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 Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mar 3 Juin 2014 - 13:09

Souvenirs.

Tandis que ses pas le mènent au hasard des ruelles, son esprit s'envole, virevoltant au gré de ses souvenirs. Cela fait bien longtemps que sa route ne l'a mené sur ces terres. Deux jours auparavant, à son arrivée en ville, il avait cru que son cœur allait éclater tant il se trouvait submergé par les sensations et les souvenirs... Les lourdes portes de la capitale, parmi les plus ouvragées en Aranor tout entier, avaient manqué de le noyer dans un torrent déboulant tout droit de son passé.

Il était si jeune, à l'époque... Il se sentait en train de s'ouvrir au monde, du haut de ses quinze ans. Tant de temps s'est écoulé, depuis. Tant d'expériences, de moments si riches en bonheur. Certaines situations plus sombres, aussi. Il ne pourra jamais cesser de penser que c'est dans les rues de cette ville qu'il a tué un homme pour la première fois. Une personne dont il ne connaissait ni le nom, ni la famille. Il ne savait rien des moments forts de sa vie. Les seules informations qu'il possédait sur cet homme étaient où le trouver, comment le reconnaître et l'ordre de récupérer les marchandises qu'il avait volées. L'homme s'était défendu. Une rixe avait éclatée.

L'un des combattants s'était effondré.

Teinakh ne regrette pas cet instant. Il a fait le deuil de ce sentiment quand il a comprit, au fond de sa chair, que tout est voué à atteindre une fin. Alors, il a apprit à goûter la vie autrement, avec une autre intensité. Et, malgré tous ces moments de désillusion, de peur, de souffrance et d'affrontements, Quetaïn est, à ses yeux, une ville magnifique. Et la Vie est belle. Si belle...

Ses années vécues dans le royaume au service des Seigneurs Marchands lui auront apporté un savoir qu'il ne pensait pas pouvoir un jour utiliser : une connaissance pointue de la région. Car s'il n'était alors pas un cartographe, son cerveau a tout de même gardé en lui une quantité impressionnante d'informations géographiques et géopolitiques dont il use à présent dans le cadre de sa profession.

D'ailleurs, c'est précisément pour cela qu'il était revenu en Quetaïn : il avait eu vent d'une recrudescence prononcée en matière de voyageurs cherchant des guides de la région. Et après deux jours passés à écouter les bruits et les discussions de la ville, il avait finalement entendu parlé d'un homme qualifié de "saugrenu", qui cherchait un cartographe connaissant le royaume.

Il s'était renseigné sur ledit saugrenu jusqu'à savoir dans quelle auberge il logeait. A présent, en ce matin pluvieux, il se dirige d'un bon pas vers l'établissement, l'humeur chantante. Les badauds qu'il croise semblent d'ailleurs lui reprocher son sourire et sa mine enjouée. Quelle pourrait être la cause d'une si bonne humeur, par ce temps si exécrable ?

Sans vraiment se rendre compte de toute cette interrogation à son égard, Teinakh revient de ses souvenirs pour se demander qui sera cet homme... De quoi peut-il tenir la qualification dont on l'a affublé ? Pour être franc, il est impatient. Le cartographe se langui de faire la connaissance de l'homme. Et cette impatience fait fleurir en son cœur une joie délicate et parfumée.

C'est donc avec une certaine fébrilité qu'il pose la main sur la poignée de l'auberge convoitée. Il ouvre la porte en grand et la referme derrière lui. Repoussant sur ses épaules le capuchon de son manteau de voyage, il jette un regard périphérique à la pièce qui l'accueil. Bien que sombre à cause du manque de luminosité extérieure, la salle est munie de larges fenêtres bien nettoyées, laissant deviner que l'établissement doit être rempli de la généreuse lumière du jour, quand celle-ci est disponible. Quatre murs délimitent une vaste salle à manger. On peut voir trois larges couloirs invitant à accéder à ce que Teinakh comprend être des petits salons dans lesquels il peut être agréable de savourer une soirée en plus petit comité. Enfin, deux escaliers offrent un accès à l'étage, certainement composé des chambres.

L'air est doux mais donne une légère impression de renfermé, à cause du manque de lumière. Dans la pièce sont assis quelques consommateurs, attablés autour de robustes tables en chêne. Quelques courts instants s'écoulent avant qu'une jeune femme aux cheveux de feu tombant sur des courbes engageantes ne vienne planter ses yeux sévères et durs dans ceux du nouveau venu. Sa voix s'élève, juste assez cassante pour dissuader n'importe quel homme de lâcher un commentaire déplacé sur sa personne :

- Alors ? Qu'est-ce qu'il prendra, le voyageur ?

Teinakh sent son sourire s'élargir. Et bien ! En voilà une source de vie !

- Pour être franc, madame, je suis à la recherche de quelqu'un. J'ai ouï dire qu'il logeait en ce moment dans votre établissement. Peut-être pourrez-vous m'informer...

La serveuse semble penser avoir affaire à un jeune noble, au vu de sa manière de s'exprimer. Mais alors, elle ne comprend pas pourquoi il se comporte avec cette déférence délicate : avant qu'elle n'apprenne à dresser les hommes, les nobliaux était toujours parmi les plus vulgaires à sont égard, croyant pouvoir se permettre les pires allusions sous le couvert de leur rang social. Pourtant, cet homme est sympathique, étonnement souriant et... Que signifie donc ce "madame" ?

Prise au dépourvue par le comportement de Teinakh, elle ne répond pas tout de suite. Le cartographe lui adresse un sourire lumineux :

- J'espère ne pas vous importuner ! Je ne doute pas que votre charge de travail doit être conséquente. Aussi, n'hésitez pas à me dire si je vous dérange.

La jeune femme s'empresse de reprendre ses esprits.  Elle reprend la parole, d'une voix juste un peu plus calme, pour demander quel genre de personne est l'homme recherché. Son esprit comprend de qui il s'agit au moment où le mot traverse les lèvres du cartographe.

Saugrenu.


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Dernière édition par Teinakh Daergen le Mer 9 Juil 2014 - 14:04, édité 2 fois
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Clarion Corbalius
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mar 3 Juin 2014 - 15:16

-NON, NON ET TROIS FOIS NON ! Par tous les divins, tu m'es aussi utile qu'un cataplasme sur une jambe en bois !

Cela faisait maintenant un peu plus de trois semaines que Clarion avait décidé de quitter sa tanière d'Akeraï, ou plutôt, qu'il s'était éclipsé en douce après un léger incident concernant quelques pirates relativement imbibés près d'un baril de poudre volcan, et Mullog, son gnome assistant qui se trouvait dans le coin, une bougie à la main.
Le petit feu d'artifice qui s'en suivit lui avait laissé juste assez de temps pour rassembler ses effets ainsi que quelques vivres et de partir vers le Nord, avec pour seule boussole son instinct.

Les quatre premiers jours de marche furent un véritable supplice pour le jeune homme qui, habitué au confort bien que primitif de son laboratoire de fortune, devait désormais affronter les rigueurs de la nature sauvage et surtout, subir les discours incessants de cet imbécile de gnome qu'il regrettait déjà d'avoir invoqué.

Ce n'est qu'au bout de ces quelques jours qu'il eût la chance de croiser la route d'un sympathique marchand en provenance de Sipheaï, sa ville natale, qui lui proposa en échange de quelques pièces d'or de le conduire vers Quetaïn, lui assurant que, peu importe ce qu'il cherchait, il le trouverait forcément dans cette ville.

A l'idée de pouvoir enfin discuter avec une personne sachant faire des phrases complètes et qui, de surcroît, devait surement avoir énormément de choses à lui apprendre durant le reste du voyage, Clarion accepta sans hésitation, jetant ses sacs et Mullog à l'arrière du chariot et s'installant confortablement à côté du marchand.

Ce fut une longue traversée, parfois sous la pluie, parfois sous un soleil de plomb, mais ils arrivèrent tant bien que mal à Quetaïn, cité qui déplu fortement à l'alchimiste.

Effectivement, habitué à un minimum de solitude, cette ville lui apparu comme étant une gigantesque fourmilière au bourdonnement insupportable et aux odeurs parfois suspectes.

Dans un souci de sécurité, il déguisa grossièrement Mullog, noyant la créature sous un flot de tissus dépareillés, le faisant ressembler à un enfant obèse et difforme qui aurait été prédigéré par un dragon. Quoiqu'il en soit, l'illusion fonctionnait à peu près et personne ne lui posa de questions malgré des regards quelques peu interrogatifs voire choqués que certains passants lui jetaient.

Suivant les conseils du marchand, Clarion commença à se renseigner auprès des habitués de la ville, afin de pouvoir engager un cartographe capable de le guider à travers Aranor et lui faire découvrir ce vaste monde qu'il connaissait à peine.

C'est ainsi que, de fil en aiguille, il fut amené à s'installer temporairement dans une des nombreuses auberges de la ville : La Coupe Ecarlate

A présent le voilà, dans sa petite mais coquette chambre, ne pouvant sortir à cause du mauvais temps et hurlant comme à son habitude sur son incapable de gnome...

-Mais...mais..Mullog avoir apporté flacon rouge à Clarion comme Clarion avoir demandé à Mullog... Mullog avoir fait tout bien comme Clarion avoir deman..

-Assez ! Tu m'exaspères ! Ce flacon est bleu, c'est l'étiquette qui est rouge ! Alors rapporte-moi le flacon rouge avec étiquette blanche qui est dans mon sac en toile !

Le jeune homme ne pouvant se contenter seulement de chercher un cartographe avait également aménagé dans sa chambre un petit coin où il continuait illégalement ses expériences, la tenancière de l'établissement lui ayant pourtant fermement expliqué après avoir vu sa broche d'alchimiste qu'il était FORMELLEMENT INTERDIT, par mesures de sécurité, de s'adonner à l'alchimie dans l'enceinte de l'auberge.

C'est ainsi que régulièrement, il descendait dans la salle principale et subtilisait quelques verres et autres récipient nécessaires à sa petite entreprise, refusant toujours catégoriquement que qui que ce soit vienne dans sa chambre excepté en cas d'urgence ou de nouvelle vraiment importante.

- Si la jolie dame voir ça, Clarion et Mullog aller dormir dehors...

- Je ne vois pas comment elle en viendrait à apprendre pour mes expériences. Ce ne sont que des préparations innofensives et sans odeur, le risque d'accident est quasiment nul.

- Comme avec barbus volants ? C'est ainsi que Mullog appelait les malheureux pirates de l'incident d'Akeraï.

- Je te rappelle que c'était toi qui tenait la bougie responsable de tout. Continues à être insolent envers moi, ton maître, et c'est toi qui finira assis sur un baril de poudre lorsque j'y mettrai le feu ! Rends-toi utile et viens remuer cette préparation pendant que je mouds ces griffes de lézard.

Le gnome s'exécuta en silence, pour une fois, quand soudain un bruit inhabituel vint troubler le calme à peine installé dans la petite chambre.

On frappait à la porte d'une main ferme mais malgré tout légère.

Dans un élan de surprise mêlé à une terreur similaire à celle qu'un enfant ressent lorsqu'il est sur le point de se faire découvrir par ses parents après avoir fait une bêtise, Clarion sauta sur Mullog, l'enferma dans l'armoire un livre entre les dents, jeta son manteau sur sa table d'expériences faisant tomber au passage quelques verres qui se brisèrent sur le sol de la chambre, tenta tant bien que mal de prendre un air détendu, prit un second livre en l'ouvrant sur une page au hasard et se coucha sur son lit dans une position singeant l'attitude de  quelqu'un en pleine lecture passionnante.

- Oui, qu'y a-t'il ?!
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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Dim 8 Juin 2014 - 9:14

Au qualificatif précisé par Teinakh, la serveuse semble comprendre. Elle observe l'homme un instant.

- Vous êtes cartographe ?


La question, posée brutalement, déstabilise un instant l'intéressé qui, penchant la tête sur le côté, demande avec un sourire étonné :

- Je vous demande pardon ?


- Comme vous l'avez très justement relevé, il est "saugrenu". Tellement que je vois mal quel honnête gens souhaiterait avoir quelque affaire avec lui. Or, vous semblez avoir tout d'un honnête gens.

Teinakh sourit de ce qu'il considère comme étant un compliment, sans pour autant comprendre le lien avec la question du cartographe.

- Je ne sais pas grand-chose de lui, et je ne veux d'ailleurs rien savoir à propos de ce voleur de vaisselle. Cependant, il m'a clairement demandé si j'avais la connaissance de cartographes dont il pourrait employer les services. Je suppose donc que vous avez eu vent de sa recherche.


Amusé par l'anecdote du vol de vaisselle, le jeune homme se prend à sentir sa hâte de rencontrer le mystérieux saugrenu grandir encore...

- Ma Dame, je salut votre sens de l'observation et de la déduction. Je suis bien cartographe et mes pas ont en effet suivi la trace d'une recherche de mes services. Je crois comprendre que je ne me suis pas trompé...

S'étonnant encore de la façon de parler si courtoise de son interlocuteur, la serveuse se retourne vers l'escalier et fait mine de monter à l'étage, intimant à Teinakh de la suivre d'un geste nonchalant. Celui-ci s'exécute, le visage éclairé par un sourire rayonnant de bonne humeur. A son passage au milieu de la salle, quelques regards interrogateurs de retournent vers ce voyageur à l'allure exotique et à la démarche insolite.

En effet, Teinakh a ouvert son manteau de voyage, laissant voir sa combinaison de cuir et de métal ainsi qu'Elizra, arme pour le moins inhabituelle. De plus, il se meut avec son assurance calme et son entrain que rien ne semble pouvoir altérer. C'est ainsi que, suivant la demoiselle dans l'escalier, il se trouve à l'étage. Sans marquer une once d'hésitation, elle se lance d'un pas assuré dans le couloir pour s'arrêter devant une porte que son poing a vite fait de tambouriner. Sans vouloir être mauvaise langue, le cartographe ne peut s'empêcher de penser qu'elle tente expressément de déranger le plus possible le "voleur de vaisselle"...

Alors qu'il la rejoint devant la porte d'un pas tranquille, l'un comme l'autre entendent un son brutal de bris de verre. La serveuse étouffe un juron coloré tandis qu'une voix faussement assurée et passablement agacée se fait entendre :

- Oui, qu'y a-t'il ?!

La serveuse ouvre la porte d'un geste brusque et ils découvrent l'homme tant recherché allongé sur son lit, affichant son irritation d'être tiré de sa passionnante lecture. A moins que les morceaux de verre brisé à terre ne prouvent que cela ne s'agisse que d'une couverture... A propos de couverture, quelle étrange manière que celle d'en recouvrir les tables ! A mieux y regarder, il s'agit en fait d'un manteau d'une magnifique couleur violette, étendu sur toute la surface de la table, tentant de cacher ce qui semble être... de la vaisselle.

Bien que Teinakh ne considère pas ces détails comme étant de ceux que l'on ne remarque pas, la demoiselle n'en a rien vu. Furieuse d'être traitée ainsi par cet homme, elle crache :

- Aussi étrange et inexplicable que cela puisse paraître, il y a ici une personne saine d'esprit et tout ce qu'il y a de plus respectable qui cherche affaire avec vous. Puisse-t-il se garder de votre impolitesse !


Sur ces mots, elle tourne les talons et disparaît dans l'escalier. Quelque peu gêné par les dires de la serveuse, Teinakh franchit le pas de la porte et la ferme derrière lui. Il prend quelques instants pour observer son interlocuteur. Il l'estime un peu plus petit et plus jeune que lui, il apprécie la coupe de ses cheveux et la simplicité douce de ses vêtements. Mais il y a quelque chose qui le transperce de part en part. Le cartographe est émerveillé par la puissance en ébullition de son regard. Ses yeux semblent être des puits de clarté laissant admirer le chaos créatif de son esprit.

Totalement séduit par l'allure du jeune homme, Teinakh s'incline légèrement :

- Messire, je suis Teinakh Daergen. Humain de sang, Sryle d'éducation, Cartographe de métier et de cœur.

Se redressant, il continue, un sourire apaisé sur les lèvres :

- J'ai eu vent de votre recherche d'un guide de la région et du monde. Loin d'avoir les connaissances nécessaires pour vous faire connaître Aranor dans sa globalité et sa complexité, je considère en savoir assez pour vous mener à travers Quetaïn, voire pour vous faire aimer cette région si riche en diversités.

Voilà. Il a fait le pas de la proposition. A présent, il espère de tout son cœur que son interlocuteur acceptera. Car la perspective d'un voyage avec cet étrange jeune homme est des plus réjouissantes...



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Clarion Corbalius
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Dim 8 Juin 2014 - 16:34

- Aussi étrange et inexplicable que cela puisse paraître, il y a ici une personne saine d'esprit et tout ce qu'il y a de plus respectable qui cherche affaire avec vous. Puisse-t-il se garder de votre impolitesse !

Suite à ces mots, Clarion sentit une vive colère l'envahir d'une traite. Impoli, lui ? Mais pauvre inconsciente, c'est parce-que des personnes comme lui osent que la science avance ! L'alchimie ne souffre aucune règle ni aucun repos !
Il rumina tellement la réflexion de l'aubergiste qu'il en oublia complètement qu'elle était venue lui annoncer un homme à sa recherche. Et c'est lorsque ce dernier s'avança et se présenta à lui qu'il revint à la réalité.

- Messire, je suis Teinakh Daergen. Humain de sang, Sryle d'éducation, Cartographe de métier et de cœur.
J'ai eu vent de votre recherche d'un guide de la région et du monde. Loin d'avoir les connaissances nécessaires pour vous faire connaître Aranor dans sa globalité et sa complexité, je considère en savoir assez pour vous mener à travers Quetaïn, voire pour vous faire aimer cette région si riche en diversités.


C'était la première fois que quelqu'un faisait preuve d'autant de douceur, de politesse et d'intérêt à son égard et cette attitude plus que surprenante de la part d'un inconnu ne manqua pas de destabiliser un instant le jeune Alchimiste.

Un instant seulement. Il se leva de son lit, se dirigea vers sa sacoche toujours en gardant le silence, fouilla dans une poche et en sorti un petit flacon transparent à l'intérieur duquel on pouvait voir un liquide bleu nuit semblant en constant mouvement.

Tout en faisant tourner la petite fiole entre ses doigts, observant son contenu, il dit d'un ton très sérieux :

-Savez-vous ce qui me différencie des autres personnes ?

A peine avait-il prononcé ces mots qu'il brisa avec violence le petit flacon de verre blanc à ses pieds ce qui eût pour effet de libérer un magnifique nuage de fumée bleue qui forma un mur turquoise d'une beauté surnaturelle entre Clarion et Teinakh.

Il ne s'écoula pas plus de quelques secondes avant qu'il ne surgisse de manière théatrale de son écran de fumée vêtu de son manteau violet,  gants aux mains, sacoche à l'épaule, un grand sourire presque carnassier sur les lèvres et le regard encore plus pétillant qu'à son habitude.

-Je suis saugrenu.

Le mur de fumée se dissipa au moment où il s'inclina de façon exagérée devant Teinakh et reprit :

-Clarion Corbalius, Alchimiste qui adore soigner ses présentations ! Mullog ! Viens saluer notre invtité !

Un petit bruit se fit entendre dans l'armoire à côté des deux jeunes gens puis la porte s'entrebâilla doucement laissant apparaître un oeil jaune craintif qui analysa la pièce un instant. Le gnome sorti finalement et alla d'un pas rapide se coller à côté de son maître  qui poursuivit :

-Voici Teinakh Daergen, cartographe qui se propose de nous faire decouvrir Aranor !

Teinakh, voici Mullog, mon gnome assistant, d'habitude bavard comme un marchand. Je présume que votre présence l'intimide un peu.

A vrai dire, la créature n'était pas la seule intimidée, malgré toute sa mise en scène et son ton enjoué et assuré, Clarion avait été pris de court par cette visite impromptue et surtout par l'allure peu conventionnelle du Cartographe.
Ce jeune homme vêtu d'une armure de cuir, une chaîne cloutée à la taille, et une dague à la cuisse, dont l'allure contrastait tellement avec l'attitude.

Clarion avait pensé une fraction de seconde, voyant tout l'équipement de Teinakh, qu'il pouvait s'agir d'un assassin ou autre criminel envoyé par un confrère jaloux de sa poudre volcan, ou venant demander des comptes suite à l'incendie provoqué à Akeraï.

Cette idée avait été rapidement dissipée par l'aura de sérénité qui émanait du Cartographe et surtout, oui surtout, par son sourire franc et doux qui semblait ne jamais pouvoir quitter son visage.
Même s'il ne le connaissait pas encore, Clarion lui faisait déjà confiance.

-Si votre désir de partager votre chemin et vos connaissances avec quelqu'un comme moi - il se tourna vers Mullog- et surtout comme lui, est toujours présent, alors je serais ravi de vous offrir un repas en cette auberge afin que nous puissions discuter des termes du contrat.
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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mer 11 Juin 2014 - 18:56

Teinakh est ébloui. La prestation de Clarion le laisse sans voix pendant de longs instants, à tel point que, quand l'alchimiste fait sa proposition, il ne répond pas tout de suite. Car même si le cartographe est naturellement enclin à l'émerveillement, force est de reconnaître que le plus borné des insensibles serait tout aussi estomaqué par la présentation de son interlocuteur. Finalement, c'est le regard appuyé que lui lance la petite créature qui lui rend l'usage des mots.

- Et bien, en voilà un étrange petit être ! Bonjour à vous aussi, messire Mullog.

L'intéressé ne semble pas habitué à être traité avec autant d'égard car aux mots du cartographe, il semble tout tenter pour se fondre dans les vêtements de son maître. Arborant un sourire attendrit, Teinakh se redresse vers l'alchimiste.

- Clarion, je suis enchanté de faire votre connaissance. Enchanté est, à bien y réfléchir, vraiment le terme approprié. S'il est de votre habitude de soigner ainsi toutes vos présentations, sachez que je suis impatient que notre route croise celle que de quelqu'un auprès de qui vous jugerez bon de vous présenter !


Partant d'un rire clair, il continue :

- Je vous prie de croire que mon souhait est toujours d'actualité ! Loin de satisfaire la curiosité qui me rongeait à ma venue ici, il semblerait que vous preniez un malin plaisir à l'attiser... Aussi, je vous conduirai avec plaisir à travers Quetaïn.

Les deux hommes sortent alors de la chambre et se dirigent vers les escaliers, bien décider à partager un repas qui marquera le début de leur voyage ensemble. Alors qu'ils descendent, Teinakh se met à craindre la réaction de la tenancière. Elle avait vraiment semblé être froissée par le comportement de Clarion. Il espère qu'elle ne refusera pas de les servir... Il ne peut s'empêcher de sourire à la pensée qu'elle les mettra peut-être même dehors, les abandonnant à la pluie et au temps exécrable.

A peine sont-ils arrivés dans la salle à manger que l'aubergiste tant attendue fond sur eux, véritable rapace à l'affût de sa proie. Elle se plante devant eux, lançant son regard sévère dans les yeux de l'alchimiste. Sa voix explose, brutale. Les consommateurs osent à peine tourner leur regard vers la scène.

- Vous ! Que les choses soient claires... Je n'admettrai plus


- Gente Dame, la coupe tendrement Teinakh, se fendant d'un léger salut.

Car si l'aubergiste et l'alchimiste semblent tout-à-fait enclins à s'entre-déchirer, il y a deux choses que Clarion risque de ne pas considérer. La première, c'est que sa défaite est assurée. Cela est aussi sûr qu'il est sur le point d'ouvrir le feu sur la propriétaire du toit sous lequel il se trouve. Et se retrouver jeté dehors par temps pluvieux est toujours une défaite.

La deuxième chose, c'est que la tenancière ne mérite pas les mauvais sentiments de Clarion. Teinakh reconnait qu'elle ne se montre pas tendre avec lui, mais quand il prend du recul sur la situation, tout tend à lui montrer que sa réaction est légitime. Aux yeux du cartographe, elle est une jeune femme qui fait de son mieux pour faire de son auberge un établissement de qualité. Et Teinakh a bien l'intention d'honorer sa bonne volonté et ses efforts.

Ayant gagné le silence par son intervention pacifique, il continue, espérant de tout cœur que Clarion s'abstiendra d'intervenir :

- Je vous prie de bien vouloir excuser mon ami. Son tempérament peut paraître cavalier, voire malpoli, mais je suis convaincu que votre mésentente tire sa source d'un malentendu.

La jeune femme lève un sourcil interrogateur. Teinakh a gagné son attention. Il doit encore leur ouvrir les yeux à tous les deux en leur montrant ce que leurs passions respectives les empêche de voir.

- J'avoue ne le connaître que depuis quelques minutes, mais je ne crois pas me tromper en avançant qu'il ne cherche absolument pas à vous manquer de respect. Il est un passionné de l'alchimie, comme le prouve la vaisselle qu'il vous vole afin de continuer les recherches que vous lui avez formellement interdites.

La tenancière ouvre de grands yeux, estomaquée que le cartographe lui parle ainsi ouvertement de la remise en question de son autorité sous son toit. Il enchaîne rapidement :

- Cependant, si votre auberge venait à vous être confisquée, par quelque Seigneur Marchand réquisitionnant les commerces du quartier, cela tuerait-il en vous votre désir de donner l'hospitalité, le gîte et le couvert ?

Les injures et la colère qui étaient en train de monter dans la gorge de l'aubergiste se voient réduis à néant. Teinakh le lit sur son visage, et il sait qu'il a touché un point sensible. Sa vie en Quetaïn lui a appris combien les Seigneurs Marchands font usage d'une réelle, et parfois tyrannique, autorité quasi-monarchique. Il n'est pas rare que, sous le coup d'une colère capricieuse, un Marchand achète de force les commerces indépendants d'un quartier, jetant les propriétaires à la rue.

S'il ignore si la jeune femme a vécu ce genre d'évènement traumatisant, il sait combien les commerçants indépendants craignent les Seigneurs. Or, dans la salle, aucun blason ne montre l'appartenance de cet établissement à quelque Marchand que ce soit.

- Ne blâmez pas outre mesure cet homme dont le seul but est de faire avancer le Monde sur la voie de la science. Chacun a ses passions, ses objectifs... Quand vous adoucissez l'existence des gens par votre accueil, il fait grandir la science. Il vous présente ses plus sincères excuses pour la vaisselle cassée, et nous paierons en dédommagement.

La jeune femme est sans voix. Son envie de faire regretter son comportement à l'alchimiste s'est évaporée. Pour un peu, elle serait honteuse de son interdiction de réaliser des expériences dans son établissement. Après tout, elle aurait pu lui proposer un coin de sa cave, il aurait sans aucun doute été plus confortablement installé que dans le secret de sa petite chambre... Elle comprend alors que, si elle lui a interdit, c'est par peur de cette pratique qu'elle ne connait pas.

Revenant de ses pensées, elle retrouve un peu de sa contenance. Elle se tourne vers ses clients qui, aux mots du cartographe, se sont tous mis à observer la scène avec tout l'étonnement du monde. Sévère, elle lance :

- Je peux savoir ce qui capte ainsi votre attention, au point que vous gobiez toutes ces satanées mouches dont je cherche à me débarrasser depuis des mois ?

Un vent de panique souffle parmi les tables tandis que les clients se retournent prestement sur leur verre. La tenancière s'adresse alors à Teinakh :

- Jeune homme... J'ignore qui vous êtes, d'où vous venez, autant que vos intentions.

Sa voix se fait plus basse alors que ce que le cartographe n'ose comprendre comme étant de la timidité s'invite sur son visage :

- Mais je vous remercie de m'avoir ainsi ouvert les yeux.

Retrouvant la fierté de son regard, elle le plante dans celui de l'alchimiste :

- Quant à vous... Je vous présente mes plus sincères excuses vis-à-vis de mon comportement. Je vous ai jugé sans vous connaître, et j'ai caché ma crainte et mon ignorance quant à vos pratiques derrière un comportement guidé par la bêtise.


Elle recule d'un pas, toise les deux hommes.

- Messieurs, permettez-moi de vous offrir l'hospitalité dans le meilleur de mes petits salons. Vous y serez confortablement installés et vous pourrez jouir d'un feu qui chassera l'humidité et la fraîcheur de la pluie.

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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Dim 6 Juil 2014 - 11:25

- Je peux savoir ce qui capte ainsi votre attention, au point que vous gobiez toutes ces satanées mouches dont je cherche à me débarrasser depuis des mois ?

A l'instant  même où l'aubergiste s'était retournée, sévère, pour réprimander ses clients trop curieux, Mullog en avait profité pour sortir du sac de l'alchimiste qu'il avait eu le malheur de poser à terre, une besace à la main, et avait commencé à se faufiler entre les tables et les bancs sous l'air médusé de de son maître.

- Jeune homme... J'ignore qui vous êtes, d'où vous venez, autant que vos intentions. Mais je vous remercie de m'avoir ainsi ouvert les yeux.

On ne pouvait pas en dire autant de Clarion qui, sentant monter une colère plus que piquante à l'encontre de son gnome désobéissant, commençait à tiquer de l'oeil droit, ce qui lui donnait un air assez...inhabituel.

-Clarion être content quand voir tous jolis verres et pots que Mullog lui rapporter, Mullog avoir droit à précieuse potion pour plus avoir mal, Mullog être sur !


L'affreuse petite créature alla derrière le comptoir de l'auberge, fourra quelques bols et pots dans sa besace, repassa devant et se dirigea vers le couloir des salons privés.

Il se retourna un instant, brandissant le bol ébréché servant de gamelle au chat de la tenancière dans la direction de Clarion, l'air fier, et trotina de plus belle.

- Quant à vous... Je vous présente mes plus sincères excuses vis-à-vis de mon comportement. Je vous ai jugé sans vous connaître, et j'ai caché ma crainte et mon ignorance quant à vos pratiques derrière un comportement guidé par la bêtise.

Clarion se figea à l'instant où l'aubergiste se tourna vers lui, le regardant droit dans les yeux.
Ne sachant pas quoi répondre, et en apnée depuis au moins cinq minutes à cause de Mullog, le jeune alchimiste tâcha de lui sourire de manière calme et apaisée. Du moins c'est comme ça qu'il le percevait... Son sourire ressemblait plutot à la grimace que ferait quelqu'un coincé sour l'aisselle d'un orc venant de mener une bataille.

- Messieurs, permettez-moi de vous offrir l'hospitalité dans le meilleur de mes petits salons. Vous y serez confortablement installés et vous pourrez jouir d'un feu qui chassera l'humidité et la fraîcheur de la pluie.

Tel un automate, il suivit l'aubergiste et le carthographe toujours aussi enthousiaste vers un des salons, vers LE salon où était entré Mullog...

Clarion bondit comme une sauterelle devant la jeune femme qui manqua de trébucher de surprise.

-Ce salon là ? Non vous savez, il ne fait pas si humide que ça dans votre auberge, puis le feu et moi, ça ne fait pas bon ménage. - Il pointa du doigt une autre porte- Celui-ci me semble tout à fait convenable !

Surprise, mais ne cherchant plus vraiment à comprendre ce qui pouvait passer par la tête de ce genre de personne, l'aubergiste les pria donc de s'installer à leur aise et leur demanda ce qu'ils souhaitaient manger.

-Apportez-nous donc un peu de votre soupe au fumet si délicat, une miche du pain, du fromage, un grand bol de vinaigre et une gousse d'ail s'il vous plaît.

La commande de l'alchimiste fît légèrement grimacer la jeune femme, mais ne sembla pas choquer plus que ça le cartographe qui envoya simplement un regard amusé à l'aubergiste, accompagné de son incontournable sourire.

Elle parti donc, laissant les deux jeunes gens seuls.

Clarion se leva de sa chaise et sortit en trombe de la pièce pour aller dans le salon voisin.

Il trouva Mullog, visiblement préoccupé par le choix cornélien qui s'offrait à lui : prendre la jolie choppe en fer blanc ou la petite théière de porcelaine.

Le gnome sentit qu'il était épié, il se retourna et, voyant son maître, lui présenta sa petite besace pleine de vaisselle volée, d'un air triomphal.

La pauvre créature n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
Clarion l'attrapa par la jambe, le fourra dans son grand sac de voyage et repartit de plus belle rejoindre le cartographe, ne manquant pas, au passage, de cogner violemment son sac dans l'embrasure de la porte.

Ayant rejoint l'autre salle, il jeta le sac dans un coin de la pièce, tâcha de se calmer un peu, et adressa son plus beau sourire au cartographe.

-Bien ! Où nous conduirez-vous donc en premier ?
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Nunnally Ried
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mer 9 Juil 2014 - 19:40

Cela faisait dix ans que Nunnally et Jérémiah avait élu domicile sur cette petite île. Ils y était arrivé clandestinement en profitant du voyage d'une navire de commerce. Les deux enfant avaient été recueillit par un vieil alchimiste qui s'était exilé pour pratiquer son art en toute quiétude. Les enfants avaient grandit. Jérémiah était devenu un beau jeune homme talentueux. Mais Nunnally restait une enfant. Jérémiah était pour elle son unique famille. Ses yeux et ses jambes, comme il lui avait promis tant de fois.

Mais voilà. Cela faisait deux ans aujourd'hui que Jérémiah était partit trouver la guilde des alchimistes pour se faire reconnaître comme tel. Il avait promis de ne pas s'absenter plus d'un an, laissant sa jeune soeur au soin du vieil alchimiste. Nunnally ne sortait que très peu de la demeure de l'alchimiste. Mais aujourd'hui, elle n'en pouvait plus. Il fallait qu'elle agisse. Elle ne pouvait plus rester là à attendre une chose qui n'arriverait certainement jamais. Il lui fallait partir.

Oui, partir. Partir à la recherche de ce frère partie en quête de pouvoir. Car c'est ainsi qu'elle voyait l'alchimie, comparable à une course au pouvoir. C'était donc décidé. Elle partirait à la recherche de cette guilde. Mais comment ?

Certes, elle était en chaise roulante. Elle pouvait donc se déplacer. Mais pourrait-elle quitter l'île ? Pour l'instant, cette question était le cadet de ses soucis. Elle prépara quelques vêtements dans un sac qu'elle plaça dans le panier de sa chaise. Ce panier se trouvait juste sous la partie où elle était assise. Puis elle se mis en route.

Elle ne savait pas vraiment où elle allait. Mais au bruit, espérait s'orienter vers l'embarcadère. Il y avait pas mal de monde ce jour. Elle ressentait tellement d'allées et venues, des personnes chargés. Elle le ressentait grâce à la posture qu'ils adoptait. Son handicape visuel lui permet de sentir la présence des gens et des objets. Elle ne peut voir leur visage et donc leurs expressions. Mais peut aisément deviné la posture qu'ils adopte du fait de leur masse. C'est d'ailleurs bien connut qu'un aveugle développe comme un sixième sens : la capacité de ressentir la présence des autres.

Se sentant perdu au milieux de toutes ces personnes qui ne faisaient pas attention à elle, et ne sachant où s'orienter, Nunnally resta un long moment sur place. Se demandant si elle faisait bien d'agir ainsi. Puis prenant conscience que de toute façon elle était incapable de rentrer à la maison du vieil alchimiste toute seule, se décida à chercher un bateau.

Alors qu'elle s'apprêtait à se déplacer, une main vint bloque la chaise.

Besoin d'aide demoiselle ?

Oui, Je cherche un bateau. Je voudrais quitter l'île pour trouver un alchimiste.


Un marchand passant non loin d'eux entendit la conversation.

Un alchimiste ! Pff ! J'en ai trouvé un qui voulait jouer les clandestins l'année dernière. Il voulait revenir ici pour une fille qu'il disait....

Jérémiah....

Vous le connaissez ? Je l'ai livré au autorité du port de Quetaïn.

Je dois y aller !!

Il a peut être été exécuté depuis le temps.

Jérémiah est en vie ! je le sais !!!


Des larmes coulaient sur les joues de la fillette. Etait-elle véritablement certaine où cherchait-elle à se convaincre ?

Je vous en pris. Emmenez-moi à Quetaïn.

Vous avez de quoi payer la traversé ?

Hé bien...

Voilà pour la traversé.

Mais je ne sais pas comment vous dédommager !!

Ne vous inquiétez pas de ce détail. Je m'arrangerais. Vous payerez votre dette à Teinakh. C'est un ami en qui j'ai pleine confiance ?

Merci, je ne sais comment vous remercier.

En atteignant votre but.

Et bien en route, on amarre dans quinze minutes.

Au revoir, et encore merci. Madame ....


Mais il était déjà partit. Le marchand se saisit de la chaise roulante de la fillette et l'embarqua. La traversé se déroula sans encombre notoire si ce n'est que le marchand, avare estima que la somme payé ne comprenait pas la nourriture. C'est donc affaiblie que Nunnally arriva au port de Quetaïn. Elle y fut débarqué et laissée dans un coin de l'embarcadère. Une fois de plus elle se sentie perdu au milieux de ces va et viens. Mais elle ne pouvait pas rester ici.

Alors qu'elle commençait à nouveau à avancé, Nunnally sentie un choc au dos de sa chaise. Sa chaise fut propulsée en avant. Elle ne sut pas vraiment ce qui s'était passé. C'était allé si vite. Mais le résulta était là. La jeune fille se retrouvait à terre. Elle entendait un peut plus loin le bruit d'une roue de sa chaise tournant dans le vide. La chaise n'était donc pas très loin. Mais également renversée.

Sonnée, elle ne pouvait pas encore déterminer dans quelle direction s'orienter pour retrouver son bien.

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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Lun 14 Juil 2014 - 21:45

 Le cartographe adresse à Clarion un regard amusé, assaisonné d'une pointe de suspicion.

- Et bien... Où donc cachez-vous votre pauvre assistant ?

 Au soupir d'agacement que lâche l'alchimiste, Teinakh part d'un grand rire qui arrache un sourire à Clarion. La porte s'ouvre alors sur la tenancière, un plateau chargé à la main. Armée d'un air franchement sympathique que les deux hommes ne lui connaissaient pas, elle dispose les plats sur leur table. Puis elle quitte les lieux en n'omettant pas de relever qu'elle reste à disposition au moindre besoin.

 A l'instant où la porte se ferme, Clarion saisit le bol de vinaigre et sort une fiole de sa besace. Une de ses fioles mystérieuses dont il a le secret et que sa besace semble contenir par centaines. Il verse quelques gouttes du contenu de cette fiole dans le vinaigre dont il se sert comme excipient dans lequel il semble diluer les gouttes de sa conception. Ceci fait, il saisit l'ail et entreprend de le broyer au moyen d'un ustensile qu'il sort aussi de ses affaires.

 Faisant montre d'une curiosité sans égale, Teinakh observe attentivement son manège. Sa connaissance du monde ne s'étant pas à l'alchimie ; aussi, cette préparation est la première à laquelle il assiste. La valeur de ces instants est donc inestimable, à ses yeux. Et même s'il trépigne de proposer son aide à l'alchimiste, celui-ci achève de mélanger l'ail à la solution avant que son spectateur ne trouve le courage de lui adresser la parole, de peur de le déconcentrer.

 Finalement, Clarion ouvre son sac de voyage en affichant un air sévère. La petite tête d'un Mullog encore sonné par un coup ose se montre aux yeux de son maître et de Teinakh. Il semble vouloir former des phrases timides pour répondre à l'œil de réprimande que lui adresse Clarion, mais très vite, il hume dans l'air un fumet qui semble lui faire oublier jusqu'à sa crainte de l'alchimiste. Ni une ni deux, il jaillit du sac et atterrit sur la table, saisit le bol à pleine main et engloutit la mixture à grandes goulées gourmandes. Tout en se régalant, il adresse à son maître un regard remplit de reconnaissance et tente de prononcer tous ses remerciements alors même qu'il boit.

 L'image fait rire Teinakh aux larmes. Il adore ce petite gnome. Il adore Clarion. Et il adore la relation que ces deux énergumènes entretiennent. Jugeant que le moment est parfaitement choisit pour entamer le repas, il saisit le pain et le coupe en généreuses tranches, qu'il tend à Clarion, puis fait de même avec le fromage tandis que l'alchimiste verse la soupe au délicieux fumet dans deux larges bols.

 Ainsi servis, les trois compères partagent leur repas ainsi qu'une discussion des plus agréable. Teinakh commence par décrire Quetaïn, sa vie, sa richesse culturelle et les innombrables surprises qu'elle renferme pour qui sait y être attentif. Son message réside en cela : oui, la capitale marchande possède un aspect corrompu, sombre et répugnant. Il connait cet aspect pour en avoir souffert. Mais la cité ne se limite pas à cela. Il suffit de vouloir voir plus loin, de faire le choix de ne pas se laisser aveugler par l'obscurité pour embrasser la lumière qu'elle renferme aussi.

 Ensuite, le cartographe questionne Clarion sur le domaine de l'alchimie. Celui-ci, enjoué par l'enthousiasme de son compagnon, se laisse aller à la discussion et très vite, Teinakh ne trouve plus le temps pour lui poser des questions.

 Après trois bons quart d'heure à savourer le temps passé ensemble, un petit silence s'installe autour de la table, chacun prenant quelques instants pour digérer les mots échangés autant que le repas. La voix calme et apaisée de Teinakh s'invite alors dans le silence.

- Mes amis, je crois qu'il est temps que je récompense votre patience. Vous m'avez demandé il y a presque une heure de cela où je comptais vous mener.

 Clarion et Mullog lui adressent un regard plein d'intérêt, chacun à sa manière. Quand l'alchimiste pose sur lui ses yeux patients, le gnome présente le visage de quelqu'un qui trépigne franchement, tenant à peine en place. Les lèvres de Teinakh leur offre un sourire amusé.

- J'ai reçu il y a quelques jours une lettre de mon maître, Akora Ceraïl. Dans cette lettre, elle me parle d'une jeune fille qui aurait besoin de mon aide. Or, il se trouve que je n'ai aucune envie de refuser mon aide à qui que ce soit qui en présente la nécessité... Et puis, si vous souhaitez connaître la région, quelle meilleure occasion que celle de sillonner de pays pour prêter main forte à quelqu'un ?

 Mullog se tourne vers son maître qui acquiesce, manifestement intéressé par les mots de Teinakh.

- Il se trouve que cette jeune personne nous vient droit des îles d'Enetari et que son bateau doit accoster dans quelques jours, dans un petit port à l'Ouest du pays. Je vous propose donc que nous quittions les lieux sans plus attendre pour nous mettre route.


C'est ainsi que les amis quittent la chaleur accueillante de la Coupe Ecarlate, en chemin pour retrouver une jeune aveugle en fauteuil roulant.

¤¤

Le voyage dure huit jours. Huit jours durant lesquels l'alchimiste, le gnome et le cartographe apprennent à se connaître dans la joie et la bonne humeur. Afin d'arriver à temps pour récupérer Nunnally, ils prennent peu de temps pour se reposer et c'est à un rythme de marche presque forcée que leurs discussions enjouées s'entremêlent avec les instants d'observations intenses que Clarion passe devant chaque être vivant qu'ils croisent. Ces mêmes observations donnent naissance à des torrents de questions de sa part, auxquels Teinakh s'efforce de répondre le plus précisément possible.

C'est finalement sans encombre aucune qu'ils parviennent au port de Longoulo. La ville est petite et son port est destiné à recevoir des bateaux de commerces légers. A leur arrivée en ville, le soleil est haut dans le ciel et Teinakh estime l'heure à 14h. Connaissant Le handicap de la jeune fille qu'ils s'apprêtent à retrouver, Le cartographe guide ses deux amis dans une écurie, où il marchande pendant quelques minutes à grands coups d'enthousiasme et de sourires un chariot large et solide pouvant supporter la charge de quatre personnes et de leurs affaires, bien plus adapté aux cahots de la route que tout types de fauteuils à roues.

Après cette acquisition et celle des deux chevaux nécessaires pour le tirer, la petite troupe se dirige vers le port.


Note : Pour ce post, j'ai beaucoup pris la main sur Clarion et Mullog. Je tiens à préciser que j'ai explicitement demandé son avis à Clarion en lui faisant lire les passages où je le fais agir. Je n'ai posté qu'après avoir obtenu son accord. Je précise aussi que je considère cela comme étant exceptionnel, et que je ne compte pas recommencer de si tôt.



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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Jeu 7 Aoû 2014 - 22:54

-Quelle magnifique traversée Teinakh ! Je ne pouvais pas espérer meilleur guide pour me faire découvrir les merveilles d'Aranor.
Bien que ce détour ne fasse pas partie du parcours original que vous nous aviez surement préparé, vous avez vraiment réussi à le rendre enrichissant et absolument captivant !


Le jeune alchimiste est véritablement survolté. Son voyage de huit jours avec le cartographe qui pourtant n'a fait qu'effleurer une infime partie des surprises du pays, l'a rendu tout simplement fou de joie.
Tellement fou de joie qu'il en a même oublié le statut de Mullog, qu'il considère d'habitude inférieur à lui, et qu'il porte à présent sur son dos, dans son sac de voyage, la tête de la petite créature dépassant gaiement de la poche principale.

-Bien. Pendant que vous cherchez votre amie, je vais en profiter pour essayer de dénicher quelque livre ou composant rare qu'un marin aurait pu rapporter du bout du monde, après tout on ne sait jamais sur quoi on peut tomber dans un port !

Effectivement, on ne sait pas sur quoi on peut tomber, ni sur qui....L'enthousiasme de Clarion l'a empêché de remarquer que près des quais, un groupe de pirates était en train de le fixer d'un air étrange...

-Allez Mullog, dégourdis-toi un peu les pattes et essaie de me dénicher quelque chose qui pourrait m'intéresser. Si tu trouves un objet ou livre susceptible de me plaire, je diluerai à nouveau ta potion dans une bonne soupe à l'ail et au vinaigre ! Ta préférée !

Il n'en fallut pas plus au gnome. Ni une, ni deux, il bondit du sac de Clarion et trottina à travers la foule, la bave aux lèvres et la détermination dans le regard.

Pendant ce temps, l'alchimiste flânait de quai en quai, observant les marchandises déchargées, analysant celles que l'on embarquait, sans véritablement prêter attention aux trois mastodontes barbus et tatoués qui l'avaient à présent encerclé.

-Hé l'Boutefeu ! Tu t'es enfin décidé à sortir de ton trou ? C'est risqué de s'promener tout seul sur les quais petit !

Cette voix...ce surnom....Clarion comprit vite que le petit incident explosif d'Akerai l'avait finalement ratrappé et que ces pirates n'étaient certainement pas là pour lui acheter de la poudre volcan ou prendre de ses nouvelles.

-Ecoutez messieurs, conduisons-nous en personnes civilisées, il y a surement moyen de s'arran...


L'alchimiste n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'il se vit maîtrisé par deux pirates, tandis que le troisième, lame à la main, commençait à s'approcher de lui l'air menaçant, sous le regard fuyant des passant commençant à s'éloigner, et des marins, trop occupés par leur cargaison pour intervenir dans un règlement de comptes pirate.

-T' vas voir ce qu'il en coûte de nous prendre pour des abru...WOUUAAAAIIIIIIIEEEE !!!

Le cri du pirate fit lâcher ses deux compères, pris par surprise, et ne sachant pas ce qu'il était en train de se passer.

-Méchant barbu !!! Toi lâcher maître Clarion !!!! Méchant ! Toi brûler et voler comme autres copains barbus volants !!!

Sorti d'on ne sait où, Mullog, une vieille fourchette à la main, s'était jeté sur le pirate qui menaçait son maître et était à présent en train de lui malmener la jambe gauche, visiblement de bon coeur.

Profitant de cet effet de surprise, Clarion sortit de son sac une fiole de son fameux poison de contact maison, et l'explosa sur la tête d'un de ses agresseurs, le faisant tomber à terre, paralysé, une immonde grimace figée sur le visage.

Il fit signe à Mullog de le rejoindre. Le gnome lâcha prise, mais laissa sa fourchette plantée dans la jambe du pirate, sautillant sur place, dans une sorte de danse ridicule.

Le brusque revirement de situation créa un mouvement de foule, les gens s'écartèrent et Clarion vit qu'un homme renversait quelque chose ne ressemblant pas à une caisse.
Il tourna un peu plus la tête et distingua une robe rose, et un peu plus loin un fauteuil.

Il comprit qu'il s'agissait de la jeune fille pour laquelle ils avaient fait ce détour et s'écria :

-Nunnally !!! Ne paniquez pas ! J'arrive vers vous !
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Lun 11 Aoû 2014 - 16:28

Alors que la jeune fille était encore au sol à chercher sa chaise, ou du moins la direction où se trouvait sa chaise, une voix masculin l'appela. Elle supposa que c'était l'ami de la cartographe qu'elle avait rencontrée sur l'île. Quel nom avait-elle dit déjà ? Tan ? Non il y avait un "k"... Také... ou Téak. Bon cela valait pour le prénom. Et le nom de famille commençait pas un B. Berger.... Non ! Bergen !!! Voilà. Cette voix masculine devait sans nul doute appartenir à Téak Bergen, ou quelque chose qui y ressemble. Le trajet avait été long et la mémoire commençait à faire défaut pour ce nom qu'elle n'avait entendu qu'une seule fois.

Un bruit sourd sortit de son estomac se fit entendre. Gênée, le rouge lui monta aux joues. Mais cette réflexiton lui avait fait reprendre un peu ses esprits et avait put localiser sa chaise, et pour oublier sa faim elle se mis en route, en rampant.

Il lui fallut plusieurs minutes pour l'atteindre. Nunnally se fit plusieurs fois disputer par les marins qui chargeaient et déchargeaient les bateaux. En effet, elle se trouvait sur leur chemin. Mais aucun d'eux n'avaient pris la peine de poser sa caisse ou son sac pour aider la jeune fille. Cette épreuve avait quelque peu ébranlée la détermination de Nunnally. Elle se demandait si ce voyage était vraiment nécessaire, si elle ne courrait pas au devant de d'autres dangers. Elle repensait à la vie paisible qu'elle passait sur l'île... Coupée du monde et loin de son frère. La foule l'effrayait. Et il y avait de quoi quand on voyait le résultat d'une telle escapade. Non, ce n'était décidément pas le moment de se lamenter et d'abandonner. Un peu de courage que diable !

Elle arrivait à proximité de sa chaise, tendis le bras pour la récupérer. Mais au moment où elle allait poser sa main sur la roue de sa chaise, c'est sur une main qu'elle la posa. Gênée, elle la retira tout de suite.


Je... Par... Pardon... Je...

Nunnally se pris un coup de speed, ou peut-être un ras-le-bol d'être traitée comme une moins que rien repris un peu d'assurance qui se traduisit par un léger agacement dans la voix.

Voulez-vous bien me rendre ma chaise je vous pris.


HJ : c'est pas très long désolée

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Sam 16 Aoû 2014 - 16:07

 L'air est chaud, en ce début d'après-midi. Le port a beau être considéré comme étant petit, l'agitation qui l'anime est grande et tous les anneaux ont un navire amarré, dont les marins sont occupés à décharger le contenu. Teinakh évolue d'un bon pas sur les quais, guidant les chevaux, dont il a fraîchement fait l'acquisition, par la bride et usant de son sens aigüe de l'observation pour trouver Nunnally.

 Le cartographe a l'esprit occupé : il se questionne à propos des besoins de la petite aveugle. En effet, la lettre d'Akora ne faisait mention que d'une "aide", sans préciser quoi que ce soit à ce propos. Connaissant son maître, Teinakh ne peut réprimer un sourire en devinant qu'elle a volontairement tut une partie de ce qu'elle sait... Il sait qu'elle en a entendu plus, au moins assez pour pouvoir émettre une hypothèse sur ce qui peut amener la jeune fille à effectuer une telle traversée. Mais la découverte n'a aucune valeur si on ne la réalise pas soi-même. Et Akora ne voudrait pour rien au monde dérober cette découverte au jeune homme.

 Finalement, il sent une hâte grandir en lui : il s'impatiente du moment où il pourra lui demander lui-même, où il pourra la découvrir, apprendre qui elle est. Savourant cette joie simple, il ne remarque pas tout de suite l'agitation grandissante qui l'entoure. Il lui faut quelques instants pour comprendre que quelque chose ne va pas. Très vite, il arrête ses pas pour se tourner vers les quais qu'il a quitté il y a une demi dizaine de minutes à peine. Il inspecte la foule quelques secondes, puis se met en marche d'une allure rapide, revenant sur ses pas.

 Sa suspicion devient inquiétude au moment où un cri de douleur résonne dans le port.

- WOUUAAAAIIIIIIIEEEE !!!

 Il voudrait courir, mais le chariot est complexe à manœuvrer au milieu de tous ces gens. Sa voix se fait forte et inébranlable :

- Ecartez-vous ! Faites place !

 Il évolue aussi vite que la foule s'écarte, menant les chevaux qui trottent derrière lui. Le temps pour arriver lui paraît infini, et c'est après de longs moments d'inquiétude qu'il débouche sur une scène des plus alarmantes : Clarion est là, tentant tant bien que mal d'atteindre une Nunnally totalement déboussolée. Seulement, sur sa route se dressent cinq gaillards que Teinakh comprend être des pirates. L'un d'eux est à terre. Il est immobile dans une posture étrange et le cartographe remarque des traces d'une fiole brisée éparpillés autour de lui. L'autre gémit de douleur, ne sachant comment soulager la douleur que lance sa jambe.

 Sur le visage de Teinakh se peint un sourire. Un sourire fin, aiguisé... presque carnassier. Il sent en lui s'éveiller le goût du combat. D'une main leste, il lance son sac et son manteau dans le chariot. Elizra est libre, elle se déroule dans ses mains. Sa silhouette de cuir et de métal s'avance nonchalamment, attirant le regard interloqué des assaillants.

 Il s'interpose tranquillement entre les hommes et Clarion. Il prononce d'une voix douce :

- Ami, portez donc secours à Nunnally. Je me charge de ce menu problème.

 Teinakh ne tuera pas. Par contre, il se fera un plaisir de leur montrer la danse d'Elizra.


EDIT hors RP: J'ai modifié la "couleur" de la voix de Teinakh au profit d'une couleur qui lui sied mieux, je trouve ^^

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Dernière édition par Teinakh Daergen le Jeu 13 Nov 2014 - 18:25, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Lun 10 Nov 2014 - 12:24

Fasciné par le calme et la détermination dont fait preuve son guide, Clarion resta un moment là, absorbé par la scène, et attendant le feu de l'action.

Il fut tiré de ses pensées par son gnome, s'agrippant à un pan de son manteau afin de gagner son attention.

-Maître Clarion, jeune fille au sol là-bas, nous devoir l'aider.

L'alchimiste, surpris par tant d'initiative de la part d'un gnome pourtant à peine plus intelligent qu'un chien bien dressé, se précipita vers la pauvre Nunnally, toujours étendue à quelques pas de son fauteuil.

-Suis-moi Mullog, contournons rapidement ces brutes et allons porter secours à cette petite.

Après quelques manoeuvres dans la foule afin de se frayer un passage jusqu'au fauteuil, Clarion le releva, remarquant l'ingéniosité avec laquelle il avait été construit, se dirigea vers Nunnally puis se pencha sur elle.

-Mademoiselle, accrochez vous à moi afin que je puisse vous relever convenablement.

Légèrement gêné car c'était la toute première fois qu'il se trouvait aussi près d'une fille, Clarion se dépêcha de déposer la jeune aveugle sur son fauteuil.

Jetant un coup d'oeil à la foule massée autour de Teinakh et des pirates, il la poussa un peu plus loin, sous le porche d'une échoppe avoisinante mais assez éloignée pour que Nunnally puisse reprendre tranquillement ses esprits.
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mar 16 Déc 2014 - 20:20

HJ : pardon pour le temps. Trop de travail Razz


-Mademoiselle, accrochez vous à moi afin que je puisse vous relever convenablement.

A ces mots, la jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues. Comment avait-elle put être aussi sèche envers celui qui l'aidait ? La réponse était simple :

- Merci, c'est si peu courant...

Non pas la chute, mais l'aide. Malgré la gène commune des deux jeunes gens, Nunnally fit remonter ses mains le long du bras du jeune homme dans le but de trouver une prise. C'était lui même qui venait de le dire, elle ne l'inventait pas. C'est finalement sur l'épaule du jeune homme, car c'était un jeune homme, sa voix en était la preuve. Ainsi accrochée, il put la soulever pour l'installer de nouveau sur le fauteuil.

En réfléchissant un peu, Nunnally se demandait si se jeune homme n'était pas le fameux cartographe Téak Bergen qu'elle devait retrouver ici même. Il y avait de fortes chances que cela soit le cas.

La jeune fille sentit sa chaise rouler, tandis qu'un chahut gonflait un peu plus loin. La curiosité était trop forte.


- Téak, c'est bien vous ? Que ce passe t-il plus loin ? Une bagarre ?

Les bruits ressemblaient bien à une bagarre, mais dénuée de vision, il n'était pas aisé de l'affirmer. Le fauteuil arriva dans un coin où le bruit était quelque peu atténué. Il s'agissait probablement d'un porche à l'écart du raffut. Mais là encore, sans description de son mystérieux guide, Nunnally ne pouvait pas l'affirmer. Cependant son sixième sens, celui que l'on développe en perdant un ou plusieurs des cinq sens répertoriés, lui disait qu'un danger était à proximité. Sans doute le danger venait de ce chahut.

- Dites ? Personne n'a besoin d'aide là-bas ? Votre amie m'a affirmé que vous savez vous battre ?

Bien sûr, la jeune fille ignorait qu'elle n'avait pas à faire au cartographe. Quelle méprise !

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Mer 21 Jan 2015 - 22:22

Clarion reste quelques instants immobile avant que son serviteur ne l'interpèle. Il s'éloigne alors, se frayant un chemin jusqu'à Nunnally. Teinakh n'a pas un regard pour lui. Ses yeux et toute son attention sont fixés sur les trois hommes qui lui font face. Ils sont grands, imposants et leur large mâchoire exprime toute la brutalité dont ils sont capables. Ils fixent Teinakh, ne sachant s'ils doivent rire de ce gringalet qui leur fait face ou s'ils doivent craindre ce jeune homme au regard si déterminé, à la combinaison si exotique et qui manipule sa chaîne avec une aisance telle qu'on la croirait animée d'un souffle de vie qui lui serait propre.

Cette hésitation est partagée par l'ensemble de la foule. La différence de nombre et de carrure séparant les adversaires interpèle les gens en présence, dont certains ont préféré quitter les lieux quand les autres se sont écartés, laissant un large cercle autour des pirates et du jeune homme. Mais finalement, plus que ces différences physiques, il y a une chose qui touche la curiosité des passants, poussant la plus grande partie d'entre eux à demeurer sur les lieux. Il s'agit de l'ambiance inhabituelle qui s'installe rapidement entre les belligérants.

Quand une rixe éclate sur un port ou dans une rue, il est de coutume que les bagarreurs se rentrent sauvagement dedans, à grand renforts de beuglements à la limite de ce que l'humain est capable de produire. Pourtant, ici, les deux parties restent face-à-face, silencieux, se jaugeant avec une intensité telle que l'air entre eux semble se figer. Cependant, il n'en est rien : usant de profondes respirations, Teinakh puise dans les courants d'air autour de lui. Il y puise son énergie et sa précision, aussi bien physique que mentale. Chaque cycle de souffle intensifie sa concentration et décuple l'acuité de ses sens.

A chaque inspiration, le vent pénètre plus profondément en lui, s'enfonçant dans sa chair et ses os. Il sent les limites de son corps, mais aussi sa puissance, décuplée par les souffles dont s'imprègnent ses muscles. Sa conscience s'étend toujours plus intensément dans les tréfonds de son être et bientôt, il sait être attentif au plus infime mouvement de la moindre parcelle de son corps.

Chaque expiration déploie ses sens. Le souffle qu'il libère s'étend dans l'espace qui l'environne et sa perception du monde extérieur se fait toujours plus fine, aiguisée. Il sent le poids du coutelas du pirate qui s'est avancé vis-à-vis de ses compagnons. Il estime la qualité du tranchant de sa lame et il perçoit le positionnement de son corps. Cet homme va le charger, profitant de leur différence de carrure, pour tenter de l'éventrer. Et Teinakh comprend qu'il est tout-à-fait capable d'y parvenir.

Comme s'il avait perçu cette pensée dans l'esprit de son adversaire, le pirate décide que le temps d'observation n'a que trop duré. Avec un hurlement emprunt de toute sa détermination, l'homme se jette sur le jeune cartographe. La réaction de celui-ci se déploie... juste dans le temps. Il laisse d'abord la course de son ennemi le rapprocher de lui pour mettre son corps en mouvement au moment précis où cela est nécessaire. Une esquive de son épaule gauche l'écarte de la trajectoire meurtrière et la pointe du coutelas se contente de frôler son abdomen. Dans le même mouvement, il relève son bras gauche et après avoir effectué son esquive, il décoche une brusque torsion de hanches dans le sens inverse de son esquive, lançant son biceps dans la gorge du pirate qui vient s'y écraser la glotte. L'élan de sa course allié au coup de hanches de Teinakh arrache ses pieds du sol et l'homme se voit jeté à terre, incapable de respirer et la gorge terrassée.

Déclenché par l'action, le cartographe lance l'embout d'Elizra qui s'enroule autour des poignets d'un des pirates resté en arrière. L'effet de surprise lui arrache un cri quand Teinakh le tire brusquement vers lui. Le mastodonte perd son équilibre et bascule en avant. Teinakh réceptionne sa chute en projetant son talon dans le visage du pirate. Celui-ci s'écroule, la mâchoire en sang. La disparition de la tension dans la chaîne en libère les poignets du malheureux et son propriétaire jette l'embout vers le troisième malfrat qui s'était enfin décidé à intervenir. Il vise le plexus solaire de son adversaire mais il le rate et le poids va briser deux côtes du bandit qui lâche un hurlement de douleur. Un autre cri parvient aux oreilles du cartographe :

- Par ici ! Les gars, amenez-vous par ici !

Fichtre... IL semblerait que le cri de son adversaire ait alerté d'autres pirates. Si Teinakh est parvenu à gérer trois combattants en usant du maximum de sa concentration et en comptant sur la vitesse de son action, il se voit mal faire face à d'autres malfrats qui l'attaqueraient en groupe. Se sachant repéré et ignorant tout de la localisation de Nunnally, Clarion et Mullog, il se retourne prestement vers le chariot, monte à la place du cocher et se met à jouer des rennes pour écarter la foule et y créer un mouvement de panique. Il parvient rapidement à ses fins et tandis qu'il atteint les limites de la masse des passants, il repère une demi-douzaine de pirates totalement incapables de l'atteindre. Conscient que le temps est plus que compté, il appelle de toutes ses forces :

- Nunnally ! Mullog ! Clarion !!


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Clarion Corbalius
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MessageSujet: Re: Le goût de la Vie [Privé Nunnally & Clarion]   Jeu 5 Mar 2015 - 15:56

Maudits pirates...Ce n'était pas la première fois que qu'il avait affaire à leur brutalité et leur sauvagerie, ajoutons à cela quelques litres de rhum et ils deviennent de véritables bêtes dépourvues de bon sens.

Son inquiétude grandissait à mesure que ces masses poilues et puantes se rassemblaient autour de son ami cartographe, mais que pouvait-il faire? Hors de question de laisser cette pauvre jeune fille déjà suffisamment perdue seule et la question du combat n'était surtout pas envisageable.

L'alchimiste dégaina alors sa meilleure arme : son carnet de notes.
Il parcouru avec attention et rapidité plusieurs pages. Son regard flamboya subitement, s'arrêtant sur un paragraphe, tandis qu'un large sourire se dessina sur son visage.

-Téak, c'est bien vous ? Que se passe t-il plus loin ? Une bagarre ?  Dites ? Personne n'a besoin d'aide là-bas ? Votre amie m'a affirmé que vous savez vous battre ?

Les interrogations de la jeune fille tirèrent momentanément Clarion de sa lecture qui leva à peine le nez de son carnet.

-Il est vrai que je ne me suis pas présenté : Clarion Corbalius, alchimiste ! Si vous recherchez Teinakh Daergen, il est en train de faire face à une bande de pirates .

Sur ces mots, il tendit son carnet à son fidèle Mullog, lui montrant quelques lignes en particulier. Le gnome fonca alors vers les marchandises disposées près des échoppes, fouillant avec vigueur au milieu de tonneaux et diverses caisses.
Clarion atrappa une tonnelet vide qui trainait non loin du porche, et commenca à sortir quelques flacons de sa sacoche.
Son attention fut rapidement attirée par les premiers coups donnés par le cartographe. La foule s'écartait à chaque mouvement du jeune homme, haletante de stupeur, tandis que seuls les cris des pirates transperçaient le brouhaha ambiant.

-Voilà pour maître Clarion ! Mullog a trouvé tout bien sans abîmer carnet de Clarion !

Le gnome tendit à l'alchimiste une petite caisse contenant différentes poudres et autres liquides qu'il s'empressa de déverser dans le tonnelet.

- Par ici ! Les gars, amenez-vous par ici !

Un groupe de pirates attirés par la bagarre se dirigea vers la foule qui commença à se disperser, prise de panique.

Quelques instants plus tard, la voix de Teinakh retentit  au milieu du chaos des quais :

- Nunnally ! Mullog ! Clarion !!

L'alchimiste releva alors la tête vers Nunnally :

-Mademoiselle, je pense qu'il est temps de rejoindre notre ami ! Pardonnez cette soudaine brutalité, mais nous n'avons plus de temps à perdre !

Suite à ces mots, l'alchimiste empoigna Mullog qu'il deposa sur les genoux de Nunnally, pris son tonnelet sous un bras, et poussa de toute ses forces le fauteuil à travers la foule, vers le chariot.
Une fois à son niveau, l'alchimiste reparti vers une maison non loin de là, déchira un chiffon qui suspendait, trempa le tissu dans l'huile d'une lanterne accrochée à proximité , l'engouffra dans le trou de son petit tonneau et l'alluma à la flamme de cette même lanterne.

Il rejoignit rapidement le chariot tandis que Teinakh se remettait aux rennes après avoir installé Nunnally et son fauteuil.

-Allez-y ! Pas une seconde à perdre !

A la vue du tonneau et de la mèche en feu, Mullog ouvrit de grand yeux ronds et se jeta sur Teinakh, cherchant à trouver refuge sous son grand manteau.

-VIIIIIIITE !!!! Nous pas devoir rester là !!!! Nous devoir partiiiir !!!

Le chariot se mit alors en route à toute vitesse jusqu'à une certaine distance. Clarion le stoppa soudainement, tirant sur les rennes.

-Attendez un instant !

Les pirates traversèrent enfin la foule, jurant tout en dégainant leurs pistolets. Clarion jeta de toutes ses forces le tonneau qui roula jusqu'aux pieds des brutes, la mèche enflammée disparaissant à l'intérieur.
Un des pirates le ramassa, levant les yeux vers le chariot et Clarion qui le salua d'un signe de main.

Le bruit alors étrangement étouffé d'une petite explosion retentit, brisant le tonnelet tandis qu'un épais nuage de fumée noire forma un brouillard opaque autour des pirates, les désorientant complètement.

L'alchimiste éclata alors d'un grand rire :

- Magnifique ! Nous pouvons y aller !
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