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 Ouverture et Antidote [Elise & Fira]

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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Mer 13 Avr 2016 - 21:40

  Six mois se sont écoulés. Six mois depuis que la fillette a quitté son village natal. Six mois qui ne parviennent pas à la séparer des événements. Une éternité durant laquelle l'enfant de 12 ans n'a pas trouvé une seule seconde de repos réparateur. Son sommeil est hanté par la vision du crâne ouvert d'Eryn, par l'odeur sale de l'homme, par le son de sa respiration saccadée. Et quand, exténuée, elle atteint les limbes d'un sommeil vide, l'impitoyable brûlure dans son ventre n'a de cesse de la torturer. Pourtant, la fillette survit. Errant dans les marais d'Akeraï, malade, affamée, la fillette est mue par une rage qui la pousse à encaisser les pires souffrances sans jamais fléchir. Elle ne veut pas mourir. Au plus profond d'elle-même, son instinct lui hurle une peur abyssale de la mort. Quoi qu'il en coûte, elle ne mourra pas.

  Afin de trouver de quoi subsister, elle marche en guettant l'horizon en quête d'habitations dans lesquelles elle peut voler de la nourriture, profitant de sa petite taille et de sa silhouette malingre pour ne pas se faire prendre en flagrant délit. Et un soir, plus que des habitations, les yeux de la fillette découvrent des murs. De hautes murailles en pierre encerclant une petite ville, disposant de trois ouvertures. En s'approchant, Fira observe que les trois portes sont ouvertes et que par l'une d'entre elle entre un long convoi de marchands et de paysans. Après quelques minutes, elle atteint la porte et se faufile au cœur du convoi pour entrer dans la ville. Les ruelles sont salles et encombrées : passants et commerçants se bousculent pour trouver leur chemin au milieu des charrettes et des caisses laissées là.

  Quittant les larges artères, Fira évolue à pas légers vers un commerce encore ouvert à cette heure du soir. Elle fini par trouver un étalage présentant encore quelques fruits. Le commerçant, quelques mètres plus loin, est occupé à compter sa recette du jour et elle profite de son inattention pour dérober une pomme. Quand ses doigts se referment sur le fruit, une voix sévère se fait entendre dans son dos :

- Dit donc là ! Repose donc cela, garnement !

  Affolée, la fillette prend ses jambes à son cou sans chercher à en comprendre davantage, mais le marchand, alerté par la voix, a déjà levé les yeux et quand Fira passe devant lui, il l'intercepte d'un croche-pied vicieux. S'étalant de tout son long, la petite est rapidement rattrapé par les deux gardes qui l'ont surprise et par le marchand. Celui-ci est furieux.

- Sale petite vermine... Je vais te faire passer le goût de voler ma marchandise !

  Fira est terrifiée. Le visage du marchand, déformé par la colère, la rempli d'une peur sourde. Elle a peur de ce qu'il veut lui faire subir... Car si elle veut cette pomme, c'est parce que la faim lui taillade de ventre. Elle ne veut pas faire à mal, elle veut simplement survivre. Le comportement du commerçant envers elle est injuste et cela réveille sa rage dans son cœur. Sur son visage maigre se lit le mélange de ses deux émotions et cela n'échappe pas aux gardes. L'un d'eux s'exclame :

- Ca suffit ! La petite a commis une faute, mais il ne vous incombe pas de la punir.

  Le second s'avance et se penche vers la fillette. Celle-ci choisi ce moment pour se lever d'un bond. Alors qu'elle tente de s'enfuir, l'homme la saisi au poignet :

- Toi, ne t'avise pas de profiter de notre sensibilité !

  La poigne du garde est implacable. Il ne cherche pas à lui faire mal, simplement à assurer son étreinte sur le membre fin. Pourtant, la douleur est insoutenable. Le contact de la peau de l'homme sur la sienne les fait remonter dans son esprit. Les sensations de cette nuit. Elle sent le feu exploser dans son ventre et en l'espace d'un instant, les flammes remplissent tout son corps. La brûlure la torture, la souffrance est terrible. Plus que tout au monde, Fira a besoin que l'homme la lâche. Un besoin maladif et vital. En proie à la panique la plus totale, la fillette se jette à corps perdu sur la main qui l'empoigne et la mord sauvagement. Surpris, le garde échappe un cri de douleur mais son compagnon saisit l'enfant à bras le corps. Celle-ci hurle sa détresse à pleins poumons et se débat avec toute la force qui lui reste.

  Face à tant de violence, les gardes doivent unir leurs forces pour maintenir leur emprise sur le petit corps.

- Cette petite est une véritable furie ! Il faut l'amener à l'institut !

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Elise d'Argelaine
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Mar 26 Avr 2016 - 23:43

C'est avec légèreté qu'Elise vide le dernier seau.
La lumière chaleureuse de sa lanterne enveloppe d'un halo ambré ces bêtes voraces qui n'ont pas attendu la fin de son geste pour plonger avec gourmandise leur groin dans la mangeoire.
Le porcher l'accompagnant s'empresse de récupérer le seau vide et l'entasse dans son chariot, au milieu de dizaines d'autres. Devant l'enthousiasme des bêtes, il tente de les écarter un peu du bout de sa canne.

La main de sa patronne se pose alors avec fermeté sur le bout de bois :

-Laissez-les donc apprécier leur repas. Vous n'aimeriez pas que quelqu'un vous dérange de la sorte lorsque vous dînez. Allez donc nettoyer les seaux et vérifiez que les nouveaux nés et leurs mères ont assez de fourrage, cette nuit sera fraîche.


L'homme acquiesce d'un signe de la tête et s'exécute.
Elise reste un instant, écoutant cette mélodie de grognements et de borborygmes et observant ses bêtes.

Après quelques minutes elle décide de rentrer. Un bruit sourd provenant de l'entrée résonne à travers toute la vaste demeure, quelqu'un frappe à la porte, mais on s'agite également.

Elle fait signe à une autre employée se dirigeant vers la porte qu'elle va s'en occuper, la femme s'arrête donc au niveau du grand escalier de l'entrée, attendant en silence.

C'est une fois les quatre lourds verrous actionnés que la porte s'ouvre sur deux gardes en armure. Derrière eux un chariot de détention et son attelage, et entre eux, tenue fermement, une jeune fille hystérique.

C'est avec son habituel sourire doux qu'Elise s'adresse aux deux hommes :

-Bonsoir messieurs, que puis-je faire pour vous être agréable ?

Le jeune fille hurle et se débat de toutes ses forces, le soldat arrive quand même à s'expliquer :

- Pardonnez cette venue si impromptue Madame Elise, mais nous avons pensé qu'il y aurait peut-être de la place chez vous pour cette petite..Nous ne pouvions pas la conduire en prison...elle est trop jeune. Puis voyez son comportement, elle hurle et se débat depuis que nous l'avons attrapée...

-Eh bien lâchez-la dans ce cas.

Les gardes hésitent quelques secondes et libèrent leur prise qui fonce à l'intérieur de la demeure, passant juste à côté d'Elise qui ne lui accorde aucun regard.
Elle fait un signe à la femme restée en arrière qui s'empresse d'aller dans une pièce avoisinante et en revient avec un jambon, un chapelet de saucisses à l'ail et un pâté au poivre, le tout dans un panier qu'elle recouvre d'un torchon et lui tend.

Tout en donnant son panier de charcuterie à un des soldats, Elise ajoute :

-Acceptez donc ces quelques victuailles pour votre peine messieurs et merci encore, je vous souhaite une agréable soirée .

-Merci beaucoup Madame Elise ! Si la gamine vous cause du tord, nous la conduirons dans un endroit plus approprié, soyez-en assurée.

Elle leur sourit en guise de réponse, tandis qu'ils remontent sur leur chariot, repartant pour la ville.
La porte se referme.

La fillette est derrière un des pilliers de bois de l'entrée, au niveau de l'escalier.
De longues minutes s'écoulent, durant lesquelles Elise l'observe en silence.
Tournant sa tête vers la porte, comme pour écouter, elle l'ouvre à nouveau, en grand et se tourne vers son invitée

-Ils sont loin à présent.
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Jeu 28 Avr 2016 - 15:56

La douleur de sa peau s'estompe à mesure que les instants s'écoulent loin des gardes. Quand ils l'ont lâchée, elle a filé dans le bâtiment sans réfléchir, cherchant simplement à se trouver le plus loin possible d'eux. Après avoir fermé la porte, la grande femme au port étrange l'a observée quelques minutes, temps durant lequel Fira lui a rendu son regard. Un regard de bête farouche et féroce qui se remet de l'agression d'un prédateur. La grande femme n'est pas un prédateur, elle le sent. Abritée derrière un pilier, Fira prend donc le temps de se remettre, haletante.

-Ils sont loin à présent.

La voix résonne un peu dans le grand hall aux tons rouges. La grande femme a ouvert à nouveau la porte et se tient droite à côté de l'embrasure, tournée vers Fira. Celle-ci comprend qu'on attend quelque chose d'elle. Elle quitte donc le couvert du pilier et reste quelques instants silencieuse. Quand elle vivait à la ferme, il arrivait quelques fois que l'on surprenne un voleur dans la maison, quelqu'un qui soit entré sans demander la permission. Bien sûr, un tel visiteur était systématiquement chassé et si par malheur il était attrapé, on le battait pour ne pas qu'il recommence. Pourtant, la grande femme ne chasse pas Fira. Si elle pouvait rester ici, la fillette serait pour sûr bien plus en sécurité que dans les marais.

Ne sachant pas déterminer ce qu'elle doit faire, Fira s'apprête à parler mais elle est brutalement coupée par une violente quinte de toux. Son torse compresse ses poumons, lui tirant une grimace de douleur et faisant monter des larmes dans ses yeux. Cela dure quelques secondes après lesquelles elle reprend sa respiration et son aplomb pour demander, d'une petite voix hésitante :

- Dois-je... Dois-je partir ?

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Elise d'Argelaine
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Ven 29 Avr 2016 - 13:02

Le regard doux mais froid d'Elise reste braqué sur cette fillette sale et visiblement malade, attendant que sa mauvaise toux ait fini de l'incapaciter.

- Dois-je...Dois-je partir ?

Réhaussant son long châle, Elise pose sa main sur la poignée de la lourde porte.

-D'ordinaire je suis payée pour garder des personnes de votre trempe, ce qui n'est pas le cas vous concernant.
Je n'ai donc aucune obligation envers ces messieurs les gardes et ne vous retiens pas si vous désirez partir.


Elle observe quelques secondes de silence, faisant face à l'hésitation de la jeune fille, puis reprend, son éternel sourire aux lèvres :

-Mais il se trouve que j'ai la place ainsi que les moyens de vous prendre en charge. D'autant plus que, nous en conviendrons , votre attitude demeure quelque peu inhabituelle, c'est d'ailleurs ce qui vous à mené à mon institut.

Elle ferme les yeux un instant, reprenant dans un léger soupir :

- Le choix vous appartient, maintenant décidez-vous, la soirée est déjà bien avancée et je ne tiens pas à atrapper la mort en laissant cette porte ouverte plus longtemps.
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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Sam 30 Avr 2016 - 22:03

La fillette est quelque peu sonnée à l'écoute de cette réponse. La situation est inhabituelle, étrange. Est-ce un piège ? La grande femme a été claire et en toute honnêteté, Fira ne voit pas en quoi elle est plus en danger ici que dehors. Elle est loin des gardes, elle est sous un toit solide. Et puis, la dame n'a pas l'air de lui vouloir du mal, Fira ne se sent en aucune façon menacée. Le regard de la dame contient plus d'ombre que les abysses les plus profondes et le contraste que cela impose vis-à-vis de son sourire foncièrement bon lui donne un côté déstabilisant et troublant. De plus, elle s'adresse à la fillette avec pragmatisme. Quand ils la voient dans cet état, les gens sont parfois attendris, souvent méfiants et généralement agressifs. La grande dame se contente de la regarder comme on regarde un être humain, pas plus. Ni moins. Elle est étrange et déstabilisante. Mais pas menaçante.

Aussi, elle décide qu'elle doit rester. Ici, entre ces murs, elle est à l'abri des dangers de l'extérieur.

- Je voudrais rester.

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Elise d'Argelaine
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Mer 18 Mai 2016 - 16:49

Elise referme la porte délicatement.
Elle se tourne vers son employée restée en retrait qui réagit avant même qu'elle n'ait eu à prononcer le moindre mot, acquiescant d'un léger hochement de la tête.

Son doux sourire se porte alors sur la fillette :

-Je pense que c'est raisonnable. Suivez-moi, nous allons vous trouver une chambre."-

Elle ouvre la marche, glissant en silence au travers du hall dans sa grande robe de velours sombre.
Après avoir monté les escaliers, elles entrent dans un vaste vestibule aux teintes douces et crémeuses, surmonté d'un lustre de bronze dont les bougies finissant de se consumer forment de fines stalactites de cire sur les branches métalliques.
La salle s'ouvre sur deux longs couloirs, en face d'elles il y a une double porte. Elise s'arrête un instant, décroche son gros trousseau de clés et verrouille la porte. Le bruit sourd et froid de la serrure résonne.

S'en suit un frémissement étouffé dans le couloir de droite.
Elise s'y  dirige, suivie par la jeune fille.

Le couloir est plutôt large,  les murs habillés de tableaux et autres miroirs scintillent au gré de la lueur vacillante des appliques et sont ponctués de nombreuses portes derrière lesquelles des bruits silencieux peuvent être perçus.

On ne saurait dire si quelqu'un est de l'autre côté ou non, s'il se rapproche comme pour écouter ou bien s'éloigne, effrayé.

Elise ne semble pas être incommodée, ni même affectée d'une quelconque manière par cette étrange atmosphère.
Après plusieurs mètres, le couloir se divise. D'un coté un petit escalier descendant vers le rez de chaussée et montant encore un peu plus haut, certainement un escalier de service, de l'autre une arche menant sur ce qui semble être une petite bibliothèque.

C'est à ce niveau là, juste avant la fin du couloir, côté escalier, qu'Elise s'arrête face à une porte, tire une nouvelle fois son trousseau et déverrouille une chambre, jusque là plongée dans le noir.

La pièce n'est ni trop grande, ni trop étriquée. Les murs, le plafond et le sol sont en harmonie avec le reste de la demeure : élégants et raffinés.
Cependant, le peu de mobilier et surtout sa simplicité contraste légèrement sans pour autant dénaturer le style du lieu.
Un lit une place est collé au mur de gauche une table de nuit à sa droite, faisant face à un bureau et sa chaise à la gauche duquel se tient une commode massive surmontée d'un miroir simple et sur laquelle sont posés une cruche et un bassin de cuivre.
Au fond, à côté d'une petite fenêtre à double battants  il y a une modeste table et une autre chaise.

Elise rentre la première, allant vers le lit. Elle se baisse, ouvre la table basse et sort deux bougeoirs de fer ainsi que les chandelles.
Elle en pose un sur la table basse, et l'autre sur la commode et ressort, silencieuse, les chandelles à la main.
Elle les allume à une applique juste à côté de la porte et revient les disposer chacune sur un bougeoir, révélant à la petite une pièce aux tons singuliers, une couleur miel tirant vers un orange automnal, singulier mais pas désagréable pour l'oeil.

Un bruit de pas se fait entendre dans l'escalier à côté de la chambre et l'employée apparaît, un seau d'eau fumant dans une main et une corbeille avec du linge dans l'autre
Elise la remercie et se saisit du seau tandis que l'autre femme dépose la corbeille sur le lit et repart.
S'approchant de la commode, elle commence à verser l'eau chaude dans la grande carafe, recouvrant presque instantanément de buée le miroir.

- Ici seuls les cochons soupent dans la boue et la saleté, prenez le temps de vous laver correctement,  je vous ferai porter votre repas dès que vous serez propre.

Elle s'en retourne vers le lit sortant le linge de la corbeille afin de récupérer celle-ci.
Son attention se porte sur un petit flacon qui roule sur la couverture, elle ne l'avait  pas vu.
Le saisissant par curiosité, son sourire s'élargit, pendant un très bref instant son visage s'est illuminé d'amusement. Elle le dépose sur la commode, à côté de la cruche.

-J'espère que vous penserez à remercier Katrina lorsqu'elle reviendra pour votre repas, ce flacon d'huile parfumée vient de sa réserve personnelle, elle est toujours attendrie par nos plus jeunes pensionnaires.

Sur ces mots Elise s'en retourne, la main sur la poignée elle  rajoute, montrant du regard le linge sur le lit :

-Ce sont des vêtements propres, nous verrons demain pour quelque chose à votre taille.
Elle se stoppe un instant, un petit rire léger, mêlé à un soupir :
-C'est ridicule...Tu es si petite, le vouvoiement ne te sied guère...

Elise referme la porte.

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Fira Tal'Ukhan
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MessageSujet: Re: Ouverture et Antidote [Elise & Fira]   Ven 27 Mai 2016 - 20:22

Nouveau. Inattendu. Etrange. C'est ce qui définit le mieux le lieu, la grande et la jeune femme... Et la situation en générale. Fira ne sait trop quoi penser, elle n'a jamais mis les pieds dans une demeure si riche. Surtout pas en y étant invitée. Tout est grand et ça sent bon. Ca sent encore meilleur que quand le ménage venait d'être fait à la maison. En fait, les senteurs sont si riches et raffinées que la fillette ne sait pas en appréhender toutes les subtilités. Mais ça sent bon. Seule dans la grande pièce, elle s'approche du lit, saisit les vêtements. Ils sont simples mais le tissu est de bonne qualité, résistant comme les vêtements qu'elle avait l'habitude de porter pour travailler. Entreprenant de se changer, elle se débarrasse de sa tenue, devenue guenilles sous l'effet de son errance, et se dirige vers la commode.

Elle ne prête aucune attention à l'image de jeune fille maigre, pâle et diminuée que renvoi le miroir. Elle empoigne la carafe, remplit le bassin et se lave. L'eau chaude lui fait du bien. Elle détend ses muscles fatigués, apaise les douleurs de sa peau. Aussi, Fira continue d'appliquer l'eau sur son corps, comme on le ferait d'un onguent. Les minutes passent ainsi, le son de l'eau accompagnant le silence tout relatif de l'endroit. Car si aucun bruit d'activité ou aucune discussion ne peut se faire entendre, l'air est habité par une multitude de petits sons. Fira peut entendre des murmures, des plaintes soupirées derrières les murs. Les mêmes que celles qui habitaient le couloir. Dans les pièces qui entourent la chambre, on s'agite, on bouge... Et on réagit à sa présence... Elle le sent. Et puis, à travers les carreaux de la fenêtre lui arrive autre chose. Un flux constant, diffus, de grognements. Dehors, quelque part sous la fenêtre, des cochons grouinent. Le son est faible, étouffé, mais il est continu, si bien que l'atmosphère en est rempli.

Quand l'eau du bassin a refroidi, Fira se sèche et s'habille. Les vêtements propres caressent sa peau. Ainsi lavée et vêtue, la fillette se sent mieux. Elle sent encore sa poitrine malade, mais cela n'est rien comparée à la brûlure dans son ventre. Elle est un peu dérangée par les bruits qui l'entourent, mais c'est insignifiant face aux cauchemars qui habitent son esprit. Elle est sous un toit solide, abritée entre quatre murs robustes. Elle est propre et vêtue de vêtements en bon état. Ce luxe lui fait bien et cela est le plus important. Comme pour répondre à cette pensée, trois coups sont frappés à sa porte que l'on ouvre ensuite. Une personne entre, l'employée qui avait apportée l'eau et le linge. Elle est venue avec un plateau dont la simple vue fait monter la salive dans la bouche de Fira. Il y a là deux grosses tranches de pain, une assiette contenant un ragout de porc avec des carottes, des navets et du poireau. Le tout est accompagné d'un morceau de fromage de chèvre et d'une part de gâteau aux senteurs de citron. Un pichet d'eau et un gobelet compètent l'ensemble.

La jeune dame, dont le visage est paré d'un sourire enjoué, s'avance sans un mot et dépose le plateau sur la table de la chambre. Affamée, la fillette se jette sur les victuailles. Elle saisit deux tranches de pain mais au moment de refermer sa mâchoire dessus, elle s'arrête brutalement. L'appétit tiraille son estomac et torture ses papilles, mais elle ne peut empêcher le doute de hurler dans son esprit. La nourriture est-elle empoisonnée ? Rien ne l'assure qu'elle ne risque pas la mort à la moindre bouchée... Horrifiée à l'idée de tomber dans un piège, elle lâche le pain et bondit loin du plateau, haletante. A la vue de ce spectacle, la jeune dame émet un petit rire silencieux. Elle s'approche du plateau, saisit un morceau de carotte et le porte à sa bouche. Le mâchant, elle se tourne vers Fira et lui adresse un clin d'œil complice. Ceci fait, elle s'en va et referme la porte derrière elle. Fira n'est pas certaine d'avoir compris le propos. Hésitante, elle s'approche du plateau. La jeune dame a pioché dedans sans hésiter, il ne devrait pas y avoir de problème... Elle hume le plat, tentant d'y déceler une odeur suspecte. La fragrance de la nourriture fait s'effondrer ses doutes. Ca sent tellement bon...

Une petite dizaine de minutes plus tard, la fillette est affalée sur sa chaise, repue. Elle a encore du mal à le réaliser, mais elle n'a plus faim. Après tout ce temps, ce concept est difficile à appréhender. Machinalement, elle se tourne vers le lit et saisit le petit flacon qui était présent dans la corbeille à linge. Elle l'ouvre et hume le contenu. L'odeur qui se dégage est riche, douce. Le parfum de l'huile allié aux sensations de propreté et de satiété apaisent l'esprit de Fira. Pendant un instant, elle oublie...

Rance. Puant.
Brûlure.

Secouée par un soubresaut, Fira est jeté au bas de sa chaise. Elle se recroqueville, gémissant à l'assaut de la douleur de son ventre et des images qui remplissent sa tête. Elle voit son sourire vorace. La chaleur du sang frais dans son dos font naître un violent frisson le long de sa colonne vertébrale. Elle ferme les yeux, la sueur perle aux pores de sa peau et les larmes montent. Son souffle est rauque, elle a du mal à s'oxygéner. Les murmurent des pièces voisines se font plaintes, autour de sa chambre, on perçoit son mal, on y réagit, on s'agite. Le temps est distordu, les secondes sont des heures. La souffrance est maîtresse. Le bien-être n'est qu'une illusion éphémère.

Un cliquetis dans le couloir. Une serrure que l'on verrouille. Un cliquetis à nouveau. Une autre serrure. Le son net du trousseau de clefs est une ancre pour Fira. Une ancre pour s'accrocher à la réalité et survivre à l'enfer de ses cauchemars. Haletante, suante, la fillette s'appuie sur le tapis qui recouvre le sol de la chambre. Elle parvient à nouveau à réfléchir. Quelqu'un est en train de marcher dans le couloir et verrouille les portes une par une. La personne tient ce qui doit être un gros trousseau de clefs, que l'on entend bien plus que ses pas. Sa démarche l'approche de la porte de Fira. A mesure que la personne approche, une angoisse monte. Finalement, la personne atteint la chambre de la fillette et la dépasse, pour verrouiller la porte suivante. A chaque serrure verrouillée, Fira se sent un peu plus enfermée. La chambre dans laquelle elle se trouve n'a pas été fermée, mais elle ne peut s'empêcher de se dire que ce qu'elle reçoit est trop beau. Pourquoi lui donne-t-on tout ça ? Pourquoi la loger, la nourrir ? Qui y trouve son compte ? Que peut-on en tirer ? Pourquoi tout cela ne serait-il un piège ?

Obéissant à une pulsion, Fira se lève et va ouvrir la porte, à demi titubante. Dans le couloir, elle découvre la grande dame. Elise. Son châle noir vaporeux tombe sur sa grande robe de velours bleue nuit. Le chignon qui tient ses cheveux laisse s'échapper quelques mèches folles. L'ensemble lui donne un air de spectre, appuyé par le son du trousseau chargé de clefs qu'elle tient dans sa main. Se dirigeant vers le fond du couloir, elle tourne le dos à la fillette. Cette dernière lève sa voix encore tremblotante :

- Je voudrais partir...

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