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 En quête de tranquillité [libre]

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Ayla Siera
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MessageSujet: En quête de tranquillité [libre]   Mer 6 Fév - 21:31

Je me suis baladée toute la nuit dans cette cité. Qu'elle est belle de nuit, on me prendrait sans doute pour une folle que de m'aventurer seule à l'extérieur à des heures aussi tardives, mais c'est ainsi que je vis. J'ai besoin de voir de moi même et non pas qu'on me raconte les choses. C'est moi qui raconte ici.

Quoiqu'il en soit, il fait nuit et je suis dehors. J'ai retiré mes chaussures, et le sol est frais sous mes pieds. J'attraperai peut-être froid qui sait, cependant mes pieds ont pu tâter toutes les irrégularités des dalles qui pavent le sol de la place du marché et ça, ce n'est pas négligeable. Imaginez donc le nombre de personnes qui sont passées sur cette place, sans doute plus qu'on ne peut en compter. Imaginez toutes les histoires qui se sont déroulées ici, des bonnes, des mauvaises sans doutes.
Je ne me surprends pas à sourire à ces pensées, j'aime penser à de telles choses et elles me rendent heureuses. J'aimerais écrire un peu sur cet endroit. J'aimerais décrire comme la nuit est douce, combien le monde de la nuit est agréable lorsque l'on en profite seul, dans un silence le plus total. Parfois j'aimerais ne pas être aussi seule parce que je voudrais qu'on me comprenne un peu.
Oh bien sûr cette pensée est éphémère, juste un caprice d'enfant qui est resté enfoui en moi malgré mes années d'études au monastère.

Il y a un petit vent frais dehors et cela fait voleter ma cape rouge. C'est amusant, je rigole un peu toute seule et tente d'en attraper les pans avant que je ne trébuche. Quand je pense que quelques années plus tôt je ne sortais pas du monastère, j'en ai loupé des choses. Mais je tente de me rattraper, je vais dans le plus d'endroits possibles et parle avec les gens que je rencontre. J'aime cette vie, moi qui croyais que tout était dans les livres, ma vision des choses a bien changée. Je rectifierai en disant que tout se doit d'être dans les livres, tout doit être raconté, et c'est mon rôle à moi et aux Historiens.

Je vois que le soleil est sur le point de montrer le bout de son nez. C'est drôle je ne pensais pas qu'il était si tôt, j'étais probablement perdue dans mes pensées. J'entends quelques personnes qui approchent, ce sont là les personnes qui viennent installer leur étal pour le marché. Il est vrai que cette place est régie par un rythme soutenu, sauf la nuit. Toute la journée les gens ne cessent de défiler, parfois même quelques personnes louches traînent ici, j'avoue ne pas leur avoir encore parlé mais si l'occasion se présente pourquoi pas, je souhaite en apprendre plus sur ces individus après tout ils doivent avoir leurs raisons de faire les choses ainsi et je me demande si ces raisons sont les mêmes que celles que j'ai lues dans les livres quelques années plus tôt. Le monde a tellement changé.

De plus en plus de personnes approchent et je me dis qu'il serait utile de me trouver un coin tranquille, bientôt je ne pourrai plus circuler dans cette foule. Je me fraie alors un chemin entre deux vendeurs qui se disputent une place. L'un hurle que c'est sa place depuis vingt ans, l'autre rétorque qu'il n'en a rien à secouer. Ça me fait sourire, les gens sont tellement spontanés. Je manque de trébucher plusieurs fois mais je parviens à m'approcher de la grande fontaine vers laquelle je me dirigeais. Je m'assois en tailleur sur le rebord et observe un peu la scène qui se déroule devant moi.

Dix minutes plus tôt il n'y avait personne sur cette place à part moi, et maintenant c'est à peine si je pourrais y circuler. C'est amusant comme la ville se réveille d'un coup avec le soleil. Mon ventre gronde un peu lorsque je sens la bonne odeur du pain chaud. J'ai un peu faim mais il faut d'abord que je fasse autre chose. Je me dépêche et sors précipitamment de ma petite besace un carnet de croquis.
Je prends un de mes crayons, et gribouille rapidement la scène du marché, il faut que je me souvienne où se trouvaient chaque chose afin de l'écrire avec le plus de précision possible plus tard. C'est la meilleure façon que j'ai trouvé pour faire cela, écrire directement prend souvent trop de temps, je perds certains détails, certaines expressions des gens qui m'entouraient et cela me peine quand ça arrive.

Ma première esquisse terminée je ferme le carnet et prends mon courage à deux mains. Il va falloir que je me bouge un peu pour aller chercher quelque chose à grignoter. C'est donc d'un pas décidé que je me dirige vers l'étal d'un boulanger. Je bouscule quelques personnes aux passage tout en m'excusant et me fais parfois insulter par les gens alentours. Je ne réponds surtout pas, je sais que c'est provoquer ces gens que de leur prêter attention. J'achète donc un bout de brioche tout chaud et souris de bonheur à l'idée de croquer dans une chose qui sent aussi bon. Ah, je ne comprendrai jamais comment il est possible de cuisiner aussi bien, je ne suis qu'une piètre préparatrice de repas, c'est à peine si je peux faire un sandwich correctement.
Je me dépêche alors pour retourner à ma place première, la fontaine. La place est toujours libre, j'en soupire de soulagement. Il n'est pas facile de trouver une place aussi agréable, et il est surtout difficile de la conserver.

A peine assise quelqu'un vient à ma rencontre. Un jeune homme d'à peu près mon âge je dirais. Il s'assoit près de moi et observe étrangement mon carnet. J'en profite pour l'observer lui. Il est plutôt mignon, grand, brun, à vrai dire il n'a rien de bien particuliers mais il n'est pas moche du tout. Je me demande bien ce qu'il veut, parfois les gens reconnaissent mon rang d’Érudit, il paraît que cela se voit un peu dans notre aura parfois. Dans ces cas là je suis plus qu'heureuse, j'adore raconter les histoires que j'ai déjà lu et j'adore écouter des témoignages. Mais mon envie de savoir ce que ce jeune homme veut est vite réfreinée. Il se penche au dessus de moi, je le trouve un peu trop proche et pense à le lui faire remarquer mais avant que je n'ouvre la bouche il se permet de prendre la parole avant moi.


-Pas mal. Je parle des dessins, mais aussi de vous bien sûr.


Sa voix se veut séduisante, je trouve cela ridicule pour ma part. Toutefois depuis que j'ai pris la route trois ans plus tôt j'ai pris l'habitude de ce genre d'approches. Les hommes sont parfois si confiants en eux même. Je l'avoue la première fois je me suis fait prendre dans les filets d'un beau parleur mais je ne connaissais rien à la vie. On ne m'y reprendra plus, il a tenté d'être un peu trop proche de moi et je ne sais pas vraiment si il m'a laissé partir ou si je me suis enfuie par je ne sais quel miracle.

Toutefois je me sens forcée de lui répondre poliment.

-C'est très gentil à vous mais là maintenant, je ne suis pas vraiment d'humeur à discuter.
-Oh c'est certain, mais on pourrait faire autre chose que discuter...


Il avait répondu du tac au tac et je crois que ma grimace aurait certainement dû lui donner ma réponse mais de toute évidence il ne voulait pas se décourager. Tant pis, je serais donc un peu plus directe j'imagine. Passons nous de subtilités, après tout lui prend le droit d'être direct, je peux sans doute en faire de même.

-Laisse moi. Tu dois sans doute comprendre ces mots, je suis certaine de ne pas être la première à te les dire aujourd'hui.

Je me permets d'agrémenter ma phrase d'un petit sourire qui se veut narquois. Je suis peut-être sensée être une sage Historienne je n'en reste pas moins une femme, de plus une jeune femme. Parfois j'aurais voulu que maman me fasse moche, ç'aurait certainement été plus simple, ce genre de situations ne m'arriverait pas et je serais tranquille avec mes livres.
La réponse a l'air de le surprendre et il se lève rapidement avec un petit air frustré et offensé qui me fait bien rire.
Je le regarde s'éloigner avec soulagement et sors vite de mon sac un livre sur l'histoire des elfes. Lorsque j'ai le nez longé dans mes bouquins les gens rechignent un peu plus à s'approcher de moi, et là tout ce dont j'ai besoin est d'un peu de solitude.

C'est ainsi qu se passent mes journées la plupart du temps. Et maintenant je passe le moment le plus agréable de cette journée, un livre dans les mains, le sourire jusqu'aux lèvres, sur le rebord d'une fontaine, sans personne pour me déranger.

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Sasnir
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MessageSujet: Re: En quête de tranquillité [libre]   Mer 13 Fév - 18:23

-.. sa démarche symbolisait l'irréel, alliant le mouvement, la souplesse et la vigueur d'une vie jeune à l'invisible. Les yeux ne s’arrêtaient pas sur son passage, glissaient dessus, incapables de saisir qu'un homme était là, incapable de le démêler du monde, des ombres, de la vie, de la foule. Il était là, assez pour troubler chaque chose de sa présence, sans y être, puisque personne n'aurait pu se douter un instant qu'il était plus qu'une fugace apparition. S'il fut appelé fantôme par certains, il se fit vite connaître comme Traqueur. Loin d'être immatériel, ses mains ne laissaient derrière elle qu'un vide immense, comme s'il eut créé lui même le concept de la mort, comme s'il était cette chose que tous redoutent un jour. C'est..

-Allons Aznar, vous n'exagérez rien ?
-Ne m'interromps pas quand je parle de mon maître chien de guerre !
-Vos méchantes colères ne m'effraient pas, pas plus que je ne crois vos vantardises suspectes.
-Il n'y a là que du vrai !
-Il n'y a rien qui puisse l'être.
-Je dois avouer que j'ai moi même du mal à y croire Aznar..
-Ah non hein ! Je ne te permets pas de douter de mes mots !
-Ce que vous décrivez n'a rien d'humain. Ce n'est là qu'hyperboles sans preuves sinon vos frivoles paroles.
-Ah ça ! Par tout les démons d'Akeraï ! Ose remettre en doute l’existence de mon maître et tu redécouvriras la mort !
-Encore et toujours, vous vous permettez de conter sornettes.
-Paix.

Je pousse un profond soupir et finit de noter les derniers mots d'Aznar. Il est certain que tout ce qu'il vient de décrire est des plus étranges et des plus douteux. Je ne doute pas que son fameux mentor ne fut un personnage remarquable, admirable, exceptionnel.. mais tout de même pas cette chose qui ressemble plus à un cauchemars qu'à une créature réelle. Encore que, j'ai lu bien des choses sur des créatures cauchemardesques que l'on prétend bien réelles, alors une de plus une de moins. Je me suis, dans tout les cas, décidé à retranscrire son histoire tel qu'il me l'offre et je dois dire que je n'ai pas souvent à la retoucher ! Lorsqu'il s'agit de parler de lui, Aznar se révèle un conteur passionnant et ses histoires sont des merveilles se glissant aux oreilles. C'est pourtant bien la première fois qu'il décrit une autre personne que lui sans se limiter à quelques mots ou quelques commentaires grossiers.
Il n'y a pas de doute permit, son maître doit vraiment être formidable et au moins aussi impressionnant que ce qu'il nous en dépeint. Bien sûr, si on l'écoute, il serait là au milieu de la chambre que nous ne le saurions pas ! De toute façon, un tel homme doit-être mort depuis longtemps, inutile de le chercher dans les alentours ou ailleurs.
Vous aurez compris que l'ambiance est au travail ! La lune est déjà haute dans le ciel d'encre que laisse voir la fenêtre, j'ai gagné ma chambre et ma croûte un peu plus tôt, ravissant les oreilles les plus ouvertes de quelques exploits hargneux de Chevaliers d'antan. Autant dire qu'ils ont adoré, tout saouls qu'ils étaient ! Ah ça, quand il s'agit d'empaler du Troll et de fracasser des hordes de Gobelins en chantant des airs rythmés par les coups de masses, les tavernes sont heureuses ! Ce n'est pas le genre d'endroit où l'on peut vanter la beauté des princesses elfiques ou rapporter quelques beau poèmes glanés à travers le monde. Ce n'est pas non plus l'auditoire à s'intéresser aux différentes façons de vivre des autres races, à part peut-être si je leur contais l'incroyable contenu du coffre des nains.. contenu qu'il serait bon que j'aille découvrir un jour ! Si ce que l'on dit est vrai, ce sera mon premier bain d'or !
Mais en ce moment, je suis assez loin des mines naines, et donc de leurs trésors inimaginables, puisque mes pas m'ont mené en Quetaïn, la capitale marchande qui semble animée de jour comme de nuit, par des convois comme par les nombreux vendeurs qui hèlent chaque passant pour leur présenter des étalages plus encombrés et improbables les uns que les autres. Si j'étais munis de plus de piécette, je me serais fait dépouillé mille fois par ces vendeurs habiles ! Il y a là de très beaux objets qui semblent difficiles à dater ! En ramener à Aruil aurait pu être intéressant ! Avec tout ces manuscrits, il aurait été possible de les rattacher à une date, donc à un contexte et peut-être à une nouvelle histoire ! Les histoires, sont ma passion, normal puisque je suis un conteur ! C'est mon travail, ma vie et ma joie ! Rencontrer, découvrir et glaner des informations ! Tout ça, c'est ce que j'aime le plus au monde.
Ma vie, c'est donc me promener et rechercher les histoires, mais pas n'importe lesquelles. Moi, je suis spécialisé dans les histoires du passé. Authentification, analyse, découvertes. Je fouille les vestiges des mémoires des défunts pour reconstruire le monde d'autre fois. Et éventuellement pour soulager ces derniers. Entre nous, ce n'est pas vraiment normal que les morts restent ici bas, c'est pour ça qu'ils n'y sont pas tous ! Normalement, c'est plutôt le boulot d'un chaman, pas d'un Sorcier. Au contraire, le sorciers tire sa force des âmes encore liés à la terre, les garder lui est donc d'un secours non négligeable. Cependant, je ne suis pas Sorcier de vocation, je le suis plus par besoin.
Si je veux aider mon ami Feyris, je dois user de mes dons.
A vrai dire, je ne suis pas sûr qu'un Sorcier ait beaucoup plus de chances contre un dragon.. mais faut bien que quelqu'un essaye. Enfant, faut bien que quelqu'un aide Feyris à retrouver la paix. Et puisque je ne suis pas fait pour être chasseur, il ne me reste que la Sorcellerie.


-Bon, on va s'arrêter là pour ce soir ! Bedwyr semble avoir trop de temps libre pour qu'on puisse continuer paisiblement. Ton maître était un personnage étonnant, j'ai hâte que tu m'en dises plus ! Allez, laissez moi dormir un peu bande d'éternels infatigables !

Ma troupe d'éternels n'a pas changé. Ma mère adoptive Elthir, mon mentor-ami chasseur Feyris, l'arrogant et dangereux assassin Aznar et le brave et valeureux Bedwyr. Des compagnons de route que peu peuvent prétendre avoir eut en même temps ! Aznar aurait déjà essayé de tuer tout le monde et Elthir se serait sûrement enfuie au loin tant certains lui sont par trop pesants. Quant à Feyris, il n'aurait jamais rejoint une compagnie de son vivant.
La chaude couverture vient s'enrouler autour de moi et mes yeux se ferme dans la plus douce et protectrice des obscurités.

Les rêves ne sont pas mon fort. Bien sûr, j'en fais, parfois, je crois. Comment dire ? Je ne m'en souviens pas ? Je dirais plutôt que je ne les comprends pas. Certains semblent être des souvenirs, retravaillé par le pinceau d'un artiste embrouillé ou saoul, lui même dirigé par le plus mauvais des conteurs que j'aurais la joie de ne jamais rencontrer ! A eux deux ils font des choses effrayantes. Des fois, je me revois devant cet ours. Ni Feyris ni Elthir n'est là pour me sauver, je n'arrive pas à fuir. Je n'ai pas peur non plus pourtant. C'est juste l'idée que je dois le vaincre qui m'empêche de sauver ma vie. Et l'ours, rendu informe par le pinceau malhabile, me saute dessus, ouvre une gueule si immense que ça pourrait être la porte d'un palais. D'ailleurs, j'entre dans les couloirs richement décorés d'un lieu austère que je ne connais pas et qui ne peut exister. Des créatures, aux oreilles aussi longues que celles d'Elthir mais dont les yeux n'ont pas de pupilles, me saluent de quelques mouvement légers du menton. Ils ne semblent pas me connaître, se méfient de moi et je me méfie d'eux.
Ils ne ressemblent à rien de ce que je connais et pourtant, en tant qu'historien je peux me vanter de connaître beaucoup de choses. Mais là, un palais fastueux, des être assez proches des elfes et semblant assez arrogants pour certains.. est-ce encore un mauvais coup de pinceau qui me vaut ces visions ?
J'avance, sans trop savoir où mais assuré qu'il faut que j'avance. Je ne connais pas l'intérieur de l'ours, mais j'ouvre bien des portes sans douter de la route inconnue que je redécouvre. C'est fou tout ça. Je finis par déboucher là, dans un siège fort confortable, avec une pipe bien tassée et un bon verre de je ne sais qu'elle boisson rouge que je suppose goûteuse. Je ne sais pas pour vous, mais mes rêves à moi n'ont pas vraiment de goût. Je bois et je sais juste que j'apprécie. Ais-je besoin de connaître le goût du moment que j'apprécie ? A-t-on besoin de connaître le goût pour apprécier ?
L'homme, ou du moins la créature, assis en face de moi répond que non. Que le propre de l'imaginaire et de se contenter de la conclusion sans s'intéresser de la démarche. Pas besoin de connaître la fabrication d'une pipe pour la fumer paisiblement ! Je en peux que l'approuver et lui parler de ce jolie conte sur une jeune fille qui voudrait comprendre le bonheur pour le posséder. Il apprécie beaucoup et me rapporte qu'il a déjà trouvé du bonheur en poudre une fois. J'acquiesce, la poudre c'est pratique pour relever les traces de doigts sur les portière de voiture. Qu'est-ce qu'une voiture me demande-t-il. Qu'en sais-je, je lui réponds. Nous éclatons de rire, partageons encore de délicieuses anecdotes que nous ne sommes pas sûr de posséder, que nous ne devrions peut-être pas posséder.. Et nous papotons. Sans que je sache qui il est, sinon qu'il s'appelle.. Qu'il s'appelle ? Je n'en suis plus si sûr finalement. Je lui demanderais son nom à mon prochain rêve.

Et puis, je me réveille. Le soleil perce doucement les volets, comme invitant à sortir. Dois-je vraiment le faire ? Je suis bien là. En plus, je faisais un rêve. Un beau rêve, je crois. Je sais plus. Y avait un ours et un truc bon. C'était sans doute pas si mal.


-Dis Sasnir, si t'as fini de te prélasser dans ton lit, on aurait besoin de toi.
Mes yeux ensommeillés se tournent sur l'ancien assassin tandis que je me roule en boule autour de mon oreiller. Oublié l'aura du sage érudit et du mystérieux conteur. Je suis aussi un être humain, avec ma part de paresse. Pourtant, je l'invite d'un petit signe de tête à s'expliquer. Je ne crois pas avoir la force suffisante pour parler au petit levé.

-Elthir.. Enfin, c'est plutôt un gosse qui s'est attaché à Elthir.
-Elle a besoin de moi pour se débarrasser d'un enfant ? Han, elle n'a qu'à le ramener à ses parents.


Je cache mon visage derrière mes long cheveux immaculés, décidé à oublier toute cette histoire. Si j'ai la force de parler, finalement, je n'ai certainement pas celle de régler un problème aussi anodin ! Mais le regard de l'assassin ne me quitte pas, si pénétrant que mes yeux reviennent tout de même à lui, se fronçant quelque peu.
Elthir est une âme, les personnes pouvant l'avoir ne peuvent qu'être des âmes. Bien sûr, il y a des hommes qui, comme moi, peuvent voir les morts.. Mais pas bien nombreux.


-Attend. Il est.. mort?

Aznar agite lentement sa tête de bas en haut. A en voir son regard dur, il n'espérait pas que je mette tant de temps à m'en rendre compte. Mais c'est maintenant chose faite ! Je saute de mon lit et m'habille en vitesse. Il n'y a qu'Aznar dans la petite chambre. Mes compagnons ont prit l'habitude de me laisser un peu d'intimité. Même si en pratique ils ne sont pas réellement bruyant ou gênants, c'est juste que j'ai pris l'habitude de les considérer comme de vrais personnes. Et puis ils le sont en un sens !
Je vous ai déjà parlé de ma passion ? Oui ? Bah, je recommence c'est pas grave. Moi, ce qui me passionne c'est l'Histoire, l'histoire du passé plus particulièrement. C'est super pour le métier de conteur, mais c'est surtout enthousiasmant de découvrir toujours plus de choses sur le monde tel qu'il était avant !
Bref. Tout ça pour dire que le meilleur moyen de recueillir de nouvelles sources et de vérifier leurs authenticité, c'est d’interroger ceux qui ont connu le passé ! Discuter avec les âmes et mon plus grand passe-temps et pour les en remercier j'essaie de les aider à retrouver la sérénité. C'est donnant donnant et l'équilibre on aime bien ça à Weranoï.

Ma source du jour, c'est ce petit garçon de 8 ans. Il s'accroche à la pauvre Elthir comme si c'était sa mère et j'en serais presque jaloux ! C'est ma mère adoptive après tout ! Mais j'ai fait l'impasse pour pouvoir entamer la discussion avec lui. Sauf que voilà, il ne veut rien me dire et je vois qu'Elthir aimerait vraiment se décoller de cette sangsue. Le pire pour elle, c'est surtout le regard tendre que Bedwyr leur porte à elle et au petit.. Est-ce qu'il ne serait pas en train de s'imaginer fonder une famille d'âmes ? Évitons qu'il n'arrive malheur.

-Ecoute, je suis sûr que tu te sens un peu perdu, mais on va t'aider à retrouver tes parents.. Dis moi.. quand.. enfin comment.. Hum. Dis moi ce que je peux faire pour t'aider.

Je n'ai pas l'habitude de voir des enfant-âmes, en général ils se laissent assez facilement entraîner.. là bas. Je ne sais pas ce qu'est ce là bas, ni même s'il y a vraiment une destination. Ce que je sais, c'est qu'il y a une raison pour qu'il soit encore ici bas.
Mes mots semblent toucher juste, malgré l'hésitation. Demander à un gosse comment il est mort.. ce n'est pas vraiment une bonne idée, je crois.
Il refuse de me parler et s'accroche toujours à la main d'Elthir, mais la question l'a fait réagir. Je soupire, j'aurais bien pris un petit déjeuner. Mais au vu du soleil et de la foule dehors, ça n'aurait pas été possible. On doit approcher les douze coups de midi, ce qui signifie que j'ai beaucoup beaucoup dormi. Par tout les dieux, je suis vraiment le roi des paresseux. Feyris devait m'entraîner ce matin, il doit m'en vouloir. Mais il ne dit rien, il n'est pas du genre bavard. Je suppose qu'il a l'intention de rattraper tout ça.
Je fend donc la foule, en essayant de bousculer le moins de gens possible et par la même de ne pas me laisser jeté en l'air. Le petit n'a pas ce genre de problème, il passe au travers des gens pour foncer droit vers une place bondée au centre de laquelle se dresse une belle fontaine digne du quartier marchand. C'est d'ailleurs cette fontaine qui l'intéresse, puisqu'il s'arrête devant et m'attend, moi et mes compères, ne lâchant toujours pas la main d'une Elthir qui appelle désespérément à l'aide du regard. Je ne savais pas qu'elle avait si peu de savoir faire avec les enfants. Refuser de parler ne doit pas l'aider non plus.
Je me plante devant la fontaine, jette un petit regard au garçon, un autre autour de moi. Je ne vois pas vraiment pourquoi il m'a amené ici. C'est alors que sa voix d'angelot s'élève pour me guider.


-... Quoi ? A peine réveillé tu veux que je plonge dans une fontaine ? Non non, ne pleure pas, je vais le faire ! Dis moi juste à quoi il ressemble ce porte bonheur. C'est un petit médaillon ? Et il est tombé.. profond profond ? Mais.. elle est si profonde que ça ta fontaine ? Ah.. ah ben oui.. si c'est là que tu es.. Bref, c'est bon je vais y aller.. hum.

Je pousse un soupir résigné et observe le bassin troublé par les jets d'eau. Est-ce qu'il est vraiment sérieux ce gamin ? C'est possible qu'une fontaine soit si profonde qu'il s'y soit noyé ? Mais qui est le malade qui est allé bâtir ce truc ?
La question n'est pas là. Vais-je garder ma robe de combat, qui compose mon unique garde-robe digne de ce nom et que je traite avec tant de soin ? Non, certes non. Alors il ne me reste plus qu'à l'enlever.
Parler tout seul et se dénuder au milieu de la foule pour prendre un bain dans une fontaine. Décidément, passer pour un fou fait parti de mon quotidien.

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