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 Au détour d'une ruelle [Philip]

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Leïna Liuwën
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MessageSujet: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 19 Mai 2013 - 13:32

Leï déambulait sans Quetaïn, sans vraiment avoir de but précis. Elle n’avait guère envie de repartir sur les routes maintenant, malgré la journée plutôt belle et idéale pour les voyages. Après un instant de réflexion elle chercha une auberge. Quelques minutes après, elle payait 10 quals pour une simple chambre d’auberge, empochait la clé et y montait. Il était de toute façon tard, trop pour partir maintenant.

Chambre tout à fait classique. Lit, commode, table de chevet et une fenêtre laissant entrer un flot de lumière. L’elfe posa son arc, son carquois, sa besace et son sabre sous son lit, ne gardant que son poignard, dont elle ne se séparait jamais, retira sa veste, dévoilant son débardeur sombre, y récupéra un crochet et une aiguille pour les glisser dans sa poche et la laissa sur l’oreiller.
Puis elle se glissa hors de la chambre, la fermant à clé et laissant celle-ci dans sa poche. Elle sortit.
Ce retard n’était pas si important – elle comptait se rendre en Weranoï. Elle se lèverait à l’aube le lendemain et reprendrait sa route à l’air sans fin.

L’elfe soupira avec un léger sourire. Le soleil tapait agréablement sur sa peau découverte par son débardeur. Elle se sentait un peu plus légère sans ses armes et sa veste qui, bien que pratique et plutôt résistante, lui tenait parfois trop chaud et la coupait de la lumière.
Elle se erra un peu jusqu’à trouver une jolie petite place, ornée en son centre d’une fontaine de pierre blanche avec une margelle. Il y avait peu de gens, aucun marchand, et un silence seulement brisé par des pépiements d’oiseaux, de temps à autres.
Leï s’assit sur la margelle. Elle profitait au maximum de ces rares moments d’immobilité, de tranquillité.
* * *
- Elle est là.
- Tu es sûre que c’est elle ?
- Evidemment ! Regarde son dos. C’est en grand partie caché par ses cheveux, mais on discerne un bout d’aile se terminer sur son épaule droite.
- Elle nous a donné des indications très précises, quand même.
- Elle nous a carrément mâché le travail, pour une somme tout à fait honorable. Elle s’était renseignée avant. Il paraît qu’elle a contacté les assassins, mais qu’ils ont refusés.
- Pourquoi ?
- La cible en est une. Bon, tu y vas ?
- Oui, oui !
- N’oublie pas. Tu dois analyser ses poignets. Tu devrais y trouver la même paire d’ailes, mais plus petite. Analyse son équipement en même temps.
- Je sais !

Sous le regard d’un homme aux allures de mercenaire à la tête recouverte d'un capuchon, un autre, vêtu de haillons, se faufila vers une place illuminée par le soleil.
* * *
Elle ferma les yeux. Quand elle était sur le navire de sa mère, elle était la plupart du temps seulement vêtue d’un débardeur, et sentait toujours le soleil sur sa peau. Cela lui avait manqué.
L’Ange sentit un mouvement près d’elle. Elle rouvrit immédiatement les yeux et se mit sur ses gardes. Un mendiant approchait d’elle en trottinant, un humain, passablement sale, aux cheveux emmêlés dont la couleur d’origine avait disparue sous une couche de crasse. Il lui saisit les mains dans un geste convulsif, marmonnant :

- Un qual… s’il-vous-plaît…

Leï retira vivement ses mains, appréciant assez peu les contacts. Le regard du mendiant tomba sur son poignet tatoué de la paire d’ailes noire et il sourit. Un sourire mauvais. L’elfe se leva d’un bond, le faisant reculer dans un sursaut, et lâcha d’un ton froid, posant la main sur la garde de son poignard d’un air menaçant :

- Je n’ai rien. Va-t-en.

Le mendiant lui jeta un dernier coup d’œil et s’éloigna, courant à moitié. L’assassin, mal à l’aise, quitta la place, sa douce quiétude rompue par l’irruption de cet imbécile. Elle continua à se promener, arpentant la ville. Un magasin d’armes attira son attention et elle y entra, plus par ennui que par véritable intérêt.
* * *
- Alors ?
- C’est bien elle. Et c’est une véritable peste !
- Oh, ça va. On la dépouillera. T’aura ton qual !
- Je ferais bien autre chose avec elle, personnellement…
- On ne t’a pas sonné, Erik !
- Silence ! Jérémy, va te laver et t’habiller. Franchement… tu sens mauvais. Je suis sûr que les mendiants puent moins que toi !
- Hin, hin, très drôle !
* * *
Aucune arme présentée n’attira vraiment son attention, que ce soit hache à deux mains, épée courte ou arc renforcé de métal. Elle songea qu’elle était vraiment attachée à ses armes, plus qu’à un être vivant. Elle ne se voyait pas se débarrasser de sa jolie dague pour une autre, même plus fine, solide, longue ou quoi que ce soit.

Elle admira quand même la beauté d’un sabre éclatant. Lame blanche, poignée recouverte de cuir, aux lignes épurées. Simple et splendide. Elle était presque tentée de l’acheter. Presque. Son vieux sabre, cadeau de sa mère, lui était très cher, pour une raison qu’elle ne comprenait pas vraiment. Comment quelque chose offert par Illiya pouvait lui être précieux ?
Elle me hait.
Je la hais.

Leï regarda une dernière fois le beau sabre.
Plus un ornement qu’un vrai sabre pirate.
Elle continua de faire le tour de la boutique. Oh, il y avait de jolies choses, mais sans plus. Comme cette épée courte à la poignée en forme de tête de dragon, taillé dans de l’acier, aux écailles finement détaillées. Mais sans doute très déséquilibrée, au vu de la finesse de sa lame immaculée, difficilement maniable et avec une prise en main compliqué. Il suffisait que la poignée glisse un peu pour que la peau s’entaille sur les gravures.

Cela lui fit penser qu’elle n’avait toujours pas acheté de gants suffisamment solides, sans être trop épais, pour protéger ses mains lorsqu’elle maniait ses lames de rasoir. Son arme de prédilection. Discret, facile à cacher, apte au lancer, solide et dangereux. Mais qui abîmait les mains.
Elle sortit de la boutique. La nuit commençait à s’installer dans un flamboiement d’orange-doré et de violet. Désireuse d’admirer plus aisément le spectacle, Leï grimpa sur un toit en quelques gestes fluides, sans prêter attention à un passant éberlué. Elle courut sur les toits, gravit quelques murs, et quelques minutes plus tard elle avait une vue plutôt agréable du soleil couchant, qui avait d’ailleurs continué sa course sans l’attendre.

L’elfe s’allongea et dirigea ses yeux brûlants vers le ciel. D’un côté, il se teintait d’indigo et de bleu nuit, sous l’avancée de la nuit, symbolisée par une lune qui luisait faiblement à l’horizon, encore cachée par la suprématie brillante de l’immense étoile qui, en mourant, s’accompagnait de couleurs presque fantasque.
Joli coucher de soleil. Presque aussi beau que sur les océans.
* * *
- Une folle ! Elle grimpait sur les toits et…
- Où ?
- Ou alors une voleuse. Ou un… assassin ? Oh, par les dieux, il faut avertir la garde ! Il faut…

L’homme à capuchon empoigna le col de l’humain et celui-ci se tue brusquement. Le mercenaire approcha son visage et cracha d’une voix dure :

- Où ?

L’humain désigna d’un doigt tremblant la direction de l’église. Le mercenaire le relâcha et sourit d’un air affable.

- Bien. Vous n’allez rien dire à la garde, d’accord ?

L’humain hocha la tête, frissonnant. Son regard évitait celui du guerrier dont le visage perdit toute trace de gentillesse.

- Sauf qu’on ne peut vous faire confiance.

L’humain releva brusquement la tête.

- Si, je vous jure ! Je…

Le mercenaire fit signe à un de ses deux larbins.

- Occupe-toi de lui.

Le larbin en question, une elfe borgne, posa avec douceur sa main sur le bras de l’humain incapable de réagir. Elle le guida jusqu’à une ruelle plus sombre. Le mercenaire leur jeta un regard et se tourna vers le demi-nain.

- Proie facile, bougonna celui-ci.
- Et c’est mieux ainsi, rétorqua le chef. Maintenant, va avertir les autres. Je m’occupe de fouiller les toits. Aela fera le raccord dès qu’elle en aura finit avec le témoin.

Le demi-nain hocha la tête et s’éloigna en trottinant. Le dernier mercenaire sourit en entendant un faible bruit en provenance de la ruelle et se hissa sur une maison.

- C’est l’heure de la chasse !
* * *
La nuit était complètement tombée, à présent. Un ciel dégagé et constellé de milliers d’étoiles étincelait au-dessus d’elle, avec pour reine une magnifique demi-lune. Leï frissonna légèrement dans le vent frais. Elle se redressa dans un léger soupir, se leva, s’étira longuement et descendit souplement du toit.
Allez… Il faut dormir.
Elle se coula dans une ruelle sombre. Terriblement sombre. Dans sa quête aux cieux, elle s’était approchée du quartier pauvre, celui aux ruelles étroites, obscures, où les gardes ne s’aventuraient que rarement. Où les gens en général ne s’aventuraient que rarement.
Leï n’était pas une généralité. Pourtant, quand elle vit des ombres s’allonger et entendit des bruits étrangers à la nuit, elle se dit qu’elle aurait dû, cette fois, faire comme tout le monde.

Elle se retrouva vite cernée. Partout autour d’elle, des guerriers, aux allures de mercenaires. Humains, elfes, nains, demis, hommes, femmes. Tous lourdement armés, surtout en armure de cuir.
Oh.
L’un d’eux, en particulier, attira son attention. Une capuche marron, qui dans l’obscurité paraissait noire, était baissée sur sa tête. Il avait à la main un sabre d’abordage qui éveillait un souvenir lointain en elle, sans qu’elle arrive à l’attraper.
Oh m…
L’homme au sabre fit un pas vers Leï, qui sortit son poignard, terriblement dérisoire face à cette marée d’épées, dagues et sabres.

- Bonjour.

Il avait une voix doucereuse.
Encore l’écho lointain d’un souvenir.

- Quoi ?

Celle de Leï était plus dure, tendue. Le mercenaire désigna son poignet.

- Est-ce des ailes, que je vois là ?

Sans attendre de réponse, il continua.

- C’est dommage, mais il nous faut tuer quelqu’un possédant justement ce tatouage – magnifique en passant, tout comme vous.
- Et pourquoi ? demanda l’Ange, sans prêter attention au compliment qui n’en était pas un.
- Eh bien… Une histoire de contrat… Vous devez vous y connaître, non ?

Leï retint un frisson.

- Et de qui ?

Elle ne pouvait voir son visage, mais elle était sûre que le mercenaire souriait. Il plongea sa main libre dans la poche de son pantalon de cuir et en sortit un pendentif que Leï aurait reconnu entre mille.
Un aigle de fer.
Offert par son père à sa mère.

- Votre mère.

Leï vacilla. Elle avait l’impression que quelqu’un venait de lui arracher le cœur. Sans savoir pourquoi elle était si affectée. Elle voulait la mort de sa mère, sa mère voulait sa mort. Alors pourquoi…
Le mercenaire avait rangé le pendentif et s’était jeté sur elle, sabre levé. L’assassin, ébranlée, s’esquiva trop tard et sentit l’acier tranchant mordre son épaule. Elle parvint de justesse à bloquer l’autre coup de son poignard.
Avec le sentiment que c’était inutile.
Autour d’elle, une vingtaine d’hommes et de femmes – il était étrange qu’ils aient pu passer la porte avec discrétion. Peut-être y étaient-ils allés petit à petit – trop bien armés, alors qu’elle n’avait qu’un poignard.
Poignard qui vola sous un coup trop puissant. Elle suivit des yeux l’éclat que faisait la lune sur la lame et le vit rebondir contre le mur.
Je sais où il est.
La ferme. C’est inutile, tu vas mourir.


Mourir.
Elle plongea une main dans sa poche, l’autre dans son dos, à l’arrière de sa ceinture, et en tira une aiguille et une de ses lames.
Puis commença à danser.
Danse brève et éternelle, figée dans le temps et mouvante. Inexorable.
Mortelle.

L’Ange sentit une épée se faufiler sous sa garde fragile et plonger dans son flanc.

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Ressuscité par quelque obscur miracle, et perdant sa parure au passage.
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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 20 Mai 2013 - 14:35

Un soleil de plomb se dresse sur les immenses champs de Quetaïn. Son regard paternel se pose avec douceur sur les récoltes, leur propageant cette chaleur si vitale, promettant aux fermier que la misère ne les touchera pas cette saison.
Pourtant, c'est un soleil de plomb qui frappe les nombreux éclats sur la route du sud. Une quinzaine d'armures rayonnent sous le soleil, cachant des hommes et des femmes cuisants. Mais tous ne sont pas étrangers aux routes, les capes d'apparats qui se rattachent aux armure la plupart les témoignent Vétérans, personnages de grande expérience qui ont parcouru au moins la moitié des terre connue d'Aranor pour porter leurs convictions. Deux d'entre eux, cependant, semblent mal à l'aise. Revêtus d'armures plus légères, ne couvrant que leur torses, ils transpirent sous les longues robes fendues qui les déclarent Intendants.
Les quelques passant lèvent des yeux curieux sur les trop nombreux Chevaliers. Les membre de l'Ordre ne sont pas connus pour se déplacer à plus de deux, les Intendants sont d'ailleurs réputés pour ne jamais quitter leurs forteresses. Mais voilà qu'une troupe s'en vient d'Utop, encadrant un noble cheval immaculé que l'on devine rapidement originaire de la cité blanche, monté par un autre Vétéran que beaucoup reconnaissent à l'imposante hache qu'il porte dans son dos.


-Le tueur de dragon.,entend-t-on murmurer sur leur passage.

Beaucoup ont entendu parler de son histoire, bien que souvent déformée par le bouche à oreille et le temps. Aussi, beaucoup sont persuadés que c'est cette hache qui a fendu le crâne d'un dragon et non son épée. Beaucoup croient aussi que le chevalier qui se cache sous l'armure est un vieillard aux long cheveux blancs. Du moins le croyaient-ils, car la chevelure de nuit qui bat dans son dos dément cette légende.
Le Royaume de Quetaïn n'a pas souffert de la guerre des Hommes depuis longtemps, on ne peut en vouloir à ses habitants d'oublier que la dernière ne remonte qu'à 20 années plus tôt, pas assez pour faire d'un jeune homme une vieille légende mourante.

Qu'importe le passé, le présent est déjà bien assez stupéfiant. Pour la première fois depuis bien des années, un groupe important de Chevaliers se rend à Quetaïn, dont le Commandeur de l'Ordre. La traversée de la ville elle même fut plus que difficile, les passant suivant la troupe en l'acclamant, en essayant de toucher l'une des splendides armures et, pour certains, le chef de l'Ordre. Mais, une fois n'est pas coutume, la garde de Quetaïn fait preuve de zèle et d'efficacité en encadrant les Chevaliers et essayant de remettre de l'ordre dans les rues de la ville. Comme si en la présence d'une telle délégation de Chevalier, l'état des marchands tentait de se parer d'un peu de dignité. Mais alors qu'ils progressent vers le palais, pas un seul des Chevaliers n'est trompé. Rien en Quetaïn n'est noble, tout est question d'argent, d'intrigues et de manigances même si, à côté d'Akeraï, ce lieu semble être un paradis.

Enfin, les murs de l'imposant palais se dressent entre les chevaliers et la foules. Les chevaux sont menés aux écuries et les casques passés sous le bras. Une délégation les attends, bien sûr pas le Sultan. Philip n'en a jamais vu la figure et ne s'en étonne plus. Cet homme immensément riche doit coûter aux plaisir de la puissance dans cet immense palais. C'est son Intendant qui vient retrouver les Chevaliers, accompagner de quelques conseillers, peut-être importants et de deux Seigneurs marchands. Il n'est pas rare d'en trouver dans le palais, mais beaucoup plus qu'ils viennent vous rencontrer. Cependant, réclamer au Commandant de l'Ordre quelques services n'est pas choses courante. Heureusement qu'ils savent quand poser leurs questions, car Philip se serait fâché que l'on vienne l'importuner avant qu'il n'eut formulé sa requête.


-Commandant, laissez-moi vous souhaitez la bienvenue en notre magnifique citée, au nom de notre glorieux Sultan : Mitram Al'Kerpan. Nous ne nous attendions pas à votre venu, mais il est toujours bienheureux que des hommes de votre vertu pénètrent nos murs. Permettez-moi donc de m’enquérir de la raison de votre visite, afin que je puisse au mieux répondre à vos attentes.

L'Intendant semble parfaitement au fait de sa fonction et ses cheveux grisonnants laissent entendre qu'il tient son rôle depuis assez longtemps. Sa voix, ferme et pourtant douce comme du miel, ne connaît aucune hésitation lorsqu'il parle. Nulle doute que la plupart des affaires passent par lui.

-Je vous remercie de votre accueil. Je reconnais que nous aurions pu prévenir de notre arrivée, mais quand je vois la foule qui nous a accueilli je me réjouis que toute la citée ne fut pas au fait de notre entrée. Par ailleurs, notre entreprise va devoir traverser tout le continent, aussi ne pensions nous pas rester plus d'une nuit.
-Cette entreprise me semble bien ambitieuse, mais en quoi consiste-t-elle?
-J'y viens, l'Ordre manque de Pages et d'Ecuyers à former. Aussi, nous nous rendons de citées en citées pour recueillir les orphelins de tout royaumes. Mais avant cela, je viens demander l'accord du Sultan.
C'est que vos ambitions sont à la hauteur de vos légendes. Vous le savez sans doute, mais à Quetaïn on ne cède que peu de chose gratuitement, alors notre peuple chéri.


Mais malgré les paroles de l'Intendant, Philip ne pu rater la vive lueur d'intérêt qui s'était éveillée dans ses yeux. Bien sûr , il en connaissait déjà la raison. A vrai dire il comptait dessus depuis le début du voyage.
Quetaïn est une citée où tout se marchande, jusqu'au moindre service. On ne le croit sans doute pas au premier regard, mais cela peut offrir des situations très difficiles, laisser des familles sans le sou, et les enfants sans parents. Cet état si n'est pas du genre à s'occuper des malheurs de son peuple, mais plutôt de leur bonheur. Alors que peuvent devenir ces enfants abandonnés ? Des chapardeurs. Et rien n'est plus monstrueux en Quetaïn que le vol.
Alors oui, l'Intendant se réjouit à l'idée de voir nombre d'entre eux disparaître dans les rangs de l'Ordre, mais il ne raterait pas une occasion de se faire payer pour être servit. C'est la mentalité d'ici dirait-on.

Sauf que Philip n'est pas né de la dernière pluie.


-Loin de nous l'idée de vous priver d'un peuple qui vous est si cher. L'Ordre n'est pas sans cœur et serait attristé de priver ces jeunes gens d'un état si paternel, nous irons tenter notre chance auprès de plus démunis que vos enfants en ce cas.
-Attendez, ne changez pas si vite d'avis..Je .. Je crois que l'état n'est pas en mesure de s'occuper de tout ces enfants aussi bien que vous le serez.. Peut-être pourrons nous tout de même vous permettre d'en emmener avec vous.. Mais vous aurez bien besoin de chariots pour transporter tout ce beau monde?


Philip n'avait pu retenir un sourire moqueur aux dires de l'Intendant. Ce dernier s'est quelque peu empourpré sous ce regard de glace, mais en grand marchandeur qu'il est, il a tout de même su se rattraper pour gagner quelques profits. Et en effet, cet accord semble plus raisonnable. Mais sans doute pas avec lui. Les deux Seigneur Marchands, un Humain et un Nain, se sont avancés d'un pas pour profiter de la question.

-Si je puis me permettre, Commandant, nous aurions quelques services à vous proposer à ce sujet!
-Parlons plutôt de marcher mon garçon!
-Certes, mais qui nous seraient profitables à tout trois.


Sous le regard éberlué de l'Intendant, soudain relégué en seconde place, les Seigneurs marchands et Philip se mirent à négocier un accords simple et en effet très efficaces. Une caravane assez conséquente accompagnera les Chevaliers dans leur tour du continent, avec un certain nombre de chariots vides pour transporter les enfants recueilli au cours du voyage. Finalement, voyant que le Nain en allait sur les détails, et cela pouvait durer longtemps, l'Intendant s'excusa auprès de la compagnie pour s'en aller soumettre la requête de l'Ordre au Sultan.
Ce n'est que l'orée de la nuit que l'accord avec les Seigneur Marchands fut scellé par des poignées de mains et un papier écrit tamponné du sceau du maître Nain. L’Intendant vint peu de temps après annoncer au Chevalier que l'accord du Sultan était donné et que des estafettes iraient courir le Royaume pour chercher les enfants qui seraient susceptibles de répondre à l'appel de l'Ordre.


-Je vous remercie Intendant, L'Ordre vous dédommagera de l'acheminement de ces enfants. Pourriez-vous faire envoyer ce message à Avalon je vous prie?

L'intendant prit la lettre entre ses doigts, observant le sceau de l'Ordre et le destinataire qui n'était autre que la Généralissime Riven Dansen. Il balbutia quelque chose qui put être prit comme un ''oui bien sûr'' avant de relever les yeux sur ce qui l'avait étonné de premier abord.
Les quinze Chevaliers ne s'étaient pas défaits de leurs armures, au contraire, ils semblaient en réajuster les pièces et vérifier leurs armes avec un soin qui semblait quelque peu exagéré.


-Vous vous apprêtez à sortir?
-Pour sûr . Nous ne comptions pas abuser de votre hospitalité sans nous acquitter de notre dette. Nous ferons des rondes de nuit avec vos gardes. Dans une citée aussi riche, nous savons qu'il n'y a jamais assez de noble lame pour garantir la sûreté des commerces.


***

C'est au plus profond de la nuit que Philip entendis d'étranges rumeurs. En principe, les chevaliers font leurs ronde seuls ou en groupe de deux. En tant que commandeur on ne le laisse que rarement sans au moins deux compagnons d'armes. Un surplus dont il se serait passé, son armure est largement suffisante pour assurer sa sécurité. Parce que les chances de croiser un dragon ou une créature aussi dangereuse qu'un Troll semble dérisoire au cœur de la nuit, il a laissé dans le Palais sa hache. Son épée est bien plus que suffisante contre des hommes.
Aussi nombreux soient-ils.

Cependant, il ne s'attendait pas à un tel rassemblement de population. La ruelle est presque pleine de ces hommes et femmes aux allures de mercenaires, trop bien armés pour un rassemblement pacifique.

Philip n'a pas le temps de parler que nombre d'entre eux se tournent vers lui et pose un regard craintif sur leurs armures. Un regard qui se mut en détermination farouche en voyant qu'ils ne sont que trois. Avaient-ils besoin d'un aveu plus explicite ?

Aucun mot ne s'échange que le groupe hétéroclite se jette sur les chevaliers, ne laissant qu'un homme dont le sabre s'est planté dans le corps d'une elfe.

Assassins.

Philip n'en avait jamais vu autant et il ne pu s'empêcher de douter de ce fait. Ce n'était pas leur façon de procéder habituelle que d'envoyer tant de monde.. mais tout peut toujours dégénérer.
De toute façon, il voyait déjà rouge à la simple idée d'un meurtre. Qu'ils appartiennent ou non à cette nébuleuse Guilde, qui lui a causé tant de tourments, il ne peut que les punir sévèrement de leurs actes. Et puisqu'ils ne semblent pas vouloir se repentir, il devra les tuer.
Et celui au sabre en premier.

Laissant soin à ses deux confrères de gérer la foule, il traverse ses assaillants, se taillant une route à grand coups d'épées, bousculant de ses épaules et frappant du poing tandis que les armes rebondissent sur l'armure sans lui en arracher plus d'un éclat. Il faut bien plus de force que cela pour la percer. Ou alors, il faudrait qu'ils en frappe les jointures, mais non au fait de sa composition ses adversaires ne parviennent à rien de plus qu'une pluie de cailloux.
Et les autres chevaliers en profitent pour les abattre méthodiquement.
Certains ont déjà perçu le déséquilibre des forces et tentent de s'enfuir, vu leur nombre aucun doute que certains y parviennent, mais les compagnons de Philip mettent toute leur ferveur à les poursuivre.

Philip lui, se rue sur l'assassin qui retire sa lame du corps de l'elfe. Loin d'être effrayé, celui-ci semble avoir une plus grande expérience du combat, ce qui n'est pas pour déplaire au Chevalier. Cela ressemblera moins à un exécution s'il y a une digne riposte.
Mais il n'est pas resté seul en arrière, deux de ses comparses viennent l'épauler. Tant de monde pour une elfe ? Il faut bien qu'elle ait eu une certaine valeur.
L'épée du Chevalier s'entrechoque avec le sabre du meurtrier, la violence est telle que les deux lames rebondissent l'une contre l'autre. Philip, plus au fait des duels, devrait être le premier à la ramener à l'attaque, mais un homme étrangement petit et trapue lui assène un coup de marteau qui occupe inévitablement sa lame. Il parvient à le dévier loin de son crâne quand le sabre revient à l'assaut, forçant le Chevalier à rompre d'un pas l'affrontement.
Une fine équipe ces deux là, il devait bien le reconnaître. Mais ce qui l'inquiète le plus, c'est la disparition du troisième personnage. Mais il n'a pas de temps à perdre avec eux deux, il y a encore des chances pour que l'elfe ne soit pas morte.

Le Chevalier baisse son épée et se redresse, faisant fasse à ses adversaire. Il les défie du regard de l'approcher, sa lame à peine écartée de son corps.
Dans son esprit, il visualise sa posture, oublie le monde autour et ne pense plus qu'au symbole.
Voilà longtemps qu'il n'avait usé des runes en combat réel.

Le demi-nain, à ce qu'il semble de sa corpulence, s'élance sur lui en faisant tournoyer son marteau. Un coup puissant que Philip n'aura pas la chance de dévier cette fois. Et s'il avait l'audace de réussir, un sabre s'apprête à s'abattre sur lui dès l'instant qu'il aura dévoilé une faille.

Les lèvres du chevaliers forment un unique mot derrière son casque. Uruz. L'Aurochs.
En un instant, il passe de l'immobilité la plus totale à une charge vive que son armure n'aurait su lui permettre. Le marteau tombe lourdement au sol tandis que son propriétaire observe son torse balafré d'une unique et profonde ligne. Son compagnon, lui, a eu le temps de placer son sabre devant lui et de bloquer la lame du chevalier qui en un éclat d'acier faisait son retour mortel.

Philip n'avait cependant pas œil partout, et il lui aurait été bien difficile d'apercevoir qu'une autre elfe se glissait dans son dos avec une simple dague. Mais l'oeil avisé aurait su lui voir quelques perles de poisons, adhérant encore l'acier.





[Hésite pas à me dire si je prends trop d'initiatives.]

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Mar 21 Mai 2013 - 23:10

Vague de souffrance.
Elle leva son regard vers l’homme à la capuche. Les flammes dansant dans ses iris vacillèrent, pour se reprendre. Difficilement. Un sentiment d’impuissance pesait sur ses épaules, sa volonté la désertant à toute vitesse.
La douleur déferlait en lames brûlantes de son flanc. Elle avait appris à combattre la douleur, il y a bien longtemps, comme elle avait appris à combattre sa claustrophobie.
Il y a bien longtemps.
Il y a une éternité.
Avant qu’il ne l’abandonne aussi.
Je suis un discret assassin, pas un brave guerrier
Je ne suis pas fait pour me battre dans une mêlée.
Mouvement.
L’attention générale changea de cible.
Même l’homme tourna la tête. Leï ne put s’empêcher de l’imiter.
Chevaliers !
Trois chevaliers.
Elle devina la suite. La plupart des gens ne savaient pas à quel point un chevalier peut être redoutable, surtout dans ces fichues armures. Son maître lui avait expliqué. Ne jamais, jamais s’attaquer à un chevalier de front. Et jusqu’à maintenant, elle avait suivit ses conseils.
Jamais de front.
Les mercenaires s’élancèrent sur les trois chevaliers. Sauf l’homme au visage caché.
Pas étonnant. Il veut finir le travail.
Leï reprit un peu espoir. Elle avait la désagréable impression de tomber de traquenard en traquenard, mais elle n’avait pas vraiment le choix.
Figés, l'espace d'un instant, elle et le mercenaire regardèrent les autres se faire massacrer par deux chevaliers.

- Les imbéciles, souffla celui-ci.

Elle ne pouvait s’empêcher de l’approuver.
Il y eut soudain un déclic.
Deux chevaliers ?...
Fendant la foule armée, le troisième venait vers eux, sans doute porté par l’héroïsme, ou une de ces valeurs de chevaliers que Leï ne comprenait absolument pas. Et qu’elle ne tenait pas à comprendre.
Le mercenaire tira brusquement son sabre du flanc de l’elfe pour faire face au chevalier qui venait.
Vague de souffrance. Encore.
Terrible.
Un infime gémissement jaillit de ses lèvres. Presque inaudible. Et, dans le fracas des armes et des cris, nul ne l’entendit.
Leï vit des points noirs apparaître devant ses yeux. La douleur était telle qu’elle ne la sentait presque plus, qu’elle en avait terriblement froid. Elle s’affaissa légèrement contre le mur. Les yeux mi-clos, dans son combat contre l’inconscience qui menace de la submerger, elle discerna deux mercenaires, un nain et une elfe, venir appuyer celui au sabre.
Sa farouche volonté, celle qui l’avait forcée à se tenir debout durant tant d’années, l’aida à se reprendre.
Céder. Plus tard. Plus tard…

Elle se redressa avec difficultés, souffle court, une main posée sur son flanc pour tenter d’endiguer l’hémorragie, l’autre serrée autour de sa lame de rasoir. Son aiguille était quelque part, à terre, et elle ne s’en souciait pas. Sa paume entaillée par la lame saignait, le liquide vermeil goutant sur le sol, sinistre écho à celui qui ruisselait de son flanc. Cette seconde douleur, causée par l’arme, l’aidait à oublier l’autre.
Pour un temps.
Le Chevalier se battait contre les trois mercenaires. Dans cet étrange combat, deux camps étaient proposés à l’elfe : mercenaires, ou Chevaliers. Son choix était vite fait. Ces derniers ne lui en voulaient pas – du moins pas encore.

L’assassin rejeta sa tête en arrière et inspira profondément. Puis tourna toute son attention sur ce chevalier s’étant précipité vers elle, et lui ayant probablement évité une exécution sommaire et méprisable. Un marteau et un sabre cherchaient ses points faibles, infatigables.
Seulement ?... Où est la dernière ?
Son attention fut brusquement détournée. Elle fixa le chevalier, absolument attentive. Alors coincé entre les deux armes, il venait tout simplement de… bouger. Incroyablement vite, surtout surchargé de cette armure.
Ru… ne ?
Le demi-nain, profondément blessé, s’affaissa au sol, accompagnant son marteau.
Rune !
Elle en avait vaguement entendu parler, sans jamais s’y intéresser. Tout ce qui touchait à la magie l’ennuyait, tout simplement parce qu’elle n’y comprenait rien.
Le mercenaire masqué, lui, réussit à contrer son coup.

Leï se figea. Une présence…
L’elfe, qui avait disparue, se glissait dans le dos du chevalier, armé d’une dague luisant faiblement de poison.
Elle a bien retenu la leçon : jamais de front…
L’Ange sourit d’un air un peu vague, puis se décida. Elle aurait aimé que les chevaliers et les mercenaires s’entretuent, et qu’il n’en reste aucun survivant, mais elle était blessée, et n’arrivait pas à savoir à quel point – gravement, sans aucun doute.
Sa main se desserra pour laisser filer quelques centimètres d’acier hors de son poing, qui devait ressembler à de la viande hachée. Leï avança vers l’elfe qui, la pensant trop faible, et ne lui prêtant pas attention, ne sentait pas son approche.

Et en a oublié une. Toujours…
L’Ange, luttant contre sa faiblesse croissante, se propulsa près de la mercenaire. Dans son dos.
… toujours…
Elle leva sa lame ensanglantée et la plaqua vivement contre la gorge de la mercenaire.
… toujours…

- Passe le bonjour à ton dieu de ma part, souffla l’assassin.

… faire attention à ce qu’il se passe dans son propre dos !
Le métal affûté s’enfonça sans mal dans la chair tendre de l’elfe, et une fontaine de sang en jaillit, arrosant le dos du Chevalier. L’homme à la capuche capta un instant le regard enflammé et recula vivement. Il jeta un œil au reste des ses compagnons finissant de se faire massacrer et fit volte-face sans remords, fendant la nuit pour se fondre dans son ombre.
Il fut loin très vite.
En un sens, Leï en était heureuse. Lui, elle se le gardait pour plus tard. Elle avait une-deux questions à lui poser, et, elle se le jura, il regretterait de ne pas être tombé entre les mains du chevalier.
Plus tard…
Elle lâcha l’elfe. Vacilla. Tomba. Sa lame de rasoir lui échappa. Sa tête heurta avec violence le sol, sa main frôla un objet. Ses doigts se refermèrent instinctivement dessus.
L’aigle de fer…

Et, à moitié là, sur le sol, et à moitié autre part, flottant, elle se mit à espérer très fort que personne ne la reconnaisse.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 2 Juin 2013 - 20:58

L'attaque n'a pas durée bien longtemps au final. Bien que nombreux, les assassins n'ont pas eut de chance de tomber sur trois Chevaliers. Surtout, ils n'étaient pas aptes à en affronter n'en serait-ce qu'un. Les armures font bien leur travaille et sur un homme bien entraîné, elles forment une protection qui n'accorde pas d'ouvertures. Pourtant, il y en a. Qui prend le temps de les chercher verra parfaitement quelles jointures offrent la plus simple entrée à une lame.
L'elfe en avait sans doute trouvée une et peu lui aurait importé de planter profondément sa lame ou non. Une fois le poison inoculé, l'armure serait devenue la plus grande faiblesse du Chevalier. Meurtrier uniquement sur le long terme, il garde tout de même un grand intérêt quand il sape les forces d'un homme.

Et Philip n'a pas idée de ce qui se trame. L'homme au sabre, même dénué de compagnon est redoutable. A cause de l'armure, Philip ne peut pas être aussi vif qu'il le voudrait, cela a toujours été son soucis. A Feïral, on lui apprenait à charger, à jouer de sa vitesse, de tout les mouvements. Dans l'Ordre, on lui a enseigné à se poser et à agir méthodiquement. Mais il a toujours eut une préférence pour la première approche.
Il se contient néanmoins pour jouer de son atout, son armure prétendument impénétrable. Ses coups d'épées sont puissants, et son adversaire ne peut placer aucune attaque dangereuse contre lui. Il ne peut que reculer sous les assauts répétés, incapable de tenir son adversaire en respect, malgré tout son talent. Philip est certain de l'emporter, tant qu'il se concentre sur lui.

Tourner la tête pour surveiller ses arrières est impossible. Son casque le forcerait à un demi-tour complet, pour y voir clairement, temps pendant lequel il se ferait certainement tuer. Alors tant pis pour ses arrières, ses compagnons reviendront les protéger quand ils auront fini.

Une violente plainte le pousse pourtant à stopper son assaut. Il résiste à l'envie de se retourner, mais il n'a pas à le faire longtemps. Son adversaire abandonne le combat pour s'enfuir prestement.. A croire que le dernier acte joué dans le dos du Chevalier a finit de le convaincre de l'échec de sa mission. Quand Philip se retourne, il trouve deux elfes abandonnées sur le sol. L'une d'elle est apparemment la victime de cette dangereuse nuit. L'autre, l'elfe qu'il pensait avoir vu s'enfuir.
Bon sang, on dirait que la princesse en détresse à sauver son preux Chevalier.

Voyant que les combats touchaient à leur fin, le Chevaliers abandonna sont épée pour inspecter l'état de sa sauveuse. Il ne pu que grimacer devant la profondeur de la plaie. Heureusement, les Chevaliers ont souvent des connaissances magiques et certains sont doués dans l'art de guérir. Pas aussi bien que les Guérisseurs eux même, mais en trouver un au milieu de cette nuit provoquerait la mort de cette elfe.
Loués soient les précautions prises pas l'Ordre pour protéger leur Commandant, l'un de ses compagnons est assez qualifié pour stopper l’hémorragie. Grâce à cela, il leurs fut donné le temps de ramener la jeune créature jusqu'à Tenebrin, l'elfe Chevalier. Versé dans la langue de son peuple, il usa de ses mots de pouvoirs pour convaincre le corps de l'agonisante.

Sous la demande express de Philip, Quetaïn offrit une chambre supplémentaire de son palais pour loger sa protégée. La chance voulu que peu de Seigneur Marchands y logeaient actuellement. En bon médecin, l'elfe Chevalier resta longtemps au chevet de sa patiente.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 9 Juin 2013 - 19:29

Le monde papillonnait devant ses yeux mi-clos. Plongeant, remontant à la surface, pour s’enfoncer de nouveau dans d’oppressantes ténèbres.
Elle ne captait que quelques images. Celle, d’abord, du Chevalier qu’elle avait sauvé – comme c’était ironique – de la lame du mercenaire.
La fois suivante, elle était en mouvement. Celle d’après, un elfe était penché sur elle.
Puis elle lâcha prise. Elle n’avait plus mal, pourtant. Mais…
C’était tellement plus facile.

* * *
Je flotte. Autour de moi, rien, autour de moi, le vide. L’absolu. Je me sens bien. Je m’absente. Je n’ai plus de corps, je suis seulement esprit.
Et c’est tellement mieux ainsi.

Qu’est-ce que je fais là ? Je ne sais pas. Je n’ai pas envie de savoir. Savoir, c’est se rappeler. Je ne veux pas de ces souvenirs encombrants. Qu’on m’en débarrasse !
Suis-je encore ? Je me sens légère, vide. Je m’enfonce, j’ai l’impression qu’on me tire vers le bas. Mais où-est-ce exactement, en bas ? Et qu’il-y-a-t-il ? Comment peut-on se mouvoir dans le vide ?
Ce n’est sans doute pas important.

Je me demande ce que je fais là. Je ne veux pas m’en souvenir, mais cette question m’obsède. Il faut que je m’en débarrasse. Je tente d’oublier.
Je m’enfonce encore un peu.
J’oublie.
Ce n’était sans doute pas important.

Tout est sombre. J’aime l’obscurité. Pourquoi ? Peut-être parce que c’est reposant. L’obscurité est reposante. Je ne sais plus si je m’enfonce ou si je vole. Peut-être les deux.
Où vais-je ? Quel est cet endroit vers lequel je me dirige ? Que va-t-il m’arriver une fois là-bas ?
Ce n’est sans doute pas important.

Je crois que c’est parce que j’ai eu mal que je suis ici, maintenant. Comment ais-je fais pour me blesser ?
Des images défilent. Bon sang, je ne veux pas me rappeler !
C’est tellement plus facile de partir.

Battement.
Assourdissant.
Mon cœur me maintient en vie. C’est étrange. Je ne l’entendais pas jusqu’à maintenant. Si j’ai été blessée… Cela veut dire qu’on m’a soignée ?
Bordel, foutez-moi donc la paix !
Battement.
Il me maintient en vie. Je m’alourdie. Je ne vole plus.
Saloperie.

Images. Elles défilent. Il paraît que lorsqu’on s’apprête à mourir, on voit notre vie passer devant nos yeux. Je les regarde, résignée. S’il me manque cela pour mourir enfin, alors soit.

Mère, père. Dans une forêt. Je suis heureuse.
Petit frère. Maman s’éloigne un peu. Tant pis, il me reste papa.
Flammes. Petit frère disparaît et maman part. Elle revient, changée.
Chassés. Maman a fait des choses pas bien, on ne veut plus d’elle. Mais elle nous a forcés à la suivre.
Mer et bateau. Papa disparaît, j’apprends la mort et la haine, entourée d’onde. Maman brûle mon esprit et je la hais.
Abandon. Déposée sur une plage, je deviens mercenaire et l’Ange noir. J’aime le goût du sang et un jour, je tuerais maman.
Maître. Il vient un beau jour et je le suis pendant sept ans, juste parce qu’assassin m’aidera pour tuer maman. Il part aussi, pour ne plus revenir.

Mon sang brûle. La haine et la rage me dévore. Je me bats contre la partie de moi qui veut vivre. Elle s’incline, mais me force à finir les images.

Envol. Je suis désormais un assassin, je gagne de l’argent, je suis libre.


Libre ?
Vraiment ?

Après les images de ma vie, je vois des gens.

Deux elfes aux cheveux blonds, un assassin, une assassin, un autre, une pirate, un Chevalier…
Un Chevalier.
Un homme au visage caché sous une capuche.
Haine.
Blessure, sous le symbole de l’Aigle de fer.
Haine, haine, haine.


Peut-être que ces images ne défilent pas lors de notre mort. Peut-être qu’elles nous offrent la possibilité de revenir à la vie. Elles nous montrent les raisons qui pourraient pousser à ce choix.
Battement.
Respiration.
Brûlante.
Et que les dieux soient maudits…

* * *

Leï inspira profondément et ouvrit les yeux. Plus de vide, plus d’absolu, plus d’images ni de personnes dansant sous ses yeux. Juste une chambre. Et elle, allongée sur un lit. Elle tenta de se redresser, abandonna l’idée. Elle n’était pas encore totalement hors de la portée de cet univers étrange et attirant.
Elle tourna doucement la tête et aperçut un Chevalier. Le Chevalier. Qu’elle avait sauvé. Cette pensée lui donnait toujours envie de ricaner, de se moquer d’elle-même, mais elle se retint. Au diable la guilde, si temps est que celle-ci l’apprenait. Soit elle sauvait ce Chevalier, soit elle se faisait tuer.

- Hm…

Elle se racla la gorge. Que dire ? C’était la deuxième fois qu’elle se retrouvait dans un lit suite à une perte de connaissance. Deux fois de trop.

- Merci…


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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 27 Juin 2013 - 10:14


Qui l'eut cru ? Première nuit à Quetaïn et le chef de l'Ordre manque de se faire tuer dans un piège qui ne lui était pas destiné. Les morts ne sont bien sûr pas si rares en Quetaïn. Mais le manque de discrétion de celui-ci est plutôt surprenant. Plus les Chevaliers y pensent et moins ils se fient à leur première idée.
Les assassins ne sont pas coutumiers des coups d'éclats, pas les bons assassins. Pas plus qu'il ne perde du temps à jouer avec leurs victimes. En l'occurrence, difficile de croire qu'ils auraient pu laisser l'elfe survivre.

Et puis. Cette elfe est une curiosité à elle seule. Qu'a-t-elle pu faire pour devenir la cible de ces hommes ? Cela n'est peut-être pas si éloigné de ses talents. N'est-ce pas une lame de rasoir qui a sauvé Philip ? Ce n'est pas ce que l'on peut considérer comme une arme courante et elle suscite déjà bien des hypothèses parmi les Chevaliers.

Un conflit d'intérêt entre assassins ? Ils sont un certain nombre à douter de la vertu de la victime de la nuit dernière. Si Philip et Tenebrin ne s'y étaient pas opposés, elle aurait pu se retrouver enchaînée à son lit. Juger hâtivement n'a jamais été dans les habitude du Commandant de l'Ordre et il n'oublie pas qu'il doit la vie à cette elfe.

Par ailleurs, Quetaïn ne s'est pas arrêté sur l'accident de la veille et poursuit les négociations avec les Intendants de l'Ordre et les Seigneurs marchands pour tirer profit de la demande des protecteurs de la paix. Philip n'en aurait eu cure s'il n'avait été obligé d'assister a une partie de ses échanges afin d'assurer assentiment.
Le problème avec Quetaïn, c'est que toutes ces longues années passées à faire du commerce leur toute puissance les pousse à chercher et à entraver toutes les duperies possibles, ou non. Cela peut durer vraiment longtemps, mais la bonne fois des Chevaliers devrait permettre de réduire cela à quelques jours.. Du moins Philip l'espère sincèrement.

Ce n'est qu'en milieu de journée qu'il pu s'intéresser à l’état de l'elfe. En entrant dans la chambre, il a l'amusante surprise de découvrir le nain Bafur au chevet de leur protégée. Celui-ci se redresse vivement avec un air presque coupable e tiraille sur sa barbe en grommelant une quelconque excuse commençant par « Tenebrin avait besoin de repos... » et finissant vaguement par « .. bref, z'êtes là je vais pouvoir m'en aller ! »
Philip eut bien du mal à se retenir de rire en le laissant partir. Ce dernier a toujours eut du mal à se montrer amical avec des elfes sans en ressentir une certaine gêne. Pourtant, pour les avoir un peu côtoyé, Philip sait à quel point les nains peuvent se montrer protecteur et attentionné envers les leurs. S'ouvrir ne leur ferait pas de mal.

La pièce est bercée par un silence relaxant. Loin des ennuis du protocole ou de l'esprit tordu d'un quelconque commerçant. Le lieu parfait pour se reposer en effet. Mais tout le monde ne semble pas profiter du calme du lieu. A en croire le visage crispé de l'elfe, ses rêves ne sont pas très agréables.
Philip envisage de la tirer de son sommeil agité, mais il n'ose que frôler sa joue du bout des doigts pour essayer de la calmer.
Le beau peuple lui a toujours semblé si distant et mystérieux. Même Tenebrin exerce sa fascination alors qu'il le côtoie sans cesse dans la Forteresse. Il est à peine étonnant que son cœur se serre en voyant se troubler la quiétude de cette belle créature démunie.

Puis les yeux de l'elfe s'ouvrent et Philip retire vivement sa main. Elle semble perdue, mais elle essaye tout de même de se redresser, sans succès apparemment. Il est en effet un peu tôt pour sauter hors de ce lit. Ses yeux semblent encore embués, mais ils se fixent sur Philip. Le Chevalier se pare d'un sourire avenant. Il ne l'avait pas remarqué la veille, mais les yeux de l'elfe ne sont pas courants. Rouges ardents. Il lui faudra demander à Tenebrin si beaucoup d'elfes possèdent de tels prunelles.


Son raclement de gorge poussa Philip à se ressaisir. Il manquait clairement à tout ses devoirs en détaillant sa protégée au lieu de lui venir en aide. Se tournant vers la petite table à côté du lit, il s'empresse de servir un verre d'eau pour le tendre à la belle inconnue.

-Merci…
-Ce n'est rien, répond-t-il sans se douter qu'elle ne parle pas du verre. -Pourrais-je connaître le nom de celle qui m'a sauvé la vie?


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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 27 Juin 2013 - 19:19

Leï reprit peu à peu ses esprits. Tiens… elle se serait presque attendue à se réveiller attachée – ou ne pas se réveiller du tout – mais il n’en était rien. N’avaient-ils aucun soupçon sur son innocence ? Si personne ne l’avait encore reconnue, cela ne saurait probablement tarder. Une telle apparence n’est pas vraiment passe-partout.
Redevenue maître d’elle-même, elle laissa un voile d’impassibilité se poser sur son visage et dévisagea sans gêne le Chevalier, qui le lui rendait bien. Elle fut frappée par le bleu glacial de ses yeux, qui lui rappelait sa mère… tout comme ses cheveux sombres.
Bonjour les clones !
Elle fut presque soulagée lorsqu’il se détourna pour lui tendre un verre d’eau, qu’elle but avec gratitude. Elle s’en rendait à présent compte qu’elle avait soif.
Gratitude… Comme si ce mot existait chez les gens comme elle.

Elle reposa doucement le verre, songeuse. Elle avait l’impression de sauter de guet-apens en guet-apens. Il fallait absolument qu’elle reprenne des forces et se casse. Vite.
Une sensation d’engourdissement dans sa main la fit baisser la tête. Son poing était fermement serré. Elle déplia doucement les doigts.
L’aigle de fer la fixait, l’air moqueur. La peinture verte qui décorait auparavant ses yeux s’était effacée avec le temps, rendant son regard métallique vide. Consciente que le Chevalier devait l’observer, elle rangea le pendentif dans la poche de son pantalon, puis secoua ses doigts pour aider le sang à circuler.
Elle releva la tête et accrocha le regard d’acier bleuté de l’homme.

-Ce n'est rien. Pourrais-je connaître le nom de celle qui m'a sauvé la vie?

Sauvé la… Ah, oui. Elle se souvenait avoir égorgé l’elfe. Tss, cela n’allait pas forcément plaider en sa faveur. Quelle était la logique des Chevaliers ?
Du genre à exécuter ou emprisonner quelqu’un qu’ils venaient de sauver ?
Leï pinça les lèvres. Son cerveau commença à bouillonner pour analyser toutes les complexités de la question. Donner son vrai nom, comme son surnom, était hors de question. Elle aimait provoquer le destin, mais pas dans cet état-là, avec si peu d’armes…
Sa main se referma sur son côté, dans le vide. Merde. Son poignard. Une question à poser, mais d’abord, répondre à la sienne. Puis, elle demanderait aussi où elle était, tant qu’à faire !

Mais pour l’instant… Il fallait qu’elle trouve un faux nom.

- Je me nomme… Alia Ezer.

Elle grava ces deux mots dans sa mémoire. Puis elle offrit un sourire enjôleur au Chevalier.

- Et puis-je connaître le nom de celui qui m’a sauvé la vie ?

Ses yeux, eux, ne souriaient pas. Elle regarda autour d’elle et ajouta sur un ton léger :

- Et savoir où je suis ?

Un éclat froid passa dans les flammes de son regard. Il était rare qu’elle parle autant.

- Excusez-moi, mais… avez-vous pu récupérer mon poignard ?

Elle en doutait. Une arme, seule, contre un mur… Mais on pouvait toujours espérer. Si cet imbécile ne l’avait pas obligé à la lâcher elle aurait…
Minute.
L’image d’un homme au visage caché par une capuche dansa devant ses yeux. L’assassin se tendit légèrement et demanda, d’une voix plus dure :

- Il est toujours en vie ? Celui avec la capuche !

Elle espérait que non. Il pouvait l’aider à remonter jusqu’à sa mère. Et elle voulait se venger, elle-même. Le chasseur allait bientôt devenir la proie.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 27 Juin 2013 - 20:52


-Je me nomme… Alia Ezer.

L'un des sourcils du chevaliers se souleva de curiosité. Il n'est pas habituel de voir quelqu'un réfléchir pour retrouver son nom. Un instant, il envisage de douter de celui qui lui est donné, mais il se recadre rapidement. Il n'est pas ici pour contrôler l'identité de l'elfe mais pour s'assurer qu'elle se remet de son agression de la veille. Par ailleurs, il ne serait pas étonnant qu'elle soit encore sous le choc, elle a frôlé la mort après tout. Cela déstabiliserait le plus habile des guerriers. En fait, s'il devait se lancer dans un interrogatoire, il s'intéresserait d'abord à l'arme qu'elle a utilisé si efficacement.
Quels elfes se promènent avec des lames de rasoir ?

-Et puis-je connaître le nom de celui qui m’a sauvé la vie ?

Un retour de question qui amuse Philip. Il a suffisamment côtoyé de jeunes gens insolents pour deviner qu'elle en fait parti. Cependant, il ressent un certain malaise lorsqu'un sourire fend ses lèvres. Non pas qu'il soit déjà sous le charme, encore que, mais surtout que cela contredit trop rapidement l'idée qu'il se faisait de son état.
Elle n'est pas en état de choc, ça se voit.

-Et savoir où je suis ?
-Excusez-moi, mais… avez-vous pu récupérer mon poignard ?
-Il est toujours en vie ? Celui avec la capuche !

Le Commandant de l'Ordre ouvre la bouche mais ne laisse aucun son s'échapper. A peine une question s'est-elle posée qu'elle en trouve une autre. Comme quoi, si elle n'est pas en état de choc, elle est belle et bien surprise de sa situation actuelle. Finalement, il opte pour un petit rire. Il adorerait avoir autant d'énergie que cette jeune femme. Le genre à sauter au pied du lit dès son réveil dirait-on.

-Tu réfléchis vite et bien à ce que je vois. Alors je vais essayer de répondre à toute tes questions. L'homme à la capuche m'a échappé. Le bougre courrait vite. Mais quelques chevaliers continuent de parcourir la cité. Il n'y a pas grand chose à espérer, notre description de cet homme est bien grossière. A moins que tu n'ais vu son visage ?

Philip balaie cependant la question d'un geste de la main et secoue la tête, ce qui a pour résultat non voulu de faire onduler son insolente queue de cheval.

-Cela peut attendre. Retrouver tes effets personnels te seront sans doute plus intéressants. Les.. restes des hommes d'hier ont été rassemblé et défait de leurs biens, à la coutume de Quetaïn. Cependant, avant que l'Intendant du Sultan ne décide de les revendre, nous les avons fait conserver. Si ton poignard était dans la ruelle où nous t'avons trouvé, alors tu le retrouveras dedans. Nous avons déjà pris soin de te garder ceci..

Le doigt du Chevalier se tend vers la petite table où, à côté de la carafe, une lame de rasoir propre repose sereinement.

-Je n'ai jamais vu utiliser cela de manière si.. mortelle. J'ai supposé que tu n'aimerais pas te réveiller totalement désarmée. Considère que je remets ma vie entre tes mains.

Cette fois, c'est au tour du chevalier d'adresser un sourire charmeur à son interlocutrice. Certains des siens le jugent certainement naïf de laisser une inconnue armée l'approcher seule. Mais Philip n'a jamais fui le danger, aussi brûlantes que soient ses flammes, et se refuse tout préjuger. S'il veut défendre la Paix, il faut bien qu'il fasse tout son possible pour ne pas générer la haine ou la peur.
Mais en effet, c'est de la naïveté.

-Je suppose que te lever n'est pas encore envisageable, donc prend ton temps, on retiendras tes affaires aussi longtemps qu'il le faudra. Tu l'auras peut-être deviné, mais mieux vaut être clair, tu te trouves actuellement dans le palais de Quetaïn. Quant à ton sauveur, si je veux être honnête je dois te donner le nom de celui des tiens qui t'a soignée toute la nuit durant. Le Chevalier Tenebrin.

Le chevalier se frotte le menton, qui mériterait d'être rasé au passage. Il lui semble avoir répondu à toute les questions posées et il se rend compte qu'il aurait du lui même en poser d'autres.

-Alia, si tu me permets de t'appeler ainsi, permets moi de te faire venir à manger. Je dois t'avouer que je n'ai pas encore trouvé un plat que les cuisiniers du palais ne sachent reproduire. Peut-être as-tu plus de connaissances que moi?


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Dernière édition par Philip Sartin le Ven 28 Juin 2013 - 9:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 27 Juin 2013 - 22:29

Leï regretta vite de s’être emportée. Pourtant, le Chevalier n’eut pas l’air de vraiment s’alarmer. Naïf, ou habile menteur ?
Son rire l’étonna.

-Tu réfléchis vite et bien à ce que je vois. Alors je vais essayer de répondre à toute tes questions. L'homme à la capuche m'a échappé. Le bougre courrait vite. Mais quelques chevaliers continuent de parcourir la cité. Il n'y a pas grand chose à espérer, notre description de cet homme est bien grossière. A moins que tu n'ais vu son visage ?

Si elle avait vu son visage… Elle aurait aimé ! Cela aurait été tellement plus facile pour le retrouver. Pour elle. Pour rien au monde elle n’aurait donné sa description, si seulement elle la connaissait.
J’espère qu’ils ne l’attraperont pas. Je veux m’en occuper moi-même.

- Vous ne l’attraperez pas, murmura-t-elle pour elle-même.

C’était une certitude.

-Cela peut attendre. Retrouver tes effets personnels te seront sans doute plus intéressants. Les.. restes des hommes d'hier ont été rassemblé et défait de leurs biens, à la coutume de Quetaïn. Cependant, avant que l'Intendant du Sultan ne décide de les revendre, nous les avons fait conserver. Si ton poignard était dans la ruelle où nous t'avons trouvé, alors tu le retrouveras dedans. Nous avons déjà pris soin de te garder ceci..

Leï ne tiqua pas lorsqu’il parla des corps. Au moins, elle allait pouvoir récupérer son poignard. Elle y tenait beaucoup… Même si, dans cette histoire, il pouvait être un indice de plus contre elle.
Faudra aussi que je retourne à l’auberge récupérer le reste.
Elle se détendit un peu et regarda ce que le Chevalier lui montrait. Ses yeux brillèrent de joie. On trouvait ces lames partout, mais elle était heureuse de pouvoir récupérer celle-ci, dont la particularité était qu’elle séjournait dans sa ceinture, dans son dos. Invisible, et facile d’accès.

-Je n'ai jamais vu utiliser cela de manière si.. mortelle. J'ai supposé que tu n'aimerais pas te réveiller totalement désarmée.

Ah, c’est vrai… Peu d’assassins l’utilisent.
Elle tendit la main jusqu’à la lame et la fit danser entre ses doigts. Tiens, on avait pris la peine de la nettoyer. La lame se glissa dans sa poche – la mettre dans sa cache habituelle était hors de question ; le Chevalier le verrait.
Quelle attention touchante…

-Considère que je remets ma vie entre tes mains.

Non, en fait, il est juste fou.
Une légère grimace flotta sur les lèvres de l’elfe. Quelle personne saine d’esprit irait donner une lame à un assassin, hein ? Ou en donner tout court, d’ailleurs !
Sa phrase lui fit une impression bizarre. Pour remettre sa vie entre les mains de quelqu’un, il fallait lui faire confiance. Qui lui faisait confiance, à elle ?
Leï leva les yeux vers le Chevalier. Il serait si facile de sortir la lame et de l’égorger…
Elle serra le poing. Non, non, elle ne ferait pas ça. Parce que de toute façon, il lui serait impossible de faire un pas dehors sans se faire abattre.

En voyant le sourire charmeur du Chevalier, elle fut déstabilisée, même si elle s’efforça de ne pas le montrer.
Pas naïf ni fou, mais charmé ? C’est une blague ?
Son visage était resté dans l’ombre de sa capuche pendant si longtemps, elle avait tant été confrontée aux pirates et à leur grossièreté, qu’elle n’avait jamais vécu ce genre de situation. De temps à autres, elle lançait un sourire enjôleur pour détourner l'attention, puis filait aussitôt.
Paradoxe.
Puis, elle n’avait jamais non plus vraiment été intéressée, totalement prise dans sa course à la vengeance, ne laissant de place à personne près d’elle. Juste à son maître.
Non, un peu naïf, quand même.

-Je suppose que te lever n'est pas encore envisageable, donc prend ton temps, on retiendras tes affaires aussi longtemps qu'il le faudra. Tu l'auras peut-être deviné, mais mieux vaut être clair, tu te trouves actuellement dans le palais de Quetaïn. Quant à ton sauveur, si je veux être honnête je dois te donner le nom de celui des tiens qui t'a soignée toute la nuit durant. Le Chevalier Tenebrin.

Un elfe ? Ouais, c’est bien beau, mais en attendant, je ne connais pas ton nom !
Non que cela soit si important, mais elle aurait aimé l’appeler par autre chose que « le Chevalier ».

- Mais je ne connais pas ton nom, sourit-elle d'un air innocent. D’ailleurs… D’après toi, quand est-ce que je pourrais me lever et bouger sans trop de problèmes ?

Histoire que je sache quand est-ce que je pourrais partir d'ici.

-Alia, si tu me permets de t'appeler ainsi, permets moi de te faire venir à manger. Je dois t'avouer que je n'ai pas encore trouvé un plat que les cuisiniers du palais ne sachent reproduire. Peut-être as-tu plus de connaissances que moi?

Cette question la pris au dépourvu. Elle se contentait d’un fruit, d’un peu de viande… Elle ne mangeait jamais vraiment beaucoup. Pas l’envie, pas le besoin.

- Je n’en ai aucune idée, répondit-elle, hésitante.

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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 28 Juin 2013 - 10:31


-Mais je ne connais pas ton nom. D’ailleurs… D’après toi, quand est-ce que je pourrais me lever et bouger sans trop de problèmes ?

Philip se redresse avec un sourire entendu. Cette elfe doit avoir l'habitude de courir les rues, rien d'étonnant à en voir ses vêtements. A vrai dire, Philip s'interroge de plus en plus sur le style de vie d'Alia. Vu l'embuscade dans laquelle elle s'est retrouvée, rien de bien reluisant. Mais il ne laisse rien paraître de ses réflexions, ni même ne les écoute plus en avant.
Il faut que des hommes se montrent généreux pour que le monde change.

-Tenebrin ne m'a rien dit au sujet de ton rétablissement. Je pense que le meilleur moyen de savoir est encore d'essayer. Je vais te chercher un plateau d'un peu de tout, j'espère ne pas te retrouvée effondrée sur le sol à mon retour.

Le Chevalier rit pour lui même en quittant la pièce. Il s'amuse surtout de l'idée qu'elle pourrait parfaitement avoir disparue à son retour. Ce ne serait pas étonnant avec cette flamme vivante, le feu a besoin d'oxygène, il cherchera toujours à s'étendre plus loin.

Le palais, comme bien des choses à Quetaïn, a été construits excessivement grand et luxueux. On peut cependant reconnaître aux architectes d'avoir pensé aux voyageurs. Les escaliers se rassemblent autour de la cour principale, constituant un repère parfait. Il n'a qu'à descendre deux étages et, retrouver la grande salle, centre des banquets et festivités des personnages les plus influents de Quetaïn et parfois d'Aranor. C'est dans une pièce voisine que se cachent des dizaines de serviteurs s'activant autour de feux et de grandes tables. Philip serait bien en peine de décrire ce qu'il se prépare pour le repas du soir. Il en va de plus de quelques heures avant que celui-ci soit servi.
Au souvenir de Philip, les repas sont bien les rares occasions de rencontrer le Sultan autrement qu'en faisant parti de ses courtisans ou de ses maîtresses.

Salué par quelques serviteurs, Philip retourne des sourires polis. Il s'enquiert d'une collation a emporter et un serviteur arrive avec un plateau chargé de fruits et de morceaux de viande avec un pichet de vin.
C'est sans doute plus que ce que la convalescente pourra manger, mais mieux vaut plus que moins. Remerciant les serviteurs, il insiste pour transporter lui même le plateau et les laisser travailler en paix, mais on lui retourne des regards si effarés qu'il finit par céder. Quetaïn et son protocole..

Il est donc raccompagner par un jeune homme qui ne doit pas encore avoir quinze ans. Son jeune âge le rend bavard, ce qui amuse beaucoup Philip. Il se retrouve harcelé de questions, certaine sur l’altercation de la veille, d'autres sur l'invitée que l'on prétend être une princesse elfe de toute beauté et les dernières revenant inévitablement sur le dragon qu'il a pourfendu dans sa jeunesse. Chaque question trouve une réponse plus ou moins modérée, mais le chevalier ne contredit en rien le statu d'Alia.
Joueur, il alimente même l'imagination du jeune homme en ventant son regard de braise qui peut lire au plus profond des cœurs de chaque être vivants.

Il ne faut dès lors plus s'étonner de voir le petit serviteur devenir fébrile et hésitant au moment d'entrer dans la chambre de la dite princesse. Le chevalier se retient de se moquer de lui quand il ouvre la porte pour le faire entrer.
Il est d'ailleurs plus curieux de voir si elle est parvenue à se lever et si elle a pris la peine de rester encore un peu.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 29 Juin 2013 - 0:08

-Tenebrin ne m'a rien dit au sujet de ton rétablissement. Je pense que le meilleur moyen de savoir est encore d'essayer. Je vais te chercher un plateau d'un peu de tout, j'espère ne pas te retrouvée effondrée sur le sol à mon retour.

Et il ne m’a toujours pas répondu…
Enfin… Ce n’était si important. Juste agaçant. Elle l’observa quitter la pièce avec une étincelle sombre dans le regard. Elle, s’effondrer ? Ouais, ok, cela lui était déjà arriver. Mais quand même.
Elle posa ses pieds sur le sol et se leva doucement. Un violent vertige la saisit, pour s’apaiser petit à petit. Elle fit quelques pas hésitants, puis plus confiants. Elle effectua quelques étirements, sortit à nouveau sa lame et dansa avec, faisant mine d’attaquer. Elle avait recouvré une petite partie de ses capacités. Assez pour se barrer, avec un peu de chance.
Un sourire mauvais se dessina sur son visage. Elle récupérait toujours vite. Elle rangea sa lame à sa place habituelle, cachée dans sa ceinture. Voilà une bonne chose de faite.

Elle réfléchit, ses yeux songeurs fixés sur la porte. Partir, rester ? Il avait beau être presque stupide – ou du moins naïf – quelqu’un allait bien l’avertir de son statut un jour ou l’autre.
Me retrouver effondrée ? Essaye dont de me retrouver !
Un air amusé sur le visage, elle se glissa hors de la pièce et observa le couloir qui s’offrait à elle. Elle fit quelques pas plutôt vacillants et erra un peu dans le palais. Elle tomba vite sur un Chevalier, qui eut l’air assez surpris et méfiant en la voyant.

- Excusez-moi, fit-elle avec assurance, pouvait-vous me dire où sont gardées les armes des mercenaires ?

Il le lui indiqua et elle repartit aussitôt. Elle sentait son regard braqué sur son dos.
Quelques pas plus loin, elle avait récupéré son poignard, reconnaissable par l’aile gravée sur le manche. Leï rangea l’arme à sa ceinture. Maintenant, trouver la sortie… Un brin plus compliqué.
Elle marcha un peu. Sa tête commençait à tourner.
Hmm… J’aurais peut-être dû attendre et manger…
Mais elle ne savait pas quand elle aurait pu échapper au Chevalier.
Bon, je m’assoie deux minutes. Juste deux minutes.
Elle se laissa aller contre un mur et se glissa jusqu’à se retrouver assise.


Le Chevalier regarda l’elfe partir avec un froncement de sourcils. Elle était très pâle. Il trouvait étonnant que Philip l’ai laissée déguerpir ainsi. Il hésita quelques instants, réfléchissant, puis se dirigea vers la chambre où avait dormi l’elfe, pour voir s’il pouvait y trouver le commandant. Coup de chance, il tomba sur lui alors qu’il allait y entrer, accompagné par un jeune homme chargé par un plateau.

- Excusez-moi... C'est vous qui avez laissé partir l’elfe ?

Il tenta de se justifier.

- Elle avait l’air mal en point.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 29 Juin 2013 - 1:34

Un sourire amusé étire les lèvres du Chevalier. Il l'a bien jaugée, tout a fait le genre de personne qui ne peut pas tenir en place. Tout comme Riven, cette jeune femme serait capable de défier un Troll avec deux bras cassés. Voilà longtemps qu'il n'a pas eut l'occasion de se moquer de son ancienne partenaire.

-Euh.. Messire, je ne vois l'elfe nul part..

Le jeune serviteur est d'une perspicacité déconcertante. La question primordiale est de savoir jusqu'où elle est parvenue à se traîner. Question qui trouve rapidement sa réponse. Un Chevalier en armure presse le pas dans le couloir. Il semble presser de rejoindre Philip, mais légèrement hésitant quant à la raison de sa venu. Il fait partit des jeunes gens que le Commandant a eut l'honneur d'adouber lui même. Se doutant un peu de ce que l'on va lui demandé, Philip sourit avec un amusement non feint.

- Excusez-moi... C'est vous qui avez laissé partir l’elfe ? Elle avait l’air mal en point.
-Mène moi à elle, je te prie.

La voix du Commandant était douce, tout comme son sourire, mais ses yeux avaient repris leur lueur assurée de celui qui a l'habitude de commander et, surtout, sait ce qu'il fait. Le Chevalier ne se fait pas prier pour tourner les talons, mais il n'a pas le temps de faire un pas qu'une légère voix intervient.

-Et pour le plateau mon seigneur?
-Eh bien, dépose le dans la chambre.
-C'est que...
-Je pense que notre amie aura besoin d'un serviteur le temps de son séjour ici, qui sera bien court je pense. Puis-je faire appel à tes services ?
-J'en serais honoré!

C'est bien la moindre des choses qu'il puisse faire après avoir tant attisé la curiosité du jeune homme. Mais il a surtout dit ça pour s'en débarrasser momentanément. Il y a peu de chance que l'elfe reste assez longtemps pour demander de tels services, s'il la croise une fois tout au plus il aura de la chance.
Pour le moment, la vie du garçon de cuisine est une histoire sans intérêt. En revanche, il aimerait bien savoir ce que l'elfe a fait pour attirer tant de haine contre elle. La vie est rarement blanche et noire.
Il ne faut pas plus de quelques minutes aux Chevaliers pour arriver à la salle-entrepôt de Quetaïn, lieu où l'elfe avait du se rendre pour récupérer son poignard et éventuellement d'autres affaires. Une rapide inspection des horizons leur permettent de la retrouver adossée contre un mur, assise à même le sol.

Philip ne pu retenir son sourire alors qu'il s'agenouillait près d'elle.

-Eh bien, on dirait que tu ne souhaites pas répondre à mes espoirs.

Sans même attendre son avis ou une quelconque réponse, il passe sous ses genoux et derrière son dos pour la soulever comme si de rien était. Dans son regard brille un éclat d'excitation qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Il la sait armée, pour cause qu'il a veillé à ce qu'elle le soit, et dans cette situation elle pourrait le tuer comme si de rien était.
Un pari qui met sa vie en jeu. Et pourtant, il a quand même envie de croire que cette patiente impatiente ne lui fera rien. Après tout, il n'a aucune intention de la retenir de force. Il veut juste être sûr qu'elle pourra franchir les portes du palais vivante. Au vu des dangers qui l'attendent à l'extérieur, il lui faudra bien ça.

Remerciant son subordonné de l'intelligence de sa réaction, il entraîne la légendaire princesse elfe qui fait fantasmer les jeunes serviteurs ignorant jusqu'à sa chambre.

-Tu as retrouvé ce qui était à toi?

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 29 Juin 2013 - 23:48

Son instinct la fit rouvrir les yeux. A vrai dire, elle ne s’était pas aperçue qu’elle les avait fermés. L’air ennuyé, elle regarda s’approcher les deux Chevaliers.
Oh, non, pas lui…
Celui croisé au détour d’un couloir avait dans les yeux cette lueur de méfiance qu’elle avait appris à reconnaître et éventuellement étouffer. L’autre avait toujours l’air aussi innocent.
Ils engagent vraiment des gens comme ça ? Ce n’est même plus drôle ! La naïveté, ça va bien deux secondes…
Le Chevalier aux yeux si semblables à ceux d’Illiya s’agenouilla près d’elle et elle lui jeta un regard agacé. Elle n’aimait pas être faible, et encore moins que des gens en soient témoins.
Tant que je ne réagis pas comme avec Tael…

-Eh bien, on dirait que tu ne souhaites pas répondre à mes espoirs.
- Tu n’es pas vraiment le premier à me dire ça, répliqua-t-elle avec un sourire moqueur.

Elle se raidit instinctivement lorsque le Chevalier la souleva avec facilité. Le monde dansa un bref instant devant ses yeux sans contact avec le sol mais elle le cacha, agacée.
Elle détestait qu’on la touche. C’était viscéral, ancré dans son âme comme une évidence, quelque chose qu’elle ne changerait jamais. Les rares qui s’y risquait le regrettait généralement…
J’espère que tu te rends compte de ta chance…
Le tuer ou le blesser aurait signé son arrêt de mort, et elle avait encore quelque chose à faire avant cela.
Bon, programme : reprendre suffisamment de forces, lui apprendre à être méfiant et à utiliser son cerveau et je me casse !
Elle ne pensait pas le tuer, ni forcément le blesser. Juste le réveiller un peu. Parce que faire face à ses illusions brisées, c’est toujours plus drôle lorsqu’on est vivant…
Enfin, drôle… Façon de parler !

Elle se laissa entraîner jusqu’à sa chambre, dents serrées. Le contact des mains du Chevalier l’insupportait mais elle réussissait à se contrôler. Ca aussi, elle le lui ferait payer. Même si, effectivement, ce n’était pas sa faute…

-Tu as retrouvé ce qui était à toi?


Leï regarda son poignard et esquissa un sourire presque mauvais.

- Oui…

Presque. Dès que je suis en état, je file à la chambre que j’ai prise à l’auberge et je récupère ma veste et le reste des mes armes.



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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 1 Juil 2013 - 14:00

Le sourire de l'elfe n'échappa pas à Philip, contrairement à son sens. Elle semble avoir retrouvé un objet cher à son cœur et cela lui fait plaisir. La plupart des guerriers s'attachent à leurs équipements, et cela est vrai pour tout les Chevaliers. Que deviendrait le commandant de l'Ordre s'il perdait sa hache ? Elle fait désormais partie intégrante de son identité, comme l'armure avant elle.
Pourquoi cette elfe, visiblement habile avec les lames, n'aurait pas d'objets fétiches elle aussi ? Ça ne l'étonnerait pas non plus qu'elle possède un arc, c'est un cliché mais il est rarement loin de la réalité.

-Puisque nous avons la chance de profiter encore un peu de ta présence, je me demande si tu ne voudrais pas de nouveaux vêtements. Le sang et les déchirures ne sont plus au goût du jour depuis la dernière grande guerre si tu veux mon avis.


Les pas du Chevalier ont finit par le mener jusqu'à la chambre assignée à l'elfe. Le plateau remplit de victuailles repose bien gentiment sur une table, avide de se faire délester de tout ce délicieux poids. L'homme dépose délicatement l'elfe au bord du lit et lui offre un grand sourire, qu'il n'espère pas trop moqueur.

-Nous voici revenu à une question existentielle. Faim ou pas faim?

Dans le cas où elle s’essaierait quand même à repousser l'offre, Philip mène le plateau jusqu'à elle. Ainsi, elle serait bien en peine d'échapper aux délicieuses odeurs qui en émanent, et mettent l'eau à la bouche du Chevalier.
Il envisage furtivement d'engager plus de démarches auprès de Quetaïn, il pourrait ainsi bénéficier de ces bons petits plats beaucoup plus souvent. Et si les petites elfes continuent de pleuvoir dans ses bras, il pourrait même se décider à y habiter ! Ah, l'Intendant du Sultan ne raterait pas une occasion de lui soutirer des services ou de l'or.. Tant pis pour les bons gueuletons et les belles créatures, Philip ne survivra jamais à toutes ses négociations.

Rien ne vaut sa fière Utop et ses champs tranquilles, bien que recelant nombres de danger et, donc, d'aventure. Oh, peut-être que les beaux paysages de la forteresse d'Avalon ne seraient pas pour lui déplaire. Il faut qu'il pense à y faire une halte pour pouvoir revoir cette folle de Riven. Ce sera aussi l'occasion de faire cette chasse au Troll qu'elle réclame depuis tout ce temps.

Oh, la boucle semble bouclée. Quand on va de la nourriture au Troll, c'est qu'on a fait le tour.


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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Lun 1 Juil 2013 - 22:16

-Puisque nous avons la chance de profiter encore un peu de ta présence, je me demande si tu ne voudrais pas de nouveaux vêtements. Le sang et les déchirures ne sont plus au goût du jour depuis la dernière grande guerre si tu veux mon avis.

Chance ? T'es sérieux ? C’est bien la première fois qu’on me sort ça !
Elle examina ses habits et dut admettre à contrecœur qu’ils étaient en bien piètre état. Et puis, tant qu’à faire, elle allait profiter de la générosité du Chevalier jusqu’au bout.
Eh bien… Heureusement que je n’avais pas ma veste. Elle est tellement pleine de lames et d’autres outils divers… Pas discret, et j’aurais détesté qu’elle soit abîmée.
Son débardeur était raide comme du carton à cause du sang séché et avait une large déchirure au côté. Son pantalon, bien qu’indemne, était lui aussi souillé. Se ceinture, elle était intacte. Encore heureux : elle n’avait guère envie de fabriquer une nouvelle cache pour sa lame de rasoir – ladite cache consistant en deux lanières de cuir cousues à sa ceinture.

- Excellente idée. Je ne serais pas contre un débardeur et un pantalon. Noirs, précisa-t-elle.

Ils arrivèrent à la chambre et le Chevalier déposa Leï sur le lit. Celle-ci sortit son poignard, qu’elle n’avait pas eu le temps d’examiner. Il était un peu taché de sang, mais ne semblait pas abîmé par sa rencontre un tantinet brutale avec le mur de la ruelle.
Mon maître disait souvent qu’il fallait que les lames soient impeccables.
Elle essuya la lame sur un pan propre de son débardeur en se disant que l’état du vêtement ne pouvait pas être plus pitoyable, puis la rangea, vérifiant en même temps par automatisme qu’il glissait bien dans son fourreau et sans faire de bruit.

Satisfaite, elle dirigea ses yeux vers le Chevalier, dont elle ignorait toujours le nom. Qu’importe. Si elle désirait le retrouver, elle le retrouverait.

-Nous voici revenu à une question existentielle. Faim ou pas faim?

Elle retourna un regard insondable contre son sourire. Elle était bien obligée de se sustenter. Faible comme elle était, sortir serait compliqué. Et il était tout à fait possible que quelques mercenaires soient encore dans le coin. Elle en avait été une, et bien que ne faisant partie d’aucune bande, restant solitaire, elle connaissait leurs principes. Jamais un chef ne lancerait tous ses hommes. Il en garde toujours quelques-uns non loin.

Le Chevalier lui tendit le plateau, qu’elle saisit. Alors, évidemment, qu’elle allait manger. Rester juste le temps de reprendre des forces. Ses yeux glissèrent vers la fenêtre. Et plutôt qu’errer dans ce palais, elle se faufilerait par l’ouverture, et puis… Soit elle monterait jusqu’au toit, soit elle s’envolerait immédiatement.

Leï détacha le long lacet enroulé autour de son poignet et attacha ses cheveux en une vague queue-de-cheval. Elle sortit son poignard et découpa quelques fruits et morceaux de viande en morceaux. Puis elle piocha dans le plateau négligemment dans le plateau. Cela faisait longtemps que la nourriture avait perdu tout attrait pour elle et qu’elle ne se nourrissait qu’à peine, juste assez pour garder ses forces. A la longue, elle avait maigri. Et à chaque moment de jeun forcé, elle s’affaiblissait.
Il aurait fallu remédier à cela. Qu’elle se nourrisse plus à chaque fois. Mais elle n’avait jamais faim.

Elle repoussa finalement le plateau encore largement chargé, rangea son poignard et se versa un verre de vin pour se déshydrater un peu. Elle retint une grimace. Elle n’aimait pas beaucoup cet alcool.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 14 Juil 2013 - 18:13



La voir prendre le plateau réjouit Philip. Il n'hésite pas une seconde à la considérer comme une personne têtue qui n'écoute personne et surtout pas son corps. Le genre de personne qui se sont habituées à avoir des capacités hors du commun. Cependant, il s'interroge sur la nature de ces capacités et surtout sur l'usage qu'elle en faisait.
L'amour de la liberté est une chose, mais même le plus excentrique des Cartographes profiterait volontiers du palais de Quetaïn au moins pour se remettre et profiter de ses bons plats.
Peut-être qu'elle se sent moins en sécurité ici que dehors.

Par la fenêtre, les rues de Quetaïn semblent pourtant si accueillante, qui pourrait croire à une attaque de mercenaire ici bas ? N'importe qui aillant vécu plus d'une nuit dans ces rues. L'ordre ne règne qu'en apparence au cœur du continent. Tant de gardes et si peu de discipline ne donne jamais rien de bon.

Pourquoi donc voudrait-elle retourner là bas dans son état ?

Trois raisons se présentent.

Premièrement, elle ne s'entend pas avec les autorités de Quetaïn, auquel cas elle ferait mieux de ne pas se faire reconnaître. Il ne serait pas étonnant que le Palais ait fait appel a des mercenaires pour régler ce problème sans s'impliquer. Mais l'Intendant ne semble pas ce genre de personne et Philip voit difficilement qui d'autre aurait ce pouvoir ici. Et puis.. comment pourrait-on attirer à ce point la colère de Quetaïn ?
Si ce n'est pas le palais qui la dérange, c'est peut-être la présence de tant de chevaliers. Une tête mise à prix par l'un des royaumes devient rapidement la cible de toutes les autorités. Il n'est pas rare que l'Ordre participe à de telles traques. Manque de chance, il serait bien en peine de vérifier. Les chevaliers assignés à la forteresse n'ont que rarement la préoccupation de se pencher sur de tels avis de recherches. Oh bien sûr, il y a quelques grands noms qui sont connus de tous. Certaines personnes semblent se donner du mal pour se faire connaître, particulièrement chez les pirates.
La dernière raison est la seule qui ne veuille pas du tord à cette pauvre elfe. Elle craint que les murs de Quetaïn et la présence de Chevaliers ne suffisent pas à la défendre.

Quelques coups donnés à la porte tirèrent Philip de ses réflexions. Laissant Alia à son repas, il ouvre la porte et fait entrer le jeune homme de tout à l'heure. Visiblement, il a obtenu d'être mis au service de l'invitée surprise. Voilà qui ne devrait pas plaire à l'elfe taciturne, mais qui amuse déjà le Chevalier.


-Entre que je te présente à Dame Alia. Ma Dame, permettez moi de vous présenter ce jeune homme qui est mis à votre service par le palais, pour le temps de votre séjour. Comment t'appelles-tu mon ami?
-Ke .. Kevin, messire.
-Bien, je vous laisse donc Kevin pour répondre à vos besoins. Je crois qu'il se fera un plaisir de vous chercher ce débardeur et ce pantalon noirs. Je suppose que vous n'aurez pas de problèmes d'argent pour cette course.

Avec un sourire entendu à Alia, le chevalier prit les épaules du jeune homme entre ses mains et le poussa doucement vers elle.

-Je ne vous ennuie pas plus ma Dame, l'Intendant m'attend sous peu il me semble.

Afin de jouer le jeu jusqu'au bout, Philip s'incline avant de quitter la pièce en refermant la porte.
Peut porté sur le mensonge, le Chevalier se dirige vivement vers la salle où doivent se poursuivre les préparations du voyage. Philip est heureux d'être venu en premier lieu en Quetaïn pour discuter cette affaire. Le sens poussé du commerce de ce royaume offre bien des avantages à qui accepte de jouer le jeu. Ainsi, un voyage qui aurait du sévèrement alléger les caisses de l'Ordre, se transforme en la plus importante caravane de l'année. Déjà l'on discute le nombre de Chevaliers disponibles pour cet événements et l'Intendant immisce l'idée de le rendre annuel. Il pourrait en résulter de sérieux avantages pour l'Ordre, pour peu que Quetaïn n'essaie pas d'en tirer trop d'avantages.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 9 Aoû 2013 - 11:58

Leï état impatiente de bouger à nouveau. Elle n’avait jamais aimé l’immobilité, et encore moins dans des endroits pareils. Et puis, elle n’avait pas de temps à perdre ; plus ont partait en chasse tôt, plus les traces étaient fraîches.
Celles de se nouvelle proie allaient probablement être parmi les plus ardues à suivre. Ce mercenaire n’avait pas l’air d’être de ceux à s’afficher partout. Et, avec l’apparition des chevaliers, il devait bien se douter qu’elle allait le poursuivre.
Ironie du sort, le mercenaire venait de lui offrir l’extrémité d’un fil qui allait la mener à sa mère. Elle ne doutait pas de réussir à le faire parler. La torture était devenue une de ses spécialités. Elle ne l’affectionnait pas particulièrement mais n’hésitait pas à s’en servir.

Quelqu’un frappa à la porte. Leï releva la tête, agacée d’avance. Le chevalier alla ouvrir. Un jeune humain se tenait dans l’encadrement.
Allons bon…

-Entre que je te présente à Dame Alia. Ma Dame, permettez moi de vous présenter ce jeune homme qui est mis à votre service par le palais, pour le temps de votre séjour. Comment t'appelles-tu mon ami?

Que… Dame ?!
Elle avait l’impression de rêver.

-Ke .. Kevin, messire.
-Bien, je vous laisse donc Kevin pour répondre à vos besoins. Je crois qu'il se fera un plaisir de vous chercher ce débardeur et ce pantalon noirs. Je suppose que vous n'aurez pas de problèmes d'argent pour cette course.

Par les dieux…
Elle fusilla le chevalier du regard. Il devait bien être le seul à trouver cela drôle.

-Je ne vous ennuie pas plus ma Dame, l'Intendant m'attend sous peu il me semble.

C’est ça, dégage… Avant de passer malencontreusement par la fenêtre…
Elle scruta le visage du gamin humain. Il avait l’air fébrile.
Je me demande ce qu’il a bien pu lui raconter… « Ma Dame ». Non mais vraiment, y a des coups de poignard qui se perdent.
Elle se concentra et entra sans mal dans le rôle qu’on lui avait assigné malgré elle. Discernant un sourire limpide au gamin, elle lui demanda d’aller lui chercher ces habits. Il fit une courbette maladroite et fila aussitôt, à son plus grand soulagement.
J’ai comme l’impression que je ne vais pas tarder à m’envoler.

Elle se leva et alla jusqu’à la fenêtre, s’y penchant. Quelques secondes, et l’assassin avait déjà calculé son futur saut. Non qu’elle aimait fuir comme une voleuse, mais elle était forgée par ses habitudes, et même si les chevaliers n’avaient pas l’air bien malins, elle n’avait guère envie de passer beaucoup de temps en leur compagnie.
Et puis, elle ne dédaignait jamais un joli sait.

Se sentant comme un animal dans une cage trop étroite, elle commença à faire les cent pas dans la pièce. Elle saisit négligemment une pomme sur le plateau et la croqua. Bien que n’ayant pas très faim, elle ne pouvait cracher sur de la nourriture dans son état.
Leï retourna à la fenêtre. Toujours pensive, elle dénoua le lien de cuir attaché à son cou et observa l’aile d’ange creuse. Après un bref moment de réflexion, elle glissa sur le lien le pendentif en forme d’aigle, hésita, le retira et le rangea dans sa poche. Ce n’était pas une bonne idée de se balader avec. Elle rattacha le lien dans sa nuque.

Trois coups timides la fit se retourner vivement. Elle lança un bref « entrez ». Le gamin humain – quel était son nom, déjà ? ah, oui, Kevin – entra, avec dans les bras les vêtements qu’elle avait demandés. Elle avança vers lui, reprenant son rôle – dieux, qu’elle haïssait jouer une « dame » - et le pria de sortir, le temps qu’elle se vêtissent, songeant avec un plaisir malin qu’elle n’allait pas hésiter à le faire longuement poireauter.
Et puis, franchement, à quoi servaient les gens comme ça ? Il fallait être handicapé pour avoir besoin d’une aide, et elle n’était pas handicapée.

Une fois le gamin sorti, elle se dévêtit rapidement, sans oublier de sortir l’Aigle de fer de sa poche pour le ranger dans le nouveau pantalon. Elle esquissa quelques gestes amples, satisfaite, et jeta les habits sales dans un coin de la pièce.
Puis l’assassin alla s’asseoir sur le bord de la fenêtre, les jambes pendant dans le vide, attendant simplement qu’assez de ses forces reviennent.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 10 Aoû 2013 - 23:11

Spoiler:
 

Elle avait su qu'une cohorte de Chevaliers arrivait sur Quetaïn, bien avant tout le monde, et, honorant le pacte qui la liait au Sultan, l'en avait averti. Ou du moins son Intendant, Inanna ne se faisant guère d'illusion : elle avait envoyé deux de ses meilleures filles au Sultan, elle se doutait bien qu'il n'allait pas prendre de nouvelles personnellement, à moins d'une attaque.

Utu lui avait demandé, avec son langage bien particulier, si elle souhaitait accueillir l'Ordre, mais elle avait rejeté la proposition : deux de ses confrères étaient déjà dans le palais, nul doute qu'ils seraient sur place bien avant elle, en profitant pour appâter les Chevaliers... et elle doutait que l'Ordre apprécie de voir la Maîtresse des Plaisirs dans son champ de vision. Bande d'imbéciles coincés. Plusieurs étaient déjà venus à la Demeure Liliale, à Feïral, et en étaient repartis satisfaits. Tant d'hypocrisie faisait rire Inanna.

Mais c'était cette même hypocrisie qui faisait tourner la roue de la politique.  Alors la Mère s'était résignée, tandis que le soir tombait. Elle voyait déjà l'Intendant dire que les Chevaliers n'étaient pas attendus, mais quand un miséreux était venue la voir en l'informant de la nouvelle, c'était jouer un jeu osé que de prétendre tout ignorer de la venue des hommes en armure...

La seule chose sur laquelle elle ignorait tout, c'était pourquoi ils venaient... et voir autant de Chevaliers rassemblés avait quelque chose d'extrêmement intriguant. Elle avait alors dépêché un des enfants qu'elle utilisait comme messagers, trop jeunes pour avoir fait le choix de la servir en tant qu'homme ou femme de plaisir, de garde ou d'espion. Pour être exacte, un adolescent, qui n'avait pas son pareil pour laisser traîner ses oreilles. Une fois son espion envoyé, Inanna était revenue à ses activités habituelles : recevoir ses « Invités », accueillir les clients, négocier avec untel pour des ballots de soie, untel pour une cargaison de vin fin...

L'Hétaïre venait d'embrasser le front de son fils pour lui souhaiter bonne nuit quand une autre nouvelle était tombée.

Une attaque. Dans la vieille ville, là où les miséreux s'entassaient. Plusieurs d'entre eux, pour la perspective d'un peu d'or ou d'un repas copieux et chaud, s'étaient précipités vers le Temple pour y rapporter la nouvelle : Inanna ne se cachait pas de récompenser quiconque lui apportait la moindre information.

Bigre, les surprises s’enchaînent, ce soir...

La Maîtresse des Plaisirs et ses espions n'étaient pas là pour aider ou même sauver la victime de l'attaque. L'important était de savoir qui, pourquoi... Elle pouvait bien mourir que ça en revenait du pareil au même. Plusieurs paires d'yeux étaient braqués sur la scène, des oreilles entendirent certaines paroles... mais pas un des spectateurs ne bougea le petit doigt. Même quand les Chevaliers, dont le Commandant de l'Ordre, intervinrent et sauvèrent de la mort une elfe rousse...

Inanna observait la scène par procuration... ce qui avait, d'un certain côté, le don de l'agacer. Des yeux qui n'étaient pas les siens pouvaient se tromper, une langue fourcher, la mémoire se fausser... Mais ce qui parvint à ses oreilles pourrait se monnayer cher. Elle ignorait ce qu'était cette histoire d'aigle de fer, de mère qui voulait tuer son enfant, mais la victime... ah ! Recoupant les diverses informations qui lui avaient été données, le physique de la fille, sa manière de se battre, ses caractéristiques... la Mère avait deviné.

Qui n'avait pas vu les avis de recherche placardés... ? Qui n'avait pas entendu les exploits douteux de Leïna Liuwën, l'Ange Noir, et de ses cheveux enflammés... ? Que le Commandant Sartin sauve un assassin avait une ironie, un sel qu'Inanna goûtait avec un plaisir non dissimulé.

Elle dut attendre le lendemain pour avoir de plus amples nouvelles. L'adolescent qu'elle avait envoyé au palais était revenu, avec les deux filles, et elle avait pu en apprendre plus, notamment sur le destin de Liuwën, mais aussi sur la présence des Chevaliers à Quetaïn. Sartin était resté plus longtemps que prévu, grâce aux débats sans fin de l'Intendant et de ses confrères Seigneurs-Marchands. On pouvait présumer qu'il resterait encore un certain temps, pour veiller sur cet Ange Noir qu'il s'est fait un devoir de protéger. Et là, une fois encore, se posa la question de savoir si Inanna s'en mêlait ou non.

Elle s'était déjà tenue en retrait, par courtoisie, une fois. Mais là... Il y avait un assassin dans le Palais du Sultan, et elle était la seule à être au courant. D'un autre côté, avec autant de Chevaliers, Liuwën se tiendrait à carreau.

Mais il était de son devoir de prévenir Mitram Al Kerpan. Ou du moins, une fois encore, l'Intendant. Et sans doute ce grand benêt de Commandant qui n'avait même pas été fichu de reconnaître une fille que son Ordre recherchait.

Elle resta un instant à réfléchir, faisant jouer une mèche de ses cheveux... Puis elle prit sa décision.

Laisser Philip Sartin, le héros de son fils, dans l'ignorance pourrait être considéré comme un crime de la part de Batu Al-Vyr... Et si Inanna n'avait guère de scrupule envers les autres, paraître pour une criminelle aux yeux de son unique fils était une déchirante option qu'elle ne souhaitait pas tenter.

Inanna, accompagnée de son Fidèle, quitta le Temple du Soleil et de la Lune pour le Palais de Quetaïn...

***

Premier obstacle, un Sultan indisponible. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas comme si la Maîtresse des Plaisirs ne s'y attendait pas. Elle irait voir l'Intendant. Elle demanda où il se trouvait, et rencontra ainsi son deuxième obstacle : un serviteur buté.

- Dame Al-Vyr, je regrette, l'Intendant est en réunion privée avec le Commandant Sartin et les Seigneurs-Marchands Cad-Dag et...
- Et vous me dites cela parce que vous pensez que ça m'intéresse ? siffla Inanna.

Elle n'allait tout de même pas dire à cet impudent de quoi il en retournait exactement, mais un peu d'intimidation n'avait jamais fait de mal à personne. Surtout qu'Utu, qui avait fraîchement teint ses cheveux en vert, n'avait pas son pareil pour effrayer les autres. Trouvez un grand elfe maigre muet qui vous fixe comme s'il avait le pouvoir de dévorer votre âme, et vous verrez que les gens deviennent soudainement plus loquaces.

- Écoutez, ma dame, je ne souhaite pas vous froisser, mais...
- Vous venez justement de le faire en m'interdisant l'entrée. Continuez ainsi et l'Intendant ainsi que le Sultan sauront pourquoi vous m'avez défendue de leur porter un message de la plus haute importance. Vous savez qui je suis, mon garçon, et les mots que je porte sont trop importants pour le confier à tierce personne.

Elle vit très précisément le teint du serviteur virer au blanc maladif quand il avala difficilement sa salive. Non seulement à cause de ce qu'elle venait de dire, mais également au ton sec comme un fouet qu'elle venait d'employer... et évidemment, grâce du regard tétanisant d'Utu.

- Je... Je vais vous mener à l'Intendant, ma dame.
- Ravie de voir que vous êtes doté d'oreilles, mais inutile, je connais le chemin. Veillez simplement à ce qu'on me laisse passer... Mais vous pouvez amener mon cher Utu à la porte de notre invité elfe. Il aimerait échanger avec elle quelques nouvelles d'Enetari. Vous connaissez les manières des elfes, minauda-t-elle.
- A... A la porte de... de dame Alia Ezer ? Pourq...
- Avez-vous perdu une fois de plus vos oreilles ? susurra Inanna. Vous l'amenez à la porte. Fissa !

Le serviteur pâlit encore plus s'il en était possible quand elle claqua violemment des doigts à son dernier mot et quand le ton se fit nettement plus agressif. Inanna échangea un long regard avec Utu. Ils se connaissaient depuis tellement longtemps que cela suffit à transmettre ce qu'elle souhaitait dire. Bonne chance. Sois prudent.

Il lui renvoya un sourire attendri, et partit à la suite du pauvre servant qui faisait simplement son travail. Une chance, d'autres avaient assisté à l'échange, et avaient couru passer le mot.

Inanna Al-Vyr arrivait, et elle n'avait pas l'air d'humeur à être contrariée.

Le bruit de son pas pressé résonnait contre le marbre du sol, tandis que certains serviteurs s'inclinaient devant elle. Elle arriva finalement devant la salle où devait se tenir la réunion avec l'Intendant, le Commandant de l'Ordre des chevaliers, et les deux autres Seigneurs-Marchands qui négociaient leur part du gâteau. Elle allait leur en donner, tiens, d'un autre pain à mastiquer.

C'est avec le côté théâtral qui la caractérisait qu'elle ouvrit en grand les portes, port de reine et menton relevé.

Ceux présents dans la salle tournèrent la tête vers elle. L'Intendant fronça les sourcils, intrigué, les Seigneurs-Marchands échangèrent un coup d’œil calculateur. Un troisième Seigneur-Marchand venait d'entrer dans la partie et ils ignoraient quel était le plan d'Inanna. Le triste sort qu'elle avait réservé à son ancien mentor et à la progéniture de celui-ci était toujours cité comme avertissement pour les jeunes marchands qui se disaient qu'il serait bien simple de duper une femme... Mais Inanna n'avait d'yeux que pour lui, l'homme qui dépassait de presque une tête tous les autres... Philip Sartin.

Elle s'était vêtue d'une longue robe simple, d'un vert d'eau, qui dissimulait ses pieds et traînait légèrement au sol. Pas de décolleté, une fois n'était pas coutume, mais un haut col qui lui allongeait le cou et lui donnait un air encore plus altier, et relativement peu de bijou, si ce n'était qu'un simple voile brodé de cuivre posé sur le haut de son crâne et enveloppant également ses bras, et une ceinture d'anneaux de fer et de métal grossier, bien loin des or et argent dont elle avait l'habitude. Elle avait attaché en une tresse lâche ses longs cheveux noirs, par un lien de cuir, et quelques mèches retombaient autour de son visage. Peu de maquillage, aussi : un rouge à lèvres discret et les yeux soulignés de khôl.

Une modestie dont elle n'était pas coutumière, mais la personne qu'elle devait charmer, accaparer, ne se laisserait pas tenter par des attraits aussi bas que la naissance d'une poitrine ou d'un tissu un peu trop transparent, pas plus que de la surcharge de bijou.

Elle fit une petite pause après une entrée fracassante, pour fermer les portes. Puis elle toisa son public, en particulier Philip. Il était temps de parler. Un sourire étira sa bouche charnue, tandis qu'elle fit une gracieuse révérence... dont l'ironie et la dérision étaient claires.

- Messires, pardonnez-moi de vous interrompre, mais un fait devrait plus retenir votre attention, je pense, qu'une expédition pour engager des recrues. Cette campagne étant cependant importante, Commandant Sartin, rajouta-t-elle en hochant avec délicatesse la tête.
- Ma dame, de grâce, parlez. Habituellement, vous ne venez jamais vous même, pour les... nouvelles.

Elle aurait pu embrasser l'Intendant sur les deux joues. Il magnifiait son effet sans même qu'il s'en rende compte.  Elle ne put empêcher un éclat de vanité de traverser son regard, alors qu'elle se composait un visage plus grave, plus sérieux.

- Intendant, mettez notre bien-aimé Sultan en lieu sûr. Il y a un assassin entre ces murs.
- Mais... qu... qui ? Comment... ?

La rime n'était même pas voulue, mais cela donna un cachet tout tragique à la scène. Alors que l'Intendant balbutiait elle ne savait quelle incohérence, ses yeux noisette se posèrent une fois de plus sur le Chevalier, et un demi sourire étira ses lèvres.

Si avec ça, je ne tiens pas son attention, au Commandant Sartin...

- Votre coupable se trouve dans cette même pièce, cher Intendant...
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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Jeu 22 Aoû 2013 - 15:26

Le débat est multiple autour de cette grande table, il faut dire que le nombre des délibérant dépasse celui des organisateurs. Présidée par l'Intendant de Quetaïn, l'assemblée se compose des deux seigneurs marchands que Philip à rencontré à son arrivé, de fidèles assistants d'autres Seigneurs absent mais sans doute intéressés, des conseillers de Quetaïn, de Philip et ses intendants ainsi que d'une poignée de riche nobles. Pourquoi tant de monde ? Cela s'est expliqué en cours.
Un tel peut fournir les chariot et les montures nécessaires au transports des marchandises, que bien d'autres vont être heureux de faire acheminer à travers le continent en vu de larges profits, tandis que d'autres proposent une main d'oeuvre, et au vu du nombre de chariot et d'objets elle sera nécessaire. Les nobles forment les investisseurs principaux du voyage. En effet, malgré son opulente richesse, Quetaïn ne pourvoira pas à tout les fonds nécessaires à réunir ce beau monde. Pourquoi devrait-elle investir alors qu'elle gagne déjà profit sur tout import export du royaume et sur toutes activité des Seigneur marchand ? De plus, l'union se faisant chez elle, la caravane portera son blason et se fera sous sa directive. Autant dire qu'elle y gagne déjà son petit pourcentage..
Et c'est là que tout à explosé. Les questions de pourcentages.

Partout, l'on réclame tant de places, pour tant de poids de marchandise, estimée à tel prix, qui rapportera en moyenne tant, qui nécessitera quelque main d’œuvre, le tout devant être nourrit et transporté, nécessitant à nouveau plus de place, donc plus de chariot, coûtant à nouveau plus cher, faisant exiger un plus haut taux de remboursement, faisant hurler les uns, se frotter les mains les autres et effrayant Philip.
Par tout les dragons de la Terre, offrez lui milles champs de batailles plutôt que des négoces avec Quetaïn. Heureusement, ses Intendants sont mieux versés dans les domaines du chiffre et de la parlote. Rappelant que le voyage est initialement prévu pour trouver et transporter de futurs écuyers, ils parviennent à faire réserver cinq chariot et la promesse d'obtenir toute place supplémentaire pouvant s'obtenir afin de les transporter. Formant aussi l'escorte de la caravane, ils obtiennent tout ceci gracieusement et en viennent même à demander leur bénéfice lorsqu'il s'avère que plus de chevaliers seront nécessaires. Certains font mines de s'offusquer, évidemment ils s'imaginent toujours que l'Ordre n'a pas besoin de richesses, et il est vrais qu'ils s'en passent lorsque cela est permis, mais un rapide rappel du prix estimé d'un mercenaire de l'envergure d'un chevalier et de son équipement à tôt fait de leur rabattre le caquais. Envisager un léger bénéfice leur est bien plus rentable que payer un chevalier à la tête. Normal, l'armure vaux une petite fortune à elle seule ! S'ils en veulent une trentaine en plus !

Finalement, au bout de quelques heures de négociation intense, un scribe parvint à lister tous les accords et les conditions de cet impressionnant voyage. Il faut dire que ces Historiens, car s'en est un, sont doués. Pas une rature dans la belle écriture claire et épurée de l'homme. Pourtant, les babillages n'ont pas du l'aider à prendre ses notes !
Chacun, à tour de rôle, vient apposer son sceau, sa signature ou sa marque, certifiant par là qu'il se soumet aux lois concernant les accords commerciaux de Quetaïn et qu'il respectera les clauses particulières de celui-ci. Et puis, la salle se vide, jusqu'à ne plus laisser que les quelques organisateurs de ce beau chaos.
Est-ce la fin ?

Eh bien non, l'Ordre et Quetaïn n'ont pas encore signé, il leur faut encore parler des chevaliers qui seront réquisitionnés. Cette fois, Philip peut s'avancer sans trop de frayeur.


-En général, nous prenons deux chevaliers pour quatre chariots, étant donné l'étendu du convois, d'approximativement 50 chariots..
-Très exactement 53, mais ce nombre pourrait augmenter si d'autres participations se font.
-Donc, 53 chariots, soit 26 chevaliers selon les critères habituels, plus des éclaireurs et , nécessairement étant donné la taille de la caravane, des officiers pour faire relayer les ordres. J'envisage donc d'emmener 32 chevaliers.
-Pensez vous que cela suffira ?
-Je ne vous cache pas qu'un tel rassemblement d'homme de nos hommes n'est pas fréquent. Le palais accueille actuellement 10 chevaliers, je sais que deux autres sont actuellement dans la capitale est susceptible de nous rejoindre. Pour les derniers, je devrais les faire venir d'Avalon, notre forteresse la plus proche, ce qui réduira sévèrement ses effectifs. Cependant, l'Ordre n'est composés que d'hommes valeureux et efficaces. Je vous assure qu'avec 32 chevaliers, une caravane de 60 chariots ne risquera rien. La seule énonciation de ce chiffre ferait fuir les mieux armés des brigands.
-Voulez-vous vraiment retirer tant d'hommes d'Avalon ? Les terres au nords sont le repaire de bien des malfrats ! La région risque de payer l'absence de vos hommes..
-Intendant...


Mais alors que le chef de l'Ordre allait finir ça phrase, les portes s'ouvrirent vivement, révélant une silhouette aussi élégante qu'inattendue. Les yeux glacials du commandant se figèrent sur elle avec un soupçon d'agacement dans le regard. Il se délectait déjà de répondre à l'Intendant que l'armée de Quetaïn allait devoir se bouger les miches pour une fois. Bien sûr, cela aurait été plus poli, tout comme il aurait légèrement omis de signaler que la forteresse garderait de bons effectifs malgré tout. En effet, Avalon n'est pas moins pourvue d'hommes de réserve qu'Utop. Si l'on craint les conflits entre Akeraï et Feïral, il en va de même pour les elfes et les nains. S'ils ne se sont encore jamais adonné à la guerre, les conflits entre eux semblent tomber de manière très aléatoire et surprenante. Il faut bien que l'ordre se prépare à intervenir, d'autant que cela lui permet de garder un œil sur le monastère des historiens. Qu'arriverait-il si leurs reliques, aussi dangereuses que vieilles, se perdaient entre de mauvaises mains ?
Si la vigilance de l'ordre au nord des terres va se réduire, elle restera suffisante pour mâter les hors la loi de Quetaïn.

Cependant voilà ! Cette invitée surprise l'a coupé dans son élan. Cela se serait-il passé dans sa forteresse qu'il aurait pu s'enquérir de sa présence et juger si cela valait le coup. Mais ici, c'est à l'Intendant de réagir et celui semble trop surpris pour réagir vivement. Il y a donc assez de temps pour que Philip capte son regard. Pas de doute, elle est venu pour lui. Mais pour quoi donc ? Il n'a pas souvenir d'avoir rencontré pareil créature dans le passé, d'autant que sa mise la classe au sommet de la société. C'est donc qu'il s'agit d'une reine marchande. Belle et sans doute influente à en voir les regards sceptiques de ses confrères, Philip ne mit pas long à mettre le doigt dessus.
Tout les seigneurs et personnages influents ont entendu parler d'elle, pas seulement parce qu'elle possède pratiquement toutes les maisons de charme du continent, mais surtout parce que l'on dit qu'elle sait tout sur tout.

Voici donc Inanna Al-Vyr.


- Messires, pardonnez-moi de vous interrompre, mais un fait devrait plus retenir votre attention, je pense, qu'une expédition pour engager des recrues. Cette campagne étant cependant importante, Commandant Sartin

Philip hausse un sourcil moqueur. Certes, elle est au courant d'un traîté qui n'a été décidé qu'en présence de puissantes personnalités de Quetaïn dont elle ne faisait pas parti, mais en deux jours, déjà bien des personnes devaient être au courant de ce projet. Alors, même s'il semble remarquable, et il sait qu'elle le voulait ainsi, qu'elle en sache tant, il attend qu'elle fasse mieux avant de la croire omnisciente.

- Ma dame, de grâce, parlez. Habituellement, vous ne venez jamais vous même, pour les... nouvelles.

Aurait-il fallu être aveugle pour ne pas percevoir qu'un drôle de jeu ce fait là. A quoi jouent-ils de faire attendre cette nouvelle quand l'accord est si proche de son terme ? Qu'ils mettent fin à se suspense et entre dans le vif du sujet.

- Intendant, mettez notre bien-aimé Sultan en lieu sûr. Il y a un assassin entre ces murs.
- Mais... qu... qui ? Comment... ?

Fin des moqueries, la nouvelle est bien plus grave qu'attendue. Qu'elle dise vite qui qu'il réunisse ses hommes pour le traquer. Un assassin est en danger sérieux, et avec tant de chevaliers dispersés dans le châteaux, ils pourraient être tentés de frapper l'Ordre. C'est déjà de cette façon qu'il a perdu tant de ses camarades, il y a maintenant bien longtemps.

- Votre coupable se trouve dans cette même pièce, cher Intendant...

Et en disant cela, elle porta son regard sur Philip. L'accusation est évidente et déjà l'un de ses intendants s'offusque et s'apprête à intervenir. Le commandant l'arrête cependant en levant sa main gantée. Ne serait-ce que par l'armure qu'il porte, cette accusation devrait être oubliée sur le champs. Mais parce qu'il n'est pas trop imbu de lui même et aussi parce qu'il est connu pour se montrer juste, il prendra le temps de comprendre. Et de chercher.
Ses yeux se sont déjà promené sur elle et il sait pertinemment que ses paroles et ses gestes sont finement calculés. Même lui pourrait si laisser tromper à agir trop vite.


-J'ai entendu parler de vous, Inanna Al-Vyr. L'on a pas menti votre beauté, pas plus que l'on ne m'a caché vos.. connaissances. J'ose croire que vous ne m'accusez pas de la volonté d'assassiner qui que ce soit et je serais fort déçu que vous me pensiez capable de commanditer un meurtre. Je vous le demande donc, de quoi suis-je coupable, moi qui défend la vie depuis que l'on m'a remis cette armure et cette épée. Et prenez garde à ne pas me mentir, car je le saurais.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 23 Aoû 2013 - 20:14

Un frisson de plaisir extatique la parcourut. Là, on entrait dans la danse, là, on allait enfin pouvoir gronder, montrer les crocs, se tourner autour... et à la fin, il perdrait. Comme tous. Songer déjà à voir le grand Chevalier vaincu lui en donnerait presque des palpitations. Mais un morceau de choix comme celui-là, on prend son temps pour le déguster. Observer déjà les petits roquets du Commandant s'agiter et se mettre presque à japper avait une saveur délectable.

- J'ai entendu parler de vous, Inanna Al-Vyr. L'on a pas menti votre beauté, pas plus que l'on ne m'a caché vos.. connaissances.

Hochement de tête exquis. Du moins n'était-il pas ignorant, et, là ! même galant. Pas que la formule soit très élaborée mais du moins connaissait-il la bienséance.

- J'ose croire que vous ne m'accusez pas de la volonté d'assassiner qui que ce soit et je serais fort déçu que vous me pensiez capable de commanditer un meurtre. Je vous le demande donc, de quoi suis-je coupable, moi qui défend la vie depuis que l'on m'a remis cette armure et cette épée. Et prenez garde à ne pas me mentir, car je le saurais.

Elle ne tint plus, un sourire éclatant illumina son visage, tandis qu'elle infléchissait légèrement la nuque, signifiant qu'elle tiendrait compte de l'avertissement du Commandant Sartin. Dans la manière de prononcer ces phrases, elle y reconnaissait une certaine mise en scène... Mettre en avant la fierté blessée, la vertu dont il avait fait preuve pendant tant d'années... C'était charmant. Elle était même admirative de la technique employée. Oh, elle ne doutait pas que Philip n'en ait pas fait exprès, mais même... venant de sa part, c'était encourageant.

Ne pas lui mentir, car il le saurait ? La blague ! Elle était certaine que si une Liuwën blessée avait pu le duper, elle pourrait sans problème lui raconter ce qui lui chantait, au géant aux yeux bleus !

D'un ton de miel, presque ronronnante, Inanna se tourna vers l'Intendant et lui fit un signe gracieux de la tête.

- Messire... Cette affaire ne concerne que l'Ordre et Quetaïn, il me semble, non ?

La demande était implicite et l'Intendant hocha la tête. Inutile que l'affaire s'ébruite d'autant plus. Les Seigneurs-Marchands écoutaient déjà par tous les pores de leur peau, mais l'accord qui n'attendait que d'être conclu pouvait fort bien se retrouver malmené si la réputation des Chevaliers venait à être entachée. Pour Inanna, il s'agissait simplement d'asseoir un peu plus son pouvoir et son autorité. Voir, peut-être, que l'autre benêt de Commandant s'en retrouve reconnaissant que l'affaire ne dépasse pas les murs du Palais et soit traitée entre les parties concernées.

En s'inclinant et en les remerciant, l'Intendant signifia leur congé aux Seigneurs-Marchands, avec la promesse de les faire mander quand toute cette sordide histoire d'assassin sera terminée. Inanna leur lança un regard presque triomphant.

Puis elle revint sur le grand Chevalier, s'avançant dans la pièce avec sa démarche souple, et se posta à ses côtés. Elle devait presque se dévisser le cou pour pouvoir le regarder dans les yeux, mais qu'importe. Elle était suffisamment proche pour être entrée dans son espace. Pour s'imposer. Ce n'était pas avec sa petite taille et ses formes couvertes qu'elle arriverait à dominer.

Elle gratifia Philip de son sourire d'ange déchu et reprit.

- Vous, commanditer un meurtre... ? Non. Je vous crois capable d'exécuter vos ennemis vous-même plutôt que de vous replier derrière quelqu'un d'autre. Et je crois me souvenir que nous n'avez pas beaucoup d'ennemi, n'est-ce-pas ? Cela dit...
(elle haussa les épaules) je dois avouer que vous ne m'êtes pas assez familier pour que je puisse affirmer votre totale... innocence. Vos exploits retentissent jusqu'ici, mais ce n'est pas assez pour me convaincre de votre parfaite vertu. Tout homme à ses vices et ses secrets nauséabonds.
- Ma dame ! s'exclama, offusqué, l'Intendant. Le Commandant Sartin est sous notre toit. C'est un hôte.

Elle ferma les yeux et donna son air le plus ingénu à l'homme et s'appuya contre la table, jouant avec son voile d'un geste aguicheur.

- Je n'ai jamais caché la vérité à qui la désirait, et le Commandant Sartin la désire, non ? Je commencerai à croire en l'innocence de ceux que je croise quand Feïral fera la paix avec Akeraï, quand les nains boiront avec les elfes, quand Weranoï acceptera l'or, quand les Assassins travailleront avec les Chevaliers comme les pirates avec les Seigneurs-Marchands. Oh, et quand les mers s’assécheront, que le soleil se lèvera à l'ouest et que l'eau se changera en feu. Alors, hôte ou pas hôte, pour moi, notre bien-aimé Commandant Sartin reste celui qui a introduit cet assassin dans le Palais. C'est comme s'il tendait à l'assassin la dague pour égorger le Sultan ou quiconque ici.

Silence. L’œil brillant d'amusement, Inanna s'offrit le caprice d'observer une à une les figures de la pièce. Les chevaliers étaient outrés, l'Intendant d'une pâleur de lait caillé, mais lui, oh lui ! La tête qu'il tirait ! Somptueuse ! Elle aurait tant aimé capturer à jamais cet instant. Maintenant, il s'agissait d'enfoncer le clou, de rendre la révélation plus triomphale encore.

Elle se redressa, tournant lentement autour de Philip comme si elle était un chat et lui le canari prévu au dessert. Sa voix était câline, son regard compatissant.

- Que savez-vous de votre chère, si chère invitée elfe, doux Commandant... ? J'aimerais pouvoir encore ressentir une telle confiance chez les autres, mais à votre niveau, à votre position... cela devient naïveté. Alia Ezer... ? Vraiment... ?

Elle éclata d'un rire, chaud, lumineux comme l'été.

- Cheveux roux, regard embrasé... une belle capacité de se battre, et oh ! c'est curieux... dans la ruelle, j'ai entendu une toute autre chanson... Un peu comme celle des avis de recherche placardés dans certaines villes...

Elle s'arrêta de bouger, posant ses mains fines sur ses hanches, l’œil noisette contre l’œil de glace, et le miel de son sourire se transforma en venin.

- Je ne sais pas ce qu'elle vous a raconté pour vous embobiner de la sorte, mais dans tous les cas, son véritable nom est Leïna Liuwën. Membre de la guilde des assassins. Et vous l'avez introduite ici.

Elle donna une pichenette sur l'armure rutilante du Chevalier, comme si elle écartait une poussière. Son sourire enjôleur était revenu, et elle pencha gracieusement la tête sur le côté, ses prunelles toujours rivées dans les froides aigues-marines de Philip, mi-défiantes, mi-charmeuses.

- Je ne sais pas si j'admire votre candeur ou si je vous plains d'être toujours crédule. Oh, pendant que j'y suis, j'ai cru comprendre que vous lui aviez remis ses effets personnels, dont ses armes...?

Ce fut la goutte de trop pour l'Intendant, qui perdit contenance et dut s'appuyer lourdement sur la  table.

- J'ai envoyé mon second surveiller qu'elle ne parte pas. Mais je pense qu'il serait judicieux de se dépêcher, ironisa Inanna. Nous y allons, ou bien... ?

***

- Hem, maître Utu, vous êtes certain que... ?

L'elfe aux cheveux d'un vert vif posa doucement son doigt sur ses lèvres et écouta. Hormis la respiration lourde du serviteur, il n'entendit rien. Pas le moindre son ne filtrait de cette chambre, et cela ne lui plaisait pas. Liuwën pouvait bien être simplement assise, mais il avait du mal à voir un assassin rester inactif alors que des chevaliers l'entouraient. L'elfe fronça les sourcils. Il prenait le risque de contrarier sa douce et tendre, mais qu'importe. Elle serait aussi verte que les cheveux d'Utu si Liuwën prenait la poudre d'escampette.

- Dame Alia est en train de se changer, maître Utu, vous ne...

Avec un sourire narquois qui voulait tout dire, Utu ouvrit la porte, tandis qu'affolés, le serviteur et Kevin se précipitèrent pour l'annoncer, d'une même voix.

- Maître Utu, de la maison Al-Vyr !

L'elfe fixa la rouquine, désigna sa position précaire d'un geste. Kevin fut encore plus en émoi.

- D... dame Alia !

Il se rua à la fenêtre et la saisit par l'épaule pour la forcer à regagner le sol de la chambre, tordant par la suite le devant de son vêtement entre ses mains.

- S... s'il vous plait, ne faites plus jamais ça, si vous tombez, c'est moi qui... qui...

Utu haussa un sourcil. Bon, du moins, l'important était que Liuwën ne se soit pas envolée. L'elfe aux cheveux et à la tenue verts s'inclina. Maintenant, tenir Leïna jusqu'à ce que sa belle, sa câline arrive, avec Philip Sartin.

Une bagatelle.
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Philip Sartin
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Dim 8 Sep 2013 - 18:45

Satisfait que son accusatrice se plie à sa demande, Philip attend patiemment que les explications viennent. Et il n'est pas le seul. Toutes les personnes encore présentent autour de la table sont pendues aux lèvres d'Inanna Al-Vyr. Maîtriser ainsi la situation devait sûrement lui plaire, car ses lèvres s'habillent d'un sourire troublant, autant par son charme que par le contraste qu'il jette avec les mots qu'elle a prononcé plus tôt.
Cependant, Philip se trompait en la pensant satisfaite de son actuel contrôle de la situation. En effet, elle prend soin de dominer ses pairs seigneurs marchands en les faisant jeter à la porte sans plus de subtilité que si elle leur avait tiré la langue. La rivalité est choses courantes dans la haute société, elle est omniprésente à Quetaïn.
L'Intendant du Sultan se prête au jeu, grand habitué de ces parties de politique, le chef des Chevaliers reste de marbre. Originaire de Feïral, aussi calme soit-il, il est évident que la colère a pointé lorsque l'on a insulté son honneur. Que l'on fasse ainsi durer le moment des révélations à quelques fâcheuses tendances à l'attiser, et les doigts gantés de Philip ont bien envie de marteler la table pour presser la chose. Cependant voilà, il est ici en Quetaïn et c'est à l'Intendant que revient l'autorité en l'absence du Sultan. A vrai dire, son rang doit être inférieur à celui de la femme. En Quetaïn, l'argent est souvent le premier critère d'élévation.
Et elle doit le savoir, forcément puisqu'elle a du jouer ce genre de jeu des années durant, en faisant l'une de ses meilleures armes. Savoir tenir son publique en haleine et surtout savoir perturber ses adversaires. Mais ce que Philip ne comprend pas, c'est la raison pour laquelle elle s'en prend à lui. Qu'a-t-elle à gagner en frappant dans la tête de l'Ordre ? C'est ce qu'il aimerait savoir, mais le sourire toujours plus proche de la femme n'en dit rien, pas plus que son regard hypnotisant.
Que peut-elle bien attendre de lui ?


Enfin elle reprend la parole. Mi-flatteuse mi-insultante, elle joue de l'un à l'autre sans cesse, rappelant les exploits d'un certain Commandant pour aussitôt remettre en doute ça crédibilité. Bien sûr, l'Intendant tente d'intervenir, elle s'adresse tout de même à une importante force militaire et risque d'entacher l'image de Quetaïn. Mais Philip est bien loin de ce genre de soucis, tout comme elle. Le représentant de ce palais est rapidement écarté de la discussion.
De toute façon, toute l'attention de Philip est tournée vers cette femme, aussi perturbante dans ses propos que dans ses gestes. Si proche, les mouvement de ses voiles captent parfois le regard du Chevalier, lui rappelant qu'une jeune femme ravissante se tient là et lui faisant oublier que la salle contient d'autres personnes. Et sa voix n'en finit pas de se moduler et de semer toujours plus de doutes aussi légitimes les uns que les autres.
Fait-elle exprès de dépeindre le rêve de l'Ordre sous les traits les plus grotesques qui soient ? Créer un monde paix et de bonne entente semble impossible a travers ses mots..
Mais dans tout ça, où sont les révélations ?

-Alors, hôte ou pas hôte, pour moi, notre bien-aimé Commandant Sartin reste celui qui a introduit cet assassin dans le Palais. C'est comme s'il tendait à l'assassin la dague pour égorger le Sultan ou quiconque ici.

Introduire un assassin dans le palais ? Il n'a fait entre nulle autre personne que sa garde.. et puis la victime de la veille, Alia..
Les sourcils du chevalier se froncent dans un regard dur et menaçant, tandis que ses yeux se posent plus inquisiteur que jamais sur celle qui avance de telles accusations. Comme elle l'a si justement souligné précédemment, il ne va pas croire sa bonne parole sans preuves.
Néanmoins, rien dans le maintien de la reine marchande ne laisse supposer un mensonge, pas plus que l'éclat de son regard ne cache sa jubilation. Elle a l'air sûre de son information.. c'est embêtant.

Elle se met à tourner autour de lui, en prédateur confiant et absolu, mais la force du Commandant reste son esprit froid et calculateur. Loin de s'inquiéter de la perdre de vu, il croise les bras sur son armure et écoute les preuves qu'elle a à lui offrir. Pour ainsi dire, elle n'en a aucune.

Aussi charitable que soit Philip, il n'est pas assez naïf pour s'être laissser prendre par le faux nom de l'elfe. Dès lors où elle a été la cible d'un tel assaut, il s'était douté qu'elle devait avoir un passé brumeux. Personne ne donnerait son vrai nom à un Chevalier dans ce cas. Mais de là à l'accuser d'être un assassin, il y a un monde. Et la description qu'elle en fait est si large et dénuée de détail qu'elle pourrait correspondre à beaucoup de gens. Par ailleurs, il est persuadé qu'elle n'a jamais vu la dîtes elfe. Alors comment pourrait-elle la reconnaître à un avis de recherche ?

Mais surtout, le point qui fait hausser un sourcil au Chevalier est certainement celui qui précède le petit coup de doigt qu'elle fait claquer sur son armure. Membre de la guilde des assassin, deviné juste avec un nom. Il est pourtant rare d'obtenir les noms d'Assassins sans les avoir préalablement capturés. Ne viendrait-elle pas par mégarde d'en dévoiler un peu trop dans son emportement ? Par exemple, qu'elle ne connaît beaucoup trop sur les assassins et qu'un interrogatoire pourrait se révéler fructueux ?
Oui, mais voilà ! Les Seigneurs Marchands les plus influents sont à considérer comme des Seigneurs à part entière. Les offenser est un risque que peu d'organisations peuvent se permettre, pour ne pas dire aucune. Mais avec le soutient de l'Intendant.. Non, c'est une marchande et elle semble en avoir après lui. Ces informations pourraient être obtenus d'une autre façon.[/i]

- Je ne sais pas si j'admire votre candeur ou si je vous plains d'être toujours crédule. Oh, pendant que j'y suis, j'ai cru comprendre que vous lui aviez remis ses effets personnels, dont ses armes...?
-J'ai envoyé mon second surveiller qu'elle ne parte pas. Mais je pense qu'il serait judicieux de se dépêcher. Nous y allons, ou bien... ?


Tant d'audace ne pu que faire sourire Philip. Pourtant, l'Intendant lui semblait réellement pris de crainte. Il faut bien reconnaître qu'elle a du talent. Pas étonnant qu'elle ait fait une monté si fulgurante parmi les siens. Mais lorsque l'on a vécu sur des champs de bataille, l'on se muni d'un sang-froid étonnant. De plus, il est des bases que la haute politique semble parfois oublier, et qui sont pourtant légitimes d'observer.


-Je crois, ma dame, que vous agissez bien promptement pour une situation qui reste à l'état d'hypothèse, et c'est bien parce que vous avez agit en pensant au bien du Sultan que je ne m'offusquerez que ayez fait surveiller une invitée de l'Ordre. Car en effet, si vos soupçons sont bien vivement prononcés, il n'en reste pas moins qu'il est difficile de reconnaître le sujet d'un avis de recherche sans jamais l'avoir vu.. Tout autant qu'il l'est d'obtenir le vrai nom d'un assassin si je ne m'abuse.

Alors que le ton du chef des Chevaliers se voulait affable, au début, la dernière phrase s'est vue énoncée un dans un presque murmure que tous purent entendre. S'il n'est pas menaçant, Philip n'en oublie pas de souligner le mystère qui plane autour de la détentrice de tant d'information et de la provenance de ces dernières.

-Étant donc sous ma protection, l'Ordre se chargera lui même de vérifier vos dire. Si je me rappelle bien, tout les avis de recherches du royaume ont une copie à la caserne de la cité, mes hommes iront les chercher pour l'y comparer. Bien sûr, je vais devoir vous demander une chambre plus sécurisée, monsieur l'Intendant. Si vous le voulez bien, mes hommes vous accompagneront pour le transfert de ses quartiers.

Une légère inclinaison du buste devant l'Intendant eut tôt fait de le remettre sur ses pieds et de lui rappeler l'importance de son poste. Il sembla bien tenter de s'opposer, mais le regard glacial du commandant du l'en dissuader. Après tout, la solution proposée par l'Ordre ne prendrait que quelques heures pour innocenter ou condamner l'elfe, de plus qui mieux que des Chevaliers pour surveiller un assassin ? En l'absence de preuve formelle, il risquait de ruiner l'affaire en cours avec l'Ordre en s'opposant au Commandant. Prudence fait parfois bonne affaire.

-En effet.. nous serions mal avisés de juger trop vite. Votre droiture est respectable Commandant, je vous laisse donc vous occuper de votre.. invitée. Mais vous vous apercevrez sûrement vite que prendre Dame Al-Vyr en défaut est vain. Je vais dans ce pas mener Leï.. Alia Ezer dans une chambre sans fenêtres.

La face de Philip se mua en sourire reconnaissant, bien que légèrement forcé. Puis il se tourna vers ses propres intendants.

-Je veux Tenebrin devant sa porte, toujours accompagné d'au moins un Chevalier. Et occupez vous de cette histoire d'affiches aussi.

Les deux hommes hochèrent la tête avant d'emboîter le pas de l'Intendant et de passer la porte, laissant le Chevalier et la délicieuse Inanna en tête à tête.

-Avant que nous n'allions rendre visite à  mon invitée et votre acolyte, je crois que vous avez des choses à me dire.

Recroisant les bras sur son armure, Philip plongea à nouveau dans les yeux noisette de la jeune femme. Dans le silence de la salle, il peut aisément saisir leur deux respirations et se surprend à trouver la sienne étrange. L'amure ne lui a pourtant jamais serré la poitrine. Serait-il en train d’appréhender les négociations qu'il va entamer ? Car oui, il doute de pouvoir appeler cela un interrogatoire, en ce lieu il ne la domine certainement pas.

-Que savez-vous des Assassins?



¤-~~***~~-¤


Comme s'il n'eut été qu'une question de temps, et sans doute est-ce le cas, l'Intendant s'est dirigé à pas précipités vers les quartiers offerts à l'Ordre. Comme on pouvait l'attendre de ces hommes d'arme, les intendants du Commandant Philip le suive au pas près, comme s'ils n'étaient que le dédoublement de son ombre, bien qu'ils ne soient pas aussi silencieux que son Ombre. Leurs bottes de cuir claquaient sèchement sur le sol dallé, tandis que leurs robes frottaient leurs rares protections de métal dans un étrangement apaisant. L'étrange mélange de leur tenu n'est après tout que la représentation de leur fonction. Des soldats qui manient la magie pour épée et les mots pour boucliers, bien que l'ont prétendent que certains fassent l'inverse. Des hommes étranges qu'il a appris à fréquenter et qu'il regrette de ne pas trouver posséder dans la cours de Quetaïn.
Si tout les chevaliers étaient ainsi, il y aurait de quoi former un empire, riche et puissant. Heureusement, ils ne sont pas les plus nombreux de leur Ordre.

Il arrive d'ailleurs rapidement devant une porte que deux gardes du palais s'empressent d'ouvrir à son passage. Ses pas reposent alors sur un petit salon tout ce qu'il y a de plus coquet et d'agréable. Il manque pourtant de tiquer en trouvant des hommes en armure aiguisant le fil de leurs armes, ou sans armure car occupé à la redorer, la laver ou quelconque autre activité qu'aucun invité de marque ne ferait.. donc que l'on ne trouverait pas dans ce coquet salon.

Une rapide inspiration le calme. Il décèle d'ailleurs dans l'air la douce saveur d'une fumée aux parfums entêtants. Pas de doute là dessus, c'est de la bonne herbe à tabac que l'on fume dans cet enfer de bêtes. L’œil avisé de l'Intendant trouve aisément le nain et sa pipe qui, assis sur un tabouret et une pile de coussin, fait face à un grand et bel elfe, comme ils le sont tous. Ça par exemple, il y en a qui qui savent jouer aux échec dans ce groupe de brutes?
Grand appréciateur des jeux de la haute société, il le faut bien quand on en est à la tête.. ou presque, l'Intendant aurait été curieux d'en suivre le déroulement. Cependant, ses ombres nouvelles l'abandonnent pour interrompre la partie et convier les fameux Tinebrin et Bafur à les accompagner.
Au moins le Commandant Philip semble-t-il choisir ses meilleurs éléments pour surveiller l'Assassin.
Car, si dame Al-Vyr le dit, il ne peut s'agir que d'un Assassin.

L'Intendant repart. Deux nouvelles ombres dans le dos. Deux nouvelles bottes, mais d'aciers cette fois, chantant au rythme de ses pas. Ils ne sont que quatre, mais il a la soudaine impression qu'une petite armée l'accompagne. Ce Philip doit réellement se sentir puissant de commander tant d'hommes de cette trempe. Il n'y a bien que pour cette raison qu'il se permettrait d'observer Quetaïn et les Seigneurs Marchands comme des égaux. Les richesses de l'Ordre seraient bien en peine d'intéresser le Sultan. Ce n'est que l'appui militaire de qui donne de la valeur à cet organisme.
S'il fallait réellement compter sur la garde pour contenir les rebuts et les rejetés du nord du royaume.. Cette pensée est inutile. On ne peut rien confier à la garde. Ces hommes n'ont rien de fiable, pour cause en Quetaïn, personne n'est fiable bien longtemps.

Leïna Liuwën en est la preuve.

Arrivé devant la dîtes chambre, l'Intendant se rend compte qu'il n'a plus que deux ombres. Les hommes en robe sont donc déjà partis à la caserne. Au milieux des cliquetis métalliques des armures du nain et de l'elfe, il ne les a pas entendu l'abandonner. Qu'importe, ces deux brutes devraient suffire. Oui, il a bien du mal à trouver quelque chose de raffiner devant des chevaliers en armure complète, même si celle de l'elfe semble fine et légère que celle de son compagnon.
Convaincu d'être en toute sécurité avec eux, l'Intendant ouvre la porte de l'Assassin et y entre flanqué de ses deux gardes, presque royaux.


-Dame Alia Ezer, veuillez nous accompagner je vous prie. Une chambre plus appropriée vous a été préparée.

Devrait-il être surpris de découvrir la nouvelle coiffure d'Utu, l'elfe à tout faire d'Inanna Al-Vyr? A quoi bon, cela ne s'améliorera pas.

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Leïna Liuwën
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 27 Sep 2013 - 21:57

Assise sur son rebord de fenêtre, Leï sentait, de son instinct développé suite à de longues années de fuites avec elle-même, avec les autres, et d'ennuis en tout genre, que justement un autre allait pointer le bout de son nez.

Et pourtant, elle restait sur son rebord de fenêtre. Non pas qu'elle cherchait les ennuis en question, mais aussi prise d'un sentiment de lassitude. Oh, elle pouvait s'enfuir. Sa chute serait rude, vu son état. Rejoindre l'auberge où elle avait déposé ses affaires aussi. Affaires qu'elle ne pouvait se résoudre à laisser. Trop de trésors, d'importance.

Et ensuite, il faudrait quitter discrètement la ville et se terrer le plus loin possible le temps que l'agitation retombe. Et le temps d'arriver aux portes de la ville, ces pénibles chevaliers seraient sans doute au courant de son « évasion », et l'efficacité de ces benêts était redoutable.

Alors elle décida d'attendre.
Et elle n'eut pas à attendre longtemps.
La porte s'ouvrit sans cérémonie aucune, et Leï haussa un sourcil de surprise devant le curieux spectacle qui s'offrait à ses yeux. Deux humains – l'un étant ce Kevin – s'étaient rués, affolés, dans la chambre, suivi par un elfe d'une apparence qu'elle aurait volontiers qualifiée d'exubérante et grotesque.
Des cheveux verts.

- Maître Utu, de la maison Al-Vyr !

De en semi-sommeil, l'esprit de l'elfe entra en ébullition. Al-Vyr. Cela lui disait quelque chose.
Un sourire clairement moqueur étira ses lèvres. Oui, évidemment. Elle était bel et bien dans la  merde. Inanna Al-Vyr possédait un nombre d'informations incroyable et savait bien souvent tout avant tout le monde. Un problème ambulant si on ne l'avait pas dans sa poche, ce qui n'était pas affaire aisée, d'après certaines rumeurs. Si son petit elfe était ici, cela annonçait de gros ennuis.
Et beaucoup d'amusement.
Les deux allant souvent ensemble.

Utu la désigna d'un geste, qu'elle aurait aimé préciser comme malpoli – non qu'elle ne s'en soucia vraiment – pour la forme, mais elle n'en eut guère le temps.

- D... dame Alia !

L'humain Kevin se précipita vers elle et la força à descendre de son perchoir – qu'elle trouvait pourtant merveilleusement confortable et... pratique – avant de triturer son habit avec une évidente nervosité.
Cet imbécile de Chevalier ne servait donc qu'à mettre les gens dans l'embarras ?

- S... s'il vous plait, ne faites plus jamais ça, si vous tombez, c'est moi qui... qui...

Leï retint un soupir de frustration et d'agacement et fit un léger geste de la main, qui rassura visiblement le gamin. Revêtant son air décontracté, elle avança de quelques pas vers Utu, tout en conservant une distance sûre, et plongea son regard dans celui, qu'on décrivait déconcertant, voire effrayant, du fidèle acolyte d'Innana. Il impressionnait certes les gens de bas étages, qui considéraient que manquer de farine était la fin du monde, mais elle était d'une autre trempe.
Elle l'étudia attentivement, en silence. L'atmosphère s'alourdit d'une légère tension, les deux humains turbulents ayant l'air déconcertés.
Une fois son analyse terminée, Leï s'autorisa un léger rire qui allégea quelque peu la tension et s'inclina imperceptiblement devant Utu, un sourire moqueur revenant se peindre sur son visage.

- Ravie de faire votre connaissance, Maître Utu...


Son ton était mielleux, à l'inverse de son regard froid et empreint d'un très léger dédain.

Une fois encore, la porte s’ouvrit sans avertissement, et sur trois autres personnages. Un nain, un elfe, un humain, les deux premiers étant revêtus d'une armure de chevalier. Trio bien étrange.
L'humain doit être l'Intendant... Pas quelqu'un de bien plus malin ou fiable que les autres, en somme. Et vraiment trop sûr de lui à mon goût. Et si on le faisait redescendre sur terre ?

-Dame Alia Ezer, veuillez nous accompagner je vous prie. Une chambre plus appropriée vous a été préparée.

Plus appropriée ? Donc sans sortie facile. Donc probablement sans fenêtre. Par les mers, c'est moins amusant pour le coup.
De sa démarche souple, elle passa devant l'acolyte d'Al-Vyr, sans manquer de lui souffler au passage :

- Passez donc mon bonjour à Innana.


Inutile d’insuffler de menace. Utu comprendrait bien tout seul. Elle s'inclina ironiquement devant les deux chevaliers, dédaignant l'Intendant et lançant à ce dernier un cinglant :

- Est-ce une habitude de Quetaïn d'omettre de frapper aux portes ? Quel manque de savoir-vivre.

Elle lui jeta un sourire mauvais – a quoi bon jouer la comédie ? – et les suivit.

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Inanna Al-Vyr
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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 26 Oct 2013 - 14:34

La vanité.

On pouvait en dire beaucoup. Surtout avec Inanna Al-Vyr. Persuadée que le monde lui appartenait, et pire encore, qu'il lui était offert sur un plateau de métal précieux. Sans compter que personne ne pourrait rivaliser avec son intelligence et son charisme. Qu'on puisse la duper, se montrer plus fin qu'elle ? Quelle idée ridicule ! Que ce benêt de Commandant Sartin puisse deviner, percer à jour un des secrets les mieux gardés d'Inanna ? Ne soyez pas stupides.

Et pourtant...

Ah, la vanité, la vanité...

-Je crois, ma dame, que vous agissez bien promptement pour une situation qui reste à l'état d'hypothèse, et c'est bien parce que vous avez agit en pensant au bien du Sultan que je ne m'offusquerai que ayez fait surveiller une invitée de l'Ordre. Car en effet, si vos soupçons sont bien vivement prononcés, il n'en reste pas moins qu'il est difficile de reconnaître le sujet d'un avis de recherche sans jamais l'avoir vu.. Tout autant qu'il l'est d'obtenir le vrai nom d'un assassin si je ne m'abuse.

Philip aurait pu la gifler, l'effet aurait été le même. Si son visage resta paisible, amusé, avec ce petit demi-sourire d'ange déchu, son regard fut traversé d'un éclair de peur... et de colère contre elle-même. Ce Commandant était moins niais qu'elle n'avait cru... et pourtant elle n'avait pas son pareil pour juger l'âme des hommes. Mais voilà, emportée par son orgueil, la joie dédaigneuse d'imposer ses ordres sur d'autres Seigneurs-Marchands, d’apparaître en tant que sauveuse... elle en avait trop dit. Ce qui ne lui ressemblait pas.

-Étant donc sous ma protection, l'Ordre se chargera lui même de vérifier vos dire. Si je me rappelle bien, tous les avis de recherches du royaume ont une copie à la caserne de la cité, mes hommes iront les chercher pour l'y comparer. Bien sûr, je vais devoir vous demander une chambre plus sécurisée, monsieur l'Intendant. Si vous le voulez bien, mes hommes vous accompagneront pour le transfert de ses quartiers.

Inanna inclina légèrement la tête sur le côté. Bon, il prenait les choses en main, il souhaitait encore discutailler. Soit. Elle ne doutait pas une seule seconde de la capacité d'Utu à se débrouiller seul. Quand bien même elle rageait à l'idée que l'histoire ne soit pas expédiée selon son jeu, ses règles. Si Philip Sartin s'avérait être un joueur plus coriace qu'elle ne l'avait escompté, il n'en restait pas moins un homme en proie aux pires vices, et elle était persuadée qu'elle parviendrait à le plier à sa volonté.  C'est avec un petit pli de nez agacé qu'elle vit l'Intendant s'empresser d'obéir aux ordres de Philip. Ça... ! Mais notez, qui n'est pas grognon quand on lui vole son jouet ?

-En effet.. nous serions mal avisés de juger trop vite. Votre droiture est respectable, Commandant, je vous laisse donc vous occuper de votre.. invitée. Mais vous vous apercevrez sûrement vite que prendre Dame Al-Vyr en défaut est vain. Je vais dans ce pas mener Leï.. Alia Ezer dans une chambre sans fenêtres.

C'est ça, qu'il se rattrape ! Elle laissa le Commandant donner ses ordres, haussant un sourcil railleur tandis qu'elle se taisait. Quel homme droit et moral, et prenant les choses d'une main ferme et virile ! Elle en frémirait presque d'admiration. A moins qu'elle ne choisisse de se pâmer ? Elle salua d'un mouvement de tête l'Intendant qui partait avec les Chevaliers. Elle était certaine qu'elle le rejoindrait très bientôt dans la nouvelle chambre de Liuwën. Mais Philip ne bougeait pas. Pas plus qu'elle. Lui aussi avait montré qu'il savait vider une salle des éléments encombrants. C'était bien pour cela qu'elle restait. Il avait des choses à lui dire...

- Avant que nous n'allions rendre visite à  mon invitée et votre acolyte, je crois que vous avez des choses à me dire.

Holà ! Quoi ! c'est l'inverse ? Les lèvres d'Inanna s'élargissent sur un sourire qui n'est plus calculé, mais beaucoup plus naturel, et presque hilare. Ah oui, des choses à lui dire, et quoi donc, je vous prie ? Entre les j'en ai marre de me dévisser le cou pour te regarder dans les yeux, j'envisage de te raboter jusqu'aux genoux, tu as de très beaux yeux, vraiment dommage que tu sois aussi grand, tu n'es pas aussi benêt que prévu, c'est embêtant, regarde donc le décolleté que je n'ai pas, que j'ai la confirmation que tu es bel et bien un mâle... Et tant d'autres, il y en a des choses qu'elle pourrait dire !

-Que savez-vous des Assassins?

Elle en était sûre. Elle l'avait deviné, en un sens, depuis le moment où il avait relevé sa gaffe. Il mettrait le sujet sur la table. Son sourire s'évanouit, lentement. Elle releva le bas de sa robe pour pouvoir poser une délicate bottine sur une chaise et l'utiliser comme marche-pied, afin de grimper sur la table, écartant du bout du pied un gobelet rempli de vin. Même surélevée, elle arrive à peine à faire jeu égal. Grands dieux, c'est possible, ça, d'être aussi grand ? Elle veut bien admettre qu'elle est d'une taille ridicule, mais...

- Pardonnez-moi, mais je ne tiens pas à avoir des raideurs à la nuque demain matin.

Elle lui offrit une fois de plus son sourire mi-angélique, mi-démoniaque. Place au jeu, s'il souhaitait la retenir ici et lui faire cracher le morceau, il pouvait courir, le benêt géant !

- Alors, ce que je sais des Assassins, mon doux Commandant ? Mais ce que tout le monde sait, voyons. Ils tuent pour de l'argent. Mais pas pour le mien, si cela peut vous rassurer, et vous conforter que dans cette histoire, votre alliée ici, c'est moi.

S'il pouvait croquer dans la pomme... Elle haussa les épaules dans un geste à la grâce étudiée. Très sincèrement, elle en savait trop peu à son goût. Mais beaucoup trop de la part des Assassins, sans doute. Elle était persuadée que son confrère assassin, là, si on pouvait l'appeler confrère, était au courant de beaucoup plus de choses qu'elle, et qu'ils devaient partager plusieurs espions. Quoi qu'il en soit, les Assassins étaient trop présents, trop influents – à leur discrète manière – pour être considérés hors du jeu... et Inanna préférait savoir à qui elle avait à faire. D'où ses recherches effrénées pour avoir ne serait-ce qu'une miette d'information. Elle n'était pas dupe, elle n'avait rien découvert de trop embarrassant, ou du moins considéré comme tel. Autrement, ledit confrère aurait sans doute envoyé quelques uns de ses amis à la dague pour mettre un terme définitif à l'existence de l'Hétaïre... Ce qui la faisait revenir à un point important : connaître ses adversaires. Elle s'était donc principalement concentrée sur les rumeurs concernant les Assassins présumés... et avait suivi tout bonnement les pistes. Une petite collection d'avis de recherche devait traîner dans un des tiroirs de son bureau, au Temple du Soleil et de la Lune. Et puis elle avait fini par trouver des noms, tirer les conclusions qui s'imposaient... Et les avait soigneusement notées dans un recoin de sa mémoire. L'Ange Noir avait été parmi les premières. Elle était trop reconnaissable, avec son tatouage au poignet, ses cheveux d'un roux flamboyant, ses yeux enflammés... De même pour Deryn Basalt et son regard si particulier. Quant à savoir leur rôle, leur rang... rien. Des noms. Juste des noms. Ce qui avait à la fois le don de faire espérer et enrager Inanna. C'était bien beau des noms, des visages, mais quelles étaient leurs faiblesses, combien étaient-ils, qui là dedans était le plus à même de trahir, d'accepter son argent, quelle était leur position, simple espion, maître assassin ? Qui avait le pouvoir, et qui ne l'avait pas ? La Mère ne pouvait en juger qu'en observant les Assassins eux-mêmes, dans le blanc des yeux...

En d'autre terme, il ne s'agissait pour Inanna qu'une course pour sa simple soif de pouvoir et de savoir, de ce besoin désespéré d'anticiper pour être en sûreté, d'imposer sa marque, qu'on la remarque, elle, la miséreuse devenue reine, car comme aurait si bien dit un elfe de notre connaissance... les humains sont éphémères.

Mais Philip, elle le savait, n'était à même que de gober une seule histoire... et ce ne serait certainement pas cette course à l'orgueil. Son visage se fit plus grave, d'un sérieux presque mortel, et elle baissa la voix.

- Trêve de plaisanteries. J'en sais... et j'en sais trop peu.  Vous considérez un nom et un visage comme une information primordiale dans votre lutte. Moi, je la considère comme vitale.

Une pause. Un instant dramatique. Elle baissa les yeux, sur ses mains, puis les plongea dans l'azur glacé du regard du Commandant.

- Vous savez qui je suis : vous n'ignorez pas ma position, mes relations. Nous n'ignorez pas ce que je fais, tant de manière officielle qu'officieuse. Je suis l'une des femmes les plus influentes de Quetaïn, je peux obtenir ce que je souhaite d'un claquement de doigt, d'un tintement de pièces, ou d'un murmure soufflé à la bonne oreille. A Quetaïn, vous souriez à votre ennemi pour qu'il ignore que vous allez le poignarder de la manière la plus délicate possible. Une guerre entre Seigneurs-Marchands serait loin d'être profitable pour la cité. Tout le monde le sait, voilà pourquoi les luttes sont intestines... et les moyens d'assassiner en discrétion sont privilégiés. Un accident est si vite arrivé. Qu'on révèle votre assassinat, et la cité entière vous tombe dessus pour vous lyncher, quand bien même tous ont les mains tachées de sang... mais réussissez l'assassinat parfait, sans le moindre accroc... et même si tous vous savent coupable, tant qu'il n'y a pas de preuve ou que les témoins ont été réduis à l'impuissance, on vous applaudira des deux mains. Je suis bien placée pour le savoir.

De nouveau une pause, où elle se perdit un moment dans la contemplation du visage du Chevalier.

- Voilà où je veux en venir. Dans ce monde, on s'y fait des ennemis, et les alliés sont loin d'être sûrs. Les gardes n'ignorent pas qu'une bourse généreuse les attend s'ils ferment les yeux sur telle ou telle action. Alors un Assassin... ? Plus d'un marchand ici a les moyens de payer les services de tels personnages. Et plus d'un n'ont pas hésité. L'information est mon arme... et ma faiblesse. Il suffit qu'un seul mot soit dit de travers pour que je ne puisse pas agir à temps... et que ce retard se solde par ma mort ou celles de mes proches.

Elle baissa ses paupières aux longs cils, une infinie inquiétude sur ses traits.

- J'ai un fils de huit ans. Il vous adore et c'est l'une des raison pour lesquelles j'ai pris la peine de vous prévenir – en plus de sauver la vie de notre bien-aimé Sultan – quand bien même je prends un risque énorme. Je n'ai aucune envie de le laisser orphelin, ou de lui donner la vie que j'ai eue. Rechercher des noms, des visages, à n'importe quel prix... peut lui sauver la vie. Reconnaître un Assassin peut me mettre sur mes gardes... et il n'y a pas plus dangereuse et plus précautionneuse qu'une mère qui protège son enfant, Philip.

Elle prononçait le prénom du Commandant pour la première fois. Comme pour donner plus de consistance, pour ancrer son interlocuteur dans le flot de ses paroles. Elle avait une voix douce, presque réduite à un murmure. Inanna mêlait vérité et mensonge avec un talent rare. Ses préoccupations étaient sincères... ses arguments également. Elle exposait ici des risques qui l'attendaient. Mais il ne s'agissait pas de ses motivations principales. Ou du moins, il s'agissait de celles qu'elle aimait se répéter devant le miroir pour se convaincre qu'elle était une bonne personne.

- Vous comprendrez donc que je n'irais pas clamer sur tous les toits ce que je sais à leur propos. S'ils me demandent de fermer les yeux à un moment donné, je le ferai par courtoisie... car je sais que je n'ai aucun moyen de les contrer. De même s'ils me demandent un service. Je ne suis pas à même d'être leur ennemie, et les contreparties qu'ils m'offrent en échange de mon silence ou d'une information sont loin d'être négligeables... s'ils font appel à moi. Mon rôle dans cette affaire sera connu. Il y aura représailles... ou il n'y en aura pas. Qui sait ? Mais gardez en tête que je mets la vie de mon fils, celle d'Utu, celles de mes employés et la mienne dans la balance. Pour vous prévenir.

En vérité, elle n'avait pu agir en faveur des chevaliers que parce qu'un assassin aussi proche du Sultan était un risque. Et tous savaient qu'elle se devait d'être fidèle à Mitram Al-Kerpan. Quand bien même Liuwën se plaindrait de son intervention, les Assassins ne pourraient pas lui reprocher d'avoir protégé son seigneur. Elle s'approcha et posa une main sur l'épaule de Philip, afin de se pencher et de lui souffler à l'oreille.

- Ainsi, les Assassins me sont des menaces, ou des pourvoyeurs de service, suivant la situation. Si vous voulez des informations sur eux, faites comme tout le monde : proposez une garantie. Pour connaître ce que je sais, rentrer dans mon petit monde de secrets...

Le ton devint ronronnant, câlin, et au vu de la proximité avec le Chevalier, sans aucun conteste clairement enjôleur.

- … Il vous faudra payer.

Sa bouche s'éloigna de l'oreille du chevalier, sa main quitta son épaule. Un sourire creusait une petite fossette dans un coin de sa joue. Elle posa les mains sur les hanches.

- Je vous invite à m'en reparler plus en détail plus tard, mon doux Commandant. Passez à mon Temple quand nous aurons réglé cette affaire. Là nous pourrons rentrer dans le vif du sujet... si franchir le seuil de ma porte ne vous offusque pas.

***

- Ravie de faire votre connaissance, Maître Utu...

Utu n'était pas dupe de ce ton mielleux, loin de là. Elle croyait quoi, être insultante ? Il en fallait bien plus pour l'ébranler. Elle était jeune, si jeune ! Difficile de croire qu'elle était une tueuse recherchée... et que lui ne l'était plus. Mais c'était alors une autre époque, un autre genre... là où il aurait pu se laisser tenter de rejoindre sa guilde d'Assassin. Ils avaient de la noblesse ! Loin de ces sicaires de bas étage. Bah, le passé appartenait aux morts. Ce qu'il avait devant lui, c'était une elfe au nez encore coulant de lait, qui se croyait assez subtile pour pouvoir le tromper lui. Un rictus amusé ourla sa lèvre supérieure. S'il avait pu parler...

Mais la porte s'ouvrit. Non pas comme Utu l'espérait, sur sa douce et les chevaliers, mais sur l'Intendant et des chevaliers.

-Dame Alia Ezer, veuillez nous accompagner je vous prie. Une chambre plus appropriée vous a été préparée.

L'elfe aux cheveux verts ne put s'empêcher d'afficher une mine un peu désappointée. Inanna avait été retardée, sans aucun doute. Elle avait transmis son message, mais les fils agités n'avaient pas eu le résultat escompté. Un frisson remonta le long de son dos. Si jamais il découvrait il ne savait quelle machination... Il se tendit néanmoins, prêt à intervenir et retenir Liuwën si elle décidait de prendre la poudre d'escampette, alors qu'on allait la transférer dans une cellul... pardon, une chambre dont il serait moins aisé de s'enfuir.

- Passez donc mon bonjour à Inanna.

Un sifflement dédaigneux et un tantinet agressif franchit ses lèvres, un sifflement d'avertissement. Elle allait trop loin. Elle n'était qu'un assassin, et s'attaquait à une reine-marchande ? Elle n'était rien. Elle croyait atteindre sa belle ? La blague ! Qui était-elle, au fond ? Une enfant qui se débattait dans un monde qu'elle ne comprenait pas. Une enfant agaçante, qui avait le pouvoir, si elle se forçait, d'atteindre ce à quoi il tenait le plus au monde... Mais on punissait les gamins désobéissants et il serait là si jamais elle tentait quoi que ce soit contre l'Hétaïre.

Sans autre geste de sa part, il suivit les chevaliers et Liuwën alors qu'ils quittaient la chambre, laissant Kevin fermer la marche. Il ne quittait pas l'assassin des yeux, attentif au moindre de ses gestes. Qu'elle tente quoi que ce soit... il serait là. Il attendrait. Utu avait toujours été quelqu'un de terriblement patient. Une mort avait son moment, son instant parfait... et une attaque également. Et tout reposait sur l'observation de sa victime. Et Utu avait le temps. Il l'avait toujours eu. Sauf pour un sujet de notre connaissance commune, mais qui aurait su qu'il recherchait la pierre philosophale ? Même pour celle à qui il vouait son existence, il cachait son entreprise et son histoire.

Son regard sombre s'égara un instant sur le chevalier elfe qui accompagnait l'Intendant, le jaugeant. Mais de manière générale, l'Ordre était bien formé. Il s'y était frotté, une ou deux fois... toujours en s'échappant de justesse. Mais une fois encore, à l'époque, tout était bien différent, et la preuve en était qu'ils avaient sauvé Leïna... Utu ne saurait dire ce qu'il en était de leur chef, cet humain, là, Philip Sartin. C'était bien beau de tuer un dragon, mais après ? L'elfe aux cheveux verts s'ébroua.

Ombre silencieuse, il se contentait de suivre le cortège, interceptant les regards consternés de l'Intendant sur sa nouvelle couleur de cheveux. Utu distillait lui-même ses teintures, est-ce que l'Intendant se rendait compte du travail et de la minutie demandés ? Certainement pas.

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Ven 1 Nov 2013 - 23:59

Enfin, la manipulatrice et impressionnante reine de l'information semblait perdre de son aplomb et de sa superbe. Fallait-il qu'il ne reste qu'eux dans cette pièce pour qu'elle prenne la peine d'afficher un visage plus franc ? Les masques de la fausseté et du mensonge ont toujours horripilé le regard du Commandant. Certes, c'est un monde qu'il se doit de côtoyer et d'aborder à cause de sa position actuelle, mais contrairement à celle qui lui fait face, il n'a aucun don en la matière. Mentir n'est pas dans ses cordes et ne le sera jamais. Négocier, menacer, promettre ou convaincre et débattre valent beaucoup mieux, car il ne pourra jamais tromper personne dans ce milieu des coups bas et des cachotteries.
Après tout, on ne l'a pas choisi pour sa faculté à parler politique, mais bien parce qu'on ne peut lui faire ce genre d'entourloupes. Son regard à percer plus d'une félonie et, s'il n'est pas infaillible, il reste que son instinct le guide sûrement dans ses décisions.

Pourtant, Inanna Al'Vyr dépasse de loin tout les marchands, noblions et seigneurs qu'il a rencontré. Là ou la plupart ne cachent pas leur fausseté, leurs pièces trop bien placées pour que l'on démente ce qu'eux même ne prennent pas au sérieux, elle joue son jeu avec le brio d'une comédienne. Si elle ne s'était pas donné la peine de le traiter comme un nouveau né dans une cours de fauves, il se serait peut-être laisser prendre.
Seulement voilà, elle ne l'avait pas prit au sérieux et la disparition de son sourire en disait long sur les miettes de certitudes qu'il lui restait. Ce peut-il que même la grande Al'Vyr pensait que les chevaliers abandonnaient leurs cerveaux au profit de l'armure ? Voilà qui pourrait décevoir le commandant.

A-t-il seulement le temps de se penser déçu qu'elle le surprend à nouveau en montant sur la table. A quoi joue-t-elle donc ? Espère-t-elle l'intimider en le dominant par la taille ? Voilà qui est mal parti, il faudra un peu plus de cette table pour l'élever au dessus de lui. Au moins a-t-elle le mérite de le dérider, car un sourire amusé étire les lèvres du chevalier. Que voilà une dame de la haute, grimpant sur les tables pour le plus grand plaisir d'un homme. Que ne pourrait-on faire sur une table..

D'un clignement des yeux, Philip ramène ses pensées sur le sujet. A son tour, il ne doit pas sous-estimer cette personne. En ces lieux, l'art de la tromperie est à son apogée. Pour découvrir la vérité dans les paroles de cette enjoleuse créature, il faudra passer outre sa taille fine et son délicieux sourire décidément indéfaisable. « Mille Orcs plutôt que d'affronter les charmes d'une femme », disait son vieux maître.


- Pardonnez-moi, mais je ne tiens pas à avoir des raideurs à la nuque demain matin.

Elle n'avait certes pas besoin de son assentiment pour cela. Serait-il vraiment le mieux placé pour rappeler le protocole ou d'autres idioties dans le genre?

- Alors, ce que je sais des Assassins, mon doux Commandant ? Mais ce que tout le monde sait, voyons. Ils tuent pour de l'argent. Mais pas pour le mien, si cela peut vous rassurer, et vous conforter que dans cette histoire, votre alliée ici, c'est moi.

Sur cela, Philip se contenta d'un hochement de tête, son sérieux revenu sur son visage. C'était en effet ce que tous savaient, donc certainement pas tout ce qu'elle savait. Il n'avait pas besoin de le souligner, elle se doutait fort bien qu'il en attendait plus. Beaucoup plus que cela. A son grand plaisir, elle aussi se joignit au sérieux de la conversation et enfin les choses intéressantes commençaient.
Elle en dit beaucoup, toujours avec ce brio qui aurait pu lui valoir une belle carrière de conteuse, mais avec, cette fois, des révélations qui intéressèrent le Commandant. Il savait fort bien comment marchaient les choses en Quetaïn, et il n'était pas le seul dans l'Ordre à soupçonner la ville de recueillir le repaire de ces monstres sans cœur. Ici, au cœur même de ce palais, beaucoup sont susceptibles de faire appel aux assassins, et Dame Al'Vyr n'en cache pas l'intérêt certain que cela leur apporte. Bien qu'elle ne laissa pas entendre un instant qu'elle ait pu user de telles armes pour parvenir à ses fins, mais Philip ne l'en disculpe pas pour autant. Il serait bien étonnant qu'elle ne se soit jamais sali les mains, mais lui même a tâchée son épée une journée auparavant. L'important est ce qui se construit, bien plus que de savoir par qui. Peut-être même que de savoir comment.
Cependant, rien de durable ne peut exister tant que les assassins trameront dans l'ombre. Ils ne font qu'attiser l'envie, l'égoïsme et l'avarice avec leurs prestations aveugles et dénuées d'intérêt. Rien n'est plus mauvais que ce qui agit sans convictions.

Et contrairement à bien des hommes qu'il a pu condamner ou envoyer en prison, Inanna fut l'une des rares personne à brouiller sa vision.
« Une armure d'acier indestructible ne protégera jamais un cœur tendre. »
Le visage de la jeune femme se ferma alors qu'elle poursuivait.


- J'ai un fils de huit ans. Il vous adore et c'est l'une des raison pour lesquelles j'ai pris la peine de vous prévenir – en plus de sauver la vie de notre bien-aimé Sultan – quand bien même je prends un risque énorme. Je n'ai aucune envie de le laisser orphelin, ou de lui donner la vie que j'ai eue. Rechercher des noms, des visages, à n'importe quel prix... peut lui sauver la vie. Reconnaître un Assassin peut me mettre sur mes gardes... et il n'y a pas plus dangereuse et plus précautionneuse qu'une mère qui protège son enfant, Philip.

Dans un combat, tout le monde sait que frapper au cœur apporte la victoire. En temps normal, Philip serait rester de marbre, aurait cherché une faille dans cette explication, aurait même posé des questions pour exposer ces failles. Mais ainsi seul avec cette belle et élégante femme, à découvrir sa tristesse et ses craintes, il ne pu que s'émouvoir et acquiescer doucement. Il savait bien que son poste ne lui permettait pas de croire quiconque aveuglément, mais pour une fois il s'en contenta. Qui plus est, cela allait dans son sens et dans celui de ce qu'il pensait juste. Pourquoi alors se poser plus de questions au sujet de cette femme ?
Et puis, cela lui semblait bien vrai et son instinct n'avait pas habitude de lui faire défaut.


- Vous comprendrez donc que je n'irais pas clamer sur tous les toits ce que je sais à leur propos. S'ils me demandent de fermer les yeux à un moment donné, je le ferai par courtoisie... car je sais que je n'ai aucun moyen de les contrer. De même s'ils me demandent un service. Je ne suis pas à même d'être leur ennemie, et les contreparties qu'ils m'offrent en échange de mon silence ou d'une information sont loin d'être négligeables... s'ils font appel à moi. Mon rôle dans cette affaire sera connu. Il y aura représailles... ou il n'y en aura pas. Qui sait ? Mais gardez en tête que je mets la vie de mon fils, celle d'Utu, celles de mes employés et la mienne dans la balance. Pour vous prévenir.

A ce qu'elle disait, l'action était clairement louable et dangereuse et encore une fois Philip manqua de sauter dans le piège à pieds joints. Mais elle en faisait à nouveau trop, était-ce dans sa nature de vouloir emprisonner les gens dans ses belles paroles ? Par manque de chance, le chevalier avait tendance à se méfier de l'éloquence plutôt que de l'écouter naïvement, aussi il lui revint à l'esprit les sourire satisfaits de la reine des machinations qui venait impressionner la belle assemblée. Il n'y avait là aucun fardeau et s'il ne pouvait dire avec exactitude où était le masque, il savait qu'il y avait contradiction et que, par conséquent, tout n'était pas fiable.
Néanmoins, il se prit à se demander à quoi ressemblait la vraie Dame Al'Vyr. Celle qui se détendait sans masques ni pièges et se laissait aller à dire ses pensées, non pas le résultat de ses calculs.
A-t-elle seulement l'occasion d'être ce genre de personne ?

Il pourra le lui demander une autre fois, s'il la recroise. Ce qui est sûr pour le moment c'est qu'elle s'apprête à repartir sans lui avoir donné plus de réponses que le premier imbécile venu, tout en lui ayant avoué qu'elle pouvait lui en dire bien plus. Il n'y a aucune chance pour qu'il la laisse repartir ainsi, sans avoir obtenu quelques avoeux. Si c'est un soucis de protection, il peut certainement lui proposer son aide, n'est-ce pas le rôle des Chevaliers de s'opposer aux assassins ? L'un des rôles tout du moins.
Mais à son étonnement, elle ne sen fut pas tout de suite. Au contraire, elle se fit bien plus prôche et il pu même goûter son parfum dans toutes ses nuances.


- Ainsi, les Assassins me sont des menaces, ou des pourvoyeurs de service, suivant la situation. Si vous voulez des informations sur eux, faites comme tout le monde : proposez une garantie. Pour connaître ce que je sais, rentrer dans mon petit monde de secrets...

Le corps du chevalier s'électrisait de sentir le souffle de la dame sur son oreille. A quoi jouait-elle maintenant ? Un nouveau masque pour le déstabiliser ? Le plus ennuyeux, c'est qu'il ne pouvait nier l'influence qu'elle avait soudain sur lui. Il savait déjà ce qu'elle allait dire, il savait aussi sur quel ton, pour la simple et bonne raison qu'il n'attendait que ça.

- … Il vous faudra payer.

Payer, à son ton il doutait bien que l'on parla d'argent.. Encore que.. N'était-ce pas là son unique but ? L'amener sur sa faiblesse pour qu'il jette bêtement sa bourse entre ses mains et n'obtiennent que quelques informations dérisoires ?
Il devrait avoir honte de penser à une dame de la sorte.. Mais il est bien avisé de le faire, car dans ce royaume maudit, rien ni personne n'est digne de confiance. Surtout pas les femmes.
Il ne peut donc qu'être soulagé de la voir s'écarter de lui. Aurait-elle été une autre femme qu'il aurait depuis longtemps osé la courtiser, mais d'elle, il ne pouvait savoir à quoi s'attendre. Elle l'a elle même prévenu. Ici, le moindre faux pas coûte cher.

- Je vous invite à m'en reparler plus en détail plus tard, mon doux Commandant. Passez à mon Temple quand nous aurons réglé cette affaire. Là nous pourrons rentrer dans le vif du sujet... si franchir le seuil de ma porte ne vous offusque pas.

Mon doux Commandant.
C'était bien les mots de trop. Un sourire charmant étire les lèvres de Philip qui incline légèrement le buste devant la dame..

-Existe-t-il un homme en ce monde qui le pourrait ? D'autant plus quand c'est vous, ravissante dame, qui l'y invitez. Pardonnez moi d'abord, car par ma faute vous voilà à escalader chaises et tables, et permettez moi ensuite de vous ramener sur terre en pénitence.

Tendant ses mains gantelets, le chevalier saisit délicatement les hanches de la plus fourbe des magnifiques créatures qu'il eut pu rencontrer et la ramena tout en douceur au sol. Aussi rustre puisse-t-on penser les guerriers et les chevaliers, il ne faut pas oublier qu'en Feïral les hommes se veulent galant et charmeurs. Philip n'échappe pas à ses origines, aussi fort eut-il essayé de le faire.

-Vous ne pouvez peut-être pas m'en révéler plus maintenant, mais je ne doute pas que vous puissiez m'aider. Venez avec moi interroger votre coupable, s'il s'agit d'un assassin vous pourrez en tirer quelques informations juteuses. En contreparties, vous pourrez m'aider à échapper à ses mensonges.

Il avait en effet tout à gagner en gardant cette source d'information près de lui. Par ailleurs, au retour de ses intendants, si elle ne s'est pas trompée, il aura des excuses à lui présenter. Il vaut mieux ne pas faire traîner ces choses là.

En galant homme, il offre donc son bras à la haute personnalité de Quetaïn et l'entraîne hors de cette salle de réunion. Il sait qu'il aura à revenir en ce lieu, puisque sa nouvelle amie a fait retarder la conclusion de l'affaire. Pour le moment, il peut tout au moins se satisfaire qu'elle soit presque finie. Une bonne chose de faite.

La question de l'assassin est toute autre cependant. Philip n'aimerait pas l'idée de tuer une jeune elfe qu'il a prit soin de sauver, d'autant qu'elle était la cible de bien trop de gens pour qu'elle soit coupable dans l'histoire. Peut-être y a-t-il autre chose à résoudre avant de la condamner non ?

En passant la porte, Philip découvre un jeune page qui s'empresse de présenter ses salutations et de les entraîner vers la pièce où l'Intendant de Quetaïn guide l'elfe. Il semblerait bien qu'on ne laisse rien au hasard dans cet immense palais, aussi l'Intendant semble-t-il avoir prit toutes les dispositions nécessaires pour que le Commandant ne se perde pas dans les couloirs. Il n'aura fait que manquer une agréable promenade avec une belle dame à son bras.

Il ne fallu que quelques minutes pour arriver à la chambre. Bafur et Tenebrin, les inséparables chevaliers, encadraient une porte en bois qui aurait tout aussi bien pu convenir pour cacher un placard. Cependant, lorsque Philip poussa la porte, non pas sans y avoir frapper d'abord (un peu de politesse dans ce bas monde), il découvrit une large pièce à laquelle il ne manquait que des fenêtres pour être viable. Au lieu de quoi des bougie chassaient joyeusement les ombres du lieu. De quoi devenir claustrophobe.. Mais une chambre sans fenêtre à Quetaïn, on pouvait remercier le ciel que ce ne fut pas un cachot. Une table, un lit d'apparence confortable, quelques tapis et des chaises, voilà à quoi se résumait le mobilier. Un peu trop riche pour la chambre d'un servant, beaucoup trop pauvre pour celle d'un invité. On ne pouvait que se demander pour quoi elle fut prévu. Et bien sûr, dans cette pièce, il y avait l'elfe soupçonnée.


-Vous me voyez véritablement navré pour ce changement de chambre soudain. J'ai a vrai dire quelques questions à vous poser.

En y regardant plus prêt, Philip se rendit compte qu'une des chaises, dans un coin de la salle, était occupé par un autre elfe. Comment a-t-il pu rater ces cheveux si colorés ? Il faut croire qu'il se fasse vieux.

-Mais il semble que nous soyons tout deux en aimable compagnie. Je vous présente donc Dame Inanna Al'Vyr, qui s'est fait un devoir de me rencontrer. Et vous, vous devez être ce fameux second dont j'ai entendu parler.. mais votre nom m'échappe toutefois, monsieur?

Pour tout dire, son nom importait peu, mais le Commandant n'était pas du genre à laisser qui que ce soit de côté. Les présentations faite et la porte refermée derrière eux, Philip prit à son tour un siège et s'installa autour de la table, prenant soin de se tenir entre les deux jeunes femmes. Il ne faut pas oublier qu'Alia Ezer a récupéré ses armes. S'il n'y avait que lui, il se serait volontiers fié à ses réflexes et son armure, mais pour la marchande c'était une autre affaire.

-je pense qu'il est inutile de nous cacher qu'un certain malaise plane en ce moment sur ce palais. Pour le temps de cet discussion, au moins, j'aimerai que les armes ne parlent pas. Aussi, je vous invite à poser gentiment vos mains sur la table. J'ai déjà eu l'occasion d'apprécier leur talent quand on n'y prêtait aucune occasion et j'aimerai en garder un bon souvenir.

Le visage de Philip était fendu d'un sourire amical et entendu, néanmoins, son regard se posa sur la fameuse Alia avec une insistance qui frôlait l'ordre. Il ne le disait pas à haute voix, mais le moindre refus de coopérer pouvait jouer en défaveur de l'elfe. Pour le moment, il veut bien la penser innocente mais il faut qu'elle se donne la peine de le prouver aussi.

-Certaines rumeurs sont parvenus jusqu'à nous et vous concerne. Bien sûr elles seront bientôt énoncées de vive voix pour vous donner l'occasion de vous défendre, mais il serait bienvenu de faire preuve d'honnêteté. En effet, même si ces accusations s'avéraient vraies, il serait alors possible de.. négocier.

Ah, c'est bien beau de tuer les assassins que l'on arrive parfois à capturer. Mais le plus ennuyeux chez la guilde de l'ombre n'est pas tant ses membres, que ses trop nombreux mystères.
Alors oui, Philip envisage cette folle idée de relâcher un assassin.. s'il lui donne les moyens d'en capturer d'autres. Beaucoup d'autres.


-Auriez vous quelque chose à dire?

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MessageSujet: Re: Au détour d'une ruelle [Philip]   Sam 2 Nov 2013 - 17:43

Couloirs, et la désagréable surprise d’une chambre sans fenêtre. Uniquement illuminée par des bougies aux flammes dansantes et sobrement meublée, reste la douloureuse impression d’être dans un cachot. On peut se demander à quoi leur sert cette pièce aux allures de geôle.
D'ors et déjà oppressée par l'absence de fenêtre et l'apparence de cage de la "chambre", Leï sentit une tension bloquer ses muscles. Au prix d’une forte concentration, elle réussit à se détendre. Les humains de cette ville avaient décidément un sens de l’hospitalité plus que douteux.
Elle s’efforça néanmoins de ne rien laisser paraître. Le chien de garde d’Innana les avait suivit et moins ceux-ci en savaient sur elle, mieux c’était, après tout…
Elle prit nonchalamment place sur une chaise, croisa les jambes et se plongea, impassible, dans la contemplation d’une bougie. Le feu qui danse.

Je me demande ce qu’il va se passer. Certes, certainement un interrogatoire – merci, Innana… Mais ensuite ? Tiens, elle serait bien contenta, Illiya, si les Chevaliers réussissaient là où ses stupides mercenaires avaient échoués. Je pense même qu’elle trouverait ça drôle.
A vrai dire, moi aussi, en un sens. Non que je vais les laisser me conduire à l’abattoir sans réagir.
Il va donc falloir jouer serré. Mentir en disant la vérité. Tricher avec innocence. Argumenter sans se moquer.
Ce serait amusant, en fait, si ce n’était pas si important.


On frappa à la porte. Leï leva la tête. Le chevalier apparut dans l’encadrement.

-Vous me voyez véritablement navré pour ce changement de chambre soudain. J'ai a vrai dire quelques questions à vous poser.

L’elfe haussa les épaules et se redressa légèrement.
Sans blague. Jamais je ne m’en serais doutée.

- Ce n’est rien, j’ai l’habitude des prisons déguisées, fit-elle, acide. Mais bon... qui aurait pu lui reprocher son ton, après tout ?

Ont-ils peur de me voir m’envoler ?

-Mais il semble que nous soyons tout deux en aimable compagnie. Je vous présente donc Dame Inanna Al'Vyr, qui s'est fait un devoir de me rencontrer. Et vous, vous devez être ce fameux second dont j'ai entendu parler.. mais votre nom m'échappe toutefois, monsieur?

Le regard de Leï se fit glacial – ce qui pouvait être déroutant au milieu des flammes de ses yeux – en apercevant la seigneur marchande. Manipuler le chevalier allait être plus compliqué que prévu.

- C’est un véritable plaisir de vous rencontrer, Dame Innana.

Ton neutre. Exempt d’émotion. Une fois son animosité maîtrisée, ce fut tout aussi placide qu’elle les regarda s’installer.

-je pense qu'il est inutile de nous cacher qu'un certain malaise plane en ce moment sur ce palais. Pour le temps de cet discussion, au moins, j'aimerai que les armes ne parlent pas. Aussi, je vous invite à poser gentiment vos mains sur la table. J'ai déjà eu l'occasion d'apprécier leur talent quand on n'y prêtait aucune occasion et j'aimerai en garder un bon souvenir.

Leï eut un léger rictus. Elle retint un éclat de rire et posa ses mains avec une lenteur délibérée, une étincelle de moquerie au fond de ses pupilles. Elle retourna son regard au chevalier avec une pointe de défi.
Obéir. C’était le mieux à faire. Obéir, et ne pas écouter la voix sarcastique qui adorait faire tourner les gens en rond et les ridiculiser. Ou du moins, ne pas trop l’écouter.

- J’espère, très cher, que vous vous doutez que certaines personnes n'en restent pas moins dangereuses…

Non pas qu’elle allait les attaquer. Déjà, rien que le chien de garde d’Innana et le chevalier posaient un problème de taille. Mais en plus, il lui faudrait après traverser tout le palais – ou du moins, parvenir à une fenêtre. En se débarrassant des chevaliers sur son chemin.
Cela faisait un peu trop.

-Certaines rumeurs sont parvenus jusqu'à nous et vous concerne. Bien sûr elles seront bientôt énoncées de vive voix pour vous donner l'occasion de vous défendre, mais il serait bienvenu de faire preuve d'honnêteté. En effet, même si ces accusations s'avéraient vraies, il serait alors possible de.. négocier.

L’honnêteté ? C’est une blague, j’espère ? N’importe quel imbécile se douterait qu’un truc cloche chez moi. Et je ne suis pas assez folle pour vendre la guilde contre ma liberté. La mort de la main des chevaliers serait mille fois plus douce, mille fois plus enviable que celle donnée par les assassins.

-Auriez vous quelque chose à dire?
- Je sais que le sens de l’hospitalité n’est pas une des vertus de Quetaïn, mais pourrais-je avoir un verre d’eau ?

J’ai comme l’impression que je vais en avoir besoin. Autant pour reprendre contenance que par soif.

- Oh, et puis, est-ce normal que des civils assistent à cet interrogatoire ?

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Ressuscité par quelque obscur miracle, et perdant sa parure au passage.
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Au détour d'une ruelle [Philip]

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