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 Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]

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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Ven 25 Nov - 17:52

  L'homme ouvre les yeux, fébrile. La petite maison est restée inhabitée plusieurs années et n'a pas été entretenue pendant tout ce temps. Quand il est venu s'y réfugier, deux jours auparavant, il a pris soin de ne pas huiler les gonds de l'entrée, ce précisément pour qu'ils grincent quand quelqu'un ouvre la porte. Et il jure avoir entendu la porte grincer. Mais Charles et Reynar sont là, dormant dans l'autre couchette présente dans la chambre. Les yeux écarquillés, il tend l'oreille. Même si la maison est plus silencieuse que la mort, il est certain d'avoir entendu la porte grincer. Cela signifie qu'un intrus évolue en ce moment même dans les pièces de la petite bâtisse.

  Aussi silencieux que lui permet sa respiration haletante, il secoue ses amis. Ceux-ci comprennent rapidement la situation et dégainent discrètement les armes qu'ils avaient disposées près de leur couchette. Quelques jours auparavant, Éthak était venu leur apprendre, rempli de terreur, qu'il avait toutes les raisons de croire qu'un assassin était mandaté pour le tuer, certainement envoyé par Lanaïli. Peut-être même qu'elle avait fait appel à la Guilde. Charles et Reynar, sans hésiter une seule seconde, avaient juré de tout faire pour protéger leur ami d'enfance.

  Ils avaient commencé par alerter les forces de l'ordre, mais à la simple mention de la Guilde, le seigneur local avait catégoriquement refusé de s'impliquer dans l'affaire. Cette réaction était prévisible de la part de Duncan Kal'Or, dont la famille était connue pour tremper dans une multitude d'affaires louches depuis des générations. Toujours plus dégoûtés de leur suzerain, les trois amis s'étaient réfugiés en secret dans l'ancienne maison de Charles, une petite bâtisse éloignée de la ville, afin que personne ne puisse renseigner l'assassin de leur localisation.

  Mais le deuxième jour, Reynar avait commencé à exprimer son désaccord : d'après lui, le fait que Charles et lui-même soient particulièrement rompus au maniement de l'épée n'était pas une assurance suffisante pour se défendre contre un potentiel assassin de la Guilde. Malgré toutes ses tentatives, il n'avait pas réussi à convaincre Éthak et encore moins son compagnon, qui persistaient à penser que la meilleure façon de se défendre étaient de se cacher, en impliquant le moins de monde possible.

  Ils s'étaient donc couchés une seconde nuit en espérant que l'assassin ne les trouve jamais. Mais il les a trouvé. S'il s'agissait de qui que ce soit d'autre, ils entendraient ses pas sur le vieux plancher grinçant. Pourtant, quand ils tendent l'oreille, seul le son de leur respiration leur parvient. Il n'y a rien d'autre. Une angoisse sourde monte dans la pièce. Charles commence à regretter de ne pas s'être laissé convaincre par les propos de son amant. Éthak sent la panique poindre dans ses tripes. Reynar quant à lui, raffermi sa prise sur la garde de son épée. Les trois hommes sont tournés vers la porte, se tenant à distance respectable de celle-ci et de la fenêtre. Le couple de guerriers se tient tel un rempart entre leur ami et les deux accès à la chambre.

  Le temps s'égraine. Immergés dans le silence angoissant de la nuit, les trois amis ne savent estimer depuis quand ils attendent ainsi. Un cliquetis déchire le silence : la poignet de la porte de la chambre est actionnée depuis l'autre côté. Reynar fait un pas en direction de la porte, pointant son épée, prêt à transpercer la première silhouette qui apparaîtra. Le battant s'ouvre lentement, envahissant la pièce d'un grincement lugubre. Reynar est tendu comme un arc, il va frapper... Mais personne ne se tient dans l'encadrement de la porte. L'ouverture donne sur le couloir, dans lequel le guerrier ne distingue rien. L'obscurité y est totale. Pourtant, au fond de ces ombres, Reynar sait que quelque chose l'observe.

  La tension est à son comble. Les deux guerriers sont concentrés à l'extrême, Charles a mal aux mains tellement il sert la garde de son arme et Reynar ne se risque pas à essuyer les perles d'angoisse qui glissent sur son front. La respiration de Éthak est rauque, son échine est secouée de soubresauts. Une goutte de sueur tombe dans l'œil de Reynar. Irrité, il cligne des yeux.

  Une fois.

  Fira jaillit de l'ombre. Le poignard dans sa main gauche dévie l'épée du guerrier et achève sa course folle dans sa carotide. Reynar s'effondre, vociférant sa frustration et sa douleur en s'étouffant dans son sang. Sans arrêter sa course, l'assassin extrait sa lame de la gorge d'un geste vif, projetant le liquide écarlate vers les yeux de Charles. Face à son amant mourant, le guerrier étouffe son désespoir en laissant exploser sa colère contre la meurtrière. Il détourne à peine la tête, épargnant un de ces yeux de l'aveuglement que cause le sang projeté. Il lance un coup de son épée, cherchant à cueillir la jeune femme qui fuse droit vers lui. Les lames de l'épée et du poignard s'entrechoquent avec violence, projetant de fines étincelles. Fira s'écarte vivement. Charles hurle :

- Éthak ! La fenêtre !!

  L'intéressé est secoué par le cri de son ami. Il bredouille :

- Non je... Je ne peux pas partir sans...

- Arrête tes conneries ! FOUS LE CAMP !!

  Fira fonce sur Charles, l'attaquant avec l'énergie d'un fauve. Éthak se rue sur la fenêtre et l'ouvre en grand. Ses mains tremblantes s'activent sur le verrou du volet de bois. Malgré toute la peine et la rage dans son cœur, Charles parvient à rester concentré. Il ne faut pas faire d'erreur. Avec son épée longue, il dispose d'un clair avantage d'allonge contre les deux poignards de son assaillante et devrait donc être en position de force. Devrait. Elle attaque avec une telle énergie qu'il se retrouve acculé sous ses assauts, forcé de faire un pas en arrière. Éthak parvient enfin à ouvrir le volet, il enjambe l'encadrement pour se ruer à l'extérieur de la maison. La douleur qui déchire son molet lui arrache un hurlement. Fira a attaqué sa jambe encore à l'intérieur, ouvrant son molet sur toute la longueur. Derrière elle s'effondre Charles. Le guerrier peine à maintenir ses tripes dans son ventre tranché.

  L'assassin retire sa lame de la chair de sa victime. Elle saisit sa jambe et le tire sans ménagement. Éthak s'effondre au pied de la fenêtre. Il cherche à fuir, mais Fira se tient entre lui et la porte de la chambre. Sans parvenir à se relever, il se rue dans un coin de la pièce en gémissant. Son corps entier est secoué de tremblements de terreur, de douleur et de désespoir. Sur ses joues coulent d'abondantes larmes de dépit. Sa mâchoire tremble devant l'horreur de la scène en train de se jouer. Il brandit tant bien que mal l'épée que Reynar lui a offerte quelques années auparavant. La jeune femme le toise. Son visage blafard est en partie caché par l'ombre que projettent ses longs cheveux raides. Son corps est fin, presque frêle. Sa combinaison et ses poignards sont maculés de sang. Éthak entend ses amis s'agiter en rendant leur dernier souffle, derrière elle. Quand il cherche le regard de son agresseur, il comprend que son tour arrive. Face à cette certitude, il écarquille des yeux fous. Les mots jaillissent de sa bouche :

- NE T'APPROCHE PAS !!

  Les sanglots noient sa gorge.

- Ne... Ne t'approche pas...

  Devant l'expression d'une telle terreur, Fira arrête ses pas. Elle savoure. L'homme est rempli d'horreur. La même que celle qui l'a habitée cette nuit-là et qui, depuis cinq ans, ne la quitte plus jamais. La même détresse, la même panique. La même peur. Et le fait de provoquer ces émotions dans le cœur d'autrui lui procure la sensation d'en être supérieure. En étant une source de douleur et de terreur, c'est comme si elle dominait ces mêmes sentiments qui la déchirent.

  Mais Fira n'a pas conscience de toute cela. Quand elle est face à cet homme qui gémit, la seule chose qui compte, c'est qu'elle se sent vivre. Elle se sent puissante et plus vivante que jamais. Et c'est pour cela qu'elle tue. Pour ce sentiment de puissance qui envahit chaque fibre de sa chair à chaque fois qu'elle plonge sa lame dans le corps de sa victime. L'homme se débat, elle frappe. Il tente de la repousser, d'user de ses poings, elle frappe. Agrippée à son torse, elle frappe furieusement sans discontinuer. À mesure qu'elle frappe, il se débat de moins en moins et ses hurlements deviennent des râles qui finissent par s'éteindre.

  Fira se relève. Comme à l'accoutumé, une fois qu'elle aura fait son rapport, la Guilde se chargera de prouver la mort de Éthak Mir auprès du client. Elle tourne les talons et quitte la pièce.

¤

  "Je souhaite faire assassiner Aori Opkims, membre de la collaboration des ingénieurs, résidant à l'endroit du même nom, à Quetaïn. Cependant, sa mort doit paraître accidentelle sinon je serai le premier soupçonné. Arrangez-vous pour que l'affaire ne remonte pas jusqu'à moi."

  Les termes du contrat sont simples. Seulement, faire passer une mort pour un accident n'est pas une chose dans laquelle Fira excelle. Elle préfère de loin user du fil de ses poignards. Aussi, pour ce contrat, elle a décidé de faire appel à une aide extérieure. L'idée est simple : pour faire croire à un accident, elle va saboter le laboratoire de sa cible. Et pour saboter le travail d'un ingénieur, le mieux placé est encore un connaisseur en la matière. Une fois rendue à Quetaïn, Fira se met donc rapidement en quête d'un ingénieur reconnu. Son dévolu tombe sur un dénommé Ghozwi, connu pour ses grandes inventions lors de ces dernières années, mais aussi notamment pour le fait qu'il s'agisse d'un gobelin.

  À la Collaboration, elle est reçue par un réceptionniste qui lui demande en quoi il peut l'aider.

- Bonjour, je souhaite parler à Ghozwi Hozfiri.

  Le réceptionniste acquiesce et guide la jeune femme dans les grands couloirs jusqu'à la porte d'un laboratoire. Il frappe trois coups secs et attend une réponse.

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Ghozwi
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Mer 14 Déc - 1:21

J'étais loin d'imaginer que ma célébrité, un jour, me ferait des mauvais tours...

Quelques années plus tôt, j'étais associé avec mon vieille ami, Skirnix, devenu un très bon marchand à Quetaïn. S'entourant des meilleurs forgerons, il a pu décollé vers les hautes sphères, et dorénavant il peut discuter d'égale à égale avec les Seigneurs-Marchands. Un franc succès pour un gobelin, qui au départ, vivait comme tous les autres peaux-vertes dans la misère, ou presque. Mon mentor m'a permis de voler de mes propres ailes, et je suis parvenu moi aussi à grimper. Devenir le premier ingénieur gobelin qui a vue naître la Collaboration elle-même, jour gravé dans ma mémoire. Mais mon succès est dû surtout à mes inventions utiles et merveilleuses. Grâce à toutes ces bonnes choses, mon espèce s'est placée dans les bonnes grâces du Sultan, pourvu que cela dure... Mais j'ai encore dû mal à croire que les choses continueraient à aller aussi bien. "Tu t'inquiètes trop" me dit souvent Skirnix. "Un jour, tu devrais te rendre sur ta terre d'origine, au moins pour la voir ! Et là tu verrais des choses vraiment dangereuses" A ce moment là, il faut lui répondre oui. Il m'est plus agréable de l'entendre parler de Zandorz que ses remontrances pour mon insolence. Mais quelque part le bougre n'avait pas tort ... Découvrir mes origines pouvaient me donner une bonne expérience !

Toutefois, le travail avant tout. Tester, regarder et recommencer, à longueur de journée, découvrir des choses lorsque ça marche. Cela fait pas mal de temps que je pratique ce quotidien sans relâche. Il n'est pas rare que des marchands ou autres clients de la Collaboration fassent appelle aux ingénieurs pour une commande spéciale. Je suis loin de me douter du client qui attend derrière ma porte, alors que je m'approche de celle-ci. Je fais face au réceptionniste qui baisse légèrement les yeux vers moi. En tant que gobelin, je ne suis pas très grand, je lui arrive tout juste au niveau du ventre avec un bon mètre trente. Une fois mon casque de protection retiré, je redresse de longues oreilles pointues, curieuses d'entendre ce qu'il me veut. Il se décale légèrement pour me présenter une future cliente... Mes yeux bleus gris comme un jour de pluie affrontent ceux d'un feu orangé étrange. Je dois me faire force pour ne pas avoir un frisson. Son allure général me fait penser à des histoires que les humains aiment se raconter pour se faire peur. Elle est d'une pâleur comme je n'en ai jamais vue. Je relève les yeux vers le réceptionniste, passant ma main dans mes courts cheveux brun. Il s'excuse poliment car son devoir l'appelle ailleurs, et s'éclipse d'un pas rapide.
Je ne suis pas sûr mais je crois qu'il fuit.
Toussotant un peu, je souris amicalement vers l'humaine.
- Bonjour ! Puis-je faire quelque chose pour toi ?

Tout en disant ses mots, je l'invite dans mon modeste atelier. Il prend fugacement des allures de laboratoire, mais c'est un peu faussée comme appellation car je ne fais clairement pas dans l'alchimie. On peut voir du bois, des métaux et d'autres matériaux premiers rangés partout, et sur les côtés de la pièce des tables portant de multitude d'outils en tout genre. J'ai mis des années à les posséder, car à l'époque, n'importe quel gobelin ne pouvait même pas se permettre d'aller acheter du pain, alors des outils vous plaisantez... Le passage de son Eminence à Quetaïn pour négocier avec les hautes têtes de cette ville ainsi qu'avec le Sultan lui-même nous a valu bien plus qu'une simple place auprès des hommes. Des droits et des libertés.
- C'est pour une commande ? Je ne manque pas de temps, mais selon ce que tu me demandes je... - Je souris grandement, mal à l'aise. - Mes excuses, je devrais peut-être te laisser parler avant.

Je ne sais même pas si cette personne préférer user des coutumes un peu trop nobles que possèdent certains humains, notamment ceux des hautes sphères. Parler à une personne chez nous n'est pas complètement naturel, puisqu'à l'origine, nous signons - Skirnix a mis du temps à m'apprendre ce langage d'ailleurs... - , et je dois avouer que j'ai appris dans le tas, en écoutant des pêcheurs et des marchands. Je continue à lui sourire, plus par un réflexe suite à une allure travaillée. Mais intérieurement, je me demande bien qu'est-ce qui me dérange tant chez cette inconnue qui me donne l'impression... d'être seul au monde face à des ténèbres.
L'imagination, hein... Je dois avoir trop d'imagination... Oui, très bonne conclusion.
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Lun 19 Déc - 14:08

  C'est bien un gobelin qui l'invite à entrer dans son atelier. Comme les autres membres de sa race, il est petit et dresse de grandes oreilles. Ses yeux bleus gris passent sur Fira sans oser s'y attarder vraiment. Il est souriant mais cache un malaise. Un malaise que Fira ne relève pas. Elle est habituée à ce genre de réaction et pour être honnête, elle préfère que les choses se passent ainsi : quand les gens ont peur d'elle, elle se sent en position de force. Répondant à son invitation, elle entre.

- C'est pour une commande ? Je ne manque pas de temps, mais selon ce que tu me demandes, je...

  Le gobelin s'interrompt et s'excuse, ne connaissant pas les manières de son interlocutrice. Celle-ci balaie la pièce du regard. L'atelier est vraiment à l'image de ce à quoi elle s'attendait. Il y a des matériaux entassés partout, des outils et l'on peut voir une multitude de systèmes plus ou moins achevés et plus ou moins imposants. Le tout semble en désordre, mais Fira ne doute pas une seconde que le gobelin s'y retrouve très bien. À la vue de l'atelier, la jeune femme n'apprend pas grand-chose, si ce n'est que le gobelin est actif, que ce n'est pas un charlatan. Cette information lui suffit. Elle tourne son regard glacial vers lui. Elle ne compte pas y aller par quatre chemins.

- Je suis un assassin de la Guilde. Je suis ici pour tuer Aori Opkims. Le mandataire de mon contrat souhaite faire passer sa mort pour un accident. Je compte saboter une machine dans son atelier pour qu'elle explose à sa prochaine utilisation mais mes connaissances ne me permettent pas de mener à bien ce plan. J'ai donc besoin des talents d'un ingénieur et mon dévolue est tombé sur toi.

  Elle a expliqué tout cela d'une traite. Elle continue, toujours aussi pragmatique :

- Tu as le choix. Tu peux accepter ma requête et m'aider de ton plein gré. Tu peux aussi agir sous l'effet de je ne sais quelle déontologie morale et refuser. Dans ce cas, je te menacerai et je te présenterai le stratagème complexe auquel j'ai réfléchi en venant ici, qui vise à discréditer ta race aux yeux du Sultan et des humains pour vous faire perdre vos droits si durement acquis.

  Elle n'a pas dégainé ses armes. Elle ne se veut même pas particulièrement menaçante. Elle a simplement expliqué la situation telle qu'elle est et maintenant, elle attend patiemment la réponse de son interlocuteur.

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Ghozwi
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Lun 19 Déc - 16:54

Elle tourne, passant près des établis, analysant chaque trésors. Certaines choses ici ne sont que des prototypes, de vagues débuts, des mélanges d'idées... Parce qu'avoir une imagination fleurissante ne vous aide pas vraiment à mettre de l'ordre pour pratiquer un métier aussi difficile qu'ingénieur. Il faut savoir se mettre des limites, accepter les contraintes, réfléchir aux possibles, et je passe une bonne partie du temps lors d'une création à dessiner des schémas et à faire des calcules plutôt qu'à la fabriquer. Mais ce sont toutes ces choses qui font mon boulot que j'aime par dessus tout ! Alors lorsque des gens, des clients, viennent me voir moi plutôt qu'un autre, cela vous encourage à continuer.
Mais... Aujourd'hui... Je ne suis pas aussi optimiste.
Je reste à l'écart alors qu'elle continue à sonder la pièce, m'attendant presque à ce qu'elle me saute à la gorge tel un loup vers sa proie. Elle finit par s'arrêter, et j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter, en effroi face à ce regard quasi surnaturel. J'en ai vue des humaines, et je me demande si elle fait bien parti de leur monde... Cependant, je tiens bon devant l'avalanche. Je suis bien loin d'en avoir fini, car d'une manière très naturel, elle m'explique d'où elle vient et ce qu'elle veut de moi... Là, c'est carrément toute la pièce qui me paraît gelé ou c'est moi ?
Au fur et à mesure de ses mots, mes oreilles s'abaissent. Mais elles entendent bien, et j'ai dû mal à me rendre compte que la situation devient grave. Un assassin ? Ici ? Dans la Collaboration elle-même, venu me voir pour... Opkims ?! Je le connais, évidemment... Cet homme est un des premiers à avoir intégré la Collaboration, et nous avons travaillé ensemble sur de nombreux petits projets avant de faire nos routes seuls. J'ai appris qu'il va être félicité et avoir les honneurs du Sultan lui même pour avoir inventé une précieuse machine analyste des roches... Avec une forme de longue béquille, elle récolte et étudie les roches qu'elle attrape grâce à un système de pince. Autant dire que c'est un outil supplémentaire pour des mineurs aimant les nouvelles bizarreries - ce que j'appelle personnellement "l'avenir" ! - mais je suis quasiment certain qu'elle va servir à d'autres desseins. Aori Opkims lorsque je l'ai connu fût un honnête, quoi que maladroit. Mais aujourd'hui, j'ai cru comprendre qu'il s'est fait beaucoup d'ennemi. De simples rumeurs... qui prennent des goûts de vérités.

Elle pense vraiment que je vais le prendre bien, alors qu'elle me divulgue ses attentions de tuer ?! Je lève des mains, tremblantes de craintes mais aussi par une colère vive. Elle me coupe dans mon élan, et je tente de mettre de l'ordre dans mes sentiments qui se bousculent. Indignation, incompréhension à savoir pourquoi ça m'arrive, mais je ressens une crainte qui étreint mon âme. C'est la première fois que j'entends parlé de cette Guilde, mais si tous les assassins lui ressemblent, je sais déjà que je n'ai aucune chance en tentant de fuir loin d'elle.
- Ha, j'ai le choix ?! , finis-je par dire après ces explications.

Mon petit rire apparaît comme nerveux, et mon sourire au début amical se crispe. Je recule. Je ne sais pas pourquoi, mais je recule. A mon grand désarroi, je rencontre une table, m'arrêtant. Je pose mes mains contre elle et je suis tiraillée entre l'envie de partir et celui de trouver un outil pour... Pourquoi faire ?! Oh, oh, doucement ! Si j'ai l'air menaçant, elle va répondre d'une manière beaucoup plus menaçante et je...
Il est difficile de prendre une décision dans une situation aussi dramatique. D'où sort le courage que je fais preuve, aucune idée... Mais je décide de lui répondre, pleins de convictions l'esprit, et j'ai cru même me penser solide à ce moment là.
- Tu plaisantes ? Comment pourrais-je accepter une chose pareille ?! Dans les deux cas, je suis perdant et je ne suis pas un gobelin qui tue n'importe quel autre vivant sur cette terre ! ...

... C'est peut-être parce qu'elle a menacer les miens que je m'emporte...
- ... Les choses ne se perdent pas si facilement, sinon il y a bien longtemps que nous serions des esclaves ! Même si les humains ne nous traitent pas encore très bien, le Sultan fait parti de ceux qui savent tenir des promesses.

J'ai vue l’Eminence de Zandorz de mes propres yeux, à l'époque où il est arrivé à Quetaïn pour signer les traités commerciaux et d'alliances... Je suis sûr qu'il veille à ce que ça soit respecté. Mes bras croisés et mes oreilles rabattus, je la regarde, ayant repris un peu de confiance en moi... Et pourtant je regrette déjà de lui avoir opposé une résistance. Des morts, c'est courant, surtout ici, et partout ailleurs ! C'est le quotidien des humains, des peaux-vertes, des gens éphémères comme le disent si bien les elfes. Ces derniers ont peut-être l'immortalité, mais nous autre avons le don de vivre chaque instant comme étant le dernier... Et à force d'imaginer ce qu'aurait fait Skirnix à ma place face aux situations dangereuses ou improbables, j'en viens à conclure que je dois garder une les pieds sur terre et ne pas être trop curieux de...
Eh merde.
- Ton mandataire t'a dit aussi de me menacer dans son contrat ?! Pourquoi tu ne vas pas voir un humain un peu trop jaloux du travail d'Opkims... Et, d'ailleurs, qui peut bien vouloir sa mort ? ...

Desfois je me maudis pour posséder une curiosité, parfois franchement malsaine... Oh ! Mais... trente secondes... Mes yeux s'agrandirent légèrement alors que je viens de comprendre un truc.
- Ne me dis pas que tu veux saboter l'œuvre de sa vie ?

Mais ce n'est pas possible ! Je vais finir par me réveiller d'un affreux cauchemar... Allez... ?
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Mar 20 Déc - 14:16

  Le gobelin parle, il parle encore et encore... Pour ne rien dire. Rien qui fasse avancer la situation : sa réponse n'est pas claire. Fira soupire, elle a pourtant eu le sentiment d'être claire. Elle lui explique encore un peu, sur un ton implacable :

- Tu as déjà entendu parler de la Guilde ? Si je meurs avant de tuer Opkims, un autre assassin se chargera du contrat.

  Tandis qu'elle parle, elle s'approche tranquillement de lui, de sorte à rester à une petite dizaine de mètres. À cette distance, elle sera sur lui en un éclair s'il décide de se défendre.

- L'œuvre de sa vie ? Je n'ai aucune idée de ce à quoi tu fais référence. Ce que nous allons saboter n'a aucune importance pourvu que ça le tue.

  Elle achève tranquillement :

- Qui peut vouloir sa mort ? Aucune importance. Pourquoi toi plutôt qu'un autre ? Aucune importance, il me fallait simplement quelqu'un. Acceptes-tu ou non ? À présent, je considèrerai toute parole qui ne répond pas clairement à ma demande comme un refus de ta part. Libre à toi de juger que mes menaces sont bidons. Tu constateras par toi-même à quel point les masses peuvent s'enflammer rapidement sur la base de rumeurs et de malentendus.

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Ghozwi
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Mar 27 Déc - 23:57

C'est impossible, c'est un rêve... Non, un véritable cauchemars ! Comment une chose pareille peut se produire ? Ah ça, je me doute que la Guilde des Assassins possède un nombre incalculable de tueurs, capables de faire ce contrat... Mais pourquoi mettre autant de moyen pour effacer de l'existence Aori Opkims ? Un homme qui ne pose de problèmes à personne, à ma connaissance un brave type, intelligent, doué, le profil du gentilhomme. Pendant quelques secondes, mes mains se sont posées sur mon visage, sentant une perle de sueur froide sur mon front. Face à l'horreur de la situation, mes nerfs commencent à lâcher prises, pour laisser en avant des émotions chaotiques : la peur, la détresse... Et puis vient la colère.
Elle ne connait ni Aori, ni son chef-d'œuvre, ni moi d'ailleurs... Elle est sans doute formée pour combattre n'importe lequel d'entre nous, même les plus grosses brutes qui grouillent dans le port de Quetaïn. Mais le cœur a ses raisons, et la raison ont l'ignore principalement pour faire des choses stupides. Mais sur le coup évidemment, je n'ai pas réfléchi une seule seconde à ce qui peut m'arriver lorsque ma main saisit un outil derrière moi. Mon geste se fige, comme si le temps s'arrête... Le ton tranquille tel le murmure de la mort ajoute quelque chose, répétant l'inévitable sort qui est réservé à moi et à mon peuple si je viens à prendre la mauvaise décision.
C'est foutu.
Je le sais... Le choix n'existe pas vraiment. Soit je dis oui, et je fais ce qu'elle me demande, soit je dis oui en me prenant un coup quasi fatal entre les dents parce que je me serais montré trop téméraire. L'indignation enserre mon cœur, je tremble légèrement à essayer de contrôler mes émois. Ma main lâche l'outil et devient à nouveau visible et sans défense. Tandis que mes longues oreilles se baissent et que mon regard tente de foudroyer l'assassin, je finis par répondre, résigné de force :
- D'accord...

Pas besoin d'en rajouter, un simple mot suffit. Une vague pensée m'incite à appeler à l'aide, à crier le plus fort possible pour alerté n'importe qui dans la Collaboration... Mais je ne fais rien, car malheureusement, l'assassin sera non seulement assez rapide pour m'égorger, mais elle peut faire du mal à autrui, par ma faute... Déjà que j'allais faire suffisamment de mal, tout ça pour assouvir les désirs d'un mandataire malsain, et pour éviter à mon peuple un sort pire que la mort.
Désormais, comme un prisonnier, poings et pieds liés, je la regarde en silence... Si j'avais les moyens, je l'arrêterais là, maintenant, net, et pouf... La magie ne semble pas exister pour tout le monde. Elle n'existe que pour les autres...
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Ven 6 Jan - 15:06

  Le gobelin est en proie à la panique. Son esprit a du mal à penser efficacement et pour cause : Fira a manœuvré pour qu'il ait l'impression de ne pas avoir vraiment le choix. Il hésite même à se défendre par la force. Finalement, il se résigne. La deuxième étape de l'opération est un succès.

- Bien. Nous effectuerons le sabotage cette nuit.

  Elle lui donne rendez-vous au milieu de la nuit, au croisement de deux rues adjacentes à la Collaboration. Puis elle tourne les talons, repartant comme s'ils avaient échangés des banalités.

- Ne sois pas en retard.

¤

    Le soir tombe à peine quand Fira effectue ces vérifications de dernière minute. Elle se poste sur un toit qui lui donne un point de vue général sur la Collaboration. Ainsi positionnée, elle use d'une trentaine de minutes pour observer la ronde des gardes. D'après ses informateurs, aucun événement particulier n'a lieu ce soir, rien qui justifierait un changement dans la surveillance. Aussi, les gardes devraient effectuer les mêmes rondes que celles qu'elle observe chaque soir depuis une semaine. À moins bien sûr que Ghozwi n'ait vendu la mèche. D'après sa vérification, il n'en est rien : tout se passe comme à l'accoutumé. Ceci fait, elle ferme les yeux et se concentre. Se plongeant dans ses souvenirs, elle parcourt les plans de la Collaboration. Elle étudie ces plans depuis plusieurs jours et la visite des lieux effectuée après l'entrevue dans le laboratoire du gobelin lui a permis d'ajuster quelques détails. Grâce à cette étude, elle dispose clairement, dans son esprit, de la topographie détaillée du bâtiment. Concentrée, elle révise le déroulement prévu des opérations.
    Il est à l'heure. Elle entend des pas légers sur le pavé et il est peu probable qu'il s'agisse d'un enfant. Elle descend du toit avec souplesse et s'adosse contre un mur du croisement. Malgré le fait qu'il semble être venu seul, elle garde ses sens à l'affût.

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Ghozwi
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Dim 5 Fév - 22:41

Qu'est-ce que je m'apprête à faire exactement ?! Il n'est pas rare que je sois réveillé les nuits, soit en train de bosser, soit ne train de réfléchir à de futurs projets. Pourtant le froid de ce soir-là me glace le sang... Alors que je me prépare, mes mains peinent à enfiler mes bottes, tremblantes. Je sers les poings, tentant de reprendre un semblant de calme... Mon esprit n'est pas du tout serein malgré la reprise de contrôle de mes sens. Si je n'y vais pas, elle viendra sans doute me tuer... Si je la dénonce, le résultat sera le même et pire encore elle pourrait s'en prendre à d'autres personnes. Je me suis longtemps demandé comment les humains pouvaient se trahir les uns les autres pour un quelconque profit. En vrai, peut-être que la plupart du temps ils sont confrontés au même problème que moi : un simple calcule, à savoir qui survivra à l'autre pour les besoins d'un troisième qui avaient largement un coup d'avance sur Aori Opkims. C'est lui ou moi...

Je sors par la porte de secours de la boutique de Skirnix, ne faisant aucun bruit. Il est tard, la plupart des gens sont couchés sauf dans une partie de la ville où réside le grand Marché. Il s'y trouve toujours du monde, car non loin de lui les fêtards veillent. Mais j'évite avec soin toute cette partie de la ville, optant pour les ombres des ruelles que je connais par cœur à force d'y avoir mis les pieds enfant. La Collaboration n'est plus très loin et je ralentis le pas, cherchant des yeux l'assassin. Je ne suis pas étonné de ne pas la trouver tout de suite, alors je continue ma route, le plus naturellement possible. Quelques lumières sont encore allumées dans le bâtiment de la Collaboration, et j'en sers les dents. Si je veux épargné le plus de personne possible... Je... je vais devoir jouer finement. Mes yeux se posent enfin sur l'assassin qui m'attend dans un coin de la rue. Je la rejoins, laissant quelques pas d'écart entre nous deux, me posant également contre le mur. C'est seulement là que je remarque que je suis quasiment aussi grand qu'elle. Mon mètre trente-cinq n'est pas si ridicule que ça, elle doit tout de même faire une bonne tête de plus. Toutefois, je me demande comment elle fait pour mener une vie aussi rude que celle d'une tueuse...
- J'ai réfléchi à comment saboter son lieu de travail... , commençais-je après avoir laissé un trop long silence à mon goût. Tout dépendra de ce que je vais y trouver... - Je lance un regard froncé vers elle - Je te demande seulement de ne tuer personne qui se trouverait à l'intérieur... S'il.. s'il te plait.

C'est beaucoup demander, j'en conviens, surtout à une assassin. Mais je serais plus tranquille en sachant que personnes d'autres meurent par ma faute.
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Lun 13 Fév - 13:05

    Elle ne répond pas à sa requête, se contente de le toiser quelques instants en silence. Puis elle se tourne vers le bâtiment et se dirige vers l'entrée qu'elle prévoit d'utiliser. La ronde des gardes est conçue pour couvrir toute la Collaboration. Pour autant, elle souffre de nombreuses failles aux yeux de Fira. Les lampadaires alentours projettent de grandes ombres qui dissimulent des pans entiers de murs et l'assassin compte escalader sous le couvert d'une de ces zones d'obscurités. Elle atteindra le balcon du bureau de Stewart Neesom, un vieil homme responsable du magasin de la Collaboration depuis trente ans. C'est à lui que s'adressent les ingénieurs qui souhaitent commander du matériel pour travailler dans leurs ateliers et son poste est très important, au point que son esprit est toujours très occupé par son travail. Il en est tellement obnubilé qu'il prend rarement la peine de s'occuper de tâches qu'il juge secondaires, comme changer régulièrement de par-dessus, apprendre à être aimable ou encore faire remplacer les verrous de son bureau malgré le fait que tout le monde s'accorde à dire qu'il en aurait bien besoin.
    Le gobelin a le pas léger. Il suit les ordres de Fira avec discrétion et réactivité, malgré son malaise évident. Il se cache quand elle le fait et la suit quand elle s'élance d'un couvert à l'autre. Ils arrivent rapidement au pied du pan de mur visé sans avoir été repérés. Elle le pousse dans un buisson et ordonne simplement :
    — Attends.
    Elle entame son escalade. Les prises sont aisées à trouver et elle évolue rapidement. Ses gestes sont précis, son esprit est concentré, affûté. Sa pensée et son corps ne font montre d'aucune dépense d'énergie inutile. Elle atteint le balcon rapidement. Elle se hisse et sort une longue corde fine et solide de son sac. Elle garde une extrémité en main, la fait passer derrière ses reins pour assurer une bonne prise dessus et jette l'autre extrémité par-dessus le balcon. Le gobelin sort de sa cachette et saisit la corde. Que ce soit parce qu'il est moins habitué à effectuer ces efforts physiques ou parce qu'il est tourmenté par ce qu'il s'apprête à réaliser, il met plus de temps que Fira pour arriver à destination. Ça n'a pas d'importance, ils disposent de plusieurs heures. Elle l'aide à se hisser et range la corde. Ceci fait, elle ouvre son étui de crochetage, qu'elle avait préalablement glissé dans sa ceinture, et choisit deux outils. Quelques secondes suffisent pour ouvrir le verrou qui, de fait, aurait dû être changé il y a longtemps.
    Les deux complices entrent dans la Collaboration à pas de loup. Le bureau est bien rangé, il n'y a pas de risque qu'ils trahissent leur présence en heurtant quelque chose. Fira traverse rapidement la petite pièce et dépose son oreille sur la porte. Le couloir est vide. Comme prévu. Elle crochète la serrure et se glisse dans l'entrebâillement, suivi par le gobelin. Après avoir refermé le battant, ils traversent la Collaboration. Le bâtiment est presque vide, seuls quelques gardiens effectuent de vagues rondes. Leurs pas lourds laissent tout le loisir aux intrus de bien choisir leur cachette pour se soustraire à leur vigilance. Fira évolue dans les couloirs obscurs avec aisance et pertinence, donnant l'impression que c'est elle qui en a dessiné les plans. Ils atteignent sans encombres une porte affichant le nom convoité :
    "M. Aori Opkims"
    Les outils de l'assassin déverrouillent encore une fois la porte. Fira entre et attend que le gobelin ait fait de même pour fermer le battant derrière eux.

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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Dim 19 Mar - 19:42

Pas de réponse. Je m'en suis douté. J'ai peu d'espoirs qu'elle respecte ma demande, mais au moins je l'ai formulé. Je n'ai plus qu'à prier que personne ne se trouve sur notre chemin, ni que personne passe près du laboratoire au moment de l'explosion. Et au fond de moi, je souhaite en secret que même Aori en réchappe. Il n'est plus temps d'avoir bonne conscience, j'entends bien... C'est déjà trop tard. Accepter de sacrifier une vie pour une autre est la conclusion du marché que j'ai passé avec l'assassin. Elle a exécuté son plan, à la perfection, jusque là. Je la suis en silence. J'ai imaginé qu'elle finisse par me dire comment elle a l'intention de rentrer, mais aucun mot n'est dit pendant notre approche de la bâtisse, ce qui me laisse un profond malaise. Quand soudain, elle finit par me repousser pour me dissimuler dans un buisson avec le simple ordre d'attendre. Ce que je fais, sans rouspéter. Je l'observe, elle grimpe rapidement avec aisance, comme si c'est naturel pour elle. Je ne peux m'empêcher d'être surpris en voyant autant de techniques. Ce n'est pas dans mes habitudes de grimper sur les murs mais apriori je vais devoir faire la même chose... Une fois là-haut, je reconnais bien le bureau du responsable des échanges de marchandises, M. Neesom. Il tient le magasin de la Collaboration. Je sens mon cœur battre fort, tant l'angoisse m'étreint alors que nous sortons de la pièce. J'ai l'impression que mes jambes peuvent me lâcher à tout moment, mais je suis étonné de réussir à la suivre, discrètement, alors que l'on progresse dans les couloirs. Je connais si bien ces lieux pour y avoir passé plusieurs années. C'est comme une seconde maison. C'est peut-être pour cette raison que je la suis sans hésitation, car je sais moi-même où se trouve le bureau de sa victime... Nous arrivons devant la porte de son laboratoire, et l'assassin crochète sa serrure. Elle me laisse entrer avant de refermer derrière moi. Je reste figé pendant plusieurs minutes alors que ma vue commence à s'habituer à la pénombre de l'environnement. Ce qui ne prend pas longtemps, héritage de mon espèce... Bientôt, je vois presque bien grâce à la luminosité des astres de la nuit qui passent par les fenêtres. Je ne fais aucun gestes, admirant les ébauches et travaux de mon confrère ingénieur, jusqu'à ce que je sente un regard perçant sur moi. Je tressaille et je finis par chuchoter :
- Bien... Trouvons des produits qui peuvent s'enflammer... Je vais voir quelle machine peut être trafiquée.

Sur mes mots, je m'avance vers les créations, à côté du plan de travail d'Aori. Cela fait quelques semaines qu'il collabore avec des alchimistes pour perfectionner ses inventions, au point d'attirer la curiosité de ses paires. Une entraide entre nos deux guildes peut amener à faire de grandes choses... Et Opkims a été le premier à faire le pas vers cet avenir. Le... le tuer... est d'autant plus difficile... Je m'adosse contre une machine, m'empêcher d'y mettre un coup de poing dedans. Une colère vive a surgi au fond de moi, et j'ai bien cru sentir un autre héritage de sang beaucoup moins contrôlable ... Je ne peux pas faire ça. Mais... ma partenaire s'est déjà retournée vers moi, méfiante. Je baisse la tête pour faire comme s'il ne s'est rien passé et je me retourne vers les machines. Et alors que je commence à repérer ce qui peut m'être utile, j'aperçois sur le plan de travail des feuilles d'architecture sur... Mais ?! Ce sont les plans de sa dernière création que je vois ... ? Oh ! Surpris et intéressé, je commence à y jeter un œil, mémorisant pas mal d'informations. Quand soudain, j'entends du bruit. Je sursaute, et par instinct j'attrape les papiers pour les fourrer dans mon pantalon, recouvert ensuite par mon haut ainsi que ma veste. Je ne sais pas d'où vient le bruit, mais je m'active pour commencer à trafiquer la machine choisie pour créer un "accident technique". Il va de soi que c'est insulté la maîtrise d'Aori, mais personne ne pensera qu'il s'agit d'un meurtre... Le Sultan risque toutefois, s'il s'y intéresse, d'ouvrir une enquête sur l'incident. Et j'en suis quasiment certain qu'il le fera... Ce qui m'angoisse au plus haut point.
Je me dépêche de finir mon travail et je me tourne vers l'assassin :
- J'ai besoin de ces produits alchimiques, il en possède forcément. Une fois l'application faite sur la machine, la personne qui l'allumera créera une explosion qui lui sera fatal, à n'en pas douter...

Pourvu, par pitié, que personne ne passe près de ce laboratoire à ce moment là...


Dernière édition par Ghozwi le Mar 21 Mar - 13:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Mar 21 Mar - 12:50

    — Bien... Trouvons des produits qui peuvent s'enflammer... Je vais voir quelle machine peut être trafiquée.
    Le gobelin s'avance dans l'atelier. Son pas est assuré, il connaît ce genre de lieu. Son esprit est troublé, torturé par les actes qu'il s'apprête à perpétrer. Fira l'observe, curieuse de savoir ce que pourrait lui enseigner le simple fait de le regarder travailler. Si elle le regarde faire, l'assassin est aussi concentrée pour écouter. Elle tend son esprit, attentive à déceler le moindre son suspect qui viendrait du couloir. C'est quand le gobelin se penche sur des plans ouverts que le bruit se fait entendre. L'exclamation étouffée d'un gardien que l'on assomme. Il y a un intrus dans le couloir.
    Fira s'est retournée vivement. Elle sent derrière elle l'agitation de l'ingénieur qui s'affaire à son œuvre. Elle écoute. Elle doit déployer une concentration extrême pour percevoir qu'il y a bien quelqu'un dans le couloir.
    — J'ai besoin de ces produits alchimiques, il en possède forcément. Une fois l'application faite sur la machine, la personne qui l'allumera créera une explosion qui lui sera fatal, à n'en pas douter...
    Fira est tendue comme un arc. Les pas dans le couloir se veulent discret. Et ils s'approchent de la porte de l'atelier d'Aori. Il s'agit donc d'un intrus qui ne va certainement pas tarder à se pointer ici. Fira réfléchi très vite. La priorité, c'est de ne pas être découvert, par qui que ce soit. Elle empoigne le gobelin, qui avait commencé à chercher les produits dont il a besoin, et elle court en silence le cacher derrière une armoire. Elle s'accroupie à côté de lui, se dissimulant elle aussi, et elle pose son index sur ses lèvres, intimant le silence. Les secondes passent, le silence est lourd. Et puis le cliquetis de la serrure rempli la pièce.

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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Sam 6 Mai - 18:03

Il a travaillé sur son intrusion dans la Collaboration pendant de longues heures, un soir pluvieux dans sa chambre d'auberge à Quetaïn. A croire que c'est la nuit des voleurs et des tueurs, mais l'homme encapuchonné est encore loin d'imaginer qu'il n'est pas le seul à être entré sans permission. Il a parfaitement exécuté son escalade, à l'opposé d'où sont passés Ghozwi et Fira. Le nom de cet homme reste un mystère aussi sombre que les couleurs de ses vêtements. Seuls des mèches de cheveux rouges et orangées dépassent timidement de sa capuche. Il sourit. Il aurait pu rire sur son erreur de calcule... Il n'a pas prévu qu'il doit traverser une partie du bâtiment pour atteindre l'atelier d'Aori. Mais le voilà, enfin, devant la porte ! Le mystérieux voleur empoigne la porte. Il n'entre pas tout de suite... Il est surpris de constater que la porte n'est pas verrouillée... Mais ses nerfs tendus suggèrent qu'il ne prendrait pas le temps de s'y pencher plus longtemps, car d'après ses observations les gardes ne tarderont pas à repasser par ici. Il entre en silence et referme la porte derrière lui...

***

Une ombre apparait au coin de mon œil. Crispé et calé contre le coin de l'armoire, ma respiration se veut aussi discrète que celle de l'assassin, si bien qu'il est quasiment impossible de nous entendre. La luminosité dans cette partie de la pièce est beaucoup plus amoindri, puisque les fenêtres se trouvent à l'autre bout. Mais mes pupilles naturellement grandes reflètent le peu de lumière du soir, ce qui me permet comme un chat d'y voir un peu plus clair... Je vois un homme, sans aucun doute au vue de sa taille et de sa corpulence, vêtu d'un long manteau noir à capuche, regarder autour de lui. Il semble chercher quelque chose, et j'espère que ce n'est pas nous... Je ne remet pas en doute les plans de l'assassin, et je suis sûr qu'elle a fait en sorte qu'on ne soit pas suivi... Serais-ce alors un pur hasard cette intrusion ? L'homme ne s'attarde pas sur place et s'avance. N'y voyant pas grand chose, il lève une main vers le haut. Au début, j'ai cru qu'il avait craqué une allumette... Jusqu'à ce que je me rende compte qu'il n'a fait que claquer des doigts pour faire apparaître une flamme dans sa paume. J'ai sursauté, quoi que pas aussi bien que je l'aurais voulu, ma main contre ma bouche, les oreilles aplatis vers l'arrière... C-c-est quoi c-ce que j'ai ressenti à l'instant ?! Angoissé par l'incompréhension et surpris par ce que je viens de voir, je tente de me calmer, avant que l'homme ne remarque ma présence.
L'homme éclaire quasiment toute la pièce, ce qui n'est pas très bon signe. Il risque de nous faire tous repérer... Les gardes qui veillent à la sécurité de cet établissement sont aux aguets et toutes choses anormales sont très vite écartés. L'homme a dû se rendre compte de l'erreur qu'il fait, et la flamme diminue aussi vite qu'elle est apparue. Jusqu'à disparaître... J'en reste chamboulé.
L'inconnu se dirige vers les tables et plans de travailles d'Aori, avec la difficulté de ne pas voir grand chose, cherchant à tâtons des papiers. Au fur et à mesure qu'il semble voir un peu mieux dans l'obscurité, il cherche plus frénétiquement, jusqu'à stopper en ne pipant mots. On sent d'ici une net frustration... Il cherche quelque chose qui a disparu. Il continue à fouiller pendant plusieurs minutes, et j'ai préféré fermer les yeux pour éviter de nous faire trahir par ma peur... Et aussi pour me souvenir de ce que j'ai ressenti lorsqu'il a fait apparaître sa flamme. C'est comme si... une étincelle m'avait touché... Est-ce que c'est ça, de la magie ?

J'ouvre à nouveau les yeux en entendant un bruit de chute d'objet suivi un chuchotement qui ressemble fort bien à un juron de la part de l'homme encapuchonné. Il s'est crispé, comme un renard pris la patte dans un piège. Il détale vers une des fenêtre et s'y engouffre pour disparaître. Tout ce qu'on peut entendre sont des bruits d'un métal claquant, dévoilant sans doute une longue corde... En tout cas, il est très équipé. Qui est cet homme et pourquoi est-il venu ici ? Je repris ma respiration normal en poussant un souffle de soulagement et je pose mes yeux encore terrifié par ce qu'ils ont vue sur l'assassin ...
Qu'est-ce qui se passe à la fin ?! Pourquoi tout le monde s'intéresse à Aori ou à ses inventions ?
- Tu... Tu le connaissais ? C'était un assassin ?

Non... Peu de chance... Si ? Peut-être, allez savoir. Ou alors, est-ce qu'il n'était qu'un voleur ? Je ne crois pas aux coïncidences, et quelque chose me dit que notre présence ici a bouleversé ses plans, car il ne semble pas avoir trouvé ce qu'il cherchait.
Ce qui m'invite à penser qu'on a pas fini de le voir et j'en suis effrayé. Cet homme... il sait... faire de la magie !
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MessageSujet: Re: Escroquerie de brevet d'invention [Ghozwi & Fira]   Mar 30 Mai - 9:49

    Fira se lève, quittant son abri. Elle répond simplement au gobelin.
    — Non, je ne le connais pas.
    Elle se dirige rapidement vers la source du bruit qui a fait fuir l'intrus. Dans un mouvement, il a fait chuter un petit pot de métal rempli de vis. La jeune femme tend l'oreille quelques instants, mais elle n'entend rien. Si un garde avait perçu le bruit de chute, il aurait accouru au plus vite dans l'espoir de coincer le fautif. Heureusement pour Fira, personne n'a entendu. Bien. Soucieuse d'effacer toute trace de leur passage, elle prend le temps de ranger les vis dans le pot le plus silencieusement possible. Ceci fait, elle replace le contenant sur le bord de l'étagère toute proche puis elle dispose les feuilles, plans et notes sur le bureau, reproduisant le désordre qui s'y trouvait avant qu'ils n'arrivent.
    Elle se dirige vers la fenêtre, ôte la corde et le grappin, range le tout dans son sac puis referme les battants. Elle prononce doucement :
    — Achève ton œuvre, nous ne devons pas traîner.

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