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 Le Barde et la Pirate |Nuhada]

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Calypso Azura
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MessageSujet: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Ven 7 Aoû - 14:11

L’univers des rêves est un monde étrange. Tantôt exaltant, tantôt terrifiant, on peut y lire les pires angoisses de celui qui s’y aventure. Il n’obéit pas aux règles élémentaires de la réalité, est parfois un refuge, parfois une épreuve. « Sens » n’y a pas sa place, et certains se plaisent à s’immerger dans sa folie latente.

Les rêves sont souvent étranges, reflets distordus de cette réalité que l’on loue tant. Ils sont fascinants, incompréhensibles. Fou celui qui s’aventure à prétendre y trouver un sens. On rêve, c’est ainsi, et personne ne peut expliquer pourquoi.

Calypso rêvait peu.

Au monde des rêves, elle préférait celui des notes, et cela s’en ressentait jusque sur les chemins de son sommeil. Selon elle, peu de choses pouvaient égaler l’émouvant art de la musique.

En dépit de cela, les phases nocturnes avaient un certain effet sur elle. Plus qu’au beau milieu de la journée, quoi que cela arrivait, c’était durant la nuit qu’elle changeait d’identité, endormie ou éveillée.

« Changer d’identité » étaient de bien grands mots. Elle se contentait de basculer un peu plus d’un côté que de l’autre, dans l’attente peut-être de trouver une véritable définition d’elle-même. Son errance particulière oscillait entre le jeu et une réalité floue.

Calypso n’avait jamais été quelqu’un de très attachée au monde qui l’entoure, toujours tête en l’air, à rêver au fil du vent. Quand elle travaillait avec ses parents, au patient travail du gros bois, tels les meubles, elle préférait les gravures, ou de petites statuettes fantaisistes.

Sa douce et lente immersion dans le monde de la musique et le flou sur son identité avaient accru le décalage qu’elle ressentait avec le monde dit réel.

En résumé, ce matin-là, Calypso se réveilla Cal. Ce sont des choses qui arrivent.

Plus précisément, il se réveilla sous les frondaisons d’un pommier assez âgé, puisque grand, et chargé de fruits. Il s’était arrêté là la veille au soir, assez tard, après avoir marché plusieurs heures dans le but d’atteindre Quetaïn.

Tout en songeant qu’un jour, il finirait par tomber sur de la mauvaise compagnie, à ne pas se montrer plus prudent, il se leva doucement, s’étirant avec soin. Le coin était assez beau, doux. Apercevant une pomme à quelques centimètres de son visage, il l’attrapa avec ravissement et la mit dans sa poche. Voilà qui lui éviterait de taper dans ses réserves.

A ce propos, songea-t-il, il allait devoir penser à se trouver un peu d’argent, encore une fois. Voilà trop longtemps qu’il se contentait de marcher sans jouer pour les autres, ne faisant que se payer quelques provisions dans les villages dans lesquels il passait avant de repartir, presque sauvage dans sa solitude.

Ramassant quatre ou cinq pommes, il les fourra dans son sac, et, ses affaires sur le dos, s’éloigna un peu, afin de voir si, par hasard, il n’y aurait pas une rivière dans le coin.

Par facilité scénaristique, il en trouva une. Il en profita pour s’asperger le visage et, face à son reflet dans l’eau mouvante, rassembla ses cheveux sombres en un chignon lâche. Il enroula ensuite son foulard rouge autour de sa tête, brossa du plat de la main son manteau sali de terre.

Une fois tout ceci fait, il se mit en route, direction Quetaïn, tout en grignotant sa pomme.

Il l’atteignit en début d’après-midi. Par habitude, il passa d’abord au marché s’acheter un peu de viande séchée. Les pommes, ça va bien deux minutes, il ne pouvait pas s’en nourrir éternellement non plus.

Ses achats faits, il se dénicha un petit muret, sur lequel il s’assit. Posant ses affaires près de lui, il fit passer sa flûte entre ses doigts, déposa un petit pot de bois gravé à l’attention des passants et commença à jouer un air doux.

Dès les premières notes, il s’immergea lentement dans son monde fait uniquement de musique, oublia celui autour de lui. Ses doigts dansaient sur le corps de bois poli, et l’instrument parfaitement maîtrisé retranscrivait à la perfection ce qu’il désirait.

Il ne quitta finalement sa flûte, gorge sèche et à bout de souffle, qu’en fin d’après-midi. Le marché se vidait, et il n’y avait que quelques pièces dans son pot. Tout en grognant contre le manque de sensibilité artistique de ces crétins de citadins, il prit le temps de prendre une gorgée d’eau à son outre.

Où allait-il pouvoir aller ? s’interrogea-t-il en entamant une marche assez instinctive, laissant ses pas le mener à travers les rues de la ville. Le soir tombait, mais il n’avait certes pas assez d’argent pour se payer une chambre dans une auberge. Dormir à même les pavés des ruelles ne le tentait pas vraiment, et sortir de la ville non plus. De toute façon, il n’avait pas encore sommeil.

C’est en suivant ce fil de pensées qu’il arriva au port, et devant la mer.

La nuit s’était avancée lors de son errance tranquille, et le ciel dégagé laissait briller une demi-lune sur les flots calmes, venant se briser contre les quais et les flancs des bateaux. Le large amenait une odeur d’iode le long de fraîches rafales de vent, qu’il laissa s’engouffrer sur son visage et dans ses poumons à coups de profondes inspirations.

Non, il n’avait définitivement pas sommeil. A la vue de l’onde sombre, cependant, une idée lui vint. Les citadins pressés sont peut-être peu enclins à donner de l’argent, mais il connaissait une espèce d’humains qui, elle, avait une certaine tendance à jeter ses jolies pièces par les fenêtres, ou plutôt au fond de la caisse de tenanciers de tavernes.

C’est le long des quais qu’on trouve le plus facilement des tavernes pleines de marins, souvent bourrés histoire de compenser leur sobriété lors de leurs séjours en mer. Et les hommes et femmes ivres adorent lancer de l’argent à de tranquilles bardes, surtout s’ils savent bien jouer.

C’est toujours à double-tranchant, néanmoins. Les gens ivres morts ont tout aussi tendance à faire n’importe quoi, et une bagarre arrive très facilement. Il faut savoir discerner le moment où elle va arriver et filer avant.

Venait aussi le problème que son physique androgyne laissait parfois penser « femme » aux plus intéressés. La menace d’un couteau, songea-t-il en apportant la main au manche du sien, suffisait généralement pour refroidir leurs ardeurs.
Sinon, il suffit de déclencher la bagarre.

Humanité facile.

Un sourire aux lèvres, il se détourna de la mer pour remonter un peu dans la ville, s’efforçant de repérer le bruit caractéristique des tavernes. Il ne mit guère longtemps à en trouver une, encore assez calme – ce n’était que les premières heures du soir, et les fauteurs de troubles avaient toute la nuit devant eux.

Se glissant à l’intérieur, il remonta jusqu’au bar, s’y accouda avec nonchalance pour attirer l’attention de l’homme le tenant.

- Oui ? lui lança-t-il avec une certaine note de lassitude.

Note. La musique est partout. Parfois, lui venait la pensée que la musique est tout.

- Je viens proposer mes services, engagea-t-il avec un sourire limpide. Je suis barde et j’aimerais distraire les clients de votre, hmm, charmante enseigne.

« Charmante » était un bien grand mot. On parlait de marins, quand même. Une espèce assez rustre, ils ne sont pas sensibles à tous les genres de musique.

- Si ça vous amuse, répliqua l’homme. Mais je ne vous payerais rien.

Cal haussa les épaules.

- Ils payeront pour vous. Je peux avoir de l’eau ?

Acquiesçant, il déposa un verre devant lui. Assez satisfait et sans plus de façons, il se jucha sur le comptoir pour s’y asseoir, posa son petit pot de bois. Il déposa son bâton de marche à ses pieds près de son sac, en sortit son masque blanc et noir, qu’il fit glisser sur son visage. Ce dernier laissait libre sa bouche, conçu exprès pour lorsqu’il jouait de la flûte.

Il retira ensuite ses gants. Laissant sa flûte à son côté, il cala sa vièle contre son torse et sa jambe, déposa quelques accords pour se délier les doigts.

La mer l’avait mis dans un état d’esprit plutôt mélancolique, mais ce n’était pas de la musique douce que requérait un pareil endroit, songea-t-il avec un brin d’ironie en observant les hommes et femmes déjà passablement enivrés.

Il prit le temps de boire une gorgée d’eau, de sortir une de ses pommes pour y croquer un morceau avant de la déposer à côté de lui et, sans plus tarder, il commença à jouer un air léger et entraînant.

La nuit, assurément, allait être enrichissante.

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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Mar 18 Aoû - 18:00

Bon, je sais ce que vous allez dire... je commence souvent mes phrases par ça, non ?
Qu'importe ! Je fais ce que je veux.
Nous étions de retour à Quetaïn alors que seulement quelques mois nous séparaient de notre dernière altercation d'un port assez important. Parce qu'il me semble que les tours sont toujours en reconstruction, on a préféré débarquer dans un port plus petit. On c'est moi, Dargal et une dizaine de petits gars dont le nom importe peu. Je vais pas vous mentir, à l'origine on est pas descendu pour faire la fête.

Voilà, j'ai découvert une petite archipel durant mes pérégrinations. Si je m'arrête là, ça risque de pas vous indiquer grand chose sur le but de ma visite, aussi vais-je ajouter cela : j'ai l'intention de m'y établir.
Ben oui quoi ! La retraite ça existe pas vraiment chez les pirates. Dès qu'on arrête on se fait étriper par l'équipage ou par le voisin pour qu'on cède nos trésors. Sauf que moi, j'ai pas envie d'arrêter de gagner de l'or et je veux pas non plus qu'on me le prenne. Alors je vais construire mon empire à moi toute seule sur une de ces îles. Pour ça faut de la main d’œuvre, mais j'en manque pas. Faut aussi du savoir faire et je dois pouvoir en trouver. Mais si je veux une forteresse qui tienne la route, faut un vrai ptit gars des bâtiments avec de l'expérience et de l'idée. Ça j'en ai pas.

Donc j'en veux un.
Ceci, messieurs dames, est la première étape d'une longue route. Celle qui verra naître l'empire de Nuhada. Ça claque, non ?
Du coup, l'objectif c'est de s'emparer d'un ingénieur.
Mais avant ça, on va faire un petit pot de départ en expédition.

Je ne vous cache pas que c'est légèrement plus compliqué que ça. Dans les faits, on va se séparer pour trouver plus vite quelqu'un pouvant répondre à mes besoin et ce à travers le royaume. Vu que nous sommes un peu recherché et que le coin est pas des plus sûrs, y a de bonnes chances que tout le monde ne revienne pas vivant. Alors c'est aussi un pot de départ définitif, au cas où. Mais on le dira pas, hein. Le but c'est pas d'avoir le moral à zéro.

Bref ! Trêve de pleurnicheries, ce que je veux c'est m'amuser, parce qu'on est sur terre et dans une belle ville qui plus est. Bon, pour éviter de nous faire jeter en prison dès notre entrée on a quand même dû se limiter. Nous cherchons donc une taverne ou boire notre content dans le quartier portuaire. Une taverne de marins, où les pirates ne font pas tâches et où l'alcool coule suffisamment pour que mon visage ne soit pas trop reconnu.
Bien sûr, Dargal faisait tâche. On l'a tout entièrement capé pour qu'il passe juste pour un gros monsieur costaud et associable. Ce qui est d'ailleurs son portrait tout craché si l'on oublie qu'il est vert et a une grosse mâchoire.
Nous en sommes donc à choisir notre taverne, quand l'une d'elle se démarque par un son rare mais toujours agréable en ces lieux. Non, ce n'est pas la vomissure, ni le rôt. De la musique ! Si si, dans un bar de poivrots.

On l'dit pas beaucoup, mais la musique c'est important dans la vie d'un pirate. Quand on hurle pas ou qu'on tue pas, on chante pas mal. Ça raconte des légendes ou ça fait garder le rythmes, bref ça motive. Alors la musique, on aime ça. Même si on est que des brutes. Sans ça, je ne sais pas si on serait entré dans cette taverne.

Le musicien s'avère être un jeune homme aux cheveux long et munis d'un masque blanc et d'un instrument à corde. Étrangement, ça ne semble pas intéresser beaucoup les marins qui sont déjà bien éméchés. Bah, on en aura plus pour nous. Ma troupe s'empresse de prendre quelques tables et de sortir les malheureux qui s'y trouvaient encore. Histoire de pas faire trop de grabuge on sort surtout ceux qui ne tiennent plus debout. Le patron a pas l'air de s'en énerver puisqu'il gagne au change. Je m'approche de lui avec un grand sourire charmant.


-Hey l'ami, nous faudrait du rhum et de la bière. Vous avez un peu de charcuterie pour accompagner ?
-Bien sûr qu'on en a, mais je sers que les gens qu'on la ferraille pour payer.

Avec nos allures de marins, n'importe qui douterai que nous ayons de quoi nous offrir tout ce que je viens de demander. Je lui présente donc ma bourse bien remplie et cliquetante de quals.

-Soit assuré que tu seras payé ton du.
-J'vous fait porter tout ça alors.

Il invective quelques serveuses pour qu'elles remplissent notre table et revient sur moi, voyant que je ne bouge pas encore.

-Vous faut autre chose ?
-Il est à vous celui là ?

Je lui pointe le musicien qui ne semble pas se laisser perturber par la nouvelle clientèle de l'auberge. Le patron renifle en grimaçant, l'air dédaigneux.

-Nan. S'il vous gêne je le jette dehors.
-Au contraire, je vous le prends. Voilà pour le dérangement.

Je fais rouler quelques pièces sur la table qu'il empoche d'une main agile. Je suis pas effarée par le manque de bon sens de celui-ci. Je pensais pourtant que c'était son idée de prendre un musicien pour attirer la clientèle, mais ça a même pas du lui passer par l'esprit que ça ferait grimper ses gains.

Je m'approche de l'homme et le jauge un peu du regard avant de sortir une pièce de ma bourse. Elle est percée d'un hexagone, ce qui habituellement suffit à recueillir l'attention de la plupart des gens.


-Dis moi mon beau, avec mes amis on aimerait bien profiter un peu plus de tes talents. Ça te dis de venir jouer à notre table ? Tu y gagneras cette pièce pour le déplacement, je prends ta consommation en charge en remerciement pour la musique et à la fin je te donne une autre pièce pour nous avoir supporté.

Je ne sais pas combien gagne les bardes chez les gens de la terres, mais j'ai jamais vu personne payer aussi grassement quelqu'un à la crique avant d'être bourré. J'ai donc grand espoir qu'il accepte l'offre sans se faire désirer et lui tend la main d'un air entendu.

-Vendu?

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Calypso Azura
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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Mer 19 Aoû - 14:29

La nuit avançant, son esprit se dégagea, et tirer de ses cordes de la musique entraînante se fit bien plus simple. L’endroit, bien que rempli de gens à moitié ivres, voire tout simplement en plein coma éthylique, avait quelque chose d’exaltant.

Les allées et venues des serveuses ressemblaient à une danse, dont seules elles connaissaient les pas ardus, les mouvements calculés, le reflet cuivré. Les verres et bouteilles aux vapeurs étourdissantes qu’elles transportaient ne tombaient jamais, et on aurait presque pu se perdre dans leur tourbillon sans fin.

L’alcool, justement. L’atmosphère en était saturée jusqu’à l’overdose. Des odeurs puissantes, qui s’accrochaient à la peau, aux vêtements. Notamment, voilà une des raisons pour laquelle Cal ne buvait pas, lorsqu’il jouait dans un tel endroit. Rien qu’en respirant, on aurait pu en avoir la tête qui tourne, et il avait besoin de toutes ses facultés cérébrales pour jouer correctement.

Pour l’instant, cela ne lui rapportait pas grand-chose. Mais il était patient, et s’il le devait, il profiterait quelques heures plus tard de l’inconscience de la majeure partie de la salle pour piquer les pièces traînant.

La morale est une note comme les autres, et de la musique, il en faisait ce qu’il désirait.

La musique, la foule, les vapeurs d’alcool, les rires…

On pouvait ici oublier quelques instants, qu’au final, nous sommes tous seuls ici-bas.

Ce fut une présence qui le tira de ses pensées floues, tranchant mélange de mélancolie acide et d’un désir sauvage de s’en libérer, de ce sentiment délétère qui n’avait jamais cessé d’accompagner ses pas.

Se redressant, il avisa, plantée devant lui, une pirate – probablement une capitaine. Belle pirate, concéda-t-il en la toisant, un peu plus jeune que lui, peut-être.

Mais il fallait avouer que le plus intéressant chez elle, exceptant sa jolie peau, ses tout aussi jolis yeux et sa silhouette attirant beaucoup de regards, était la pièce qu’elle exhibait sous son nez.

Bah oui, fallait bien se nourrir, aussi.

-Dis moi mon beau, avec mes amis on aimerait bien profiter un peu plus de tes talents.

Intéressant, nota-t-il froidement. Elle le prenait pour un homme. Il était souvent important de le savoir. Parfois, voire souvent, les personnes attendaient de vous un certain comportement en fonction de sexe qu’elles vous assignaient. Par facilité, il avait appris à réagir en fonction de ce qu’on attendait de lui, en particulier dans certaines situations. Sauf lorsqu’il avait envie de jouer.

Se trouver dans une taverne surpeuplée de pirates ivres faisait partie de ces situations, et le jeu ne l’intéressait pas, pour le moment.

-Ça te dis de venir jouer à notre table ? Tu y gagneras cette pièce pour le déplacement, je prends ta consommation en charge en remerciement pour la musique et à la fin je te donne une autre pièce pour nous avoir supporté.

De plus en plus intéressant. De quoi conclure plutôt bien cette soirée, mieux, même, qu’elle avait espéré au début. Si ses copains pirates le prenaient tout autant pour un homme, cela pouvait bien se passer.

Pas tous les jours qu’il tombait sur quelqu’un d’aussi généreux, qui plus est sobre. Allons, peut-être que les pirates ont un minimum de goût, finalement.

-Vendu?

Il haussa les épaules – mauvaise habitude.

- J’accepte.

Il descendit de son perchoir, rassembla ses affaires et la suivit à travers la foule.

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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Sam 18 Mar - 19:27

Une acquisition sans bavure! C'est la magie de ce royaume, c'est la magie de l'argent! Ici, rare sont ceux qui poussent leur chance trop loin et finissent par tirer les lames au clair. Si la crique faisait l'effort de ce civiliser un petit peu, les choses seraient beaucoup plus simple, plus simple pour moi et les autres capitaines. Plus rudes pour les matelots, je n'en doute pas.

Qu'importe! J'ai ma musique, nous avons nos boissons, la fête peut battre son plein. Je guide mon barde jusqu'à la table où il est accueilli avec des chopes levées et des cris de joie. Je pense que l'on peut déjà oublier la discrétion, mais vu ce qu'on consomme le patron ne risque pas de s'en plaindre.
On tire une chaise en bout de table pour notre nouvel ami et je me fais une place à côté de mon gros Dargal. Il est le seul à ne pas s'amuser beaucoup, caché qu'il est sous ses gros vêtements pour ne rien laisser voir de sa peau verte. Les esclaves Orcs ne sont pas inexistants en Quetaïn, mais Dargal ne ressemble en rien à un esclave. Et puis.. qui permettrait à un esclave de boire et d'être armé?

Revenons en à notre fête. Je n'ai pas le temps de me servir du rhum que le barde est déjà bombardé de demandes. Tout le monde veut savoir s'il connaît des chants marins, s'il a des chansons sur l'grand requin blanc ou s'il connaît celle Sombrebarbe. A ce rythme là, notre couverture sera aussi utile que celle d'un enfant akeraïen. Je frappe ma choppe sur la table dans un grand bruit assourdissant pour réclamer le silence.


-Messieurs, messieurs. Il serait temps de changer de répertoire! Laissez donc notre ami nous étonné de ses nouveauté. Nous avons toute la nuit et tout l'alcool de Quetaïn pour chanter par la suite!

Disant cela, j'invite le barde à commencer en levant ma choppe vers lui. Pour tout dire, j'aimerai bien savoir ce qu'il se passe en ce moment. Si quelques nouvelles chanson venaient à parler de moi, je ne pourrais qu'être ravie. A moins qu'elles ne soient injurieuses... enfin tout dépend. J'ai une image à maintenir tout de même.

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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Dim 26 Mar - 1:53

C'est légèrement intrigué qu'il détailla rapidement la bande de pirates, encore assez sobres pour acclamer son arrivée. Il ne s'attardait que rarement dans ces bars répandus mal famés, et, par conséquent, n'approchait que peu ce genre de gens qui avait pour habitude de sillonner les mers en laissant quelques pillages et épaves dans leurs sillages.

Il tenta d'imaginer leur vie, sans cesse sur les flots et une mise à prix sur la tête, et en conclut sans grand-mal que si l'idée plaisait, et aurait bien débouché sur quelques glorieuses chansons, il n'était de toute façon pas bon parolier, et préférait encore avoir la terre sous ses pieds et la sécurité des gardes dans les villes.

De toute façon, l'important était que la pirate le payait bien, voire même très bien, et que la pièce promise allait lui permettre quelques temps de tranquillité d'esprit. Il se contenait d'espérer qu'ils ne lui causent aucun ennui, ne sachant trop quoi attendre de bandits des mers ivres morts.

Juché sur sa chaise, il cessa vite de les observer, bombardé de demandes diverses de la part des pirates. Il n'eut pas le temps d'y répondre, qu'ils furent coupé par celle qu'il supposa être leur capitaine.

-Messieurs, messieurs. Il serait temps de changer de répertoire! Laissez donc notre ami nous étonné de ses nouveauté. Nous avons toute la nuit et tout l'alcool de Quetaïn pour chanter par la suite!

Il esquissa un semblant de révérence, souriant.

- Ma foi, j'espère être à la hauteur de vos attentes.

Voyons, songea-t-il, effleurant les cordes de sa vièle. Que pouvait-il leur proposer comme chansons ? Il en connaissait beaucoup, d'amour comme des grivoises, d'aventures comme des louanges à la chaleur du foyer.

Il en avait également quelques-uns sur les pirates, leurs figures de proue (sans mauvais jeux de mot), bien que pas énormément. La piraterie n'était donc pas un milieu avec lequel il avait été beaucoup en contact et il n'avait pas encore eu l'occasion d'apprendre de bons chants, d'autant plus qu'ils étaient généralement mal accueillis dans les auberges bourgeoises des villes.

Au contraire, il connaissait sur le bout des doigts bien des chants de louange à la garde, aux familles royales, des originales, des vieilles, des entraînantes, des douces ; mais il doutait que ce genre de musique soit apprécié ici. Bien qu'il ait très, très envie d'essayer. Les pirates ont-ils le sens de l'humour ? S'apercevoir que non serait dommageable.

Il entama une simple chanson grivoise entraînante, assez connue pour que d'aucuns la chantent avec lui ; ce qui était généralement apprécié. Il la maîtrisait assez bien pour se permettre de réfléchir à autre chose que son chant ou ses doigts sur les cordes de son instrument, ce qui n'était pas négligeable pour pouvoir appesantir sur la suite de son programme.

Observant à nouveau l'assemblée alcoolisée, il lui semblât que celle-ci lui disait quelque chose – peut-être des nouvelles, des dires de gardes, de personnes au fait des membres de la piraterie. Pas grand-chose.

Des nouveautés, se rappela-t-il. La pirate avait demandé des nouveautés. Logique, au fond, de la part de quelqu'un qui, supposait-il, devait être pas mal coupé du monde en général. Que connaissait-il de nouveau ?

Il avait bien quelque chose, oui, sourit-il. Une petite chansonnette joyeuse, mais sur un personnage, ma foi, que les pirates risquaient ne de pas apprécier.

S'y risquerait-il ?

Quelle question.

S'efforçant de ne pas paraître trop heureux de s'enfoncer lentement dans les ennuis, il commença donc à chanter les louanges de Philip Sartin, connu pour être à la tête des Chevaliers.

Il était un fier et grand chevalier, disait-on
Dont le parcours ne pouvait que forcer l'admiration...

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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Mer 29 Mar - 2:48

Je suis contente de voir que notre invité ne se choque pas du comportement un peu.. primitif de notre troupe. On va pas se mentir, des pirates mal peignés qui débarquent dans une ville ça fait toujours tâche. Mais bon, les gens des ports font figures basses. Ils ont déjà l’habitude de supporter et les marins et y savent que nous autres on a pas part d’entrer dans les ennuis. Du coup, on nous laisse tranquille tant qu’on s’tient bien.
Enfin, y a toujours des gardes assez honnête pour tenter de faire leur boulot, mais par ici on rencontre plutôt ceux qui aiment recevoir des petits cadeaux pour oublier. De toute façon, ma tête est placardée dans tout les ports de Quetaïn. Malgré que l’esquisse ait été faite par un manchot, il y aura immanquablement quelqu’un qui finira par m’appeler par mon nom et par attirer l’attention.

Pourquoi je m’égare dans tout ça ? Je ne sais pas. Je me dis juste que je dois profiter du rhum tant qu’on essaye pas de me mettre les fers. Et si un jour on arrive à me jeter en prison, j’aurais plus qu’à profiter de ma jolie petite tête avant qu’on me la coupe.

Trop de pensée négatives, pas assez de Rhum !

Cela dit le petiot, j’entends par là notre artiste, a commencé sur une excellente note. Visiblement conscient que nous aimions chanté, il en a choisi une que nous connaissions, que le monde entier doit connaître si vous voulez mon avis (et si vous l’vouliez pas j’vous le donne quand même de toute façon). On l’a accompagné d’bon coeur et bien rigolé aussi. Ouaip, on descend l’alcool trop vite je pense, mais c’est notre plaisir !

Quand il eut finit, sous les applaudissements et le claquement des choppes qui trinquent, il prit le temps de songer à la suite. C’était le moment idéal pour se faire resservir et manger un peu de viandaille. Parce que j’avoue, j’ai la tête qui tourne.

Hola moussaillon ! Je t’arrête de suite. Tout de suite là maintenant. Je ne suis pas faible.. déjà ça c’est une vérité.. à l’alcool ! Noooooon, pas le moins du monde. Par contre.. Je bois beaucoup très vite quand j’ai des pensées négatives.

Mais quelles pensées négatives pourrais-je bien avoir ? Je suis riche, puissante et personne peut me dire ce que je dois faire. Bon techniquement l’autre vieil imbécile sur le trône d’Akerai peut.. mais on pas avant qu’il se sente prêt à menacer Fera Feïra.. la nation des poneys.
En vrai, c’est kewl les poneys. Ça a des crinières, ça va vite et ça fait tout les efforts à ma place. Bon, c’est quand même moins kewl que Scrate, parce que lui il parle et il peut insulter les gens pour moi. Mais le plus kewl c’est Dargal d’abord ! Parce qu’il écrase tout les vilains, les pas beau et les gens que j’aime pas. Parce que j’avoue, y en a y z’étaient beaux, voir plutôt gentils.
Mais c’est pas la question de savoir qui c’est le plus kewl. Parce qu’on sera tous d’accord pour dire que c’est mwa !

Non ! L’important c’est que j’ai plus que tout le monde. Enfin que beaucoup des gens et créatures bizarres qui font tout le monde. Mais ! Oui, il y a un mais, d’abord. Mon pouvoir je peux rien en fiche. Non, mais sérieusement.. on peut m’appeler la reine des mers de l’ouest, mais je galère autant que tout le monde dans ces mers d’abord ! Ils croient que c’est facile de traverser les tempêtes dans l’espoir de trouver un navire, qu’appartienne pas à un confrère, qu’a pas déjà été pillé, ni coulé par les hommes ou les intempéries ? Tout ça pour ensuite se demander s’il a un butin digne de ce nom ? Parce que oui, c’est facile de dire que les capitaines ils ont la belle vie, mais y z’ont des équipages à  nourrir vous savez ? Et on est jamais à l’abri d’une mutinerie sans un gros orc fidèle pour nous épauler ! Des fois, je me dis que je mourrai avant de devenir vieille.

Attendez…
En fait j’espère bien que je vais mourir avant ça ! Vous  imaginez si ma légende fini par : « Et elle vécu vieille, laide et riche ? ». Qui voudrait de ça ! Faut que je meurs avant d’être laide.

Ou alors…

Je trouve le remède à la laideur. Faite pas comme si ça existe pas hein ! On raconte que Jack a trois fois mon âge, pourtant il ressemble à un jeune homme. Séduisant avec ça. S’il dégnait venir plus souvent à la crique, il y aurait matière à.. de quoi on parlait déjà ?

Ah oui. J’ai la tête qui tourne un peu. Je crois.

Pendant ce temps, mes gaillards ne chantent pas. Je m’étonne un peu alors je tends l’oreille. Et je comprends mieux. Je n’ai jamais entendu cette chanson à la crique. Elle n’a rien d’entraînante, mais je dois reconnaître qu’elle est jolie, voir apaisante. Apparemment on s’amuse aussi à chanter pour les Chevaliers et les défenseurs de la veuve et de l’orphelin. Mais ça n’a visiblement pas pour objectif de faire chanter l’auditoire.
Faute de chanter ça permet de manger et on aura beau dire, ça reste une jolie chanson.


-Hey, Bill. Tu viens du pays des poneys, non ? Tu l’connais ce Philip?

Le dit Bill me regarde sans comprendre ce que les poneys sont venus faire là, mais répond malgré tout. Il sait bien que je n’aime pas attendre.

-Pour sûr cap’tain. Il est devenu une légende avant de devenir un homme et il est encore d’bout pour la continuer. Il était à la dernière guerre, v’savez?

Eh ben.. vous parlez d’un vieux qui doit s’accrocher à la vie. S’il était assez vieux pour survivre à une guerre d’il y a 20 ans, il doit en avoir.. 50 ? Peut-être même plus héhé.

-L’Tueur de Dragon. Bon esprit.. mais cheveux trop longs. Encore une stupide idée d’humain.

-Dargal?

J’ouvre de grands yeux en l’entendant parler de ça. Déjà parce que ça fait beaucoup de mots dans sa bouche. Ensuite parce que j’avais oublié qu’il avait aussi été à cette guerre. De là à penser qu’il avait rencontré une légende.

-Tu l’as rencontré là bas ? Vous vous êtes battus?

Je sens venir l’histoire croustillante ! Par quel honteuse méthode ce chevalier est-il parvenu à échapper à mon Dargalounet ? Ça pourrait être intéressant de le rajouter dans la chanson du Ô combien preux chevalier.

-Non. Trop grande bataille. Juste vu le dragon. Et le chevalier.

-Attends. A quel moment y a eu un dragon dans cette guerre ?

-Allons capt’n, tout l’monde sait ça !

-Non pas tout le monde ! On a de la bière, on a de quoi se goinfrer alors quelqu’un ravira-t-il mes oreilles de cette histoire que j’ignore?

Les pirates s’esclaffent de ma déclaration. Puis se rendent compte que malgré mon ton poli je m’attend vraiment à ce qu’on me raconte cette histoire. Et pas un contenu flou. Les gens se tournent d’abord vers Dargal.. mais c’est peine perdu. Les histoires du patron ne contiennent jamais plus de détails qu’il ne vaut veut bien en mettre.. c’est à dire qui a été tué et qui a gagné. Cependant voilà leur problème.

De un, je pourrais très probablement me vexer s’ils commençaient à me raconter des bobards. Hors, vu qu’ils sont loin d’être historiens et qu’ils n’ont pas vécus la guerre.. il y a de forte chance qu’ils mélangent toutes les rumeurs et les dires qu’ils ont entendus.

De deux, les histoires de chevaliers et de guerre, on se les racontent pas souvent, voir pas du tout à la crique. C’est plutôt le genre de chose que l’on pourrait attendre dans les écoles, les casernes ou les tavernes des états victorieux. Voir des version arrangés dans les états perdants.

Du coup…
Tout les regards se tournent vers le barde. Dans un silence pesant d’expectation.

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Calypso Azura
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MessageSujet: Re: Le Barde et la Pirate |Nuhada]   Jeu 22 Juin - 1:08

[Moi, à la bourre ? Jamais. Pas du tout mon genre. C'est une rumeur infondée et injuste.]

Enchaînant sur une simple mélodie pour reposer sa gorge, Cal suivit d'une oreille la conversation de la femme pirate l'ayant abordée avec d'autres membres de son équipage – notant au passage avec une légère inquiétude la massive et étrange stature de l'être présent près d'elle, détonnant un peu et cachée par un manteau. Guère rassurant, surtout comparé avec sa frêle stature..

A force de penser à l'étrange personne, c'est avec un temps de retard qu'il vit les regards pesant sur lui. De quoi parlaient-ils, déjà ? Ah, oui. Le capitaine de l'Ordre. Et ils voulaient en savoir plus sur cette histoire de dragon.

Il en avait entendu parler – évidemment, on ne saurait ne pas connaître des faits de gloire en temps que barde – mais s'estimait bien plus doué pour les chansons, qu'il apprenait par cœur, que pour raconter des histoires.

Mais bon, il semblait qu'il n'allait pas pouvoir y échapper, songea-t-il en dévisageant l'assemblée silencieuse. Il n'avait guère envie de voir filer son payement, ni de se prendre un coup sur la tête. D'accord, pour l'instant tous ces pirates avaient l'air calme, mais quand même, on ne sait jamais.

Bon... C'est pas trop mon truc, de raconter des histoires, mais je vais essayer.

Faudra pas se plaindre si c'est de moins bonne qualité. Enfin, sait-on jamais ; il ne s'était que peu essayé à cet art. Peut-être que son conte serait apprécié. C'est toujours une idée à développer, les histoires, pour diversifier ses prestations et toucher plus de monde, même s'il est toujours moins évident de narrer cela sur une place au milieu de la ville plutôt que des chansons, bien plus courtes.

Il toussota légèrement pour se dégager la gorge, rajusta son bandeau sur ses cheveux – l’atmosphère lourde de la taverne lui donnait bien trop chaud – et fit courir ses doigts sur les cordes de sa vièle. Il pouvait accompagner son histoire d'une musique simple, afin d'être plus intéressant. Oui, cela paraissait une bonne idée.

Eh bien, heureusement qu'il était super bien payé sur ce coup.

Après quelques instant pour se remémorer ce qu'il savait du chevalier, il entonna une légère mélodie, observa l'auditoire attentif et commença.

- Philip Sartin, dans son domaine, s'est bâti une réputation tenant presque de la légende. Maintes gens chantent ses louanges, dit-on, des tavernes aux boudoirs des palais. D'aucuns disent que bien des livres seront écrits sur lui, bien des chansons composées et bien e statues érigées. Pour le moment, à environ trente ans, il est connu comme étant le capitaine de l'ordre des chevaliers, et, surtout comme étant le Tueur de dragons.

Il se sentait définitivement peu à l'aise dans ce rôle. Parler aussi longtemps exigeait de lui qu'il pose sa voix dans les graves, afin de conforter son rôle masculin, ce qui était épuisant à la longue et lui demandais beaucoup de concentration. Cela faisait longtemps qu'il parcourait les routes sans trop de problèmes, mais par souci de sécurité, il n'avait guère envie que son genre de naissance soit soupçonné ainsi, à une assemblée de pirates ivres, en pleine nuit, alors qu'il ne savait même pas se batte convenablement.

- Il était bien jeune, quand il est devenu Chevalier. On le disait déjà courageux, doué à l'épée, implacable au combat et bon avec les siens et les nécessiteux. Il se dit qu'il n'avait qu'une quinzaine d'années quand il affronta le dragon dont il est ici question.

Peu au fait des règles inhérentes à l'Ordre des Chevaliers et autres procédures compliquées et ennuyeuses, il improvisa quelque peu, cherchant à rester réaliste, pour le peu qu'il savait. Concentré à la fois dans son histoire, sur sa mélodie et sur sa voix, pour l'instant égale, il sentit une goutte de transpiration rouler sur sa tempe.

- C'était lors de la bataille opposant Feïral et Akeraï, quelques jours à peine après son adoubement. Lui et les autres Chevaliers, pour protéger leur Royaume, durent faire face à un ennemi bien préparé, qui envoya contre eux une mer d'Orcs, de Trolls, de sorciers. Les morts jonchaient peu à peu le sol, appartenant aux deux camps, et les survivants disent qu'il y avait tant de sang partout qu'ils en oublièrent jusqu'au sens du mot « paix ». Il ne restait que la douleur.

Sa voix dérailla dans les aigus un bref instant, il la reprit fermement. Ses doigts entamèrent une mélodie plus rythmée, et il ferma les yeux pour mieux se concentrer sur sa tâche.

- C'est au milieu de la bataille qu'ils se rendirent compte que le roi d'Akeraï était parvenu à faire appel à un dragon. Alors que les Chevaliers s'étaient repliés, Philip et sa compagne d'armes de toujours, Riven, étaient restés en arrière. Ils se trouvaient ainsi tout près des mages ennemi qui tentaient de contrôler la bête qu'ils avaient amené.

Légère pause.

- Il était proprement gigantesque. On dit qu'il était plus haut encore que le plus grand des palais, que de sa gueule sortait une tornade de flamme dévastant tout, brûlant la terre et les cieux, et que ses griffes déchiraient les armures runiques des Chevaliers comme si elles n'avaient été que de papier. Voyant ses compagnons mourir en vain sur le dragon, n'écoutant que son courage, Philip Sartin prit son arme et laissa son amie blessé pour aller les aider, malgré la peur et le danger. Il grimpa sur le dos du dragon, où il était plus en sûreté que face à sa gueule ou ses griffes, et remonta vers sa tête, sans jamais faillir ou trembler.

Quelle idée d'aller affronter un dragon, quand même. Que ne feraient les hommes et femmes pour entrer dans les légendes ? Même si, ici, la situation était spécifique. En tout cas, face à un dragon, il serait plus du genre à se cacher ou fuir. Ce devait être un homme intéressant, quand même, ce Philip.

Il finit par atteindre la tête de la bête, et planta en un coup sa lame entre ses yeux, à travers les écailles du dragon. Il tint bon, accroché à son épée, durant les soubresauts de lutte et d'agonie de la bête, et ne la retira que lorsque celle-ci cessa tout mouvement, morte, tuée par un mortel.

Il sentait approcher la fin de son histoire, et en était soulagé. Sa voix était sèche de tant parler, et plus irrégulière qu'au début, également.

Cette victoire, impensable, le fit entrer dans la légende, à seulement quinze ans, et c'est tout naturellement qu'il finit par devenir capitaine de l'Ordre. On dit qu'il ne pouvait en être autrement, et qu'il continuera encore longtemps de faire parler de lui.


Ses doigts cessèrent de danser sur son instrument, qu'il reposa sur ses genoux le temps d'attraper sa gourde d'eau et d'en boire une longue gorgée. Ne supportant plus la chaleur pesant sur son visage, il ôta son masque et s'essuya le front, soulagé. Se racla brièvement la gorge.

- Bon, ça vous a plu ?

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