelque chose…
- Laissez-moi vous aider, ainsi je me ferais pardonner de vous avoir… bousculé…

En me rapprochant de lui, le doute persiste et mon coeur tambourine. Mon estomac se noue alors que mon regard bleu scrute les détails du visage… Je ne suis pas certain, car les années ont fait leur travail. Les rides, la barbe plus épaisse, la carrure un peu moins musclé qu’à l’époque mais j’ai très bonne mémoire et je ne peux pas me tromper ! Il n’y avait pas deux personnages comme lui qui ont illustré les histoires de héros d’Aranor. Il faisait parti des plus grands et il m’avait donné l’inspiration et la force dont un enfant a besoin de croire dans les moments difficiles de sa jeune existence.
- Sigifrid ? Le Brisépées ? …

Mon murmure se perd dans le tumulte de la ville. Est-ce Le Sacreguerre, le plus grand héros de Feïral lors de la dernière Bataille ? Celui qu’on dit avoir la seule lame bénie par les dieux eux-même. Encore une croyance dont je vais preuve de scepticisme, mais concernant la légende qui a bâtit cet homme je n’en ai jamais douté ! J’ai déjà vue Sigifrid à l’oeuvre, pendant son combat dans l’arène au côté de Skirnix. Il avait prouvé à tout le monde qu’il était puissant, que sa force égalait celle des Orcs et qu’il était aussi vif qu’un elfe. Mes yeux d’enfants ont toujours été admiratif et ils idolâtrent encore son héros.

Mais… Comment en être sûr ? Sigifrid est très loin de ressembler à … à “ça”. Un homme plus bas que terre, ivre presque mort, déambulant sans objectif dans les rues. Alors que le doute m’assaille, mes pensées sont partagées entre le laisser là et ignorer sa détresse ou de l’aider en prenant le risque de me faire chopper par les pirates de Nuhada Long John Silver. Et puis merde ! Je ne peux pas abandonner un homme dans un état aussi pitoyable.
- Venez, je connais un gobelin qui possède des bons remontants…

Ma main attrape la manche du poche et le tire dans la direction du marché… Il faut que je fasse vite. Avec un peu de chance, les matelots perdront ma trace, et avec le monde qui circulent dans le Grand Marché, il se peut que je gagne un temps fou. J’espère qu’il acceptera de me suivre, ou au moins que je réussisse à le guider là où je souhaite aller. Le gobelin en question se nomme Jholz. Il est descendu du nord depuis quelques années en marchand itinérant, et il fait régulièrement escale à Quetaïn pour vendre sa marchandise au plus offrant. Mais je sais qu’il me fera un prix… Entre Kanach’ on s’entends.
Je me tourne vers l’homme, le regard dur et insistant.

Est-ce que… c’est toi ? Ou vais-je aider un parfait inconnu… ? J’ai dû mal à croire ce que mes yeux semblent voir… Il faut que j’en ai le coeur net, lorsqu’il sera capable de mieux parler...
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MessageSujet: Re: On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.]   On n'échappe pas aux griffes d'un pirate ! [Sigifrid H.G.] EmptyLun 21 Jan 2019 - 19:26

Et voilà, ça ne loupe pas, le gobelin ânonne sa prière contre son apostasie. S'il n'avait pas été aussi gris, peut-être que Sigifrid aurait fait cette grimace qui lui sert de sourire. Pour quelqu'un qui se dit béni des dieux, il n'est pas très dévot. Peut-être que c'est pour ça qu'il a chuté si bas ? Bah... ! Les Primordiaux se moquent bien des hommes. C'est trop simple de tout leur mettre sur le dos, quand bien même la tentation est grande.


« Vous devriez faire attention à ce que vous dites et à ce que vous faites ! Vous tenez à peine debout. Laissez-moi vous aider, ainsi je me ferais pardonner de vous avoir… bousculé…  »

Il en refout une couche. Misère. If est un ivrogne parfaitement capable de se gérer lui-même, merci bien monsieur le gobelin !

« Ch't'emmerde, et les dieux avec. F-fous-moi la paix. »

Il va pour se dégager et envoyer le gobelin voir ailleurs s'il y est, mais la peau-verte marmonne quelque chose dans sa barbe. Pas assez fort pour qu'Hilde la picole entende tout à fait, mais il capte des sons. « ...frid. ». « Brisép... ». Assez pour avoir la sensation d'une douche froide le long de l'échine. Pas qu'If tombe facilement dans la paranoïa, mais en fait...

Si.

Il papillonne des paupières, tente de s'arracher aux rets brumeux qui lui collent les paupières, le crâne, qui le font tituber. Pas simple. Il tente de réfléchir, mais l'alcool continue d'embrumer ses pensées. Est-ce qu'il connaît cette peau-verte ? Est-ce qu'ils se sont déjà vus ? Est-ce que c'est lui qui a juste imaginé... ? Foutue mémoire, foutue ouïe ! Si on le reconnaît...

« Venez, je connais un gobelin qui possède des bons remontants…  »

Il a envie de hurler qu'il ne veut pas de remontant, qu'il veut savoir ce que le gobelin a dit. Mais les mots restent coincés dans sa gorge. Malgré tout il arrive à aligner deux pensées cohérentes, et celles-ci lui disent d'être prudent. S'il se dégage, alors que le gobelin l'a effectivement reconnu, et qu'il aille par la suite raconter sur tous les toits que Sigifrid Hildebrand Génévil, le Sacreguerre, la Lame bénie des Dieux, le Brisépées, Lame Lige de Feïral est devenu un vieux poche... Alors que s'il le suit, il peut le détromper, corriger le tir. Et puis... qui dit que les remontants ne sont pas...

...à boire ?

Sitôt la pensée formulée, sa tête reprend en chœur : à boire, à boire, à boire!

Oui, sauf qu'il y a plus intelligent que de suivre le gobelin qui vient de te marcher sur le pied, Sigifrid. Surtout quand il y a un tu ne sais quoi qui titille ta mémoire. Est-ce que ce seraient les yeux ? La peau-verte n'arrête pas de le dévisager, alors Sigifrid a le temps de lui rendre – méchamment – ses regards insistants. Réfléchis un peu, ma chère Picole. Observe bien, observe mieux. Est-ce qu'il n'y a vraiment rien qui te rappelle quelque chose ? Quelqu'un ? Allez, je t'aide. Un combat en arène, peut-être, et un marmouset gobelin qui te regardait avec des étoiles plein ses yeux bleus ? Non ? Rien ? Ah, navrant !

Mais peut-être faut-il qu'If réfléchisse plus sur sa marche que sur les propos de sa perfide narratrice. A raison, sans doute. Quand on manque de trébucher et qu'on titube à chaque pas, surtout quand un gobelin vous tire par la manche, bien sûr qu'il faut se concentrer. D'ailleurs, remarquons que Ghozwi n'est pas le moins dégoûté de toucher ses vêtements pouilleux ; un bon point pour l'effort. Encourageant, même !

Mais trêve de bavardages intempestifs et des persiflages faciles. Le Grand Marché est encore animé, mais plus pour longtemps. Les marchands remballent leurs produits, et bientôt la grande place sera déserte ou presque. Bénéficier de l'agitation du marché est un excellent plan... quand on est en pleine journée et que tout le monde s'égosille et se bouscule. Une fois le soleil couché ce ne sont plus les mêmes règles à Quetaïn. Si le gobelin veut échapper à ses poursuivants, il doit le faire vite, car la couverture de la foule, désormais piètre, est de plus en plus ténue.

On peut aussi observer que le duo n'est pas le plus discret au monde. Même si If n'est pas bien grand, il reste un humain traîné par la manche par un gobelin. Sur leur passage, quelques sourcils se froncent ; des témoins précieux, quoique retraçant une histoire un peu saugrenue. Des années plus tôt, la réaction aurait été plus outrée, car les peaux-vertes étaient encore plus mal considérées. Une intervention inespérée avait changé un peu la donne depuis.

Sigifrid ? Je te remets sur la voie, là. Oui ? Non... ? Non. Bon. J'y arriverai.

Le rythme imposé par Ghozwi finit par avoir raison de l'estomac d'If le Poche. Cette petite remontée acide, sa bouche qui salive tout d'un coup, il connaît ces sensations, et si le gobelin ne veut pas être aussi malodorant que son nouvel ivrogne d'ami, il ferait bien de le lâcher maintenant. Un dernier reste de décence retient pendant un moment l'estomac d'Hilde. Il pose la main sur l'épaule du gobelin pour l'arrêter dans sa marche folle, puis se tourne vers un coin de mur, avant de renvoyer un reste bilieux de sa boisson du soir. Sur l'instant, il aurait aimé avoir encore un fond de bouteille pour se rincer la bouche, mais on n'a jamais de vin quand il en faut, semble-t-il.

Il s'appuie sur le mur pour se remettre du vertige. Il fait fi du regard paniqué du gobelin. Il pourrait mieux sentir la peur de la peau-verte s'il n'avait pas l'odeur du vomi dans les narines.

« P...pourquoi tu cours, merde ! »

Merci Sigifrid de poser les bonnes questions.
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