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 Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Mer 7 Aoû 2013 - 0:47

Quand un danger se profile, on a toujours tendance à protéger ses trésors.

Pour certains, les trésors sont l'argent, les pierreries, des documents. Celui d'Inanna Al-Vyr n'était pas son empire de luxure et d'information, bien qu'elle le chérisse et le dorlote comme un nouveau-né. Pour une mère, son plus cher trésor est son fils. Et Inanna ne dérogeait pas à la règle.

Les révélations de cet assassin, Taelon d'Akeraï, avaient précipités certaines choses. Ils avaient une menace commune à éliminer : elle par précaution, lui par vengeance. Une ombre menaçait la reine du plaisir, une ombre que grâce à l'assassin, elle pouvait faire disparaître... Mais pas maintenant. Pas tout de suite. Il fallait trouver un moyen de dissimuler l'acte, faire comme s'il n'avait jamais existé... Et pour l'instant, cacher le meurtre du dernier véritable Al-Vyr n'était pas dans ses moyens.

Mais une aube rouge risquait bien de se lever sur Quetaïn si l'assassinat n'était pas mené proprement. Le sultan n'était pas au courant pour son propre bien, et surtout parce qu'Inanna savait que Mitram Al-Kerpan ne le permettrait pas et tenterait de l'empêcher de finir sa vendetta en mettant un terme définitif à l'existence de Dieter Al-Vyr, qui était suffisamment puissant pour faire de l'ombre à Inanna là où les autres avaient eu la grâce de trépasser ou de disparaître, rongés par la honte. Mais voilà, il y a les partisans de l'Hétaïre, la suivant de leur propre gré ou contraints et forcés, d'autres, qui rejoindraient celui de l'héritier légitime, et enfin l'armée personnelle du sultan. Quetaïn risquait bien de se retrouver en pleine guerre civile, pour une seule erreur, un faux mouvement...

… et Inanna n'était pas prête à mettre la vie de son fils dans la balance avec deux seules cartes – ses alliés et Taelon – en main. Certes, elle était alléchée... Mais elle jonglait dans les méandres du pouvoir depuis assez longtemps pour savoir que le jeu était risqué. Trop pour la vie de Batu.

C'est pourquoi, sitôt le marché avec l'assassin conclu, elle était partie pour la Cité Blanche en compagnie de son fils. La maquerelle de la Demeure Liliale, Pietra, était une femme de confiance et qui suivrait aveuglément les ordres de la Mère. Ils avaient passé deux bonnes semaines à voyager, tant parce que l'escorte était lourde et prenait son temps, que par le mauvais temps qui avait retardé le bateau qu'ils avaient pris. Tout du moins, c'était infiniment plus rapide que de passer par les terres... Une fois enfin arrivés à Feïral, Inanna et Batu avaient passé quelques jours à visiter la cité et à se reposer. Mais la Maîtresse des Plaisirs ne pouvait s'absenter éternellement. Elle avait laissé, le cœur déchiré, Batu aux bons soins de Pietra. Feïral était relativement sûre. Et puis elle était proche du bastion des Chevaliers. Malgré son statut, Inanna avait toujours cette espèce de confiance naïve et enfantine envers l'Ordre.

C'était ce qu'elle se répétait, tout le long du voyage de retour. Le temps avait été radieux, mais la Mère avait l'impression que rien ne pouvait plus réchauffer son cœur, serré par l'angoisse. Les plats qu'elle goûtait avaient un goût de cendre, les paysages auréolés par le soleil paraissaient tristes et gris. Elle espérait qu'elle trouverait une solution rapidement pour éviter le bain de sang dans la cité de Quetaïn, qu'elle trouverait le moyen de dissimuler toute trace... pour faire revenir auprès d'elle le trésor de sa vie.

L'habituelle activité de Quetaïn ne l'enchantait plus autant qu'avant, mais Inanna n'était pas femme à se laisser abattre si aisément. Son fils était en vie et en sécurité. Elle devait cesser de s'inquiéter. Elle inspira un grand coup, et se força à déambuler dans les rues sinueuses de la cité pour se détendre, observant divers étals comme si elle était redevenue la simple prostituée qu'elle était avant qu'elle n'aie Batu, et qu'elle se promène pour repérer une étoffe ou un bijou qui la mettrait en valeur.

Sachant qu'elle pouvait être reconnue, et souhaitant un moment de paix, elle avait couvert ses cheveux de plusieurs tissus, et son visage d'un voile de gaze, à la mode de Sipheaï, et ses vêtements de voyage amples ne laissaient guère présumer de la richesse et des habits précieux dont elle se paraît habituellement. De même, elle avait laissé ses bijoux les plus coûteux au Temple le temps du voyage. Bon, soyons sérieux, nous parlons d'Inanna : elle était parée d'un collier avec des disques d'or et de boucles d'oreilles assorties. On pouvait présumer qu'elle venait de Sipheaï et qu'elle avait voyagé, qu'elle était assez aisée pour porter des bijoux, mais de là à imaginer que l'on avait en face de soi la redoutable Inanna Al-Vyr... ? Du tout.

Elle se laissa entraîner par l'odeur des épices et arriva dans la rue où l'on vendait plusieurs plantes. Certaines lui étaient connues, d'autres non, et elle se laissa porter par la foule... Jusqu'à ce que la foule trop dense l'éjecte contre un étal, et surtout contre un homme. Grand. Plus grand qu'elle, en tout cas – c'était loin d'être compliqué. Quand il tourna la tête pour voir ce qui l'avait heurté, elle s'attarda un instant sur ses yeux, d'une étrange couleur argentée, décréta en son for intérieur qu'ils étaient fort beaux et qu'elle n'avait au moins pas perdu sa journée en vains déambulages : on trouvait des choses charmantes par le plus grand des hasards et ce n'était pas pour lui déplaire. Elle lui fit un sourire d'excuse un peu contrit, dont on devinait l'ébauche derrière le voile.

- Excusez-moi.


Elle allait attendre qu'un trou se forme, puis elle reprendrait sa promenade. Sentir à pleins poumons le mélange d'odeur d'épices, de sueur, de parfums l'apaisait. Pour un peu, elle se serait cru à un jour de marché à Sipheaï. Depuis qu'elle était devenue Seigneur-Marchand,  elle n'avait plus jamais eu le loisir de flâner dans les rues comme elle le faisait autrefois, et renouer avec son passé lui faisait plus de bien qu'elle ne l'avait cru de prime abord...
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Azaldor Rondwio
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Ven 9 Aoû 2013 - 13:09


    - Fin du voyage messire alchimiste !

    Assit à l’arrière d’un chariot, je saute au sol et adresse un grand sourire au nain debout devant moi, bien que l’on aurait du mal à le croire en voyant la différence de taille. Je mesure en effet près d’un mètre de plus que mon compagnon de voyage. Que mes compagnons de voyages. Cela fait maintenant presque un mois que je me suis joins à cette caravane de nains en direction de Quetaïn.  Une ambiance forte agréable, saupoudrée de bière, de rire et de fête. Je n’avais pas eu l’occasion de voyager ainsi depuis un long moment.

    M’accroupissant, je lui tends une main amicale, serrant la sienne avec vigueur. Bien que petit, notre ami n’avait rien de fragile à en croire sa corpulence. Et sa force !


    - Je vous remercie de m’avoir accueillie en votre sein l’ami !

    Et je lui tends une bourse plus remplie que prévu. Le regard de mon camarade s’illumine. Les nains et l’or… Une véritable histoire d’amour ! Alors qu’il soupèse le paiement, il m’offre un sourire dévoilant toutes ses dents plus ou moins en bonnes états.

    - Ce fut un plaisir mon frère ! Surtout n’hésitez pas à nous faire signe si vous voulez repartie avec nous. Nous plions bagage dans une semaine exactement.

    - J’y réfléchirais ! Il est possible que vous ayez à me supporter un mois de plus !

    Le nain accroche la bourse à sa ceinture, le regard brillant.

    - Si vous payez toujours aussi bien, ce sera une torture !

    Et c’est en mêlant nos rires que nous nous séparons. Lui menant sa caravane dans un campement un peu au nord de la ville, moi m’enfonçant littéralement dans la marée humaine se pressant vers les portes en ce matin de marché.

    Parfait.

    Resserrant les sangles de mon sac de voyage, je me dirige vers une auberge à la devanture attrayante et y réserve une chambre pour y déposer mes affaires. Autant ne pas tout trimballer… Et puis je vais avoir besoin de place pour mes achats. Enfilant une cape de voyage d’un bleu foncé, décoré de l’insigne des alchimistes, je ferme joyeusement ma chambre et pars pour le marché.

    Quetaïn…
    La ville du commerce.

    Je suis ici pour acheter tout ce dont la guilde à besoin en ingrédients, plante ou autre. Normalement, c’est le travail de mes subordonnés mais une soudaine envie de prendre un peu de recul m’a poussé à confier la guilde au conseil. Et puis je n’aime pas rester trop longtemps enfermer dans mon bureau ou dans mon laboratoire. De plus, une brutale montée de chaleur à fait griller une partie de notre serre. Nous avons donc besoin de nouvelles graines pour retrouver notre diversité florale. Mine de rien, les stocks ne durent pas aussi longtemps que prévu.

    Je connais les meilleures adresses de Quetaïn en matière d’alchimie et de plantes mais le marché va me permettre de fouiller un peu à droite à gauche, dans l’espoir de trouver quelques ingrédients rare ou des plantes plus exotiques. Nos serres ne sont malheureusement pas encore en possession de toutes les espèces florales connues… Et il faudra que je pense à engager quelques techniciens pour perfectionner nos systèmes de conservations. Et pour créer de nouveaux climats, histoire de…

    Un choc m’expulse de mes plans.

    Je me retrouve légèrement poussé vers un étale de vêtements, dont certains tombent dans la poussière. Je m’empresse de les ramasser, un peu gêné, et les remet en place avant que le marchant ne s’en rende compte. Puis je baisse les yeux vers celui – en l’occurrence, je dirais celle – qui m’a bousculé. Petite, je ne l’avais pas vu. En même temps, par cette foule…

    Par réflexe, je glisse une main dans son dos comme pour la soutenir mais la retire bien vite en voyant qu’elle tient parfaitement sur ses pieds. C’est seulement à ce moment que je remarque qu’un voile de gaze m’empêche de voir plus qu’en ombre son visage. Ses vêtements même ample, n’arrive pas à cacher sa silhouette féminine. Et sa voie confirme mon hypothèse.


    - Excusez-moi.

    Je devine à peine le sourire qui étire ses lèvres.

    - Non non, c’est à moi de m’excusez, je ne regardais pas devant moi…

    Lançant un regard derrière mon épaule, je lui offre un sourire complice.

    - Et heureusement que les vendeurs sont aussi aveugle que moi, sinon j’en aurai eu pour ma poche !

    Un petit clin d’œil m’échappe. Sans doute que j’ai passé trop de temps avec ces nains. Ils sont tellement ouverts qu’ils parlent avec tout le monde et s’amusent de tout… Enfin, pour ceux que j’ai rencontrés.


    - Excusez-moi mais vous venez de Sipheaï ?

    Maintenant que j’ai engagé la conversation, autant aller jusqu’au bout. Et puis je suis curieux de savoir pourquoi elle porte la même tenu qu’à ma capital alors qu’il y a deux fois moins de soleil ici…

    Ah les femmes et la mode…


[Si j'ai pris trop de libertés, arrête moi tout de suite.]
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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Ven 9 Aoû 2013 - 23:39

- Non non, c’est à moi de m’excuser, je ne regardais pas devant moi…

Que l'homme aux yeux argentés lui réponde la surprit plus qu'elle n'aurait cru. Habituellement, une simple excuse, et l'affaire était terminée, on n'en reparlait plus. A Quetaïn, on connaissait ce genre de situation assez régulièrement, surtout les jours de marché comme celui là, pour que bousculer quelqu'un devienne une bagatelle... ce qui faisait la joie des tires-laine et autres vides-gousset.  

- Et heureusement que les vendeurs sont aussi aveugle que moi, sinon j’en aurai eu pour ma poche !

Là, elle ne put s'empêcher de répondre à ce sourire et à ce clin d’œil qu'il lui donnait. Bon, il ne le verrait pas totalement, mais qu'importe. Le sourire qui étira ses lèvres était presque involontaire : trouver quelqu'un souriant de manière naturelle à Quetaïn était aussi rare qu'un nain sans une pièce d'or sur lui, et une fois de plus, ce n'était pour déplaire à Inanna. Un peu de changement était toujours le bienvenu. Peu de personnes aurait pris la chose avec autant d'humour et de bonne humeur. Elle entendait déjà les vociférations d'un autre homme, qui l'aurait lorgnée avec circonspection pour savoir si elle venait de lui voler sa bourse ou si l'accident était bénin.

- Excusez-moi mais vous venez de Sipheaï ?

Qu'il lui réponde, et en plus veuille faire un brin de causette la renseigna assez pour qu'elle devine qu'il n'était pas originaire de la cité marchande et n'y résidait pas souvent. Elle l'observa un peu plus précisément. La vie n'avait pas été très tendre avec lui, notamment au niveau du visage, mais elle se détourna bien vite de sa figure. Les yeux de l'inconnu étaient vraiment trop étranges et elle pouvait difficilement les soutenir, à sa grande irritation. Elle doutait que ce soit naturel, mais, bah ! tout le monde a ses petites coquetteries. Elle aurait été bien mal placée pour le reprendre à ce sujet.

Puis elle fronça les sourcils et faillit éclater de rire devant son manque d'observation. C'était tellement évident que ça en devenait invisible. Insigne des alchimistes. Il venait également de Sipheaï. A vrai dire, elle aurait également pu s'en douter, au vu du hâle de l'homme.

Il avait ouvert le jeu, elle allait continuer, pour la seule et unique raison qu'il venait de sa ville natale. Et aussi parce qu'il avait de singuliers, mais beaux, très beaux yeux. Il devait tomber les dames avec cette étrangeté. Toutes les filles aiment l'exotisme, du moins ne serait-ce que pour essayer.

- Ah ! Il va falloir préciser votre phrase, messire. En suis-je originaire ou est-ce une longue route depuis Sipheaï qui m'amène ici... ? Vous, par contre... Le voyage a-t-il été agréable ? Du bastion des alchimistes à ici, c'est un grand trajet. Et loin d'être sécuritaire...

Il pouvait voir ses yeux, qui s'étaient plissés en même temps que son visage, révélant une expression amusée et même mutine. Bon, d'un autre côté, elle n'allait pas apprécier s'ils gardaient la même position trop longtemps. Ce type était fichtrement grand, et elle... bien trop petite pour ne pas finir par avoir mal au cou.

Bah, de toute manière, elle ne s'attendait pas à ce que la discussion dure plus longtemps. Cet alchimiste devait avoir des choses à faire, et il ne lui avait parlé que parce qu'elle était vêtue d'une mode qui n'avait pas cours à Quetaïn. Enfin, pour être exacte, si. Mais c'était Inanna qui l'avait lancée. Passons. Ce ne sont là que des détails.

Mais parce qu'elle était quelqu'un qui tentait de prévoir chaque issue, elle en venait déjà à imaginer le nom qu'elle lui donnerait. Le sien, le véritable, ou mentirait-elle juste par pur plaisir du jeu ? Un frisson lui parcourut l'échine. Elle allait s'amuser, pour oublier que son fils était loin d'elle et qu'elle n'avait pas un œil sur lui.

Grands dieux, la moindre pensée consacrée à Batu finissait par se transformer en un mauvais scénario catastrophe, comme pouvaient en inventer les piètres baladins qui se targuaient d'entrer dans ses Maisons en tant qu'amuseurs publics.

Du moins pouvait-elle leur en remontrer, question calamités inventées.
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Azaldor Rondwio
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Sam 10 Aoû 2013 - 22:01

    Nouveau sourire.
    Très léger.
    Ou du moins en avait-il l’air sous ce voile.

    Je me surpris à scruter avec plus d’attention ces formes sombres sous ce rideau de gaz. Je n’arrivais que vaguement à deviner le contour de son visage, perdu dans une semi obscurité due aux tissus l’entourant.

    C’est… Frustrant…

    Je n’aime pas spécialement parler à bout d’étoffe, aussi élaboré soit-il… Mais cette inconnue ne semblait pas vouloir le retire. Plus tard peut-être. Si un plus tard existe. En attendant je m’amuse à essayer de deviner ses traits. Dur affaire. Je ne peux finalement qu’en tirer un tout relativement harmonieux.

    Cette inconnue semble être une charmante créature…

    Une flamme amusé née au creux de mon regard tandis que je redresse la tête, parcourant rapidement la foule des yeux comme si de rien n’était. Il est impoli de dévisager une femme. Surtout si elle porte un voile.

    Mais le mystère attire toujours les hommes…

    Assez grand pour surplomber une partie de la foule, je pouvais admirer la marée humaine qui s’agitait au rythme des crieur et des offres des marchands. Un flux constant et pousse et tire perpétuellement.

    Impressionnant.

    Je n’ai jamais eu réellement l’occasion d’admirer ainsi les marchés de Quentaïn. Mais maintenant je comprends pourquoi ont les considèrent comme les plus grands. Et les plus populaires. A Sipheaï, le plus gros fait environs un tiers de ce dernier. Ce qui pour moi, était déjà immense.

    Impressionnant.


    - Ah ! Il va falloir préciser votre phrase, messire. En suis-je originaire ou est-ce une longue route depuis Sipheaï qui m'amène ici... ? Vous, par contre... Le voyage a-t-il été agréable ? Du bastion des alchimistes à ici, c'est un grand trajet. Et loin d'être sécuritaire...

    Une voix douce et mélodieuse me fait revenir aux petites choses. Baissant les yeux, je penche la tête sur le côté,  illuminant mon visage d’un sourire amusé. J’aime la subtilité dont elle fait preuve dans ses paroles. Et surtout son petit ton amusé que semblait appuyé ses yeux.

    Hum… Une trouvaille intéressante ?

    Replaçant correctement mon insigne, je lui offre un petit clin d’œil.


    - Hum… Il est vrai que je ne sois pas quelqu’un de très clair… Mais je pense que le bruit ambiant y est pour quelque chose. Je me ferais une joie de préciser mes paroles et de répondre aux vôtres dans un endroit plus calme.

    Lui offrant mon bras, avec un faible espoir qu’elle s’en saisisse, je dégage facilement un passage à travers la foule, guidant la jeune – ou non ?- femme jusqu’à une auberge à la devanture plutôt luxueuse. Quitte à avoir de l’argent, autant se faire plaisir.

    - J’espère que le lieu vous conviendra… Je ne connais pas vraiment la ville.

    Lui ouvrant la porte, je la laisse entrer la première, avant de la suivre jusqu’à une table dans un coin de la pièce. Je m’assoie avec un petit soupir sur un fauteuil plutôt confortable et pose un regard amusé sur l’inconnue, dans l’espoir de voir le voile tomber.

    - Bien, voilà un endroit plus tranquille. Donc… Oui… u que vous semblez porter encore els vêtements de Sipheaï, je serais plutôt tenté de dire que c’est une longue route qui vous amène ici… Mais après tout l’un n’empêche pas l’autre. Et j’ai toujours été mauvais en déduction. Je vais donc vous laissez  me souffler la solution. Si vous le souhaitez évidemment.

    Voix douce. Presque mielleuse. Amusé également. Elle ouvre le jeu. Autant s’y jeter à pied joints. Après tout, qu’est-ce que je risque.

    En attendant, je dévie volontairement de ses questions. Mon temps viendra. Pour l’heure, c’est le sien qui se déroule.
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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Mer 14 Aoû 2013 - 18:02

- Hum… Il est vrai que je ne sois pas quelqu’un de très clair… Mais je pense que le bruit ambiant y est pour quelque chose. Je me ferais une joie de préciser mes paroles et de répondre aux vôtres dans un endroit plus calme.


Très souriant et très charmeur, cet homme. Elle ne s'y était pas trompée, il avait l'habitude de séduire et d'y arriver. Un sourire madré releva ses lèvres. Elle se donnerait le plaisir infini d'observer dans ces prunelles argentées la déconfiture de se voir rejeté. Il n'y avait pas de mal à ça, aucune malignité. Juste le plaisir du jeu et de montrer à cet alchimiste qu'il venait de tomber sur plus fort que lui.

Une chose qu'Inanna ne parvenait pas à saisir, ça, qu'on puisse peut-être être plus fort qu'elle au jeu de la séduction, de la manipulation. Après tout, qui pouvait battre l'ancienne Perle de Sipheaï à son propre jeu ?

C'est pourquoi elle prit, plus par habitude qu'autre chose, le bras de l'alchimiste, posant avec délicatesse sa main sur la sienne pour se laisser guider. Avoir été un magnifique petit oiseau pour les vieux nobles libidineux de Sipheaï avait eu du bon, d'un côté, pour lui avoir appris les manières d'une dame. Et puis de toute façon, il n'y avait aucun mal à profiter de la grande taille de son nouvel ami : fendre une foule n'avait jamais été aussi aisé.

Il les guida jusqu'à une auberge à la façade luxueuse, et elle dut se faire violence pour ne pas marquer un temps d'arrêt. De toutes les auberges pour nobles et riches marchands, il fallait qu'il choisisse celle-là ! La seule qui appartenait à Dieter. On pouvait dire qu'elle jouait de malchance. Ou bien cet homme l'avait reconnue, était un agent de Dieter et l'amenait ici à dessein... ? Soudainement, la lueur amusée et charmeuse de son regard se changea en suspicion. Si elle le suivait, elle risquait de signer son arrêt de mort. Elle connaissait Dieter, un homme cruel... et qui n'hésiterait pas une seule seconde à l'éliminer, elle, Utu, Batu, pour reprendre l'empire de la prostitution, et en refaire un immonde gâchis comme le faisait son père avant lui.

Sauf que son père n'avait pas été aussi sadique.

- J’espère que le lieu vous conviendra… Je ne connais pas vraiment la ville.

Elle se laissa entraîner, l'esprit toujours en ébullition, et c'est presque sans en être consciente qu'elle se dirigea vers une table, dans un coin, comme pour se dissimuler de la plupart des gens.

Mais de l'autre côté... narguer Dieter était un petit plaisir qu'elle pouvait fort bien s'offrir. L'alchimiste avait fait un long trajet, Dieter n'avait aucune influence sur Sipheaï... Rien ne disait que l'homme aux yeux argentés était un agent du dernier Al-Vyr légitime... Mais rien ne disait non plus qu'il ne l'était pas. Inanna hésita, un court instant. Elle était certaine qu'Utu savait qu'elle était revenue en ville. Il saurait qu'elle était rentrée dans l'auberge de Dieter. Si jamais il lui arrivait quelque chose de fâcheux...

Le frisson de jouer à pile ou face se fit trop fort pour qu'elle puisse résister. Dieter Al-Vyr serait un insecte qu'elle allait écraser, et se pavaner, boire dans sa propre auberge était un caprice qu'elle pouvait bien s'offrir. Quand elle en aurait fini avec lui, l'occasion ne se représentera plus. Mais de là à retirer son voile, qui lui assurait l'anonymat ? Elle pouvait rester ici, à se désaltérer à son nez et à sa barbe... Elle craignait d'être trop connue, surtout par les gens de Dieter. Mais après tout, que pouvaient-il faire ? Si ça se trouvait, il n'était même pas ici. Ou bien...

La voix de son inconnu la ramena à la réalité.

- Bien, voilà un endroit plus tranquille. Donc… Oui… vu que vous semblez porter encore les vêtements de Sipheaï, je serais plutôt tenté de dire que c’est une longue route qui vous amène ici… Mais après tout l’un n’empêche pas l’autre. Et j’ai toujours été mauvais en déduction. Je vais donc vous laissez  me souffler la solution. Si vous le souhaitez évidemment.

Elle reporta son attention sur l'alchimiste. Avouer ainsi sa faiblesse et donner sa langue au chat ne ramenait pas de sel dans la conversation, mais du moins pourrait-elle rester assez vague. Elle hocha la tête.

- C'est une longue route qui m'amène ici... mais pas celle que vous croyez. J'ai toujours préféré les vêtements de Sipheaï pour voyager. Ils sont larges, confortables, et surtout beaucoup plus élégants que la plupart des frusques que portent les autres pour traverser Aranor. Enfin, ça, ça doit peut-être venir du fait que je suis née à Sipheaï et que j'y ai vécu un certain temps... Une espèce de chauvinisme, allez savoir.

Elle haussa les épaules.

- Pour ce que ça apporte, à Quetaïn. Vous avez surtout plus de chance de vous faire arnaquer si vous vous exhibez avec un style de vêtement aussi prononcé. Personnellement, ce n'est pas le genre de tenue que j'arbore pour négocier. Je ne saurais trop vous conseiller de vous changer.

Elle désigna l'insigne d'un geste du menton, se calant enfin plus confortablement sur le dossier de son fauteuil. Qu'importe Dieter, il y avait cet inconnu. Peut-être tirerait-elle de lui quelques informations intéressantes sur les alchimistes, ou bien même une exclusivité de marché ? Il ne fallait rien mettre de côté.

- Après, c'est certain que votre insigne peut ouvrir des portes qui s'avèrent fermées à d'autres.

Un jeune homme, d'une petite vingtaine, arriva sur ces entrefaites et leur demanda ce qu'ils désiraient. Inanna réfléchit un instant. Dieter avait parfois les mêmes fournisseurs qu'elle, au niveau des boissons, surtout des vins, qui étaient excellents, mais elle mourrait d'envie d'une boisson chaude...

- Pour moi, il s'agira d'un simple thé à la menthe. Brûlant.

Parfait pour se décrasser la gorge... même si elle doutait qu'il soit fait de la même manière que Sipheaï, partager un thé avec un autre habitant de la cité du désert n'était pas pour lui déplaire. Elle recevait régulièrement des nouvelles, en envoyait quand l'ennui la prenait à Fadril Eorten pour lui signifier que son garçon grandissait admirablement bien, mais en avoir de la bouche même de cet alchimiste lui changerait assurément les idées.

Elle laissa l'alchimiste gigantesque commander à son tour, puis reprit, d'un ton moins sérieux, beaucoup plus amusé :

- Mais n'escomptez pas me faire parler de moi tout du long. Il est impoli de ne pas répondre à la question d'une femme, vous savez ?

Et puis qui pourrait deviner qu'elle était dans un établissement de son rival ? Tout le monde n'y verrait que du feu... une dame de Sipheaï parlant avec un alchimiste... rien que de plus banal.
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Azaldor Rondwio
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Dim 17 Aoû 2014 - 22:19

Aura d’autorité.

Cette femme dégage quelque chose d’étrange. Un élément qui m’intrigue. Me titille. Rah, si seulement elle pouvait laisser tomber son voile. Juste pour apercevoir ses yeux. Les traits de son visage. Voir si cette voix si douce reflète son apparence.

Curiosité.
Elle me nargue avec ce voile.

Au fond de moi, une flamme s’allume. Amusement. Je vais le faire tomber cet écran !


- C'est une longue route qui m'amène ici... mais pas celle que vous croyez. J'ai toujours préféré les vêtements de Sipheaï pour voyager. Ils sont larges, confortables, et surtout beaucoup plus élégants que la plupart des frusques que portent les autres pour traverser Aranor. Enfin, ça, ça doit peut-être venir du fait que je suis née à Sipheaï et que j'y ai vécu un certain temps... Une espèce de chauvinisme, allez savoir.

Voilà une femme pratique… Et bien élevée. Ou du moins avec un vocabulaire que l’on n’emploierait pas à tous les coins de rue. De plus, il n’est pas données à toutes les femmes de pouvoir choisir leur vêtements, comme elle semble le prétendre.

- Pour ce que ça apporte, à Quetaïn. Vous avez surtout plus de chance de vous faire arnaquer si vous vous exhibez avec un style de vêtement aussi prononcé. Personnellement, ce n'est pas le genre de tenue que j'arbore pour négocier. Je ne saurais trop vous conseiller de vous changer.

Sa réflexion me tire un sourire. Je hausse légèrement les épaules, jetant un coup d’œil à mes vêtements encore sales et recouvert d’une fine poussière grise. Je porte encore les vêtements amples et souples de Sipheaï.

Je me prends finalement au jeu d’essayer d’en découvrir le plus sur elle par ses simples paroles. Récapitulons.

Pratique.
Eduquée.
Aisée.
Perspicace.
Futée.

Un portrait qui pour le moment, me plait beaucoup. Mais bon, il n’en reste pas moins complétement imaginaire.  Mais je me plais à croire que je suis un bon pisteur…


- Après, c'est certain que votre insigne peut ouvrir des portes qui s'avèrent fermées à d'autres.

Cette fois, la remarque me tire un petit rire. Par réflexe, je porte ma main à ma poitrine, caressant le petit bijou avec délicatesse.

Maline !

Car elle n’a pas tort. Cet insigne - en plus de mon statut de chef de guilde – m’ouvre un marché méconnu des autres. Seuls quelques rares privilégiés peuvent avoir accès à ces plantes souvent très rares et très chers. Les guérisseurs font partit de ces personnes. Elle n’ait donc pas de cette guilde.

Alors que j’allais répliquer, un homme me coupe dans mon élan, stoppant les mots qui allait s’échapper de ma bouche ouverte. Me renfonçant dans mon siège en évitant de gober une mouche, je laisse ma (belle ?) inconnue commander.


- Pour moi, il s'agira d'un simple thé à la menthe. Brûlant.

- Et pour moi un thé vert je vous prie.

De la menthe… Quel horreur.

Le jeune homme s’éloigne alors, répétant à voix basse les deux commandes pour ne pas les oublier. Un débutant vu son âge. Je me replonge finalement dans ce que j’espère être les yeux de mon interlocutrice.


- Vous avez vu juste. Cet insigne me permet de m’habiller comme je l’entends pour mes achats. Enfin, l’habitude fait aussi beaucoup. Mes fournisseurs connaissent mon visage donc je n’ai pas de soucis d’arnaque.

Serais-je un poil prétentieux ? Peut-être… Mais cela m’est complétement égal.

- Mais n'escomptez pas me faire parler de moi tout du long. Il est impoli de ne pas répondre à la question d'une femme, vous savez ?

Arg, démasqué !

Je lève doucement les yeux au ciel, priant pour que le serveur revienne rapidement. Cette inconnue devra bien un jour retirer ce voile pour boire… reprenant son ton amusé et légers, je me m’excuse dans une révérence presque moqueuse.


- Veuillez m’excuser, c’est que vous m’intriguer. Et je ne voulais pas m’imposer. Mais pour répondre à votre question, quand on sait avec qui et quand voyager, ce périple devient très vite plus agréable qu’on peut le penser. J’ai la chance de pouvoir bénéficier de l’hospitalité des nains qui remontent de leur montagne vers Quetaïn. Ils peuvent paraitre un peu rêches de l’extérieur mais ce sont d’excellents hôtes ! Bien qu’un peu chers…

Des souvenirs de voyage se frayant un chemin dans mon esprit dessinent un sourire presque nostalgique sur mon visage.

- Mais bon, maintenant que j’ai répondu à votre question, qui fut la seule si mes souvenirs sont bons, allez-vous m’offrir la raison de votre présence ici ? D’après vos vêtements ce n’est pas pour faire affaires. Alors loisir ?

C’est à ce moment que le serveur revient, déposant face à chacun de nous un thé brûlant dont les odeurs nous embaument rapidement. Celle de menthe me fait plisser les narines. Le regard toujours figé sur l’inconnue, je prends une petite gorgé du liquide brûlant, le sentant descendre dans le long de mon corps avec une certaine satisfaction.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu le droit à un thé aussi bon, les nains n’étant pas réputés pour apprécier cette boisson…

Dans mon esprit, une seule question tourne à présent : Qu’allais-je trouver sous ce voile ?
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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Un défi à tenter la fortune elle-même [Azal]   Jeu 21 Aoû 2014 - 0:09


- Vous avez vu juste. Cet insigne me permet de m’habiller comme je l’entends pour mes achats. Enfin, l’habitude fait aussi beaucoup. Mes fournisseurs connaissent mon visage donc je n’ai pas de soucis d’arnaque.


Elle ne put qu'approuver. L'habitude des fournisseurs, et surtout la réputation qui vous précède en faisaient beaucoup. Preuve en était faite que très peu de ses fournisseurs, qu'ils soient anciens ou nouveaux, ne voulaient chercher à augmenter leurs prix sans aucune raison valable. D'autant plus qu'ils étaient parfaitement au courant que si elle trouvait marchandise moins onéreuse et de qualité égale voire supérieure, elle n'hésiterait pas à les laisser tomber. Et quand quelqu'un qui commandait autant de soieries, bijoux et mets délicats vous laissait tomber, cela faisait un sacré trou dans votre chiffre d'affaire. Mais bien qu'elle soit complètement d'accord, elle ne le montra pas à son inconnu. Si lui laissait tomber ou donnait sa langue au chat bien facilement, elle garderait un peu de mystère pour eux deux.

- Veuillez m’excuser, c’est que vous m’intriguez.


Un sourire gentiment railleur releva à peine ses lèvres, mais elle ne pipa mot. Et si je vous dis que c'est le but, mon cher?

- … Et je ne voulais pas m’imposer. Mais pour répondre à votre question, quand on sait avec qui et quand voyager, ce périple devient très vite plus agréable qu’on peut le penser. J’ai la chance de pouvoir bénéficier de l’hospitalité des nains qui remontent de leur montagne vers Quetaïn. Ils peuvent paraitre un peu rêches de l’extérieur mais ce sont d’excellents hôtes ! Bien qu’un peu chers…

Ah, ça ! Elle ne lui ferait pas dire ! Il faudra qu'elle rappelle un peu à l'ordre l'un de ses fournisseurs de bijoux, un nain, pour lui dire de ménager un peu son porte-monnaie. Surtout que l’orfèvrerie qu'il lui proposait ne valait pas le prix demandé. Mais ses pierres étaient les plus belles d'Aranor. Alors habituellement, elle lui passait ses prix fantasques. Si les bijoux valaient le coup, évidemment.

- Mais bon, maintenant que j’ai répondu à votre question, qui fut la seule si mes souvenirs sont bons, allez-vous m’offrir la raison de votre présence ici ? D’après vos vêtements ce n’est pas pour faire affaires. Alors loisir ?

Le serveur revint à cet instant, lui offrant un peu de temps pour réfléchir à sa réponse. Pas pour affaires, non. Du moins pas tout de suite. Loisir, à cet instant elle s'amusait comme une petite folle et la distraction était bienvenue. Elle n'avait pas souvent l'occasion de sortir du rôle de reine-marchande intransigeante et omnisciente.

Être sortie de son rôle ne l'avait cependant pas dépourvue de son sens de l'observation. Infime plissement de paupière et de nez face à une odeur... il ne peut s'agir que de celle de la menthe. Bien. Question banale à lui ressortir si jamais la conversation s'orientait vers un terrain trop glissant à son goût. Maintenant, avant de répondre au bel inconnu, il est temps de savourer au moins une gorgée ou deux du thé. Si lui n'aimait pas l’arôme, ce n'était pas le cas de tout le monde.

Elle leva une main, et d'un geste élégant, décrocha la petite agrafe dorée qui attachait un côté du voile. Si elle avait su qu'elle irait boire quelque chose avec un inconnu, elle aurait pris un de ceux qu'elle chouchoutait : d'une étoffe assez sombre pour ne rien laisser voir, mais suffisamment fine pour boire au travers sans avoir l'air d'un idiot. Là, elle n'avait pas le choix.

Puis elle sirota une gorgée de son thé, et parce qu'il l'avait plus ou moins poussée à retirer son voile – pure mauvaise foi – elle lui servit son sourire d'ange déchu. Celui qui faisait rougir les plus vertueux des chevaliers et qui avait contribué à faire d'elle la Perle de Sipheaï. Curieuse de voir ce qu'il allait provoquer chez son inconnu.

- Ah, ça ! Votre compagnie fait décidément partie des plus agréables. Je vais donc vous dire loisir. Pour le moment. Qui sait ? Peut-être que j'aurais à faire affaires avec vous, très cher. Dans ce cas là, ma tenue ne voudra pas dire grand chose. Sauf si vous me laissez le temps d'en changer.

Autre gorgée, assorti d'un regard faussement innocent. Les modes, elle les lançait. Sous peu, le voile à la Sipheaïe serait d'actualité. Et les marchands n'auraient qu'à bien se tenir.

- Dites moi... cela fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de revoir notre belle cité. Comment se porte-t-elle ? Oh, et j'espère pour vous que vous n'allez pas me sortir ce mythe selon lequel les alchimistes ne savent rien car enfermés dans leurs serres et laboratoires. Je sais très bien qu'il est faux.

Puisque j'ai participé à le lancer.

- Oh, pendant que j'y suis, même si l'appellation n'est pas particulièrement désagréable, je m'en voudrais de vous nommer continuellement très cher. Votre nom ?

_________________
There are so many things I could say, my love
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There are so many things I could do, my love
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[...] So if you like your women sweet, ah, consider me your wine



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