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 Une histoire d'amour et de haine [Deryn]

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Calypso Azura
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MessageSujet: Une histoire d'amour et de haine [Deryn]   Mar 18 Aoû 2015 - 17:52

Elle jouait.

Calypso jouait.

Tête penchée sur le côté, yeux mi-clos, ses doigts courant sur sa vièle comme animés d’une vie propre. Les sons qui en jaillissaient, source pur, l’emmenaient loin, loin de cette place bondée un peu crasseuse, loin de ce monde trop morne et monotone.

Le sien était coloré, fait uniquement de notes. Elle pouvait y être ce qui n’était pour le moment qu’une chimère : elle, entièrement elle et lui, sans lui ni elle, sans se heurter à la barrière de la langue ou des esprits.

Douce, douce chimère.

Adoucie par ses rêveries, sa musique s’était faite plus mélancolique. Pas forcément un bon choix : en général, les passants préféraient des sonorités plus joyeuses, entraînantes, qui les poussait à se délester plus ou moins généreusement de leur or.

Avec un léger soupir, elle s’arracha à son monde musical, rouvrit les yeux. Le jour déclinait, la place était quasiment vide, à l’exception de quelques badauds : un jeune homme fluet aux allures de voleur, qui s’éloigna cependant assez vite, un homme qui partit lui aussi, et une jeune femme, appartenant probablement à la noblesse.

Posant sa vièle à terre, Calypso retira son masque et le rangea, profitant doucement de la légère brise rafraîchissant son visage brûlant. Un des inconvénients de porter ce morceau de bois toute la journée.

Se penchant, elle ramassa son petit pot de bois réservé à la collecte, et grimaça en n’apercevant que quelques misérables piécettes. Décidément… Avec ce qu’elle détenait déjà, elle avait de quoi se payer une ou deux nuits dans une auberge pas trop misérable, et quelques repas.

Rangeant dans le fond du revers de sa veste son maigre trésor, elle se résolut à trouver, le lendemain, un coin de la ville plus fructueux. Ou peut-être de meilleurs chansons, songea-t-elle avec un brin d’ironie.

Soupirant doucement, elle se rendit enfin compte que la jeune femme était toujours là. Ses doigts étaient entremêlés et elle portait sur elle un regard scrutateur.

- Puis-je vous aider, ma dame ? s’enquit élégamment Calypso avec un semblant de révérence masculine.

Se la mettre dans la poche. Avec un peu de chance, elle aurait envie de lui donner un peu plus d’argent…

La noble lui lança un sourire éblouissant, et la barde commença à avoir des doutes sur la raison de sa présence à ses côtés. Il y avait cette lueur au fond des yeux de la noble, lumière intéressée.

Calypso récapitula son aspect extérieur. Elle avait noué ses cheveux en une queue-de-cheval et son foulard rouge entourait son cou. Sa veste était encore couverte de la poussière de sa longue marche et la journée passée avait dû laisser ses marques sur son visage. Que pouvait bien lui trouver l’aristocrate ?

- Je me nomme Dame Lyanna, fit la noble en avançant vers elle. Et vous ?

- Calypso, répondit-elle sobrement.

Elle prit plus de temps pour l’observer. C’était une dame élégante, tant dans son maintien que dans ses habits. La dépassant de quelques centimètres, elle possédait d’ondoyantes mèches dorées, deux yeux très verts et une peau pâle épargnée par le soleil. Son corps souple était enveloppé d’une robe blanche assez simple mais au tissu précieux, et une lourde cape ceignait ses épaules.

- Calypso ? répéta Dame Lyanna. Quel nom étrange… Cal vous va mieux.

La barde haussa les sourcils. Elle devait la prendre pour un homme… Aujourd’hui, elle avait décidé de pencher vers femme, mais, au final, chacun ne voit que ce qu’il veut voir.

- Je cherche un musicien, afin de me divertir, continua la noble. Votre maîtrise de votre art m’a enchantée. Vous serez avantageusement payé, bien sûr, et je pourrais vous mettre des appartements et des serviteurs à dispositions…

Calypso retint une grimace dubitative. Elle avait beau avoir besoin d’argent pour vivre, l’idée d’être au service de quelqu’un ne l’enthousiasmait guère, de même que celle d’avoir des serviteurs. Elle avait toujours vécu en s’occupant d’elle-même, travaillant tôt pour subvenir à ses besoins… Le luxe, le faste, ne l’attiraient pas.
Son art avait besoin d’espace, de liberté, de solitude. Pas d’une prison dorée.

- Eh bien… fit-elle, réfléchissant à un moyen de la congédier gentiment.

Le sourire de la noble se fit plus séducteur. Elle posa une main légère sur le bras de la barde, qui sentit tout en contraste la douceur de ses doigts d’aristocrate sur sa peau burinée par le soleil et la vie dehors.

- Si cela ne vous intéresse pas, nous pouvons nous en tenir à d’autres plaisirs, avança-t-elle, toujours avec son souvenir lumineux.

La barde fut presque tentée. Un doute, cependant, la retenait, qu’elle avait connu bien des fois. Comment la voyait l’aristocrate, au juste ? Femme ou homme ? La surprise enchantait peu, en général. Elle n’avait jusqu’alors connu bien peu de monde – pour ainsi dire, personne – pour qui son sexe n’avait aucune importance.

De plus, Dame Lyanna avait beau être très belle, elle ne l’intéressait absolument pas. C’était ainsi, une question de hasard, d’attirance sans sens. La barde se prépara donc à la congédier avec élégance – ce qui passait par le classique « non merci » au vilain rendez-vous donné et jamais honoré.

- Qui pourrait résister à un aussi charmant jeune homme ? continua-t-elle. Vous devez avoir toutes les filles sous votre charme, non ?

Tout l’intérêt qu’elle aurait pu avoir pour la noble s’évapora à ses quelques mots. Elle n’était pas il, il n’était pas elle. L’intéressait-elle juste pour quelques caractères masculins ? Cela aurait été mettre aux oubliettes tout le reste de ce qu’elle était.

Pouvait-elle vraiment se permettre de supposer qu’elle plaisait à toutes les femmes, quel que soit par ailleurs le genre qu’on lui attribue ?

Cela serait trop facilement ignorer les nuances étourdissantes composant les êtres. En tant qu’homme, elle pouvait attirer des hommes qui ne lui accorderaient pas un regard en tant que femme, pour ne citer qu'une des combinaisons possibles.

Peu de choses pouvaient agacer la tranquille barde. L’une d’elle, malheureusement, était de supposer ainsi qui elle était, et ce qui pouvait en découler. Il était peut-être un peu exagéré de sa part de s’énerver pour ce que d’autres auraient qualifié de « si peu » - d’autant plus que la très grande majorité raisonnait par la dichotomie il ou elle, femme et homme

Mais c’était ainsi.

Calypso jeta un regard glacial à Dame Lyanna et s’écarta d’elle sans douceur.

- Je suis désolée, fit-elle sèchement, mais je ne suis pas intéressée.

Sans un regard vers elle, elle se pencha, récupéra ses affaires et s’éloigna à grands pas, disparaissant entre les ruelles de la ville, laissant la noble tremblante de surprise, d’ego blessé et de fureur.

Ah ! Se croyait-elle irrésistible, Dame Lyanna ?

Calypso n’y pensa bientôt plus. Les minutes suivantes furent consacrées à la recherche d’un lieu où dormir, et, épuisée, elle ne tarda pas à sombrer dans le sommeil au fond d’un lit, pensant déjà au lendemain et au fil de sa musique.
Sans rêver…

***

Furieuse, assise devant un luxueux bureau, Dame Lyanna serra les poings. Elle, être ainsi repoussée ! Qui plus est par un vagabond ! Qui était-il, pour se permettre un tel mépris ? Son regard tomba sur sa glace, qui lui renvoya son reflet. Elle n’était pourtant pas laide ; au contraire, on complimentait souvent sa beauté. Il lui suffisait de désirer un homme pour l’avoir. Alors, quoi ?

Un Barde, pourtant, courant Aranor, ne pouvait selon sa logique repousser en toute conscience les avances d’une noble. A voir la mine déçue qu’il avait esquissé en avisant ses pièces, l’argent était rare, précieux. Elle aurait pu lui en donner, après tout. L’or coulait de ses mains, et elle ne le comptait pas.

Pas de demi-mesure, pour elle, pas d’apprêtement, pas de velours. Meurtrie, blessée, elle s’attela dès lors toute entière à sa tâche, à son but.

Faire payer le Barde.

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Une histoire d'amour et de haine [Deryn]   Mar 18 Aoû 2015 - 21:42

Je m'assieds sur une touffe d'herbe.
La clairière est douce, remplie de lumière et de végétation.
J'avais l'impression de me retrouver dans le même état qu'il y a dix-sept ans.
À me poser ces questions auxquelles je n'avais aucune sorte de réponse.
Qui suis-je, où suis-je, où vais-je, dans quel état j'erre...?

Je ne peux m'empêcher de soupirer longuement.
Je ne peux toujours pas dire si mon hébétement est dû au choc des révélations qui m'ont été faites, ou à quelque chose de plus profond, enfoui en moi, qui se réveille petit à petit. Car je le sens, qui grandit en moi, ce désir. En fait, je le sens depuis très longtemps, mais je l'ai toujours refoulé, ou prit pour une chose qu'il n'était pas.

Quand j'ai rejoint la guilde des assassins, quand je suis devenue assassin, quand mes réussites au goût d'évidence s'accomplissaient les unes après les autres... à la plénitude qui m'envahissait, j'ai su que j'avais enfin trouvé ma voie. Alors qu'en fait... je ne faisais que...

Je ne parvins pas au bout de ma pensée.
Pour une raison ou une autre, mon esprit s'y refusait.
Tout comme mon corps... non... le corps de cette jeune fille morte, que... j'occupais, s'était en partie refusé à ce que ce magicien ignoble lui faisait infliger. Cet être infâme qui...

Je me suis levée d'un bond.
L’inaction ne me va pas. Je vais devenir folle.
Ou du moins... davantage.

¤

J'ai couru pendant un jour et une nuit.
Peu de chose comparé à ce que j'ai dû faire en sept ans d'apprentissage.
Puis, au premier village, j'ai volé un cheval dans une écurie, même si voler est un bien grand mot. Le palefrenier était parfaitement d'accord quand je le lui ai demandé. Il est encore en vie, il a juste perdu quelque chose... sa langue. Il lui sera moins aisé de préciser aux gardes qui lui a volé ce canasson.

Canasson qui m'a d'ailleurs donné quelque fil à retordre.
Je me suis éclipsée du village au galop, au petit jour, avant de ralentir la cadence.
C'est là qu'il a rechigné, il a commencé par refuser d'avancer, puis ruer, avant d'essayer de me faire descendre par tous les moyens à sa disposition. Énervée au possible, bataillant avec un canasson sous une pluie froide et trempée jusqu'aux os, je lui avais fait comprendre que je n'étais pas du genre à me faire marcher sur les pieds, serait-ce par un cheval.

Pourquoi vous me regardez comme ça ?
Je ne lui ai rien fait, à ce canasson ! Non, vraiment !
Je tue les gens, moi, torturer les animaux, c'est bon pour les gosses.
Enfin bref, où j'en étais ? Ah oui. Je venais de dépasser la pourpre, sur le bord de laquelle se dressait le minable village de ce palefrenier, et je me trouvais en territoire feïralien. Ou du moins, sous son contrôle, car la partie ouest n'était pas vraiment aussi sécurisé que le reste du royaume.

Où vais-je ?
Je ne le sais pas moi-même.
Pour m'aventurer sur le terrain de jeu des Chevaliers, ne suis-je pas un peu suicidaire ?
Peut être. Mais à vrai dire, je m'en fous. Tout ce que je fais, c'est... fuir. Oui, c'est ça. Fuir. C'est donc ce que je fais depuis presque deux semaines de voyage –et d'errances en tous genres. Je n'arrive pas à m'obliger à rentrer à Quetaïn ou Akeraï, dans la Guilde ou dans l'autre. Enfin, surtout celle d'Akeraï. Après ce que j'ai fait...

Il me fallut encore sept jours pour rallier la cité blanche.
Pourquoi tant de temps ? Ne vous inquiétez pas, le canasson ne m'a plus posé de problèmes après notre petite mise au point. D'abord, je ne pris aucune route principale, ensuite, je ne voyageai que de nuit, et pour finir, je me battis à chaque fois que l'occasion se présenta.
Comme ça, pour passer mes nerfs.
Il n'y eut aucun survivants.

Peu avant Feïral, j'abandonnai le cheval auquel je n'avais pas prit le temps de donner un nom.
Peu m'importait qu'il rejoigne un des troupeaux qui vivaient dans les immenses plaines de Feïral, ou qu'il se fasse dévorer par des orcs ou des loups. J'entrai dans la cité par la porte principale, mais me glissai bientôt dans les ombres. Même Feïral en possédait, et tout aussi épaisses qu'ailleurs.

Même ici, les informateurs ne manquaient pas vraiment.
J'eus tôt fait de me dégotter un premier contrat. Voilà qui suffirait à étancher ma soif.
Pour un temps du moins.

Je me hâtai vers le lieu du rendez-vous que le commanditaire avait fixé.
En d'autres circonstances, c'est moi qui l'aurait fait, mais ce n'était pas un contrat de la guilde. J'avais l'impression d'être redevenue une débutante, qui devait faire ses preuves dans cette ville nouvelle. Je connaissais assez mal Feïral, n'y étant venue qu'à deux reprises, mais je m'y repérais grâce au souvenir, certes lointain, de mes quelques années chez les cartographes, où j'avais entre autre choses étudié les cartes des cinq cités-états.

J'aurais pu être surprise par l'allure du commanditaire en question.
Mais mes années d'expérience m'avaient montré que tout le monde peut vouloir la mort de quelqu'un. Aristocrate ou bourgeois, femme de chambre ou seigneur marchand, même des enfants, lorsqu'on leur fait suffisamment de mal, peuvent payer pour la mort de quelqu'un.

La jeune noble se leva à mon approche.
Ses doux yeux de biche ne m'inspiraient guère de pitié, et encore moins d'attirance, au vu de ce qu'elle s'apprêtait à me demander. C'est donc toute étonnée qu'après une formule d'usage, et s'être assurée que nous étions seules, je l'entendis me demander un contrat, non d'assassinat, mais de... séduction ?

Oui, elle voulait bien que je séduise un homme pour ensuite le laisser tomber.
Je haussai un sourcil. J'avais déjà eut à séduire (hommes ou femmes), mais à la fin, je les supprimais, tout de même... pourquoi avoir cherché un assassin si ce n'était pas pour tuer ? Après une courte réflexion, je pensais tenir un début de réponse.

– Vous vouliez le tuer, n'est-ce pas ?

Elle ouvrit de grands yeux.

– Lorsque vous m'avez fait mander, vous comptiez me demander de le tuer, fis-je d'un ton peut être un peu brusque –mes préoccupations ne m'y aidaient pas. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

La jeune femme se mit à trembler.
La peur se reflétait dans ses prunelles vertes.
Je soupirai. Ne me fais pas ces yeux-là, ça donne envie de les arracher.
Ils ressemblent trop à... d'autres. Je grinçai des dents.
M'échinai à penser à autre chose.

– Vous n'avez pas à avoir peur, soupirai-je. Répondez simplement à ma question.

Et elle de se lancer dans une superbe diatribe.
Elle commença par raconter la façon dont ce barde de pacotille n'avait pas voulu d'elle.
Tout d'abord, elle avait voulu se venger, et s'était dit qu'elle allait le supprimer, purement et simplement, et puis, une fois en face du tueur, ou de la tueuse, en l'occurrence, elle s'était dit que ce n'est pas tout à fait ce qu'elle voulait, car il ne souffrirait pas comme elle a souffert.

– Ce ne serait que justice qu'il ressente la même peine que la votre... suggérai-je, mi-amusée, mi-ennuyée.

Elle acquiesça, sans sembler se rendre compte de mon ennui profond.
Ce n'était pas pour tuer... mais devais-je pour autant faire la fine bouche ?
Si jamais mon jeu marchait trop bien, et qu'il me sautait dessus (dans un but ou dans un autre) je pourrai alors le tuer, n'est-ce pas ? Et au su et à la vue des témoins, qui plus est ! Quelle belle manière de commencer mon temps dans cette ville !

– Vous me demandez de le séduire, puis de le laisser tomber de la plus douloureuse des manières, ronronnai-je. J'accepte, mais il va me falloir plus de temps que pour un emploi classique. Et plus d'or.

À vrai dire, l'argent n'était pas vraiment ma priorité.
Mais un assassin qui ne demande pas assez est souvent suspecté –allez savoir pourquoi– de tramer quelque chose contre son commanditaire, à accepter trop facilement ses contrats. À mon grand étonnement, elle me tendit une bourse pleine et ronde, que je pris machinalement.

– Pour vos dépenses préalables. Vous aurez le reste quand le contrat sera exécuté.

Elle faillit me faire rire, avec ses airs de grande instigatrice.
Elle n'était qu'une petite héritière qui dépensait l'argent de ses parents.
Mais ce sont les inégalités et les injustices de ce monde qui font le terreau de notre commerce, alors pourquoi m'en soucier aujourd'hui ?

Elle m'avait dit où trouver le barde, ainsi qu'une description sommaire.
Cheveux noirs, yeux bleus. Masque. Silhouette fine, un peu efféminé. Vièle et flûte.
C'était bien suffisant.

¤

Il me fallut un rien de temps pour le trouver.
Ce n'est pas comme s'il cherchait à se cacher, remarquez.
Il parcourait les rues, puis se posait dans un endroit suffisamment fréquenté, et jouait.
On pouvait suivre sa progression les yeux fermés.
Pas très discret, en somme.

Pour le moment, je restais à distance, voir sans être vue.
Il correspondait parfaitement à la description, je n'avais même pas besoin de m'approcher pour le confirmer. Et non plus de me déguiser –pour le moment.

Même si je l'étais un peu, déjà.
Pour pouvoir traîner sans trop de risques dans les rues de la cité.
Je m'étais acheté une chemise blanche que j'avais entrouverte, une cape d'un gris bleuté, ainsi qu'un pantalon gris sombre. J'avais gardé mes bottes en cuir noir, trop confortables pour que je les remplace. De ma panoplie d'armes, il me restait trois poignards bien placés, et savamment dissimulés, ainsi que ma précieuse arbalète. Le reste de mon équipement se trouvait dans la chambre d'auberge que j'avais loué dans l'établissement où lui-même s'était endormi la nuit dernière.

Je regardais ma cible de loin, écoutant sa musique.
Particulièrement belle, par ailleurs, même si je n'étais pas là pour elle.
Pour l'instant, je ne l'avais pas encore vu sans son masque. Mais peu m'importait.
La seule question que je me posais, c'était comment arriver à mes fins. Après tout, si cette noble n'a pas réussit à le séduire, comment étais-je sensé m'y prendre ? J'avais entendu dire que les musiciens et autres artistes préféraient parfois la compagnie d'autres hommes à celles des femmes. Si il était de ce genre-là, je n'y pourrai pas grand chose.

Dans l'après-midi, ma cible s'installa à l'auberge où elle avait dormi la nuit précédente.
Peut être pour se payer une nouvelle nuit, en jouant pour l'aubergiste, divertissant ses clients.

J'étais dans ma phase de prise d'informations.
Mais... si la phase de prise d'information se transformait en phase de première approche, qu'est-ce que ça changeait ? Un sourire fin étira mes lèvres pleines. Peu importe, ma cible était là, et l'une ou l'autre des options me semblait acceptable. Voyons s'il était un peu plus attiré par les femmes sombres et mystérieuses que par ces grandes dames à froufrous. Sinon, je pourrai toujours revenir plus tard. Et me déguiser. En pirate, pourquoi pas ?

Ce souvenir doux-amer m'arracha une grimace.
Lyra. Cela faisait des mois que je n'avais plus de nouvelles.
Mais ce n'était pas comme si nous nous étions laissé nos adresses.
Je haussai les épaules, tentant de la chasser de mes pensées.
Je bossais, je n'allais pas chercher à m'impliquer.

De toutes façons, je n'aimais pas les hommes.
J'allais accomplir cette mission, récolter mon dû et repartir.
Je repoussai une dissidente mèche rousse pour lever ma chope d'hydromel.
Encore. Il fallait bien ça pour me forcer à un tel travail. C'était légèrement... avilissant, non ?
Elle aurait pu engager n'importe quelle prostituée pour faire ça, n'est-ce pas ?
Pourquoi avais-je accepté, déjà ?

Un soupir s'échappa de mes lèvres.
L'alcool ne m'allait pas en ce moment, me rendant soit triste, soit colérique.
Et croyez moi si je vous dit que vous ne voulez pas voir Dernier Regard en colère.
En vérité, je jouais à un jeu dangereux. Que l'aristocrate feïralienne n'ai pas reconnu mon regard est une chose, mais pour quelqu'un qui doit avoir l'habitude d'aller de ville en ville... je haussai de nouveau les épaules. Si jamais ça arrivait... d'habitude, je me serais contentée de le tuer, mais dans ce cas précis...?

Sans que je m'en rende bien compte, les minutes, les heures avaient filées et la musique s'était finalement arrêtée. Dommage. Elle était si belle, parfois entraînante, parfois mélancolique, ce barde maîtrisait son art comme moi je maîtrisais le mien... Je relevai mes prunelles dissymétriques vers l'endroit où le barde s'était tenu. Que devais-je faire à présent ?

Après un jour de traque, je n'avais rien découvert qui en vaille vraiment la peine.
Il n'avait discuté avec personne, n'avait porté son regard avec plus d'attention sur une personne qu sur une autre, et c'était tellement difficile de savoir ce qu'il pensait, qui il regardait avec ce masque... Je me levai, posant négligemment quelques pièces sur la table, me demandant comment engager la conversation, l'esprit un peu vide.

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Calypso Azura
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MessageSujet: Re: Une histoire d'amour et de haine [Deryn]   Jeu 20 Aoû 2015 - 1:28

Ce fut le soleil de l’aube qui la réveilla, se glissant par la fenêtre entrouverte. Elle ne tarda pas à se redresser, parfaitement éveillée, et se glissa dans ses habits, récapitulant le programme de sa journée. Errer un peu, chercher des coins plus intéressants pour jouer…

C’est fou comme les jours peuvent se ressembler. Elle en avait soudainement hâte de partir de la ville, malgré tout son confort et sa sécurité. Elle espérait quelque chose, n’importe quoi, pour briser un peu la monotonie des heures passant. Elle alla à la fenêtre, se heurta au verre.

- Qui suis-je, aujourd’hui ? se murmura-t-elle, face à son reflet, cherchant dans les traits de son visage un indice sur sa nature, qu’elle avait toujours du mal à appréhender.

Un sourire narquois étira ses lèvres, et un rire bref lui échappa.

- Va pour Calypso…

Avant de sortir de la chambrette, elle noua son foulard sur ses cheveux pour dégager son front, plaça son masque sur ses traits.

Elle avait hâte de se replonger dans la musique. Pour oublier. Oublier qu’il lui arrivait de se morfondre sur le doute de son identité, oublier que l’immensité était parfois étouffante, que la solitude était parfois un fardeau, que le monde alentour n’avait ni couleur, ni saveur.

Oublier, tout simplement.

Elle récupéra ses affaires, descendit dans la salle principale de l’auberge. En passant devant le patron, celui-ci l’interpella.

- Vous jouez de la musique, n’est-ce pas ?

Elle haussa les épaules. Question rhétorique : ses instruments répondaient à sa place.

- Très probable. Pourquoi ?

- Vous pourriez jouer pour moi, ici ? Cela divertirait les clients. Je pourrais faire une réduction sur le prix de votre chambre, si cela leur plaît.

Calypso réfléchit brièvement. Elle n’y voyait aucun inconvénient, au contraire. Avec ce genre de propositions, elle était sûre que cela lui rapporterait au moins quelque chose : ici, la réduction, et, pourquoi pas, la générosité des gens fréquentant l’endroit ?

Elle accepta donc, et se décida pour le soir. Le saluant, elle sortit, se perdit dans la ville.
En passant sur la petite place sale de la veille, elle n’accorda même pas une pensée à l’aristocrate blessée. L’altercation n’avait été pour elle qu’un fait mineur, indigne d’être un souvenir important, et avait été relégué au fond de sa mémoire.

Peut-être était-elle un peu trop tête en l’air, par moment.

Etait-ce la cause ou la conséquence de sa longue immersion dans son monde fait uniquement de notes, et d’odeur de sciure quand autour d’un morceau de bois, ses doigts prenaient vie ? Qui était née d’abord, la rêveuse, ou l’artiste ? Y avait-il seulement un lien ?

La journée passa vite, le long de ses cordes, et parfois suivant le tuyau de sa flûte, se brouillant, floutant dans les notes. Elle fit peu à peu le tour de la ville, cherchant à repérer les coins les plus fructueux. A quoi bon, en un sens ? Elle allait bientôt repartir, même si bientôt perdait de son sens avec le temps inconstant, et rien ne disait qu’elle reviendrait ici.

Finalement, elle se retrouva le soir dans l’auberge où elle avait pris ses quartiers. Honorant ses engagements, elle se jugea sur le comptoir – comme à son habitude, ainsi, elle était bien visible – et se concentra sur sa vièle.
La musique…

Elle ne la lâcha qu’à une heure avancée. Quelques égarés lui avaient laissé une poignée de pièces, et à voir l’air satisfait du tavernier, elle avait amplement gagné sa nuit. Posant son instrument à cordes, elle s’étira longuement, laissa errer son regard sur la salle.

Elle accrocha immédiatement une étrange figure.

Il ne lui aurait pas été si simple de se perdre dans son monde musical, elle aurait pu s’étonner de ne pas la remarquer plus tôt.

Il ne s’agissait pas d’une personne banale. Ne serait-ce que son apparence : les cheveux roux étaient en général rares, mais de tels yeux… Capables d’inspirer les plus belles légendes, voire de jolies chansons en passant. Mais si elle se débrouillait en chant, Calypso n’était pas très bonne parolière. Elle laissait aux autres le soin de ce harassant travail.
S’il n’y avait que ça, chez elle. Mais l’inconnue possédait une sorte de lumière, ou flamme sombre, qui la démarquait de façon presque cruelle des autres.

Infiniment intéressante.

Calypso ne sentait pas le sommeil l’appeler. Elle résolut, pure curiosité, d’aller voir cette étrangère d’un peu plus près. Ôtant son masque et le posant sur le comptoir, elle fit quelques pas vers elle, osa un sourire en tentant de trouver un sujet de conversation. Hmm…

- Vous aimez la musique, ma Dame ?

… On fait ce qu’on peut.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'amour et de haine [Deryn]   Jeu 20 Aoû 2015 - 11:10

Je me demandais toujours comment l'aborder, quand je l'aperçus qui se levait.
Zut, si je ne tentais rien, j'allais perdre ma cible, et j'aurai attendu là des heures pour rien !
Enfin, ce n'est pas comme si ça avait été désagréable, c'est vrai, l'hydromel était de qualité, et le fond sonore...

Mais c'est alors que le barde déposa son masque.
Mes yeux s'agrandirent tandis que les deux hémisphères de mon cerveau entamaient une bataille acharnée. Il reste la possibilité que je me méprenne, que mon esprit tente d'imposer sa vision –et ses fantasmes– sur la réalité, mais...

Un homme, ça ?
Oh. Oooh, je comprends mieux.
Pauvre petite noble. Aristocrate infortunée.
Voilà pourquoi "le" barde a refusé tes avances impromptues.
Malgré mon hilarité, je parvins à retenir un rire qui aurait été du plus mauvais effet.
Ce contrat était raté avant même d'avoir commencé... si même la commanditaire n'a pas été au goût de la barde, elle devait préférer les hommes. Quelles chances me restait-il de la séduire, moi ?

C'est alors que je dus me rendre à l'évidence.
Elle ne faisait pas que terminer son travail et vaquer à ses occupations.
Ses prunelles, à présent débarrassées du masque, montraient à qui voulait le voir l'endroit où elles avaient choisi de se planter. Et ses pas l'y menaient irrémédiablement.

Je ne pus bouger d'un cil.
Ma cible sourit, lumineuse, troublante au possible avec ces traits si androgynes.
Puis elle parla, et même en prose, on pouvait percevoir les restes de ses chants dans sa voix.
Une réponse... oh, elle en attendait une ! La musique ? Oh. Mais je n'y connaissais strictement rien...!

– Je... n'avais jamais prit le temps d'en écouter vraiment.

Une phrase au passé.
Je plonge la dissymétrie de mon regard dans l'azur du sien.
D'une franchise et d'une pureté à toute épreuve.
L'exact inverse du mien...

Mais mes préoccupations paraissent déjà bien lointaines.
Et le poids des souvenirs semble s'être amoindri. La bard... ma cible est là, elle s'intéresse à moi, elle engage même la conversation..! Je ne pouvais pas rester sans rien faire, à bailler aux corneilles. Pour ma défense, je n'étais certainement pas habituée à cette chance insolente ! D'ordinaire, mes plans fonctionnent parce qu'ils sont précis et concis, et que je les exécute sans état-d'âmes et à la virgule près. Ce genre de chance irait mieux à des personnages tels que cette Nuhada !

Je retirai enfin la lourde capuche gris-bleue pour la déposer sur mes épaules.
J'en profite pour lui offrir un sourire mi-désolé, mi-heureux. D'habitude, ce genre de sourires factices que je réserve à mes victimes n'atteint jamais ni mes yeux, ni mon cœur. Là, pourtant, j'aurais juré qu'il avait contaminé l'un comme l'autre. L'alcool sans doutes. Me rendant enfin compte que ma réponse n'est pas des plus heureuses, je la complète d'une manière (que je découvre étonnamment sincère) qui, je l'espère, plaira à la jeune femme.

– Mais la votre est si belle qu'elle captive même une rustre dans mon genre, avouai-je doucement, les yeux rieurs. Me ferez-vous l'honneur de votre nom, mademoiselle ?

Puis je me repris, aussi vite que possible :
– Oh, pardonnez ma grossièreté, on me nomme Deryn.

Et je tendis la main.
Un geste bien rare, chez moi.
Inconsciemment, il est probable que j'ai envie de toucher cette peau, de vérifier si elle était aussi douce que son image le laissait supposer... "On me nomme Deryn." Ah ah ! Il est en réalité bien peu de gens qui me nomment ainsi. La plupart ne connaissent que Dernier Regard ou l'Œil du Démon, et sa prime si conséquente.

Je me demandai fugitivement si, lorsque l'aristocrate saura pour le genre de "son barde", elle tiendra toujours à me verser la somme qui m'est due. Et par conséquent, je me demandai si cela valait bien la peine que je remplisse ce contrat –le dernier point, surtout. Je retins un soupir en songeant que, dans un cas comme dans l'autre, je me faisais avoir, car je ne pourrai tuer personne. Ni la barde en face de moi –pas l'envie, ni le moindre motif–, ni la commanditaire, même si cela pourrait être plaisant. Après tout, ce n'était pas un contrat de la Guilde, alors je n'étais pas obligée de suivre ses règles à la lettre...

J'observai de nouveau la fascinante androgyne qui me faisait face.
Des cheveux noirs aux reflets bleutés accompagnant parfaitement ces yeux d'un bleu par trop vif, des traits fins, et cette façon de jouer avec son genre : les vêtements qui masquaient ses formes, le masque... finalement, ce n'est pas si étonnant que la noble se soit fait avoir. On voyait ce qu'on désirais voir en fin de compte. Peut être était-ce aussi mon cas..?

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Calypso Azura
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MessageSujet: Re: Une histoire d'amour et de haine [Deryn]   Sam 18 Mar 2017 - 1:13

[J'ignore si cela a du sens, si longtemps après la dernière réponse, mais j'essaye de recommencer à écrire/rp, ce qui n'est pas hyper simple. Et j'ai décidé de m'y remettre : un mois avant mes partiels. Priez pour mon âme (et mes notes)(et désolé pour ce retard dantesque, ce fut vraiment compliqué)].

Près de la si étrange personne, Cal continuait à la scruter d'une façon qu'il l'espérait pas trop indiscrète ou gênante. Son regard dissymétrique attirait son attention sans qu'il n'y puisse rien. Avait-il jamais vu d'aussi étranges et captivantes prunelles ? Elles ne pouvaient appartenir qu'à un être d'exception ; et les interrogations, la fascination que tout cela entraînait chez lui lui donnait envie de mieux connaître cette personne.

C'était à cette fin qu'il s'était ainsi approché d'elle, lui qui d'habitude ne garde jamais contact et se garde des autres ; qu'il avait ôté son masque, pour tenter d'égaler ce qu'elle lui offrait de ses traits. Il espéra ne pas la brusquer, à ainsi l'interpeller – mais qui ne tente rien n'a rien, dit-on, et il désirait parler avec cette étrangère.

Etrangère à la voix qu'il trouva agréable, qui plus est.

– Je... n'avais jamais prit le temps d'en écouter vraiment.

– Ma foi, sourit-il, cela peut être compréhensible. Tout le monde n'a pas le loisir ou l'occasion d'en écouter. Je suis ravi d'avoir pu en jouer pour vous, alors, ma Dame.

Il s'étira légèrement, épaules crispées par le temps passé à jouer sans d'autres arrêts que pour se désaltérer, jeta un furtif regard à la salle qui désemplissait peu à peu, les consommateurs s'en allant dormir, boire ailleurs, rejoindre leurs maisons chaleureuses.

Qu'est-ce que cela fait, d'avoir un chez soi ? Voilà huit ans qu'il avait quitté le sien, et que son foyer familial ne lui manquait pas. Parcourir les routes était plaisant, aller de ville en ville aussi, mais qu'elle était la sensation d'avoir son propre lit, ses meubles, ses propres murs ?

Ce n'était pas avec ses maigres économies qu'il s'achèterait un jour sa propre demeure, mais ce n'était pas quelque chose qui occupait beaucoup son esprit, pour le moment. Demain n'existait pas ; il n'y avait que maintenant, la musique, l'étrangère et ses yeux. C'était bien suffisant.

Elle retirait sa capuche, d'ailleurs, lui offrant ensuite un joli sourire. Cal observa les cheveux roux qu'elle dévoilait ainsi, et la partie de son visage jusqu'alors cachée par le tissu. Voilà une bonne raison de continuer à jouer en errant.

– Mais la votre est si belle qu'elle captive même une rustre dans mon genre. Me ferez-vous l'honneur de votre nom, mademoiselle ?

Le « mademoiselle » le laissa un peu mélancolique – lui rappelant la rupture qu'il ressentait si souvent face aux autres et à son miroir. Peut-être était-ce aussi pour cela qu'il fuyait toute compagnie. Qui comprendrait ce qui clochait ainsi chez lui, et le respecterait ? Sans doute si peu de monde, dans un monde si cadré.

– Oh, pardonnez ma grossièreté, on me nomme Deryn.

Mais il pouvait bien faire l'impasse sur tout cela, pour une fois. La personne si captivante lui offrait son prénom. Il semblait que sa tentative d'approche fonctionnait, et il en était heureux. Voilà si longtemps qu'il n'avait pas pris le temps de parler avec quelqu'un.

– Enchanté, Deryn.Je me nomme Cal , répondit-il en serrant la main qu'elle lui tendait, lui offrant au passage un sourire léger. Dites-moi, que veniez-vous faire dans cette auberge ? Vous êtes aussi une voyageuse ?

Il jeta un furtif coup d’œil à sa façon d'être habillée, sentit les cals des doigts qu'il serrait. Ce n'était pas une noble habituée au luxe qu'il rencontrait, cette fois. Il avait toujours un peu de mal avec ces gens qui vivaient plus haut que les autres, dans leurs maisons dorées tandis qu'il voyait défiler la poussière des routes sous ses pieds. Il n'était qu'un barde sans sous, au final, et n'avait pas grand-chose à partager avec eux.

Avait-il vraiment plus en commun avec l'étrangère au regard si déroutant et hors-normes ?

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Une histoire d'amour et de haine [Deryn]

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