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 [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)

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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mer 17 Juil - 17:49

Le Temple du Soleil et de la Lune...

A Quetaïn, là où il fait bon vivre lorsqu'on est marchand. On montait une affaire et on devenait riche. Des hommes et des femmes gagnaient en puissance et pouvaient être aussi respectés qu'un prince. Quetaïn, ville lumineuse de vie, éclairé par la vivacité des marchés, rempli de personnes qui cherchent à faire de bonnes affaires, sans se soucier d'un homme en capuche qui se faufilait telle une ombre de la nuit.
Car les ombres, elles, marchaient partout, sans se faire remarquer.
Taelon, né dans la région d'Akeraï, savait se faire oublier et être discret. Malgré tout, il ne pouvait empêcher la naissance d'un songe, d'un doute en lui. L'impression qu'on l'observait, qu'on le voyait. Et il se sentait vulnérable, avec ces impressions...
Mais son imagination lui jouait sans doute des tours. Personne ne faisait attention à lui et encore moins les autorités locales, trop occupé à surveiller la foule.
Un homme en capuche n'avait pas d'importance. Alors il s'éclipsa jusque dans une ruelle, encore plus riche que la précédente.
Plus il avançait, plus il avait l'impression que les pauvres diminuaient, et les vieilles structures également. Ici, ils se trouvaient des maisons éclatantes, des bonnes gens, et parfois des marchands influents de passage en ville.
Taelon resta neutre, mais il fut tout de même impressionner de voir autant de richesse dans une seule et même ville...
Loin d'Akeraï, et de sa masse de gueux.
Quoi que l'on pouvait trouver de la richesse dans la ville d'Akeraï, c'était moins flagrant qu'ici...

Taelon tourna dans une ruelle adjacente. Il n'était plus très loin de son objectif. Il le pressentait. Son informateur, qui connaissait bien Quetaïn, lui avait dit de suivre son instinct :
"Ecoute le chant des femmes, sent leurs odeurs aux doux parfums. Tu sauras que tu es arrivé lorsque la beauté du Temple te paraîtra être la merveille du monde, sans doute la première de ta vie"
Sans doute...
Une merveille... A quoi cela peut-elle ressembler ?


Sa réponse ne tarda pas à venir, car le chemin, comme prédit, commençait à sentir bon, et des voix de femmes s'élevaient. un mélange de parfum et de bienfaisance agrippa Taelon... Et au lieu de le mettre à l'aise, celui-ci parut méfiant.
Il s'arrêta net lorsqu'il vit, en face de lui, se dresser une bâtisse extraordinaire. Milles sons, milles lumières, et milles odeurs.
Alors c'était donc ça : une merveille.
Impressionné, mais gardant un calme parfait, Taelon reprit sa marche.
Dans ce genre d'endroit, un homme en capuche n'était pas si peu commun. C'était ce qu'il imaginait en tout cas. Après, est-ce que les lieux le laisseront passer ? C'était une autre histoire. Il n'avait ni invitation, ni vraiment la réelle envie de rentrer à l'intérieur... Il était là pour acquérir des informations.

Sa traque avait reprit de plus belle, après la rencontre avec Leïna. Suite à son petit combat avec l'elfe, Taelon s'était mis à réfléchir, longuement... Se dire que son maître l'avait entraîné pour tuer, soit il le savait, mais son illumination sur la possibilité que Gilroy avait voulu l'aider à se venger était une toute autre histoire. En cherchant bien, il réussit à retrouver ses traces, cet homme qui recevrait ce qu'il mérite. Justice sera faite...
Une justice assassine, cruelle... Mais juste.
On lui avait dit qu'une personne influente se trouvant dans ces lieux pouvait l'aider à avoir les informations qui le permettrait de retrouver l'homme qu'il cherche depuis tant d'années.

Il traversa l'entrée et s'arrêta là... Il s'attendait à être abordé par des gardes, mais au lieu de ça, des femmes l'observaient, avec des sourires tendres... Mais plutôt dans le sens de la chaire.
Il préféra ne pas trop croiser leurs regards, même si personne ne pouvait vraiment deviner le regard d'un homme sous une capuche. C'était devenu son sauveur, car il le cachait d'une gène dont il faisait la rencontre aujourd'hui. une gène que connait les jeunes hommes... Qui se retrouvaient mal à l'aise au milieu d'une horde de femmes, toutes presque dévêtus, à vous regarder avec envie.
Il était obligé de venir ici, mais il repartira aussitôt, dès qu'il aura trouvé son informateur.

Un homme s'avança vers lui. Taelon leva un sourcil, se demandant pourquoi il était aussi peu vêtu que les filles qui trainaient partout dans le "Temple".

- Monsieur souhaite-t-il que je le guide ?, demanda-t-il, un sourire charmant aux lèvres.

La première réaction de l'assassin fut un dégoût, perturbé. Mais il se ressaisit, ne laissant rien paraître et répondit normalement :

- Je cherche la personne la plus influente en ces lieux. J'ai entendu dire qu'elle pouvait procurer des informations...

Il fut un peu hésitant sur la fin, car il n'avait pas réfléchit à l'aspect de "l'échange". Il n'avait pas d'argent et rien à offrir contre ce qu'il demandait... Il espérait pouvoir négocier.

Même si l'espoir était déjà anéanti par l'envie de sang, de voir la gorge tranché de cet homme...
La vengeance était si proche, tout d'un coup.

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Dernière édition par Taelon d'Akeraï le Ven 4 Oct - 15:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Jeu 18 Juil - 19:39

Spoiler:
 



Ah ! Le Temple du Soleil et de la Lune... Qui irait en ces lieux à reculons... ? Vous êtes assuré d'y trouver vos désirs les plus fous, et de les voir se réaliser... Ses senteurs, ses couleurs, toute la joie que l'on y trouve...  Mais il faut croire qu'il existe en ce monde quelques énergumènes effarouchés par quelques pans de tissu léger et de corps dévêtu. Le corps est magnifique. Pourquoi le cacher ? Qu'est ce qu'une robe un peu courte, ou que d'être habillé d'un seul pantalon et de bijoux ?

Malheureusement pour Taelon d'Akeraï, les employés du Temple ont l’œil pour repérer ces pauvres hères effrayés par leur propre corps et leurs propres désirs. D'une, il était resté encapuchonné, et gardait la tête soigneusement écartée des donzelles un peu plus dénudées que leurs compagnes. De deux, il n'avait pas l'impression de savoir quoi faire. Quand on rentre dans le Temple, on est là pour s'amuser, rire et prendre du plaisir. Il n'y a que les timides maladifs pour rester à se dandiner d'un pied sur l'autre.

Mais les employés n'ont pas froid aux yeux, non plus. Il faut savoir prendre en main le client, le guider avec douceur. Peut-être cet homme hésite-t-il car son désir est, selon lui, trop honteux pour être formulé ? Qu'à cela n'importe ! On le formulera pour lui. Héliel prit les devants et aborda cet homme. De toute manière, il avait prévu d’accueillir le prochain client qui passerait la porte.

- Monsieur souhaite-t-il que je le guide ?  

Mais Héliel sait observer. Même si les traits sont camouflés par cette capuche, au léger recul, à l'éclat de l’œil, il a compris. Cet homme n'est pas là pour la compagnie masculine, mais peut-être voudra-t-il celle féminine ?

- Je cherche la personne la plus influente en ces lieux. J'ai entendu dire qu'elle pouvait procurer des informations...

Ah ! Un Invité. Avec un grand I. C'est le jargon pour désigner ceux qui sont intéressés par l'autre marché d'Inanna et qui viennent dans les Maisons. Ses manières sont bien cavalières, et Héliel ne doute pas une seconde que la Mère ou le Féal le remettent vite fait à sa place. Mais qu'importe, le sourire de l'homme s'élargit, il fait mine de ne pas comprendre. S'il est outré par la façon dont Taelon s'exprime, il en est également amusé. Comme si on voyait la Mère ainsi. Avec ce genre de mots ! Si le commerce d'information est bel et bien officieux, c'est parce qu'on ne le crie pas à tue-tête. Bon, peut-être pas totalement officieux. Mais tout le monde fait comme s'il n'était pas là.

- La personne la plus influente, doux sire... ? Pour vous, sans doute Neige. Elle est spécialisée dans les premières fois, et vous donnera toutes les informations que vous souhaitez...

A ce moment, Valinda arrive. Une rouquine pulpeuse aux hanches larges, et avec un sourire, elle tape gentiment Héliel sur le bras et lance un regard amusé et apitoyé à Taelon.

- Laisse-le donc ! Messire, je vais prévenir la Mère ou le Fidèle qu'il y a un autre Invité. Héliel, fais-donc faire à monsieur le tour de la Maison. Peut-être monsieur appréciera-t-il une danse ou un chant, ce qui raccourcira son attente.

Héliel s'incline, toujours cette lueur moqueuse dans l’œil, et fait signe à l'assassin de le suivre, tandis que Valinda s'engouffre dans les escaliers avec un mouvement de hanche à faire chavirer un marin. L'homme, vêtu de soie pourpre, salue au passage certaine des prostituées, qui lui retournent sourires, surtout à la vue de l'assassin encapuchonné.

Ils traversent des pièces. Là, Caramel, un enfant d'une des filles, dix-huit ans à tout casser, montre une grande habileté en jonglant avec des verres, des balles, et une bouteille. Ses spectateurs, tant des prostituées que leurs clients, applaudissent et l'encouragent. Là, dans une salle tamisée, une des filles joue quelques accords de oud tandis qu'un homme et une femme dansent quelques pas lascifs. Dans une autre, des clients boivent un vin coûteux et d'autres dégustent un plat de cygne. Mais Héliel devine que cet homme ne va pas aimer le spectacle, pas plus qu'il n'a envie de manger. Il se dirige donc vers le jardin.

Le jardin est calme, de manière générale. Mais Héliel a juste oublié un paramètre assez important. Batu Al-Vyr a décidé d'organiser une partie de loup, et a regroupé les plus jeunes et certains employés et clients qui ont bien voulu se plier au jeu. Héliel se dirige vers les deux grandes portes, ouvertes, qui donnent sur le jardin, quand une espèce de furie déboule dans le salon, bientôt suivi par une deuxième qui rentre tête la première dans l'une des deux personnes dans le passage : en l'occurrence, Taelon.

- Ah, zut ! Pardon m'sire !

La voix est juvénile, essoufflée. Des yeux d'un vert lumineux se posent sur la silhouette encapuchonnée.

- J'vous ai pas fait mal, j'espère ?

- Petit prince, que faisiez-vous à courir ainsi... ? Vous savez pourtant que votre mère vous a défendu de faire ça justement pour ce qui vient d'arriver à notre Invité !

Batu se tortille, comme pris en faute. Il sait qu'il n'a pas le droit de courir à l'intérieur du Temple.

- C'est pas d'ma faute, c'est Zevi, j'lui avais dit qu'il devait pas aller à l'intérieur !
- Hé ! M'accusez pas, p'tit prince ! proteste un adolescent aux cheveux blonds, revenu sur ses pas quand il a remarqué que Batu ne le suivait plus, quinze ans tout au plus. C'est Octa, elle m'a dit qu'vous aviez dit qu'on pouvait.
- J'te crois pas !

Les yeux verts fusillent ceux, bruns, de « Zevi », puis reviennent sur Taelon.

- J'suis vraiment désolé. Hum. Héliel, t'as dit que m'sire était un Invité ? Venez, alors. Y a un autre Invité qui vient tout juste de partir voir maman, elle sera pas disponible pour vous tout de suite. J'le sais, puisque que l'Invité, il jouait avec nous avant. Mais vous inquiétez pas, y a tonton Utu qui viendra vous chercher. Donc du coup, vous pouvez venir.

L'enfant prend le plus naturellement du monde la main de l'assassin, et l’entraîne à sa suite. Héliel les suit, ainsi que Zevi, et ils arrivent dans le jardin. Il fait un temps radieux, et des rayons de soleil traversent le feuillage, teintant de vert les bancs en pierre et les allées de terre. D'autres enfants arrivent, curieux, autour du petit groupe. Batu reprend la parole, du ton de celui qui est habitué à être écouté.

- Bon, tout l'monde, j'vous présente un nouveau joueur.
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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mar 23 Juil - 13:57

Spoiler:
 

Taelon n’était pas un homme qui faisait les choses aux hasards. Ce qu’il fait, ce qu’il dit est calculé bien à l’avance. Lorsqu’il appliquait ses plans, ils s’exécutaient parfaitement et ses paroles étaient toujours claires. Sa question, qui semblait avoir outrancier son interlocuteur, était pourtant très simple. Il cherchait quelqu’un, on lui avait indiqué cette maison. Désormais, il voulait la rencontrer.
L’assassin pencha un peu la tête alors que l’homme lui répondit, avec cette étincelle moqueuse que le jeune homme connait trop bien :

- La personne la plus influente, doux sire... ? Pour vous, sans doute Neige. Elle est spécialisée dans les premières fois, et vous donnera toutes les informations que vous souhaitez...

Taelon n’était pas naïf et comprenait parfaitement de quoi il voulait parler… C’était à son tour d’être outré et de serrer les dents, de se sentir insulté par cette insolence de la part d’un homme qui était censé accueillir les clients. S’il avait pu, il lui aurait bien coupé un ou deux doigts, mais cela risquerait de compromettre son rendez-vous improvisé. Il était peut-être dans le tort de débarquer ainsi, mais son informateur lui avait bien précisé qu’il n’était pas possible de « prendre » rendez-vous auprès de ce genre de personne « influente »
Influente ou pas, il lui poserait les questions qu’il avait à poser. Il lui restait à réfléchir sur le moyen d’échange.

- Laisse-le donc ! Messire, je vais prévenir la Mère ou le Fidèle qu'il y a un autre Invité. Héliel, fais-donc faire à monsieur le tour de la Maison. Peut-être monsieur appréciera-t-il une danse ou un chant, ce qui raccourcira son attente.

Le dénommé Héliel ne répondit rien et sourit, tandis qu’il invitait Taelon de le suivre. L’assassin le fit, posant un dernier regard furtif vers « Neige », et son déhanché bien parlant.
Taelon se demandait si Héliel ne faisait pas exprès de passer devant plusieurs prostituées pour les saluer, leur dire bonjour… Alors que l’assassin n’était pas loin, à le suivre. Ce dernier fuyait un peu du regard les dames, ne prenant pas vraiment la peine de les saluer avec la tête puisqu’on ne le voyait pas. Sa gêne grandissait à mesure qu’ils entraient dans cet endroit. Non pas une gêne comme tous on l’air de penser ici, mais parce qu’il se sentait en danger…
Il restait méfiant à chaque pas.
Héliel lui décrit les lieux, son histoire et les gens qui y vivaient. Des femmes de joie, des hommes jongleurs, artistes et clowns, tout le monde étaient présent pour amuser les clients.
Héliel passa rapidement tout ces endroits, devinant sans doute que Taelon n’allait pas rester pour écouter des chants ou regarder les dames danser. Le jardin qui se présenta à eux, comme un nouveau paysage très agréable, était vraiment grand et devait être le centre de cette merveille.
Oui, car l’assassin avait beau être ce qu’il est, il avait du goût et appréciait les belles choses, sachant les remarquer lorsqu’elles existaient.
Taelon s’avança un peu, respirant l’odeur des fleurs, et entendit des bruits d’enfants. Ceci lui rappela des souvenirs qu’il chassa de suite de son esprit… Ce n’était pas le moment de se perdre dans ses songes.

Taelon réagit tout de suite en évitant un enfant qui déboula devant eux. Ce qui l’empêcha d’éviter le second qui le percuta sans toutefois que se soit violent. Le jeune s’excusa alors qu’il posa un regard de plaine vif dans ceux gris sombres de l’assassin d’Akeraï.

- J'vous ai pas fait mal, j'espère ?

Taelon répondit non, sans dire un mot alors que Héliel entreprit de remettre à l’ordre l’enfant. Ce dernier lui faisait penser à ces enfants bien trop curieux pour obéir à l’ordre « n’y va pas ». Taelon avait été comme lui, et cela lui fit sourire.
L’attitude de l’enfant fit sourire l’être qui avait pourtant appris à rester de marbre pendant son apprentissage. Les fautes balançaient sur un autre et vis et vers ça alors que le pauvre Héliel soupirait. Et enfin, l’attention se reporta sur la raison de sa venue… :

- Hum. Héliel, t'as dit que m'sire était un Invité ? Venez, alors. Y a un autre Invité qui vient tout juste de partir voir maman, elle sera pas disponible pour vous tout de suite. J'le sais, puisque que l'Invité, il jouait avec nous avant. Mais vous inquiétez pas, y a tonton Utu qui viendra vous chercher. Donc du coup, vous pouvez venir.

Un autre Invité ? Une autre personne était donc présente en ces lieux pour quérir des informations ? Alors il était arrivé au bon endroit, malgré les aspects. La personne qu’il cherchait se trouvait ici et partager ce qu’elle savait avec un inconnu, sans doute peu important pour la Guilde, et donc, encore moins pour Taelon.
Il n’était pas ici au nom de la Guilde, mais au sien…
Il attendrait donc que « Utu » vienne, et l’amène enfin à « elle ». C’était donc une femme avec qui il allait s’entretenir, la mère de l’enfant. Ce dernier n’avait pas vraiment donné son avis qui le tirait déjà par la main. Taelon fit bien attention d’éloigner son bras droit à la porté du « pince » pour lui éviter de se couper avec. Des accidents pouvaient arriver vite… Ce n’est pas comme s’il était armé jusqu’aux dents, non, mais jusqu’à la cheville, oui.

Taelon sentit que son guide les suivait, ainsi que l’autre enfant. Le jardin fut de l’intérieur était encore plus beau et les odeurs bien meilleurs. Tout autour d’eux n’était que couleur et fête olfactif, ce qui plaisait énormément à l’assassin, qui avait l’habitude sentir le côté très fade et boueux d’Akeraï, ou encore ses marais.

- Bon, tout l'monde, j'vous présente un nouveau joueur.

Comment ? Taelon observa les enfants autour de lui qui n’avait qu’une seule envie : jouer. Un désir qui reflétait le bonheur, un peu naïf mais si beau. Le prince posa un long regard sur lui, attendant son approbation, même si apparemment il n’en avait pas besoin. Taelon n’avait plus « joué » depuis longtemps. Mais il savait observer… Le rire des enfants, les cris lorsqu’ils se faisaient attraper, le fait que le prince essayait de choper son ami, il n’était pas difficile de savoir que c’était le jeu du loup qu’ils s’empressaient de partager, ensemble. Un jeu des plus amusant, vraiment super à faire en pleine ville, au milieu du monde, quoi que très dangereux. Mais ici, il n’y avait nul obstacle, pas de foule en colère d’être bousculé, ou de garde prêt à vous attraper. Rien ne pouvait nuire à ces enfants… Rien de dangereux… A part lui, peut-être. C’était étonnant qu’on l’ait laissé entrer avec ses armes. La majorité d’entre elles sont évidemment cachées dans les plies  de ses vêtements… Seul l’arbalète de point dépassé un peu, et son allure encapuchonné laissait suggéré qu’il était entraîné et armé.

Mais soit.
Jouons.
Jouons au loup.
Laissons nous nous prendre au jeu et éloignons nous de cet "homme", si on pouvait qualifier Héliel ainsi.


- Très bien, répondit l’assassin dans un sourire. Mais c’est toi le loup !

Taelon poqua l’épaule du prince et se mit à courir, suivit d’une bande d’enfant qui riait aux éclats. Et comme il savait très bien jouer à ce jeu, il entreprit de leur enseigner ce qu’ils pouvaient faire pour éviter de se faire attraper. Trouver des cachettes pour reprendre son souffle, savoir se camoufler et attendre. Le loup ne devait toucher personne ! Il indiqua aux filles de se cacher derrière les arbres, vue qu’elles étaient fines et les garçons viendraient avec lui, car ils étaient plus rapide. Le dénommé Zevi étaient parmi eux et le suivait comme son ombre. Il ferait un bon assassin, ou au moins un bon filou pour commencer.
- Si vous le voyez, on se sépare, indiqua l’homme.

Stratégie de fuite implacable contre les loups sur deux jambes. Zevi acquiesça avec le sourire. Le pauvre prince dont il ignorait encore son nom allait en baver s’il voulait toucher Taelon. L’homme qui avait appris à se fondre dans l’ombre et à quasi disparaître. Même si en plein jour ceci était presqu’impossible, il était assez rapide pour régler le problème.
Qui allait se faire poquer ? (poke poke)
Pour une fois qu’on lui demandait de participer à quelque chose de mieux qu’un meurtre, le grand au cœur doux juste saigné par le passé en profitait un peu. Mais sa méfiante restait présente, malgré cette ambiance… Familiale.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mer 24 Juil - 23:01

Des regards curieux se posent sur l'homme encapuchonné, mais les mots de Batu le font vite accepter dans la bande. Batu a toujours été celui qui décidait : pas uniquement grâce à son statut de fils d'Inanna Al-Vyr, mais parce qu'il s'est depuis toujours imposé assez naturellement à ses camarades de jeu, trouvant à chaque fois, grâce à une imagination débordante, les nouvelles aventures. Mais là, un jeu classique est à l'honneur, et tout le monde connaît le loup.

Vu le monde qu'il y a aujourd'hui, autant faire un jeu accessible à tous. Pourfendre des dragons, tel le grand Commandant des Chevaliers, sauver des demoiselles en détresse, ou bien encore se transformer, grâce à une mystérieuse potion d'alchimiste, en monstre redoutable est loin de faire l'unanimité, surtout auprès des plus âgés. Et des clients. Sa mère le lui avait assez répété. Ne pas importuner les clients.

Pourtant, cet Invité là lui attire l’œil. Instinctivement, Batu sent le danger. L'aventure. C'est le genre d'homme qui serait ô combien intéressant à écouter. L'enfant était persuadé que l'Invité avait des histoires à partager. Peut-être avait-il occis un dragon, lui aussi ? On ne peut pas s'emmitoufler comme ça sans avoir des choses à raconter.  

- Très bien... Mais c'est toi le loup !

Un bref appui sur son épaule, et Batu a à peine le temps de lever un regard outré vers l'Invité que toute la bande s'est déjà dispersée. Très vite, l'indignation de ce coup en traître laisse place à l'excitation du jeu et l'affront est oublié par un rire. Le garçon reprend sa course, essayant d'atteindre l'Invité, mais peine perdue. Le jardin est comme désert. Et puis un mouvement, et tous s'éloignent. Un sourire rusé joue sur les lèvres de Batu. Ah-aaah... alors c'est comme ça que l'Invité voulait jouer... ?

Le garçon ne se pose pas de question. Il a visualisé sa cible, et il va la garder. L'Invité est trop rapide, trop leste. Pour le moment. Il connaît celui qui pourrait l'atteindre, et il l'a déjà attrapé. Enfin, celle. La dénommée Octa, dix ans, fine comme une baguette, agile, une pauvre petite chose au visage balafré et aux épais cheveux bruns. Octa vient de la rue. Elle vient de temps à autre dormir ici, quand il fait trop froid dehors, mais la plupart du temps elle reste dans les ruelles de Quetaïn. La Mère lui offre régulièrement de quoi manger et un toit, en échange de ce qu'on entend dans la rue.

Aujourd'hui, la fillette est au Temple car elle avait des choses à dire à Inanna. Et est restée quand Batu lui a proposé de jouer. Batu l'aime bien, Octa. Débrouillarde. Et surtout, qui irait se méfier de cette pauvre créature aux joues tailladées ? Un autre sourire, et Batu accélère. Il sait où elle se cache. Et il est l'un des seuls à avoir su l'attraper.

Enfin, de manière habituelle, parce que Batu ignore que Taelon a pris les choses en main. Et là, ladite Octa est introuvable. Agacé, Batu tape du pied, quand il observe une fois de plus un mouvement, du coin de l’œil. Ni une, ni deux, il sprinte... Et arrive à toucher l'un des garçons. Rapide, il sort du champ d'action de ce dernier et court se mettre hors d'atteinte. Il hurle un « C'est Sol le loup ! » et détalle. Un sifflement l'appelle, et il se tourne pour apercevoir sa précédente cible. Octa. Il vient se dissimuler auprès d'elle.

- Il a une bonne tactique, ton invité. On fait pareil dans les rues. A mon avis, il vient de là aussi.

Batu ne demande pas qui est le « on ». Octa ne lui répondrait pas. Elle a un langage curieusement élevé pour une enfant de son âge et de son origine. Un devoir qu'elle s'est fait. Une espèce de snobisme bien à elle.

- Tu pourrais réussir à le choper ?
- Peut-être. Il nous toucherait juste après. C'est un rapide, ce type. C'est un tueur.
- J'l'avais vu. Un aventurier, plutôt, non ?
- Un tueur, lui fait, sèchement, la gamine. Je sais les reconnaître. Mieux vaut les éviter. J'ignore ce qu'il veut à ta mère, mais tu devrais la prévenir, elle ou Utu.

Tandis que Batu avale difficilement sa salive, l'Invité ne respirant plus si bon le sel des péripéties et des aventures multiples, une femme se profile, au balcon du deuxième étage. De là, la vue est plongeante sur les jardins, et si ses occupants sont dissimulés par le feuillage, leurs bruits ne le sont pas. Au vu des cris et des rires des enfants, Inanna a tout de suite deviné que le jeu avait repris. Son Invité vient de partir. Il venait apporter un rapport concernant les activités de la Maison naine, le Nid d'Aigle. Keirri, dit le Jeune, vient de succéder à son père à la tête du Nid. Il rend ses hommages à la Mère et lui promet obéissance.

Une petite silhouette se profile, hors des feuilles, sur les chemins de terre, et tente de se précipiter discrètement vers la Maison, mais ledit Sol, un gamin de Weranoï – à ne pas confondre avec Sola, un enfançon elfe – le touche et hurle un tonitruant « C'est Batu le loup ! ». Un sourire effleure les lèvres d'Inanna quand, de loin, elle observe le visage penaud de son fils. Mais, loin de se remettre à jouer, ce dernier continue son chemin vers l'intérieur. Sa mère penche légèrement la tête sur le côté. Batu a quelque chose à dire.

Il ne faut pas longtemps pour qu'il déboule dans au second étage, l'air un peu chamboulé. Inanna lui fait un sourire apaisant, tandis qu'en elle, monte l'inquiétude et l'agacement. Tout ce qui perturbe son fils adoré n'a droit à aucune pitié et sera écrasé entre ses paumes. Utu se profile à la suite de Batu, silhouette beaucoup plus grande et infiniment plus colorée.

- Maman... Octa dit que l'Invité qui va venir c'est un tueur !

Inanna s'accroupit et passe une main dans les cheveux bruns de son fils, avec un sourire tendre, soulagée que ce ne soit « que ça ». D'un murmure, elle le rassure, qu'il n'y a rien à craindre et qu'elle sait traiter avec les tueurs. Elle le renvoie à ses jeux, accompagné d'Utu, lui disant d'aller chercher cet Invité et que rien de mal n'arrivera. Mais Inanna frémit. La vengeance d'outre-tombe des enfants Al-Vyr... ? Ou bien effectivement, un autre Invité ? Celui-là ploiera-t-il le genou ou vient-il pour des renseignements... ? Même si la peur est là, son ventre ne se serre pas pour cette seule raison. L'excitation, aussi. Inanna a toujours aimé frôler le danger pour mieux asseoir ses adversaires et les soumettre à sa volonté.

Elle fait chauffer de l'eau, pour le thé qu'elle servira à son Invité. Assassin ou pas, elle compte bien recevoir celui-là comme elle a reçu tous les autres. Elle se rafraîchit, retouche un peu le maquillage de ses yeux pour les rendre plus sombres, et s'assoit, telle une reine, dans un canapé, une table basse, en bois verni, pour la séparer du second canapé, réservé aux Invités. Puis, ne supportant pas d'être inactive, elle se relève et repars sur le balcon, écartant les voiles rouges d'un geste absent de la main.

Elle porte du blanc, aujourd'hui. Une robe simple, en lin, agrémentée d'une large ceinture et d'un collier épais en or. Les bracelets sont sur le même thème, et elle a relevé ses cheveux en une longue tresse agrémentée de perles et de fils d'or. Ses yeux clairs fouillent du regard le jardin, en contrebas, et repèrent ce qu'ils cherchaient. Son fils et Utu.

Utu ne détonne pas, dans ce paysage verdoyant. Utu a teint ses cheveux d'un vert vif, presque jaune, et les soieries dont il est vêtu dégradent à merveille plusieurs teintes de vert. Sur son passage, les employés hochent respectueusement la tête. Sur le passage de l'enfant et de l'elfe muet, une petite fille arrive, dérapant un peu quand elle glisse sur les petits gravillons. Les balafres qui sillonnent ses joues, comme autant de marques obscènes, ne sont pas à leur place sur une fillette. Et pourtant...

Inanna se fend d'un autre sourire. Satisfait, cette fois. Cette Octa est parfaite. La Mère l'imagine très bien surveiller Batu, et va tout faire pour que la petite, plus tard, travaille pour son fils. Si jamais il prend la relève des Maisons, évidemment. Inanna avait eu de semblables projets pour Zevi, mais l'adolescent n'avait jamais eu ce sérieux que la Maîtresse des Plaisirs demandait à ses gardes.

Octa tend la main. Murmure des paroles inaudibles. Batu tape dans cette main, et crie, tandis que la fillette s'élance à travers les arbres et s'évanouit dans les jardins :

- C'est Octa le loup !

Batu et Utu partent, dans d'autres directions, sous l'injonction de la fillette. Utu a un léger sourire, tandis qu'il se plie aux instructions de la petite chose balafrée. Octa sait où se cachent l'Invité et toute la clique des garçons, mais ils peuvent avoir changé de place. D'où avoir lancé le petit prince et le Féal dans d'autres directions. Un sourire étire ses joues tailladées, tandis qu'elle marche silencieusement sur l'herbe et les feuilles. Un truc que lui avait appris Ara. Elle a proposé à Batu de retrouver l'Invité car le frisson de la chasse est trop grand. Et puis franchement, elle veut savoir si elle est de taille face à un tueur.

Silence, elle s'accroupit, laissant passer deux filles qui ont décidé de s'éloigner, puis repart à la traque. Ils ne devraient plus être très loin... Bingo !

Un sourire de loup – sans mauvais jeu de mot – relève les lèvres larges de la fillette. Les voilà. Dans leur dos. Parfait. Lentement, elle s'approche. Sa proie est grande, mais leste. Un défi.

Un défi à sa hauteur.
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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Dim 4 Aoû - 17:08

Taelon était rapide, très fin. Il savait repérer les endroits rapidement et se faufiler pour échapper à l'enfant "loup". Ses troupes le suivaient de près. Pour ceux qui n'en pouvaient plus, il leur inciter à se reposer, restant cacher dans les feuillages.
A son tour, il s'arrêta, cherchant des yeux le prince. Où était-il passé ? ...

De là où il est, il avait une bonne vue sur l'ensemble du jardin, s'étant mis légèrement en hauteur. Et il l'a vit, la silhouette blanche, sur le balcon... Il plissa les yeux mais il était bien trop loin pour voir le visage. Il devina une femme... Rien de plus. Elle disparut pour réapparaître quelques instants plus tard. Une silhouette sortit dans le jardin. Il le repéra assez facilement. Comme un flash qui disparut dans l'immensité du jardin.
Taelon leva un sourcil. C'était quoi ?

Il descendit de son piédestal et reprit sa marche furtive, ayant presque oublié qu'il était une potentielle victime du loup. Il entendit le nom du nouveau loup, mais ne connaissant pas l'enfant, il risquait de rencontrer un souci de "reconnaissance". Du coup, c'était avec une grande prudence que Taelon regardait aux alentours pour éviter de se faire avoir en traître.
Les garçons endurants continuaient à le suivre. Il s'arrêta net et un petit le percute.

- Ouille ! Mais... Dites monsieur pourqu-
- Chhh..., fit l'assassin, oreilles tendues.

Le silence reprit ses droits et les sens de l'homme restaient aux aguets. Et il l'entendit, "le loup". Ou plutôt la louve à ce son de pas léger. Une jeune fille qui avait de la technique, autant que lui, sans l'expérience. Elle ferait une bonne voleuse, ou assassin, car elle arriva dans leur dos. Taelon le savait, mais il fallait faire croire à son ennemi qu'il ignorait sa présence.

- On se sépare !, lança-t-il.

En riant d'excitation, les garçons prirent des chemins différents. Et pour perturber la petite fille, il sauta en arrière pour effectuer une pirouette et atterrit derrière elle. Il la salut avec un sourire et s'enfuit. Il courut se planquant dans les fourrés puis arrive près du grande fontaine. Là, il était à découvert, mais il resta fixe sans bouger. Son regard était porté sur un chemin, immobile, le sourire s'était effacé.
Un elfe entra dans la place de la fontaine à son tour. Il fallait particulièrement aimer le vert pour pouvoir regarder cette personne. N'était pas difficile, je m'approche doucement et lui fit face. Quelles étranges créatures sont les elfes, encore plus lorsqu'ils défient les lois des couleurs. Des cheveux verts vifs, des habits tout aussi raffinés que flashs. Des goûts que Taelon n'affectionnait pas vraiment... Préférant la simplicité et des couleurs plus sombres.
Il regarda l'homme dans les yeux.
Puis on lui attrapa. C'était le prince, sourire satisfait aux lèvres. L'autre bras est attrapé par la fillette, arborant le même style de sourire.
Taelon haussa des épaules avant de dire :

- J'ai perdu.

Il sourit aux enfants, puis le perdit lorsqu'il reposa les yeux sur l'elfe, curieux. Il se demandait bien qui pouvait-il être. Était-ce l'elfe qui allait le guider au maître des lieux ?
- Tonton Utu, je suppose ?, tenta Taelon.

Il allait peut-être enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Bien que ce moment fut très agréable et les enfants gentils, il devait les laisser. Son devoir l'appel. Mais il prit le temps tout de même de leur laisser un mot. Il regarda le prince et la fille, ainsi que les quelques enfants qui sortaient les têtes de leur cachette.
- Merci pour ce moment, sourit-il. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur si je vous laisse si vite.

Les enfants secouaient la tête et le saluèrent de la main, sourire joyeux aux lèvres. Certains dirent "merci", d'autres "à la prochaine" et retournèrent jouer.
Il refit face au dénommé Utu, prêt à le suivre.


Quoi qu'il puisse se passer, mon objectif reste claire.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Lun 5 Aoû - 23:53

La fillette pousse un grognement dépité quand d'un salto, sa proie se retrouve derrière elle. Les autres garçons courant dans tous les sens, elle reste un instant incapable d'agir, trop d'informations arrivant d'un coup. Puis elle reprend ses esprits et se maudit de sa propre bêtise, et détale derrière l'assassin. Mais elle n'est qu'une enfant, là où lui possède de longues jambes d'adulte, et très vite elle le perd.

Mais pas Utu. Privé de parole, il a appris à se concentrer sur autre chose. Les sons... la vue. Ça fait un moment qu'il a repéré l'Invité... Et quand il voit tout son attirail, il en fronce les sourcils. Il faudrait faire passer des mesures dans les Maisons... Les Invités devaient être dépouillés, tous sans exception, de leur attirail meurtrier. Il y avait un Seigneur-Marchand, ici, malepeste !

L'elfe verdoyant et le sombre assassin se fixent du regard. Bien vite distraits par la petite Octa et Batu. Les enfants s'amusaient, c'était l'important... Mais Utu ne peut s'empêcher de se raidir légèrement. Il a vu grandir la mère, il voit grandir le fils, et il aime tendrement le petit prince. Assez pour ressentir une légère inquiétude de le voir si près d'un tueur. Octa n'a pas menti. Elle a l’œil juste.

- J'ai perdu. Tonton Utu, je suppose ?

Tonton Utu... ? Il a du entendre Batu parler. L'elfe incline légèrement la tête, saluant au passage l'Invité. S'il avait eu une langue, il lui aurait fait ravaler très vite son « tonton Utu » : il n'y avait que Batu et les jeunes enfants autorisés à le surnommer ainsi. Habituellement, les employés se contentaient d'Utu, d'Oncle, ou de Fidèle. Ah, politesse... Mais quand le petit prince est trop proche d'un inconnu, difficile de l'être... Ou bien ce nouveau venu ignore tout de l'étiquette ou de la vie en société ? Ça n'étonnerait guère l'elfe.

- Merci pour ce moment. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur si je vous laisse si vite.

Au moins il est poli avec les enfants. Batu le salue d'une main, mais lance sitôt un regard inquiet à l'elfe vert. Qui lui renvoie ce sourire indéfinissable qui le caractérise. Puis Utu reprend son sérieux, et d'un geste de la main, fait signe à l'Invité de le suivre. Il est temps de présenter à la Mère, Inanna Al-Vyr, cet assassin.

Utu traverse les allées du jardin d'un pas lent, appréciant la fraîcheur donnée par les arbres. De l'extérieur, on entend un morceau de musique : ce ne sont plus quelques accords de oud, mais toute une mélodie, empruntée au plus pur style de Sipheaï. Pour un peu, Utu se serait cru ramené des années en arrière, où alors il n'était qu'un « garçon », second d'Ermas, et Inanna... une petite fille. La nostalgie le prend. Il n'ira jamais manifester son mécontentement, mais pour un peu, il aurait aimé être ramené à cette époque... Quand Inanna avait trouvé un moyen de pression envers Ermas. La vie était plus simple. Il se prend à regretter la décision d'Inanna d'accepter la proposition du marchand Al-Vyr, de devenir son assistante et de partir pour Quetaïn... Gérer les Maisons de Sipheaï était grandement suffisant. Du moins, à lui, ça aurait suffit. Doit-il en blâmer la vie trop courte des humains... ? Il ne saurait le dire.

Il rentre dans le bâtiment, et le brouhaha assaille ses oreilles sensibles. Il y est habitué depuis des années... mais ça ne change rien au fait que le bruit l'agresse. Sipheaï était beaucoup plus calme. Dans le Sanctuaire du Soleil, on entendait le bruit de l'eau, les conversations à voix basse, et le doux zonzonnement des insectes. Il ferme les yeux, et soupire profondément. Il ne sert à rien de ressasser le passé, bien que les elfes excellent dans cet art.

Sur son passage, tous inclinent la tête. Un client passablement saoul tente de l'arrêter et de lui poser une question, mais un regard froid, un claquement de doigt d'Utu, et un des employés tire par le bras l'importun. Utu est le second de la Mère. Il est son émissaire, son confident. Ses ordres sont ceux d'Inanna. Et qui l'aborde n'est pas n'importe qui. Finalement, ils arrivent devant les escaliers, et Utu s'arrête. D'un geste, il mande deux colosses à l'aspect peu avenant, qui gardent l'entrée, puis désigne Taelon d'un signe colérique, les sourcils froncés. L'un d'eux, une brute au visage ravagé par la vérole, fait un sourire jauni à l'assassin, mais son rictus s'efface bien vite face au regard furibond d'Utu. L'elfe est furieux que ces deux là n'aient pas fait leur travail et délesté immédiatement l'assassin de toutes ses armes. Penser que Batu a été proche d'une lame peut-être empoisonnée...

- L'Oncle souhaite que vous retiriez vos jouets. Tous vos jouets. On les gardera jusqu'à votre retour.
- Vos armes, intervient le second, d'une voix râpeuse, un peu agacé du comportement de son compagnon. Désolé, Oncle, on... (Utu hausse un sourcil et si un regard avait pu tuer, l'homme serait étendu raide) Hem. Pardon. Bref, vos armes, m'sire.

Utu croise les bras, et tapote, irrité, du pied. Ces gardes ont fait une erreur d'inattention, mais elle va leur coûter cher. Il soumettra son idée à Inanna quand l'Invité sera parti.

En attendant, un étrange spectacle les attendait, car l'assassin avait... beaucoup d'armes. Déjà, la lame du bras. L'arbalète. Les carreaux. L'épée. La dague. La bourse remplie de fioles aux liquides étranges. On lui demanda de retirer son manteau. Quand enfin on crut avoir fini, un geste d'Utu amena cette fois la fouille corporelle, et on dénicha deux autres dagues de lancer dissimulées dans le pantalon. Les gardes prirent la cape, et ce fut un Taelon, le visage toujours masqué par la capuche et l'écharpe, remises à leurs places après la fouille, qui se retrouva quasiment sans armes. Car les gardes oublient une chose, la dague cachée dans une botte de l'assassin.

Utu hausse un délicat sourcil, comme pour dire « Rien que ça ? » devant le tas de métal, mais il fait signe que c'est bon, et se dirige vers les escaliers, qu'il emprunte, l'assassin sur les talons. Ils passent le premier étage, lieu autrement plus charnel que le rez-de-chaussée, et arrivent enfin sur le pallier du deuxième étage.

Là, une seule porte. Pas de couloir. Juste ce pallier et la porte en bois sculpté. Utu passe devant Taelon, et frappe doucement à la porte. Puis il entre. Là, c'est un autre monde, presque. Si le rez-de-chaussée était surchargé de luxe, de tapis fins et d’œuvres d'arts, ce deuxième étage est meublé avec plus de simplicité. Oh, pas moins de préciosité, mais plus de goût, et il est loin d'être surchargé de mobilier précieux. Il y a un couloir principal. Les premières portes, sur la droite et la gauche, mènent aux chambres des Invités, si les Invités restent pour quelques jours. Mais au bout du couloir, se trouve une autre porte sculptée. Sitôt celle-ci poussée, les visiteurs arrivent dans le salon d'Inanna, là où elle reçoit. Et du salon, l'accès aux appartements privés d'Inanna et d'Utu. Généralement, les Invités ne vont pas plus loin que le salon. En fait, ceux qui les ont vu se comptent sur les doigts d'une main. Mais là n'est pas notre intérêt.

Utu frappe une fois encore à la porte décorée, l'ouvre, et s'efface devant Taelon, l'invitant à entrer. Puis il referme derrière lui.

Assise sur un canapé, les jambes croisées, adossée à des coussins, attend Inanna Al-Vyr. Une théière fumante repose sur la table basse, avec deux petits verres peints de motifs floraux. Dedans, un liquide brûlant, embaumant la pièce d'une délicate odeur de menthe et d'épices. Des pâtisseries de miel, dans une assiette de porcelaine blanche, complètent le service.

Un vague sourire relève les coins de sa bouche. Un sourire travaillé durant de longues heures devant une glace. Un sourire qui donne l'impression à l'interlocuteur que l'on a un coup d'avance sur lui. Mais les sourcils sombres d'Inanna se froncent, creusant un pli mécontent sur la peau parfaite de son visage. Le ton est cependant sarcastique.

- Je ne traite pas avec ceux qui se dissimulent derrière des boucliers de tissu, encore plus dans ma propre Maison. Jouer avec mon fils et vous promener armé en toute impunité dans ma demeure vous fait-il oublier toutes les notions de courtoisie ? Votre capuche.

Elle décroise et recroise les jambes dans l'autre sens, parfaitement consciente qu'assise, sa robe est sensiblement plus courte et dévoile ses genoux, et se penche pour se saisir de son verre de thé brûlant, dont elle sirote une gorgée, puis désigne du menton le canapé en face d'elle, tandis qu'Utu, en silence, se place à sa droite.

- Asseyez-vous. J'aime savoir avec qui je parle, messire. Vous êtes... ?

D'un autre geste du menton, elle désigne le deuxième verre, rempli d'un liquide ambré et fumant.

- Oh, et buvez tant qu'il est encore chaud.
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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mar 6 Aoû - 14:04

Une chose est sur... Cet Utu est loin d'être une créature banal aux services des humains. Non seulement être un elfe signifie être magique, être ancien, être qui sait beaucoup de chose, mais en plus au vue de son raffinement et de comment il rejette les simples gueux qui sont ici, il est important dans cette maison. Et cela m'inspire le respect, envers cette personne silencieuse...

C'était un point que Taelon nota vite dans un coin de sa tête. Utu communiquait essentiellement avec des gestes et des mimiques. Il devait être muet, de naissance peut-être ? Qui sait.
Il le suivit sans rien dire, traversant les lieux, repassant devant les clients et les serviteurs.
Personne ne les approchait et si l'un osait, il était repoussé par les gardes. Ils arrivent vite devant un escalier qui montait aux étages supérieurs. Là, l'elfe s'arrêta, l'assassin fit de même à quelques pas de distance derrière lui.
Utu fit appel à deux hommes, balaises, et montra toute sa colère. Taelon se regarde, puis comprit. Ses armes... Une chose qu'il avait omis tellement il avait l'habitude de les porter. L'un des colosses le regardait étrange, et l'assassin leva un sourcil en réponse. Cela ne devait pas se voir des masses, mais c'était toujours bon de préciser les choses...

Les gardes commencèrent à retirer ses armes, sous l'oeil agacé de leur maître. Ceci fit légèrement sourire Taelon. On rentrait comme dans un moulin, faute des gardes... Il comprenait l'irritation de l'elfe et à sa place, l'assassin aurait déjà puni ces deux paysans. Mais ce n'était pas ses affaires...
On retira sa lame, sa fidèle, toujours accrochée à son bras droit. Il serra les dents quand le bourreau la déposa sur une table.


Doucement imbécile... Cette œuvre de facture elfique a bien plus de valeur que ta vie...

Elle était précieuse pour lui, surtout du côté sentimental. Elle lui avait sauvé la vie plusieurs fois déjà. Précise et meurtrière, elle était un atout non négligeable dans sa panoplie d'assassin.
L'arbalète de jet fut à son tour déposé, avec les carreaux, les fioles, la longue dague et le manteau qui renfermait ses dagues de jet.
Il se sentait presque nu désormais, portant sa cape à capuche et son écharpe qu'il réajuste. Il fut étonné que l'elfe ne le fouille pas davantage, car il lui restait une arme, cachée dans sa chaussure...
Taelon n'était pas un imbécile, il n'irait pas assassiner des gens qui pouvaient l'aider. Mais il n'avait pas confiance en eux.
Le problème, c'est que si on lui découvrit cette arme, toutes chances de négociations et de partage d'information serait détruit à jamais.
Il faudra qu'il y remédie...

L'assassin fixe le regard de l'elfe et lui sourit en réponse de sa question muette. Il le suivit sans attendre, essayant d'oublier le sourire malsain du gros tas derrière eux.

Ils montèrent encore et arrivèrent face à une porte. Taelon fut frappé par le contraste de ce second étage. Il avait l'impression de se retrouver dans une demeure tout à fait classique, avec des décorations variés mais simple. Rien à voir avec ce qui se trouve juste en dessous d'eux.
Charmer le client avec de belles choses... Ici, ce devait être un lieu où personne n'entrait. L'enfant devait vivre là, avec sa famille. Loin du bruhaha d'en bas, loin de tous ces spectacles, ces mises en scènes qui servaient à donner du plaisir aux clients...
Taelon réprima un frisson, tout en continuant de suivre l'elfe dans un couloir. Il lui sembla sans fin, car plus il avançait, plus il avait cette impression qu'il ne ressortirait pas... Mais il ne pouvait plus reculer, il n'avait pas le choix.
Il devait continuer.

L'elfe s'arrêta, frappa à la porte et s'écarta.
L'assassin le regarda un instant, déclina la tête pour le remercier, et entra, suivit de l'Oncle.

Taelon ne loupa pas la dame qui était assise sur un canapé. Difficile de l'ignorer en même temps... Elle était très belle. C'était juste ce côté un peu dénudé que l'homme tenta d'ignorer sans le laisser paraître. Fichtre...


C'est elle ... ? Ils ont dû se tromper... Mon informateur a omis de me dire jusqu'à l'identité de la personne qui détient les informations, même si je m'en doutais... Tsss, il a fallu que ça tombe sur la reine des prostitués.

L'assassin garda un calme légendaire qu'il avait travaillé pendant des années de pratique, sous l'oeil vigilant d'un maître un peu taré.
- Je ne traite pas avec ceux qui se dissimulent derrière des boucliers de tissu, encore plus dans ma propre Maison. Jouer avec mon fils et vous promener armé en toute impunité dans ma demeure vous fait-il oublier toutes les notions de courtoisie ? Votre capuche.

(Quoi ma capuche vas-y ! ok j'arrête XD)
Soit.
Quelques points ont sauté : les armes, les enfants, la politesse. Comme si à Akeraï les gens l'étaient...
La meilleur des politesses étaient de se cracher dessus tous les matins et c'était à ces moments là qu'on se rendait compte qu'on était encore envie, juste perdu dans la boue de la ville au milieu des porcs.
Mais Taelon était bien au dessus de tout ça, et de la courtoisie il en connaissait tout un rayon. Il n'avait pas l'habitude de discuter avec des personnes dans un endroit calme. Discuter pour discuter... Même si là, Taelon était venu pour une chose précise, l'environnement laisse penser que les gens pouvaient parler tranquillement et que rien ne sortirait de cette Maison.
Que la partie commence.

- Veuillez m'excuser pour la maladresse que je fais preuve, Madame, fit-il inclinant sa tête d'un air navré. Je viens à l'improviste et je manquais d'information sur les coutumes et règles de votre Maison, autant pour moi.

Il releva la tête et si elle avait pu voir son visage, elle aurait pu qu'il ignorait l'information qu'elle venait de lui donner tout à fait gratuitement...
- Votre fils dites vous ? Je l'ignorais, même si votre serviteur l'avait sous entendu. "Petit prince" n'est pas donné à tout le monde, à moins d'être un minimum important dans la Maison. En tout cas, c'est un bon coureur. Je me suis bien amusé avec lui et ses amis.

Taelon montrait là sa force dans l'analyse. Mais il avait prit un ton honnête, car il ne voulait pas irriter davantage la dame. Il n'allait pas faire de mal à son enfant, ce n'était pas un bourreau. Mais les informations qui entraient dans sa tête restaient comme s'il possédait un bloc note. Vif et attentif, il retenait tout... Surtout les détails importants, les petits choses comme ça qu'une personne normale pouvait oublier. Parfois ces détails sont moins importants, comme la dose exacte d'alcool à ne pas donner de trop à Nalyna sous peine de la voir chanter une chanson de taverne.

Sur ce, l'assassin baissa sa capuche qui retomba sur la cape, ainsi que son écharpe. Ses cheveux, longs jusqu'au cou, se dévoilèrent dans un voile brun foncé, presque noir. On pourrait croire que son visage était pâle, tant le contraste était important. Surtout que les yeux n'aidaient pas à détrôner l'hypothèse d'une peu claire et non pâle, étant également sombre.
Visage fin et nez long et un peu pointu, sans toutefois déséquilibré un minois plutôt sympa. Ses yeux reflétaient son attention, sa force de compréhension. Ils traduisaient également qu'il n'était pas très vieux, pas plus que la dame en face de lui.

- Je m'appelle Taelon, répondit-il, s'asseyant en face d'elle. Je viens à vous, car on m'a dit que vous pouvez m'aider à avoir quelques informations. On raconte que vous voyez et entendez tout.

Plus que les assassins ? A voir, c'était un pari à tenter... En tout cas elle devait en savoir plus que lui sur cette ville-même.
Il jeta un coup d’œil sur la tasse de thé, il avait noté rapidement vue l'odeur. Il la saisit doucement, remerciant son hôte, et goûta un peu. Il n'avait rien à craindre, il n'était pas empoisonner, c'était déjà ça. Il sourit légèrement, prouvant que ce thé était excellent. Il la reposa et reprit sur le même ton calme.

- De peur que nous nous comprenons encore mal, je tiens à nouveau à m'excuser, car je viens quérir des informations sans vous proposez une monnaie d'échange. Dites moi ce que vous voulez et je tâcherais d'y remédier... Ma provenance ne doit pas vous être inconnu et je vous assure que ma parole est sincère, malgré mon attachement à une Guilde plutôt sombre. Je ne viens pas en son nom, et je ne viens pas au nom de quelqu'un d'autre, au cas où vous regardiez mon aspect "professionnel".

Il fit une pause, le regard assuré. Il était si proche de son but qu'il avait l'impression de le toucher...
- Je viens de mon propre chef, en ami, ou plutôt en allié... Et en voici la preuve.

Et sur ses mots, il prit avec agilité la dague de jet, la sortant de la botte. Il la fit tournoyer un peu dans ses doigts et la posa sur la table, doucement, sans geste brusque.
- Maintenant, je suis désarmé, finit l'assassin. Quoi que... -Il retira l'écharpe de son cou et la posa à côté de la dague- Navré, je n'y avais pas pensé...

Essayait-il de faire de l'humour ? Peut-être un peu... Montrait-il combien il était dangereux ? Eh bien, étant donné qu'il n'avait plus rien sur lui, il était au stade de l'homme qui pouvait se défendre seulement avec les poings. Mais en compagnie d'une dame de haut rang, et d'un elfe blingbling, il doutait en arriver à cette extrême.
- Si ce n'est pas indiscret, madame, puis-je à mon tour connaître votre nom ?

Il exposait là son manque d'information, mais puisqu'ils étaient entre eux, dans la confidence, porte close et dans un endroit fermé aux publiques, il pouvait communiquer avec la dame, sans craindre de se faire avoir par derrière.
Enfin il l'espérait, car il devait atteindre à tout prix son but.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Jeu 8 Aoû - 19:51

- Veuillez m'excuser pour la maladresse que je fais preuve, Madame. Je viens à l'improviste et je manquais d'information sur les coutumes et règles de votre Maison, autant pour moi.

Du moins peut-on dire qu'il sait s'excuser avec élégance, et c'est une qualité qu'Inanna apprécie. Elle se renfonce un peu plus dans les coussins, posant avec une grâce étudiée ses deux bras sur le rebord du canapé. Mais il ne retire pas tout de suite sa capuche, ce qui a le don de faire revenir l'irritation dans le regard d'Inanna. Quoi, elle n'a pas été claire ? A-t-elle utilisé un vocabulaire trop compliqué ou cet homme est-il réellement sourd ? Tellement habituée qu'elle était à être obéie immédiatement, qu'on n'agisse pas sur l'heure après un ordre clair l'agace.

- Votre fils dites vous ? Je l'ignorais, même si votre serviteur l'avait sous entendu. "Petit prince" n'est pas donné à tout le monde, à moins d'être un minimum important dans la Maison. En tout cas, c'est un bon coureur. Je me suis bien amusé avec lui et ses amis.

Un tapotement impatient des doigts fins d'Inanna sur le canapé, mais elle garde le silence tandis que Taelon fait preuve de plus de civilité qu'elle ne se serait attendue de la part d'un tueur. Oh, et point à part, qu'il mentionne encore une fois Batu et elle le jette hors de son Temple. Qu'il se soit bien amusé avec son fils ne l'intéresse guère. Il aurait très bien pu le tuer et cette seule pensée fait frémir la Maîtresse des Plaisirs.

Puis enfin il s'exécute et laisse tomber capuche et écharpe. Un visage juvénile se dévoile. Cheveux noirs, peau claire, yeux foncés, une petite trentaine, voire moins. Pas désagréable à regarder, mais Inanna préfère ceux qui font plus homme et moins gamin. Or, c'est un gamin qu'elle a en face d'elle. Un gamin armé jusqu'aux dents, sachant éliminer quelqu'un en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

- Je m'appelle Taelon. Je viens à vous, car on m'a dit que vous pouvez m'aider à avoir quelques informations. On raconte que vous voyez et entendez tout.

Flatteur...

Ce n'est pas tout à fait exact. Son grand rival, dans la guilde des assassins, Zeral, est peut-être le seul qui puisse prétendre voir tout et tout entendre... Elle n'ignore pas qu'il a sans doute plus d'yeux et d'oreilles qu'elle, mais au moins, elle ne se ferme pas  aux autres sous prétexte qu'ils ne font pas partie de sa guilde... et elle a des contacts parmi les nains Mais quant à savoir pourquoi Taelon est venu la voir elle, et non pas Zeral... Elle boit une autre gorgée de thé. Parfois, il suffit d'attendre.

- De peur que nous nous comprenons encore mal, je tiens à nouveau à m'excuser, car je viens quérir des informations sans vous proposez une monnaie d'échange.

Vilain petit garçon... ou naïf... ? Un sourire malicieux se dessine sur les lèvres de tentatrice d'Inanna. Ne pas avoir prévu un moyen de paiement... ah, elle allait le presser jusqu'à ce que toute la moelle en soit sortie... Pauvre chou.


- Dites moi ce que vous voulez et je tâcherais d'y remédier... Ma provenance ne doit pas vous être inconnue et je vous assure que ma parole est sincère, malgré mon attachement à une Guilde plutôt sombre. Je ne viens pas en son nom, et je ne viens pas au nom de quelqu'un d'autre, au cas où vous regardiez mon aspect "professionnel".

Ah ! La voilà, la raison. Il s'agit de quelque chose dont il a honte. Dont il ne veut pas que ça s'ébruite, qu'il n'y ait pas d'armes contre lui au sein de sa propre guilde... loin d'être idiot, le mignon. Mais ça ne m'avance pas plus.

- Je viens de mon propre chef, en ami, ou plutôt en allié... Et en voici la preuve. Maintenant, je suis désarmé. Quoi que...  Navré, je n'y avais pas pensé...

Utu avait eu peur. Il s'était placé devant Inanna, mains crispées, prêt à étrangler l'impudent ici même. Inanna, elle, pose un regard presque froid sur la dague de lancer et l'écharpe. Elle a eu peur, elle aussi. Mais l'essentiel est de ne pas le montrer. D'une caresse sur son bras, elle rassure Utu. L'elfe aux cheveux verts fusille du regard Taelon, les muscles toujours contractés, nerveux, puis se replace à la droite de l'Hétaïre. Celle-ci a posé, toujours silencieuse, avec un calme qu'elle est loin de ressentir, ses yeux sur l'assassin... ces derniers prenant soudainement une teinte de miel grâce au rayon de soleil qui vient de pénétrer dans la pièce, mais les pensées qui les traversent sont loin d'être aussi douces et chaleureuses...

Si tu veux jouer mon chéri, nous jouerons...

- Si ce n'est pas indiscret, madame, puis-je à mon tour connaître votre nom ?

Elle prend son temps. Elle se penche, et d'un geste délié se saisit de l'écharpe. Elle froisse le tissu entre ses doigts, le porte à son nez et ferme les yeux en humant l'odeur de l'assassin – de cuivre et de sel – puis décide de la nouer autour de son cou. Une succession de mouvement voluptueux étudiés avec soin pour que la personne en face d'elle trouve que la température de cette pièce devait avoir monté car il faisait soudainement un peu chaud... Qu'il fasse un commentaire s'il le désire, mais elle allait porter cette écharpe le temps de l'entretien. Puis elle se penche une fois de plus pour saisir la dague.

Elle joue avec, ferme un œil et fait mine de viser l’œil de Taelon avec un sourire amusé, comme si tout ceci n'était qu'une farce dont elle avait la conclusion, mais très vite, finit par le donner à Utu. Toujours souriante, elle croise les mains.

- Vous êtes réellement venu sans savoir qui j'étais, Taelon... ? Cela m'étonne. Vous me paraissez réfléchi... Et capable de trouver la réponse par vous même.

Elle glousse. Un son lumineux, charmant.

- Utu, ça fait depuis combien de temps que quelqu'un ne me reconnaît pas ou ne sait pas qui je suis ?

Le Féal agite les mains en plusieurs signes. Inanna fronce les sourcils, mais son regard reste joueur.

- « Deux minutes... ». Très drôle. Tu as toujours été meilleur que moi pour la répartie, de toute manière.

Utu hausse les épaules. Inanna reprend son sérieux, et reprend une gorgée de thé. Elle croque à menus coups de dents dans une pâtisserie au miel, et invite d'un geste de la main l'assassin à se servir.

- Inanna Al-Vyr, messire Taelon. Je vous offre cette question, dont la réponse n'a pas assez de valeur pour être monnayable... Mais choisissez vos prochains mots avec précaution, à présent. Vous êtes venu avec des interrogations, des paroles à prononcer, et je souhaite que vous les disiez maintenant. En quoi avez-vous besoin de moi ?
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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Ven 9 Aoû - 10:27

L'impatience se lisait sur les gestes de la Dame. L'observation était un point que l'on enseignait, voir rabâchait aux jeunes assassins. Observez, observez, cela vous épargne bien des problèmes. L'anticipation. Gérer une situation en ayant déjà vue l'avant goût.
La dame calma son tapotement sur le canapé lorsqu'il avait retiré sa capuche. Impatiente, désir être obéit dans la seconde... D'accord, il cernait bien le personnage.

Il devait faire plus attention, sinon il risquait de provoquer un conflit sans en voir le bout. Cette femme doit être du genre à écouter, mais en comptant le temps. Si jamais une chose venait à la contrarier, le temps de cette discussion se verrait raccourcie promptement.

Il avait prit un risque en dévoilant la dernière arme qui lui restait. Après tout, rien ne lui indiquait avec certitude qu'il sortirait d'ici vivant... Taelon comprit le comportement de l'elfe. Il devait être très proche de sa maîtresse pour être prêt à mourir pour la protéger. Taelon admirait vraiment cela...
Mais il leva les mains, lui montrant que tout allait bien et qu'il n'avait vraiment plus aucune arme à porté des doigts.
Quoi que... en faisant un tour d'horizon, la plupart des objets dans cette pièce pouvaient faire mal...
Mais passons ce détail, hum ?

La femme n'a pas sourciller cependant... Soit être savait garder un calme de pierre, soit elle jouait vraiment bien son jeu.
Taelon avait l'impression de vivre une comédie. La Dame jouait avec lui, prenant si son écharpe, l'enroulant autour d'elle l'habillant un peu plus. C'était un détail que le jeune homme avait remarqué mais il avait prit soin de passé à côté.
Il fixait les yeux de la Dame. Si bien qu'il eut la dague dans son champ de vision au dernier moment. Il rendit son sourire, n'ayant pas peur d'une tentative de lancé. S'il savait s'en servir, il savait les contrer également... Un coussin, une esquive. Apprendre à se battre c'est bien, apprendre à deviner les mouvements des ennemis c'est mieux encore.
Elle donna l'arme à son fidèle Utu avant de prendre enfin la parole :

- Vous êtes réellement venu sans savoir qui j'étais, Taelon... ? Cela m'étonne. Vous me paraissez réfléchi... Et capable de trouver la réponse par vous même.

Il s'en voulait lui-même d'avoir omis de connaître se détail...
- Utu, ça fait depuis combien de temps que quelqu'un ne me reconnaît pas ou ne sait pas qui je suis ? « Deux minutes... ». Très drôle. Tu as toujours été meilleur que moi pour la répartie, de toute manière.

Haha, hahaha, ha...
Ah pardon je dois rire ? Hem... Désolé, je n'avais pas compris. Bon, finit de jouer maintenant...

C'était au tour de Taelon de connaître une légère impatience dans son esprit. Mais au contraire de la dame, ce dernier savait le dissimuler et le garder dans sa tête et ne rien laissait paraître dans ses gestes. Pendant leurs "discussions", l'assassin les avait observé, s'adossant un peu dans le fauteuil comme pour avoir plus de recul, un sourcil levé.
En tout cas il admirait comment Utu se débrouiller pour communiquer avec sa maîtresse. Taelon connaissait mal la communication autre que par la parole ou le regard... Son maître étant adepte du "regard qui tue, pouf haha tu es transformé en fromage et en bière". Hum...

Taelon sourit amicalement et refuse poliment les gâteries qu'elle lui propose. Non pas qu'il n'aimait pas ça, mais le sucre ne l'avait jamais vraiment attiré. Pas tant au goût mais...
C'était plutôt psychologique, si vous voulez mon avis. Se priver de gâteau n'était rien comparé à se priver de vivre en quelque sorte, non ? Il était vraiment très proche de parvenir à faire de sa vengeance une réussite parfaite. La vie l'attendait depuis maintenant 17 ans, elle pouvait encore attendre quelques mois de plus.


Mais dans la vie on rencontre des imprévus, toujours... Sinon Gilroy ne serait pas mort, et Taelon ne serait pas ici...

Elle... Comment elle s'appelle ? C'est impossible... Cette merde a une famille... Comment... quand, pourquoi ?!

Si sa tête fulminait, son corps lui s'était raidis et son regard fixant toujours Inanna s'était fait plus sombre, sourcils froncés.
Il espérant qu'Utu savait bien viser avec une dague, car si jamais ça venait à...
Taelon se concentra un peu plus sur le visage de la Dame... Elle n'avait pas ses traits, elle en avait de plus mélodieux, plus jolie à regarder. L'homme qu'il avait vue était dur et carré...
L'assassin mit une main sur sa bouche, calmant un peu son... sa... Sa haine ? Oui peut-être... Est-ce que ça pouvait se vomir ? Non sans doute, mais il avait l'impression que son estomac s'était retourné. Il n'était pas au point de se rendre malade, ayant plus de maîtrise que ça, mais son esprit s'était comme... enflammé.

Après ce moment de faiblesse, il regarda à nouveau la Dame, front plissé. Il prit le temps de réfléchir à ses prochains mots, en effet... Comment pouvait-il savoir si elle ferait une bonne alliée si elle était une soeur, une cousine de sa cible ?...
Il détacha son regard de son interlocutrice, son cerveau carburant à grande vitesse pour voir toutes les solutions ou analyser les choses.
Il observa la pièce autour de lui, mais il voyait bien plus en réalité. La Maison entière, l'endroit où ils se trouvaient... Non. Ils ne devaient pas être si proche, voir pas du tout.
Il ne jetterait pas sa soeur, ou sa cousine chez des putes... En admettons qu'ils fassent partie d'une famille renommé. Car l'homme qu'il avait vue il y a 17 ans ressemblait plus à un noble qu'un gueux ou qu'un barman à prostitués.

Son attention se reporta à nouveau sur Inanna. Il allait pour une fois utiliser la méthode "On a le droit de foncer dans le tas une fois par mois, sous peine de se faire passer pour un pirate plutôt qu'un assassin. Et les pirates, ça pue..." de Gilroy Delmontres.

- Dieter Al-Vyr.

Il serra fortement les poings alors que ce prénom ignoble est prononcé... Il le rongeait depuis tout ce temps, sans jamais être dit à l'oral... L'entendre était étrange, et son désir de le tué plus fort que jamais.
- Où vit-il, que fait-il, comment est sa demeure, combien de gardes possède-t-il, ses heures de repos au soir, ses endroits favoris. Je veux savoir absolument tout sur lui...

Une approche assez violente dans les mots, un ton froid malgré son contrôle, mais il s'en fichait. Une soeur, une cousine... Peu importait au fond. Il ne l'empêcherait pas d'abattre la sombre Justice sur ce personnage hideux.
Taelon respirait normalement, ce qui était presque flippant vue qu'il était sur les nerfs. Mais il avait une espèce de calme toujours présente... Particulièrement gelé. Il devait peut-être dire pourquoi il voulait cet homme ? ... Elle ne lui avait pas demandé, mais coupons court aux questions évidentes. Cela épargnera de l'impatience.

- Je veux le retrouver, et lui dire deux, trois mots... Avant de le buter.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Ven 9 Aoû - 15:18

Le changement est rapide. Comme si, en prononçant le mot qu'il ne fallait pas, Inanna avait fissuré un barrage depuis longtemps construit, et qu'à un calme indifférent, la tempête succède. C'est avec une certaine curiosité que la Maîtresse des Plaisirs observe le visage de l'assassin passer d'une sorte d'anxiété à une espèce de rage pure. Utu, quant à lui, se fige une fois de plus. Il aurait eu du mal à manquer ce soudain changement d'attitude, et cela ne lui plaît guère, pas plus que la manière dont ce Taelon fixe du regard Inanna. Il craint pour la vie de sa protégée. Et s'il tue un hôte sous ce toit, il y a des chances qu'ils doivent en répondre devant les assassins. Bon, dire que ce dernier les a attaqué, et le problème sera réglé, mais côtoyer, même un court instant, les assassins, ne met pas particulièrement de baume au cœur d'Utu.

Inanna rend son regard curieux à Taelon. Elle voit bien qu'il tente de retrouver un visage, des traits sur sa figure. Mais lequel... ? La seule chose qu'Inanna n'avait pas à la naissance, c'était son nom. Or, c'est au nom « Al-Vyr » que cet assassin a réagi. Mais voilà qu'il va ouvrir la bouche, mettant un terme aux interrogations de l'Hétaïre.

- Dieter Al-Vyr.

Ah ! Elle avait eu raison. Mais la mention de ce nom est comme un coup de poignard pour elle. Elle sait parfaitement qui il est, et pour cause : dernier héritier légitime des Al-Vyr, là où elle s'était imposée de manière injuste, dépouillant les enfants de leur bien, les mettant à la rue, et d'une soudaine richesse, devenu aussi pauvres que des miséreux. Mais Dieter... Dieter était d'une autre trempe. Celle de son père. Un marchand-né. Incapable de s'agenouiller tant qu'il restait un espoir. A l'époque, elle aurait pu l'écraser sous sa semelle, mais une espèce de pitié l'avait retenue. Bien mal lui en pris... Mais elle écoute la suite.

- Où vit-il, que fait-il, comment est sa demeure, combien de gardes possède-t-il, ses heures de repos au soir, ses endroits favoris. Je veux savoir absolument tout sur lui... Je veux le retrouver, et lui dire deux, trois mots... Avant de le buter.

Elle prend quelques secondes pour digérer l'information. Puis murmure, un sourire glacé aux lèvres.

- Eh bien ! Quel programme, messire Taelon...

Curieusement, écouter l'assassin lui remémore quelques vers d'un poème, qu'elle avait appris à Sipheaï pour complaire à elle ne savait plus quel noble, féru de poésie. Il l'avait détesté, mais elle-même l'avait adoré.

Les mots que l'innocent dans le vent a lâchés ; à présent sont pour moi tant de dards acérés...

Elle en connaît la suite, les vers. Au fur et à mesure que le poème lui revient, son sourire s'élargit.

- Permettez-moi de vous donner quelques vers, cher ami, qui vous feront peut-être réfléchir : « Je ne suis qu'un barrage à ma propre fureur ; Le dernier rempart contre bien des malheurs ; Quand les flots pernicieux déferlent sur la digue ; Elle résiste au courant, résiste à la fatigue. ». Ce que je vous demande, mon jeune, très jeune ami, est de prendre patience et de ravaler votre colère, comme je le fais depuis des années. Pour le moment. Vous ignorez ce que vous demandez.

Elle reprend une gorgée de thé.

- J'ai écrasé les frères et sœurs de Dieter, mais ce dernier a pris toutes les qualités de son père en négligeant les défauts. Il est rusé, et ne m'a jamais laissé l'approcher comme les autres. Et, dans un instant de faiblesse, alors que je l'avais à ma merci, je l'ai épargné. Et voilà où nous en sommes... Vous, souhaitant l'assassiner comme un vulgaire sicaire de bas étage, et moi, agacée de voir son ombre sur un mur... Nous pouvons nous arranger, Taelon, mais j'ai peur que vous visiez une proie un peu trop grosse pour vous.

Utu s'agite, songeant qu'Inanna en révèle trop à un simple assassin. Cette dernière se penche, son esprit en ébullition. Taelon veut le tuer. Dieter. Une fois mort, plus rien ne pouvait menacer sa légitimité sur la fortune des Al-Vyr, mais voilà, Dieter avait réussi. Il s'était hissé à la force de ses bras et de son intellect. Si elle ne le craignait pas pour elle-même, elle avait peur pour Batu. Elle ne veut pas pour lui une enfance comme la sienne. Mais le dernier des Al-Vyr n'est plus une proie facile. Négociant respecté, il s'était entouré d'amis chers qu'elle n'avait jamais réussi à acheter. Elle soupire.

- Je n'ai rien contre le fait de parler de petits meurtres, mais pourquoi ? Que vous a-t-il fait, messire, qui mérite tant de haine ?

Elle pointe un doigt vers lui.

- Et pas de mensonges, je veux l'entière vérité. J'ai des raisons de vouloir la chute de Dieter, vous en avez d'autres, mais il est intouchable pour le moment. Pour vous comme pour moi. Alors donnez-moi tous les détails ou je ne partage pas avec vous ce que je sais. Avec un peu de chance, nous pourrons le traîner en justice et obtenir sa mort de manière tout à fait légale sans avoir à se salir les mains, alors faites bien attention à ce que vous me dites.

Ma bouche ne gémit pas, si elle s'ouvre pour mordre ; Et j'aspire au Chaos, loin du vide de l'Ordre
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mar 13 Aoû - 11:28

Informations importantes:
 


Elle n'imaginait pas ce qu'elle lui demandait... Ravaler sa colère, attendre... Et dire qu'il ignorait ? Ce dernier point était bien vrai, il ne savait rien de Dieter Al-Vyr. Ce nom résonne comme échos, venant tout droit d'un enfer où il devait s'y rendre.
Il n'apporterait pas la lumière sur ces lieux, à part celle d'une torche pour rétablir sa conscience. Car depuis 17 ans, Taelon le cherchait et avait pour seul désir de le tuer.

Mais l'assassin tenta de se calmer et d'écouter ce qu'Inanna avait à dire. Il mesurait de plus en plus l'importance de la Dame et l’influence qu'elle avait obtenu en écrasant chacun de ses adversaires. Elle s'était imposée la meilleur sur le marché, mais malheureusement toujours seconde face à Dieter.
Taelon fronça les sourcils. Elle aurait pu le tuer ou au moins l'empêcher de s'élever trop haut ? ... Et c'est elle qui parle de vulgaire sicaire...
Il ne prenait pas les choses aux mots près. Rien ou presque n'atteignait l'assassin. Il s'accrochait aux informations qu'on lui donnait, aux détails, aux choses valaient la peine qu'on s'y penche dessus.
Il mit son visage dans une main, réfléchissant. Une manière de s'isoler durant un instant. Il calcula tout...



    Inanna veut se débarrasser de Dieter. Sans doute pour se protéger. Batu. La menace est le Al-Vyr vivant. "Je l'ai épargné...".
    "Une proie trop grosse pour vous"...


- ... L'homme est fait de chair, et la lame d'acier, murmura le jeune homme, sortant ses yeux de leur cachette d'intense réflexion.

Si son esprit avait bien calculé, et que les évènements s'étaient déroulés sous un espace de temps d'à peine un an ou moins, Inanna n'était pas très vieille. Pas beaucoup plus que lui. Quand à Dieter, il devait être leur aîné de pas mal d'années. Il se serait rendu à Akeraï en tant que jeune marchand pour gagner en expériences, loin de son père et de Quetaïn. Il s'était bien positionné, comme un chef, car c'était difficile de s'établir dans cette ville. Mais entre temps... Il a fait l’impardonnable, et est partit se réfugier chez son père...

Taelon serra les poings à nouveau. Ce n'était pas la faute d'Inanna. C'était la faute de personne... Malheureusement, une histoire d'actes et de conséquences mènent vers des choses effroyables. Et se dire que ça aurait pu s'éviter...
Les si... C'est fameux si, qui veulent changer le monde.

La question d'Inanna le sortit de ses pensées et il se figea. Qu'a-t-il fait qui mérite tant de... Haine ?

- Et pas de mensonges, je veux l'entière vérité. J'ai des raisons de vouloir la chute de Dieter, vous en avez d'autres, mais il est intouchable pour le moment. Pour vous comme pour moi. Alors donnez-moi tous les détails ou je ne partage pas avec vous ce que je sais. Avec un peu de chance, nous pourrons le traîner en justice et obtenir sa mort de manière tout à fait légale sans avoir à se salir les mains, alors faites bien attention à ce que vous me dites.

Les nerfs lâchaient, ne pouvant plus contenir une telle angoisse, et l'assassin se mit à rire. Il n'y avait rien de drôle, c'était complètement nerveux. Il finit par se reprendre très vite, regardant la Dame, à nouveau droit dans les yeux.
Elle voulait la vérité. La Vérité.
L'homme se leva, préférant bouger un peu. Qu'ils viennent l'en empêcher pour voir, les coups sont très redoutables lorsqu'on savait se battre. Il pensait à Utu, qui allait sans doute surveiller chacun de ses mouvements. Mais le jeune homme ne faisait que se déplacer vers une fenêtre, pour sentir l'air. Un peu de vent pour faire passer tout ça...
Il regarda pendant de longues minutes dehors, savourant du regard toutes ces vies simples se déroulant sous leurs yeux tous les jours.
Taelon avait l'impression que la sienne s'était arrêtée, prématurément.

Ses yeux sombres se tournèrent vers Inanna Al-Vyr.

- Le Justice n'existe pas à Akeraï, pas celle que vous entendez. Et de toute manière, cela fait bien trop longtemps que ça s'est produit. Les preuves, si elles ont existaient un jour, sont tombés dans l'oublie où elles ne pourront jamais réapparaître. Je n'ai rien, absolument rien, à part ma parole...

    ... Car je suis le seul qui est assister à l'Horreur...


- Vous voulez la vérité ? Mais vous l'aurez, Inanna Al-Vyr, sans broderies, car une histoire pareille ne peut pas être enjolivée par des vers...

    ... Parce qu'il n'existe rien de plus horrible que ces actes là...


- Je suis le dernier témoin des atrocités de Dieter Al-Vyr, la seconde ayant oublié ces évènements... Alors je suis le seul qui peut vous apportez la vérité.

    ... Même la Mort est belle...



Sauf qu'à Akeraï, la mort n'est pas gratuite.




    17 ans en arrière...

    ~Nous n'étions que des enfants. Moi et mon amie, Nalyna. Malgré les rues malfamés, dangereuses et sinueuses d'Akeraï, nous trouvons le moyens de jouer ensemble, tout le temps, tous les jours. C'est ce que les petits savent faire le mieux. C'est triste à dire que j'ai presque oublié ces instants si beaux avec elle.
    J'étais loin d'imaginer que l'enfance s'arrêterait si tôt...
    Un jour, mon père était de service. Il travaillait dans les marchandises, aidant à trainer les caisses des marchands. Cette ville essaye vaguement de faire tourner le commerce, sous peine d'avoir plus de la majorité de la population en famine. Un accident se produisit et mon père trouva la mort, écrasé sous les caisses.
    Accident ou non ? Personne ne le sut. Cela avait tout l'air d'un accident. Les risques du métier...

    Ma mère ne se remettait pas de la perte de son amour. Je me souviens qu'elle pleurait sans cesse, si bien que je ne savais pas qu'un corps humain pouvait déverser autant. De temps en temps, j'allais la voir pour lui donner à manger et à boire... Et les parents de Nalyna vinrent lui rendre visite.
    C'est là que Dieter arrive...
    Je n'ai pas très bien compris comment, ni quand il est entré dans nos vies. Aussi loin que je me souvienne, j'avais déjà vue son visage, entendu son nom des hommes de services, bien avant son apparition dans la maison.
    J'étais dans une autre pièce avec Nalyna, à l'étage. J'entendais des voix s'élever, et ma curiosité prit le dessus. J'entendais ma mère, sous ses larmes, insulter cet homme, le traitant d'assassin, de fourbe, d'ignoble personnage. Je ne les voyais pas, je percevais juste les visages apeurés des parents de Nalyna.
    Ils n'avaient rien à voir avec cette histoire, je le compris bien plus tard que... Dieter était un amant de ma mère.

    Elle l'a rejeté froidement.
    L'orgueil a parlé. Sa fierté est blessé. Je ne sais pas si un homme comme ça peut avoir un coeur en faite...
    Quoi qu'il en soit, j'entendis une épée creuser la chair, et je ne mis pas longtemps à comprendre que ma mère venait de s'étaler sur le sol. Sans même la voir, je devinais son regard horrifié, et le sang couler dans le plancher.
    Un hurlement, c'était la mère de Nalyna.
    Des insultes, le père qui dégaina. Dieter se défend et le tue.
    Je crois... que sa mère s'appelait... Lilianne. Je la vis s'enfuir et se faire poursuivre. La maison devint un champ de bataille, où l'une tentait de survivre à l'autre.
    J'entends Nalyna descendre et j'eus le réflexe, un peu trop brusque de la pousser pour qu'elle ne voit pas. Elle se cogna contre le mur et perdit connaissance, c'est la seule explications que j'ai à son amnésie...
    Suite à ça, j'ai suivit le combat, arme au poing. J'avais pris ce qui me passait sous la main et j'y suis allée, sans savoir ce qui allait arriver.
    Plus j'approchais, plus j'entendais les cris de Lilianne. Ils avaient fini par sortir de la maison et s'engouffrer dans les rues sombres de la ville. Il faisait nuit, mais je voyais suffisamment grâce à une pleine lune remarquable...
    J'entends les fers tombaient sur le sol et l'homme dire des choses mielleusement : "Tu vas passer une fin de soirée appétissante, et j'en aurais finit avec cette ville de merde. Elle ne sait pas ce qu'elle a raté !"
    La femme criait, des coups sont donnés, et les cris diminuèrent. Je les vis, caché entre des caisses. Je me raidis en voyant ce qu'il lui faisait... Impossible de bouger face à cette horreur.
    Il déchirait ses vêtements. Il plaqua le corps de la femme ensanglanté par endroit sur la pierre rude et légèrement acérée. Elle essayait de crier mais n'y arrivait plus. Lui riait, comme un dément. Je ne sais pas ce qui lui a pris, cette nuit-là. Comme si tout son côté droit, rusé et bon orateur avait disparu pour laisser place aux côtés animales.
    Il n'avait plus rien d'humain. Même un animal ne ferait ça, en réalité...

    Dieter abusa violemment de Lilianne, pendant des heures.~


- Je n'avais plus la notion du temps à ce moment là, et peut-être que ça n'a pas duré si longtemps... Il l'a laissa quasi morte sur le sol, titubant vers les ombres et sortant de mon champ de vision. J'étais tétanisé... Son corps n'avait plus sa beauté d'autan, tellement ce fut brutal, et je n'ose même pas imaginer la souffrance qu'elle a du enduré pendant de longues minutes, avant de rendre le souffle. Tailladée, défoncée, violée...

Taelon s'arrêta là, quittant la fenêtre pour revenir sur le canapé. Il ferma les yeux pour avaler l'angoisse... Il s'était étonné lui-même à raconter tout ça aussi bien, sans balbutier. Ses souvenirs étaient encore intacte. Il en cauchemardait chaque nuits, et il avait passé chaque autres instants de sa vie à tenter d'amenuiser leurs présences. Mais ils le suivent aussi bien qu'un démon qui se serait emparé de son âme, et qui ne lui rendrait qu'en échange d'un prix lourd à payer.
Le meurtre.
La mort de ce monstre.
Dieter Al-Vyr.


- C'est à peu près... Tout ce dont je me souviens...

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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Sam 17 Aoû - 19:27

L'assassin a un joli rire, mais le son de ce dernier lui glace le sang. Il est tellement amer... violent. Le genre de rire qu'elle se souvient avoir eu, du temps où elle n'était qu'une babiole, avide de liberté... et de revanche sur tous ceux qui l'avaient considérée comme un objet.

Silence. Inanna ne dit mot, suivant du regard Taelon. Écoutant avec attention. Utu aussi, mais pour lui, nul besoin de préciser son mutisme. Ne résonne dans cet appartement, dans ce salon, que la voix de l'assassin. Et ce qu'il prononce est édifiant... quoique pas surprenant.

Au moment du récit de Taelon, Inanna avait quinze ans, tout au plus. Elle n'était qu'une putain du Sanctuaire du Soleil, certes bien éduquée, apprenant à peine à lire et écrire, et à chanter, aussi, pour quelque noble. Une adolescente qui avait appris, bien amèrement, que son destin n'était plus d'être guérisseuse, mais bien d'être une prostituée, et qui avait compris la leçon. Elle avait pu entendre quelques rumeurs sur le fils cadet des Al-Vyr et du sort des filles qu'il choisissait, souvent marquées d'hématomes, mais qui, dans cet empire du plaisir, aurait voulu s'en prendre à Dieter ? De terribles conséquences auraient attendu le fol qui s'y serait tenté... Et Inanna n'avait jamais été suicidaire. Encore moins à cette époque.

Elle reste pensive, sans bouger. Pour un peu, on aurait pu la prendre pour une statue, tellement elle est immobile. Elle a posé les yeux sur ses genoux, ses longs cils modestement baissé, mais l'esprit fourmillant de pensées. Dommage que cette femme n'aie pas survécu ! Avec son accusation, Inanna aurait pu traîner Dieter devant la justice, et il aurait été dépouillé de tous ses biens au profit de Lilianne... Après, un jeu d'enfant que de faire poignarder Dieter au fond d'une ruelle, et ma foi, pourquoi ne pas dépouiller Lilianne de biens dont elle ne saurait de toute manière que faire...?

Mais qu'importe. La pauvrette était morte, et il y avait un assassin avide de vengeance dans cette même pièce. Inanna se lève d'un mouvement gracieux, enveloppant ses épaules de l'écharpe de Taelon, et marche dans la pièce. Elle réfléchit. L'assassin est le moyen idéal de supprimer Dieter, mais l'animosité qu'ils se vouent mutuellement est connue de tout Quetaïn. S'ils doivent s'affronter, c'est de manière discrète, et encore... lancer un assassin pour égorger Dieter Al-Vyr ne brille pas de subtilité, et tous les alliés de ce dernier se retourneraient contre elle... Et Inanna n'a pas vraiment envie d'assister à une guerre dans les rues de la cité marchande. Faire couler le sang... n'est pas forcément une nécessité, et si elle peut se débarrasser de Dieter sans avoir de meurtre sur les bras, elle le ferait volontiers.

Mais la voie qui se présente à elle semble exclure une solution sans violence physique. Soit. Mais après ? Elle doute que Taelon soit capable de dissimuler suffisamment son meurtre pour le faire passer pour un banal accident... et il y a beaucoup trop d'yeux qui fouillent la cité pour que la présence de l'assassin soit passée inaperçue... Si elle ne voit pas d'inconvénient à laisser Taelon accomplir sa vengeance, il lui faudrait quelqu'un pour nettoyer après et rendre l'assassinat méconnaissable. Et ce quelqu'un, elle ne l'avait pas. Pas plus que l'idée pour transformer un meurtre en banal accident. Il fallait qu'elle réfléchisse. Une telle chose prenait du temps, surtout si elle souhaitait que rien ne remonte jusqu'à elle.

Mais d'abord, calmer les ardeurs du mignon.

- Et ?

Utu sursaute. Devant la hargne qu'a manifestée Taelon, il n'est pas prudent de se montrer aussi méprisant avec cet événement. Mais le ton d'Inanna est dédaigneux. Elle se tourne vers Taelon et hausse les épaules.

- Vous avez assisté à un viol. Vous souhaitez vous venger. Mais votre réaction me paraît excessive. Ce que vous me rapportez de Dieter ne m'étonne pas, mais quoi... ! Pour qu'une Lilianne soit violée à mort, des centaines d'autres subissent pire. Appréciez le fait qu'elle n'ait pas été donnée à d'autres comme un jouet usagé. Dernier témoin des atrocités de Dieter Al-Vyr ? Une histoire qui ne peut être enjolivée ? Petit prétentieux.


Elle lui sourit, de ce sourire d'ange déchu, à se faire damner le plus vertueux des Chevaliers.

- Je vais vous éclairer un peu la vue, mon très jeune ami. Ce qu'a subi votre Lilianne n'est qu'une bagatelle comparé à ce que subissaient les filles, les enfants, les hommes d'Al-Vyr quand il était encore vivant et que je n'étais pas à sa place. Vous voulez un échantillon ? Il y avait de sacré pervers dans la clientèle, et il y en a encore. Tout est accessible à qui paie le prix, mais croyez-moi, certains désirs sont du genre à faire pendre.

Elle incline gracieusement la tête, toujours souriante. Utu se crispe, prêt à protéger la Mère.

- Vous raconterai-je ce à quoi j'ai pu assister, du temps où j'étais son assistante, ou bien me tairai-je... ? Oh, allez, un petit amuse-bouche. Pour votre bon plaisir et le mien. Il y en a qui adorent regarder. J'ai toujours trouvé un peu licencieux le fait de faire s'accoupler un homme et un animal – pauvre bête – mais encore pire quand certains paient pour ce spectacle. Mais le plus indécent, mon jeune ami, j'ai pu le constater juste avant qu'Al-Vyr meure et me désigne pour héritière de son empire. Bref, nous parlions de spectacle ? Imaginez des enfants.

Si ses lèvres se sont étirés en un sourire amical, presque doux, ses yeux se sont glacés, ce sont deux pointes de fureur et de dégoût. Utu grimace. Il sait ce qu'elle va raconter. Une autre motivation de faire assassiner Al-Vyr.

- Bref, un petit public s'était composé, prêt à reluquer la représentation. Il n'est pas rare que, pour montrer l'étendue des capacités de certains de mes employés, on organise des exhibitions. Du temps d'Al-Vyr, parfois, et surtout avec une somme conséquente, on pouvait... eh bien, je vous le donne en mille, remplacer les prostituées expérimentées par des enfants. Ah ! La salle n'était pas comble, il y avait un petit lot d'habitués, de sélectifs. Ils en bandaient déjà. Les enfants en ont pleuré, mais ils l'ont fait quand même. Ce n'est jamais bien concluant, mais qu'à cela n'importe ! Il y a une seconde partie à cette monstruosité, et elle aussi est très émoustillante. Les spectateurs se sont arrogés soit la petite fille, soit le petit garçon. Je vous laisse imaginer leur état.

Elle a prit un ton féroce pour dissimuler sa répulsion. Batu n'avait que quatre ans à l'époque. Trop simple, beaucoup trop simple de l'imaginer à la place de ces pauvrets. Elle hausse les épaules, le sourire narquois revenu sur son visage de tentatrice.

- Après quoi, eh bien... Ils n'étaient plus bons à rien. On les jetait alors dans la rue, pour mourir. Ils n'y manquaient jamais. Ils crevaient généralement de faim. Quand Al-Vyr est décédé, et que j'ai pris le pouvoir, je les ai fait revenir. Pour les faire travailler ici, parce qu'ils ne savaient pas quoi faire. Ils tremblaient au moindre contact. Certains, je les ai mis aux cuisines. D'autres au ménage. Parfois, j'ai réussi à en faire adopter d'autres. Je reçois de temps en temps des nouvelles. Je me suis arrangée pour qu'ils trouvent des familles d'accueil, ou des maîtres, qui sont conscients de leur état. Dans les lettres qui me parviennent, ils n'ont pas l'air malheureux. Même si les cauchemars les tourmentent encore et qu'ils ont peur du moindre contact physique.

Elle s'approche de Taelon, lui effleure la mâchoire du bout des doigts, toujours avec son sourire de miel et ses yeux de fer. Puis elle s'écarte, lui tourne le dos, chaloupe de son pas aérien et charmeur jusqu'au balcon, où les cris des enfants résonnent toujours.

- Voyez, pourquoi votre histoire de m'émeut pas, Taelon ? Parce que la moitié des gens ici ont subi tout autant, sinon pire. Bon, je vous l'accorde, certains n'ont pas à se plaindre et ont vécu une vie plutôt confortable...

Elle se tourne vers lui, s'adosse à la rembarre du balcon, la tresse noir et or de ses cheveux légèrement agitée par le vent qui s'est levé au fur et à mesure que l'obscurité tombe sur Quetaïn.  

- Alors calmez-vous. Respirez. Les morts sont là où ils doivent être et Dieter ne va pas bouger. Je suis une petite friandise qu'il aimerait croquer ou écraser sous son talon, c'est selon... Dans tous les cas, je vous aiderai dans votre vengeance. Mais apprenez la patience. Je ne vous lancerai pas dans une mission si je sais que l'assassinat de notre ami commun va faire remonter les autorités jusqu'à moi. Je ne mettrai pas mon empire dans la balance juste pour vous permettre d'égorger un pervers, que nous soyons bien clairs. Je vous promet votre vengeance, je vous promet la gorge de Dieter. Je vous promet qu'il sera à votre merci... mais tout vient à point à qui sait attendre. Vous venez d'enclencher un événement et les conséquences seront là. Mais pas tout de suite. Laissez le respirer. Vivre. Sa mort n'en sera que plus douce. Sa mort viendra demain. Dans deux jours. Une semaine. Un mois. Des années. Mais elle viendra quand le moment sera propice. Pas avant. Me suis-je bien fait comprendre, Taelon ? Si vous voulez votre revanche, vous devrez attendre et obéir à mes ordres. Et quand je vous dirai de frapper...


Elle hausse les épaules, et son sourire innocent monte cette fois jusqu'à ses yeux, lui donnant un air beaucoup plus juvénile.

- … eh bien, vous ne vous ferez pas prier, n'est-ce-pas ?
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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Ven 30 Aoû - 11:51

Taelon avait à nouveau quitté le canapé, lorsqu'Inanna s'était levée. Elle semblait réfléchir sur ses paroles, tournant un moment dans la pièce. Il s'éloigna un peu, se mettant au centre pour voir la pièce amplement. Il remarqua l'architecture mais surtout l'ameublement riche. On se sentait bien ici, gère étonnant qu'il plaise à une dame telle qu'Inanna.
Mais les rêveries cessèrent rapidement.

Reparler de ces souvenirs lui avait causé à nouveau ce vide. Un état qui lui rappelait que seule sa vengeance comptait, et qu'il ne serait pas libéré tant que ça n'avait pas été accomplis avec succès. Qu'il y reste ou non, cela n'avait même pas d'importance. Car il sentait que la vie serait très difficile à reprendre, qu'elle que soit l'issu de son propre sort.
Comment vivre après tout ça ? ... Toutes ces années à vouloir tuer un homme. S'il disparait, il n'aura plus rien ? Il ne savait pas comment Nalyna allait réagir lorsqu'il lui dira la vérité et ses projets... Dès qu'il lui rappellera ces souvenirs... Et également pourquoi elle devait oublier l'assassin.

Mais ses songes ténébreux s'arrêtèrent d'un seul coup.

L'assassin sursauta en même temps qu'Utu. Ce dernier angoissait, Taelon fulminait. Comment osait-elle ?
Chaque mot était torture, des raisons supplémentaires s'ajoutaient pour avoir la peau de Dieter. Mais si Inanna continuait à lui parler ainsi, il allait la tuer au passage, dans la foulé, histoire de lui faire ravaler son imprudence...
Mais elle parlait bien. Très bien même. Et cela ne manqua pas, car l'assassin fut touché par l'admiration. Il écouta ses histoires, mémorisant les détails, comme s'il avait la capacité d'écrire un livre dans sa tête. Il imaginait très bien les scènes qu'elle décrivait et cela lui procura de l'horreur. Son visage passa de la colère pure au dégoût total.


Je suis un assassin, mais je ne suis pas un insensible... Même Gilroy, qui aura beau faire tous les efforts du monde pour dire que nous n'avions pas de coeur, sauf celui d'une pierre, nous restons des humains. Et même cet homme aurait été dépité par cette histoire. Il m'aurait dit : "Nul poison petit, nul dague pour en finir vite. Il ne mérite aucune propreté, cet homme va goûter aux épées mals entretenues, pleines de baves de pirate et je lui aurais fait avaler son sang avec ma bière !"

Est-ce que Gilroy fut un pirate ? Qui sait... Taelon avait beaucoup d'imagination en ce qui concerne son maître.

Les récits sur les enfants furent les pire à encaisser... Si on calculait les âges aux moments des récits... Tael devait être adolescent, peut-être un peu plus jeune. Nalyna pareillement... L'assassin lâcha un léger instant du regard la Dame. Il avait imaginé Nalyna vivre cela alors qu'ils étaient avec ce monstre, voleur d'enfants. Après le meurtre de leurs parents, Taelon et Nalyna s'étaient retrouvés dans la rue, seuls. Et un homme leur était tombé dessus. Qui sait ce qui leur serait arrivé s'ils ne s'étaient pas enfui ?

Utu s'était davantage crispé alors qu'Inanna s'approchait de Taelon après avoir terminé son récit. L'assassin leva un peu les mains pour montrer au protecteur qu'il n'y avait rien à craindre. Il reposa ensuite son regard dans celui de la Dame, qui effleura sa mâchoire avec ses doigts. Chose qui... Hem... Mais il resta parfaitement calme.
Elle se dirigea vers le balcon, suivit par l'assassin.
Il comprenait oui. Alors qu'elle se tourna vers lui, elle s'adossa à la rembarre, et il ne manqua pas de noter combien cette femme était belle. Il ne s'approcha pas trop pour éviter à l'elfe d'être mal à l'aise par le peu de distance, et opta de s'adosser contre le mur, bras croisés.
Ils pouvaient voir les enfants jouer d'ici...

Les regarder après ces récits le fit tressaillir légèrement.
Dieter aurait pu le violer, Nalyna aussi... Et il ne serait sans doute jamais devenu assassin, par peur de la souffrance. Car une chose était certaine : Taelon n'avait pas peur de mourir, ni de souffrir dans l'entreprise du meurtre. Il savait que ça serait difficile, sinon il ne serait pas venu quérir de l'aide... Il avait juste peur de ne jamais être pardonné par la seule personne qui comptait à son coeur.


Mais tout ça, Inanna devait s'en douter.
Elle lui promit son aide, mais elle lui demanda le calme et la patience. Il leva des yeux d'aciers vers elle, mais hocha la tête. Ce n'est pas comme s'il avait déjà beaucoup attendu.
Il ne voulait pas faire de carnage dans une ville, ni dans quoi que se soit pour une histoire qui le concernait complètement, avec Dieter. Donc, en effet, il allait attendre qu'on lui dise de frapper. C'était un assassin, après tout. Mais Taelon est loin d'être bête.

Il rendit le sourire de la dame.

- Un belle rose sauvage, murmura-t-il, avant de hausser des épaules. Je savais que je trouverais de l'aide ici.

Il avoua tout de même qu'Inanna avait le sens des affaires et qu'il était rassuré sur le fait de pouvoir compter sur quelqu'un dans la tentative d'assassinat de Dieter.
- La vie est dur, je le sais très bien, et vous également. Nous ne sommes peut-être pas si différent... Cet être nous a fait dû mal, à d'autres, et il en fera encore... On ne change pas sa nature. Mais nous ne sommes pas là pour nous plaindre. Nous sommes des personnes d'actions. J'admire votre patience, Madame. Je suis encore loin d'en avoir une si parfaite, et ce n'est pas faute de s'entraîner...

Gilroy serait-il partit trop vite ? Parfois je me pose cette question... J'ai l'impression qu'il devait encore m'en apprendre beaucoup. Et moi en apprendre énormément sur ce personnage...

- Je ne suis pas venu pour étaler ce que j'ai vécu. Il n'y a ni prétention, ni exagération. Vous vouliez des explications, vous
les avez eus... Nous sommes assez intelligent pour savoir que la précipitation n'est pas une solution, alors oui... J'attendrais.


Il s'inclina légèrement devant elle, humblement.
- N'ignorez pas, une nouvelle fois, mes excuses, Madame, si je vous ais fait une offense.

A force de s'excuser auprès d'elle, il allait finir par croire qu'il aurait dû naître à la même position qu'elle pour connaître les enseignements de la courtoisie bourgeoise...
Non en faite, rien qu'à y pensait, il était mieux comme il était après tout. Bizarrement, il avait eu l'image de Héliel dans la tête et...
Brrrrrr...

- Il n'est pas aisé de tuer un homme aussi influant que Dieter. En faite, j'ignorais qu'il s'était à ce point élever dans les rangs... Sinon, j'aurais pris le temps d'élaborer un meurtre parfait. Mais plusieurs têtes pensantes valent mieux qu'une, non ?

A ses mots, il avait posé les yeux sur Inanna mais également sur Utu. Taelon calculait les capacités de chaque personne, et il savait les elfes sages et assez vieux pour savoir beaucoup de choses sur le monde.
L'assassin regarda à nouveau la Dame, qui jouait gracieusement avec son écharpe.

- Nous finirons bien par trouver ce qu'il nous faut pour l'avoir... , finit-il par dire la mine sombre.

La patience était une vertu. Et Taelon avait beau eu un entraînement assez difficile pour l'acquérir, ces derniers temps, elle lui manquait...

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mar 3 Sep - 23:02

- Un belle rose sauvage. Je savais que je trouverais de l'aide ici.

Inanna retient un sourire encore plus éclatant et un rire. Elle n'avait pas précisé son prix... et vu l'air de Taelon, il allait accepter sans se poser de question. Ou pas. Bah, comme s'il avait le choix.

Naïf ! Naïf!

Elle incline délicatement la tête alors qu'il continue de l'abreuver de compliment. Oui, mon mignon, continue, elle le mérite. Sans elle, tu te serais fait tuer comme un vulgaire sicaire, un mercenaire sans ambition. Grâce à elle, tu auras le meurtre parfait sur un plateau, et ta vengeance comme sucrerie. Le meilleur coup de maître de ta carrière, sans doute. Car nous n'allons pas nous faire d'illusion, hein... ? Elle ne croit pas que tu puisses arriver à un tel niveau seul, oh, non, et tu viens tout juste de confirmer ses doutes. Aaah, naïf, naïf que tu es, Taelon d'Akeraï...

Peut-être qu'Inanna le sous-estimait... Peut-être qu'il allait gagner en force, comme elle s'était hissé avec hargne et fureur au rang de Seigneur-marchand... Mais pour l'instant, il est faible. Il est candide. Il est aveuglé par sa rage et son envie de vengeance...

- Il n'est pas aisé de tuer un homme aussi influent que Dieter. En faite, j'ignorais qu'il s'était à ce point élevé dans les rangs... Sinon, j'aurais pris le temps d'élaborer un meurtre parfait. Mais plusieurs têtes pensantes valent mieux qu'une, non ?

Elle glousse. Un son charmant. Comme si elle acquiesçait aux mots de Taelon. Alors qu'en vérité, elle se rit de lui. Un meurtre parfait ! Comme s'il en était capable, le mignon ! Oh, aller, elle est bonne joueuse, peut-être que si... mais pas contre Dieter, du moins. Elle incline la tête vers l'extérieur. Le soir tombe, mais les enfants n'ont pas fini de jouer. Des serviteurs allument les braseros et autres flambeaux, pour que les allées du jardin restent éclairées, des lampions en papier coloré qui illuminent les feuilles de teintes orangées, roses, ou jaunes. Une brise un peu plus frisquette que les autres l'oblige à remonter l'écharpe de Taelon sur ses épaules.

- Nous finirons bien par trouver ce qu'il nous faut pour l'avoir...

Elle reporte son attention sur l'assassin et lui fait un sourire confiant, quittant le balcon pour revenir dans le salon. Se penchant pour récupérer son gobelet de thé, froid, mais toujours délicieux. Elle en avale une gorgée, savoure la fraîcheur de la menthe, et se tourne vers Taelon.

- Assurément, mon jeune ami... Tuer Dieter sans une excellente préparation peut mener à une petite guerre civile à Quetaïn... entre moi, mes forces, Dieter et les siennes, et celles de notre bien-aimé Sultan qui tentera de nous séparer... Lorsqu'on anéantit une famille, à Quetaïn, on doit le faire sans laisser la moindre trace. Malheureusement pour moi, j'étais encore trop... jeune, dirons-nous, et peu au fait des coutumes de Quetaïn. D'où la survie de Dieter... (Un temps de silence, parfaitement étudié, et elle reprend) Mais il me semble que nous n'avons pas encore parlé de votre petite contribution à cette affaire...

Son sourire s'est fait plus exquis encore. Utu s'est redressé. Taelon est trop impliqué émotionnellement pour pouvoir réagir froidement. Si Inanna lui fait savoir qu'il y a un prix à payer... qui sait comment il peut répliquer ? Utu s'est fait un devoir de ne croire en personne pour protéger sa perle, sa tendre, et il ne faillira pas.

- Mon engagement a son prix, Taelon... Sans moi, plus de Dieter. Quand bien même je le voudrai mort, vous seriez exclu de l'affaire, et son anéantissement vous serait volé. Je résume, vous voulez bien ? Je planifie la mort de Dieter et je vous offre sa gorge au moment où il sera le plus vulnérable. En échange...

Elle s'humecte les lèvres. Taelon a une alliée, certes... Mais quand on négocie avec un Seigneur-Marchand, il vaut mieux avoir en tête le prix que l'on est prêt à payer... ou du moins avoir une monnaie d'échange conséquente. Taelon ne lui est rien. Il n'est qu'un moyen, qu'une lame. Elle lui offre une oreille attentive et sa vengeance, mais il ne restera qu'un poignard. Libre à lui de croire qu'il a une amie, mais la réciproque n'est pas vraie, et s'il veut survivre, nager au milieu de ce banc de requin qu'est la politique de Quetaïn, il vaudrait mieux qu'il se plie à la règle primordiale : les alliances ne durent que le temps d'un marché. Ou bien qu'il regagne la plage, au sec, en sécurité, mais loin de Dieter.

- Je vous veux.

Utu sursaute. Mais Inanna est restée paisible, souriante. Amicale, presque câline.

- Que l'on se comprenne, mon jeune ami... Infiltrer les assassins n'est pas chose aisée. Je n'accepte de vous donner Dieter qu'à cette seule condition : vous serez mes oreilles, et mes yeux au sein de votre guilde. Et j'entends avoir de belles informations, pas des rogatons. Sinon... et bien, j'avertirai Dieter qu'un roquet est venu aboyer trop près de ma porte. Et que je me sens d'humeur à le lui donner. Avec ou sans votre aide, je l'éjecterai tôt ou tard. Tôt avec vous, mais je suis d'une grande patience. L'occasion se représentera. Votre amie... Nalyna, c'est bien cela, je ne me trompe pas... ? Je doute qu'elle fasse autant partie que vous de la société... officieuse. Une cible facile. Ou une cliente. Si je lui offre l'assassin de sa douce mère, elle acceptera... et elle ne rechignera peut-être pas sur le prix.

Des crocs... des dents comme des lames de rasoir... Le sourire d'Inanna est devenu incisif comme le plus acéré des poignards, et ses yeux plus froids que le métal. Sa voix a perdu de ces intonations charmeuses pour devenir un fouet vif et cuisant. La poigne d'Utu s'est raffermie sur le manche de la dague de Taelon.

- N'y voyez qu'un avertissement... amical, Taelon... Je suis la générosité et la bienveillance mêmes envers ceux qui me servent, et me servent bien. Mais ceux qui se rebiffent... Eh bien, je me suis rattrapée, concernant les coutumes de Quetaïn, et je ne suis plus aussi magnanime et compatissante qu'avant.

Elle ferme le poing, pour illustrer son propos. Pour redevient tout de miel et de rose.

- J'ose croire que tout est clair ? Vous êtes mes yeux et mes oreilles... Je vous offre Dieter et tout ce que vous aurez à faire, c'est de plonger une lame dans son cœur.

Elle hausse les épaules et se rassoit dans un canapé, comme si elle ne venait pas de parler de meurtre, ou de proférer des menaces à mots couverts.

- N'y voyez là aucune hostilité, ou animosité. Tout ce que je souhaite, c'est que les choses soient claires dès le départ. Servez-moi, et vous serez récompensé au-delà de vos espérances. Trahissez-moi, décevez-moi, et vous ne serez plus rien.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Ven 20 Sep - 13:14

Ses rires, ses petits bruits qu'elle faisait derrière son écharpe provoquaient des frissons nerveux chez l'assassin. Il avait l'impression qu'elle se riait de lui... Et d'un côté, elle n'avait pas tort de le faire. Il était si... irrécupérable. La seule chose qui l'importait était de tuer l'être qui le hantait depuis des années, et il s'y prenait très maladroitement. On ne tuait pas si facilement un être comme Dieter, il fallait un plan, construit et sans fausses notes. Ainsi il disparaîtra, lui et son empire.
Et Inanna aura toute la place...

Taelon se fichait pas mal de n'être qu'un pion dans cette aventure. Le "jeune ami" ne voyait pas plus loin que le bout du tunnel. Qu'est-ce qu'il y avait au-delà pour lui ? Lorsqu'il aura traverser l'ombre du couloir, qu'il trouvera Dieter et le tuera, à la fin que trouvera-t-il ? Au bout du tunnel...
Un nouveau frisson l'étreignit.
Au delà. Il n'y avait jamais réfléchit, il n'y pensait pas, il ne le saura peut-être jamais. Ce soir, il passait un pacte, avec une tentatrice qui lui offrirait son aide qui lui permettra d'en finir une bonne fois pour toute.
Mais...

- Mais il me semble que nous n'avons pas encore parlé de votre petite contribution à cette affaire...

Le regard de l'assassin, qui jusque là observait les enfants, dévisagèrent Inanna Al-Vyr. Il fronça les sourcils devant ce sourire qui annonçait déjà les couleurs de ces termes...
Elle lui faisait bien comprendre que sans elle, il ne parviendrait pas jusqu'à Dieter. Au contraire, Inanna pouvait très bien se passer de lui et cette idée lui refit sentir une angoisse ancienne. Il prit conscience des règles de Quetaïn, assez brutalement d'ailleurs, et hocha la tête en signe d'écoute.

- Je vous veux.

Il unit son sursaut avec celui d'Utu, sauf que le siens et remplit d’incompréhension sur le coup. Et la suite ne le déraidit pas pour autant... Infiltrer les assassins. Les espionner, lui apporter des informations importantes...
Quelle idée... stupide.
Quelle idée... suicidaire.
Quelle idée... Mortelle. Oui vraiment.

Taelon fixa Inanna alors qu'elle parlait, posant lentement ses termes comme si on insufflait du poison dans les veines. Il se redressa brusquement lorsque le nom de Nalyna fut mentionné. Il avait été terriblement... idiot, quel imbécile il fait... Il serra les dents et les poings, indignés. S'il avait eu un truc entre les mains, il ...
Il jeta un regard furtif vers Utu qui portait sa dague. Taelon l'assassin n'était pas armé de cette manière, mais il pouvait tuer Inanna sans problème avait d'y passer si elle continuait à menacer la vie de la seule personne qui lui était si chère à son coeur dans ce putain de monde, pourris et ignorant.
Ignorant oui... Sur tellement de choses qui passaient dans les ombres.

Taelon ferma les yeux et ravala sa salive, se calmant un peu.

- N'y voyez qu'un avertissement... amical, Taelon... Je suis la générosité et la bienveillance mêmes envers ceux qui me servent, et me servent bien. Mais ceux qui se rebiffent... Eh bien, je me suis rattrapée, concernant les coutumes de Quetaïn, et je ne suis plus aussi magnanime et compatissante qu'avant.

Il rouvrit les yeux, fixant la Dame du plaisir et des charmes. La décevoir, et il ne serait plus rien ? Alors qu'elle lui proposait au contraire de la servir comme un suivant et il aurait... Quoi ? Tout ? Non... Qu'est-ce que Taelon voulait au fond ?...
Il ne le savait pas lui-même.
Être rien ? Il l'était déjà.

Machinalement, il sourit. Un sourire intelligent, alors que ses yeux s'illuminaient d'une légère forme de malice. Cela ne se voyait pas vraiment, car ses émotions précédentes, ses angoisses et sa soudaine rage brouillaient tout sur son visage et ses gestes. Mais ses pensées elles commencèrent à s'organiser et à faire le travail qu'elles savaient si bien faire dans la tête de l'assassin.
Intelligent, ça il l'était, au détriment de ce que pouvait penser notre chère Inanna.
Nalyna, elle ne l'aura pas si facilement.
La Guilde, non plus.
Car s'il venait à perdre Nalyna, il ne serait plus rien, et il ne se retiendrait pas pour tuer tous sur son passage, même des enfants s'il le fallait, tant il deviendrait fou. Et s'il trahissait la Guilde, il mourrait de toute manière.


J'ai des engagements envers la Guilde... Que j'ai accepté consciencieusement. Je ne me vois pas plus haut que rien... Et j'appartiens déjà à beaucoup de monde si on part de ce côté là. Le Maître de la guilde attend mon retour et peut-être qu'à ce moment là, je deviendrais un peu plus que rien du tout. Qu'elle est réussie à avoir des informations sur Nalyna n'était pas bien compliqué, mais si elle me demande d'être ses yeux et ses oreilles au sein de la Guilde des assassins, c'est que la tâche est plus difficile. La Guilde sait garder ses secrets sur comment y entrer, l'apprentissage et davantage de choses dont elle n'en saura jamais rien.
Penser que je ne savais pas jouer, moi aussi, était une lourde erreur, Inanna. Car je préfère dix fois devenir moins que rien, que de mourir sous les mains de notre chef de Guilde. Cette femme...

- Espionner la Guilde ne sera pas facile, comme vous le disiez..., dit-il, rompant le silence. Mais peut-être que si je fais parler de moi avec un meurtre d'importance, comme Dieter Al-Vyr, non ?, cela pourrait m'aider.

C'était à son tour de pencher la tête, sourire aux lèvres. Ses yeux montraient cette "amitié" placé par la Dame des lieux, mais au fond cela cachait une grande technique. De la malice, une intelligence qu'elle n'avait pas saisi chez l'assassin et tant mieux pour lui. Futé, le petit, futé.
- Je vous assures, toutefois, de vous apportez des informations, si informations il y a, car la Guilde sait se cacher.

Un faciès honnête, une bouille encore jeune peut-être, ou parce que jusqu'à maintenant il a montrer ses émotions, Taelon d'Akeraï savait également mentir, avec perfection. Sans laisser de trace, ni sur son visage, ni dans ses gestes, ni dans sa voix. Il avait intérêt à bien mentir, sous peine de perdre sa tête par les gardes de la Marchande, ou pire encore par ses confrères assassins. Merci Gilroy de l'avoir intégré dans ce monde... Enflure.
- Les termes sont donc posés...

Ce n'était pas vraiment une question. Sombre dans sa voix, le regard redevenu acier, Taelon s'était rapprocher de la dame, la regardant droit dans les yeux.
- Mais sachez que je travaille mieux lorsque je sais qu'une ombre n'est pas constamment dans mon dos, menaçante. Ou lorsqu'elle est dans le dos de mes proches.

Son regard se durcit davantage ainsi que son poing.
- Ne la mêlez pas à cette affaire... Cela ne regarde que vous et moi. Prenez cela comme... (il sourit légèrement, un peu amusé par ce qu'elle avait dit plus tôt et qu'il répéta, doucement) un avertissement amical.

Aucun ton menaçant, comme s'il n'y avait rien à craindre. Mais le défi était désormais lancé.
Taelon n'était pas très doué lorsqu'il s'agissait de laisser ses proches en sécurité. Depuis longtemps, et il le savait, que si Nalyna le côtoyait encore longtemps, elle risquerait d'avoir des ennuis. A cause de lui...
Mais il n'était pas un vulgaire assassin. Il connaissait l'art de tuer. Il avait appris celui de passer inaperçu. Alors peut-être que cela se verrait gros comme une maison qu'il soit le meurtrier d'Inanna après tous les témoins. Mais il savait disparaître aussi...
Et s'il devait ne plus existait aux yeux du monde pour protéger Nalyna. Il le ferait. A n'importe quel prix.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Mer 2 Oct - 22:49

Utu s'était raidit, attentif à Taelon. Qu'il se lève avec un semblant de lueur meurtrière dans l’œil, et l'elfe lui trancherait la gorge. Les assassins, il y en a des plâtrées. Un de plus ou de moins... Et puis de toute façon, Utu peut bien se vendre à la guilde, si jamais les tueurs menacent sa douce, sa tendre. Il ne souhaite pas l'impliquer dans toute cette histoire, dans son passé, mais si c'est pour la sauver...

Il n'aime pas en tout cas ce regard. Il l'a vu trop de fois. Dans les yeux de sa belle, surtout. Mais il ne dit rien. Même s'il n'avait pas été muet, il n'aurait prononcé aucun mot. Il est difficile de poignarder un homme alors qu'il n'a fait que vous regarder d'une manière normalement amicale. Mais Utu se promet de le garder à l’œil, celui-là. Il n'aime déjà pas la manière qu'il a de se lever. L'elfe aux cheveux verts s'est rapproché. Il fusille du regard Taelon. Qu'il lève un doigt... un seul. Qu'il lui donne une raison de le tuer. Là, maintenant. Tout de suite. Pitié. Non ?

Inanna regarde l'assassin avec un regard tranquille. Elle n'a pu manquer de remarquer l'air un peu contrarié de Taelon, mais son sourire ne s'est pas fané. Elle incline délicatement la tête, se lève avec une grâce étudiée. Tendant une main fine à l'assassin.

Ah, la sincérité... Une qualité qu'a perdu Inanna depuis un certain temps. Dans sa position, on n'avait guère le choix. Dire oui avec la bouche n'était pas approuver avec l'esprit. Elle aurait du s'en douter. Elle aurait du deviner. Mais Tael lui est trop étranger pour qu'elle puisse concevoir qu'il lui sert le même plat qu'elle lui donne. Lui ? Lui mentir ? C'est trop pour son orgueil. Elle est la Reine des plaisirs, Inanna la Perle de Sipheaï, l'Hétaïre, la Mère ! Qui pourrait souhaiter, penser, même, à la défier, à ne pas penser ce qu'il dit ? Surtout quelqu'un qui vient réclamer ses faveurs, qui vient quémander un service !

Elle pense avoir gagné. A tort.

Il pense avoir gagné sa parole de ne pas toucher à Nalyna.

A tort.

Si Inanna avait eu un autre assassin dans la place, peut-être aurait-elle tenu parole. C'était son espèce d'honnêteté bien à elle. Tenir sa parole. Mais elle tentait d'infiltrer les assassins. Taelon était le premier. Elle ne pouvait pas se permettre d'ignorer un moyen de pression.

Avec un geste amical, elle redirige Taelon vers la sortie, lui appuyant gentiment dans le dos.

- Un accord, mon jeune ami, est un accord.

Elle lui sourit. Comme s'il venait d'illuminer sa journée. D'un mouvement languide, sensuel, elle fait glisser l'écharpe de ses épaules et la redonne à Taelon. Puis elle le conduit elle-même jusqu'aux escaliers. Utu sur ses talons. Elle s'accroche à son bras, le fait descendre jusqu'au premier palier. Puis fait signe à Héliel. Ce dernier s'incline.

- Va me chercher Neige, s'il te plait.

Héliel abaisse le buste une nouvelle fois, et revient avec la jeune femme. Quand celle-ci voit Inanna et Taelon, elle sourit. Elle a compris. La Mère jette un regard complice à Taelon, et le tenant par les épaules, le pousse presque vers Neige.

- Mon jeune ami, voilà l'une des rétributions que je vous offre. Profitez-en, on ne la perd qu'une seule fois. Adressez-vous aux gardes de l'entrée pour récupérer vos affaires. Je garde votre dague pour me rappeler que vous me l'avez donnée et non pas poignardée avec.

Une claque amicale sur l'épaule, et voilà Inanna descendant les escaliers, Utu à sa suite, qui jette un dernier regard d'avertissement à l'assassin. Héliel s'éclipse. Neige prend gentiment la main de Taelon.

- Nous y allons ?

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Taelon d'Akeraï
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MessageSujet: Re: [Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)   Ven 4 Oct - 14:22

Je sais que tu me regardes. Je sais déjà à quoi tu penses, sans même t'entendre dire un seul mot. Tu en es incapable... Pourtant tu parles si bien. A ta manière, dangereuse créature. Les elfes ont toujours un coup d'avance sur moi... Souvent le meilleur. C'est bien pour cela que je traite le second d'Inanna avec égard, sans faire le moindre faux pas. Son attitude me prouve que le contraire lui fera décider de me tuer sur le champ...

L'observation est un atout chez les assassins. Savoir où viser, à quel moment, et la manière de le faire faisait partit des talents appris par Taelon. Mais il savait très bien, ou en tout cas l'imaginait, qu'Utu n'était pas une simple elfe, prostitué de la maison Al-Vyr. Son regard en disait bien plus... Il parlait d'expérience dans l'art de tuer et cela le jeune assassin l'avait déjà vue plusieurs fois dans le regard de ses confrères plus expérimentés.

Utu... Qui es-tu vraiment ? Pourquoi ais-je droit à tant de haine, moi simple vicaire à tes yeux... ? Je ne vais pas la toucher, ta femme. Je prétends tenir à une personne qui a autant de valeur à mes yeux que toi tu accordes à ta Mère des prostitués. Et comment je le sais ? Tout simplement parce que je suis plus vif d'esprit que de corps. Ce que mon maître me reprochait souvent d'ailleurs... Il disait que je finirais par me faire tuer.
Comme une vulgaire merdaille.

Cet elfe tenait beaucoup à cette humaine... Comme il tenait à Nalyna. Il ne fallait pas être doué pour le comprendre. Quoi qu'un peu, vue qu'il était muet.

En tout cas, le mensonge était passé comme un souffle dans un puissant ouragan. Personne ne l'avait sentit. Taelon connaissait les risques, mais il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas lui donner ce qu'elle voulait, mais en échange peut-être lui donnera-t-il autre chose. Il devait y réfléchir, mais seulement s'il réussit sa mission. Assassiner Dieter Al-Vyr était sa première et sa seule priorité.

Elle n'avait pas gagné.
Nalyna ne serait jamais en sécurité...
Il ne le savait pas. Mais il s'en doutait... Car il savait ce monde pourri d'un ver qui ronge une pomme. Un ver avec de l'argent, ou de la puissance ou encore des couteaux empoisonnés...


Nalyna... Dans quelle merde je t'ai foutu... Pourquoi il a fallu que tu restes encore dans ma vie, alors que tu avais fini par partir pour faire la tienne... ?

Taelon fut redirigé vers la sortie, accompagné d'Inanna et non loin comme toujours le Fidèle qui portait bien ce nom. Un accord est un accord...
Ils redescendirent au premier palier de la maison et revoilà à nouveau le dénommé Héliel, cet homme étrange qui fut le premier visage qu'il croisa. Inanna lui ordonna d'aller chercher une personne qui ... lui disait vaguement quelque chose et le jeune assassin eut peur de comprendre. L'arrivé de Neige, dont il se souvenait parfaitement, le fit se figé presque d’effrois. Bien que cela ne se voit que par son léger regard fixe sur la rouquine... Les yeux complices d'Inanna eux lui font avoir à l'assassin des yeux d'un contrarié qui voulut défendre ses opinions.


Rendez moi cette dague que je la...

Trop tard. Elle s'en alla lui laissant une part amicale sur le palier et tout le monde était déjà éclipsé. Non mais c'est pas possible de voir ça...
Neige agrippa à lui.


Merdemerdemerdemerde...
- Nous y allons ?
- Pardon ?

Il posa ses yeux dans ceux de Neige, qui lui sourit gentiment. Elle lui montra une porte, entrouverte qui laissait entrapercevoir un lit...
- Là, sourit-elle gracieuse.
- Là ? ... Mais...

Mais mais mais mais de quoi ? Pourquoi faire ? Qu'est-ce que... Il mit son cerveau au rebobinage... Rétribution que je vous offre, la Dame des prostitués... Et alors qu'il percuta les attentions de la belle Neige, ils étaient déjà dans la chambre.
- Attendez..., fit-il mal à l'aise, terriblement gêné, levant les mains sans défenses et reculant, comme voulant à tous prix s'éloigner de la fille.

Il... n'avait... jamais... Mais alors jamais fais ça.
Mais pourquoi ça lui arrivait maintenant ? Sérieusement, les situations stupides, il y avait droit une fois toutes les 36 du mois et lorsque cela arrivait, il était sans aucune défense. C'était... Un complot ! Il recula, par instinct, tel un enfant qui croisait un évènement qu'il ne connaissait pas et qu'il voulait esquiver. Il ne pouvait s'empêcher par moment de regarder les belles formes de la femme en face de lui, de très belles formes dénudés. Évidemment, il ne pouvait pas les louper et c'était un homme... Et cela le rendit encore plus nerveux par l'effet provoqué...

- Je..., répétait-il sans savoir comment engager la conversation. Écoutez je... Je suis sûr qu'on peut discuter... Non ? ...

Attendez, il n'avait jamais voulu toucher Nalyna, il n'avait jamais osé. Comment osaient-ils lui faire ça... C'est un complot.
- Discuter ?, rit-elle doucement, s'approchant de lui. On pourra discuter autant que tu voudras avec les caresses et ...

Elle déposa un long baisé sur la joue rougissante du jeune assassin. Voilà une arme des plus fatale qu'il découvrit à peine.
- M-mais...
- Tu parles trop, exprimes toi autrement.

Elle n'attendit pas son consentement ou un quelconque feu vert de sa part qu'elle l'embrassa langoureusement. Elle l'avait bloqué entre ses... ses deux belles formes et le lit, que Taelon ne manqua pas de tomber à la renverse dessus. Quelle situation stupide dans laquelle il s'est mise les deux pieds joints... Enfin les trois dans le cas là. Ses yeux grands ouverts sur une forme qui s'était soudainement retrouvé déshabillé, il constata qu'il existait encore des formes de plaisirs dans cette vie...
Et que tous n'étaient pas qu'ombres, sombres projets, mesquineries, violences...
Non il existait aussi de la douceur, de l'amour de la manière présente...
Il divagua encore dans ses pensées avant de se laisser avoir par cette amour qu'il partagea avec cette femme qu'il connaissait à peine, Neige. Et pourtant, elle lui donnait de ces choses précieuses et uniques dont il se rappellera lorsqu'il pensera que ce monde n'a rien à lui donner.

Au contraire. Bien au contraire. Et c'est un cadeau de la vie. Certains sont biens... D'autres moins.

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[Terminé] Les vérités sous la lune... Et rester mensonge face au soleil (pv: Inanna)

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