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 Un paradis sur mesure - [PV Thalian]

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Aëlym Laërdein
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MessageSujet: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Dim 6 Oct 2013 - 15:28

Le doux clapotis de l'eau sur le ponton qui surmontait le lac caressait les oreilles de l'elfe. Le murmure du vent portait calmement, presque avec amour, ses cheveux blondis par la clarté du matin. Aëlym était assise en tailleur sur les planches de bois dur et sombres qui formaient une avancée sur l'eau claire, un petit couteau à la main, taillant un bout de bois flotté qu'elle avait trouvé sur la rive en faisant le tour du plan d'eau. Le ciel était clair, quelques nuages blancs moutonneux parsemaient la voûte céleste colorée d'azur, côtoyant le calme soleil du printemps. La jeune femme se trouvait assez loin des routes et des villages pour profiter de la Nature luxuriante et accueillante qui se dressait tout autour d'elle, telle une aura bienfaisante. Son regard vert se posa sur son long sabre posé à coté d'elle, admirant une fois de plus son fourreau qu'elle avait mainte et mainte fois observé, couvert d'arabesques et de dessin d'argent légèrement en relief sur un fond bleu nacré.
Elle avait laissé Elwë partir seul faire le tour des environs, pour qu'il puisse se dégourdir les jambes, débarrassé de ses harnachements, libre de tout mouvements. Aëlym ne se faisait pas de soucis, elle savait qu'il ne la laisserait pas seule en s'enfuyant. Elle le traitait comme un ami plus que comment animal, comme un égal plus que comme un esclave. Les liens qui les unissaient étaient trop marqués, trop puissants pour que son jeune ami et compagnon ne l'abandonne.

Elle avait mit un temps à trouver un endroit loin de tout, car beaucoup d'elfes déambulaient sans cesse dans la grande forêt d'Enetari, mais après de longues recherches, elle avait fini par dénicher ce petit coin de paradis qu'elle n'avait jamais croisé auparavant. Un petit sentier à moitié caché par la végétation menait à  cet étang, et elle avait été obligée d'en faire le tour pour pouvoir rejoindre le ponton sur lequel elle s'était installée. Depuis cet endroit, elle avait une vue imprenable sur le plan d'eau : elle pouvait voir sans être vue, grâce à un grand saule pleureur qui projetait ses fines branches tout autour d'elle, créant un voile fin, un camouflage naturel, agréable et efficace, qui brisait légèrement le vent. Au pieds de l'arbre se trouvait les affaires d'Aëlym, donc quelques sacs de vivres, la couverture et la selle de son étalon qu'elle avait disposé sur une des premières branches de l'arbre, ainsi que son bâton de marche qu'elle ne quittait jamais.

Sa main effleura son ocarina, qu'elle caressa un instant avant de la porter à ses lèvres. Une douce musique sortit alors de l'instrument, accompagnant le balancement des feuilles dans le vent léger. Les notes s'élevaient vers le ciel , emportées dans les feuilles du saule, jusque dans la forêt environnante par la brise printanière. Aëlym soufflait dans sa flûte avec assurance, car elle était persuadée d'être seule, que seule la Nature pouvait écouter et apprécier sa musique. Tout en jouant, elle se pencha vers la surface lisse et sans défaut du lac, et observa avec attention les poissons colorés qui semblaient suivre la musique en se déplaçant en cercles, en spirales sous le ponton. La jeune elfe retint un sourire, continuant de jouer, amusée par cet étrange comportement. Des libellules se posaient sur le bois sombre, et Aëlym avait l'impression qu'elles écoutaient. Elle se redressa, s'assit de nouveau en tailleur, bien droite pour mieux réguler son souffle dans l'ocarina, puis elle se laissa aller à la musique. Ses yeux fermés par la concentration, elle s'impliquait de tout son être dans son air calme, entraînant. Ses doigts se déplaçaient rapidement sur l'instrument, sans aucune fausse note, car elle était habituée à jouer, et connaissait l'objet par cœur. Chaque son en faisait naître un autre, peut-être plus profond que le dernier, plus intéressant, plus vivant. Le vent soufflait de manière crescendo, suivant la musique d'Aëlym, l'épousant à la perfection. Plus rien ne semblait pouvoir arrêter ses mouvement sur l'objet de bois, elle était elle même entraînée par sa propre mélodie.

De longues ondes se propageait sur la surface du lac, entamant une danse de plus provoquée par le vent et les poissons. Les roseaux bougeaient eux aussi en rythme, la cime des arbres chantait grâce à leurs feuilles qui s'entrechoquaient, jusqu'à leurs tronc les arbres accompagnaient l'elfe, doucement, avec joie. La jeune femme ralentit peu à peu le rythme, installant un sentiment de manque, de besoin, de frustration dans sa musique, puis la dernière note vint, comme une caresse, mais une caresse insatisfaisante, car on aurait voulu que la musique ne s'arrête jamais. Le vent se transforma en une violente bourrasque qui souleva le rideau de branches qui entourait Aëlym, qui posa son instrument avec un sourire à la fois amusé et compatissant. Elle connaissait par cœur ce sentiment frustrant lorsqu'elle arrêtait de jouer. Elle même ne pouvait plus s'en détacher, une fois qu'elle avait démarré un air entraînant. Lorsqu'elle avait commencé à réellement jouer de la flûte comme elle le souhaitait, elle s'était surprise à rester des heures entières à jouer sans interruption tant elle s'impliquait dans sa musique. C'était pour elle une seconde nature : elle aimait créer des sons, elle y mettait tout son cœur, toute son âme, plus qu'elle ne le voulait réellement, mais cela ne la dérangeait jamais. Elle se sentait plus forte, rassurée, plus apaisée lorsqu'elle jouait. Autour du ponton, les grandes carpes koï se dandinait, le nez à la surface de l'eau, ouvrant leur grandes bouches comme pour réclamer un autre morceau de musique à l'elfe. Elle sourit d'autant plus, attrapa un morceau de pain qui lui restait dans la poche, l'effrita et le disposa en ligne sur l'eau, de façon à ce que chaque poisson en ait un peu.

Elle s'allongea doucement sur le ponton, appréciant l'instant, le vent, l'endroit où elle se trouvait en paix, s'étirant légèrement. Elle ouvrit les yeux, et observa les branches du grand saule au dessus de sa tête. L'arbre n'en avait pas beaucoup, mais il en avait de solides. Aëlym se demanda alors si quelqu'un d'autre était venu peu de temps avant elle. Cet endroit perdu semblait n'être habité que par la Nature, ce qui l'arrangeait beaucoup. Elle se laissa emporté par ses pensée, jusqu'à ce qu'un hennissement retentisse non loin de là. Elle se redressa rapidement, s'appuyant sur ses mains pour aider son buste à rester droit, et regarda autour d'elle. Elle n'était soudain plus du tout rassurée. Elle n'avait pas reconnu la voix de son cheval. Quelqu'un devait approcher.

Elwë ?

Une bourrasque emporta ses paroles sans qu'elle ne put l'en empêcher. Ses cheveux s'envolèrent un instant, suivant le large mouvement du rideau de feuilles qui découvrait la jeune femme. Soudain, elle le vit.
C'était un elfe plutôt grand, aux longs cheveux noirs. Il portait une sorte d'armure étincelante, tranchante par rapport aux couleurs mates de la Nature qui l'entourait. Sans qu'elle ne s'en aperçoive, Son regard vert vif croisa son regard gris argent. Cet instant lui paru une éternité, bien qu'il ne dura qu'une seconde. Un frisson terrible parcouru son dos, le long de sa colonne vertébrale, courant sur sa peau blanche qui se soulevait, se tendait comme s'il elle était entrée en contact avec glaçon, ou qu'elle s'était roulée dans la neige de son plein gré. Son épaule tiqua, ses mains se crispèrent sur le bois du ponton tandis que le rideau formé par le saule retombait, relâché par le temps qui semblait s'être arrêté. Instinctivement, sans se contrôler, ses membres se contractèrent si vivement qu'elle sauta assez haut pour pouvoir se retrouver accroupie sur l'une des solide branche de l'arbre qui l'abritait. Elle se retrouvait donc totalement hors de vue de l'inconnu, en hauteur, camouflée par les denses feuilles du saule, à demi en sécurité. Une fois perchée là haut, elle se rendit compte qu'elle s'était arrêtée de respirer, et se reprit, le souffle court.

Qu'est-ce que cet individu vient faire ici ? Cet endroit n'était-il pas perdu ? Me serais-je trompée ?

Un millier de question venait de naître dans l'esprit d'Aëlym. Que devait-elle faire ? Aller à sa rencontre ? Il ne pouvait déjà plus la voir, c'était quelque chose de plutôt rassurant pour elle. Soudain elle se souvint de ce qu'elle avait vu.

Mais non, bien sûr que non je ne peux pas aller à sa rencontre. Il est armé ! Peut-être qu'il me recherche ! Mais... Pourquoi ? Et comment m'aurait-il retrouvé ? Non, cet elfe n'a rien à voir avec moi. Il faut que je reste cachée. Il va passer, il ne m'a pas vue, enfin pas réellement. J'espère juste qu'il ne viendra pas m'embêter... Qu'il va s'en aller comme il est venu et que je pourrai continuer à m'affairer comme je le souhaite...  

Elle se rendit alors compte qu'elle avait laissé ses affaires au sol, ainsi que son sabre et son ocarina sur le ponton. Elle se maudit intérieurement, fût tentée de descendre pour aller récupérer au minimum ces deux objets en toute discrétion, mais elle savait que ça n'était plus possible : l'individu approchait, elle l'entendait parler à quelqu'un. Il avait une voix troublante, grave à souhait, qui n'inspirait ni la crainte ni la colère. Elle songea qu'il s'agissait peut-être d'une ruse et se dit qu'il ne valait mieux pas redescendre.

Avec un peu de chance, il ne passera pas trop près, et partira vite fait, bien fait... Et il ne piquera rien dans mes affaires... Enfin j'espère, parce que si non je serai obligée d'intervenir... Et sans mon ocarina, ça va être un peu complexe...

Elle se concentra sur les longues branches juste devant ses yeux, et se rendit compte avec satisfaction qu'elle pouvait aisément les manier. Leur finesse et le vent aidant beaucoup, elle parvint à donner une impulsion qui fit trembler les branches d'une manière anormale. Elle était assez satisfaite d'elle même. Elle se concentra sur le sol, et fit ressortir une multitude se racines, qui poussaient d'un seul coup, afin d'entraver les pas de l'inconnu si l'idée lui venait d'aller chercher dans ses affaires. Une fois ses pièges mis en marche, elle s'immobilisa, aplatie sur sa branche, recouverte de sa cape malgré sa couleur blanche qui contrastait avec la couleur du bois, c'était tout ce qu'elle avait pour se camoufler, car sa longue robe bleutée ne pourrait lui porter secours. Elle la retenait grâce à sa jambe qu'elle avait enroulée dans le tissu qui dépassait de l’abri de la large branche.

En espérant qu'il ne passe pas trop près... Et qu'il ne lève pas la tête...

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Thalian Lorwen
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Jeu 10 Oct 2013 - 17:40

Enetari. Un nom entouré des brumes changeantes du mystère. Un endroit où les rêves finissaient par recouper la réalité, et où les pires cauchemars devenaient de simples ombres parmi le monde des vivants. L’hospitalité de l’endroit ne tenait pas vraiment à son apparence mais à son être. Des murmures couraient à travers les arbres tels de virulentes anguilles en quête d’âmes à séduire ; on croyait que c’était dans sa tête. C’était sûrement vrai. Mais il n’y avait aucun moyen de le vérifier vraiment. Plongé dans la cinquième dimension, ce monde était avant tout celui du règne du silence imparfait, celui qui fait siffler vos oreilles et qui convulse votre estomac les nuits de pleine lune et qui le jour, égaré entre deux nuages, vous fait entrevoir la splendide lumière de l’absolu de la démesure.

Thalian revenait sur ses terres natales non pas pour se souvenir – ou pour accomplir un quelconque voyage initiatique qui l’aurait mené au-delà de sa propre raison ; non, il était là afin d’accomplir une mission bien précise, et en tant que Chevalier, les tâches ne manquaient pas. C’était son quotidien de voyager d’un bout à l’autre d’Aranor à la recherche de réponses. De personnes. De menaces potentielles. Il faisait son boulot comme n’importe qui, en étant n’importe qui aux yeux des autres. Mais lui, il savait qui il était. Pas ce Thalian Lorwen tel qu’il est répertorié dans le dossier de l’Ordre à la lettre L, mais plutôt tel qu’un elfe au caractère bien trempé, en marge de son institution, une personne qu’un inconnu pourrait découvrir. Pour peu que cette personne en eut envie.

Auryn, sa jument noire, avançait au bas dans le sous-bois qui se densifiait de minute en minute. Il suivait une piste, la piste fraîche de bandits. A la base, il n’était pas venu pour ça, mais jouer les justiciers dans un coin aussi reculé du pays, ça aurait toujours du bon. Du moins, c’est ce qu’il croyait. N’importe quel autre Chevalier aurait surement passé son chemin : lui, il voulait aider. N’allons pas appeler ça de l’héroïsme, mais plutôt un professionnalisme mal compris. Lui-même le comprenait assez mal.  L’elfe tira doucement sur les reines et stoppa sa monture.

- Exactement. Ablae sivi tweneo quoyni (1)

Il avait prononcé les derniers mots dans un dialecte elfe particulier, celui de son village natal, mais que sa jument comprenait à la perfection. Il n’avait jamais vraiment appris l’elfique de façon conventionnelle et s’était toujours contenté de son « patois » de villageois, certes proche de la vraie langue, mais qui n’avait pas autant de charme. Il descendit et posa un pied à terre. Sa botte s’enfonça dans l’humus de la forêt avec la même facilité qu’une pierre jetée dans un lac. Il regarda autour de lui : des arbres, tous semblables les uns aux autres, semblant se contempler dans une prière silencieuse qui n’avait pas de fin. Il décela quelque chose de surnaturel dans l’endroit, mais restait incapable de se l’expliquer. Prudent – peut-être l’était-il trop parfois – il porta la main à sa ceinture, et vérifia que son épée soit toujours en place. Parfait. Il ne voulait pas être pris par surprise par ces brigands.

C’est alors qu’il l’entendit.

Une douce mélodie s’éleva dans l’air, caressant ses sens avec une telle délicatesse qu’il sentait des gouttes de rosées colorées perler le long de ses mains entrouvertes. Immédiatement, il tendit l’oreille et chercha à localiser la provenance de la musique : mais tandis qu’il faisait cet effort, d’autres notes arrivaient, toujours plus joyeuses, toujours plus sereines, effaçant le souvenir qu’il avait des précédentes, à tel point qu’il lui semblait désormais que l’air venait de partout à la fois. Il se retourna. Un lac apparut de nulle part devant lui, il ne l’avait même pas remarqué. Soudain, la musique stoppa net, le laissant hagard, l'esprit comme inachevé ; et là, de l’autre côté du lac, il vit une silhouette féminine qu'il n'eut pas bien le temps de détailler, mais qui semblait l'attirer presque malgré lui. Il ne put que recueillir une impression, celle d'une beauté immense et d'un charme sans pareils qui… La jument hennit discrètement et le tira de sa rêverie, comme pour faire remarquer à son hôte qu’ils étaient occupés à suivre quelque chose d’important. Thalian regarda encore une fois sur la rive opposée : il devait sûrement avoir halluciné, car la silhouette avait disparu - et pourtant cette apparition fugace l'avait étourdi l'espace d'un instant ! Il aurait fait n'importe quoi pour pouvoir mieux voir cette personne, tant son coeur rebondissait dans sa poitrine en pulsations désordonnées. Mais il préféra se dire qu'il avait rêvé. Il se tourna vers Auryn, et s’approcha d’elle, lui murmurant des paroles dont lui-même était encore étonné du sens.

- Il y a quelque chose de pas naturel dans cet endroit, ma jolie. Je n’aime pas ça.

Il jeta à nouveau un coup d’œil vers le lac. La forme qui l’avait cru voir de l’autre côté – il avait été impossible de la détailler tant elle avait été fugace – s’était déjà estompée. Tout ce qu’il remarqua, c’était qu’un ponton se trouvait sur l’autre rive. On n’entendait rien d’autre que le bruissement des feuilles et le tintement du vent à présent. Lentement, il monta sur Auryn, et entreprit de faire le tour de l’étendue d’eau, car celle-ci était relativement petite. Les branches basses des chênes fouettaient timidement son visage à mesure qu’il avançait, mais il n’y prêtait guère d’attention. On aurait dit un véritable chasseur qui avait son esprit rivé sur sa proie. Sauf qu’il ne l’avait pas encore vue, cette proie. Je suis idiot. Je cherche quelque chose qui n’a de réalité que dans ma tête. Il approchait du ponton désormais, et jeta un rapide coup d’œil autour de lui. Rien. Mais quant au ponton en lui-même, c’était une autre histoire. Hésitant, il se tourna vers Auryn et lui murmura à demi :

- Reste ici. Je veux que tu me préviennes si tu sens quelque chose d’anormal. Deyni (2)

Il descendit et s’approcha de la rive. Il détailla rapidement l’endroit, et se rendit compte qu’il n’aurait aucune chance de repli une fois sur le ponton si quelqu’un venait derrière lui et tentait de lui nuire. Tant pis, je dois voir ce qu’il y a là-bas. Mais un avertissement intérieur le retint et le cloua sur place. C’est trop facile. Des affaires sur un ponton. A première vue des bricoles, mais on dirait… je ne vois pas bien d’ici, mais j’ai vraiment l’impression… un sabre ? Quoi ? Convulsivement, il eut un mouvement de recul, et l’herbe crissa anormalement sous ses pieds tandis qu’il reculait, mais il n’y fit pas attention. Un sabre. N’importe qui ne se ballade pas avec un sabre en Enetari. Ce ne peut être mes brigands, ce n’est pas leur piste. Et de plus, ils ne s’y seraient pas pris de cette manière. Non, c’est quelque chose d’autre, je ne sais pas dire quoi, et c’est ça qui m’énerve. Concentre-toi, Thalian, ce n’est pas si compliqué bon sang ! Son armure étincelait grâce aux quelques rayons de soleil qui pénétraient le sous bois. Sa cape était à demi-rabattue sur son corps et volait au gré de la brise forestière. Il se retourne vers Auryn, tournant le dos à la rive. Peut-être tout cela n’était qu’un songe. Une hallucination. Quelque chose aurait du le pousser à aller inspecter les affaires et pourtant il ne le sentait pas. Et sa jument non plus. Que faire ?

Il s’approcha de la rive à côté du ponton, comme tournant autour de ces mystérieux objets. Il ne voulait pas se risquer à s’en approcher plus que cela. Il posa un pied dans l’eau. Puis un autre. La vase s’enfonçait sous ses pieds. Il ne pouvait même pas progresser : il serait piégé au bout de quelques mètres qu’il ferait dans l’eau. Et il ne voulait pas contourner le ponton à la nage. Hors de question. Il deviendrait trop vulnérable sans son armure et sans son épée. Il recula pour la seconde fois, rejoignit Auryn et s’adossa contre elle. Il se mit à réfléchir. Il réfléchissait tellement à ce qui se passait devant lui au sol qu’il n’avait pas pensé une seule fois à lever les yeux vers l’arbre majestueux qui dominait la rive sur laquelle il se trouvait. Sa jument le lui fit d’ailleurs remarquer par un second hennissement et un coup de sabot qu’il ne comprit pas immédiatement. Instinctivement, il leva les yeux. Rien. Mais Auryn continuait à taper par terre. Tu sens quelque chose, ma belle, pas vrai ? Mais je ne pense pas Auryn. Cet arbre est trop touffu pour qu’il y ait quoi que ce soit à l’intérieur. Je n’en ferai pas le tour, c’est inutile. Et puis au pire, si quelqu’un il y a, il ou elle finira bien par redescendre, non ? Surtout si ses affaires sont sur le ponton.

Il opta pour cette solution, tellement l’étrangeté et le calme surnaturel de l’endroit lui paraissait suspect et, en un sens, l’effrayait. Pas question de faire un feu. Il fallait rester là, en attendant que le gibier descende de l’arbre, surgisse de la forêt, émerge de l’eau du lac… ou tout autre chose. La patience serait de mise, et son oreille serait désormais attentive au moindre bruit. Il s’approcha de la selle et attrapa sa besace. Il en sortit quelques morceaux de pain qu’il grignota d’un air absent, adossé contre le garrot d’Auryn. A tout hasard, comme s’adressant aux architectes invisibles d’un piège dont il était persuadé qu’il allait se refermer sur lui – mais dont il se doutait par avance qu’il pourrait s’en sortir vivant quelque soient  ses ravisseurs – il lança ces paroles qui se perdirent entre les troncs des arbres luxuriants :

- J’vous attends, qui que vous soyez. Et croyez-moi, je sais tenir un siège !

Il n’y avait aucune agressivité dans sa voix, simplement l’écho d’une paix intérieure profonde. Le calme avant la tempête pourrait-on dire. Mais peut-être n’y aurait-il pas de tempête. Peut-être avait-il dit cela juste pour se rassurer lui-même. Peut-être allait-il mourir sans s’en douter. Peut-être… Stop ! Au moins, j’aurai été moi-même jusqu’au bout si mon heure doit venir.

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Aëlym Laërdein
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Sam 12 Oct 2013 - 21:35

Aëlym s'appliquait à ne plus bouger d'un cil, retenant presque sa respiration. Elle entendit les pas d'un cheval dans les sous bois, un bruit de harnachement qui tinte dans le silence de la forêt. Les sabots de l'animal frappaient doucement le sol, à une allure tranquille et assurée.

Il fait le tour du lac... Il a dû voir mes affaires sur le ponton... J'espère qu'il n'a pas remarqué la selle d'Elwë que j'ai accroché dans l'arbre...

Elle entendit non loin de là la voix suave de l'inconnu, mais elle ne parvint pas à comprendre ce qu'il disait. Elle commença à se sentir mal : et s'il n'était pas seul ? Il aurait peut-être une armée avec lui, ou bien quelques hommes de main. Ou alors discutait-il simplement avec son cheval. L'elfe ferma les yeux, respira un grand coup sans faire le moindre bruit, puis se plaça de façon à voir ce qui se passait sous elle. Le cavalier, pieds à terre, amenait son cheval près de l'arbre, mais ne semblait pas avoir fait attention à la présente des sacs d'Aëlym sur la plus basse branche du saule. La jeune femme se détendit un peu, remarquant que l'elfe était clairement focalisé sur son sabre et son ocarina, toujours posés sur le ponton, loin de la rive. L'inconnu ne semblait pas vouloir avancer vers le ponton, et encore moins s'engager dessus. Il devait avoir de l'instinct, et devait sentir une menace. Même si l'elfe cachée dans son arbre ne se sentait pas comme une menace. C'est alors que l'elfe commença à passer à coté du ponton comme pour en faire le tour, les pieds dans l'eau, puis recula et retourna voir son cheval, avec un air embêté qu'Aëlym ne comprenait pas. Pourquoi ne pas passer son chemin et la laisser tranquille ? Pourquoi se focaliser sur deux misérables affaires, s'il n'avait même pas aperçu les autres bagages de l'elfe ? Soudain, la monture de l'inconnu hennis et frappa le sol de son antérieur, comme pour signifier un agacement, avant de lever la tête vers la cime de l'arbre.

Mais qu'est-ce qu'elle v...

Elle eut tout juste le temps de comprendre et de se cacher avant que le nouveau venu ne lève les yeux vers elle, sommairement cachée sa branche. Le cheval continuait à taper du pieds, et à chaque coup que l'animal donnait à la terre, la sérénité d'Aëlym était remplacée un peu plus par la peur d'être découverte. Elle n'avait pas du tout envie qu'il la découvre, aussi mignon soit-il. C'était devenu un jeu de survie dans son esprit : il ne fallait pas qu'il la voit, jamais, ou bien pas de lui même.
L'elfe sans nom s'adossa à son cheval, tandis que la jeune femme tentait de nouveau un coup d'oeil par dessus l'écorce clair du grand arbre. Elle le vit regarder autour de lui, attraper un sac accroché à sa monture, en sortir quelque chose à manger, puis grignoter sans réel plaisir, comme pour faire passer le temps. Mais qu'attendait-il ? Pourquoi ne partait-il pas de SON endroit ?

J’vous attends, qui que vous soyez. Et croyez-moi, je sais tenir un siège !

Une vive émotion coupa le souffle d'Aëlym, qui ne respirait déjà pas beaucoup. L’adrénaline galopait dans ses veines et artères, dans son esprit, dans ses membres et muscles. Elle se crispa à sa branche, sans trop bouger pour ne pas qu'on la remarque. Elle n'avais pas sentit d'agressivité dans sa voix, mais ces paroles la mettaient presque hors d'elle : Depuis quand les elfes se mettaient-ils en chasse d'autres elfes ? Pourquoi ne la laissait-il pas tranquille à la fin ? C'était décidé, elle avait prit sa décision : Puisqu'il ne voulait pas partir et semblait vouloir s'implanter à l'endroit qu'Aëlym avait choisit pour être seule, elle allait s'amuser un peu, sans méchanceté, juste pour faire son entrée en beauté. Au moins son entrée.

Alors comme ça tu m'attends ? Bien. Alors je vais m'occuper de ton cas, cher étranger...

Le vent se leva soudain, comme s'il encourageait la jeune femme à accomplir son idée. Le ciel se couvrit un peu ; les moutons nuageux se bousculaient à présent dans le ciel mouillé. Aëlym s'allongea de nouveau vers la voûte céleste, et regarda les rayons du soleil couler difficilement entre les nuages pour tomber en pluie fine sur la terre encore endormie, car en vérité il était très tôt. Les branches du saule sifflaient, rageuses, fouettant le vent qui se faisait plus fort encore que lorsqu'elle jouait de la musique, quelques minutes plus tôt. Rassurée par ce bruit ambiant car elle savait qu'elle ne pouvait pas être entendue, elle se redressa doucement, méfiante, et regarda de nouveau en bas, vers le cheval et l'inconnu. Il n'avait pas bougé, et n'avait vraiment pas l'air d'attaque pour partir d'ici, malgré le vent. La cime du saule semblait danser, emporté par la forte brise, l'elfe avec elle. La jeune femme se releva tout à fait, puis couru sur sa grosse branche pour atteindre le tronc, qu'elle agrippa comme si elle lui faisait un énorme câlin. Amusée par cette comparaison, elle sourit, renforça son éteinte, puis continua sa route sur la branche d'en face. De cette façon, elle avait fait le tour de l'arbre, et se retrouvait donc ainsi très bien placée pour regarder son adversaire en face, sans qu'il ne la voit étant donné son intérêt pour ses chaussures à cet instant.

Elle le regarda, intriguée, comme si elle découvrait quelque chose d'exceptionnel, tandis qu'une petite pluie commençait à tomber, créant une brume claire et épaisse qui montait du lac et venait créer un halo de mystère autour de l'étang. Elle ne savait pas très bien pourquoi, mais au fond d'elle même elle souhaitait connaître cet elfe qui l'embêtait tant. Ses cheveux sombres cachaient en partie son visage, ce qui titillait la curiosité d'Aëlym. Elle était certaine de n'avoir jamais croisé un tel elfe, aussi énigmatique, aussi...

Attirant ? Mais, mais, mais, Aëlym ! Qu'est-ce que tu fiche là et qu'est-ce que tu es en train de penser ?!

Elle se redressa rapidement et couru de nouveau vers le tronc de l'arbre, agitant anormalement les branches du saule. Elle se maudit, car elle savait qu'il avait repéré un tel mouvement, mais elle ne pensais pas qu'il l'avait de nouveau remarquée. Elle s'arrêta contre le tronc, puis elle entendit un second hennissement, plus lointain, plus connu cette fois ci.

Elwë... Tu viens à mon secours mon grand...

Un sourire doux, plein de compassion s'afficha sur le visage calme de la jeune femme, toujours collée à au tronc du sol qui lui servait de dossier. Elle se laissa glisser contre l'écorce de façon à se retrouver assise sur une énième solide branche, observant le spectacle qui allait se produire sous ses pieds. Elle s'assit en tailleur, attendant la venue de son majestueux ami, son compagnon de toujours qui venait la rejoindre. On entendit un galop calme et ample se rapprocher du lac, puis une silhouette se détacha de la brume. L'étalon sortit du brouillard comme un fantôme blanc, grandiose, imprévu. Il était nu, sans harnachements, libre, beau, impressionnant. Ses muscles roulaient sous sa peau, tandis qu'il repassait au trot puis au pas, les oreilles en avant, découvrant les deux inconnus et la disparition de sa maîtresse. Sa grande taille et son allure mesurée, son adorable expression avaient suffis à faire fondre la jeune femme, qui chaque jour redécouvrait son cheval avec autant d'émerveillement que la veille.

Spoiler:
 
 

Les naseaux dilatés de l'étalon sauvage témoignaient de son étonnement, tandis qu'il ralentissait le pas, arquant l'encolure, découvrant l'étranger et surtout sa monture, qui avait l'air tout aussi impressionnée de le voir débarquer ainsi sur la rive. Aëlym, depuis son perchoir observa avec attention la réaction des deux chevaux, rencontre magnifique pleine de poésie. Elwë n'osait s'approcher, il reculait d'ailleurs un peu, et la jeune femme semblait voir et entendre l'inconnu calmer sa propre monture. Soudain, l'étalon blanc s'engagea sur le ponton d'un pas décidé, et alla sentir les affaires d'Aëlym, qui n'avaient pas bouger. Il resta là un instant, humant l'ocarina de sa maîtresse, comme en en cherchant la trace. Aëlym se déplaça lentement sur la branche pour ne pas faire vibrer l'arbre entier, se retrouvant au dessus de son cheval. Elle n'avait plus peur qu'on la voit, sa cape blanche se fondait dans la brume comme un trèfle dans un pré vert. Elle se pencha légèrement, pour que l'animal puisse l'entendre mieux.

Elwë, je suis là, n'ai pas peur, il ne m'a rien fait, il ne veut pas partir. Trouve quelque chose qui puisse m'aider, mon ami.

Dès qu'il entendit la voix d'Aëlym, les oreilles de l'étalon se redressèrent instantanément, et il balança sa tête de droite à gauche pour voir si elle était près de lui. Ne la trouvant pas, il se déplaça légèrement pour voir derrière lui, mais n'y vit pas plus clair. Lorsqu'il comprit ce qu'elle lui avait demandé, il se redressa fièrement, effectua quelques pas pour revenir vers la rive pendant qu'Aëlym le suivait en passant par les branches du gigantesque saule. D'un pas assuré cette fois, l'étalon se présenta devant l'elfe qu'il ne connaissait pas, le salua en avançant son antérieur gauche, puis se redressa, s'avança vers lui et le poussa vigoureusement se la tête. Aëlym n'osa pas regarder plus longtemps, et se retourna vers le tronc clair du saule, comme pour s'enlever toute responsabilité. Elle entendit quelques hennissements, puis elle ne pu plus s'empêcher d'assister à la scène et s'assit finalement sur la branche de saule sur lequel elle se trouvait. Elwë poussait de nouveau l'elfe inconnu avec sa large tête d'équidé, sous les yeux horrifiés de la jument, qui observait la scène sans pouvoir rien faire, car l'étalon blanc faisait au moins deux fois sa carrure. Il le poussa encore une fois, puis l'elfe se prit les pieds dans les racines qu'Aëlym avait fait poussées quelques minutes auparavant, et voyant qu'il tombait à la renverse, Elwë tenta de le rattraper par un pans de son haut, d'où s'échappa une feuille de papier bien lisse. Voyant le papier tomber, le cheval se précipita et l'attrapa du bout des dents, et s'éloigna triomphalement, piaffant joyeusement pendant que l'inconnu tombait à la renverse dans l'eau peu profonde du lac.

Aëlym éclata de rire, un rire cristallin qui s'envola vers le ciel, couru sur la surface du lac, résonna dans la forêt avec le chant des oiseaux. Elle sauta de sa branche pour retrouver la terre ferme, un sourire éclatant sur le visage, rayonnant d'une joie peu commune. Elwë, ravi de retrouver sa maîtresse s'approcha d'elle par petits sauts. Elle l'accueillit à bras ouverts, lui flattant l'encolure, écartant son long toupet pour admirer ses yeux clairs.

Alors mon beau, tu as voulu t'amuser avec lui ? Tu es adorable ! J'espère que tu ne lui as pas fait mal, tout de même...

Elle se rendit alors compte qu'il avait une lettre entre les dents, qu'elle prit délicatement et lu attentivement. C'était une carte d'identité complète. Elle savait à présent qu'elle avait affaire à Thalian Lorwen, un elfe soldat un peu plus âgé qu'elle, un chevalier d'une caserne située à Feïral. Elle mit la carte dans sa poche, son sourire grandit tandis qu'elle caressait affectueusement son étalon. Elle alla ensuite calmer la jument de Thalian, qui était encore sous le choc, lui chuchotant  des paroles calmes en Eldar, puis elle s'approcha de la rive, où le chevalier était à maintenant assis dans l'eau, admirant le travail de l'étalon blanc. Aëlym lui tendit la main chaleureusement, lui présenta un magnifique sourire, se baissa un peu puis lui dit d'une voix claire et douce :

Ravie de faire votre connaissance Thalian Lorwen, Chevalier elfe de Feïral.

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Thalian Lorwen
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Mer 16 Oct 2013 - 21:07

Ridiculisé. C’est le premier mot qui lui vint à l’esprit. D’abord l’exaspération était montée, comme un torrent impétueux de sensations poussées à leur apogée. Une volonté sans origine, sans contexte, sans projet d’avenir. Il avait juste souhaité rattraper ce ridicule qu’il avait subi contre son gré. Une sorte de vengeance mangée froide. Sur le moment, il n’avait rien compris à l’ambiguïté de la situation, et puis rapidement, un rire s’était élevé au-dessus du vacarme silencieux de ce monde endormi. Il n’y avait aucune pointe de sadisme ni même de moquerie dans cette voix, simplement un ton amusé. Elle avait juste voulu rire un bon coup ; et assez rapidement, il se rendit compte que son attitude – compte tenu qui plus est du fait qu’il avait actuellement les fesses dans la flotte au sens littéral du terme – était à l’opposé de ce que l’on attendrait d’un elfe bien élevé. C’est alors qu’il la vit descendre, et il oublia totalement sa rancœur quelque peu déplacée.

Elle était l’incarnation parfaite de la beauté. Au-delà du simple fait d’être jolie, il se dégageait d’elle une certaine forme de mystère qui immédiatement transporta Thalian dans un véritable rêve éveillé. Son charme n’était pas de ce monde, et envoûtait d’une façon irrésistible ; il se sentait transporté au-delà de toute réalité, au-delà de toute temporalité, à travers les delta sinueux encastrés au fond des gorges abruptes de son âme, éperdu au milieu des vagues qui ramenaient sans cesse l’écume du désir naissant sur son esprit qui tombait en cendres silencieuses à la face du monde, comme la neige mystique qui enveloppe les amants dans un univers de coton céleste. Son regard s’attacha un instant sur les courbes délicates de la jeune elfe, avant de contempler la stature même : elle était plutôt grande, et avait ce qu’il fallait ou il fallait. Ni plus, ni moins. C’était un enchantement de la voir bouger seulement, et la façon qu’elle avait de se déhancher ravivait sans cesse un désir sauvage au fin fond de lui. Dans un éclair de lucidité, de retour brut à la réalité, il tenta de se redresser l’espace d’un instant, et put constater à quel point toutes ses affaires étaient trempées. De dépit, il se laissa retomber dans l’eau du lac, laissant échapper une éclaboussure taquine autour de son corps qui vibrait littéralement d’une tension encore non assouvie. L’inconnue sembla féliciter l’étalon qui était vraisemblablement le sien, et qui avait été – il faut l’avouer – l’acteur principalement de la farce dont il avait été la délicate victime. Farce qu’il bénissait à présent, pour peu que cette beauté daigne lever son regard vers lui. Soudain, il remarqua que l’elfe qu’il avait en face de lui tenait dans sa main sa carte d’identité.

A nouveau, flash, idée, transcendance. En temps normal, il se serait vraiment mis en colère. Il n’aimait pas qu’on touche à ses affaires, et bien souvent l’anonymat était pour lui sa première forme de défense contre le monde. Mais ce jour-là, il y avait quelque chose d’un l’air, un parfum exquis de tendresse, de miel ambré épicé aux arrière-goûts d’encens poivré, qui lui fit oublier le protocole presque mécanique de sa personne au profit de quelque chose de plus grand : la naissance d’un sentiment – comment dire – amoureux ? Peut-être. Oui, il en était même certain. Le désir était né, pas seulement sur son corps, mais dans son âme, et l’avait marqué dans la douleur de la contemplation d’un être que l’on souhaite dès à présent posséder pour le reste de son existence. Mais il était encore trop tôt pour se prononcer sur la réussite de cet amour naissant. En ce moment, il se sentait comme dépourvu de lui-même, comme si on lui avait arraché une partie de son âme et qu’on l’avait attaché à cet elfe sublime, au cœur de cette forêt qui l’avait vu naître. Inutile de préciser que maintenant elle avait lu le papier et savait tout de lui. Il n’avait plus rien d’officiel à lui apprendre ; mais beaucoup de choses pouvaient encore naître dans un futur proche.

Elle semblait à présent s’occuper d’Auryn afin de la rassurer. Thalian fut très touché par cette intention au fond de lui-même. Puis, enfin, elle s’approcha de lui. Elle avançait comme dans un rêve vers la rive : lentement, sûrement, un pas après l’autre. Son parfum parvenait à nouveau jusqu’à Thalian, semblable à mille papillons colorés virevoltant dans l’air pur de la forêt. Elle se pencha alors vers lui et lui parla. Ses paroles lui firent l’effet d’un électrochoc ; la voix cristalline de l’elfe s’était écoulée au-dedans de lui, jusque dans les abysses les plus intimes de ces sentiments qu’il croyait enfouis au fond de lui pour toujours. L’amour. En tant que Chevalier il avait toujours voulu l’éviter : trop de souffrances à endurer et d’êtres à laisser derrière soi. Mais aujourd’hui, il était bel et bien amoureux. Et cet amour le consumait déjà comme une torche qui ne s’étendrait jamais. Il devait avoir un air hébété ; il s’en rendit compte d’un coup, et tenta de limiter le large sourire qui se dessinait sur son visage à une ligne courbe amicale reliant ses deux joues qui semblaient déjà rougir. Il attrapa la main tendue sans se poser de questions et se redressa pour faire face à celle qui, au fond, venait de lui ouvrir le cœur de joie. Sa tête lui tournait, de plus en plus vite, de plus en plus fort, mais il parvint à garder son équilibre. Puis il se mit à réfléchir. Enfin, ses pensées lui revenaient ; et la première constatation qu’il fit, c’est que ses affaires avaient besoin de sécher. Presque sans réfléchir – en était-il seulement capable en cet instant – il se tourna vers l’elfe et, sans même oser lever les yeux vers elle de peur de faire un malaise, il bredouilla :

- Merci.. Vous êtes vraiment..

Il aurait voulu dire jolie, belle, n’importe quoi qui puisse témoigner d’une admiration profonde. Mais un éclair de lucidité le mit en garde : il ne s’agissait pas de faire peur à cette belle inconnue. Aussi respira-t-il en bon coup, tandis que son interlocutrice semblait attendre le reste de la phrase, se concentra intérieurement et essaya de trouver une chute naturelle à ses paroles.

- … aimable. Je veux dire, la plaisanterie m’a été.. Surpris certes mais... L’eau était bonne.

Il sentait tout le ridicule de ses mots qui ne voulaient rien dire. On aurait dit des paroles d’enfant. Et encore, même un enfant aurait parlé plus clairement. Il n’était pas pressé de récupérer sa carte – et puis l’elfe qu’il avait en face de lui semblait être absolument tout sauf hostile. Il ne se préoccupa donc pas de cela ; en revanche, quelque chose d’autre lui semblait urgent et important. D’autant que plus il y pensait, plus il se disait qu’il avait envie de voir sa tête quand elle verrait…

- Excusez-moi, vous permettez ? Je…

Et presque en chancelant, il fit quelques pas loin de la rive sous les yeux apparemment ébahis de son interlocutrice qui devait s’interroger de plus en plus sur le mystère qui entourait sa personne. Tournant le dos à l’elfe, il dégaina son épée et la planta dans le sol juste devant lui, et commença à retirer son armure qu’il posa autour de lui ; puis vint la chemise, qu’il fit glisser presque sensuellement le long de son torse, et la laissa accrochée sur le pommeau de son arme. Il lui semblait qu’il était observé – peut-être même avec une certaine forme d’envie, de désir. Ou du moins l’espérait-il. Il ne voyait pas les réactions de l’elfe étant donné qu’il lui tournait le dos ; mais alors qu’il retirait ses bottes, il espérait que quelque part elle le regardait, et pas seulement au sens stricto-senso. Cette elfe lui plaisait, et il voulait non seulement lui faire savoir, mais également afficher – plus ou moins clairement – une question : « m’aimes-tu, toi ? » Bien sûr c’était risqué ; mais comme elle lui avait volé ses mots, il n’avait guère le choix. Les phrases reviendraient sûrement ; mais en attendant… Il se dirigea vers le lac d’un pas volontairement posé. Il était en pantalon seulement, et l’eau s’engouffra tout autour de lui alors qu’il entrait de plus en plus dans les eaux claires de la rive. Il sentait le plaisir et le désir se matérialiser en lui, mais physiquement cette fois. Puis, enfin, il consentit à se tourner et, sans regarder vraiment en face l’elfe pour éviter de donner cette impression de « je regarde ton expression », il dit – juste suffisamment fort pour qu’elle l’entende et suffisamment doux pour qu’elle sente la sincérité de son acte :

- Mouillé pour être mouillé, autant se baigner de son plein gré. Vous venez ? Je ne connais même pas votre nom…

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Aëlym Laërdein
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Ven 18 Oct 2013 - 22:22

La jeune femme avait bien remarqué le visage énervé de l'elfe lorsqu'il était tombé dans l'eau, et surtout lorsqu'il avait réalisé qu'il avait été trompé, pendant que son étalon faisait le fier avec sa carte entre les dents, mais elle s'était attendue à cette réaction. Elle s'était rendue compte qu'il n'avait pas l'air d'un homme trop fier et sévère malgré son énervement : elle savait qu'elle aurait réagit de la même manière. Mais alors qu'elle s'était rapprochée de lui, son expression avait totalement changé, et elle ne parvenait pas à décrypter ses traits nouveaux qu'elle ne connaissait pas. Étonnement ? Ébahissement ? Trop grande surprise ?

Il sembla sursauter lorsqu'elle prit la parole, mais elle ne releva pas, de peur de le mettre mal à l'aise. Il lui sourit, et ce sourire rayonnant semblait être une étoile aux yeux d'Aëlym : plus le temps passait, plus elle sentait ses membres trembler sans qu'elle ne puisse rien y faire, ce qui la maintenait dans un état d'énervement léger, assez léger pour qu'il ne remarque rien d'anormal. Était-ce l'adrénaline de la situation passée qui s'évacuait lentement ? Elle ne savait pas, et ne voulait pas savoir.

Il attrapa ensuite sa main ; sa peau douce vint embrasser sa paume qu'elle craignait moite tant elle se sentait mal, mais comme se laissait relever sans se plaindre, elle se détendit un peu. Doucement il se plaça face à elle ; il parraissait sur de lui, alors qu'elle était frêle comme une feuille au vent. Elle essayait de se tenir droite mais il était plus grand qu'elle et surtout, il était trop près. Enfin assez près pour que la jeune femme puisse apprécier comme il se devait l'odeur de son interlocuteur, qui lui était aussi agréable que la rosée du matin. Elle avait toujours adoré la rosée, et elle ne comprenait pas pourquoi cet homme qu'elle venait de rencontrer pouvait prendre la place de la rosée dans son esprit aussi facilement : cela la contrariait.

Merci.. Vous êtes vraiment..

Il hésita un bref instant, sembla se préparer à dire quelque chose qui ne vint pas, sans la regarder réellement, d'ailleurs elle ne savait pas bien s'il regardait ses chaussures, ses mains ou les siennes. Toujours était-il qu'il ne la regardait pas, tandis qu'Aëlym ne se privait pas pour observer le beau visage de celui qui était venu l'embêter tout d'abord. Il avait des yeux gris tranchants, qui contrastait avec son attitude hésitante, et ses cheveux noirs encadraient agréablement son visage, de sorte que la jeune femme n'arrivait pas à détacher son regard de ses traits qu'elle trouvait si harmonieux. Alors qu'elle commençait à partir dans ses pensées, il termina rapidement sa phrase :

… aimable. Je veux dire, la plaisanterie m’a été.. Surpris certes mais... L’eau était bonne.

Aëlym manqua d'éclater à nouveau de rire devant l'incohérence des mots prononcée par Thalian, mais elle se retint, encore une fois car elle avait peur de le mettre mal à l'aise. Elle s'interrogea ensuite sur le pourquoi du comment : pourquoi était-il si perdu ? Était-elle si déstabilisante ? Elle ne se trouvait en aucun cas sujette à hésitation, ni imposante ni terrifiante, et elle ne comprenait pas comment on pourrait en arriver au point de ne plus parler correctement devant elle. Il continua sur le même ton perturbé ou perdu, lui demandant une permission qu'il s'accorda lui même, s'éloignant un peu de la jeune femme qui fit également quelques pas en arrière. Intriguée, elle le regarda faire, puis lorsqu'elle vit qu'il se déshabillait réellement (car au début elle n'y croyait guère), son expression devint de plus en plus ébahis, et elle finit pas détourner rapidement le regard, passant du blanc livide au rouge pivoine, tandis qu'il enlevait tranquillement sa chemise alors qu'elle avait le dos tourné.

Je ne sais pas ce qu'il cherche, mais ce dont je suis persuadée, c'est qu'il y a des manières beaucoup plus appropriées pour préparer une jeune elfe à recevoir une telle... Séance de... Déshabillage en plein air. Enfin, ce n'est pas le premier, ni le dernier qui me fait ce coup et que je verrai dans cet état...

Aëlym n'était pas du tout inspirée par les hommes se trouvant trop beau physiquement, ni qui usaient de leurs atouts physiques pour séduire. Elle trouvait plus de charme à la timidité qu'à la vantardise, bien qu'elle ne trouvait pas Thalian trop vantard ou imbu de lui même, elle ne comprit pas son geste et n'osa plus relever les yeux vers lui avant d'entendre le bruit de l'eau près d'elle qui se tenait sur le ponton. Sur ses gardes, elle se redressa d'un coup et se et se retourna rapidement de façon à bien faire face à son futur agresseur imaginaire, mais elle perdit rapidement toute sa crédibilité. Elle savait les elfes beaux de nature, beaucoup plus que les hommes d'ailleurs, musclés ç souhait, désirable comme pas deux, mais tout cela parce qu'on le lui avait raconté au préalable, mais elle ne pensait pas...

A quelque chose d'aussi... d'aussi...

Elle détourna les yeux par pudeur, priant la Nature pour ne pas rougir, et sentit son esprit s'envoler dans les nuages, courant sur le vent et abandonnant sa propriétaire lorsque Thalian ouvrit la bouche pour lui proposer de la rejoindre :

Mouillé pour être mouillé, autant se baigner de son plein gré. Vous venez ? Je ne connais même pas votre nom…

Son corps se raidit d'un seul coup ; plus aucun membre ne semblait répondre à la jeune femme, qui, pendant un instant qui lui paru aussi long qu'une centaine d'éternité, réfléchit à la situation : elle se trouvait actuellement seule dans une forêt au milieu de nulle part et un elfe magnifique qu'elle avait poussé dans l'eau et dont elle voulait originellement se débarrasser lui proposait à présent de venir dans le lac nager avec lui, et ce en pleine matinée de printemps, dans une légère brume, et donc un cadre parfaitement romantique. Comment allait-elle refuser une telle invitation ? Ce fut la première question qui lui venait à l'esprit : elle devait lui dire non. Pourquoi, elle ne le savait pas, mais elle le devait, car le refus était son seul échappatoire dans cet instant crucial de sa vie. Elle n'avait nullement envie de le rejoindre. Enfin presque pas envie.

Non, en fait j'en meurs d'envie et c'est peut-être ça le pire... Mais je ne peux pas lui dire oui, ça serait m'offrir à cet inconnu -certes très... très-, mais ça serait trop facile, il ne me prendrait pas telle que je suis réellement, et puis... Bref, je m'embrouille. En tout cas, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'air de lui plaire autant qu'il me plaît, à en voir son sourire niais qu'il affiche depuis tout à l'heure sans s'en rendre compte... Bon, il faut que je me sorte de ce mauvais pas...

Elle pensa d'abord ne pas lui répondre, l'ignorer royalement et ranger ses affaires avant de lui demander de quitter les lieux, mais cette attitude n'aurait pas été très sympathique, et elle n'aimait pas la méchanceté gratuite, cela la rendait malade. Ensuite elle s'imagina le suivre, mais que se passerait-il ensuite ? Trop d'images obscènes galopaient dans son esprit déjà embrouillé, et ne la rassurait pas du tout. Elle ne souhaitait en aucun cas que la situation ne dérape et qu'elle perde le contrôle. Elle avait horreur de perdre le contrôle. Il fallait donc qu'elle trouve une solution alternative qui pourrait prendre un peu des deux réponses qu'elle avait trouvé à ses interrogations ; où elle était arrangée sans pour autant que la situation ne parte en vrille. Elle regarda autour d'elle et se rendit compte qu'une petite barque elfique se trouvait prise dans les roseaux, à demi cachée par les tiges fuyantes et flexibles. Elle sourit largement, et s'éloigna un peu, récupérant son sabre sur le ponton. Elle ramassa également son ocarina qu'elle accrocha à sa ceinture, puis se dirigea vers le petit bateau tout en répondant à Thalian qui l'attendait toujours dans l'eau :

Je n'aime pas trop me mouiller, surtout à une heure aussi matinale. Cependant je ne dis pas non pour vous accompagner dans votre baignade, si vous souhaitez toujours de ma compagnie...

Elle avait volontairement écarté la problématique du prénom, souhaitant le faire encore languir sur son identité. Elle ne lui laissa pas le temps ni le loisir de lui répondre, trop fière de sa trouvaille qu'elle s'activait à extirper de roseaux. La barque avait une forme effilée et était presque plate (elle faisait plus penser à une planche à rebord qu'à une vrai barque), et était d'un bois clair peu abîmé, comme si elle n'avait jamais été touchée par le temps ; elle était assez large pour qu'une seule personne soit à bord. Une rame unique l'accompagnait, posée dans le fond du petit bateau, la pale de la rame était en forme de feuille, large, très maniable. Une fois dégagée des herbes aquatiques, elle tira l'objet jusqu'au bout du ponton, l'attacha à un des deux poteaux terminant l'avancée sur l'eau, puis fit un signe à Thalian lui signalant qu'il manquait un détail. La présence du bateau la rassurait, elle se sentait déjà mieux : elle avait une rame qui lui servirait d'arme si jamais elle perdait le contrôle de la situation, et elle se sentirait beaucoup mieux filant sur l'eau que dans l'eau avec ce jeune elfe. Elle se dirigea vers la berge et une fois arrivée sous le saule, elle retira doucement sa cape, se pencha dans ses affaires et chercha activement sa jupe de soie fendue qu'elle affectionnait particulièrement. Elle finit par la trouver, et l'enfila rapidement mais efficacement sous sa robe, puis enleva cette dernière par le haut, étalant ses bras vers le ciel et les rayons du soleil qui perçaient à présent timidement la brume qui entourait l'endroit.

Elle était donc habillée d'une jupe blanche extrêmement fluide, qui retombait jusqu'à ses genoux, et était donc fendue jusqu'à mi-cuisse. Sur le bas, un ruban d'arabesques et un cerisier en fleur bleu était brodés. Pour le haut, elle avait une sorte de brassière en bandeau qui lui servait à la fois de sous vêtement et d'armure : l'intérieur était assez doux pour qu'elle se sente très bien avec, et l'extérieur couvert d'une petite côte de maille blanche immaculée et était parcourue d'arabesques d'argent en relief. Elle avait le même genre de sous vêtement sous sa jupe, mais elle n'avais nullement l'intention de la quitter. Elle posa ses affaires sur une branche de l'arbre et s’apprêta à retourner sur le ponton, mais quelque chose la retint par la jupe, la soulevant peut-être trop d'ailleurs. Aëlym se retourna et trouva Elwë, les yeux interrogateurs, comme s'il lui demandait si tout cela était une bonne idée. Elle passa affectueusement sa main sur la tête de son cheval, grattouillant son toupet comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'elle se sentait bien. L'étalon s'avança vers elle, et l'elfe attrapa l'encolure musclée et blanche. Le couple se perdait dans la brume tout en rayonnant par leur blancheur face au soleil renaissant derrière le brouillard encore épais. Elle embrassa affectueusement son ami, caressa doucement sa robe parfaite, puis approcha sa bouche de son oreille.

Ne t'inquiète pas mon petit soleil, il ne m'arrivera rien. Tu peux te balader tranquille. Si jamais tu m'entends, reviens vite, je t'attendrai toujours. Vas maintenant...

Elle le lâcha tandis qu'il avançait ses oreilles, plus attentif que jamais. Elle fit quelques pas en arrière, puis l'étalon approcha sa grande tête de celle de la jeune femme, posant ses lèvres chaudes dans le coup de sa maîtresse et amie, puis il partit en trottinant vers la forêt. Aëlym ne pu retenir un sourire rayonnant. Elle s'apperçu alors que la jument de Thalian n'était pas défaite de ses liens. Elle s'avança avec précaution de l'animal, puis lorsqu'elle eut gagné sa confiance, elle lui enleva sacs et selles, filet et licol, tout ce qu'elle avait sur le dos afin de la rendre libre, autant que son propre étalon. Elle lui sourit, la salua, puis retourna sur le ponton où Thalian, patient, l'attendait toujours. Elle se glissa sur la barque, joyeusement, attrapa d'une main vive la rame et commença à avancer sur l'eau, en silence, avec légèreté, à genoux sur le fond de la planche.

Alors, où en étions nous ? Ah oui, votre balade aquatique. Je pense que nous avons du chemin à faire si nous voulons longer tout le lac, il me paraît assez grand. Prêt à nager tout le long ?

Un sourire autant affectueux que taquin prit possession de ces traits, tandis qu'elle continuait à avancer vers le milieu du lac, lentement, pour que Thalian puisse la rattraper rapidement.

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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Dim 20 Oct 2013 - 16:22

Thalian observait à présent l’inconnue avec une attention presque professionnelle ; elle était allée chercher une barque masquée par les roseaux et surtout, elle avait récupéré son arme sur le ponton, preuve qu’elle ne faisait pas confiance au chevalier, ou du moins, pas autant qu’il l’aurait souhaité. Il avait écouté d’une oreille discrète la réponse de la jeune elfe, qui lui avait paru être seulement un prétexte : la vérité devait résider dans le fait qu’elle ne souhaitait pas se rapprocher de Thalian, du moins pas maintenant et pas de façon aussi précipitée. Au fond, cela lui plaisait. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et cette fille avait du piquant, il était vrai. C’est peut-être pour cette raison que le chevalier sourit discrètement quand cette dernière prétexta qu’il était trop tôt dans la journée pour qu’elle se baigne. Elle semblait particulièrement sur ses gardes, et le jeune elfe ne savait pas vraiment pourquoi. Ou plutôt oui, il s’en doutait : elle avait croisé un inconnu perdu au milieu d’une forêt luxuriante, qu’elle avait essayé d’éloigner du mieux possible de son Eden, et le voilà qui – loin d’être rancunier de l’espèce de mauvaise plaisanterie dont il avait été la victime – lui proposait de nouer – finalement – des liens, même de simple connaissance. Il la regarda dégager la barque de la rive, pensant que toute intervention de sa part serait mal vue de la part de l’elfe, et remarqua à quel point elle devait être débrouillarde. Elle vit peut-être dans la nature, qui sait ? Au plus il y pensait, au plus cette hypothèse prenait sens ; sinon, que viendrait faire une citadine quelconque dans un endroit aussi reculé ? Il remarqua que pour le moment, elle avait soigneusement écarté la problématique du prénom. Poliment certes, mais il n’avait pas eu la réponse, et il doutait de l’avoir dans un futur proche, car cette fille semblait être bien debout sur ses cannes, tant physiquement que psychologiquement. Elle alla attacher finalement la barque au bout du ponton, puis fit un signe à Thalian.

Le jeune chevalier ne comprit pas immédiatement ce qu’elle voulait vraiment, et puis quand elle s’éloigna pour fouiller dans ses affaires, il commença à entrevoir une réponse possible. Elle avait du oublier quelque chose d’indispensable à ses yeux et était partie chercher cet objet. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand il remarqua que cet objet si important, cette chose qui était au centre de l’attention de toute conscience pensante habitant cette rive, était une jupe que l’inconnue enfila avec grâce. Immédiatement, il pensa que l’elfe avait du goût ; non, mieux que cela : que même si elle se montrait méfiante envers Thalian, elle avait tout de même le souci de lui plaire. Sinon, pourquoi avoir fait une chose pareille ? Essayant de canaliser ses pensées, en particulier celles qui tambourinaient à son oreille que l’elfe avait un corps finement sculpté, il continua à observer la scène qui se déroulait sous ses yeux à demi-endormis par l’amour qui naissait et grandissait au plus profond de lui. Il n’était pas macho comme on dirait pour deux sous, et s’il souhaitait la charmer, ce serait avant tout avec délicatesse et poésie. Il n’avait joué la carte de la baignade que pour voir sa réaction. En fait, si elle l’avait suivi dans l’eau, il est fort probable que Thalian aurait pensé qu’elle ne présenterait aucun intérêt pour elle, semblable à des dizaines d’autres elfes, des dizaines d’autres femmes qui aiment un corps au premier coup d’œil. Mais celle-ci était donc différente, et il le sentait ; et peut-être parce qu’il ne la possédait pas entièrement et que quelque chose lui échappait dans l’essence de ce charme et de cette beauté, il souhaitait s’en rapprocher inlassablement jusqu’à comprendre le mécanisme de ce philtre d’amour que l’inconnue avait fait boire malgré lui à son âme qui jusque là n’avait jamais vraiment aimé.

Son étalon paraissait visiblement nerveux, et Thalian ne put s’empêcher de penser à une certaine forme de jalousie. Il le savait – contrairement à certains humains qui ne croyaient que ce qu’ils pouvaient expérimenter de façon sensible –, les chevaux pensaient, parfois avec plus de finesse qu’un esprit appelé « supérieur ». Tout dépendait de la façon dont on les traitait ; et à voir la façon dont la jeune elfe se comportait avec son étalon, Thalian devina qu’elle faisait partie de ces personnes qui croient en la conscience animale, celle qui existe vraiment. Tandis que ces pensées fleurissaient dans son esprit, il se tourna vers sa jument qui la regardait d’un air inquiet. L’inconnue s’approchait d’Auryn, sûrement pas pour lui faire du mal, mais elle était très craintive envers les étrangers, même quand ils paraissaient aussi doux que l’était la jeune elfe. Il profita que l’inconnue lui tourne le dos – tentant de gagner la confiance de sa monture – pour faire un signe à sa jument. Ils avaient passé tellement de temps sur les champs de bataille ensemble qu’ils avaient mis au point un système de communication par les signes, car souvent la situation ne permettait pas de parler à voix haute, ni même de murmurer. Ainsi, il lui adressa un signe signifiant : « Ne t’inquiètes pas, c’est une amie, tu peux lui faire confiance ». Cette parole implicite conjuguée aux efforts de l’inconnue pour approcher Auryn suffit amplement ; la jeune elfe la débarrassa de ses liens, et la laissa gambader dans la forêt. Puis, l’inconnue s’approcha du ponton, monta dans la barque et commença à l’éloigner de la rive ; Thalian fit quelques mouvements de brasse pour se tenir non loin de l’embarcation.

- Alors, où en étions nous ? Ah oui, votre balade aquatique. Je pense que nous avons du chemin à faire si nous voulons longer tout le lac, il me paraît assez grand. Prêt à nager tout le long ?

Tandis qu’elle prononçait ses mots, elle se dirigeait doucement vers le centre du lac. Thalian acquiesça et la suivit à une cinquantaine de centimètres de l’embarcation, sur le côté, glissant lentement dans l’eau qui devenait de plus en plus profonde. Il n’allait bientôt plus avoir pied mais qu’importe, il savait bien nager, d’autant plus que la surface de l’eau était plus paisible qu’un lézard se dorant au soleil à midi. Il lui rendit le sourire qu’elle lui adressait ; visiblement il ne la laissait pas indifférente, mais il ne savait pas vraiment en quels termes lui parler. Si de prime abord, quand il l’avait vue, il n’avait su que faire, maintenant il avait un minimum recouvré ses facultés, et serait capable de lui parler sans se perdre involontairement dans la beauté de la jeune elfe. Elle dut sentir qu’il avait d’ailleurs basculé, puisqu’elle semblait un tout petit moins gênée ; mais Thalian sentait toujours ce sentiment chez l’inconnue. Il n’arrivait pas à dire s’il s’agissait de culpabilité ou du fait qu’il l’impressionnait, ou du fait qu’elle manque de confiance en elle… La dernière hypothèse semblait toutefois la plus saugrenue, car elle semblait être le genre de personne à savoir ce qu’elle voulait. Et lui, en tant qu’elfe, que souhait-il en ce moment ?

Ils parvenaient lentement au centre du lac. L’inconnue continuait de ramer, mais avec moins de conviction en apparence, comme si elle souhaitait que la barque s’arrête exactement au milieu de la vaste étendue d’eau. Thalian se mit à nouveau à sourire et réfléchit à ce qu’il pouvait faire ou dire qui irait dans le sens de « tu vois, je ne veux pas te mettre mal à l’aise et je voudrais que tu me trouves digne de confiance ». La barque ne lui permettait pas de l’accrocher au rebord de l’embarcation, et puis de toute façon cela ne serait pas vraiment allé dans le sens de l’impression sensible qu’il cherchait. Alors il se mit à réfléchir à toute vitesse, mais au plus il se posait de questions, au moins il avait de réponses. Il se tourna alors du côté de la parole : c’est vrai ça, il pourrait très bien dire quelques chose à la jeune femme qui soit – comment dire – pertinent ? Il est vrai que depuis le début, il avait l’impression d’être dans un songe, à la fois trop intangible et trop beau pour être vrai. Mais tout de même, il devait se reprendre ; il s’agissait ici du réel, et il pouvait agir sur lui. Agir. Ce simple mot résonna dans sa tête comme un coup de gong qu’on aurait donné à ses pensées. Agir. Oui, mais quoi faire. Cela semblait si simple pour elle ; elle voulait mettre de la distance entre eux pour le moment car elle ne pouvait pas – et cela se comprenait très bien – faire entièrement confiance à Thalian. Mais lui, qui souhaitait lui plaire, que pouvait-il prouver, que pouvait-il faire ? Puis des paroles naquirent d’un coup, comme détachées de tout le reste.

- Excusez mon audace, mais que faisiez-vous donc dans cette forêt ? C’était vous, la musique ?

Il regarda le reflet de l’inconnue dans l’eau. Ce reflet lui parlait, l’inspirait, comme si ce reflet là, lui, il voulait bien de Thalian. Mais c’était une illusion, le vrai amour n’était pas du côté de cette image ondulante mais du côté de cet être qu’il aimait déjà. Il ne regrettait pas ses mots, mais avait peur de la réaction de l’inconnue : depuis toujours, sans le savoir, il l’aimait. C’est comme si toute sa vie il n’avait attendu que cet instant. Pris d’une vague d’émotion, et se retenant de ne pas regarder plus longtemps la beauté qui se trouvait à ses côtés, il passa la main dans ses cheveux à demi-mouillés et lui murmura d’une voix douce et confiante :

- Et pour tout vous dire, je ne connais toujours pas votre nom.

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Aëlym Laërdein
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Sam 2 Nov 2013 - 17:53

Aëlym  plongea la rame dans l'eau et avança d'un coup vers le centre du lac. Il la suivait de près, ce qui avait le don de ne pas la rassurer. L'eau était au plus calme, comme un miroir sur lequel courrait la brume blanchâtre qui s'en élevait. Au plus ils se rapprochaient du centre du lac, au plus la jeune elfe se laissait aller au niveau de sa vitesse, ses gestes se faisaient plus lents, ses coups de rame dans l'eau étaient moins vigoureux qu'au début de la traversée. Malgré tout ce qu'elle avait pu en dire, le lac était réellement grand : Il devait faire au moins un hectare de surface, si ce n'était plus. Au bout de quelques minutes et dans un silence quasi complet, ils atteignirent le centre du lac. Aëlym se sentait mal à présent, mais plus parce qu'elle avait peur de Thalian : elle n'aimait pas le voir nager dans le froid, alors qu'elle était au sec et qu'elle bénéficiait de la chaleur de l'air. Mais il ne bronchait pas, alors elle se disait qu'il n'avait pas vraiment froid. Elle n'osait pas le regarder, de peur de rencontrer un regard trop vicieux, trop aguicheur, trop affamé. Elle redoutait réellement toute marque de besoin physique, cela la rendait nerveuse et la terrifiait. Elle était parfaitement consciente de la stupidité de cette crainte, mais elle était bien présente malgré tout. Le silence se faisait presque lourd, aussi Aëlym s'appliqua à ne penser qu'à la nature qui l'entourait en la détaillant. Le milieu du lac était si loin de ses rives qu'elle ne les apercevait plus au delà de l'écran de brouillard qui n'avait pas l'air de vouloir partir, et qui se rapprochait peu à peu d'elle. Au fur et à mesure qu'elle ralentissait l'allure, elle se rendit compte qu'elle ne voyait plus devant elle : si elle étendait sa main devant elle, elle commençait légèrement à disparaître dans la l'épaisse brume. Elle se retourna sans bruit pour vérifier que Thalian la suivait toujours, et elle constata qu'il était trop plongé dans ses pensées pour avoir remarqué que le brouillard les entouraient à présent comme s'ils se trouvaient dans une cellule, dans une prison naturelle. Elle sursauta d'un coup lorsque l'elfe prit la parole, lui coupant le souffle.

Excusez mon audace, mais que faisiez-vous donc dans cette forêt ? C’était vous, la musique ?

Elle se remit doucement de ses émotions, tentant de ne pas paraître trop tendue, puis alors qu'elle se préparait à lui répondre, il la coupa pour reprendre d'une voix suave, calme, douce, comme si le doute l'avait complètement quitté :

Et pour tout vous dire, je ne connais toujours pas votre nom.

Noooon, c'est vrai ? Ça je le sais, que tu ne connais pas mon prénom, c'est même plutôt dérangeant que tu me reposes la question...

Aëlym se mit à réfléchir, essayant de faire abstraction de la peur qui lui avait sauté à la figure quelques minutes auparavant, songeant à une réponse cohérente sans en dire trop. Elle ne se sentait pas bien : quelque chose dans l'air la dérangeait. Elle avait l'impression que tout autour d'elle devenait oppressant, que l'air devenait lourd, alors que la température baissait doucement. Elle n'avait pas froid ni chaud, mais elle sentait que quelque chose n'allait pas. Son estomac se contracta, ce qui la ramena à la réalité. Elle se souvint des question qu'il lui avait posé, et s'empressa d'y répondre :

Ce que je faisais ici ? Je me promenais, et j'ai trouvé cet endroit. Il m'a plus, alors j'y suis restée, jusqu'à ce que vous arriviez. J'ai joué de la musique oui, pourquoi ? Vous m'avez entendu ?

Aëlym se détendit aussitôt, rougissant légèrement. Elle n'avait pas pensé que c'était sa mélodie qui avait amené Thalian jusqu'à elle. Elle posa sa main sur son ocarina, qu'elle décrocha habilement se sa ceinture, puis le caressa distraitement du bout des doigts. Une idée lui vint soudain, ce qui lui permit se se détendre totalement : si elle jouait, elle pourrait certainement faire partir  la brume et revenir le soleil sur son corps engourdit. Avant de commencer à jouer, elle se tourna complètement vers Thalian, baissa les yeux vers lui. Elle remarqua un tremblement anormal de l'eau, signifiant qu'il grelottait peut-être sous la surface du lac. Elle lui lança un léger sourire et lui dit amicalement :

Je m'appelle Aëlym. Et si vous avez froid, je peux vous faire une place sur la barque, même si elle est assez petite... Ça m'embêterais que vous vous rendiez malade pour me suivre à la nage...

Elle ne s'était pas rendue compte de la douceur de ses mots alors qu'elle prononçait sa dernière phrase. La sincérité d'Aëlym avait prit le dessus, elle ne pouvait plus faire machine arrière : elle souhaitait être juste, être elle même, sans retenue. Elle avait trop cherché à se cacher depuis qu'elle avait rencontré Thalian, elle ne voulait plus de ces artifices. Elle acquiesça dans l'air pour elle même, dans le vide et le silence que sa réponse avait engendré. Elle resta un instant à regarder l'eau immobile qui les entouraient complètement, tandis que l'elfe paraissait hésiter à venir près d'elle sur la barque. Elle se décala de façon à se placer dans la pointe de la barque, et ainsi ne pas le gêner s'il souhaitait monter à bord de l’embarcation, et posa la rame près d'elle. La jeune femme remonta discrètement sa jupe pour pouvoir laisser pendre des pieds dans l'eau et ainsi libérer un maximum de place sur la barque. Sa position n'était pas des plus sage, mais elle avait choisis celle qui lui permettait d'être à la fois bien installée tout en laissant un espace de manœuvre assez large à Thalian, et ainsi éviter d'être éclaboussée ou bien poussée à l'eau. Elle n'avait nullement envie de faire trempette. Ainsi assise, elle s'allongea légèrement contre la pointe de la barque pour se mettre à l'aise et apporta doucement l'instrument vers elle, le déposant sur ses lèvres.

Lentement d'abord, la musique emplit l'espace, les notes timides venaient frapper les tympans des deux elfes, patinant calmement sur la surface de l'eau, imprégnant la brume et montant doucement vers le ciel couvert. Les couleurs du lieu parurent devenir plus vives, comme si elles réagissaient directement avec la mélodie inventée par Aëlym. Cette dernière ferma les yeux, se détendit encore sans s'en rendre compte, puis laissa ses doigts courir sur le bois sombre de son instrument, automatisant ses mouvements, créant inconsciemment la suite de note. L'elfe sentit l'atmosphère s'apaiser, l'air se soulever au dessus d'eux, si bien qu'elle eut presque l'impression de voler. Autour d'eux, la brume se condensa contre la barque, puis lentement s'éleva pour s'évaporer dans la cime des arbres qui recouvraient la surface du lac. Les doux rayons du soleil vinrent caresser sa peau, la réchauffant instantanément, lui arrachant un sourire intérieur.
Elle se sentait mieux, elle se sentait à présent mieux que jamais. Son cœur était comme ouvert, elle respirait à plein poumons et créait une mélodie qui traduisait parfaitement toutes ses sensations, rapide, en majeur, joyeuse, comme si les notes elles même dansaient au dessus de leur têtes, comme si rien ne pouvait arriver dans ce bonheur dans lequel elle nageait. Elle avait oublié la présence de Thalian qui avait dû monter sur la barque, bine qu'elle n'avait pas sentit l'embarcation bouger. Elle ne faisait plus attention qu'a sa musique, elle se perdait elle même dans ses notes tumultueuses, entrelacées dans ses mains, comme si son instrument était lui même devenu une aura de joie et de bien être. Elle ne remarquait plus rien autour d'elle, elle partait dans son monde musical, elle ne se souciait pas si Thalian prenait du plaisir à l'entendre, elle était encore au dessus de tout cela. Plus rien n'existait, elle était sur un nuage.

Autour d'eux le brouillard avait presque totalement disparu, si bien que le soleil perçait allègrement la cime des arbres pour venir réchauffer la peau engourdie de l'elfe, qui semblait briller tant son corps était blanc et immaculé. Ses cheveux devinrent plus blonds, et elle sentit en elle toute la chaleur d'un été naissant, les couleurs du printemps et le vert clairsemé de la forêt intensément logé dans ses prunelles qu'elle venait de rouvrir. Elle continua de jouer un instant tout en regardant Thalian, qui la scrutait avec une attention non négligeable, puis elle termina sa mélodie doucement, et posa l'instrument près d'elle. Un sourire satisfait apparut sur ses lèvres, tandis qu'elle baissait les yeux vers la barque et l'eau. Un air surprit s'empara alors de ses traits, tandis qu'elle se penchait vers le lac, émerveillée. A ses pieds, frôlant ses chevilles, de magnifiques poissons aux couleurs vives se pressaient sous la barque, comme attendant la suite de la mélodie. Aëlym ne put s'empêcher de rire. Elle plongea sa main dans l'eau fraîche, toujours souriante, les yeux amplis de bonheur. Quelques poissons s’avancèrent vers ses doigts et les embrassèrent, provoquant un petit rire chez l'elfe, puis elle sortit sa main de l'eau, se remit droite et releva ses yeux vert sur Thalian.

J'espère que tout cela vous a plu... C'est l'un de mes seul passe temps, alors lorsque je suis seule, j'aime jouer pour la Nature, c'est aussi plaisant pour elle que pour moi...

Aëlym baissa à nouveau ses yeux vers ses mains qui se croisaient discrètement dans tous les sens sur ses genoux. Elle attrapa un des ruban attaché à sa cheville, se fit un rapide chignon, puis elle replaça une mèche de ses longs cheveux blonds derrière son oreille, sans relever les yeux vers l'elfe.

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Thalian Lorwen
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MessageSujet: Re: Un paradis sur mesure - [PV Thalian]   Jeu 21 Nov 2013 - 16:20

- Ce que je faisais ici ? Je me promenais, et j'ai trouvé cet endroit. Il m'a plus, alors j'y suis restée, jusqu'à ce que vous arriviez. J'ai joué de la musique oui, pourquoi ? Vous m'avez entendu ?

Pour entendre, ça, il avait entendu. Il avait été même transporté par le charme de cette musique intemporelle qui ne connaissait aucune limite. Aussi ne se fit-il pas prier quand le belle elfe lui fit une place sur la barque : elle s’était écartée avec une attention inégalée afin d’offrir un petit morceau de sa délicate embarcation au chevalier. Thalian fut très touché par cette intention, et se dit qu’il aurait été grossier de ne pas accepter une telle invitation ; surtout que la dite invitation venait d’une elfe exquise qui comblait toutes ses attentes depuis qu’ils s’étaient rencontrés. Thalian se hissa sur l’embarcation, en prenant soin de ne pas faire de gestes trop brusques : il ne s’agissait pas d’ébranler ce trésor venu tout droit du fin fond d’un paradis perdu. Il s’assit ; ses vêtements gouttaient encore, mais il prenait soin de ne pas mouiller la belle elfe qui lui tenait compagnie. Aëlym. Ce simple prénom le faisait frissonner de bonheur. Il était si bien en cet instant précis qu’il y serait resté toute sa vie, plus s’il aurait fallu. Jamais il ne voudrait partir. Et puis elle se mit à jouer de nouveau.

La musique. Des perles d’eau se déroulant le long des âmes en quête d’avenir. Des idées s’envolant vers des horizons plus vastes et plus beaux. Des lueurs d’espoir devenues réalité. Tout cela était présent dans la musique d’Aëlym. Plus que la simple succession, l’émergence d’une âme, ou plutôt l’envoûtement de deux âmes encore jeunes. Thalian regardait la jeune elfe comme on regarde une promesse de l’aube en devenir. D’imperceptibles vibrations animaient la surface de l’eau, tournant et virevoltant au gré du rythme de la mélodie, disparaissant un instant derrière les vagues mourantes sur la rive au loin. Thalian n’était plus vraiment là, mais dans un autre monde, un monde où tout devient possible. Il lui semblait que mille étoiles s’allumaient là haut dans le ciel, à des années lumière de cet endroit si fantastique et dont il ne pouvait se détacher. L’amour, il le savait, était né. Depuis le premier instant, comme un torrent impétueux que l’on ne peut arrêter. Il sentit un frisson le parcourir de haut en bas, déchirant la partie de lui qui était encore lucide, apte à survivre dans le monde réel. Les sons s’envolaient, toujours plus haut, toujours plus loin, entre les troncs des arbres majestueux, le long des roseaux arcboutés. Un fleuve de vie animait son esprit, de l’eau vive que l’on n’arrête pas. Il sentait que quelque chose échappait à son être t vivait en dehors de lui, sans qu’il l’ait voulu ; la musique était telle qu’il s’en sentait désorienté au plus haut point, comme hors de lui-même, détaché. Il ne faisait pas qu’entendre, il voyait son amour. Et cette seule vue était si éblouissante qu’il lui semblait qu’elle était plus rayonnante que le soleil au zénith. Ses yeux était perdus, ses oreilles égarées, il ne sentait ni son corps, ni son âme, seulement le monde autour de lui. Leur monde, aujourd’hui et pour toujours. Le brouillard fondait à vue d’œil, comme neige en plein soleil, révélant un éclat encore plus beau que l’astre : l’être lui-même. Celle qu’il aimait déjà alors qu’il ne savait rien d’elle ou si peu, celle qui l’avait sorti hors de lui-même alors qu’il n’avait jamais demandé à ce que cela se produise ainsi. Les poissons semblaient danser au bout des doigts d’Aëlym, ce qui ajouta à son bonheur. Même la nature était amoureuse de la jeune elfe. Même elle. Et surtout Thalian. Son rire cristallin le fit sourire comme jamais ; ils étaient heureux, et partageaient un instant qui n’avait pas de prix. Jamais il ne pourrait oublier, jamais il ne voudrait oublier. C’était leur moment, leur instant. Leurs vies enlacées l’espace d’une rencontre.

- J'espère que tout cela vous a plu... C'est l'un de mes seul passe temps, alors lorsque je suis seule, j'aime jouer pour la Nature, c'est aussi plaisant pour elle que pour moi...

Il n’osait même pas répondre. En fait il n’était même pas sûr qu’une réponse – quelle qu’elle soit – aurait été approprié pour tenter de qualifier une telle mélodie, une telle grâce, une telle beauté dans l’expression de ce qu’il y a de plus profond au fond des âmes de ce monde. Tout aurait pu s’évanouir et disparaitre, et pourtant tout demeurait. Et l’amour était né ainsi. Le désespoir était derrière lui pour toujours avec ces notes, cette elfe, cette vie, cette forêt. Jamais il n’aurait voulu partir. Ni plus ni moins que de rester ici avec celle qu’il aimait. Une promesse de jours meilleurs. L’espoir d’un après qui n’aurait jamais été brisé. Souhaiter rester et vivre, et préférer cela à partir et mourir. Pourquoi pensait-il à tout cela ? Peut-être parce qu’il ne savait plus vraiment ni qui il était, ni où il était, ni quand il était. Mais tout cela reviendrait en temps et en heure. Pour le moment, il se contentait de sourire à Aëlym qui se recoiffait. Un sourire pur, sans artifices. Sincère. Aimant. Le sourire qui a déjà un pas dans l’éternité. Le sourire qui a déjà un peu d’immortalité en lui. Le sourire de la promesse d’un futur heureux, et d’une aujourd’hui sincère et vrai. Il ne savait que dire, il était incapable de parler. Mais par ce regard, il entendait tout faire passer. Tout. Tout ne passerait pas, mais au moins une partie. Et alors elle saurait. Elle saurait ce qu’il y a en lui, plus que de l’amour, plus que des mots, plus que de l’éternel. Quelque chose que les mots ne peuvent nommer. Rien de beau ne peut se résumer. Rien.

Le calme fut interrompu par un son. Un son presque banal dira-t-on. Mais dans ce contexte, il avait un écho de malheurs à venir. L’Eden corrompu par la souillure. Auryn venait de hennir nerveusement à quelques dizaines de mètres du lac. Un hennissement inquiet qui ne présage rien de bon. Ce simple son tira Thalian de sa rêverie ; il se tourna et jeta un œil vers la rive d’où était venu le son : rien à regarder, et pourtant il murmura à Aëlym, qui semblait inquiète :

- Vous pensez qu’on devrait aller jeter un œil ?

HRP:
 

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Un paradis sur mesure - [PV Thalian]

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