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 Escale à Sipheaï [avec Fira]

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Ghozwi
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MessageSujet: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Mer 22 Nov 2017 - 16:50

Petite lettre a écrit:

Cher Renard,

Au vue de ma situation, je ne préfère pas mentionner de noms dans mes lettres... Je crois te l'avoir déjà dit, autant pour moi. J'espère que tu comprendras mes codes. Le voyage se passe bien... J'ai beau être au milieu de loups, ils commencent à me plaire. Leurs franchises montrent une liberté qui semble sans limite. En particulier chez le perroquet lumineux, notre capitaine. Je sens qu'elle est capable de me protéger contre le monde entier. J'ai promis de lui faire un château à la hauteur de ses attentes, j'espère que j'en serais capable. Nous nous rendons dans un endroit que je n'ai encore jamais vue... Je ne peux pas te dire où, je t'en parlerais dans une autre lettre. Et ne t'en fais pas, le vieille ours est toujours à mes côtés. Il va bien. Je ne peux pas écrire plus sur ce petit papier. A bientôt, renard. Ton renardeau.

J'attache le petit mot à la patte de l'aigle. Ce brave oiseau fait le lien entre Quetaïn où vit Skirnix et les miens et moi, le gobelin qui a eut l'idée la plus folle de toute ma vie. Suivre les aventures de Nuhada, capitaine du Dernier Baiser. Je prends le temps de regarder l'aigle s'éloigner dans l'horizon qui délimite à peine le ciel de la mer. Il fait très beau aujourd'hui. Notre destination est le grand port de Siphéaï, où nous allons faire escale pour nous réapprovisionner. Je dois également trouver les fournitures et matières premières nécessaire pour commencer la construction de ce fameux château... Ce qui ne sera pas une mince affaire. Mais j'ai déjà commencé à dessiner les plans, il me reste encore à voir le lieu où la capitaine veut voir cet édifice se construire.
Je ne suis pas pressé, les choses viennent en temps et en heures. Je suis heureux d'avoir pu m'éloigner de mes... problèmes. J'espère qu'ils ne me poursuivent pas.

Dans la journée, le bateau, déguisé de façon à ce que personne ne le reconnaissent, accoste. Tout le monde a une tâche à accomplir. Des hommes de mains de Nuhada m'accompagnent pour effectuer les quelques heures de voyages qui séparent le port à la cité. Au galop, restant le plus discret possible sous nos manteaux, nous partons. Les autres membres de l'équipage finiront par nous rejoindre, et j'espère que Sigifrid sera de ceux là, car une bonne partie devra rester dans les auberges du port pour veiller sur le Dernier Baiser. Les consignes du capitaine sont clairs : Tant que Gouzi n'a pas trouvé ce qu'il lui faut, pas de grabuges. Enfin pas trop.
Pourvu qu'ils se tiennent tous tranquille pendant quelques jours, au moins le temps que je fasse les achats. J'ai insisté pour qu'on ne vole rien. Par acquis de conscience, je construis avec des matériaux achetés en toute légalité, ce que le capitaine à finit par me céder à contre cœur.

Je regrette de ne pas avoir tout ce temps pour visiter sur toutes ses coutures la pieuse Siphéaï. J'en ai entendu parlé de ces édifices, ces parfums et surtout de la Guilde des Alchimistes. Je peux prendre le temps d'aller au moins voir ce bâtiment du progrès, il le faut ! Je ne suis pas sûr d'avoir une seconde fois cette chance. Mais pour l'heure le repos s'impose, car la soirée commence à venir. Demain une longue journée de négociation nous attend. Mais curieux comme je suis, je n'ai pas pu m'empêcher d'abandonner mes compagnons au repos.
Je me balade dans les rues de Siphéaï regardant partout comme un insecte attiré par les sons et les lumières surtout. Mon attention s'attarde cependant près de l'entrée des quartiers des Alchimistes. Il est bien tard pour aller discuter avec ces gens, mais juste regarder cette architecture me donne envie de le dessiner. Malgré le peu de prudence que je semble faire paraître... Mes sens, nouvellement aiguisés grâce aux enseignements des pirates et à ma nouvelle vie de marin, j'ai senti comme une présence sur moi. Comme si des yeux me fixent, depuis que je suis arrivé dans la ville.
Mal à l'aise, je reprends une marche plus rapide en direction de l'auberge où j'ai laissé les autres. Au fond de mon coeur, je m'en veux déjà de m'être éloigné... Pourtant, le capitaine m'a mis en garde, ainsi que Sigifrid. Sous ma cape, je glisse ma main sur mon épée courte, prudent. Nerveusement, j'accélère le pas. Soudain, je sens une main agripper mon épaule. Par réflexe, je dégaine mon épée, mais mon bras droit est maintenu par une autre main. Merde, ils sont deux ! Ils me maitrisent facilement, une main est déjà plaquée sur ma bouche. J'entends le son de mon arme tomber au sol et rapidement ramassé par un homme. Sa carrure n'est pas large, l'autre qui me tient par contre semble particulièrement fort. Puisqu'il a affaire à une peau-verte qui peut très vite devenir dangereux, il vaut mieux des mains fortes. Mais me concernant, j'ai une force équivalente à celle d'un ourson, incapable encore de me défendre correctement. Merde, merde... Merde !
J'ai beau me débattre, ils m'emmènent inéluctablement dans un bâtiment qui semble abandonné, ou alors qui a été au préalable vidé de monde. La pièce est sombre, seule une lampe de plafond portant des bougies l'éclaire. Le costaux me balance comme un chiffon et je commence à l'insulter. Il m'intime de fermer ma gueule, me menaçant en pointant un pistolet vers mon visage. Je peux vous dire que je garde le silence, à contre coeur... Mais je veux éviter de me retrouver avec une balle logée dans le crâne. Le second homme découvre son visage, que je ne reconnais pas. Qui sont ces mecs ?! Que me veulent-ils ?
- Les plans, gobelin, Ordonne l'homme. Donnes nous les plans et aucun mal ne te sera fait.

Les... les plans ?! Mon esprit un peu embrouillé sous la panique et par l'occupation d'élaborer vite une stratégie pour fuir ne comprend pas tout de suite où il veut en venir. Je recule dans la pièce et je finis par rencontrer un mur. Le costaux garde la porte d'entrée et surveille par la seule fenêtre. L'autre s'approche de moi, sortant à son tour un flingue qu'il charge en prenant bien son temps, sans doute pour m'impressionner.
- Une dernière fois. Donnes les moi.
- Je... Je ne sais pas de quoi vous parlez !
- Ne te fout pas de notre gueule, Ghozwi. - Devant ma surprise, il sourit - Oh oui, je sais qui tu es. Je sais aussi ce que tu as fait. Et même si nous n'avons trouvé aucune preuve tangibles, nos années de recherches ont fini par porter. Suffisamment pour qu'on commence à avoir des doutes. Le dévolu de nos maîtres se porte sur toi... Tu es le dernier à avoir connu Aori Opkims.
- J-Je...
- Il est mort, laissant derrière lui quelque chose de très important. Et nos sources nous ont indiqué que tu es probablement en possession des plans de sa machine !
- Mensonges ! Je n'ai ...

Le cliquetis d'une arme chargée et prête à servir se fit entendre, et je commence sérieusement à paniquer.
- DONNES MOI CES FOUTUS PLANS !

Il faut que je me sorte de là... Une de mes mains a cherché avec désespoir à s'emparer d'un couteau que j'ai planqué dans ma chaussure. Avec une vitesse dont je ne me pensais même pas capable d'avoir, je fais une roulade derrière des tables renversées. L'homme n'a pas encore tiré mais il est clairement prêt à le faire. Il me fait comprendre que mon petit couteau ne va pas changer la situation alors qu'il approche. Putain, merde... merde... MERDE ! Réfléchis, sors toi de là... Il faut que je me sorte de cette situation.
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Mar 28 Nov 2017 - 11:31

   L'homme s'approche de la table renversée. Il a assez perdu de temps. Pourtant, il s'interrompt et fait subitement volte-face. On vient de frapper trois coups secs contre la porte. Les deux complices échangent un regard perplexe et une tension électrique s'impose dans la pièce. Le silence est lourd, les hommes n'osent respirer, attendant fiévreusement que la porte s'ouvre. Le costaud s'est écarté du battant. Si la personne de l'autre côté tente d'entrer, il lui logera une balle dans la tête sans sommation.
   Il est tendu, des perles d'angoisse et de concentration coulent sur son front. Tout cela est absurde. Il pourrait très bien s'agir d'un pauvre pécore venu chercher un refuge pour la nuit. Mais dans ce cas, pourquoi frapper ? Non, ce n'est pas un simple passant, c'est forcément quelqu'un de belliqueux à leur égard. Et aucun garde n'agit de la sorte non plus. Il a affaire à quelqu'un de redoutable. Quelqu'un qui juge bon de s'annoncer avant d'intervenir. Un prédateur tellement sûr de lui qu'il ne cherche même pas à profiter d'un effet de surprise.
   Mais il y a autre chose. L'homme se sent écrasé, broyé dans un linceul qui enveloppe son âme. Il se sent la cible d'une implacable volonté meurtrière qui l'étouffe dans une écœurante odeur de mort et qui le rempli de la certitude cauchemardesque qu'il va mourir maintenant. Il peste. Ce satané gobelin... Leurs enquêtes n'ont jamais suggéré qu'il disposait de tels alliés. Dans un sursaut de panique, il se retourne et entreprend de se ruer sur le peau-verte afin de le prendre en otage.
   La porte s'ouvre brutalement à l'instant où il fait volte-face. Une silhouette frêle fuse vers lui et se ramasse sur son dos. Le costaud échappe un râle en portant sa main à sa gorge ouverte. Son compagnon parvient à retrouver assez de concentration pour pointer son arme vers la silhouette. D'un coup de hanche, Fira fait tourner le corps titubant du costaud et quand son assaillant ouvre le feu, la balle se fiche dans le poitrail de l'homme mourant. Elle laisse tomber sa victime et se jette sur l'autre homme qui a abandonné son pistolet déchargé en faveur d'une épée longue. Lancée par la puissance de son impulsion, elle dévie la lame pointée vers elle et tournoie, fichant son poignard dans l'avant-bras de l'homme. Il hurle quand elle retire sauvagement l'arme. Le plaquant contre le mur, elle perfore le ventre à sept reprises puis fait tourner son arme pour la saisir en prise inversée. Alors, elle défonce la boîte crânienne en enfonçant le poignard dans la tempe jusqu'à la garde.
   Le silence retombe, altéré seulement par les chutes délicates des gouttes de sang. Fira finit par se retourner, retirant la lame dans une courbe souple qui jette un arc vermeil sur le mur. Dans son dos, le cadavre s'effondre. Elle traverse lentement la pièce, chacun de ses pas légers remplit l'air. Elle atteint la table renversée et pose son regard sur Ghozwi. De son visage, en partie caché par l'ombre projetée par les bougies, n'apparaît qu'un pâle croissant dans lequel règne un œil couleur ambre.

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Ghozwi
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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Ven 8 Déc 2017 - 15:15

Les informations dans ma tête se bousculent, et toutes mes idées d'échappatoires me paraissent absurdes. Et alors que l'homme s'approche, j'entends tout comme eux la porte frappé de trois coups. Le silence qui suit est si glacial que je suis bien incapable de bouger pour profiter du manque d'attention des hommes. Je regarde cette porte, ne lâchant pas mon pauvre poignard.
Mes agresseurs se regardent, ils se replacent, ils s'interrogent. Qui peut bien vouloir entrer ici, dans ce lieu abandonné et de plus se fait tout de suite remarquer ? Je compris que c'est là ma seule chance de leur échapper, et lorsque mes membres m'obéissent enfin, je commence à me réfugier plus loin dans le fond de la pièce. Un des hommes voulut s'approcher frénétiquement de moi, sans aucun doute pour m'immobiliser et c'est là que... que tout se passe si.. vite !

La porte s'ouvre, s'éclate contre le mur, et l'atmosphère chaude de Siphéaï laisse la place à une froideur spirituelle. Je suis gelé sans vraiment l'être et j'ai déjà ressenti ce sentiment... Non, ne me dites pas que... Ne me dis pas que c'est toi... ?
En un éclaire le plus balaise des deux est déjà au sol, la gorge tranchée. Dans un réflexe effrayé, j'ai poussé un crie et me suis planqué derrière la table renversée. L'autre homme maîtrise mieux ses émois et se tourne vers l'assaillant. J'entends un coup de feu et le bruit caractéristique d'une balle qui se loge dans un corps. Le bruit m'a surpris mais pas de second crie... Je m'écarte et jette un œil sur le duel. Je devine à peine les formes de l'inconnu, mais je peux voir à contrario le trouble de l'homme. Son avant bras s'est pris un coup de poignard d'une violence inouïe. Le reste de la scène est la pire chose que j'ai pu voir dans ma vie... Même un pirate ne tue pas avec une telle frénésie et surtout une telle... ardeur ! Je ne sais pas si l'homme respire encore au bout du septième coups de couteau, dans tous les cas le tout dernier l'achève très certainement et la violence du geste me paralyse sur place. Je n'ose plus bouger, à peine respirer, et ma main qui tenait mon petit coupe tout tremble. Jusque là, mon cerveau a refusé d'identifier la personne venue me sauver de ces hommes. Mes oreilles captent très distinctement le bruit des gouttes de sang tomber, celui du second cadavre s'effondrer lourdement... Suivi par des pas aussi léger que ceux d'un loup. Oh oui, je ne connais que trop bien cette sensation glaciale qui n'existe que dans les songes, ainsi que ce style sauvage dans l'exécution d'un meurtre. Je ne connais qu'une personne capable de faire pareil acte.
Et c'est bien ce visage, à moitié caché par une longue chevelure noire, qui s'arrête au niveau de la table renversée, me jetant un coup d’œil ambré.
Malgré le choc de cette visite surprise, j'arrive encore à coordonner mes membres, et dans une tentative assez veine de me protéger je place consciencieusement mon couteau en face de moi, pointant la lame vers elle pour l'inciter à ne pas m'approcher. Bien évidemment, cela ne suffit en rien à arrêter n'importe qui avec une bonne volonté de tuer...
- Qu... Que fais-tu... ici ?

Merde... Je vais finir par mourir ici ?! Est-ce qu'elle est venue pour moi, ou veut-elle la même chose que ces hommes ? La Guilde des Assassins a peut-être entendu parlé des plans ou d'autre chose à mon sujet et veut se débarrasser des gêneurs... Ou ce sont des gens influents qui ont mis une prime sur ma tête ? Non... le dernier point ne peut pas être possible, j'ai absolument tout fait pour passer inaperçu sur le bateau, et tant que je reste aux côtés du Capitaine je serais protégé... Enfin je le pensais jusqu'à maintenant. Mais ces deux hommes ont agit dans le plus grand secret et ne font parti d'aucune guilde, j'en suis certain. Ils n'en n'ont pas l'air en tout cas, et ce ne sont pas des pirates non plus... Qui peut passer la vigilance de Nuhada et de ses bras droits, mais qui se font pister par une assassine ? Tellement de questions et si peu de temps pour y répondre... Ma seule chance de m'en tirer et de m'échapper d'ici et aller retrouver les hommes de Nuhada à l'auberge. Est-ce que je peux réussir cet exploit et courir assez vite entre ses griffes ? J'en doute. Du moins pas longtemps...

Je lui lance un long regard, essayant de reprendre mon sang froid. Mon corps ne bouge pas, mes pensées se bousculent... Que me veut-elle, que va-t-elle me faire ? …

J'ai fait tout ce qu'elle a voulu à l'époque... Faire passer son assassinat d'Aori Opkims pour un accident... Que va-t-elle me demander aujourd'hui ? Pitié... Pourvu que le cauchemars ne recommence pas...
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Mar 19 Déc 2017 - 11:37

  — Qu... Que fais-tu... ici ?
   À sa seule vue, le gobelin est submergé par une peur presque panique. Ses pensées se noient dans l'effroi, il se débat pour ne pas sombrer. Fira le voit, elle le sent. Et comme lors des autres fois, son cœur se serre. Elle voudrait fuir, partir le plus loin possible. La souffrance qu'elle engendre ouvre dans son ventre un abîme de tristesse beaucoup trop dur à supporter. Mais elle ne bouge pas. Son corps n'esquisse pas le moindre frisson de fuite. Elle pense à Teinakh. Elle se remplit de son sourire chaud, rassurant. Elle accepte de s'abandonner toute entière à sa sérénité.
   L'élan de vie souffle en elle, la porte. Son corps fin se penche, s'abaisse avec grâce. Déposant un genou à terre, Fira s'incline humblement, s'offrant dans toute sa sincérité à Ghozwi. Sa voix est douce, respectueuse, colorée de quelques notes de sa profonde tristesse :
   — Ghozwi Hozfiri, je suis venu te présenter mes plus sincères et mes plus plates excuses.
   Elle rassemble ses mots.
   — Je ne te demande pas de me pardonner, pas plus que je ne cherche à effacer ce que je t'ai infligé il y a cinq ans. Je veux simplement que tu saches qu'aujourd'hui, je regrette mes actes. Et je les regretterai toute ma vie.
   Ces mots tordent ses entrailles. Un sanglot monte du fond de son ventre. Elle l'étouffe par respect pour la douleur du gobelin.
   — Je t'ai fait trop de mal pour pouvoir me racheter. Je comprendrais très bien que tu ne désires que mon départ et que je te fiche la paix, mais si nos chemins se croisent de nouveau, sache que je serai prête à te porter main-forte.
   Sur ces derniers mots, elle laisse place à un silence fragile.

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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Sam 17 Fév 2018 - 13:14

Le silence, qui suit ma question, est interminable. Je ne sais combien de temps je le supporterais... C'est comme si un vide tente de m'engloutir les sens. D'abord l'ouïe, ensuite le reste, pour ne me laisser qu'une future folie, celle qui dévore l'esprit. Mon corps jusque là immobile commence à tressaillir en remarquant que l'assassine reste également statique, comme une ombre guettant mes mouvements. J'ai si peur... si peur qu'elle se mette à bouger, et que mon esprit n'ai pas le temps de réagir. Car je ne me fais pas d'illusion, le prochain coup sera fatal. Je jette des coups d’œil aux hommes étendus sur le sol, et la seule vue du sang me fait trembler le bras. Ce dernier tient encore mon couteau, qui ne fait pas grande impression... N'importe qui peut penser que je suis à peine en état de me défendre, de par mes émois mais surtout par manque d'expérience...
Et là, j'ai affaire à une personne qui n'a aucun de ces deux problèmes.

Cédant partiellement à la panique, je ferme les yeux, serre les dents et me protège le visage, alors qu'elle bouge. Elle va enfin en finir, c'est foutu... Je vais mourir. Mon esprit m'ordonne de bouger alors que mon corps ne répond pas, mais je réussis à ouvrir un œil, une petite étincelle d'instinct brillant en moi... Suffira-t-elle à me sauver la vie... ?
Mais alors que je m'attends à une ruée violente sur ma personne, je vois l'assassine se pencher modestement vers moi. Présenter sa personne de cette manière me laisse sans voix et même le cours de mes pensées à cessé. Muet et les yeux écarquillés, mon bras protecteur commence à descendre lentement et même l'autre bras s'écarte, ne la menaçant plus. Cette sensation de... à la fois de vide et d'étincelle de vie que je ressens à ce moment là est troublant. L’ascenseur émotionnel est violent, car je me pensais raide mort...
Elle... Elle s'est inclinée, ne dégage plus rien de menaçant, et sa voix n'a jamais été aussi belle. Impossible... Mes oreilles essayent de me rassurer, de me faire croire que tout va bien, tandis que mon corps, déjà décédé, subis les assauts d'une danse mortelle d'un requiem final.
Pourtant...
- Ghozwi Hozfiri, je suis venu te présenter mes plus sincères et mes plus plates excuses.

J'ai comme un poque dans mon esprit et il revient parmi les vivants. Je cligne des yeux, comme si je sors d'un rêve éveillé. Captant peu à peu les mots qu'elle vient de prononcer, mes lèvres bougent, voulant lui répondre, mais rien ne vient...

Hozfiri... C'était le nom de feu mon père. Il fût un gobelin aux grandes valeurs. Sa passion était les plantes, et il avait décidé de ne pas suivre les enseignements de ses congénères sur l'étude du minerai, qui apparaît dans les profondeurs des montagnes de Fanoesia. Il voulait aider les autres en leur trouvant des concoctions médicinaux... Rencontrer une partenaire qui rêvait de voyager fût pour lui une révélation. Mes parents furent les premiers gobelins à partir de Zandorz... Malgré les restrictions de nos lois, malgré la réticence de l’Éminence de cette époque, malgré la mise en garde de leurs amis... Dont celle de Skirnix, qui les avait connu depuis le plus jeune âge.

Ce nom est un héritage, en vérité je ne m'en sers pas souvent. Les listes à la Collaboration des ingénieurs de Quetaïn sont assez réglementaires, et ils ont souhaité un nom avec mon prénom... Alors donner celui de mon père m'a paru le plus approprié.
Qu'elle le connaisse n'est donc pas du tout surprenant, mais l'entendre me fait toujours un effet de surprise sur le cœur. Au bout de quelques secondes, l'assassine reprend... Et ses mots suivant me laisse encore plus silencieux. Il est... évident que... ce qu'elle m'a fait faire à l'époque n'a pas été oublié, et qu'encore aujourd'hui les fantômes du passé hantent mes nuits. Lui pardonner est au dessus de mes forces, et j'ai presque envie de le hurler face au monde entier combien la douleur est présente. Mais... Me rendre compte de la sincérité de ses mots et combien elle semble regretter ses actes apaisent cette douleur. J'en fronce les sourcils, comme si moi-même j'ai dû mal à croire combien ces mots, j'ai toujours voulu les entendre depuis longtemps... Comme si la jeune fille est venue finalement apporter le pansement sur la plaie béante sur mon être.

Ce... ne peut pas être aussi simple, bien sûr... Mais...

Curieux, j'approche. Les derniers mots ont été dur, et j'ai senti un changement... Il fait un peu sombre, mais mes yeux n'ont pas de difficulté à voir dans la pénombre de la pièce. Je perçois bien le trouble de l'assassine... Ce qui renforce l'idée qu'elle est bien sincère.
- Je t'ai fait trop de mal pour pouvoir me racheter. Je comprendrais très bien que tu ne désires que mon départ et que je te fiche la paix, mais si nos chemins se croisent de nouveau, sache que je serai prête à te porter main-forte.

J'ai cessé d'avancer... Peut-être par sécurité. Mon cerveau me dit de rester prudent et de ne pas croire tout ce qu'elle vient de dire... Mon cœur cherche à percevoir le vrai du faux, et a tendance à vouloir y croire. Cette espoir est-il raisonnable ?
Gardant mon arme en main, mais abaissée, j'approche encore un peu d'elle. Mes lèvres bougent encore, mais je cherche mes mots... Mon regard encore troublé, mon esprit s'emmêle, les questions se bousculent... Je finis par dire quelque chose, avec une voix peu assurée :
- Tu...Tu m'as cherché tout ce temps pour... t'excuser ?

C'est une question un peu bête, mais mon cerveau a dû enfin comprendre qu'il est encore en vie.
Des frissons dans le dos me font tressaillir. Je recule. L'angoisse monte dans ma gorge et mon arme est pointée vers elle. Tout ce cauchemars qui refait surface, là, il peut être stoppé par ma main... Mais si elle est vraiment franche, elle sera la seconde personne innocente que je tuerais... Me rappeler de ce que j'ai fait à créer un tilt dans mon esprit. Et des larmes se déversent sur mon visage.
- T-tu crois que... que les regrets vont tout réparer ?! Que ça va... le ramener à la vie ? Tout ce qui s'est passé, il y a cinq ans... ç-ça me poursuit !

J'illustre mes mots en lui montrant les deux hommes inertes.
Je ne sais pas ce qui m'arrive, ni ce qui m'empêche d'abattre mon coup, mais je n'ai jamais pleuré autant de toute ma vie... Et me montrer comme ça attise davantage ma colère. Mais ce n'est pas le sentiment qui prédomine... Je suis effondré, acculé par la fatigue et quelque part au fond de moi se tapis un sentiment que je ne pensais pas comprendre jusqu'à maintenant... le soulagement. Pourquoi je me sens comme ça ?!
- T-tu regrettes ? P... Pas autant que moi !

Et je cède. Mes larmes coulent toutes seules et la seule force qui me tient encore debout est celle du soulagement. Pourtant on pourrait croire que je suis accablé par le désespoir, mais le fait de savoir qu'une autre personne est hanté par les même fantômes que moi me fait me sentir beaucoup moins seul. Les conseils et les soutiens de mes camarades sur le bateau et surtout du Capitaine et de Sigifrid m'ont aidé. Mais cela n'avait pas suffit à endiguer les terreurs nocturnes, qui me rappelaient sans arrêt mes actes.
Et là... Elle est venue. Elle est enfin venue... Avec un peu d'espoir de... soigner quelque chose ? Car il est évident qu'on ne répare rien ni avec des regrets, ni avec des excuses... encore moins avec des larmes. Hein...
Mes jambes cèdent et je tombe sur les genoux. Je suis au même niveau qu'elle, et c'est la première fois que je me rends compte qu'elle n'est pas beaucoup plus grande que moi...
Je regarde ma main qui s'est crispée sur le manche du couteau... Par dégoût, je le lâche. De toute façon, si tout est faux et qu'elle finit par me tuer, l'avoir en main ne changera rien.
- Tu... T-tu dis la vérité ?

Enfin une question pertinente.
- Si... si tu es sincère... Réponds moi... Et dans le même temps... - Je lui montre du doigt les deux hommes – D-dis moi qui ils sont, c-ce qu'ils me veulent et... et comment tu... m'as retrouvé ?

De mon autre main, je viens essuyer mon visage... M'être montré si fragile est le cadet de mes soucis, mais bizarrement cela ne me dérange pas plus que ça... Puisqu'elle m'a déjà vue avec toutes les émotions possible et inimaginables. Pourquoi mes pensées sont si absurdes ? Pourquoi est-ce que je ressens une espèce de... compassion, ou de la pitié ? Ou quelque chose qui s'en approche... ? Quel pansement fictif peut être aussi efficace et à la fois si déroutant ?
Punaise... Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour un bon breuvage et une bonne cure de sommeil...
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Mer 7 Mar 2018 - 10:20

   Fira sent le poids quitter son corps. Voilà, l'essentiel est fait. Elle s'est livrée, elle a offert sa peine et Ghozwi, même s'il ne s'en rend pas encore pleinement compte, a su accueillir la sincérité de sa démarche. Devant la certitude qu'il ne l'attaquera pas, elle laisse le soulagement se distiller dans son esprit et dans sa chair. Une larme perle au coin de ses paupières, cristallisation de la délivrance tranquille qui emporte le poids de l'appréhension.
   Comme il l'a dit, tout n'est pas encore joué. Le mal est trop grand pour être aussi simplement guéri. Et comme elle lui a promis, elle veut être prête à l'aider. Ses yeux sont chargés d'une détermination nouvelle quand elle lève son visage vers lui. Sa voix est nette :
   — Je ne sais pas qui ils sont. Je suis certaine de savoir ce qu'ils veulent.
   Son visage se pare d'un ton grave :
   — Ce soir-là, un voleur est entré dans l'atelier quand nous y étions. Il travaillait pour eux.
   "Il cherchait des documents, les plans d'une invention d'Aori Opkims, et il ne les a pas trouvé."

   À l'évocation de cette nuit et du nom de l'ingénieur, la culpabilité transperce son cœur. Appliquant ce que Teinakh lui a appris, elle respire tranquillement, accueille sa douleur et se libère de son emprise en rendant hommage avec douceur à Aori.
   Elle continue ses explications, imperturbable, refusant de laisser son trouble apparaître.
   — Après cette nuit, ils m'ont pourchassée, pendant de longs mois. Quand ils ont finalement compris que je ne disposais pas des documents, ils ont concentré leurs efforts sur la traque du complice mentionné dans mon rapport. Je ne sais pas qui ils sont, mais je constate qu'ils ont assez de pouvoir pour avoir accès aux rapports de mission de la Guilde.
   Cette dernière information est lourde de conséquences. La Guilde des Assassins est une organisation des plus rigides dont la survie dépend précisément de la protection des données qui la concernent. Même Fira, quand elle était membre, n'avait pas le droit d'accéder à ces rapports.
   Elle plante ses yeux dans ceux de son interlocuteur.
   — Ghowi, je me fiche de savoir si tu possèdes bien ces plans. Je me fiche de savoir ce que tu comptes faire. Mais si tu penses que mes forces peuvent t'être utiles, alors je veux tout faire pour t'aider.

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MessageSujet: Re: Escale à Sipheaï [avec Fira]   Jeu 12 Avr 2018 - 16:56

Je la regarde, m'attendant à ce que sa réponse soit la chose la plus abominable qui puisse exister. Comme si ses paroles sont annonciatrices de la fin des temps. Mon regard récemment perturbé par les émotions est grand ouvert, attentif au moindre mouvement des lèvres et du visage de... Et dire que je n'ai jamais su son nom, c'est tout de même fou.
Je sens qu'il se passe quelque chose chez elle. Des émotions semblent intervenir à parts égales dans le cœur de l'humaine. Elle doit vivre un flot aussi violent que le mien et j'en viens à remarquer que finalement elle n'est pas si inhumaine, qu'elle est aussi capable de ressentir des choses. A notre première rencontre, j'étais à mille lieux d'imaginer qu'une assassine de son envergure pouvait ressentir quoi que se soit.
Je finis par avoir un léger sourire, un peu pour compatir. De l'état sauvage et brutal de haine et de colère je suis à l'état d'un soulagement interminable, où mon cœur a rêvé pendant des mois d'obtenir pour pouvoir se reposer tranquillement. Et alors que nous tentons tous les deux de trouver le pardon dans cette pièce sordide, je suis surpris en écoutant une voix bien plus nette que je ne l'aurais cru capable de faire sous ces émotions :
- Je ne sais pas qui ils sont. Je suis certaine de savoir ce qu'ils veulent.

Je fronce les sourcils, alors qu'elle continue de parler. Elle me dévoile l'envers du décors de celui que j'ai connu. L’anecdote me fait tressaillir mais je me concentre sur ce qu'elle dit. Et ses mots m'effraient... Si je comprends bien, les gens qui semblent me chercher ont tout d'abord pourchasser l'assassine, et ils ont été capable de remonter jusqu'à moi en fouillant dans des papiers que personne au monde n'a normalement accès ? C'est une histoire dingue... Comment j'ai pu en arriver à attirer les foudres de personnes si puissantes ? Tout ça à cause de ça ?! De ces plans ? J'en viens à avoir peur pour mes proches, et si... s'ils viennent à s'attaquer à Skirnix et aux autres ? Non, impossible ! Je ne peux pas le tolérer ! La jeune femme me fixe et mes yeux de nouveaux attentifs s'attardent dans les siens. Elle me propose... ses services ?
- Je …

J'hésite. Il est évident qu'il est encore trop tôt pour savoir si je peux lui faire vraiment confiance. Mais même si je le veux, je ne peux décider tout seul sur ce genre de chose. La Capitaine doit être mise au courant de ce qui se passe. Je finis par pousser un soupire, passant une main dans mes cheveux en signe de réflexion. Les choses commencent à se gâter, et si des hommes que ceux de ce soir s'attaquent aux membres de l'équipage du Dernier Baisé à cause de moi, je m'en voudrais de ne pas avoir pris les devant pour les prévenir...
- Comment tu t'appelles ? … , Finis-je par lui demander avec sérieux. Mes yeux bleus semblent plus déterminés... Je ne dois plus me cacher derrière les fantômes du passé. Avancer... Et prendre l'aide lorsqu'elle se présente ? Et bien, pourquoi pas ? - Je veux bien de ton aide, même si je ne sais pas encore ce qu'on pourra faire... Mais je dois d'abord te présenter au capitaine du navire où je vis. Es-tu d'accord ? Est-ce que... - J'hésite un moment avant de lui poser cette question - … je peux te faire confiance ?

Après tout, tout ce qu'elle fait est réalisé, et tout ce qu'elle dit semble réalisable. C'est le sentiment qu'elle m'a laissé lorsqu'elle réussit à obtenir ce qu'elle voulait de moi, sous la menace.
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Escale à Sipheaï [avec Fira]

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