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 Souvenirs en vrac

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Deryn Basalt
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Date d'inscription : 29/11/2012

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MessageSujet: Souvenirs en vrac   Sam 5 Jan 2013 - 19:19

Feuillet I
Des souvenirs rapportés



Elle ralentit, lève la plume, s'arrête, et soupire.
Elle repose la plume dans l'encrier, se passe une main dans sa crinière rousse. Qu'est-ce qu'elle veut écrire ici, sur cette page ? Ses mémoires ? Quelle idée saugrenue. Son regard dérive jusqu'à une pile de feuilles posées non loin, sur une étagère. Elle part les récupérer, curieuse car elle ne pense pas les avoir déjà lues. Elle découvre la première page...

¤ ¤ ¤

Cette scène s'est déroulée il y a longtemps, lors de la dernière grande guerre entre Akeraï et Feraï. On nous a dit que c'était la Cité blanche qui nous cherchait des noises en prétendant que les pirates travaillaient pour nous. J'avais terminé mon apprentissage depuis longtemps déjà, et j'avais un premier apprenti sous mes ordres, que je pensais ne pas lâcher avant un an ou deux –en vérité, il était déjà prêt, il lui manquait juste un peu d'expérience. Mon apprenti et moi avons tous deux été envoyés pour une mission de la part d'Akeraï qui demandait à la guilde de tuer les quatorze cavaliers de Feïral qui comptaient passer la vieille forêt et qui pensaient pouvoir ressortir de l'autre côté.


¤

Je laisse mon souffle glisser entre mes lèvres bleuies de froid.
Mon arc noir est bandé, et je sais que l'arbalète qui pend à mon côté m'épaulera lorsque je n'aurais plus le temps de bander cet arc. Soudain, le bruit d'un trot lointain me parvient. Les dix assassins réquisitionnés pour cette mission sont, je n'ai même pas besoin de les regarder pour le sentir, eux aussi sur le qui-vive, leurs arcs bandés ou arbalètes chargées.

Mes paupières se détendent, mes muscles fondent sur eux-mêmes.
Des flashs me parviennent de derrière mes paupières mi-closes. Le sang éclaboussant l'humus de la forêt. Les flèches et carreaux fendant l'air, noirs, funestes... mortels. Le trot se rapproche. Aucun d'eux ne parlent. Ils ont au moins cela pour eux : ils ne sont pas totalement sereins. Je souris. Cela ne les sauvera malheureusement pas...

Les quatorze sont bientôt à porté de vue.
Je rouvre mes yeux sous ma capuche noire –sans la cape qui va avec, non, je ne suis pas un de ces assassins amateurs qui s'encombrent d'une jolie et encombrante cape noire qui les gêne dans leurs mouvement et qui ne peut que causer leur perte, les rendant plus repérables qu'un bouffon sur la place publique.

Puis le premier tombe.
Quelqu'un a lancé le premier carreau.
Mon arc se détend et la flèche part à toute vitesse pour transpercer la nuque de l'un des cavaliers. Je me lève aussitôt pour suivre la troupe à travers les arbres, voltigeant de branche en branche, aussi invisible et silencieux qu'une ombre. J'en tue encore deux ou trois, mais la lisière est déjà là. Quoi ? Déjà ? Merde, il en reste un.

Puis la lisière est là, et je m'arrête avant de glisser en bas de l'arbre.
Je soupire et lève mon arme, avant de sourire et de prendre du recul par rapport à la scène. L'enfant s'est bien battu, il a mérité de survivre selon moi. Je baisse mon arbalète. C'est alors que mon apprenti me rejoint et lève lui aussi son arme.

¤

Il ferme un œil. Retient sa respiration. Il sait qu'il est capable d'un tel tir. Oui... monte en haut de cette colline et... Il est prêt à lâcher son dernier carreau lorsqu'une main se pose sur son bras. Il tressaille et darde un regard furibond sur celui qui vient de l'empêcher d'aller au bout de la mission.

– Un seul, fit Sen. Ce n'est pas très grave.
– Je ne pense pas.
– Un enfant ne leur fera pas gagner cette guerre.


C'est presque malgré lui qu'une expression hargneuse dépeint ses propres traits.

– Ce n'était pas un enfant, c'était un soldat.
– Il n'est pas plus âgé que toi.
– Ce n'est pas une raison. Il devait mourir !
– Il mourra plus tard.


La réponse, qui pourtant n'est pas un argument très élaboré, semble faire mouche. Un sourire finit par redessiner les lèvres du jeune assassin, équivalent chez lui d'un éclat de rire.

– N'empêche que tu m'as enlevé une victime, tu m'en dois une, finit-il par répondre.
– D'accord, répondit son maître avec un rire dans la voix.

¤

Un bien bel apprenti. Il est mort un an plus tard, dans un accident, les risques du métier dit-on... Cela m'attriste, car je pensais vraiment qu'il avait ce qu'il fallait pour prendre ma relève, plus tard...

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Dernière édition par Deryn Basalt le Mer 23 Avr 2014 - 12:11, édité 2 fois
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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Souvenirs en vrac   Sam 12 Jan 2013 - 12:05

Feuillet II
Des souvenirs... en vrac



Elle lève la plume de la feuille, et s'étire.
Devant elle, plusieurs pages sont noircies, mais elle ne s'estime toujours pas satisfaite. Seulement... qu'écrire de plus ? Elle a déjà consigné toutes les transformations qu'elle a offerte à la Guilde, et comment elle en était arrivée à cela. A présent, que pouvait-elle bien écrire ?

Elle prend le bout déchiré d'une feuille et commence à noter quelques idées : l'entrée dans la crypte "donnée" par Quetaïn à son organisation, comment son ascension avait été accueillie par le conseil des maîtres, son premier meurtre alors qu'elle était encore accompagné de... elle ferme les yeux et grimace. Oui, peut être que l'écrire ferait ressurgir des sentiments capables de la faire pleurer. Au moins, personne ne serait là pour voir ces larmes si larmes il y avait. Elle poursuit sa liste ; ...de Sen, son premier meurtre de chevalier quelques mois après qu'elle ai terminé son apprentissage, une des missions qu'elle a faite avec le jeune assassin schizophrène, l'enterrement de son maître... Elle ferme de nouveau les yeux, puis les rouvre, avec au fond des prunelles une flamme haute. Peu importait après tout.

Elle prend une nouvelle feuille et recommence à écrire.

¤ ¤ ¤

Elle revenait d'une séance d'entraînement avec Sen, qui l'avait laissé hors d'elle. Ce qu'elle voulait apprendre, c'était de tuer, c'était ce que faisait un assassin ! Elle ne comprenait pas ce système d'années, –sept en tout ! et dont les cinq premières étaient exempt d'assassinats– qui de son point de vue ne servaient vraiment à rien d'autre qu'à énerver l'élève.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça au moins, c'était réussit.
Elle avançait dans un couloir, rapidement et sans regarder autour d'elle –ce qui aurait fait soupirer Sen, son maître, qui venait juste de lui enseigner l'importance de la vision ; un assassin doit tout voir, absolument tout, de la petite fille qui joue avec un chien dans le caniveau, au soldat qui fait le guet en haut d'une tour ; sinon, cela reviendrait à laisser une place au hasard, et un assassin qui fait cela est un assassin mort.
Soudain, elle se figea. Et se retourna vivement. Là, dans les ombres, un visage l'observait. L'onyx de ce regard la fixant la transperçait comme si elle n'avait été faite que de verre ou de papier. La seule réaction de Deryn fut de lever des yeux passablement énervés sur lui. Elle ne l'avait pas vu arriver. Mais ce n'était certainement pas la faute de ses compétences, non, elle était simplement perdue dans ses pensées. Voilà, c'est ça, elle n'avait simplement pas été attentive. Elle eut une légère grimace, et d'un ton à mi-chemin entre ennuyé et menaçant, lui demanda ce qu'il faisait là, à la fixer. Il lui répondit d'un simple sourire, à mi-chemin, lui, entre insolence et arrogance
Elle fronça les sourcils et s'avança vers lui. Ou du moins, fit un pas en avant.
Tout aussitôt, alors qu'une seconde auparavant il s'était tenu là, devant elle, sa silhouette se découpait sur le carré de lumière de l'autre côté du couloir. Il était en train de jouer avec une lame courte, qu'il faisait tournoyer entre ses doigts avec aisance, sans la regarder. Deryn se sentit se tendre et porter la main à sa hanche. Cette lame, c'était celle qu'elle portait au côté. Et qui avait disparut pour apparaître dans les mains du jeune homme.
C'était impensable.
Impossible.
Et pourtant, c'était là, sous ses yeux. Cette fois sans grimacer, elle s'élança à sa poursuite à travers les couloirs exigus et tortueux des souterrains de la guilde. Si elle ne le perdit pas souvent de vue, elle soupçonna plus tard que c'était uniquement parce qu'il avait bien voulu qu'elle le suive, ce jour-là.
Quand enfin elle le rattrapa, c'était dans une sorte de... cour. Haute de plafond et très lumineuse, éclairée par des globes magiques, plusieurs plantes y poussaient, et grâce au dernier cour de Sen, elle en reconnut quelques unes, comme étant la base de poisons très puissants. Enfin, elle put voir à quoi il ressemblait. Et il faut dire qu'il était...
Eh bien, parfait, en fait ; dans un côté sombre de la perfection.
Même à l'époque, soit en sa cinquième année d'apprentissage, il avait déjà un corps qui par certains côtés semblait emprunté aux plus belles statues des artistes de Sipheaï, et qui par d'autres cotés pourrait aussi rivaliser avec les idoles héroïques qu'on peut croiser à Weranoï. Et ses vêtements de cuir et de lin noirs plutôt moulants ne faisaient que souligner sa musculature puissante –à ne pas confondre avec imposante. Tout cela précédé par une ossature des plus fines et solides. Semblable à un corbeau, en beaucoup plus séduisant.
Des cheveux noirs, déjà plutôt longs (à présent, ils lui arrivent dans le creux des reins), lui descendaient dans le dos, parfaitement libres, tandis que ses yeux, eux aussi d'un noir de jais, s'étaient plantés dans ceux, si dissymétriques, de Deryn.
Il lui était si... différent, et si complémentaire.
Et aussi, si agaçant !
Elle se jeta sur lui, d'abord pour lui reprendre sa lame, mais aussi pour gommer ce sourire insolent et agaçant de ses traits

¤

Elle s'affala entre une touffe de menthe et une autre de belladone, sur l'herbe grasse bleuté qui poussait ici (la seule à survivre au contact de toutes ces plantes dangereuses). Lui, s'affala de l'autre côté du sentier sur lequel ils s'étaient battus, aussi épuisé qu'elle. Peut être avait-il été trop confiant. Il lui lança :
– Dis donc, tu te défends pas mal, pour une première année...
Un sourire joyeux, comme si ce demi-compliment valait tous les triomphes du monde, apparut sur les traits de Deryn. Mais, modeste, elle ne releva pas.
– Et toi, tu es... ?
– à la fin de ma cinquième année, sourit-il légèrement.
Ils continuèrent de discuter encore quelques temps, dans un premier temps comparant simplement leurs apprentissages respectifs, puis ils versèrent petit à petit dans des discussions plus personnelles, ce qu'ils avaient fait avant, où ils étaient nés, avaient grandit... Deryn lui dévoila son amnésie, chose qu'elle n'avait plus faite depuis des années, et lui lui avoua son problème mental de schizophrénie, ce que lui non plus n'avait pas fait depuis longtemps –bien que ni l'un ni l'autre ne dirent l'entière vérité...
Quelque chose d'assez étonnant pour deux assassins. S'ils s'étaient rencontrés plus vieux, peut être auraient-ils été beaucoup plus secrets l'un envers l'autre. Là, ils étaient simplement deux jeunes gens presque du même âge se rencontrant, et se racontant leurs vies. Parce que l'être humain était fait ainsi.

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