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 Au détour d'une ruelle [Philip]

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 10 Nov 2013 - 20:49

- Existe-t-il un homme en ce monde qui le pourrait ? D'autant plus quand c'est vous, ravissante dame, qui l'y invitez. Pardonnez moi d'abord, car par ma faute vous voilà à escalader chaises et tables, et permettez moi ensuite de vous ramener sur terre en pénitence.

Elle donnait ici un honneur immense au Commandant de l'Ordre en lui permettant de l'aider à descendre de la table. Ramenée sur terre, en pénitence. Une formule charmante, qui se vit gratifiée d'un sourire appréciateur, tandis qu'elle posait ses mains sur les épaules de Philip pour garder son équilibre, agissant comme si elle était une reine – ce qui était plus ou moins le cas – et qu'elle daignait lui offrir la distinction de la toucher. Il avait compris qu'on ne la traitait pas impunément et qu'il devait lui offrir quelques égards, tant pour son statut, sinon pour sa féminité. Ou du moins faisait-il semblant ? Quelle importance. Du moins le faisait-il, et s'il cachait ses véritables pensées, tant mieux. Il prenait les habitudes de Quetaïn, et cela signifiait qu'il était définitivement moins niais qu'elle ne le pensait.

-Vous ne pouvez peut-être pas m'en révéler plus maintenant, mais je ne doute pas que vous puissiez m'aider. Venez avec moi interroger votre coupable, s'il s'agit d'un assassin, vous pourrez en tirer quelques informations juteuses. En contrepartie, vous pourrez m'aider à échapper à ses mensonges.

Elle lui décocha un regard quelque peu ironique. S'il n'avait pas voulu perdre du temps en palabres, ils y seraient déjà depuis longtemps ! Et quand bien même n'aurait-il pas voulu qu'elle l'accompagne, elle l'aurait fait quand même. On n'attrapait pas tous les jours ce genre de poisson dans ses filets.

C'est tout naturellement, avec l'habitude d'une femme de la noblesse, qu'elle posa sa main sur le bras de Philip, même si sa petite taille contraignait le grand chevalier à se courber. Un sourire matois ourla ses lèvres peintes. Ce n'était que justice, il l'avait obligée à monter, elle l'obligeait à se baisser. Chose qui décidément égayait Inanna. Elle avait depuis longtemps fait une croix sur l'idée de devenir plus grande. Le monde était, décidément, plus grand qu'elle et elle l'acceptait. Mais elle le forcerait à ployer le genou devant elle et à lécher la poussière du sol. Voilà comment elle s'élèverait au dessus de tous.

C'est avec la prestance d'un couple régalien qu'ils traversèrent les couloirs du palais du Sultan. Et c'était ainsi qu'Inanna le voulait. Philip avait un bon potentiel. Il aurait pu être beaucoup plus admiré, être un manipulateur ô combien éminent, s'il s'était abaissé à un peu de théâtre et de comédie. Mais voilà, il y avait cette espèce d'honnêteté, de droiture... pfouah ! Bonnes pour ceux qui allaient bientôt se faire ronger les yeux par les corbeaux !

Quand bien même la Perle de Sipheaï lui enviait ce droit d'être moral. Lui, il pouvait se le permettre, et c'était un fait qui horripilait et que lui jalousait Inanna : quelque chose lui était refusé, et rien ne devait être interdit à la Mère.

Elle hocha la tête pour saluer les deux chevaliers qui gardaient la porte de la nouvelle chambre de Liuwën. Un elfe et un nain... voilà un couple intéressant ! Peut-être lui faudrait-il revoir certaines choses, et commencer à croire en l'innocence des personnes qu'elle croisait : après tout, il ne restait maintenant que la paix entre Feïral et Akeraï, l'introduction de l'or dans les transactions avec Weranoï, le travail entre Assassins et Chevaliers et entre pirates et Seigneurs-Marchands, l'assèchement des mers, le lever de soleil à l'ouest et le changement de l'eau en feu. La liste venait de s'écourter d'une condition. Bah, si elle y réfléchissait vraiment, elle pouvait en rajouter, des conditions. Nul problème de ce côté là, elle arriverait toujours à trouver des raisons d'être méfiante.

Philip toqua à la porte et ils entrèrent, lui en premier. Inanna y retrouva l'Intendant, qui prit un air soulagé en les voyant arriver, et Utu, l'air légèrement contrarié, mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne s'agissait que de la figure qu'il affichait tout le temps. Elle devait paraître aimable et souriante, malléable. Lui devait jouer les elfes ombrageux et mystérieux.

-Vous me voyez véritablement navré pour ce changement de chambre soudain. J'ai à vrai dire quelques questions à vous poser.

Au haussement de sourcil d'Utu, Inanna devina que ce dernier n'en était pas navré et qu'il se disait qu'il était temps, bien qu'un peu tard, que le chevalier pose ses questions. Un plissement d'yeux légèrement réprobateur d'Inanna, et Utu baissa la tête pour dissimuler un sourire, et son amusement quand Liuwën répliqua.

- Mais il semble que nous soyons tout deux en aimable compagnie. Je vous présente donc Dame Inanna Al'Vyr, qui s'est fait un devoir de me rencontrer. Et vous, vous devez être ce fameux second dont j'ai entendu parler.. mais votre nom m'échappe toutefois, monsieur?

Inanna se déporta sur le côté, s'éloignant de Philip de quelques centimètres, mais assez pour que l'elfe prisonnière la remarque, et fléchit légèrement le buste pour la saluer. Utu décroisa les jambes et inclina la tête, quand Inanna se rapprocha du chevalier pour lui souffler le prénom de l'elfe aux cheveux verts. Elle n'haussa pas la voix, mais son murmure résonna dans la pièce quasi silencieuse, uniquement troublée par la respiration un peu trop forte de l'Intendant. Ce faisant, elle ne quitta pas des yeux Leïna, répliquant à son regard polaire par un autre d'une intensité identique. Pas glacial, mais curieux, et même un peu joueur, défiant. Inanna commençait son analyse. Elle voulait savoir qui était Leïna Liuwën dans cette confrérie d'assassin. La flamme avait été là, toutefois, et l'elfe rousse revint à un ton dangereusement neutre. Trop pour duper Inanna. Et surtout pas après le regard noir qu'elle lui avait lancé.

- Je pense qu'il est inutile de nous cacher qu'un certain malaise plane en ce moment sur ce palais. Pour le temps de cet discussion, au moins, j'aimerai que les armes ne parlent pas. Aussi, je vous invite à poser gentiment vos mains sur la table. J'ai déjà eu l'occasion d'apprécier leur talent quand on n'y prêtait aucune occasion et j'aimerai en garder un bon souvenir.

- J’espère, très cher, que vous vous doutez que certaines personnes n'en restent pas moins dangereuses…

Inanna choisit une chaise, et s'y installa avec toute la morgue et le dédain d'une Altesse, mais les prunelles noisette ne quittaient pas Leïna. Utu non plus, ne quittait pas l'elfe du regard. L'une cherchait à découvrir qui était réellement l'assassin, l'autre guettait le moindre mouvement belliqueux. Aucun des deux n'allait oublier qu'elle était dangereuse, si jamais Philip Sartin faisait cette erreur. Quelqu'un d'aussi observateur que l'Hétaïre aurait presque pu observer les rouages calculateurs derrière les yeux d'or de cette dernière.

- Certaines rumeurs sont parvenues jusqu'à nous et vous concerne. Bien sûr elles seront bientôt énoncées de vive voix pour vous donner l'occasion de vous défendre, mais il serait bienvenu de faire preuve d'honnêteté. En effet, même si ces accusations s'avéraient vraies, il serait alors possible de.. négocier.

Inanna fut quasiment arrachée de la contemplation de Liuwën par les mots de Philip, tournant la tête vers lui. Et, sans qu'elle y prenne garde, un demi-sourire, à peine ébauché, à peine une ombre, mais terriblement vrai, terriblement franc, et bien plus charmant que tous ceux de son répertoire – à condition de retirer son sourire d'ange déchu, sa petite création personnelle – lui échappa et releva le coin de sa bouche. Tiens, tiens ! Mais c'était qu'il devenait fichtrement intéressant, ce Commandant des chevaliers... Surprenant, ça, surprenant. Car elle ne s'y trompait pas, c'était bien la liberté qu'il lui proposait, en échange d'autres informations. Une fois encore, Philip la forçait à le regarder sous un œil neuf, et ce n'était pas plus mal. Plus qu'un bon potentiel, il en avait un excellent. Négocier ! Un chevalier avec un assassin ! Négocier, ha ! Peut-être lui fallait-il rayer une condition supplémentaire à ses raisons d'être méfiante ?

Toute enchantée qu'elle était en regardant Philip se comporter presque comme un marchand de Quetaïn, elle faillit louper l'expression qui passa, fugace, sur le visage de Leïna. Ça n'allait pas être simple de lui arracher des informations.

- Auriez vous quelque chose à dire ?
- Je sais que le sens de l’hospitalité n’est pas une des vertus de Quetaïn, mais pourrais-je avoir un verre d’eau ?

Un rictus déforma et le visage d'Inanna, et celui de l'Intendant. La femme, par amusement devant l'acidité de l'elfe, l'homme pour une vertu de la cité marchande qu'on bafoue. Elle en avait désormais la certitude, Liuwën était jeune. Le mérite n'attendait certes pas le nombre d'année et elle pouvait se tromper, mais elle avait quelques doutes quant à la place de l'Ange Noir et aurait tendance à la classer assez bas. Certainement pas en tant qu'apprentie, mais simple assassin... Il s'agissait maintenant de la faire parler, encore, toujours, pour que l'Hétaïre puisse confirmer ou non son hypothèse.

- Oh, et puis, est-ce normal que des civils assistent à cet interrogatoire ?

L'Intendant se déplaça dans la pièce, ouvrit la porte, fit signe à un serviteur. Jusqu'au retour de ce dernier, Inanna n'avait pipé mot, imitant le silence de son second, qui par une série de signes avec les mains et de mimiques, lui avait résumé les quelques minutes qu'il avait passées en compagnie de Leïna, ainsi que le trajet avec l'Intendant. Elle abaissa légèrement la tête pour le remercier. Un sourire exquis étira ses lèvres quand, enfin, le serviteur posa le verre d'eau sur la table et s'en fut.

- Eh bien, Alia, commença-t-elle en s'attardant sur le prénom. Il me semble que vous avez reconnu mon cher Utu, et si jamais la vue vous faisait défaut, le Commandant Sartin vient tout juste de dissiper n'importe quel doute. Vous savez qui je suis. Peut-on donc parler impunément de « civil », ici ? Je ne crois pas.

Elle n'osa pas aller plus loin en présence de l'Intendant. Ménager son orgueil et sa susceptibilité était primordial : elle serait vite débarrassée de Leïna et de Philip, mais certes pas de l'Intendant et elle se devait de l'avoir dans sa poche.

- Vous savez de plus parfaitement qui a énoncé ces... rumeurs, comme l'a si joliment dit le Commandant Sartin. Alors ne jouez pas les écervelées en demandant ce que je fais ici, cela ne vous va absolument pas au teint. Oh, et merci pour les salutations. Elles ont été correctement transmises. Permettez-moi de vous transmettre les miennes, ainsi que mes amitiés, Alia. J'oserais demander des nouvelles de votre mère si le Commandant Sartin n'avait pas des questions plus importantes à vous poser.

Perfidie. Le jeu commençait. En une phrase, Inanna venait de lui rappeler que ce n'était pas à elle de poser des questions, et qu'elle avait une arme contre elle. Avoir eu des yeux et des oreilles pour épier la conversation de quelques jours plus tôt avait été fructueux, et Inanna comptait bien se servir de cette information, toute fraîche dans sa base de données, avec cette histoire d'aigle de fer. Elle n'avait pas encore eu le temps de bien creuser comme il le fallait, mais maintenant qu'elle devait pratiquer Liuwën, je peux vous assurer que toute cette histoire n'allait pas demeurer ignorée par Inanna.

Souriante, l'Hétaïre croisa les mains et s'adossa confortablement contre sa chaise, invitant Philip à prendre la parole. Silencieusement, Utu s'était levé et sans un bruit s'était placé assez proche de Leïna pour pouvoir la contrer si la saillie d'Inanna la faisait sortir de ses gonds.

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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 8 Mar 2014 - 18:52

A quel étrange jeu pouvaient bien se prêter les deux femmes ? Il aurait juré qu'elle ne se connaissait pas et qu'elles ne s'étaient jamais rencontrées, pourtant elles se laisser entendre des connaissances qu'il ne pouvait que soupçonner ou redouter de découvrir. Tout les assassins n'avaient pas la langue aussi aiguisée que celle de cette elfe, toutefois c'était bien peu de choses comparé au tranchant qu'Inanna présentait.
Les choses devaient se tasser, au risque d'échauffer l'humeur de l'assassin et de la pousser à des actions regrettables. D'autant plus que la magie de Tenebrin ne guérissait pas sans contre-partie et que, par conséquent, Alia n'aurait pas les moyens de s'en sortir indemne. Bien entendu, les Chevaliers n'échappent pas à cette catégorie de guerriers qui aiment les combats équitables.

Au moins, ni l'Intendant ni Inanna n'eut la présomption de voler l'interrogatoire à Philip. Dans tout les cas, il s'agissait de son invité, il était donc le seul à posséder quelques pouvoir sur elle, même en ces lieux. Des pouvoirs imposés, bien sûr, puisque l'elfe n'était sûrement pas de nature à se plier à ses ordres. Surtout pas si elle était un assassin, chose qu'elle avait de fortes chances d'êtres.
Par respect pour Alia, qui avait eu la bonté de poser ses mains sur la table, Philip y posa à son tour les siennes. Même s'il avait peut de chance de tirer son épée aussi vite que l'elfe se saisissait d'une arme, il pouvait néanmoins lui montrait qu'il ne s'y essaierait pas. De même, son visage découvert était presque une invitation à lui trancher la gorge, mais quel assassin s'y oserait sachant qu'il perdrait la vie par la suite. Il l'avait déjà vue se battre pour sa vie la veille et il en avait tiré la conviction qu'elle y tenait.

-Eh bien, ne traînons pas plus. Alia, on vous accuse d'être un Assassin nommé Leïna Liuwen. Nous parlons encore d'accusation, toutefois mes hommes devraient rapidement revenir avec la preuve de cela. Il n'est pas encore trop tard pour nous faire gagner un temps qui nous ai précieux. Plus vous en direz de vous même et moins nous nous montrerons réticent à vous relâcher, non pas sous certaines conditions évidemment.

Un coup d’œil appuyé du commandant vint accompagner sa phrase. Il espérait de tout son cœur que  Liuwen ou Alia se montre raisonnable. De cette coopération pourrait résulter bien des choses. Retirez sa cachette à un assassin et vous n'aurez plus à craindre qu'il en sorte un à chaque croisement. S'il y avait moyen de les surprendre, alors une troupe de chevalier aurait tôt fait de les exterminer. Non pas qu'ils soient mauvais combattant, mais sans leur ruses ils étaient faibles face aux puissantes armures de l'ordre.


-Êtes-vous disposée à nous répondre ? Et surtout, voulez-vous nier d'être cet assassin?

[un peu court mais je dois me remettre dans le bain. Dîtes le moi si la couleur vous arrache la rétine ;)]

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Dernière édition par Philip Sartin le Mer 19 Mar 2014 - 10:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 10 Mar 2014 - 11:46

Figeant un sourire tranquille sur ses lèvres, et avec un léger hochement de tête en remerciement, Leï saisit le verre qui lui avait été apporté. Elle prit le temps d’en boire une gorgée, écoutant patiemment Innana, avant de le reposer sur la table en silence.

- Eh bien, Alia. Il me semble que vous avez reconnu mon cher Utu, et si jamais la vue vous faisait défaut, le Commandant Sartin vient tout juste de dissiper n'importe quel doute. Vous savez qui je suis. Peut-on donc parler impunément de « civil », ici ? Je ne crois pas.

Coup perdu d’avance, de toute façon. Mais il serait tellement amusant de les voir sortir de leurs gonds. Dangereux, mais si amusant.

- Vous savez de plus parfaitement qui a énoncé ces... rumeurs, comme l'a si joliment dit le Commandant Sartin. Alors ne jouez pas les écervelées en demandant ce que je fais ici, cela ne vous va absolument pas au teint. Oh, et merci pour les salutations. Elles ont été correctement transmises. Permettez-moi de vous transmettre les miennes, ainsi que mes amitiés, Alia. J'oserais demander des nouvelles de votre mère si le Commandant Sartin n'avait pas des questions plus importantes à vous poser.

Bam. Ça fait mal, ça, mais c’est le but, et puis, chacun son tour, non ? Cela lui apprenait aussi qu’Al-Vyr en sait beaucoup, quoique cela ne soit pas si étonnant. Sans s’agacer le moins du monde, elle se contenta de lui lancer un sourire, comme si elles n’étaient que deux amies discutant autour d’un verre.
Des amies… Bien sûr.
L’elfe se demanda ce que savait exactement la reine marchande. Dans le doute, elle allait veiller à ne pas laisser trop filtrer.
Au tour des questions du Commandant des benêts, alors.
Elle remarqua avec un réel plaisir que ledit Commandant posait ses mains sur la table. Il se doutait sûrement qu’elle ne l’attaquerait pas – encore moins avec le chien de garde d’Innana derrière elle –, mais c’était quand même plaisant.

-Eh bien, ne traînons pas plus. Alia, on vous accuse d'être un Assassin nommé Leïna Liuwen. Nous parlons encore d'accusation, toutefois mes hommes devraient rapidement revenir avec la preuve de cela. Il n'est pas encore trop tard pour nous faire gagner un temps qui nous ai précieux. Plus vous en direz de vous même et moins nous nous montrerons réticent à vous relâcher, non pas sous certaines conditions évidemment. Êtes-vous disposée à nous répondre ? Et surtout, voulez-vous nier d'être cet assassin?

Son sourire se fit vaguement railleur, puis franchement sarcastique, au fur et à mesure que Sartin faisait son petit discours. Ah, tellement charmant. Naïf. Bien sûr, ici, tout le monde savait qui elle était. Alors, c’était parti pour jouer.

- Intéressant.

Dit sur un ton oscillant entre moqueur et joueur. Peut-être était-ce la même chose, cependant. Elle sentit son cœur faire une embardée, et prit le temps de le calmer, quitte à ce que les autres fous patientent. Ça leur ferait les dents, tiens.

- Je serais curieuse de savoir de quelle preuve vous parlez, mais, sur ce point, en effet, ni vous ni moi n’avons besoin de perdre du temps. Oui, je suis Liuwen, et vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ?

Elle enchaîna sans lui laisser le temps de répondre. Ce n’était de toute façon pas une question.

- Par contre, j’ai la triste impression que vous n’avez pas compris ce qu’est un assassin. Leur morale de pacotille, par exemple. Celle qui leur interdit de dire quoi que ce soit. Vous êtes naïf, très cher Chevalier, mais vous vous doutez au moins de ça, j’espère. Oh, certes, j’ai dit mon nom. Surprise, tout le monde le savait, qu’est-ce que ça change ?

Insulter le Commandant ? On se demandait qui était vraiment fou, ici. Elle, sans aucun doute.

- Et après, je pourrais être n’importe qui. Faisant partie de la Guilde, peut-être. Ou alors, peut-être que je suis un de ces assassins qui ne sont rattachés à personne. Peut-être que je sais qui dirige la Guilde. Peut-être pas. Peut-être que je connais des noms. Peut-être pas. C’est drôle, non ? Tellement de « peut-être ». Et vous êtes sûrs de si peu.

Elle ricana, jubilant intérieurement.

- Me relâcher. Vous pensez vraiment que le contraire me fait peur ? Vous allez faire quoi ? Me torturer ? M’enfermer à vie ? M’exécuter ? Je préférerai mille fois être pendue que de tomber sur des assassins après les avoir vendus. Vous êtes sûr d’être Commandant, l’humain, et pas juste le bouffon du roi ?

J’hésite entre me féliciter et me blâmer pour essayer de les pousser à bout. Allez, on finit comme il le faut. Sur mon arrêt de mort, s’il n’est pas encore prononcé.

- « Certaines conditions ». Parce que vous croyez vraiment qu’on peut mettre des conditions à un Ange Noir ?

Dernier sourire. Presque naturel. Franc.


[Jolie couleur :p]

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 15 Mar 2014 - 0:46

-Eh bien, ne traînons pas plus. Alia, on vous accuse d'être un Assassin nommé Leïna Liuwen. Nous parlons encore d'accusation, toutefois mes hommes devraient rapidement revenir avec la preuve de cela. Il n'est pas encore trop tard pour nous faire gagner un temps qui nous est précieux. Plus vous en direz de vous même et moins nous nous montrerons réticent à vous relâcher, non pas sous certaines conditions évidemment. Êtes-vous disposée à nous répondre ? Et surtout, voulez-vous nier d'être cet assassin?

Inanna haussa un délicat sourcil épilé. Il était tendre, le doux commandant. Il lui donnait l'impression d'oublier avec quelle genre de personne il traitait. L'Hétaïre capta le regard d'Utu et d'un léger hochement de tête, lui signifia qu'ils n'allaient pas s'impliquer plus. Liuwën était la captiv... pardon, l'invitée de Philip Sartin. C'était à lui de gérer la chose, quand bien même Inanna brûlait d'envie de prendre en main l'interrogatoire.

- Intéressant. Je serais curieuse de savoir de quelle preuve vous parlez, mais, sur ce point, en effet, ni vous ni moi n’avons besoin de perdre du temps. Oui, je suis Liuwen, et vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ? Par contre, j’ai la triste impression que vous n’avez pas compris ce qu’est un assassin. Leur morale de pacotille, par exemple. Celle qui leur interdit de dire quoi que ce soit. Vous êtes naïf, très cher Chevalier, mais vous vous doutez au moins de ça, j’espère. Oh, certes, j’ai dit mon nom. Surprise, tout le monde le savait, qu’est-ce que ça change ?

Un sourire joua un instant sur les lèvres pulpeuses d'Inanna, mais les phrases suivantes de Leïna le fit disparaitre.

- Et après, je pourrais être n’importe qui. Faisant partie de la Guilde, peut-être. Ou alors, peut-être que je suis un de ces assassins qui ne sont rattachés à personne. Peut-être que je sais qui dirige la Guilde. Peut-être pas. Peut-être que je connais des noms. Peut-être pas. C’est drôle, non ? Tellement de « peut-être ». Et vous êtes sûrs de si peu.

Trop de peut-être. Inanna détestait ça. Elle en savait trop peu, et Liuwen venait très justement de le souligner. Mais l'intérêt d'avoir aussi peu d'information, était qu'on allait forcément en découvrir à un moment donné. Le tout était de faire preuve de patience.

- Me relâcher. Vous pensez vraiment que le contraire me fait peur ? Vous allez faire quoi ? Me torturer ? M’enfermer à vie ? M’exécuter ? Je préférerai mille fois être pendue que de tomber sur des assassins après les avoir vendus. Vous êtes sûr d’être Commandant, l’humain, et pas juste le bouffon du roi ?

Aïe ! Mais c'était que la petite elfe avait des griffes et des crocs ! Inanna posa son regard sur le Commandant des Chevaliers. Comment allait-il réagir, telle était la question. Mais Liuwen n'en avait pas terminé.

- « Certaines conditions ». Parce que vous croyez vraiment qu’on peut mettre des conditions à un Ange Noir ?

La situation du commandant lui fit pitié et elle hésita un instant à lui venir en aide. Mais non. Qu'il constate de quelle couleuvre il s'agissait. Une bonne leçon serait apprise : toujours écouter les conseils d'Inanna Al-Vyr et d'agir quand elle vous le dit. Mais la Perle de Sipheaï ne tint plus. Vous avais-je déjà précisé que son plus grand défaut était son orgueil démesuré ?

- Chère Leïna, toute personne a son prix. Croyez-moi
, murmura la reine-marchande. Pour un assassin dont la morale interdit de dire quoi que ce soit, je vous trouve bien loquace. Pas que cela m'importune, notez. J'adore les personnes bavardes. Quelqu'un d'autre aurait peut-être pu tomber dans vos rets. Qu'espérez-vous gagner en essayant d'insulter le Commandant Sartin ?

Pas qu'Inanna soit réellement curieuse, non. Pas sur cette question, du moins. Mais faire parler les gens était sa spécialité. Et les gens adoraient répondre aux questions. Surtout quand on s'en prenait à leur intelligence.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 21 Mar 2014 - 9:03

Insultes et perte de temps futile. Philip était profondément déçu de la réaction de l'assassin. Elle n'avait pas peur de mourir, vraiment ? Pensait-elle donc que sa petite Guilde était la seule à pouvoir infliger la douleur ? Pensait-elle vraiment que l'Ordre n'était constituée que de gentils bons hommes ?  Il n'était pas habituel pour le chevalier de perdre son sang froid, toutefois la stupidité de certaines personnes avait ce don rare. Philip n'avait jamais espéré devoir prononcer la condamnation d'une personne qu'il avait sauvé et qui l'avait sauvé. Pourtant, malgré tout le mal qu'il se donnait pour rendre sa liberté à l'assassin, elle persistait à tendre le cou sur la lame.
Espérait-elle seulement s'enfuir, alors qu'elle se remettait tout juste de ses blessures ? Si seulement il avait eu un cœur de pierre et qu'il l'avait laissée mourir cette nuit là, il ne serait pas ainsi déchiré de devoir prendre une atroce décision. Toutefois, pourrait-il encore porter fièrement l'armure dans ces conditions ? Rien n'était moins sûr.

Inanna ne lui venait pas en aide, elle se contentait de s'offusquer sur des détails qui ne lui parlaient pas en tout cas. Elle ne voulait pas être achetée, tant pis pour elle, elle finirait torturée. Elle l'insultait ? Eh bien quoi ? Il s'était fait insulter par bien des créatures, parfois dans des langues qu'il ne comprenait pas. Même ses maîtres l'avaient invectivé. Tout cela pour lui apprendre que dans un combat, on ne devait pas se laisser aller à foncer tête baissée.

-Ainsi, vous choisissez de reconnaître et d'assumer vos torts. Si cela n'avait été par lâcheté, j'en aurais presque éprouvé de l'admiration. Votre volonté sera respectée, assassin. N'oubliez toutefois pas que la torture existait avant les assassins et que Quetaïn ne s'est jamais vantée de l'abolir. L'Ordre ne la pratique pas pour ne pas se salir les mains, mais il est si rare d'attraper l'un des votre que je ne peux vous laisser partir sans rien n'en tirer.

Philip posa ses yeux sur l'Intendant de Quetaïn pour quêter son accord. Il était inutile de se cacher que ce genre d'affaires avaient peu d'intérêt pour le Sultan, aussi pouvait-on espérer de sa part une réponse rapide et efficace. D'un côté, il s'attirait les faveurs de l'Ordre en lui donnant les moyens de débusquer des assassins. Et il n'y avait juste pas d'autre côté. S'il s'opposait à participer à la tâche, il se faisait l'ami de criminels. Il était difficile de se permettre ce genre de choses, quand la plupart des avis de recherches étaient émis par Quetaïn. Fâcher l'Ordre signifier compter sur sa propre armée pour assurer la sécurité des rues, hors l'armée de Quetaïn avait un prix, comme disait l'Hétaire.
Son hochement de tête se fit donc des plus naturels. Il serait toujours temps de rappeler au Commandant qu'il est redevable au royaume des marchands.

-J'espère de tout mon cœur que vous n'aurez pas de raisons de regretter votre choix, assassin.

Les choses étaient dîtes et elles étaient fermes. Qu'importante qu'il haïsse ou non la torture, si tel était la seule crainte de l'assassin, alors il ferait avec.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Mer 16 Avr 2014 - 10:34

- Chère Leïna, toute personne a son prix. Croyez-moi, murmura la reine-marchande. Pour un assassin dont la morale interdit de dire quoi que ce soit, je vous trouve bien loquace. Pas que cela m'importune, notez. J'adore les personnes bavardes. Quelqu'un d'autre aurait peut-être pu tomber dans vos rets. Qu'espérez-vous gagner en essayant d'insulter le Commandant Sartin ?

Elle n’avait pas tort, évidemment. Le contraire aurait été surprenant. Aux yeux de Leï, elle était plus maligne que le chevalier. C’était d’elle dont elle devait le plus se méfier, n’en déplaise au Commandant.
Ce qu’elle espérait gagner ? Oh, rien. Absolument rien. Même pas une mort plus rapide, car les gens avaient la très mauvaise habitude de prendre leur temps quand on les insultait. Déplorable attitude, vraiment. Vraiment, elle regrettait de ne pas l'avoir tout simplement laissé mourir.
Elle se reprit intérieurement. C’était un peu ex-aequo, en fait : mourir de la main de ces fichus mercenaires, ou être torturée.
Non, vraiment, elle n’y gagnait rien. Juste la satisfaction d’avoir été probablement l’une des seules à avoir osé insulter le Commandant. Non que cela lui servirait à quoi que ce soit, certes.

- En fait, j’aime bien m’entendre parler, dit-elle nonchalamment, en réponse à Innana, un sourire au coin des lèvres.

Ce qui n’était pas tout à fait vrai, mais rester muette ne servirait pas à grand-chose non plus. Enfin, elle n’était plus vraiment sûre. Cela n’avait aucune importance.

-Ainsi, vous choisissez de reconnaître et d'assumer vos torts. Si cela n'avait été par lâcheté, j'en aurais presque éprouvé de l'admiration. Votre volonté sera respectée, assassin. N'oubliez toutefois pas que la torture existait avant les assassins et que Quetaïn ne s'est jamais vantée de l'abolir. L'Ordre ne la pratique pas pour ne pas se salir les mains, mais il est si rare d'attraper l'un des votre que je ne peux vous laisser partir sans rien n'en tirer.

Leï haussa les épaules. Elle n’avait que faire de son avis, de sa pseudo-admiration et de ce qu’il pensait d’elle. Lâcheté ? Au fond, on était peut-être tous lâches. Parfois, le courage ne menait à rien.
La torture existait-elle vraiment avant les assassins ? N’avaient-ils pas été là, tout le temps, dès la naissance du monde ? Le désir de domination, d’apporter la mort, devait être ancrée quelque part au fond des êtres.
L’Ordre, se salir les mains. Comme ils sont mignons.

- Je retire ce que j’ai dit. Vous n’êtes pas si pitoyable que ça, dit-elle, légèrement narquoise, au point qu’on ne pouvait être sûr si elle se moquait encore ou le pensait vraiment.

Oui, elle le pensait vraiment. Cela arrivait.
Elle savait déjà qu’elle s’efforcerait de se taire. Ou de mentir, s’il mettait ses menaces à exécution. Elle avait quand même un minimum de reconnaissance envers sa Guilde. Et puis, elle était sûre que, loquace ou pas, on ne la laisserait pas partir. Sans doute trop dangereux. Pas sans doute. Trop dangereux.

-J'espère de tout mon cœur que vous n'aurez pas de raisons de regretter votre choix, assassin.

Elle haussa de nouveau les épaules.

- Il y a bien un choix que je regrette, mais c’est trop tard, fit-elle sur le ton de la plaisanterie.

Elle laissa filer quelques secondes, en espérant qu’il pense qu’elle faisait référence à quand elle l’avait sauvé.

- Je parle bien évidemment d’être entrée dans cette plaisante cité, acheva-t-elle avec un sourire amusé.

Bon. Maintenant, fuir. La torture, c’est quand même définitivement pas mon truc. Même moi, j’évite, c’est dire.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 9 Juin 2014 - 11:44

Oooh, la torture ? Inanna en haussa un sourcil surpris. Si elle n'aimait pas la pratiquer pour des raisons esthétiques et de réputation – qui aurait aimé apprendre que la belle Perle de Sipheaï donnait dans la torture ? - elle n'y répugnait pas si le besoin se faisait ressentir. Mais venant de la part de l'Ordre, et surtout du grand Commandant Sartin...

Elle jeta un coup d’œil à l'Intendant, avouant sa surprise. Ce dernier haussa les épaules, et claqua des doigts pour héler un serviteur.

« Eh bien, eh bien, nous allons de surprise en surprise, mon cher. Mademoiselle Liüwen, permettez-moi de vous donner un conseil amical : Même une miette d'information vaut mieux que la torture selon Quetaïn. Croyez-moi. Et si en plus nous avons... disons, l'autorisation de notre doux Commandant pour la pratiquer sur son invitée... »

Inanna offrit à Leïna son délicieux sourire d'ange déchu, alors que l'Intendant murmurait quelques mots à l'oreille de la personne qu'il venait d'appeler. Le serviteur partit assez vite. Si Inanna devinait bien...

« Un mouvement de langue et de gorge, et vous serez délivrée. Vous savez ce qu'on dit, dans les Maisons de Plaisir ? Que parfois il faut fermer les yeux et ouvrir les cuisses, plutôt que de laisser le client faire du mal. Une comparaison quelque peu osée, mais qui je pense se prête plutôt bien à la situation. J'ignore ce que souhaite savoir le Commandant, et il vous le demandera mieux que moi, mais ma recommandation serait que, pour une fois, vous obéissiez. La violence n'est pas mon fort. Je ne suis qu'une femme, la vue du sang et de la douleur me feraient me pâmer. Il serait tellement plus simple que nous en restions à la parole. Il y a d'autres choix que vous pourriez regretter »

Affirmation autrement plus fausse que le sang et la douleur, elle les voyait tous les mois et ne s'en pâmait pas. Et Inanna était loin d'être une femme ordinaire. Même si elle ne restait pas stoïque devant les beuglements de douleur des blessés graves, loin de là. Elle serrait les dents et faisait comme si de rien n'était. Même si le spectacle réveillait de douloureux échos dans sa mémoire.

A cet instant, le serviteur revint, accompagné d'un homme à l'aspect rachitique. Fripé comme une vieille pomme, les bras et les jambes grêles, il transportait cependant sans effort une caisse qui semblait bien trop lourde pour sa constitution. Il la posa sur la table. Inanna avait bien deviné. L'Intendant avait fait appel à celui qu'on appelait familièrement le Confesseur. Ce dernier s'inclina devant toutes les personnes présentes dans la pièce. Inanna sourit, mais mal à l'aise. Elle n'avait jamais apprécié la présence de cet homme qui avait fait de la torture son marché et son métier. L'Intendant fit :

« Commandant, dame Liüwen, permettez-moi de vous présenter notre Confesseur. Les présentations sont inutiles concernant maître Utu et dame Al-Vyr. »

L'autre leur fit un sourire visqueux, en ouvrant la lourde boîte. Elle contenait divers instruments. Certains pour un usage évident, d'autres pour un usage plus obscur.

« Le Confesseur est spécialisé dans l'art de faire avouer la vérité et les secrets aux personnes qui y répugnent le plus. Il est, sans offense, ma dame, nettement plus doué que notre reine-marchande ici-présente pour faire parler les gens. Dois-je lui demander d'avoir un petit entretien avec Leïna, Commandant ? »

Les yeux d'Inanna passèrent du Confesseur à l'Intendant, puis vers le Commandant. La décision finale lui appartenait.

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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 7 Juil 2014 - 21:22

Philip était on ne peut plus mal à l'aise. Il avait conscience d'emprunter un chemin qu'il avait longtemps haï et évité. En temps normal, il pouvait se fier à son jugement ou prendre le temps de réfléchir pour démêler les affaires de l'Ordre. Mais les assassins sont une toute autre histoire et leur organisme si profondément ancré dans le secret que seule la parole de l'un de leurs membres permet vraiment d'en percer quelques ombres. Le problème était donc principalement de parvenir à faire parler un assassin. Déjà qu'il était difficile d'en attraper un, pouvait-il vraiment se permettre de la laisser mourir sans avoir tout essayé pour lui tirer des informations ?

Peut-être la torture était-elle la meilleure solution. Bien des vétérans auraient vivement protestés si Liuwën avait accepté de coopérer avec lui. Après tout, marchander avec ces gens sans scrupule revenait à jouer leur jeu. La naïveté de Philip devait bel et bien exister, puisqu'il s'était prit à croire que certains assassins tenaient plus à la vie qu'à se complaire dans leurs crimes et les punitions qui les accompagnent. La déception du commandant ne pourra aller qu'en grandissant avec ce qui allait se passer. Il n'aimait pas l'idée d'une souffrance prolonger. La chevalerie veut que la mort soit donnée sèchement, sans jeu et sans manière. C'est un autre de ces points communs que l'Ordre partage avec la noblesse Feïralienne.

Alors que l'Intendant donnait ses directives et que l'Hétaire tentait de raisonner l'assassin, non pas sans exprimer son étonnement des mesures proposées par un chevalier, Liuwën ne prend même pas l'air effrayée qui aurait témoigné d'un esprit sain. Grand bien en était puisque Philip n'aurait alors aucune raison de revenir sur sa demande. Il était pourtant dérangé de devoir recourir à des méthodes lâches sur une femme incapable de se défendre.

Dès qu'entra  celui qu'on lui présenta comme le Confesseurs, son visage resta de marbre. Pourtant, son regard brillait de dégoût pour cet homme qui avait fait de son métier de faire souffrir les autres. Sous certains points, il était pire encore qu'un assassin, mais sous prétexte d'exercer ses ''talents'' au service d'un souverain et d'une justice toute relative, on lui attribuait des droits qu'aucun homme ne devrait prétendre posséder.


-Dois-je lui demander d'avoir un petit entretien avec Leïna, Commandant ?

Un horrible frissons s'insinue sous l'armure du Commandant qui joint les lourdes mains gantées devant son visage pour cacher son intense réflexion. S'il n'y avait que ses sentiments pour aller contre l'idée, il aurait depuis longtemps donné son accord. Toutefois, cet ordre allait à l'encontre de ses principes, de ceux qu'il essayait d'apporter à l'Ordre et même de ce stupide sens de l'honneur qu'il tenait de sa mère patrie. Il lui devait la vie et il ne se consolerait pas de la garder en vie si c'est pour la donner aux mains de ce boucher.
Est-ce que le plus grand bien vaut la peine de sacrifier la morale que l'on prône ? C'est l'une de ces questions que les hommes puissant qui se veulent juste rencontrent trop souvent.


-Il semble que je manque à mon rôle de Commandant aujourd'hui. Veuillez m'excuser de vous avoir fait perdre un temps précieux, Intendant, ma dame. Je ne puis laisser votre.. Confesseur s'occuper de cela. J'ai introduis moi-même cette personne comme invitée et je me rends compte que je fuyais les responsabilités que cela implique.
Je suis un Chevalier, il est de mon devoir d'assumer mes décisions et leurs répercussions, aussi j'assumerais. Si je déclare être prêt à me salir les mains, il faut donc que je le montre, je m'occuperais donc moi même de la faire parler.


La lourde armure de Philip se mît à émettre de multiples cliquetis métalliques alors que son imposante stature se redressait de toute son ampleur. Son visage avait repris son masque de détermination et ses yeux leur calme glacé. Son regard parcouru toutes les personnes présentent dans la salle avec l'autorité qui lui était conféré par son titre. Nul ici ne devait avoir oublié que l'homme présent dans cette salle commandait une armée unique et puissante et qu'il pouvait converser en égal avec les souverains des différents royaumes. Si toutefois l'un d'entre eux avait envisagé de protester, ces yeux l'auraient noyé d'une fureur toute royale.

-Je vous épargne donc tous de la vision de ce qu'il va se produire. Laissez nous seul à seul que nulle interférence ne se fasse.

L'Intendant semblait sur le point de protester, ou peut-être de vouloir faire changer d'avis Philip, mais même lui n'en menait pas large devant cet homme et, malgré le pouvoir en sa possession, il lui faudrait l'accord du Sultan pour se permettre d'aller à l'encontre d'un personnage si important, de plus il y avait peu de chance que le Sultan se préoccupe d'un unique assassin.
Plus imperturbable qu'une montagne, Philip attendit que la salle se vide.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 10 Juil 2014 - 9:31

Eh bien, eh bien, nous allons de surprise en surprise, mon cher. Mademoiselle Liüwen, permettez-moi de vous donner un conseil amical : Même une miette d'information vaut mieux que la torture selon Quetaïn. Croyez-moi. Et si en plus nous avons... disons, l'autorisation de notre doux Commandant pour la pratiquer sur son invitée...

Merci du conseil, vraiment.
Le vocabulaire très spécifique employé par Al-Vyr lui donnait presque envie de rire. « Amical ». « Doux », « invitée ». Du grand n’importe quoi. A son sourire, elle répondit par un regard méprisant. Ledit regard suivit ensuite attentivement l’échange de l’Intendant avec le serviteur. Son sixième sens lui soufflait que cela s’annonçait mal.
Elle ne prêta pas une grande attention à la suite du monologue de la seigneur marchande. Ils étaient bien mignons, à condamner les assassins, mais leur morale était tout à fait discutable, à son sens. Torture, prostitution, justice aveugle… Bon, certes, ce dernier critère étant vu avec une pointe de mauvaise foi. Mais si petite.
Pour elle, la confrérie des assassins n’était que le côté voyant du mal qui gangrenait ce monde.

- Je suis ravie de recevoir les conseils, sans nul doute judicieux, de la reine des putes, riposta l’elfe avec cynisme et une nette méchanceté. Gardez-les donc pour vous.

Tout en finesse. Et, très sérieusement, qui y croyait vraiment, dans cette pièce, à sa déclaration pleine d’emphase de femme faible, hein ? Qui ?

Ce fut avec une hostilité à peine cachée qu’elle vit le serviteur revenir, en compagnie d’une des espèces de gens qu’elle haïssait le plus. Elle le dévisagea, une mine de dégoût sur le visage. Voilà de quoi elle parlait. Pour punir les assassins, les gens « bons » n’hésitaient pas à torturer ou à tuer. C’était certes, en un sens, inévitable, et à la fois tristement drôle.

- Commandant, dame Liüwen, permettez-moi de vous présenter notre Confesseur. Les présentations sont inutiles concernant maître Utu et dame Al-Vyr.

Dans quelles circonstances l’ont-ils rencontré ? Non, finalement, je préfère ne pas savoir.
Quand il ouvrit la caisse contenant ses outils de travail, elle ne daigna pas frémir. En revanche, elle se tendit nettement, et son stress se matérialisa sous la forme d’une goutte de sueur qui descendit le long de son dos. Désagréable sensation.

- Le Confesseur est spécialisé dans l'art de faire avouer la vérité et les secrets aux personnes qui y répugnent le plus. Il est, sans offense, ma dame, nettement plus doué que notre reine-marchande ici-présente pour faire parler les gens. Dois-je lui demander d'avoir un petit entretien avec Leïna, Commandant ?

Et ensuite c’est moi la psychopathe. Ah, ben bravo ! Vous êtes tous complètement cinglés. Tous.
Elle glissa son regard vers ledit Commandant. S’il acceptait, elle préférait encore se tuer elle-même. En emportant si possible cette version d’humain dégénéré dans la tombe avec elle, mais elle saurait se contenter de peu. Et puis, bon, une fois six pieds sous terre, elle s’en ficherait un peu.

Allez, intima-t-elle silencieusement, tu ne vas quand même pas accepter ? Tu vaux mieux que ça, pas vrai ? Mieux que cette espèce d'humain. Allez, joli Chevalier, rends-moi service, refuse. Tiens, si tu fais sortir tout le monde, il se pourrait même que je devienne coopérative. Enfin, selon ma version, quoi… Faut pas rêver non plus.

-Il semble que je manque à mon rôle de Commandant aujourd'hui. Veuillez m'excuser de vous avoir fait perdre un temps précieux, Intendant, ma dame. Je ne puis laisser votre.. Confesseur s'occuper de cela. J'ai introduis moi-même cette personne comme invitée et je me rends compte que je fuyais les responsabilités que cela implique.
Je suis un Chevalier, il est de mon devoir d'assumer mes décisions et leurs répercussions, aussi j'assumerais. Si je déclare être prêt à me salir les mains, il faut donc que je le montre, je m'occuperais donc moi même de la faire parler.


Eh bah, je l’embrasserai presque, tiens. Juste… Où et quand les Chevaliers apprennent la torture ? C’est étrange, tout de même. Enfin, il est probablement moins sadique que ce… Confesseur. Pourquoi je n’ai jamais de contrat pour tuer ce genre de personne ? Je rendrai alors service à ce monde. Je suis sûre que les Chevaliers m’applaudiraient. Ha. Ha. Ha. J’irais assassiner le roi d’Akeraï lui-même qu’ils ne seraient probablement toujours pas satisfaits.
Elle observa avec une grande attention la prestance du Commandant croître sensiblement. Elle était peu impressionnable, mais elle convenait que cela pouvait faire son petit effet. Le Chevalier avait une allure bien à lui.
Peut-être que l'insulter avait été de trop.

La question étant : à quel point s’agissait-il d’un masque ? A quel point était-il réellement si sûr de lui ?
Le naïf Chevalier, tel qu’il s’était au début présenté à elle, oserait-il vraiment la torturer ? Où commençait, où s’arrêtait sa propre morale ? Et jusqu’où pourrait-elle l’influencer pour qu’il y renonce ?

-Je vous épargne donc tous de la vision de ce qu'il va se produire. Laissez nous seul à seul que nulle interférence ne se fasse.

Elle en aurait ri.
N’avait-elle pas, au début, demandé à ce qu’ils soient seuls ? Et voilà que, appréciant possiblement aussi peu la torture qu’elle, il lui accordait son souhait après l’avoir envoyée balader. Finalement, pour l’instant, elle s’en sortait de façon pas trop médiocre et pitoyable.
Leï ne montra rien de son soulagement. Elle ne regarda même pas les différentes gens partir. Elle se contenta de regarder tranquillement le Commandant – en espérant tout de même qu’Al-Vyr serait déçue de se faire ainsi chasser.

Sitôt tous sortis, elle se cala plus confortablement dans sa chaise, croisant les jambes et joignant les mains, veillant à ce que ce dernier geste ne provoque pas la méfiance du Chevalier ou une quelconque réaction de défense, d’attaque.

- Bon, fit-elle d’une voix légère, maintenant que j’ai obtenu ce que je voulais depuis le début, c’est-à-dire personne d’autre à part vous et moi, histoire de sauvegarder ma fierté, si nous essayions de repartir sur d’autres bases, hein ?

Parce que la torture… voilà, quoi.
Elle sourit le plus aimablement possible.

- C’est vrai, quoi, vous imaginez les ragots qu'Al-Vyr pourrait faire courir sur moi ? plaisanta-t-elle. Il y a mieux, comme gloire posthume.

Est-ce qu’il a le sens de l’humour, en fait ? Elle décida d'essayer de se le mettre dans la poche.

- Et je vous prie de m'excuser pour mon comportement irrespectueux à votre encontre, ajouta-t-elle le plus courtoisement possible.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 24 Juil 2014 - 17:59

Elle ignora par habitude l'insulte de Leïna. Se permettant même de lui répondre avec une expression emplie de pitié. Reine des putes, allons bon. La petite n'avait trouvé que ça ? On lui avait sorti des qualificatifs et des surnoms bien plus blessants et plus colorés que les cheveux d'Utu. D'ailleurs, en parlant de lui, elle apaisa la colère naissante de son cher Féal d'un geste. Comme dit plus haut, ce n'était pas pire, ni la première insulte qu'elle essuyait, et ce ne serait pas la dernière.

Pendant un bref instant, elle eut l'impression que le temps s'était arrêté. Et que, tous, suspendus aux lèvres du Commandant, attendaient le verdict, le jugement final. Torturera, torturera pas ? Elle ne pouvait qu'imaginer le dilemme de Sartin. Même si la première option l'aurait surprise, elle l'aurait également déçue. Comment annoncer à son Batu adoré que son modèle s'approchait un peu plus des techniques de Quetaïn plutôt que de Feïral ? Difficile de voir un parangon de justice et d'équité s'abaisser à la torture. Oh, elle-même l'avait fait, mais elle n'était pas un symbole de droiture. Tout le monde s'attendait à ce qu'elle se donne tous les moyens pour parvenir à ses fins, et c'était ce qu'elle faisait. Mais comme dit plus haut, il y avait des fois où elle aurait aimé se permettre cette espèce de fantaisie qu'on appelait morale, par exemple.

Et puis Philip prit la parole. Enfin. Et prononça ce qu'au fond d'elle-même, Inanna attendait de lui. Un refus. Elle se permit un sourire, très discret, imperceptible, qui bougea à peine sa bouche et ses yeux. Bien. Tu fais honneur à ta réputation. Peut-être pas si loup que ça, le beau Commandant....

Parce que oui, on oubliait bien une chose avec Inanna, c'était que même si elle l'utilisait, la torture et tout ce qui allait avec, elle en avait soupé, avant de prendre la place du précédent Al-Vyr. Alors évidemment, même si elle aurait apprécié voir Sartin un peu plus pragmatique, létal – un homme avec sa dose de dangerosité avait un charme fou – l'observer en train de refuser, et même ! gagner en charisme, lui sembla quelque chose de satisfaisant. Il y avait quelque chose de régalien, dans cette posture, qui ne déplaisait pas le moins du monde à Inanna.

Malgré tout, elle déchanta très vite quand le Commandant continua sa phrase. Quoi ? Quoi ?! On la congédiait, comme une enfant, comme une vulgaire marchande, ou pire encore, servante ! Elle vit l'Intendant ouvrir la bouche, puis la refermer. Elle croisa le regard de Sartin, et y voyant la glace, sut que même elle, en déployant tout son charme, ne parviendrait pas à le faire plier. Intéressant, ça. Soit. Elle lui laissait gagner cette manche pour cette fois. Insister reviendrait à se ridiculiser, et l'ancienne Perle de Sipheaï ne verrait jamais la honte tomber sur elle. D'un geste, elle fit signe à Utu de se lever. Ce dernier, sans un bruit, passa derrière le dos de Leïna pour venir se poster aux côtés de sa douce et tendre. Puis Inanna se leva, d'un mouvement fluide et gracieux. Sartin n'était pas le seul à pouvoir se donner un air royal.

Elle inclina la tête vers l'Intendant, les chevaliers et les serviteurs qui sortaient, puis, se sachant la dernière à quitter la pièce, elle inclina légèrement le buste, suivie de près par son ombre colorée.

Une fois dehors et la porte fermée cependant, toute son attitude docile s'évapora en un claquement de doigts. Elle fulmina un :

- Pour qui se prend-t-il ?

Il la prenait de haut ? Personne ne prenait de haut Inanna Al-Vyr et elle allait le lui montrer, à cet agneau bêlant. Elle avisa un des chevaliers qui, elle en était certaine, ferait passer le mot à son chef. Elle s'approcha de lui, et lui fit un sourire délicieux :

- Une fête en l'honneur de l'Ordre sera donnée au Temple du Soleil et de la Lune. Je ferai suivre plusieurs invitations pour le Commandant Sartin et ses hommes. Je prendrai pour affront personnel son absence, alors prévenez-le, s'il vous plaît.


Même dite sur le ton de la plaisanterie, l'invitation n'admettait aucun refus. Sartin aurait peut-être pu décliner, mais comme il avait choisi de s'enfermer avec un assassin elfe... Tant pis pour lui ! Il n'aurait pas le choix, et elle escomptait bien prendre sa revanche sur son terrain. On ne l'écartait pas ainsi de la partie, point barre.

Prenant congé de l'Intendant, Utu toujours sur ses talons, elle repartit à son Temple de la manière dont elle était venue. Royale. Elle réajusta son voile, et dans un cliquetis de perles, quitta le Palais.

Elle l'attendrait de pied ferme, Philip Sartin.


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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 10 Aoû 2014 - 15:13

Avait-elle déjà parlé autant depuis qu'il l'avait sous sa garde? Certainement pas, elle devait vraiment se méfier d'Al-Vyr et des autres, mais que pouvait-elle bien espérer de plus du chef de l'Ordre? Elle en venait même à s'excuser et paraître aimable, si elle essayait maintenant de l'amadouer c'est qu'elle ne devait pas avoir de très bonnes notions de la politique ou des manigances. Changer de masque aussi vite n'attise que la méfiance.
Heureusement pour elle, Philip n'avait pas l'intention de lui donner des cours, ni même de s'offusquer de son comportement de plus tôt. Il avait trop à penser sur la manière dont-il allait pouvoir concilier sont devoir à sa volonté.


- Il y a malheureusement des choses plus graves qu'un comportement irrespectueux dans votre passé. Je n'ai pas pour habitude de tuer ceux que je sauve et encore moins ceux qui me sauvent. En revanche, je suis sûr que vous comprendrez que je ne peux pas laisser partir un assassin comme cela.

Le commandant reprend place sur son siège et scrute les yeux de l'elfe dans une intense concentration. Avant de songer à la sauvé, il doit songer à profiter de sa présence pour l'Ordre. Encore une fois, toute l'histoire revient au fait que les assassins sont rarement capturés vivants.

- Si seulement vous aviez quelque chose pour marchander votre vie, je pourrais alors envisager de sous-estimer votre garde.. Bien sûr, il faudrait pour cela que vous possédiez quelque chose d'utile et que je puisse croire. Qui plus est, si vous ne faite pas vite, je devrais sans doute vous blesser pour justifier le temps de votre.. interrogatoire.

Il jouait gros pour sa réputation mais il savait que la vie de Liuwën était doublement en jeu dans ce genre d'affaires. Pourtant, l'option qu'il lui donnait était sans doute la plus viable pour elle. Il avait cependant espoir qu'elle n'essaierait pas de trop jouer la maline avec lui, il n'aimait pas blesser les femmes ou les personne sans défenses, mais elle avait une arme, il le savait et elle avait tué suffisamment de personne pour que son statut de femme puisse être occulté. Donc, il ne revenait qu'à elle de sortir en un seul morceau.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 30 Sep 2017 - 2:43

[oh, well, I'm back. Surprise.]

Il en aura fallu, du temps, mais peu à peu elle saisissait enfin dans quelle situation elle s'était mise, à force de fanfaronnades, moqueries et divers airs hautains. Sales traits de caractères. N'eut-elle été aussi rabaissée plus jeune, ces défauts n'auraient pas été tant marqué. Mais qu'y pouvait-elle maintenant, hein ? Si elle sortait d'ici vivante et entière, elle n'oublierait pas de sitôt la leçon.

Assassin. Pour qui se prenait-elle ? Un bon assassin ne se serait pas retrouvé ici, enfermée dans une pièce sans fenêtre, étouffante, avec le grand manitou des Chevaliers. Sale engeance. Son sort avait été plus ou moins signé dès qu'elle avait atterri ici, dès qu'elle était entrée dans la ville, mais elle aurait pu bien mieux s'en sortir, si elle ne s'était pas comportée ainsi.

Il était probablement trop tard pour arranger cela ; à quoi bon s'appesantir dessus ?

- Il y a malheureusement des choses plus graves qu'un comportement irrespectueux dans votre passé. Je n'ai pas pour habitude de tuer ceux que je sauve et encore moins ceux qui me sauvent. En revanche, je suis sûr que vous comprendrez que je ne peux pas laisser partir un assassin comme cela.

Admettons au moins que cela ne joue pas en ma faveur. Pourquoi diable ne savait-elle pas être diplomate ?

Elle soutint son regard bleu sans répondre ni tiquer. Comprendre ? Oui, elle comprenait. Dans une autre situation, elle se serait fait une joie de le tuer, elle ne pouvait décemment lui reprocher de l'utiliser ainsi. Elle n'appréciait pas pour autant.

L'Ange se demanda à quel point elle était foutue. Lâchait-elle la moindre information sur la Guilde, et celle-ci risquait de lui tomber dessus. Ce qui serait dommageable pour sa survie, assurément, et pour atteindre son but, poursuivi depuis si longtemps. Dans le même temps...

- Si seulement vous aviez quelque chose pour marchander votre vie, je pourrais alors envisager de sous-estimer votre garde.. Bien sûr, il faudrait pour cela que vous possédiez quelque chose d'utile et que je puisse croire. Qui plus est, si vous ne faite pas vite, je devrais sans doute vous blesser pour justifier le temps de votre.. interrogatoire.


Elle eut une espèce de rire étranglé, mi-moqueur, mi-défaitiste. Parler et risquer sa vie aux mains de la Guilde – et d'elle – ou se taire et risquer son interrogatoire. Etait-il vraiment capable de la blesser ? Elle aurait aimé être sûre du contraire, mais cela aurait probablement été se voiler la face.

Elle était un assassin, prisonnière, il était de l'Ordre ; ce genre de situations était rarissime, trop pour qu'il ne tente pas de lui soutirer le maximum d'informations.

- D'accord, joli Chevalier. Tu me poses donc comme alternative une joyeuse séance d'interrogatoire avec torture si je ne coopère pas, et ma mort à la clé si je persiste, je présume ; contre la promesse de la Guilde qui me tombera dessus si je laisse filtrer la moindre info. A ton avis, de qui je me défie le plus ?

Marchander. Que pouvait-elle marchander, comme informations, qui la laissait en sécurité vis-à-vis de la Guilde ? Essayant d'ignorer la légère boule dans son ventre et le vague arrière-gout écœurant que lui inspirait l'idée de se faire torturer, elle croisa les bras. S'il s'approchait, aurait-elle la possibilité de le blesser, ou le tuer ? Elle était encore affaiblie. Et puis, pour quoi faire ? Dès sortie de cette pièce, le Palais entier lui tomberait dessus.

Damnation.

- T'aimerais savoir quoi, par exemple ? fit-elle d'une voix lasse.

Elle voulait juste partir, de cette pièce étouffante et angoissante de par sa taille et son absence de fenêtre, de ce foutu Palais plein de gens louches, et de cette foutue ville où on ne pouvait vagabonder sans se faire attaquer par des foutus mercenaires.
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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 5 Nov 2017 - 23:57

Ce n’est pas particulièrement rassurant, mais l’elfe semble enfin se résigner à sa situation précaire et à envisager de coopérer. Ou en tout cas à essayer ? Peut être. Philip savait très bien ce que l’assassin mettait en jeu.. en fait il savait surtout dans qu’elle situation elle était fourrée, depuis qu’elle était entrée dans cette pièce. Si sa Guilde l’apprend et vu la discrétion de l’opération il ne doutait pas que la Guilde ait les moyens de l’apprendre, elle serait déjà soupçonnée de traîtrise par sa propre organisation. Organisation qui a la réputation d’acheter le silence avec des vies.

Pour être franc. Ce n’est pas le premier assassin se faire attraper vivant. Le problème c’est qu’ils ne le restent pas bien longtemps. Certains sont mort avant de se faire interroger, ou bien l’escorte qui devait les amener aux experts se voyaient décimés et l’assassin libéré.. quand ceux-ci ne se muaient tout simplement dans un silence têtu.
Mais là, il tenait un assassin, dans l’un des lieu les plus sûr.. enfin prétendument les plus sûr d’Aranor. Avec à sa disposition les moyens les plus exécrables de soutirer des informations.

S’il n’avait pas une dette envers cet assassin, les choses auraient été fichtrement simples.


-Énormément de choses, dont beaucoup que tu ne voudras pas révéler. Voilà ce que je te propose. Si une de mes questions te paraît acceptable, tu y réponds. Je vais commencer pas celles que tu tairas certainement.

Le chevalier prend le temps d’organiser ses pensées, puis commence à questionner l’elfe. En faisant cela, il détaille ses réactions et ses mimiques avec la minutie qu’il accorde lorsqu’il assiste à un procès. Même les meilleurs menteurs ont du mal à faire taire tout les signaux de leur corps. Et il espérait que l’elfe ait assez conscience de l’importance de l’interrogatoire pour ne pas s’essayer à l’induire en erreur.

Beaucoup de questions s’enchaînent. Les plus attendus en premières :
Qui dirige la Guilde, où est elle basée, combien de membres, des noms, qui les engages ? Quel est l’objectif de la Guilde ? Forme-t-elle un groupe uni ?

Et puis d’autres, qu’il espère plus accessibles, moins risquées.
Quelles morts connues peut-on attribuer à la Guilde ? Comment choisissent-ils leur recrues ? Comment les assassins sont-ils formés ? Ont-il une réelle organisation ? A-t-elle rencontré des personnages hautement recherchés ? Existe-t-il d’autres organisations similaires à sa connaissance ?

Enfin, quand il pense avoir fait le tour du sujet de la Guilde, il prend une pause pour analyser toutes les réponses que l’assassin aurait pu lui offrir, ou essayer d’interpréter ses réactions.


-J’aurais quelques questions plus personnelles pour la suite. Pour celles-ci j’aimerai que tu te forces à répondre, quitte à omettre les points qui te mettraient en danger vis à vis de ta Guilde. Tu te prêteras au jeu?

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Mer 8 Nov 2017 - 3:57

Puisqu’il semblait qu’elle était partie pour demeurer un long moment dans cette pièce, Leï s’installa plus confortablement dans son siège et s’étira nonchalamment, feintant une assurance et un détachement qui lui manquaient pourtant quelque peu. Un jour, elle cesserait de se mettre dans d’aussi mauvaises situations juste parce qu’elle était incapable de faire taire son orgueil démesuré.

-Énormément de choses, dont beaucoup que tu ne voudras pas révéler. Voilà ce que je te propose. Si une de mes questions te paraît acceptable, tu y réponds. Je vais commencer pas celles que tu tairas certainement.


Elle se contenta d’hocher sobrement la tête. Compte tenu du fait qu’il aurait tout simplement pu laisser faire l’autre fou expert en torture, elle n’allait pas trop se plaindre.

Le temps qu’il réfléchisse auxdites questions, elle scruta attentivement son visage, cherchant le Chevalier derrière l’homme. Elle allait devoir jouer fin. Ne se haussait pas n’importe qui au niveau de Commandant. Dans le doute, elle tenterait de s’abstenir de mentir ; nul besoin de s’attirer une nouvelle fois ses foudres.

Gardant ses yeux de feu fichés dans les siens, les mains jointes, elle prépara peu à peu ses réponses à sa litanie de questions, prenant son temps afin de ne pas laisser passer de trop brûlantes informations.

Parlant de flammes, et alors qu’elle s’attardait sur l’interrogation portant sur un éventuel chef de guilde, une pensée lui échappa, portant le visage de Deryn et le délicat secret des Assa’shin.

Si le Chevalier avait su qu’elle était parmi les très rares à connaître le visage de la cheffe de Guilde et à en avoir touché un des plus profonds secrets, elle aurait pu rayer tout espoir de s’en sortir vivante.

Croisant et décroisant les doigts, elle répondit lentement. La base de la Guilde se trouvait dans la région d’Akeraï – ce qui n’était pas une si grande nouvelle, au vu des liens presque légendaires de la Guilde avec le seigneur de la ville. Elle ne dit mot de Deryn et retint un soupir.

- Malheureusement pour toi, je ne suis pas le membre le plus sociable de la Guilde. Je la rejoins pour prendre mes missions, c’est tout. Je ne cherche pas à parler aux autres ; et, en règle générale, j’ai le sentiment que les assassins ne communiquent pas beaucoup entre eux.


Elle ne connaissait, par conséquent, pas le nombre de membres, ce qu’elle lui répéta. Elle lui dit également que bien des personnes les engageait, du prince à la plèbe, et en eut un petit sourire narquois en songeant qu’il aurait été totalement le style d’Innana de faire appel à la Guilde. Peu d'hommes et de femmes peuvent se prétendre totalement droits.

Elle ignorait l’objectif de la Guilde – celle-ci en avait-elle seulement un autre que semer la désolation en s’enrichissant ? Elle connaissait le prénom de Talys, mais n’allait certainement pas le lui donner.

Elle trouva un obstacle à la question du groupe uni, ignorant ce qu’il entendait vraiment par là. Cependant, savoir que les membres de la Guilde ne nouaient pas de liens devait suffire comme réponse.

- J’ignore quelles morts sont dues à la Guilde, continua-t-elle. Sans doute m’en a-t-on mentionné quelques-unes, mais je ne les ai pas retenu. Ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Les assassins sont formés pendant un certain nombre d’années par un maître qui ne rend de compte à personne, et il est fréquent de mourir pendant cet apprentissage. Je pense que les apprentis sont pris presque par hasard ; le bon endroit au bon moment.

Elle gardait un lointain souvenir du visage de son maître, humain, et se souvenait encore de la brûlante leçon qu’il avait infligée à son ego le premier soir de leur rencontre en manquant de la laisser mourir. Il fallait croire que cela n’avait pourtant pas suffit.

- Je n’ai pas rencontré de personnes très recherchées, et à part des bandes locales de tueurs, j’ignore s’il existe des organisations similaires en Aranor. Globalement, bien des membres ne savent rien d’autre sur la Guilde que ce qu’elle leur laisse savoir.

Croisant ses jambes, elle retint un soupire de nervosité et d'agacement. Il n’était jamais agréable d’être soumis à un interrogatoire et de devoir choisir ses réponses avec autant de soin.

-J’aurais quelques questions plus personnelles pour la suite. Pour celles-ci j’aimerai que tu te forces à répondre, quitte à omettre les points qui te mettraient en danger vis à vis de ta Guilde. Tu te prêteras au jeu?

Un sourire quelque peu insolent étira aussitôt le coin de ses lèvres, masquant la nervosité qui continuait à croître. Elle détestait l’idée de questions personnelles. Vraiment. Qu’il n’espère pas qu’elle ne soit pas impertinente sur ce terrain-là.

- Parce que j’ai le choix ? railla-t-elle, haussant néanmoins les épaules pour marquer son approbation. Je veux néanmoins ta promesse qu'à terme tu me laisseras partir ; et par pitié, ne me fais pas un sermon sur le peu de cas que les assassins font des promesses.

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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 10 Nov 2017 - 1:27

Comme si elle le mettait au défi de percer un mensonge dans ses paroles, elle soutint son regard sans faillir. Elle répondait sans hésiter mais sans se presser non plus, prenant visiblement grand soin de ne pas trop en dire mais semblant aussi se retenir de lui mentir. Quelques mouvements semblèrent trahir son malaise durant les premières questions, mais ils étaient furtifs et, surtout, il savait déjà qu’elle ne pouvait pas trop en dire à ce sujet.

Lorsqu’elle eut finit de lui faire part de ce qu’elle savait et surtout de ce qu’elle ne savait pas, le chevalier senti la déception le gagner. Il la chassa d’un rapide mouvement de tête et se redressa pour analyser ce qu’il pouvait tirer de tout cela.
Se faisant, il se demanda si l’assassin avait considéré l’idée de le prendre en otage pour marchander sa sortie. Il n’aurait pas été étonné qu’elle s’y tente, maintenant qu’il était assis et aurait été bien en difficulté de tirer son épée. Et sans son casque, la lame de rasoir aurait sûrement eu assez d’ouverture pour l’atteindre. Non pas qu’il se serait laissé faire, ou qu’il aurait eu peur d’y laisser sa vie. A dire vrai, une telle action lui aurait donné une bonne raison de procéder à une exécution propre et nette. Et sans remords.
A l’inverse, en se tenant à carreau, l’elfe gagnait d’autant plus son respect, sa sympathie et faisait grandir sa valeur en tant que source d’information, certes bridée mais néanmoins précieuse.

Cependant, les informations actuellement recueillie ne lui apportait pas grand-chose, sinon que peu de membres de la Guilde sembleraient être en réelle mesure de procurer des informations vitales.. et que le repère de la guilde était bien dans ce foutu marais.. Enfin, ce n’était encore qu’une parole d’assassin supplémentaire sur le sujet, mais qu’ils mentent ou non, jamais une troupe complète de chevalier n’obtiendrait l’autorisation d’enquêter dans ce Royaume. Et une seule troupe serait sans doute annihilée si elle trouvait la base des plus dangereux hommes et femmes du continent.

Hors d’atteinte et toujours non débusquée, la Guilde ne sera probablement pas défaite durant son ère. Mais l’affaiblir devrait être possible. La peur que la Guilde inspire à ses propres membres, les poussant à se méfier entre eux et à s’isoler.. sans parler de la hiérarchie quasi-inexistante que l’Ange Noir ne pouvait même pas décrire. Il est difficile de considérer cela comme une réelle organisation pour l’instant.

Confiant d’avoir tiré tout ce qu’il pouvait des dire de l’assassin il se décida enfin à lui répondre. Mais il doutait que sa réponse lui plaise. Posant ses coudes sur la table et croisant les mains devant son visage, juste sous ses yeux, il essaya de lui expliquer pourquoi cette promesse était impossible.


-Je ne ferais pas de promesses impossibles. Te laisser partir est au-delà de mon pouvoir, surtout avec si peu d’information. Quetaïn s’y opposera et je ne risquerai pas la réputation de l’Ordre, ni la vie de mes Chevaliers là dessus. De plus, je doute que ta Guilde voit d’un bon œil que tu t’en tires si facilement.


Il s’attendait à une protestation ou à ce que l’elfe agisse sous l’impulsion de la colère, aussi leva-t-il une main apaisante pour lui signaler qu’il n’avait pas fini.

-Je n’ai cependant aucune intention de te laisser mourir, ni même te faire torturer. Et si je puis t’éviter la prison je le ferais. Il me faudra cependant du temps. Et ta confiance… aussi difficile soit-elle à donner. De toute façon, ce n’est pas un marcher que je te propose, ni une promesse que je te fais. Que le sultan le veuille ou non, ou que toi même décide de t’y opposer n’y changera rien. J’ai pris la décision de te sortir d’ici.

Ayant enfin fini son petit monologue, le chevalier ramena sa main auprès de sa sœur et attendit patiemment la réponse de l’assassin. Il espérait qu’elle ne se laisserait pas aller à un accès de violence qui ne feraient que ralentir les choses. D’un autre côté, aussi peu désireux soit-il de blesser une femme, peu importe sa race, quelques coups échangés éviteraient à l’Intendant du Sultan de se montrer trop suspicieux.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Mer 22 Nov 2017 - 23:27

Elle le regarda se préparer à prendre la parole, méfiante et sur le qui-vive. Elle n'attendait pas grand-chose de sa part et ne fut pas déçue.

-Je ne ferais pas de promesses impossibles. Te laisser partir est au-delà de mon pouvoir, surtout avec si peu d’information. Quetaïn s’y opposera et je ne risquerai pas la réputation de l’Ordre, ni la vie de mes Chevaliers là dessus. De plus, je doute que ta Guilde voit d’un bon œil que tu t’en tires si facilement.


La Guilde. La Guilde s'intéresserait surtout à ce qu'elle aurait pu laisser échapper, et n'aurait pas besoin de passer par elle pour cela. Elle en avait assez peu dit pour rester tranquille, et en général, on ne venait pas chercher des ennuis à un assassin qui avait réussi à réchapper à l'Ordre – sauf, évidemment, s'il avait trop parlé.

Elle patienta, malgré la colère grandissante, afin d'entendre tout ce qu'il avait à lui dire.

-Je n’ai cependant aucune intention de te laisser mourir, ni même te faire torturer. Et si je puis t’éviter la prison je le ferais. Il me faudra cependant du temps. Et ta confiance… aussi difficile soit-elle à donner. De toute façon, ce n’est pas un marcher que je te propose, ni une promesse que je te fais. Que le sultan le veuille ou non, ou que toi même décide de t’y opposer n’y changera rien. J’ai pris la décision de te sortir d’ici.

Du temps. Le temps, ce n'était pas grand-chose pour une demi-elfe. Cela devait beaucoup plus entre quatre murs, pour un assassin.

Il demandait une confiance impossible ; la dernière personne à qui elle l'avait accordé avait disparu dans la nature depuis longtemps. Sa raison comme son instinct lui disaient de se méfier de lui, de ses propos, de son calme. On ne fait pas confiance à son ennemi juré, au représentant d'un Ordre décidé à les annihiler, elle et sa Guilde.

Soudainement, la pièce lui semblait plus petite, plus étroite. Elle maudit silencieusement sa claustrophobie, un défaut parmi d'autres qu'elle n'avait su éradiquer. L'angoisse des espaces clos, fermés, sans échappatoire, s'ajoutaient à sa colère d'entre emprisonnée, son incertitude latente quant à son sort.

Et tout cela menaçait de lui faire péter les plombs.

Elle sentit le feu rouler dans son ventre, ses paumes la brûler. Le dangereux pouvoir des Assa'Shin menaçait d'embraser, exploser tout ce qui l'entourait – ce qu'elle ne pouvait laisser faire. Elle avait beau avoir très envie de mettre le feu à toute la cité, elle s'en savait incapable, et cela ne servirait à rien.

La colère, mêlée à une sourde angoisse, continuait cependant malgré ses efforts à fuser dans ses veines. Mans crispées, elle jeta un œil à la pièce, s'attarda brièvement sur le Chevalier, refoula la sourde envie de s'en prendre à lui, pour jeter finalement son dévolu sur une petite table se trouvant là.

Se relevant brusquement, avec la vitesse typique qu'elle avait hérité de son ascendance elfique, elle s'en saisit et l'envoya valser avec violence à travers la pièce. Le son du bois craquant sèchement contre le mur lui tira un sourire tendu. Quelque peu insuffisant, mais elle sentit ses émotions explosives décroître légèrement.

Elle passa la main dans sa crinière enflammée, remettant ses mèches dérangées en place, sans plus s'inquiéter du meuble fendu qui reposait au sol.

La cheffe de Guilde aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois avant de mettre le pouvoir du feu entre des mains aussi imprévisibles et colériques.

Elle fixa le Chevalier, le regard sombre, se rassit comme si de rien n'était.

- Tu sais, dit-elle sur le ton de la conversation, c'est bien parce que je n'ai que peu de chances de m'en sortir que je ne tente rien d'inconsidéré.

L'assassin s'efforça de respirer profondément pour finir de se calmer, se maudissant à moitié pour son tempérament. Elle n'avait pas envie d'être aimable, mais si elle pouvait éviter de se le mettre plus à dos, ce serait préférable.

Elle recroisa les doigts, se cala contre son dossier.

Comme si de rien n'était.

- Et donc, fit-elle d'une voix impassible, tu comptes faire quoi exactement ? Me garder dans cette pièce ? Me faire partir officiellement, ou me permettre de m'enfuir ?

Elle avait juste besoin d'une fenêtre sans barreaux, pourtant, et elle s'efforcerait de rester à jamais hors de sa vue.

- Des questions personnelles, hein ? grinça-t-elle, peu emballée.

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