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 On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]

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Ghozwi
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MessageSujet: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Mar 3 Jan 2017 - 23:35

20 ans avant la création de la Collaboration des Ingénieurs


J'étais tout petit lorsque je vis pour la première fois Skirnix passer les portes de Quetaïn. Mes souvenirs sont assez vagues sur comment et pourquoi il a découvert mes parents, je sais juste qu'ils lui ont permis de s'établir dans la ville, avec d'astucieux et précieux conseils. Aventuriers, ils avaient vue beaucoup de pays et ils connaissaient bien Quetaïn. Au fur et à mesure, la ville s'était agrandi, devenant de plus en plus riche et accueillant une plus large population. Elle contenait davantage d'étrangers attirés par les promesses de richesse par des échanges de marchandises de valeurs. Et les gobelins qui venaient de loin proposés des produits originaux que les consommateurs d'aujourd'hui s'arrachent à prix d'or. Skirnix faisait parti de ces fiers peaux-vertes pleines d'ambitions, venu tout droit de Zandorz avec la résolution de devenir le premier marchand gobelin de Quetaïn.
Mais visiblement, les conseils de mes parents ne furent pas suffisant, et à leurs décès, nous nous retrouvâmes à la rue...
C'était le lot de nombreux étrangers à Quetaïn, dans ces années-là. En particulier pour nous... Après la guerre, les routes s'étaient ouvertes pour les échanges commerciaux. Le travail était abondant, puisqu'il fallait reconstruire pas mal de bâtiment. Les plus pauvres tentaient donc de gagner leurs pains de cette manière et les plus riches n'était que très content du retour d'un commerce fructueux. Hors, ceux qui n'avaient pas de travail vivaient difficilement...
Dans notre cas, nous subissions deux problèmes majeurs : La pauvreté et la discrimination... Le rejet total de la plupart des humains a longtemps fait souffrir les peaux-vertes et autres étrangers... Je me souviens que même certains elfes n'étaient pas appréciés en ville.
La résolution de Skirnix n'était cependant pas démoli. Il voulait, un jour, avoir la chance de faire parti des plus grands dans cette ville et de réaliser son rêve : non seulement être un bon marchand mais aussi pouvoir montrer ce que le monde extérieur avait à offrir. Et Zandorz semblait regorgé de suffisamment de trésor naturel pour qu'il est envie de le partager à ce point-là.
Mes oreilles d'enfants étaient toujours à l'écoute quand il en parlait. Sa façon de me raconter des histoires me fascinaient. Il employait un bon vocabulaire suivi par des gestes très théâtral. Il était fait pour le monde de Quetaïn, celui où il fallait savoir parler et écouter, mais surtout marchander :
- Trois sous !
- J'ai dit six... , s'impatienta l'homme.
- Trois et c'est mon dernier mot... J'ai un gamin qui-
- Ne me sors pas l'excuse du gamin, si tu veux manger, tu paye ou tu bosses pour moi. Et tu sais ce que l'on peut faire avec votre potentiel, hein ?

Skirnix soupira longuement. Oh oui, il le savait... La réputation des Orcs les précédaient. Tout le monde, même ceux qui n'avaient pas connu la guerre, les décrivaient comme très fort. Les humains avaient la méchante manie d'associer les Orcs avec les Gobelins, de par leurs apparences très proches malgré la différence de taille. Mais l'homme devant lui claquait d'impatience les doigts sur la table. Il se fichaient pas mal des rumeurs, il voulait des résultats...
- Je ne deviendrais pas un chien d'arène pour ta tronche ! , balança Skirnix tournant les talons.
- Tu ne seras pas le dernier à mourir de faim, peau verte !
- Viens Ghozwi, on s'en va.

Je levais de grands yeux vers mon mentor, le suivant aux pas, tandis que derrière nous des rires moqueurs s'élevaient... A cette époque là, je ne comprenais pas où voulait en venir l'humain, mais il se cachait des choses à Quetaïn, des passes-temps malsains qui ne s'ébruitaient jamais jusqu'aux oreilles du Sultan. Les esclaves étaient nombreux, et certains finissaient en morceaux, pour la distraction des plus hauts. Skirnix se démenait tous les jours pour qu'on est quelque chose à manger, ainsi qu'à la préservation de nos économies. C'était pour cette raison qu'il cherchait un travail. Les nuits, nous nous cachions parmi les autres rejetés de la ville, qui avaient commencé à former des groupes de petites frappes. Ils ne causaient d'ennuis à personne pour ne pas ébruiter leurs présences, mais ces gobelins, orcs, humains ou encore elfes des rues se débrouillaient toujours pour avoir le ventre plein. Nous aurions pu vivre comme eux, cela nous aurait permis d'avoir un toit et une protection. Mais Skirnix refusait de vivre de cette manière.
- Attends moi là, je reviens, Me fit-il avant de rentrer dans une nouvelle maison.

Et j'attendis... comme d'habitude, je l'attendais sagement.


Mais ce jours-là, mon cœur fut attiré par un événement. Je me souviens m'être levé, entendant des cris dans une ruelle. Je m'approche rapidement, suivant le son, qui s'amplifie. Le soir commence à tomber, et je sais qu'il ne faut pas m'éloigner. Rester seul n'est pas recommandé, surtout pour moi... Mais j'en oublie les mises en garde de Skirnix, poussé par une curiosité trop grande. Le danger me fait peur pourtant, mais... Dans ces cris, il s'y trouve un son tout particulier. Une nuance plus grave et gutturale, provenant d'une voix d'Orc. J'en suis certain ! Et la peur devient un moteur pour m'aider à avancer lorsqu'il s'agit de nos cousins. Une envie de les rencontrer, d'en savoir plus sur eux, ou simplement parce que je suis un gamin un peu fou, peu importe, car mes pas m’amènent tout droit vers une piste.
C'est là que j'aperçois ce qu'ils faisaient des "chiens", dont parlait Skirnix. Je vis des hommes maintenir un Orc poings liés, trainé de force vers une porte de sous sol, assez grande pour faire passer trois ou quatre personnes en même temps. Je n'ai aucun mal à imaginé ce qui se trame à l'intérieur, et je comprends mieux pourquoi Skirnix a refusé. Traité comme de la marchandise, ces "gladiateurs" sont payés à la fin de leurs combats pour pouvoir subvenir à leurs besoins. On leur demande en échange de se battre, pour distraire des gens qui font des paris. Un lieu terrible...
Je sursaute de surprise lorsque l'un des hommes me voit. J'entends un mot venant de l'Orc que je ne compris pas tout de suite, mais je savais déjà qu'il me disait de partir, et dans le même temps un des hommes me saute dessus. J'ai le temps de lui échapper et de m'enfuir... Loin, très loin. Je ne sais pas où je vais, la peur m'a rattrapé et s'accroche à mes tripes. Ma panique m'envoie au plus profonds des rues de Quetaïn, vers la place du Marché... Connaissant mal les chemins, je finis par me perdre.
Même en soirée, les gens abondent sur le Marché. C'est un lieu de vie, également touristique. Des établis, des objets par centaine. Essouflé, je me cache entre deux tissus, tremblant comme une feuille. Me sentant en sécurité, je prends le temps de souffler, tandis que j'écoute ce qui se passe autour de moi. A travers les tissus, je vois les lumières qui dansent, et les sons que j'entends sont tous aussi beaux et agréables. Lorsque je fais dépasser mon nez pour voir quelque chose, je me perds dans mes comptes tant les gens sont si nombreux à passer et repasser sous mes yeux... Je vais avoir dû mal à circuler dans la foule sans Skirnix. Oh ! ... Il... Il va me tuer ! Comment vais-je faire pour lui expliquer mon absence... ? Je soupire, alors que je reprends la marche. Restant proche des établis pour éviter de me faire écraser par la masse. Malgré tous mes efforts, quelqu'un me percute. Bousculé, je tombe par terre, et une personne se dresse devant moi. Je suis habitué à cette situation, et je savais que la personne allait crier pour qu'un maximum entendent ses propos, scandalisé d'avoir été poussé par une vermine. Lançant de plates excuses, je me redresse très vite pour filer. Mais il me retient par le bras.
- Tu crois que je vais te laisser filer, petit ?

J'ai le chic pour m'attirer les plus gros ennuis...


Dernière édition par Ghozwi le Ven 6 Jan 2017 - 0:41, édité 1 fois
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Sigifrid. H. Génévil
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Mer 4 Jan 2017 - 20:52

Il remâche encore ce qu'il s'était passé, quelques mois plus tôt. Il n'arrive même pas à se mettre en colère. Il se sent vide. Vide et inutile. Peut-être qu'ils ont tous raison. Qu'il est indigne de son rôle de Lame Lige, qu'il n'est qu'un meurtrier de plus et qu'il n'a rien d'un héros, alors un héros de guerre...

George avait tenté de le dissuader de faire ce voyage. Que partir, ne serait-ce que pour quelques semaines, serait leur donner raison, et qu'il fallait leur faire face. Mais même le soutien d'un des princes jumeaux n'arrivait pas à nettoyer sa réputation soudainement entachée. Quel con. Proposer la paix. Mais quel con...

Il sort de sous son manteau une bouteille de vin. En un geste qui deviendra vite un réflexe et une habitude, il boit quelques gorgées avant de remettre le flacon dans la poche intérieure. Il rabaisse le capuchon de son manteau. Manquerait plus qu'on le reconnaisse et qu'on lui rebalance dans la tronche qu'il ne valait rien. Il n'irait pas détromper l'accusateur, loin de là. Mais les derniers restes de fierté l'empêchent de prendre tout ceci par dessus la jambe.

A ses hanches, son épée et sa chaîne. Il peut à peine les regarder. Les utiliser, il n'est pas certain de pouvoir. Il se souvient trop des esquilles d'os et de sang qu'il a vus dessus. Il en est malade. Il reboit une gorgée, pour se débarrasser du poids qu'il sent peser sur son estomac. Quel con, quel con, quel con...

Il gratte sa barbe de trois jours, quand il rentre sur le Marché de Quetaïn. Il peut peut-être trouver une babiole à ramener à Elys, sa fille. Ce serait chouette. Quelque chose pour renouer un peu leur relation père-fille qui s'étiole depuis quelques années. Qu'est ce que ça aime, les gamines de quinze ans ? Des poupées ? Est-ce qu'Elys aime encore les poupées ? Putain, il aurait dû s'occuper un peu mieux de sa môme. Si ça se trouve, elle est déjà passée aux jolis bijoux. Ou... ou aux épées ? Si tu savais, Sigifrid, que cette incompréhension mutuelle entre toi et ta fille n'est qu'un prélude à votre relation...

Perdu dans ses pensées, flânant entre les étals sans savoir quoi prendre pour Elys, il n'est pas surpris quand il finit par percuter quelqu'un. Ou plutôt qu'une espèce de balle fusant entre les étals le percute. Il marmonne un « merde » et regarde qui il a bousculé, prêt à s'excuser. Son regard tombe sur un marmouset de peau-verte, les oreilles rabattues en arrière comme un animal traqué. Il semble prêt à décamper aussi sec. Sigifrid le retient par le bras.

« Tu crois que je vais te laisser filer, petit ? »

Bordel, un gamin. Tremblant comme une feuille. Qu'il soit peau-verte ou pas, un môme restait un môme. Et un môme apeuré, qui plus est. Sigifrid a beau avoir une bouteille dissimulée dans les pans de son manteau, il n'ira pas – pas tout de suite, du moins – abandonner les valeurs de Feïral. On aide un gamin dans le besoin, par ici. On n'est pas un trou du cul, quoi, merde.

Il regarde vite fait le gamin. A part une égratignure, sur le genou, il n'a rien. C'est déjà ça. Manquerait plus que le môme braille pour une écorchure plus importante.

« T'es paumé ? Y sont où tes parents ? »

Ses yeux se plissent, soupçonneux, et il fronce les sourcils. Quetaïn et ses lois, il commence à les appréhender... du coup, peut-être que...

« T'as pas chipé un truc, au moins ? »

Le môme secoue frénétiquement la tête. Il lit la peur dans ses yeux, trop pour qu'il ose mentir. Très bien.

« Alors faut pas fureter comme ça, petit. Si t'as rien fait de mal, donne pas de prétexte aux gens pour t'accuser. Bon, cesse de trembler, maintenant. Je vais pas te foutre une touille. »

Encore heureux. Elle serait tombée bien bas, la Lame bénie des dieux, tiens ! La remarque lui tire un rictus amer. Il s'ébroue.

«  T'es paumé, c'est ça ? J'te ramène là où tu crèches. Je me repère bien en ville. Et puis on viendra pas t'embêter. Aller, ta main, gamin. »

Peut-être que le gamin le prend pour quelque chose qu'il n'est pas. Mais aider un enfant perdu lui met du baume au cœur. Comme si finalement, il n'avait pas tant de sang que ça sur les mains. Ça lui fait du bien. Il n'est pas si pourri que ça. Il peut le faire.

Il n'est pas fini, hein ?
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Ghozwi
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Dim 5 Fév 2017 - 22:18

Skirnix devait s'imaginer pouvoir passer le reste de la soirée à grignoter un très maigre repas avec moi, en ayant toutefois la satisfaction de pouvoir travailler le lendemain, et même si ce n'était que pour une journée, nous aurions au moins de quoi nous payer plus qu'un bout de pain rassie. Mais à son grand étonnement, il ne trouva pas l'enfant gobelin qui était censé l'attendre au bas de la porte. Et sa panique était lisible sur son visage alors que je ne répondais pas à ses appels.

Pendant ce temps là, ma courte vie a défilé sous mes yeux à la vitesse d'une goutte d'eau, touchant un sol froid. Mais la main de son propriétaire, elle, n'est pas si froide, juste un peu rude. Il m'a attrapé le bras, presque à me faire décoller du sol - ce qui n'est pas dur à faire, cette époque là je l'ai vécu en ayant un corps assez frêle. Je ne peux m'empêcher de trembloter, les yeux grands ouverts vers l'homme qui parle d'un haute voix grave. Son regard semble me suspecter de quelque chose, c'est sans doute mon attitude fuyarde qui le met sur ses gardes. Il commence à poser des questions, et je suis presque surpris... Les gens d'ici ne cherchent pas bien loin et préfère soit dénoncer soit lâcher l'affaire, car fin observateur, un marchand de Quetaïn aurait vue que je ne possède rien de valeur sur moi. En cas où j'aurais volé quelque chose, la garde se serait chargé de mon cas... Alors tout naturellement, je secoue la tête lorsqu'il pose cette question.
- N-non, monsieur ! Je n'ai rien volé, lui promis-je. Et je ne furetais pas, je... Je me cachais !

Cela revient quasi à la même chose, mais l'intention est tout autre. Avoir volé ou fuir un danger est complètement différent, mais avec mon ethnie les humains ne font pas bien la différence. J'en baisse la tête de découragement, les oreilles bien basses. Je trifouille mes mains lorsqu'il me demande si je suis perdu.
- Ou-oui..., lui répondis-je.

Je lève une tête surprise vers l'homme qui me propose son aide. Depuis quand un humain... Enfin, je veux dire... Il est compliqué de trouver âme charitable par ici, à cette époque où une récente guerre s'est terminée mais où réside encore les cicatrices dans le cœur et les esprits des peuples. Je n'ai rien connu de tout cela, mais j'ai grandi au milieu du mépris des blessés, physiques comme psychiques... Tss, je suis peut-être encore trop petit pour comprendre, mais quelque part je ne peux pas m'empêcher d'être triste pour eux. Je lui envoie un faible sourire tout en lui glissant ces quelques mots :
- Je n'ai plus de maison... Enfin pas vraiment ! Mes... parents sont décédés il y a quelques temps. C'est Skirnix qui me garde ! Il... Tu crois qu'il sera fâché que je me sois éloigné ? - Je passe une main dans mes fin cheveux avec un petit rire nerveux - Oh oui, il doit être très en colère...

Malgré tout, je ne refuse pas l'aide qu'on me tend si gentiment... Ma main se blottit dans celle de l'homme, alors que mes yeux continuent de l'étudier. Arrêtez moi si je me trompe, mais j'ai comme l'impression qu'il n'est pas né à Quetaïn... Un pressentiment, comme ça. On commence à marcher et la présence de mon nouveau compagnon me permet de passer à peu près inaperçu. Les gens autour trouvent étrange qu'un homme prenne par la main un gobelin, mais ils ne s'y attardent pas très longtemps, quelques soupires exaspérés ou des rires étouffés mais pas de problèmes plus important. On finit par sortir du Marché et je souffle, signe de mon soulagement. Le plus dur est passé... Quoi que, peut-être pas. Même si je connais bien ces ruelles, j'ai peur d'envoyer cet homme dans la gueule d'un loup très coriace. J'espère qu'il sait où il met les pieds... Je vais pour lui en parler, lorsque soudain mes oreilles sont préoccupées par autre chose.
- GHOZWI !

Je sursaute, reconnaissant distinctement cette voix. Comme prédis, Skirnix est fâché, mais son visage reflète surtout de l'inquiétude, commençant à peine à être apaisé lorsqu'il m'aperçut. Je cours vers lui, en disant frénétiquement que je suis désolé.
- Plus jamais ça ! Tu as intérêt... Je m'en serais voulu s'il t'était arrivé quelque chose...
- Promis !

Il soupire, ses épaules s'affaissent un peu. Il est si fatigué qu'il a dû mal à se souvenir quand il a bien mangé pour la dernière fois. Mais la volonté se lit toujours dans son regard, et c'est les sourcils froncés qu'il le pose sur l'homme qui m'accompagnait. Je sens les nerfs de mon mentor se contracter, alors que je m'écarte doucement de ses bras. Méfiant, Skirnix s'adresse directement à l'étranger.
- Je ne te connais pas, mais tu as ma plus grande gratitude pour l'avoir protégé...
- En faite il m'a juste retrouvé...
- Shhh ! Ghozwi tu vois pas que je... Comment ça retrouvé ?! Tu étais passé où ? Bon, bref ! Je ne peux te récompenser qu'avec des mots... Malheureusement, je ne suis pas en mesure de-
- Ils sont peut-être encore dans le coin !
- Ghozwi...
- Ils forçaient un Orc à-

Skirnix pose de grands yeux réprobateurs sur moi, et je me ratatine un peu sur moi-même.
- Je t'ai déjà dit de ne pas aller fouiner dans les affaires des humains ! - Il se frappe le front avec sa main, se tournant ensuite vers mon sauveur - Toutes mes excuses s'il t'a causé un quelconque tort.
- Pourquoi on l'aiderait pas, Skirnix ?! Il n'avait pas l'air de vouloir-
- Parce que tu ne crois pas qu'on a assez de souci à se faire sans jouer les héros ?!
- Moi j'y vais dans l'arène, comme ça on pourra manger convenablement !
- Et c'est un enfant haut comme trois pommes qui dit ça...

Tout en soupirant, exaspéré, Skirnix fait quelques signes dans sa langue natale silencieuse, que j'interprète comme un espèce de juron, ou une plainte sur le nom de quelque chose... Je croise les bras, redressant mon petit torse. Pas bien fort le gamin, mais je pensais déjà à cette époque pouvoir tout faire si je le souhaitais. Ce que Skirnix admire déjà par dessus tout chez moi, cette force de caractère, et c'est pour cette raison qu'il lâche un sourire.
- On trouvera un autre moyen pour l'argent, petit. T'en fais pas.
- Et pour l'Orc

Skirnix secoue la tête d'un air navré. Humpf... Il faut l'admettre... Je n'ai pas envie de causer plus de soucis à mon mentor, mais tout au fond de moi je souhaite de devenir plus fort... Chaque choses en son temps m'aurait-il dit.
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Sigifrid. H. Génévil
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Lun 20 Fév 2017 - 0:47

Le tableau que lui peint le gamin n'a pas de quoi le ravir, loin de là. Il sait que ce qui a le plus probablement ravi les parents et le toit du petit, c'est la précédente guerre contre Akeraï qui a beaucoup touché les voyageurs et les civils. Plus que la dernière, en tout cas. Ou l'avant-dernière. Son visage se ferme, et il marmonne un vague « pardon », avant de se diriger à l'entrée du marché pour en sortir. Ils n'échangent pas grand mot. Juste de quoi lui permettre de se repérer et de ramener le petit là où son parent adoptif l'attend. Savoir que le gamin est une victime indirecte des conneries de Feïral l'a rendu plus taciturne que de coutume. Il ignore les regards qu'on peut lui jeter. Il est trop démoralisé et amer pour y prêter attention.

« GHOZWI ! »

Ah. Au moins il va pouvoir arrêter de l'appeler petit. Quoique. Connaissant le personnage, connaître le prénom d'un môme ne va pas l'empêcher de le désigner comme tel. Quand le gamin lui lâche la main pour se précipiter vers l'autre peau-verte qui a gueulé, là, Sigifrid sait qu'il l'a ramené à bon port. Ça lui fait du bien. Savoir qu'il a fait une bonne action et qu'il est capable d'aider autrui plutôt que de le mutiler.

Le gobelin se tourne vers lui. La fatigue se lit dans ses yeux. La méfiance aussi. Le Sacreguerre ne va pas le lui reprocher. Avec ce qu'il se passe en  ce moment à Quetaïn et la manière dont sont traitées les peaux-vertes, évidemment qu'un humain sera considéré avec circonspection. Encore plus un de sa stature. Bien qu'il ne soit pas grand, Sigifrid est large d'épaule. Il a pris la peine de se raser de près ce matin, et sa barbe ne dissimule plus les multiples petites cicatrices sur sa mâchoire carrée ou n’atténue plus celle qui barre son œil. Ses hautes pommettes, ses yeux durs ne sont pas spécialement rassurants non plus, et son visage est clairement dégagé par sa coiffure. Quiconque doté d'un peu de jugeote comprend tout de suite qu'il s'agit d'un guerrier, et pas un novice. Se sachant en position de faiblesse et redevable envers un étranger probablement dangereux dont il ne connaît pas les intentions, que reste-t-il au gobelin, sinon la vigilance ?

Sigifrid ne dit pas un mot face à l'échange. Il écoute. Et rapidement il comprend. Ses sourcils se froncent naturellement. Quetaïn, hein... aucun honneur, aucune morale, et ses marchands vendraient tout pour une pièce de plus. Alors au fond, ça ne l'étonne pas, ce que le petit raconte. Savoir que faire du profit sur le dos des autres était aussi simple que de respirer, pour eux. Ça lui prend aux tripes et un profond sens d'injustice lui fait serrer le poing.

« Vous n'avez pas mangé ? »

Avant que son tuteur ne l'en empêche le petit a déjà répondu. Malgré le tragique de la situation, la Lame Bénie des Dieux ne peut qu'en être amusée. Il voit bien que ce Skirnix ne veut pas de dettes. Que se sentir redevable d'un inconnu, d'un humain qui plus est, est une chose qui lui répugne. Sigifrid comprend. Très bien, même. Mais même s'il est né pour se battre et que sa destiné l'a amené à être un tueur redoutablement efficace, il n'est pas dépourvu de compassion ni de bonté. Et encore moins de cette conscience qui le torture tant ces derniers mois. Si elle n'en est pas la cause directe, la guerre a néanmoins profondément affecté ces deux là. Il peut au moins leur offrir un repas chaud. Peut-être que ça le fera se sentir moins coupable.

« Moi je meurs de faim. Pour régler ta dette, Skirnix, tu vas me mener à la plus proche auberge qui ne sert pas un ragoût graisseux, d'accord ? »

Au vu du regard qu'il lui retourne, Sigifrid sait très bien que le gobelin a compris, et qu'il n'en est pas ravi. Mais il tourne alors la tête vers le gamin, et ne prend pas longtemps avant de prendre sa décision et de hocher la tête. En réponse le Sacreguerre lui retourne un sourire goguenard. Le visage du gobelin se ferme. Il n'aime manifestement pas avoir la main ainsi forcée. Tant pis pour lui. Si avoir l'estomac rempli le gêne tant, il n'aura qu'à ne pas manger.

« Ah, on a pas fait les présentations. Appelle-moi Sigifrid. »

Skirnix tire une tête constipée, mais le visage du petit s'éclaire. Allez savoir pourquoi. Peut-être que de connaître ainsi le prénom de son sauveur lui fait plaisir. Le gobelin adulte prend la tête du petit groupe. Hilde se laisse guider. Il repère les ruelles par où ils passent. Les gens leur jettent des regards curieux. Peut-être moins qu'avant, parce que la présence d'un gobelin adulte en plus est moins surprenant que Sigifrid et Ghozwi seuls.

Skirnix s'arrête devant la porte d'un établissement qui a l'air somme toute respectable. Loin du quartier d'où ils sont partis, en somme. Il a l'air d'attendre que la Lame Lige le remercie et rentre, sans les gobelins. Sigifrid hausse un sourcil et hoche négativement la tête à son intention. Tu ne t'enfuiras pas comme ça.

« Rentrez donc avec moi. Je viens d'arriver à Quetaïn, vous me raconterez ce qu'il s'y passe dernièrement. »

Une fois à l'intérieur de la taverne, la Lame Lige prend place à une table, les deux gobelins en face. Le gérant semble mal à l'aise d'héberger ainsi deux peaux-vertes, mais le sourire de Sigifrid se fait plus large. Plus la présence de ses nouveaux compagnons dérange, plus ça l'amuse. Son mauvais réflexe de provoquer un conflit ou de gêner ses interlocuteurs... George appelait ça « chercher la merde. »

Le gérant approche. Sans lui laisser le temps d'en placer une, Hilde commande trois portions d'un ragoût. Certainement pas la chose la plus onéreuse de la taverne, mais au moins ça tient au corps. Vu la maigreur du gamin, Sigifrid s'inquiète un peu qu'il s'effondre d'inanition. A moins que ce soit normal pour un marmouset gobelin d'être tout efflanqué. Allez savoir.

« Messire, les gobelins ne sont pas... »

Il s'arrête net quand le Sacreguerre écarte les pans de son manteau et dévoile un insigne d'officier – c'est un petit mot pour définir la Lame Lige du roi – de la garde royale de Feïral, en plus de l'épée qui pend à son côté.

« Pardon ?
- Rien, messire. Je vous amène votre repas. »

Sigifrid le suit d'un œil noir.

« Faudra vérifier qu'il crache pas dans votre plat ou le mien... Bon, c'est quoi cette histoire d'arène et d'orc ? »

Il a bien deviné, en un sens. Mais il veut entendre l'histoire de la bouche des gobelins, et pas de manière coupée. Tant pis pour Skirnix si ça l'emmerde. A bien y réfléchir, tant mieux, même. Le gobelin a toujours son visage fermé. « Chercher la merde », qu'il disait, George. Il n'avait certainement pas tort, le Prince...
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Ghozwi
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Ven 21 Avr 2017 - 20:00

Pendant la discussion, mon sauveur n'a pas pipé un seul mot. Il a tendu l'oreille, attentif à ce que je disais à propos de l'Orc que j'ai aperçu entre les griffes des gérants de l'arène... Ma volonté de le sortir de là est plus forte que la raison de mon mentor, mais je sais qu'il n'a malheureusement pas tort. Nous ne sommes pas capable de le tirer d'affaire, pour le moment, et ça me met hors de moi... Trop petit pour être fort, trop pauvre pour marchander quoi que se soit... Skirnix doit également se sentir impuissant face aux injustices de cette ville, qui se produisent quasiment sous le nez des hautes maisons, qui ne trouvent pas les moyens d'empêcher ce genre de "commerces" de se produire. Ou elles n'en ressentent pas le besoin, ce qui est encore plus terrible... Les jeux de combats font parti d'un cercle vicieux mais qui rapportent beaucoup, pareils aux jeux d'argents classiques.
C'est face à toutes ces "propositions" là que Skirnix est contraint à devoir refuser, car il ne veut absolument pas y mettre les pieds... Bosser pour le compte des organisateurs le rebute. Son cœur est encore accroché aux sens d'honneurs et de respects, peut-être ?

La question de l'homme nous fait sursauter et Skirnix en a presque lâché ma main. Il s'est de nouveau tourné vers l'étranger, comme si sa réponse toute choisie allait sortir d'un bloc. Mais je suis plus rapide, et je réponds, ce que mon mentor ne semble pas du tout apprécier. Je finis par esquisser un large sourire vers lui, et Skirnix secoue la tête. Mais il n'a pas le temps de me réprimander que l'homme prend les devant, assurant avoir également très faim. Parfait alors, nous aussi ! Skirnix pose une main sur mon épaule, signe protecteur, avant d'acquiescer. Malgré sa désapprobation, il nous guide à travers les ruelles de Quetaïn. Moi, je sais déjà où nous allons. Une auberge modeste, dans nos moyens, enfin si nous avions ne serait-ce qu'un sous. Mais cela ne semble pas arrêter... Sigifrid ?! Mes yeux deviennent ronds.
Sigifrid... ?
Je me tourne vers Skirnix, qui ne semble pas réagir à ce nom... Pourtant, ce nom là n'est pas n'importe lequel... ! Je crois me souvenir avoir entendu parlé d'une histoire. Est-ce lui ? ...
Je ne préfère pas trop l'inonder de questions de peur d'installer une nouvelle tension. Déjà que mon mentor est devenu du marbre face à la bonne volonté de mon sauveur... Une fois arrivé devant l'auberge, Skirnix s'écarte, et je fis de même. Mais Sigifrid nous invite à entrer en sa compagnie. Surprenant... Je crois qu'aucun humain n'a encore été si bienveillant à notre égard, aussi longtemps que mes souvenirs remontent. Mon admiration est palpable, d'autant plus si les histoires qu'on raconte sur sa personne sont vraies !

***

Le petit a beaucoup de mal à se tenir tranquille depuis que l'humain s'est présenté. Sigifrid... N'étant pas natif de Quetaïn, ni d'une cité alentour, je ne sais pas qui il est. Pourtant Ghozwi semble le savoir et je vais devoir lui en toucher deux mots. Mais pour le moment, je suis plus préoccupé par notre situation actuelle... Rentrer dans une auberge comme celle-ci ne m'a pas été donné de droit depuis mon arrivé à Quetaïn. Au début, je logeais chez les parents du petit, et au fur et à mesure je tentais ma chance à percer au sein du monde du commerce. Hélas, bien plus difficile à réaliser qu'on ne le pense.
Nous prenons place à une table. Ghozwi aux yeux pétillants à côté de moi, Sigifrid nous fait face. Je reste parfaitement neutre, observant les lieux. Les personnes qui occupent les autres tables ne nous prêtent pas attention, quelques regards curieux ou indignés mais sans plus. Le malaise est pourtant  bien présent chez les gérants, qui se chuchotent quelque chose. Je remarque que l'homme en face de nous s'amuse de cette scène. Je fronce légèrement les sourcils sans rien dire, et me contentant de regarder ce qui va se produire, méfiant comme toujours. On n'est loin d'être parfaitement en sécurité ici, et en compagnie d'un homme que l'on connait que depuis une heure... Les peaux-vertes fréquentent surtout des lieux dans les bas fonds de la ville, reculés des autres coins où la haute société n'est pas dominante, du moins domine t-elle seulement d'un point de vue secteur. Il faut croire que je me suis habitué à avoir le nez dans la merde. Rien qu'à y penser, une haine farouche m'étripe la gorge, que je refoule comme à chaque fois. Tant d'abus...

Un des gérants approchent. Il n'a pas l'air menaçant et voulut directement échanger avec Sigifrid. Ce dernier commande sans attendre, et j'entends l'estomac de Ghozwi gronder déjà à l'idée de recevoir enfin son dû. Il semble s'être calmé, mais reste tendu pendant l'échange, me lançant des regards inquiets. Je ne bouge pas, silencieux. D'accord... Admettons que je me sois enfin résigné à recevoir de l'aide de cet humain, mais je suis tout aussi prêt à partir si notre présence ici provoque trop de discorde. Je ne veux pas donner trop de soucis au sauveur de mon petit simplement parce que nos peaux sont différentes... S'il y a bien une chose que j'ai appris très vite dans cette ville c'est que : "sans moyen de monnayer, ne montre pas le bout de ton nez..."

« Messire, les gobelins ne sont pas... »

Mes oreilles commencent déjà à se baisser quand soudain, l'argument de Sigifrid contre totalement celle du gérant. Un argument de poids, qui en impose, car il montre tout simplement son arme. Si j'ai détaillé l'insigne étrange qu'il porte, je suis surtout obnubilé par l'épée. Je lève un sourcil face à cette scène qui se déroule sous nos yeux. Un léger sourire se dessine sur mon visage amusé, et je sens Ghozwi à nouveau dans l'admiration. Je vois que Sigifrid est donc ce genre de personne... Une guerrier ? Un soldat au service de quelqu'un ? Un mercenaire ? Peu importe. Il sait argumenter et convaincre, et ça j'aime bien. Lorsque le gérant s'en va avec la commande à contre coeur, je lève les yeux vers l'homme. J'ai repris un peu de sérieux, mais mon sourire est toujours marqué.
- Finalement, peut-être pouvons-nous nous entendre, Sigifrid ? , Finis-je par dire, et je sais que Ghozwi est ravis d'entendre ça. Si bien qu'il voulut commencer cette discussion, avec beaucoup de questions. Je le sais, parce que je le connais par coeur. Il est là, avec ses yeux admiratifs et faim insatiable de savoir. Je lui met l'indexe sur sa bouche, lui demandant d'être patient. Car je savais que le sujet allait retomber sur le tapis... : L'arène, l'Orc, les combats sous la ville de Quetaïn...
Ghozwi s'enfonce dans le siège, assez confortable. C'est toujours mieux que le sol. Il garde le silence, levant les oreilles pour écouter. J'acquiesce, prêt à répondre à toutes les questions de l'homme. J'en perds le sourire...
- Depuis quelques temps, à Quetaïn, les marchands prennent goût à exercer des nouveaux jeux d'argents. C'est devenu une mode... Elle ne plait pas à tout le monde, et certaines hautes sphères préfèrent ignorer cette nouvelle tendance. Mais du côté des bas-fonds, où les choses se font beaucoup plus facilement, se terre une pratique... "légale par défaut" ... - Je hausse les épaules, indigné par mes futurs mots - Disons le franchement que le Sultan ne doit pas être vraiment au courant de ces choses là, ou alors il ne bougera pas le doigt... surtout pas si ça concerne des Orcs.

Je regarde autour de nous. Les gens vaquent à leurs occupations, le serveur apporte leurs boissons et se tourne vers son cuisinier qui s’affaire à la préparation de nos plats. Je baisse d'un ton, prudent :
- Les Orcs n'ont aucun droits dans cette ville... La guerre a fait des ravages dans cette région, ainsi que du côté de Feiral, et beaucoup d'Orcs étaient impliqués... Certains d'entre eux étaient du bon ou du mauvais côté, peu importe, car les conséquences d'une bataille restent terribles... Surtout pour les perdants.

J'attends que le serveur pose nos plats, que Ghozwi dévore vivement, avant de reprendre :
- L'esclavage a commencé à se développer sur les Orcs qui sont restés dans la région... Cette tendance se propage de plus en plus dans les autres régions, sans compter Feiral... Enfin, je crois bien, je dois t'avouer que j'ai appris des choses à travers des paroles d'autrui, des livres et en écoutant les portes. J'ai entendu dire par des roturiers quetaïniens que l'esclavage pourrait devenir réellement légale dans leur ville... - Je secoue la tête tristement, et je pose mes yeux sur le ragoût qui nous a été servi. Hmmm, ça n'a pas l'air exceptionnel mais c'est mieux que rien. Je commence à manger tout en continuant mes explications - Bref... Des esclaves peaux-vertes, des jeux d'argents, une arène planquée... Je ne te dessine pas ce qui s'y passe... De ce que je sais, ce sont des combats de gladiateurs, ou un truc qui s'en rapproche. Des combats organisés, ou à mort parfois... Des pari sont lancés et plus ils y gagnent plus le publique en redemande... Ce sont des choses qui ne finissent jamais. Ghozwi a la nature insupportable de mettre son nez là où il ne faut pas, hein - Je tapote la tête du petit qui voue une concentration intense à la dégustation de son plat, m'arrachant un sourire - ... Il a dû croiser des hommes en train d'amener un Orc dans l'arène...

Je m'arrête, assez brusquement. Mes nerfs sont de nouveau à vifs... On peut ressentir toute la tension en moi, car il m'est difficile de cacher ô combien je suis révolté par ce qu'ils font à eux... Mais aussi par ce qu'ils font aux gobelins, car si pour le moment nous sommes épargnés de se faire ramasser dans la rue et jeter là dedans, le danger nous guette...
- Si j'avais les moyens d'arrêté ça, je le ferais... , Repris-je durement, m'arrêtant même de manger sur ce coup de colère. Mais pour le moment je ...
- On pourrait aller le chercher lui !
- Ghozwi... , soupirais-je.

Il insiste, mais je sais qu'il se rend compte que ce n'est pas possible. Même si nous avions l'argent, il est difficile d'acheter ce genre d'esclave et nous nous attirerons des foudres que nos épaules ne supporteront jamais... Non, nous devons trouver une solution à nos propres soucis avant d'aider les autres. Il comprendra un jour, je l'espère...
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Dim 23 Juil 2017 - 14:52

Quand il repose les yeux sur les deux gobelins, il remarque l'ombre d'un sourire sur le visage de Skirnix, et Sigifrid ne peut s'empêcher d'y répondre. Ah, défendre la veuve et l'orphelin, être du côté des faibles, en voilà une belle justice pour le Sacreguerre ! Son sourire se fane aussi sec. S'il avait été doué pour les causes perdues et défendre ce qui était juste, il ne serait pas ici, faisant face à l'opprobre de tous, dans une taverne miteuse, à écouter deux gobelins. Laisse la justice aux juges, Hilde, ta place est sur le champ de bataille, pas ailleurs...

Il écoute. Les nouveaux jeux d'argent des Seigneurs-Marchands ne l'étonnent guère. Ces derniers nagent dans leur fortune depuis des années, et puis c'est tellement plus simple de jouer avec et de faire des paris. On s'amuse bien. Bonne poilade. Sigifrid aime tellement ce genre d'humour qu'il se retient de cracher au sol. Il fronce le nez. Heureusement qu'à Feïral, les grandes huiles ont encore un semblant d'éthique. Pas du genre à faire quelque chose parce qu'il n'y a pas encore de loi à ce propos. Quoique...

« Les Orcs n'ont aucun droits dans cette ville... La guerre a fait des ravages dans cette région, ainsi que du côté de Feiral, et beaucoup d'Orcs étaient impliqués... Certains d'entre eux étaient du bon ou du mauvais côté, peu importe, car les conséquences d'une bataille restent terribles... Surtout pour les perdants.  »

Ah, ça... ! Le regard de Sigifrid s'égare un peu, il remonte dans ses souvenirs. Il a été persuadé pendant des années d'être du bon côté. Feïral, c'est la droiture, la stature chevaleresque et le berceau des gentilshommes. La réalité des choses ne l'a frappé que longtemps après. Quand on est un peu fanatique, notez, ce n'est pas facile de se rendre compte que quelque chose ne va pas. Que l'ennemi qu'il y a en face n'est qu'un pauvre paysan à qui on a donné un casque de quatrième main trop grand pour lui et une épée usée. Et on ne parle pas des espèces non-humaines ! Quand on en trouvait dans les rangs de Feïral ou d'Akeraï, il y avait toujours un petit froncement de nez hautain et méprisant. Ils sont forts, ces orcs, ça oui... Mais les considérer comme des moins que rien parce qu'ils n'appartiennent pas à votre ethnie, ça, c'est autre chose. Cela dit, Sigifrid doutait que, dans les clans orcs, ces derniers soient plus ouverts s'ils voyaient un humain. Encore quelque chose à changer dans ce monde de merde, tiens. La liste se faisait décidément plus longue de jour en jour.

L'aubergiste apporte les plats. If jette un coup d'oeil pour vérifier qu'il n'y ait pas de glaviot ou n'importe quelle autre substance humaine qui n'a rien à faire dans de la nourriture, mais les ragoûts ont l'air corrects. Le petit se jette dessus sans même regarder. Malgré ses pensées noires, le geste fait esquisser un sourire au Sacreguerre. Il prend quelques cuillerées de son plat en continuant d'écouter le gobelin.

« L'esclavage a commencé à se développer sur les Orcs qui sont restés dans la région... Cette tendance se propage de plus en plus dans les autres régions, sans compter Feiral... Enfin, je crois bien, je dois t'avouer que j'ai appris des choses à travers des paroles d'autrui, des livres et en écoutant les portes. J'ai entendu dire par des roturiers quetaïniens que l'esclavage pourrait devenir réellement légal dans leur ville...(If grimace) Bref... Des esclaves peaux-vertes, des jeux d'argents, une arène planquée... Je ne te dessine pas ce qui s'y passe... De ce que je sais, ce sont des combats de gladiateurs, ou un truc qui s'en rapproche. Des combats organisés, ou à mort parfois... Des paris sont lancés et plus ils y gagnent plus le public en redemande... Ce sont des choses qui ne finissent jamais. Ghozwi a la nature insupportable de mettre son nez là où il ne faut pas, hein ... Il a dû croiser des hommes en train d'amener un Orc dans l'arène...  »

En somme, après le dernier conflit, une machine infernale s'est mise en place. Compliqué de l'arrêter... Le récit de toute l'histoire met les nerfs du gobelin à vif et l'homme ne peut pas le blâmer. Il le vit quotidiennement. Au vu des ressemblances physiques entre gobelins et orcs, le guerrier fait vite le rapprochement : si les orcs décident d'un coup de renâcler à être traînés devant la mort, les gobelins plus petits feront moins les difficiles une fois les fers passés aux poignets...

« Si j'avais les moyens d'arrêter ça, je le ferais... Mais pour le moment, je...
- On pourrait aller le chercher lui !
- Ghozwi... »

Sigifrid souffle brièvement par le nez. L'aigreur le frappe de plein fouet. M'oui, on peut aller le chercher, cet orc captif... et après ? On ne peut pas sauver tout le monde... Et puis qui irait le sauver, hein ? Bibi, pour changer !

Voilà ce qu'il se passe quand tu penses à défendre la justice, If... Quand tu réalises qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ton pays, ton monde, et que tu t'y opposes de toutes tes forces, ébranlé par ta propre culpabilité d'y avoir participé, et par ta soif de rectitude. Tu te retrouves seul.

Tout le monde applaudit des deux mains le rêveur qui souhaite changer le monde, mais quand il parle que pour le réformer, il faut faire évoluer en premier lieu les mentalités et les gens, plus personne ne l'encourage... Pire, parfois on lui crache dessus. Personne ne veut changer. C'est trop complexe. Ça requiert une trop grande force d'âme. Trop d'efforts pour ceux vautrés dans leurs habitudes, face à l'inconnu et à la droiture morale.

Tu as essayé de changer Feïral, toi qui pensais qu'il s'agissait du haut lieu de la droiture, mais tu t'es heurté à l'opprobre. Tes efforts n'ont mené à rien. Tu doutes qu'à Quetaïn les mentalités seront bien différentes. Sans violence à leur porte, le peuple l'invente dans ses murs. Les gens veulent la guerre et la souffrance.

Et tu es fatigué de les leur donner. Pourtant, le Brisépées n'est bon qu'à une chose. Il ferme brièvement les yeux. Il veut être un héros qui vaille le coup, et non pas un boucher, oui ou non ?

« Moi, j'ai les moyens. »

Un souffle. Il rouvre les yeux et sa voix rauque transpire l'amertume.

« Mais après ? Pour un orc sauvé, des dizaines d'autres seront asservis. Je suis plus vraiment en odeur de sainteté à Feïral, et je doute que les huiles de Quetaïn m'écoutent. Alors bon, très bien, allons sauver l'orc du môme par les armes. Mais après ? Qu'est ce qui empêchera les marchands de continuer leurs jeux sordides, qu'est ce qui arrêtera les marchands d'esclaves de vendre des orcs épuisés, qu'est ce qui les arrêtera de s'en prendre aux gobelins quand les orcs auront été décimés par leurs jeux de mort ?»

C'est un boulot qui demande du temps, et le temps, Sigifrid Génévil ne l'a pas.

« Est-ce que les gens méritent vraiment d'être sauvés...? »

A pleine plus haut qu'un murmure. Il n'est pas sûr que les gobelins l'aient entendu. Il laisse retomber sa cuillère dans le ragoût, pourtant encore à moitié plein. Il le pousse vers le môme qui a déjà fini le sien.

« Mange petit, t'es tout maigre. »

Mince, qu'est ce qu'il aimerait une bouteille de bière, là, maintenant ! Il n'ose pas chercher celle planquée dans son manteau ; il la réserve pour plus tard.

Il triture un pan de son manteau. Une vieille chanson tourne dans sa tête. Toi et moi nous nous battrons, le dos au mur / Ooh, un héros, je veux être un héros... Peut-être que donner l'exemple poussera les orcs à se regrouper et s'entraider, et protéger les gobelins par la même occasion ?

«On va aller sauver ton orc, petit. Mais avant faut assurer nos arrières et le futur : je veux pas rester à Quetaïn. Elle est comment, la communauté d'orcs ? Elle serait prête à s'allier avec celle des gobelins ? »

Ooh, un héros, je veux être un héros...
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Dim 6 Aoû 2017 - 16:31

Ghozwi me lance des regards noirs... Le petit sait que c'est bien trop risquer d'aller dans l'arène. Tenter un espèce de coup d'état dans les bas fonds de la ville où les nobliaux ont tous les droits ?! Et après ? Même si on réussit à faire bouger les choses, les nobles n'auront plus qu'à faire appel à la garde du Sultan pour tous nous faire exécuter ... Je ne suis pas encore familiarisé avec tous les aspects de la ville, mais celui-ci je l'ai bien capté. Lorsque tu possède suffisamment d'argent pour remplir la fin de mois d'un garde, il ne passe pas des heures à réfléchir. C'est seulement la garde supérieur, celle qui s'occupe de la justice, qui prend le temps d'étudier les choses. Tu ne demandes pas aux sous-fifres d'en faire autant.

Le petit gobelin commence à avoir des idées de grandeurs beaucoup trop lourdes pour ses épaules de yerekha (enfant). D'où est-ce qu'il tire cette envie de sauver les Orcs, hein ? Je sens que je vais perdre des cheveux à l'éduquer, mais je ne regrette pas. Ce petit est tout ce qu'il reste d'amis précieux qui sont partis trop tôt...
Je continue de manger, veillant à ce que Ghozwi ne s'étouffe pas avec sa propre nourriture, lui faisant signe de ne pas manger trop vite. J'observe l'homme, qui jusque là est resté silencieux, même après la tirade. Son visage est sombre, et son regard pensif semble réfléchir... Je fronce un sourcil, m'apprêtant à lui dire qu'il ne faut pas se triturer l'esprit. Mais...
« Moi, j'ai les moyens. »

Surpris, je le fixe, posant même mes couverts sur la table. Ghozwi n'a également pas perdu une miette de ce qu'il a dit -malheureusement pour moi. Il a levé sa frimousse, les oreilles bien dressées. Au fur et à mesure que Sigifrid donne son avis sur la situation, avec des mots justes, le petit se décompose. Sa joie naturelle a laissé place à une contrariété. Puis à de la colère... Je n'entends pas la toute fin de phrase de l'humain, mais je crois que Ghozwi oui. Il en tape du poing sur la table, ce qui bouscule à peine les assiettes.
-Oui ! Les innocents méritent d'être sauvés ! - Il recommence... - Si on ne fait rien, personne n'aura le bon exemple à suivre ! L'exemple des héros. Tu es bien un héros, pas vrai ? Sigifrid ?
- Ghozwi ... Tu es dans une taverne. Calmes toi...
- Mais... ?!

Je lui fais comprendre du regard qu'il va trop loin, et il se remet correctement sur sa chaise, boudeur. Les intentions du petit son pure, mais les paroles de Sig sont sages... Je soupire longuement. Coudes sur table et menton sur mes mains, je remercie d'un sourire l'attention bienveillante que l'humain a envers Ghozwi en lui offrant son plat. Je les observe tous les deux, et passant furtivement un regard à gauche et à droite, je veille qu'aucune oreilles indiscrètes n'écoutent. Sortant de mes pensées, l'homme finit par émettre le désir de sauver l'Orc que Ghozwi a vu. Je plisse doucement les yeux et finit par secouer la tête.
- Les Orcs et les gobelins se tolèrent... Mais nous ne sommes pas vraiment proches. - A cause d'une histoire vieille comme le monde, d'ailleurs... - Je ne sais pas si les gobelins d'ici se sont rapprochés d'eux. Peut-être ? Avec un peu de chance, les relations finiront par évoluer naturellement... - Je réfléchis un instant et je souris à l'homme - Si tu veux faire quelque chose de fort, de puissant, il suffit de bousculer les traditions de chacun. Tout le monde aime vivre comme il l'entend, mais la morale est érigée par l'éducation, elle-même guidée par l'ordre, par les leçons du passés, non ? ... A Quetaïn, les gens adorent jouer avec l'argent, à lancer des paris. Les Orcs eux vivent avec de gros bras musclés, se battant à la loyale et que le meilleur gagne. Allons parier avec les marchands ? Si nous gagnons, on libérera l'orc du petit.
- Et si on perd ?! - Je lance un regard à Ghozwi.
- Je n'envisage pas de perdre...

Tout est dit. Perdre peut signifier la fin de notre liberté, ou de notre propre existence. Si nous perdons, je perds Ghozwi, tous mes rêves... Par contre si nous gagnons, on ne ressortira pas les mains vides et j'y veillerais !
- Je ne te laisserais pas y aller seul, Sigifrid, Ajoutais-je la mine sombre mais convaincu de ce que je voulais. Il est hors de question que tu règles tout seul des affaires de kanamashki (peau-verte)

Les yeux de Ghozwi s'illuminent. Le voir comme ça me donne... une énergie. C'est sans doute dans ma tête, mais je me sens capable de faire l'impossible. Sauver un Orc, c'est quoi sur l'échelle de l'impossible, hein ?
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MessageSujet: Re: On n'oublie pas certains visages. Encore moins certains noms [Sigifrid]   Jeu 12 Oct 2017 - 23:58

Tu es bien un héros, pas vrai ?

Une bonne chose qu'il n'aie pas beaucoup mangé de son ragoût. Les mots du marmouset peau-verte lui mettent le cœur au bord des lèvres. Quand il avale sa salive, un goût de bile lui remonte de la gorge. Si le gamin savait...

« Ce qui vous dessert, c'est que vous n'êtes pas regroupés. On va essayer de forcer les choses, ou du moins de les amorcer. Tu me dis que les Orcs respectent la force, mais ils n'en ont pas vu chez les Gobelins. »

Il réfléchit un instant. Un don qui lui a valu d'être un bon général, à défaut d'excellent stratège, c'est de pouvoir imaginer ce que pensent les autres. Il tombe parfois à côté, évidemment. Mais la plupart du temps il vise juste. Allez savoir si c'est parce qu'il est amer et cynique ou si c'est parce qu'il sait jauger les cœurs. Lui en tout cas vous répondra toujours par l'ironie. Ou qu'on ne doit jamais attendre beaucoup des autres, et encore moins une grandeur d'âme. Pourtant Skirnix déroge à l'à-priori général. Mais une fois encore, c'est un coup à ce que Sigifrid vous réponde que le gobelin est l'exception qui confirme la règle.

« Y a pas de Gobelins dans les arènes. Ils voient des lâches qui se replient derrière des Orcs en priant de ne pas partager leur sort. J'pense qu'ils n'aiment pas plus les humains. Si on se bat pour eux... »

Il arrive à esquisser un sourire pâle.

« Je crois qu'on va même parier avec les Orcs. Ils ont des traditions claniques, non ? Ils ont un chef que la majorité écoute ? S'ils n'écoutent que la force, j'en ai à revendre. Rassemble les tiens, ils écouteront. Tu m'as l'air plus dégourdi que moi pour convaincre les gens. »

Sigifrid compte sur le soutien de sa bonne étoile. Elle lui a fait défaut ces derniers temps, mais quand il s'agit de se battre ou de verser le sang elle a toujours brillé. Si l'Orc du petit est important pour la communauté des peaux-vertes, ça servira leur cause. Il ne compte pas beaucoup là dessus, au demeurant. Plutôt sur la connaissance de Skirnix de la minorité peau-verte et sur ses propres muscles.

Au même instant, une espèce d'espoir gonfle faiblement sa poitrine. S'il arrive à régler cette histoire, il pourra le leur prouver, que la paix est possible. Qu'avec un peu d'effort, on peut arriver à régler les conflits, étancher sa soif de sang. S'il arrive à faire cesser ces combats de gladiateurs, il pourra le leur dire : la Justice est à portée de main. Il a juste besoin de compagnons. Alors, s'il ramène sa preuve à Feïral, s'il leur montre à tous que c'est possible, il pourra être digne qu'on l'appelle héros. Il pourra laver cette fade odeur de sang frais qu'il sent sur ses mains et son visage, il pourra laver son nom, et plutôt que de le traiter de lâche ou de faible on le considérera comme l'instrument de la justice.

Les gobelins ont terminé de manger. Sigifrid laisse des pièces sur la table pour payer. Il ignore avec flegme les regards qu'on lui porte. Peut-être qu'on pense qu'il vient d'acheter ces Gobelins et qu'il s'assure de leur forme physique. Ça le ferait gerber, tiens. Il sort, les Gobelins sur ses talons. Il laisse cependant Skirnix repasser devant pour qu'il le guide jusqu'aux quartiers plus pauvres où les peaux-vertes se sont recluses.

« Au fait, kanamashki, ça veut dire quoi c'fouilli ? »

Ce mot lui est familier, pour l'avoir déjà entendu chez les troupiers Orcs, mais c'est la première fois qu'il s'y intéresse.
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