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 Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Jeu 7 Aoû 2014 - 19:53

Quand Zoldik se tourne vers le jeune homme blessé, le cartographe n'hésite pas un instant. Il comprend l'hésitation de l'assassin et il se sent touché par son sentiment. Aussi, il estime que c'est là le moment idéal pour user du mouvement qu'il a élaboré récemment. Il pose sur son ami un regard intense.

- Zoldik... Il y a un moyen.


Les yeux de l'intéressé se font interrogateurs.

- Nous allons nous séparer : tu vas traquer comme tu l'entends. Je te fais confiance à ce niveau ; en outre, sans moi, je suis certain que tu sauras atteindre un niveau de discrétion pour lequel je serais un frein. Quant à moi, je me charge de ramener le blessé en lieu sûr.


D'interrogateur, Zoldik devient franchement étonné. Il semble même cacher une pointe d'inquiétude derrière un masque de pragmatisme dont lui seul a le secret. Teinakh s'empresse de s'expliquer :

- Je n'ai pas l'intention de te laisser gérer Kartakh seul : une fois que tu auras un indice à propos de sa cachette, voire que tu l'auras trouvé, tu me donneras ta position.


Le sourire du cartographe se fait malicieux. Il semble apprécier la surprise de son ami.

- Et pour cela, tu vas utiliser un courant d'air.

Sur ces mots, l'apprenti mage ferme ses yeux.

¤¤

Respirer.

Inspirer l'air, créer le Vent. Le vent qui soigne, le vent qui nourrit le corps. Le vent qui permet aux muscles de mouvoir l'être, de le rendre libre.
Expirer. Libérer le Vent. Boucler le cycle.

La respiration emplit l'être. Ses poumons, ses muscles. Son esprit. Elle pénètre si profondément que le cœur calque sa pulsation sur celui du souffle. Alors, l'être entier bat au rythme du Vent.

Le monde devient un ensemble de courants d'air. Les arbres sont des centres de cyclones chaotiques. Les rochers sont des murs infranchissables que le vent embrasse avec délicatesse. Les vivants tiennent lieu de poussières que les courants balayent ou caressent à leur guise.

Et au milieu de ces courants, il se tient. L'homme qui joue. Son sourire et sa joie simple séduisent les vents qui y reconnaissent leur facétie.


Alors, il murmure.

Un souffle ténu, contenant un semblant de mot inintelligible. Le courant ainsi créé s'envole, se mêle au Vent. Très vite, il trouve l'autre. L'ami de l'homme qui joue. Il se tend entre eux et conserve son mouvement en tourbillonnant sur lui-même.

L'homme sourit.

Merci.

¤¤

Ses yeux s'ouvrent. Ils sont des puits de mélancolie. Quitter ainsi le contact direct des vents, après avoir partagé une telle intimité avec eux est une douleur pour son cœur. Il les sent tout autour de lui ; ils sont là, l'entourant de leurs caresses. Mais il a du mal à se sentir aussi proche d'eux sans se concentrer avec intensité.

Il porte son attention sur Zoldik.

- Tes sens te permettent peut-être de le sentir, toi aussi. Le murmure.


Il lève alors une main qu'il place entre eux, au niveau de leur tête.

- Entre nous se tend à présent un fil d'air. Il nous permettra d'échanger une pensée. Que ce soit une parole, une perception ou même une idée, nous pourrons chacun faire parvenir à l'autre cette pensée. Quelle que soit la distance qui nous sépare, le murmure offrira la pensée à l'autre.


Il précise alors ce qu'il a en tête :

- Quand tu voudras me donner ta position, visualise ton emplacement vis-à-vis des alentours. J'ai espoir que tes capacités d'assassins te permettrons de te repérer avec précision. Ma formation de cartographe me permettra de te rejoindre si je peux me représenter les alentours de ta localisation.

Sur ces mots, il se tourne vers le blessé et le redresse avec douceur. Celui-ci retrouve une infime parcelle de ses esprits, juste assez pour comprendre que l'on cherche à le transporter. Il trouve la force d'user d'une jambe et Teinakh le soutient. Il pose ses yeux verts sur son ami.

- Quoi qu'il arrive, prends soin de toi.




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Zoldik Fukushu
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Dim 31 Aoû 2014 - 10:30

Son désir de se séparer était la solution la plus judicieuse à notre problème. Mais après tout ce n'était que temporaire, chacun d'entre nous agira mieux s'il n'est pas avec l'autre. Mon esprit commençait déjà à imaginer tout un tas de scénario se terminant inévitablement par la mort de notre cible. Un petit sourire apparut sur mon visage pendant que j'étais perdu dans mes pensées. J'avais pris pour habitude d'être seul et l'idée de se séparer était pour moi comme une sorte de retour aux sources. Après tout, j'aurais beau dire ce que je veux, la solitude est quelque chose qui me va bien. Une ambiance dans laquelle je suis à l'aise.

Je me retournai et en tournant légèrement la tête vers lui je lui dis avec le sourire :

Je vais prendre soin de lui, tu veux dire ? En insistant bien sûr le « lui ». Prends aussi soin de toi mon ami, maintenant nous ferions mieux de nous dépêcher.

Sans attendre de réponse je me lançai à la poursuite des deux gros lards de tout à l'heure. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser « Que la traque commence ! » Rapidement les arbres nous séparaient déjà visuellement. Mais je savais qu'il ne resterait pas une éternité planté là à regarder dans ma direction ! Après tout, lui aussi ne pourra pas retenir ses pulsions beaucoup plus longtemps que moi.  
Allez savoir pourquoi, je ne pouvais plus m'empêcher de sourire. D'abord, l'image des deux sous-fifres en train de courir dans la forêt me faisait beaucoup rire, je les imaginais bien tous les deux en train de se dépêcher tout en essayant de cacher les traces qu'ils laissaient. Un travail pitoyable soit dit en passant.

Je finis bientôt par les rattraper. Je fis le tour aussi silencieusement que possible. Avec leur vitesse actuelle, je savais précisément où je devais arriver pour les surprendre.


Ils avançaient à une allure plutôt lente, l'un devant qui avançait en écartant les branches et l'autre qui marchait à reculons pour remettre les feuilles « droites » pour qu'un aveugle ne voie pas qu'ils étaient passés par là. Soudain l'un d'eux s'arrêta net ! Il tendit le bras dans une direction et l'autre se cogna dans son collègue. Il se releva et se retourna tout en disant :

Ho ! Tu fais quoi il faut qu'on … Il fait quoi ici celui là ?

La fin de sa phrase avait été prononcée sur un ton beaucoup moi ... confiant. Les deux hommes se tenaient là debout sans rien dire et me regardaient fixement. Je me tenais devant eux avec mon épée à la main et mon foulard enfilé. Mon maître m'avait dit, parfois il est plus efficace d'intimider sans parler. J'enlevai donc mon foulard et laissai apparaître un sourire carnassier. J'avais fait en sorte que mon visage soit le plus proche possible de celui d'un psychopathe. Et il semblait que j'avais fait du bon travail. Les deux semblaient terrifier. L'un plus que l'autre puisqu'il me proposa immédiatement de tout me dire. L'autre le frappa et me fonça dessus. Reproduisant le mouvement d'hier, j'esquivai son coup facilement et me retrouvai dans son dos. Il se retourna et cela me permit de lui enfoncer ma lame dans la gorge. Il tomba raide mort. Je me retournai vers le second. Il pleurait presque et me supplier de ne pas le tuer. Peut être allais-je l'épargner, il n'avait pas l'air d'être de ceux qui travaillent sous les ordres de Kartakh de leur plein grès.

Où est-il ?

Pas très loin, il se trouve dans une caverne au Sud d'ici.

Menteur.


Je fis un pas et il se mit à s'agiter

Je vous jure ! Je vous promet c'est la vérité.

Vous ne vous dirigiez pas vers le Sud. Où est-il ? Je ne répéterai pas.

Il se mit à crier, à implorer les dieux d'Aranor de le laisser en vie, il jura que c'était réellement au Sud. Mon bras se leva et juste avant que j'abatte mon bras sur lui, il changea d'avis.

Suivez le pic rocheux qui surplombe la forêt et ne changez pas de direction vous arriverez devant une grotte, il se cache à l'intérieur.

Comment en être sûr, il pouvait très bien m'avoir encore raconté n'importe quoi. Cela pourrait être un plan de Kartakh pour que je tombe dans un piège. Mais la magie de Kartakh revint et il commença à s'étouffer. Il arriva à prononcer un « Pitié seigneur Kartakh » avant de finir raide mort lui aussi. Il semblait avoir une emprise plus forte sur certain de ses hommes que sur d'autres. Cet épisode me rappela celui du jeune homme et me mit hors de moi.  

Je regardai le pic rocheux et dans ma tête raisonnait les mots : « Tiens toi prêt, pourriture ! J'arrive ! »[/b]

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Jeu 25 Sep 2014 - 13:17

 Ca y est. Il s'est élancé. En regardant son ami commencer sa traque, Teinakh est encore une fois fasciné par la légèreté, la fluidité et la liberté de ses gestes. Zoldik l'ignore certainement, mais ses mouvements semblent guidés par le Vent lui-même. Très vite, Teinakh se voit privé de ce spectacle par les arbres qui séparent les deux amis. Aussi, il se tourne vers sa destination. D'une voix douce et rassurante, il murmure à l'oreille de son protégé :

- Allez, garde espoir et courage. Je t'amène où tu pourras recevoir des soins et Zoldik va libérer ta belle... Tout va bien.

 Se mettant en marche, il se trouve pris d'une crainte. Et si Zoldik ne le prévenait pas... Le cartographe a mis en place entre eux un lien télépathique à usage unique : chacun peut faire passer à l'autre une pensée. Mais il craint que son ami ne l'utilise pas. En effet, Zoldik est un assassin. En tant que tel, Teinakh suppose qu'il est formé à agir seul. Pourtant, les deux amis forment à présent une équipe et Teinakh espère que son compagnon usera bien du courant d'air pour le prévenir.

 Cet espoir qu'il nourrit lui pose soudain question. Après tout, pourquoi craint-il à ce point que Zoldik agisse seul ? Il a beau le connaître depuis peu de temps, l'aperçu qu'il a eu de ses capacités devrait le convaincre que son ami pourrait être capable de vaincre leur ennemi seul. C'est alors que Teinakh comprend d'où lui vient sa crainte. Les récents évènements ont développé en lui une haine concrète contre Kartakh. Une haine brûlante et violente dans le brasier de laquelle s'enflamme un désir ardent de faire souffrir cette pourriture...

 Aussi, s'il espère que son compagnon le préviendra, c'est parce qu'il veut être présent quand Kartakh paiera. Il veut le voir ramper et craindre comme ses subordonnés le font devant lui. Il veut le voir supplier la pitié. Et...

 Il veut voir ses yeux quand il la lui refusera comme il la refuse à ses victimes et à ses hommes.

 Sentir cette haine en lui le surprend ; l'effraie, même. Il se trouve désemparé devant la puissance d'un sentiment qu'il n'a jamais éprouvé. La violence pure, la volonté de détruire un homme. Il prend conscience que depuis l'épisode avec le jeune homme qu'il transporte, toutes ses pensées sont dardées vers Kartakh et vers la souffrance qu'il aspire à lui infliger. Et cela lui déplaît.

 Cela ne lui convient pas. En se montrant honnête avec lui-même, il comprend qu'il ne s'agit pas de savoir si Kartakh mérite ou non d'être l'objet d'une telle haine. En fait, la seule chose sur laquelle le cartographe se questionne, c'est le fait de ressentir ce sentiment. Il sait que les réponses à son hésitation lui sont pour le moment hors de portée, qu'il a besoin de temps pour les atteindre. Et il sait aussi que, quoi qu'il en soit, il veut être aux côtés de Zoldik quand il mettra la main sur leur cible.

 Son espérance et telle qu'il se trouve sur le point d'user la pensée télépathique dont il dispose pour supplier son ami de le prévenir au moment opportun. C'est précisément à l'instant où il s'apprête à le faire qu'il arrive au village. Et s'il se trouve arrêté par cette arrivée, c'est parce qu'un détail le gêne dès le moment où il quitte l'orée des arbres pour s'approcher des premières maisons...

 Le soleil est haut dans le ciel et Teinakh estime qu'il est un peu plus de 14h. Les rues sont occupées comme l'on en attendrait des rues d'un village de montagne à cette heure. Le cartographe a ralentit, observant avec attention son environnement, cherchant à déterminer la source de sa désagréable sensation. Quelques secondes lui sont nécessaires pour comprendre. Il y a quelque chose de fuyant dans le regard des passants. Non qu'ils l'évitent lui en particulier, mais ils paraissent tous préoccupés. Ou bien trop occupés à faire comme s'ils ne l'étaient pas.

 Teinakh se dirige d'un pas tranquille vers l'auberge en évitant les larges rues dans lesquelles il serait facilement détectable, tous les sens en alerte. Après quelques instants, il parvient à un angle de ruelle lui offrant une vue directe sur l'établissement tout en lui évitant de s'exposer. Il dépose délicatement son protégé au pied d'un mur et se penche discrètement à l'angle. Devant la porte du Chêne Noir, deux hommes patibulaires montent la garde, repoussant quiconque passe trop prêt de la porte de la taverne. Il semblerait que quelque chose se trame à l'intérieur.

¤¤

- Phyross, je t'en pris... Ne m'oblige pas à être méchant. Je déteste être méchant...

 La voix de l'homme est languissante, presque suppliante. Sa victime peine à relever la tête. Le nain est attaché à une chaise, encadré par trois hommes : l'un d'eux tient la chaise quand les deux autres cognent. Quatre autres hommes les entourent, se délectant de la scène, prêts à fracasser tout inconscient parmi les clients de la taverne qui se sentirait soudain courageux... ou qui tenterait de fuir. Et, face au nain, dirigeant l'interrogatoire, se tient un huitième homme. Le seul qui mérite vraiment un instant d'attention particulière.

 Contrairement aux autres balourds, il est grand et surtout très fin. Sa musculature semble inexistante tant il est chétif et ses membres sont maigres autant qu'ils sont longs. Il porte des vêtements sales et trop petits pour lui, et ses cheveux forment un tas grossier de bouclettes sales sur le haut de son crâne. En somme, tout son corps tend à le montrer comme quelqu'un de ridicule, voire même pitoyable. Pourtant, ses yeux jaunâtres brillent d'une lueur effrayante. Une lueur sale, malsaine et empreinte de folie. De même, sa démarche désarticulée impose une sensation de déséquilibre à quiconque pourrait le voir.

 Le tenancier relève tant bien que mal son visage maculé de son sang. Il bénit la nature résistante de sa constitution, grâce à laquelle il est toujours conscient. Cependant, il sait que cela ne durera pas. Les hommes qui l'entourent frappent fort et surtout, ils ont le temps. Il prononce ces mots d'une voix haletante, ayant conscience que son entêtement le mènera très certainement à sa mort :

- Tu n'obtiendras rien de moi, Ja'r... Depuis... Depuis que Kartakh a pris la suite de son père, je n'ai jamais cessé de souhaiter qu'il soit défait. Je ne te dirai... rien sur ceux en qui je nourris le plus d'espoir en ce sens. Je ne te dirai pas... ce que je leur ai révélé, tout comme... je ne te dirai pas ce qu'ils sav...

- AAAAAAAAAHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 Sans attendre la fin de sa phrase, Ja'r a ouvert des yeux fous et c'est jeté sur le nain, le rouant de coups.

- PHYYYROOOOOOOOSS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! SALETE DE NAIN !!!!!!!!!!!!!!


 Personne ne s'interpose et le fou maigre s'arrête, haletant, quand le tenancier est au bord de l'inconscience. Il observe sa victime pendant quelques instants, le toisant de ses yeux écarquillés. Alors, il éclate d'un rire qui fait frémir jusqu'à ses propres hommes. Il se penche à la hauteur du nain, saisit ses cheveux et lui susurre d'une voix grinçante :

- Non, Phyross... Je ne te permets pas de t'évanouir. Tu vas rester avec moi et je vais te faire parler...

 Sa bouche se voit déformée par un ignoble rictus de colère.

- Tu m'entends ? Tu vas parler... Tu vas PARLER !!!!!!!!!!!!!!!!

 Il lève de nouveau son poing déjà rouge du sang du tenancier.

- Il SUFFIT !

 La voix a claqué. Tous les regards de la pièce se tournent vers l'entrée, d'où est provenue l'injonction. Un homme se tient dans l'embrasure. Il porte une combinaison de cuir et de métal et ses mains tiennent avec délicatesse mais fermeté une longue chaîne. Son visage est en grande partie caché par le contre-jour. Pourtant, chacun peut y lire une expression déroutante : l'homme est calme, au point que cela en est déstabilisant, et au creux de ce calme pulse une brutalité sourde, doublée d'une concentration extrême.

 Ja'r lui-même se voit intimidé pendant quelques secondes. L'homme use de ce temps pour ordonner, d'une voix calme reflétant l'expression de son visage :

- Tu veux des renseignements sur ce que je sais ? Viens donc m'interroger.




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Zoldik Fukushu
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Dim 28 Sep 2014 - 13:00

Je me dirigeai rapidement vers l'endroit où se trouvait Kartakh, même si pour cela je me devais d'être moins silencieux que d'habitude. De toute façon c'est une forêt et une multitude de bruits se mêlent aux miens, me rendant tout de même discret.
Suivre le pic rocheux, je faisais en sorte de ne pas le quitter des yeux, mais le terrain ne me facilite pas la tâche. En plus de tous ces facteurs naturels venaient s'ajouter un nouveau facteur auquel j'ai rarement été confronté. Mes pensées s'égaraient parfois et je me demandais ce qui pouvait bien se passer du côté de Teinakh. Il n'était pas l'homme le plus fort que j'avais vu de ma vie, mais je pense que ses aptitudes physiques sont suffisantes pour qu'il puisse ramener le gamin jusqu'à son village. Dans tous les cas, si jamais il avait besoin de mon aide, il n'hésiterai pas à me le dire. À moins qu'il ne veuille régler le problème seul.
Je m'arrêtai puis me retournai et regardai derrière moi. Le sentais le vent coulisser entre les feuilles des arbres. Il soufflait face à moi. Comme pour me dire de ne pas m'en faire. Je me remis donc à courir dans le sens du vent. Soufflant dans mon dos je sentais qu'il m'indiquait la direction à prendre. Je pouvais presque l'entendre me murmurer :« Fait lui confiance ... »
Armé d'un sourire et d'une volonté renforcer, je me dirigeai de nouveau vers lui. Vers ma ci... Notre cible.

J'arrivai à l'entrée de la grotte après un long moment. Le soleil était un peu descendu dans le ciel, mais il restait encore longtemps avant que la nuit ne tombe. L'entrée de la grotte ressemblait plus à l'entrée d'une caverne. L'entrée était ovale et faisait environ une fois et demi la taille d'un grand homme en hauteur. Elle était cependant beaucoup plus large et possédait une sorte de préau en pierre, soutenu par un pilier rocheux.

Deux gardes étaient postés à l'entrée. L'un était allongé par terre et semblait se reposer, tandis que son camarade lui, semblait s'ennuyer comme un rat mort. Il tournait le dos à l'homme allongé et ceci allait grandement me simplifier la tâche.
Les hommes étaient plus musclé que moi. Mais il semblait aussi moins agile. Tout deux habillé de cuir, celui qui dormait porter une sorte de casque en cuir qu'il avait disposé sur son visage. Impossible de dire à quoi il ressemblait. L'autre possédait une belle moustache noire. Il était chauve et avait visiblement de grosses mains. Il possédait une épée à deux mains avec laquelle il faisait un petit bruit répétitif. Malgré les cliquetis du métal sur la roche, son compère semblait dormir aussi bien que dans un lit douillet.

Je fermai les yeux pour me concentrer avant de passer à l'action. Je n'aurai probablement plus de temps mort, il était donc crucial que ma concentration ne se relâche pas.
Les yeux fermés, je devais visualiser l'entrée de la grotte. Les hommes qui en surveillaient l'entrée aussi efficacement que des enfants. J'avais le choix de l'approche, les hommes ne savaient pas que je les espionnais. J'optai pour une approche terrifiante. Le but est de faire mourir les hommes sans que les autres ne le remarque. Une fois qu'ils se retournent, ils aperçoivent leur ami mort à terre et commence à regarder dans tous les sens. Il fallait que j'installe un climat de panique au niveau des hommes de Kartakh.

Pour commencer, je m'occuperai de l'homme endormit. Beaucoup m'auraient traité de lâche. Moi je me qualifie de malin.
Le chauve tournait toujours le dos à son compagnon. Aussi silencieux qu'une ombre, je m'avançai lentement en direction de l'homme endormit en me tenant autant que possible dans le dos de l'autre. Je sortis ma dague lentement pour éviter tout bruit. Une fois que je m'estimais trop proche je retins ma respiration. Les secondes devenaient plus longue et chaque pas était une épreuve d'agilité. J'arrivai à hauteur de ma première victime. Un coup de dague rapide sur le gorge bien dégagé et sans un bruit il était mort. Je pris son casque et repartis de là d'où je venais. Je fis le tour et je me plaçai derrière un buisson situé en face du deuxième garde.
Maintenant je devais attendre qu'il dévie le regard. J’attrapai un cailloux et j’attendis … patiemment. Finalement, un oiseau fit un bruit dans une direction opposée à la mienne et il regarda dans cette direction. Je lançai mon cailloux à ce moment pour qu'il atterrisse dans son dos. Le bruit le fit se retourner instantanément.

Dorgue ? C'est toi ?

Pas de réponse. L'inquiétude le gagna. Et il partit voir son collègue.

C'EST PAS VRAI ! À L'AIDE !

Il se mit à hurler aussi fort qu'il pouvait. Probablement pour que les hommes à l'intérieur de la grotte l'entendent. Il attrapa son épée et commença à me chercher. Les autres arrivèrent à peu près au même moment. J'avais profité de la distraction pour accrocher le casque à une branche basse, bien en évidence et je refis le tour de l'autre côté. Les hommes hurlaient tous des ordres et c'était plus le chaos qu'autre chose. Tant mieux pour moi. L'un d'eux s'éloigna du groupe et repéra le casque.

Par là ! Il y a quelque chose !

La plupart d'entre eux se précipitèrent pour aller voir tandis que deux restèrent près du cadavre. J'étais monté au-dessus de l'entrée de la grotte et me situé au-dessus de ces derniers. Je sautai dans le vide et ma dague se planta droit dans la nuque de l'un d'entre eux. Il mourut sur le coup. Prit par surprise, l'autre ne réagit quasiment pas et d'un mouvement circulaire je lui tranchai la gorge. J'escaladai je courus silencieusement pour retourner derrière un arbre. Quand les quatre autres grades revinrent, ils ne purent que constater les fait. À l'endroit précis où se trouvait le cadavre, il y en avait deux de plus. Et il n'avait rien entendu. À force de hurler, on ne peut entendre les sons qui peuvent être important. La panique s'empara d'eux ! Ils brandirent leurs armes et se tournaient dans tous les sens. J'entendis même l'un d'entre eux dire : « Que les dieux nous viennent en aide ». Cependant, le seul dieu prédisposé à les écouter dans les instants à venir, n'est autre que le dieu de la mort. Et il n'aide personne. Je sortis de derrière l'arbre. Sûr de moi, le visage grave. Ils me remarquèrent immédiatement. Une dague dans une main, mon épée courte dans l'autre.

L'un d'eux chargea immédiatement. Avec sa lance il croyait avoir l'avantage de la portée, mais voilà. Grâce à une esquive relativement bien exécuté, je me plaçai contre son torse et en tournant sur moi-même je lui entaillai sérieusement l'abdomen. Il tomba à terre, sur le dos et je lui écrasai la gorge avec un coup de pied sec.

Votre patron m'a provoqué. Toute personne qui le défendra mourra de ma main, ou de celle de mon partenaire. Je ne répéterai pas. À vous de voir.

Le chauve qui était initialement à l'entrée de la grotte me lança un regard d'une noirceur et me cria dessus de toutes ses forces :

JE VAIS TE TUER GAMIN ! TU VA REGRETTER CE QUE TU AS FAIT !

À ta guise, lui ai-je répondu avant de me mettre en position de combat.

Ils se mirent à courir comme des fous vers moi. Je lançai ma dague vers le chauve qui se la prit en plein dans l’œil. Il tomba tête la première, mort sur le coup. Grâce à mon jeu de jambe je partis à 90 degrés à ma droite. Celui qui se situait à droite du chauve tenta de me suivre, mais il glissât et se retrouva penché, la nuque bien exposé. Je plantai ma lame dans cette dernière et fonça sur le dernier homme encore vivant. Il lâcha son arme dans un dernier espoir d'être épargné. Mais sans m'en préoccuper je lui tailladai la gorge, coupant quelques doigts d'une de ses mains levée au passage.

Sept cadavres gisaient maintenant à l'entrée de cette grotte. Les charognards auraient de quoi manger ce soir. Après avoir récupéré ma dague et ranger mes armes je me tournai vers l'entrée de la grotte. L'endroit où il se trouvait. Je me concentrai afin de sentir ce fil d'air qui me reliait de Teinakh. Il me fallut un long moment pour parvenir à le sentir. Une fois que je me sentais prêt, je visualisai avec autant de précision que possible le pic rocheux et l'entrée de la grotte.
Soudain, je ne sentis plus rien. Le fil d'air avait disparu ? Je ne me préoccupai pas davantage de savoir si ma pensée avait été oui ou non transmise. Je lui faisais confiance, il trouveras ! Et je devais attraper Kartakh avant qu'il ne fuit !

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Mar 7 Oct 2014 - 19:25

Le Chêne Noir est envahi par un moment de flottement, au point que le temps lui-même semble s'être arrêté. Les bandits ont les yeux rivés sur le jeune homme aux cheveux de corbeau. Ils ont tous à l'esprit que leurs deux camarades les plus imposants gardaient la porte. Aussi, leur cerveau ne parvient pas à appréhender la présence de ce chétif étranger. Leur déroute est telle qu'ils ne comprennent pas qu'ils sont faces à l'un de ceux que leur chef recherche activement.

Ja'r, lui, sourit. Les deux brutes à l'extérieur n'ont rien dans le crâne, mais ils n'en restent pas moins deux hommes d'une force physique hors du commun.

Alors, Ja'r veut savoir.

Comment ce jeune homme s'y est-il pris pour se trouver dans l'encadrement de cette porte ? Les yeux fous de l'homme observent avec ardeur l'étranger tandis que son esprit déséquilibré analyse ce qu'il perçoit pour chercher à déterminer un scénario plausible. Son arme étrange. Son armure insolite. Son port martial. Son regard en acier trempé. L'intérêt que Monsieur lui porte. Autant d'éléments que Ja'r ne parvient pas à appréhender dans leur totalité. Il comprend, il perçoit la puissance du jeune homme, mais cela ne lui suffit pas.

Alors, Ja'r veut goûter.

De son côté, Teinakh patiente. Son esprit est tendu comme un arc, concentré à l'extrême. Son corps est souple et détendu, prêt à libérer la vivacité sans limite qui coule dans ses muscles. Sa respiration contient ces deux comportements : elle est régulière, imposant la concentration à son esprit, et elle est ample et profonde, offrant à son corps la souplesse des Vents. Il patiente car sa localisation lui offre un net avantage de terrain : quand ses adversaires se rueront sur lui, il n'aura qu'à reculer d'un pas. L'encadrement de la porte deviendra alors le pire des obstacles pour ce groupe désorganisé et Elizra les cueillera tous.

Enfin, si Phyross est trop mal en point pour avoir conscience de la scène, ses clients semblent ne pas vouloir en rater une miette. En effet, les yeux de la petite assemblée passent des brigands à l'étranger, que certains reconnaissent comme faisant partie de l'étrange duo de la veille au soir. Chacun se demande comment la rencontre va se résoudre.

Tout-à-coup, les hommes de Kartakh semblent avoir assez attendu. D'un braillement commun, ils se ruent sur le jeune homme. Au moment où celui-ci juge qu'il est temps de faire un pas en arrière, un cri plus fort encore explose.

- CA SUFFIT !

Le cri est violent, puissant et brutal. Sous son effet, les hommes s'arrêtent et tourne leurs yeux perplexes vers Ja'r.

- Ben, patron... Qu'est-ce que ça veut dir

- TOI, TU LA FERME !!!!

Ja'r transperce ses hommes du regard. Un sifflement traverse ses dents serrées.

- Je brise la nuque du premier qui fait un pas de plus vers lui.

Il tourne alors ses yeux fous vers Teinakh.

- Il est à MOI !!!



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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Sam 11 Juil 2015 - 19:26

Avant de rentrer dans la grotte il me fallait faire savoir à Teinakh où se trouvait l'homme que nous recherchions. Une infâme pourriture qui avait gâché bien trop de vie pour être pardonné. « Rappel toi ! Rappel toi ! » me disais-je. Je me concentrai le plus possible pour pouvoir l'entendre, le murmure qui reliait nos esprits. Mais je n'entendais que le vent traversant la forêt. Alors, je me mis à écouter. À écouter de plus en plus. Le vent semblait parler, même si cela est un grand mot. C'était une sensation unique, une impression de tranquillité malgré que les chuchotements n'arrêtaient pas de tourner autour de ma tête. Puis une image se forma dans mon esprit. D'abord, très sombre. Au milieu de rien. Cependant, j'arrivai tout de même à discerner une silhouette. Elle ne bougeait pas, ne disait rien et il m'était impossible de voir son visage dans cette pénombre. Je décidai donc de m'avancer vers lui. Je voulais savoir qui il était, mais au fur et à mesure que je m'en approchais il semblait s'éloigner. Alors, je m'arrêtai, me tenant aussi immobile que lui. Je pouvais la sentir, cette sensation de franchise. Pour commencer à discerner un sourire sur le visage de cet homme. Mais son visage ne comportait aucun autre trait. Où avais-je déjà vu ce sourire ? Et à ce moment-là, le sourire s'intensifia. Pour paraître encore plus apaisant qu'avant. Il ne pouvait s'agir que du sourire de Teinakh. 

-Je sais que tu m'entendras ! Suis le pic rocheux jusqu'à la grotte mon ami. Je pars devant.

La silhouette sembla vouloir dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Je m'apprêtai à lui demander ce qu'il voulait dire, mais les chuchotements s'arrêtèrent immédiatement. Je regardai autour de moi et lorsque que mon regard revint sur Teinakh, il n'était plus là. Le message était-il passé ? Quelle question idiote ! J'avais la sensation de savoir que oui, il l'avait forcément reçus. Lorsque je rouvris les yeux, le vent ne soufflait plus aussi fort. Un petit sourire apparut sur mon visage. Et maintenant il me fallait préparer le terrain. 

Je m'approchais de l'entrée de la grotte doucement. Personne d'autre n'était revenue. Kartakh avait-il trop peur d'envoyer de nouveau homme ? Cette supposition peut tout aussi bien être vrai que s'il me tendait un piège à l'intérieur de la grotte. Dans tous les cas je ne comptais pas me précipiter. Si près du but, il ne faut pas se relâcher. Alors, je décidai d'aller explorer le début de la grotte.

Une fois à l'intérieur, les couloirs de la grotte devinrent plus large. Je regardai d'abord autour de moi, puis, je remarquai un petit rebord en hauteur. La grotte est relativement sombre et étant vêtus de noir j'escaladai la paroi afin de me hisser en hauteur et d'avancer dans l'ombre du plafond de la grotte. Le chemin n'était pas très praticable, j'avançai donc lentement, mais sûrement. Au bout de quelques minutes, je remarque que le couloir dans lequel je me trouve se sépare en trois autres couloir. Celui de droite semble s'enfoncer dans les profondeurs de la terre. Celle du milieu est beaucoup plus large que les deux autres, mais semble tout de même moins haute. Il y a donc peu de chance que je puisse me déplacer en hauteur. Je décidai donc, de ne pas aller explorer cette partie là. Enfin le troisième couloir semble être relativement similaire à celui dans lequel je me trouve. M'armant un peu de patience, j'attendais, perché sur un rebord du plafond et dans le noir. 

Au bout d'un certain temps, deux gardes firent leur apparition. Ils semblaient beaucoup plus jeunes que ceux auquel on avait eu à faire auparavant. L'un d'eux possédait des cheveux blonds, qui descendait en dessous de ses oreilles, il devait avoir à peine une vingtaine d'années et était armé d'une lance. L'autre, qui devait avoir à peu près le même âge, tenait à deux mains une petite épée. Il avait des cheveux d'une couleur sombre et très court avec une petite tresse qui tombait sur son épaule. 

Ils étaient pris d'une peur presque palpable. Leur pas était hésitant au possible et leurs regards fixaient la sortie sans même cligner des yeux. Enfin bon, les tuer ici ne me servirait à rien et je choisis donc d'explorer le couloir duquel ils venaient, c'est-à-dire celui tout à gauche. En faisant le moins de bruit possible je descendis de ma paroi pour grimper sur celle d'en face. Tout cela en gardant un œil vers la sortie, c'est-à-dire vers les deux jeunes hommes. 

Il était temps de voir ce qui se cache au fond de ce couloir en attendant l'arrivée de mon compagnon.

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Teinakh Daergen
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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Jeu 1 Oct 2015 - 15:29

Jaune. Telle est la couleur de la folie. Telle est la couleur des yeux de Ja'r. Un jaune froid, sale et surtout, un jaune qui tente de transpercer l'esprit de Teinakh. Le cartographe se voit désarçonné par la puissance pernicieuse de ce regard. Il se voit user d'une énergie considérable pour tenter de retrouver sa concentration. Mais cet être provoque autour de lui les mêmes cassures que celles dont fait montre son corps maigre et tordu. Il aurait été logique qu'il laisse ses hommes attaquer à plusieurs. Il aurait été bénéfique que Teinakh use de ce nombre pour que l'encadrement de la porte les gêne. En un instant, peut-être sans même le vouloir, Ja'r a totalement changé la donne. Son esprit tortueux autant qu'il semble torturé en a voulu autrement. A présent, son regard fou et écarquillé sème le trouble dans l'âme de Teinakh. Le cartographe sent son corps se crisper et sa respiration perdre sa régularité. Un instant. Juste un instant. Il n'a besoin que d'un instant pour retrouver l'équilibre qu'il avait atteint.

Le choc est terrible. Ja'r se montre impitoyable. L'instant lui a suffi, à lui aussi. Propulsé par une détente terrifiante, son corps s'est élancé en avant. Son pied gauche est venu achever une grande courbe juste dans le creux du coup de son ennemi. Pourtant, ce qui sonne Teinakh, c'est le choc mat de sa tempe contre l'encadrement de la porte. Son corps titube, Elizra s'échappe et s'écoule à terre. Ja'r échappe un rire grotesque et saisit le visage du cartographe, rapprochant le sien jusqu'à ce que leurs respirations se mêlent.

- Alors ? On voit trouble ?

D'un geste brutal et précis, il remonte son genoux, fracassant le nez de son adversaire. Teinakh se trouve projeté en arrière. La douleur explose dans sa tête tandis qu'il répand des éclaboussures de son sang sur le plafond. Alors qu'il tombe en arrière, il sent son esprit divaguer, son être baigner dans la douleur. Et au cœur de cette douleur, il sent le souvenir de la douceur des rayons du soleil du matin caresser son âme. Obéissants à un réflexe résultant d'années de pratique, ses poumons se remplissent d'une profonde inspiration, emplissant son corps de la vigueur des Souffles. Son pied droit recule brusquement, lui rendant son aplomb avant qu'il n'achève sa chute. Ses deux mains viennent saisir au vol le poing droit de Ja'r, qui fusait vers son plexus solaire. Telle une porte qui s'ouvrirait devant le bandit, le corps du cartographe pivote, entraînant l'agresseur dans son élan. Surpris et déséquilibré, Ja'r lâche une exclamation en tombant en avant. Alors, sans lui laisser le temps d'atteindre le sol, Teinakh lance une terrible impulsion des hanches, pivotant son corps entier dans le sens inverse de la chute de son adversaire. Or, ses mains tenaient toujours fermement le poignet du brigand.

Le craquement résonne dans toute la salle, rapidement couvert par le cri aigu de Ja'r. Agenouillé à terre, il tient son poignet droit, brisé par la manœuvre du cartographe. Celui-ci est encore titubant, il tient sa tête dans ses mains et respire avec ampleur, canalisant sa douleur pour ne pas la laisser envahir sa conscience. Le répit est de courte durée. Rapidement, les deux belligérants décident qu'ils ne laisseront pas le temps à l'autre de récupérer. Ja'r se relève d'un bond, sautant au cou de Teinakh. Le jeune homme lance ses doigts tendus dans la gorge du bandit, lui écrasant la glotte d'un geste vif. Coupé net dans son élan, le brigand se voit déstabilisé pendant une fraction de seconde. Usant de tout son torse, Teinakh délivre alors un fracassant coup de tête dans le creux du plexus de son ennemi. Le poitrail meurtri, ne pouvant user de son poignet brisé, Ja'r repli son bras droit et décoche un formidable coup de coude, que le cartographe reçoit en pleine mâchoire.

- JE VAIS TE BUTER !!! T'ENTENDS ?? TE BUTEEEEERRRR !!!!!!

Telle une bête sauvage, Ja'r se jette sur Teinakh. Celui-ci replie ses bras contre son torse et se laisse tomber avec son ennemi. Non, plutôt, il semble précéder son assaillant dans la chute. Se laissant tomber en arrière juste avant que Ja'r ne l'atteigne, il accentue là encore l'élan du bandit, amplifiant son mouvement. Emporté, le brigand se voit projeté en avant. Sa tête va percuter le mur avec un bruit sourd. Son corps s'effondre, face contre terre. Essoufflé, Teinakh se relève. Il saisit un tabouret et s'approche rapidement de Ja'r, en train d'essayer péniblement de se relever en grognant. Arrivé à sa hauteur, le cartographe empoigne l'épaule de son ennemi et le retourne vivement. Quand il voit le brouillard dans les yeux du brigand, il comprend que Ja'r ne réalise même pas qu'il est à présent retourné sur le dos. D'un revers brutal, Teinakh use du tabouret pour lui fait perdre le peu de conscience qui lui reste.

Lâchant le tabouret d'un geste nonchalant, le cartographe s'adresse aux autres hommes de Kartakh sans même se retourner vers eux. Sa voix est dure.

- Emmenez-le. Et n'oubliez pas ceux qui gisent dehors.

Obéissants à une peur sourde, les hommes s'exécutent et décampent rapidement, laissant l'assemblée des consommateurs bouche bée. Teinakh est dans le vague. Son esprit fonctionne au ralenti et son équilibre est précaire. Sa tête n'est que douleur cuisante, et cette douleur se répand dans son corps entier. Pourtant, il faut agir. Phyross et le jeune homme qu'il a laissé dehors ont besoin de soins rapidement. Alors le cartographe respire. Il respire amplement, avec profondeur et régularité. Le Vent pénètre délicatement ses poumons, puis diffuse une chaleur douce dans son torse. Les yeux fermés, Teinakh invite cette chaleur dans sa tête. Là... A présent, le combat est achevé. A présent, il faut agir car les choses ne sont pas terminées. La douleur s'estompe. Les blessures sont toujours là, la sensation aussi, mais elle est moins vive et le jeune homme peut penser et agir. Ses yeux s'ouvrent.

S'il a la sensation que sa visualisation a duré de longues minutes, elle n'a en réalité pas été plus longue que quelques secondes. Parmi les témoins, personne ne s'est encore mis en mouvement et chacun a les yeux rivés sur Teinakh, ne sachant vraiment quelle position adopter vis-à-vis du combattant. Lui ne laisse pas plus de temps s'écouler. Sa voix est douce et ferme quand il s'adresse à eux :

- Je veux que trois hommes amènent maintenant messire Phyross chez votre homme de soins. Et j'en veux deux autres avec moi. Il y a un autre blessé à secourir.

Animés par le ton de Teinakh, reconnaissant que ce qu'il ordonne est juste, l'assemblée se met rapidement en mouvement. Trois grands gaillards saisissent le nain tandis que deux autres emboîtent le pas du cartographe, qui a saisit Elizra et qui est en train de l'enrouler tout en sortant de la taverne. Dehors, les premiers curieux forment ce qui sera dans quelques courtes minutes un attroupement. Les gens vont se rassembler rapidement, cherchant avidement à satisfaire leur curiosité et ils occuperont tout l'espace qui leur sera laissé, peut-être sans aucune attention à laisser le champ libre pour que les deux blessés soient transportés rapidement. Teinakh sent son cœur se fermer. En lui naît une rancœur envers cette foule naissante qu'il considère déjà comme étant insensible et même nuisible.

Alors qu'il passe entre les premiers curieux, une main se pose doucement sur son épaule. La douceur du contact le tire brusquement de l'ombre de ses pensées et il se retourne rapidement, l'esprit rempli d'un étonnement total. Ses yeux se posent sur le visage d'une jeune femme. Un visage tranquille et surtout, un visage reconnaissant. Le ton de sa voix porte les mêmes marques.

- Etranger, nous te remercions tous chaleureusement pour ce que tu as fait. Et nous te remercions également pour ta solicitude à l'égard de Phyross et de ce jeune homme, quand bien même ce dernier n'est visiblement pas de chez nous. Tu as agis en appliquant ce que tu sais faire et nous te sommes redevables.

Teinakh est sonné. Il ne s'attendait pas à cela le moins du monde. Pourtant, maintenant qu'il fait attention à regarder les visages des gens qui l'entourent, il ne peut avoir de doute : l'assemblée entière partage le sentiment que la jeune femme lui décrit. Celle-ci continue :

- Mais l'heure n'est pas à l'expression des dettes. Nous t'offrirons toute notre gratitude plus tard car il y a plus urgent. Ce village, c'est chez nous. Et au sein de nos murs sont présents trois blessés. Il est de notre responsabilité d'apporter notre aide à ceux qui en ont le besoin.


Le cartographe est pris de court. Tous ces gens qui l'entourent et qui se rassemblent ne sont pas la foule qu'il s'apprêtait à détester. Ils sont des personnes attentives, actives et s'ils s'approchent, c'est pour agir. Le visage de Teinakh se détend et sur ses lèvres fleurit un sourire doux. Voilà qui lui apprendra à fermer son cœur...

- Mes blessures ne sont pas aussi sévères que celles des deux autres blessés. De plus, je souhaite repartir rapidement : mon compagnon a besoin de moi. Je vous suivrai car j'admets avoir besoin de soins, mais je vous prie de prendre ces paramètres en considération.

La jeune femme lâche un sourire complice.

- Quel homme d'action, celui-là ! Ne te tracasse pas : notre homme de soins n'est pas le seul à savoir appliquer des remèdes. Chez lui, nous trouverons de quoi te soulager rapidement pendant qu'il officiera. A présent, viens avec moi.

Teinakh se met donc en marche derrière le pas rapide de sa guide. Devant lui, des hommes portent les deux blessés tandis que quelques villageois se sont empressés d'aller prévenir l'homme de soins et de lui apporter leur aide afin qu'il soit prêt quand les patients arriveront. Car leur route n'est pas longue : quelques minutes seulement séparent le Chêne Noir de leur destination. Quand Teinakh arrive, les blessés sont déjà pris en charge. Lui-même est rapidement soigné : tandis que la jeune femme qu'il suivait lui amène une chaise pour qu'il s'installe, un habitant du village s'approche, apportant onguents et autres crèmes pour prodiguer les premiers soins au cartographe. Le jeune homme s'installe et l'homme commence à appliquer délicatement les onguents.

Alors, un murmure vient emplir l'esprit de Teinakh et avant qu'il ne reconnaisse de quoi il s'agit, il sent qu'il a appris. Il sait où se trouve la grotte dans laquelle se terre Kartakh. Ses émotions s'éveillent, s'enflamment et pourtant, il n'en montre rien. Les soins qu'on lui procure sont très efficaces : quelques minutes à peine après leur application, il commence déjà à se sentir réellement soulagé. Aussi, il ne tarde pas. L'esprit d'ors et déjà concentré sur son but, il remercie rapidement et sincèrement les villageois. Après s'être assuré que l'aubergiste et le jeune homme sont tous deux hors de danger, le cartographe se met en marche vers son but.

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MessageSujet: Re: Que le monde est grand ! [Privé Teinakh]   Sam 12 Aoû 2017 - 20:28

J’avançais dans ce couloir, sombre. Très sombre. On ne voyait presque rien. Et je me servais plus de mon ouïe pour savoir si quelqu’un s’approchait de moi. Le silence était pesant. J’ai toujours aimé le silence, mais ce dernier ne présageait rien de bon. Pas un son et presque aucune lumière. Il était facile pour moi de me fondre dans un tel paysage.

Ma progression était lente. Je voulais vraiment ne faire aucun bruit. En fait, si je révélais ma présence ici, il me faudrait faire des efforts énormes pour m’en sortir simplement vivant.
Au début de ce couloir, le sol était relativement plat et à la verticale. Je me serais presque risqué à dire que ce couloir avait été creusé. Au bout de quelques dizaines de mètres, le tunnel commençait doucement à s’enfoncer dans le sol. Cette légère pente me ralentissait, car il était plus difficile pour moi d’avancer dans un silence total si le sol est pentu.
D’où pouvait bien venir ces deux hommes ? Une des questions qui me passaient en boucle dans la tête avec d’autres. Qu’y a-t-il au bout ? Kartakh puisait-il son étrange pouvoir d’un quelconque objet ? Je pensais trouver ses réponses au bout.

Tout d’un coup, j’entendis comme une voix derrière moi. Je me retournai immédiatement, les yeux plissés pour tenter de discerner quelque chose dans ce couloir sombre. Mais apparemment rien. Pourtant, j’étais sûr d’avoir entendu quelqu’un. Sans doute un écho de quelqu’un d’autre dans la grotte, le son avait très bien pu se propager jusqu’ici. Je continuais alors ma descente vers le fond de ce tunnel. Puis encore un bruit, cette fois plus proche. Les parois rocheuses répercutaient tellement le son, qu’il était difficile de dire si ce dernier venait de devant ou de derrière moi. Les mots qu’ils prononçaient étaient indiscernables.  Même avec toute ma volonté je ne parvenais pas à reconnaître le moindre mot. Le temps entre deux échos devenait de plus en plus faible, au fur et à mesure que je descendais. Je me disais que je ferai mieux de remonter et d’attendre Teinakh avant d’explorer la grotte. Il aurait été plus malin de le faire à deux. D’autant plus que si Kartakh se trouvait dans un autre tunnel et qu’il sortait pendant que moi j’étais ici … nous aurions raté notre chance et il faudrait tout recommencer.

Je décidai alors de faire demi tour. J’avais bien avancé dans ce tunnel et toujours pas de lumière. Il était donc peu probable que Kartakh ce cache dans celui-ci. Je m’apprêtai à faire mon premier pas sur le chemin du retour quand ces mots raisonnèrent : « Que fais-tu ici mon petit » ?

Kartakh !? Non ! La voix était bien trop féminine pour que ce soit celle d’un homme. Mais alors qui ? D’autant plus que je me trouvais être seul dans ce couloir. Un peu affolé, je commençai à regarder un peu partout autour de moi. Puis la question se répétât une fois encore.

« Que fais-tu ici mon petit ?  Tu ne devrais pas être ici, tu sais ? »

j’avais l’impression que cette voix raisonnait dans ma tête. Qui me parlait ? D’où pouvait bien provenir cette voix ? Mes préoccupations avaient changé du tout au tout. Il fallait que je sorte d’ici et vite !

La voix se fit plus insistante :

« Tu ne devrais pas être là. Tu ne devrais pas être vivant, tu sais ? »

Tout cela n’avait pas le moindre sens ! Je devais sortir ! Tant pis pour le bruit. Je me mis à courir, mais après deux ou trois pas… je la voyais. Très nette et devant moi. Ma maison … Quand j’étais petit. Elle était là et puis les flammes l’emportèrent, tout comme dans mon passé. Je regardais autour de moi, mais rien autre que des flammes. Puis la voix raisonnât une dernière fois dans ma tête.

« Quel triste passé pour un si petit bonhomme. Vraiment dommage que je doive vous tuer, toi et ton ami le cartographe. »

Puis plus rien ! Cette fois c’était la voix d’un homme ? Kartakh ? Sûrement. Il avait pu avoir accès à mon passé ? Il m’avait fait revivre ça ! Et puis la rage, une de celle que j’avais rarement, voir très rarement ressentie dans ma vie. Je tremblais de tout mon corps, peut être de peur, peut être de colère ou peut être des deux. Dans tous les cas, il n’y avait plus de doute possible, cet homme serait mort avant que le soleil ne se couche.

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