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 L'alcool, c'est le mal... [Lyra]

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Leïna Liuwën
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MessageSujet: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 24 Avr 2013 - 1:44

Sipheaï et sa chaleur écrasante.
Sipheaï, entourée de désert.
Leïna n’aimait pas Sipheaï. Il y faisait trop chaud, beaucoup trop. Même en plein été, sur le navire de sa mère, on souffrait moins. Il y avait l’eau bienfaitrice qui humidifiait l’air, le vent lorsqu’on déployait les voiles ou sortait les rames.
Mais un contrat est un contrat. Qu’on aille le chercher en enfer, ou au sommet des montagnes.
Le commanditaire de la mort de l’ermite, elle l’avait trouvé à Quetaïn, mais il lui avait donné rendez-vous à Sipheaï.

En début de journée, la température était encore clémente, presque fraîche. Des gens marchaient dans les rues, parfois sans autre but que de profiter du temps avant de s’enfermer pour les heures les plus chaudes.

Elle évita la place du marché et se plongea dans les petites ruelles. Après avoir dépassé ce qui ressemblait fortement à une maison close déguisée en cours de poterie, elle arriva dans une ruelle plus sombre, plus étroite. Un homme y attendait, fiévreux, stressé, tremblant. Cela alerta tout de suite l’elfe.
Même pour un homme craignant la justice des gardes – exemplaire en cas d’assassinat – il avait trop l’air angoissé.
Et quand l’assassin braqua ses yeux enflammés dans le siens, elle crut un bref instant qu’il allait hurler de peur.
Un mauvais pressentiment la saisit. Elle commit l’erreur de l’ignorer.

— J’ai fait ce que vous m’avez demandé.

L’homme esquissa un sourire soulagé.

— Une preuve ?

L’Ange lui tendit une curieuse chevalière en argent, trouvée sur l’homme. Le signe dont elle était marquée était indéchiffrable, usé par le temps. Le commanditaire s’en empara avec fébrilité et l’examina sous toutes ses coutures. L’assassin s’impatienta rapidement, et son pied commença à battre, produisant un bruit régulier.

— Eh bien ? lança-t-elle pour le réveiller.

Il sursauta violemment et tira une bourse pleine de pièces de son manteau. L’elfe l’attrapa, lui lançant un regard soupçonneux. Gravant ses traits dans son visage. Allure normale, traits banaux, yeux gris, cheveux blonds… Un « n’importe qui ». Mais même, surtout, les personnes les plus banales peuvent être dangereuses.
Et qu’il la regarde avec autant d’intérêt l’agaçait.
Elle fit volte-face sans prévenir. La chaleur commençait à peser. Ses habits n’aidaient pas non plus. Elle portait ses habituels vêtements de cuir
Elle se réfugia dans la première taverne qu’elle vit.
La taverne… un de ses endroits préférés.
Elle se dirigea vers le tavernier et commanda du rhum. Elle but le premier verre. Puis un deuxième. Un troisième.

L’Ange tenait bien l’alcool. Mieux que beaucoup. Mais au cinquième, elle sentit la pièce commencer à se troubler, et elle posa maladroitement sa chope à moitié vide.
Il y avait un bruit fou dans la salle. Quelques pirates y traînaient. Certains la regardaient, parfois du coin de l’œil, parfois ouvertement. Elle les ignorait. Dans sa tête embrumée, une alarme clignotait. Du genre « ce n’est pas forcément une bonne idée de se saouler… jusqu’a ne plus pouvoir marcher ! ».
L’alarme s’éteignit sous une autre gorgée de rhum et un haussement d'épaules.
Un bref instant, tout se brouilla.

J’ai une maman.
Maman.
Dans les ports, je vois des enfants avec leur maman. Leur maman, elles les prennent dans leurs bras, elles rient avec eux. Elles les aiment.
Ma maman, elle m’aime pas.
Pourquoi ?
Parce qu’on est des elfes ?
Non. C’était il y a longtemps, quand la mer n’était pas mon seul horizon, mais les mamans elfes aiment leurs enfants.
Alors pourquoi maman m’aime pas ?
Maman ?
Depuis combien de temps ?
Avant. Avant quoi ?
J’ai oublié. Oublié. Oublié.
Souviens-toi !
Oublié !
C’était… c’était… Non ! Maman ?


Leï ouvrit brusquement les yeux. Sa tête venait de cogner contre la table. Une table… Elle s’était assise ? Quand ? Comment ?
Elle commença à étouffer. Il faisait trop chaud…
Bon sang… Dans quel état je me suis mise ?
Elle ne parvenait pas à s’expliquer pourquoi elle s’était saoulée. Mais, privée de ses capacités, elle devenait une proie, une cible.
Paraît qu’un chasseur reste un chasseur. Qu’il ne prend jamais le rôle de la proie. Qu'il trouve seulement des chasseurs plus doués. Mais un chasseur ne boit pas comme un trou !
Un gémissement, inaudible dans le brouhaha, jaillit de ses lèvres. Elle se leva en titubant et sortit.
L’air frais lui donna un coup de fouet, pour mieux l’endormir. Combien de temps avait-elle passé ici ?... Il faisait déjà nuit !
Par les dieux…
L’assassin vacilla un peu et tenta de marcher, pour finalement s’écrouler contre un mur.
How… est-ce que j’ai beaucoup marché ?
Elle tenta d’ouvrir un œil, mais abandonna vite l’idée.
Bravo, l’assassin ! Complètement bourré ! Manque plus qu’un quelconque imbécile se pointe pour te faire la peau, tiens !
Elle soupira, et sa tête tomba en arrière pour heurter le mur.

Maman ? Maman ?

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Ven 26 Avr 2013 - 16:03

Mon excursion dans le désert touchait enfin à sa fin. J'avais trouvé ce que j'y étais venue chercher et c'était avec le sourire du travail accompli que je passai les portes gardées de Sipheaï. Je détaillai les soldats en faction, lance au poing qui surveillaient l'entrée de la ville. Des statues de pierre. Si immobiles que l'on pouvait douter qu'ils servent réellement à quelque chose.

La foule était dense et les gens se bousculaient de toute part, jouant des coudes dans l'allée centrale. Se frayer un chemin dans cette cohue n'était pas mince affaire. Je sentais que l'affluence m'étouffait à chaque pas un peu plus alors que je m'engouffrais dans les rues bondées de cette capitale du désert. Il n'était déjà plus possible de faire marche arrière. Et de toute façon je n'avais nulle autre part où aller. Sipheaï était mon dernier recours. J'avais hâte de quitter cette maudite région infernale. Le vent frais de l'océan me manquait cruellement. Mais j'avais un grand besoin de fraîcheur et d'espace. De plus il devenait urgent que je me réapprovisionne, en eau et vivres. Sans oublier que je devais répondre au besoin de sommeil de mon corps, malmené depuis quelques semaines en raison de mon aventure dans le désert. Une éternité que je n'avais pas dormi dans un vrai lit... Par les dents de Dargal, une éternité...

Le brouhaha de la foule en marche m'empêchait de rêvasser. Les bruits s'entrechoquaient dans ma tête. Les sabots sur les dalles pavées de la rue, les marchands qui criaient leurs affaires sur le bord droit, les musiciens qui jouaient par-ci par-là. Mais le pire de tout n'était ni les bruits, ni la cohue, mais bien le soleil. Maudit soleil. Heureusement que d'ici quelques heures la fraicheur de la nuit viendrait !

Je m'écartai de la bousculade naissante et échouai devant un bâtiment dont l'enseigne de bois indiquait qu'il s'agissait d'un atelier de cartographie. C'était tout ce dont j'avais besoin !

Je poussai la lourde porte de bois. La lumière qui inonda son intérieur découvrit un homme penché sur un bureau en fond de salle. Je refermai derrière moi non sans détailler la pièce : Des étagères pleines à craquer longeaient chacun des murs, la poussière ternissait les rouleaux de parchemins qui en dépassaient. Quel mortel ennui que de passer sa vie à dessiner et étudier la cartographie de ce monde...

Mes pas sur le plancher soulevaient la poussière. Depuis combien de temps personne n'était entré ici ? On aurait dit une vieille maison hantée ! Mes bottes claquaient sur le bois, ce qui tira l'homme de son travail. Il posa sa plume, enleva ses lunettes, souffla la bougie et leva ses petits yeux vers moi. Des rides parcheminaient son visage anguleux. Un regard gris acier m'accueillit. Il me semblait qu'il avait été plus jeune, un homme à la beauté pâle. Le vieux cartographe (car oui, il semblait bel et bien en être un) bougonna un bonjour dans sa barbe poivre et sel et me dévisagea.

Je sentais ses yeux analyser chaque forme tandis que je m'avançais. Quelle abominable horreur.

Détourne les yeux de là, papi, où je te fais bouffer tes dernières dents.


Arrivée à sa hauteur, je croisai les bras sur ma poitrine.

- Bonjour. Je dois me procurer une carte de la région. Pourriez-vous m'aider ?

- Vous voulez quoi ?

J'avais oublié que les papis étaient réputés pour être sourds. Quoique j'aurais nettement préféré que celui là soit aveugle et cesse de me regarder sous toutes les coutures comme il le faisait.

- Une carte de la région.

- Non mais j'ai compris, j'entends, répliqua t-il d'un ton glacial et déjà exaspéré. Vous voulez vous rendre où ?

Quel imbécile teigneux. Je voulais une carte ! Pas qu'il me trace le chemin !

- Donnez-moi une carte du monde. Ca fera l'affaire.

Il fit la moue et articula quelque chose d'incompréhensible qui mourut entre ses dents. Puis :

- Ça n'sera pas précis.

- Nom du kraken, je m'en contrefiche ! Je veux une carte !

Il me lança un regard où perçait la surprise. Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dis ? Ah, c'était peut-être qu'il avait un problème avec l'expression. Nos regards s'attardèrent l'un dans l'autre puis désigna du menton une étagère derrière moi.

- Là bas.

Je le remerciai froidement, déposai quelques pièces en guise de paiement. Et non, je n'étais pas une escroc. J'attrapai un rouleau, le dépliai pour vérifier qu'il y avait bien les informations dont j'avais besoin et quittai l'atelier.

Pfff. Ces cartographes.

En sortant je fus frapper par l'obscurité. Il faisait déjà nuit ? Je ne l'avais pas vu venir. Je ne croyais pas qu'il était si tard.

J'allais entrer dans la première taverne venue mais la vue du cadavre d'une jeune femme étalé au pied du mur me fit ralentir. Des hommes sortirent à ce moment du bâtiment. Apparemment ils la cherchaient... Du moins l'attestait leur attitude.

Nom des Enfers, ils n'allaient quand même pas...

Quelle bande de gros pervers !

Je me plantai entre eux et la jeune femme inerte et dégainai mon sabre d'abordage. Toujours impressionnant pour qui n'en a jamais vu de son existence. En même temps, rares étaient ceux à y survivre me direz-vous. Très juste.

A la vue de la lame, ils n'insistèrent pas. L'alcool ne leur avait pas fais perdre complètement la tête, c'était déjà ça. Par contre il y en avait une autre qui avait eu un sérieux problème. Je m'accroupis près d'elle. Que faire ? Je testai son pouls. Régulier, lent. Parfait. Elle semblait dormir profondément. Alors je l'embarquai sur mon épaule, non sans difficultés, je l'avoue...

J'entrai finalement dans une autre auberge, les Trois-Visages et demandai une chambre à l'aubergiste qui m'offrit même le luxe que m'y conduire, non sans lorgner avec méfiance la jolie femme que je transportais. Mais bon, je lui tendis mon plus aimable et rassurant sourire, articulai qu'il s'agissait de ma sœur et elle ne pipa mots. Elle me donna les clés et quand elle eut tourné les talons je déposais la jeune femme sur le lit et verrouillait la porte.

J'ouvris ensuite la fenêtre, le col de ma... dormeuse pour la laisser respirer et je lui épongeai le front d'un tissu humide. C'était inutile mais ça avait le mérite d'être agréable. Finalement je la laissai là, m'assis dans une chaise et dépliai le carte...

Je mourrai d'envie de dormir mais qui sait ce qu'il pouvait se passer. Autant rester éveillée.

Alors... J'étais à Sipheaï. Je devais rejoindre les rives ouest du Royaume de Quetaïn. Il fallait donc suivre l'Embourbé jusqu'à l'endroit où il se jetait dans l'océan pour ensuite longer les côtes...
Facile...
Mais long.
A moins que je trouve un bateau qui remonte le fleuve...



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Leïna Liuwën
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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Sam 27 Avr 2013 - 23:26

Sa vue était trouble. Des formes dansaient devant ses yeux mi-clos.
Me concentrer…
Elle cru voir des gens s’approcher d’elle… Et une autre personne…
Trop flou…

Maman. Elle berce mon petit frère.
C’est génial ! J’ai un frère !
Je suis comme plus grande !
Maman m’a dit qu’il y a beaucoup d’enfants dans notre famille, pour des elfes. Elle m’a dit qu’elle avait un frère jumeau, et que sa mère avait deux sœurs.
Il s’appelle Leïo.
C’est joli.
Il ne me ressemble pas beaucoup. Il ressemble surtout à maman. Il a des yeux bleus, des cheveux noirs, et la peau très pâle. Il est beau. J’aimerais bien ressembler à maman, moi ! C’est la plus belle du monde.

Leïo a quelques mois, seulement. Il sourit beaucoup.
On habite un tout petit village. Il y a moi, maman, papa, Leïo, et quatre-cinq autres elfes. Maman aime la tranquillité. La solitude.
Je lève les yeux vers les nuages. Je sais pas pourquoi, mais j’ai un mauvais pressentiment.
Maman adore Leïo. Je crois qu’elle le préfère à moi, mais ce n’est pas grave, moi j’ai papa.
Et puis, j’ai l’habitude, maman elle est bizarre.

La pluie tombe.
Tout le monde s’affole.

« Des barbares ! Des humains ! »
Je crois qu’on nous attaque. Pourquoi ?
C’est nul de tuer. C’est nul la souffrance.
Comment des gens peuvent aimer ça ?

« Prend Leïo avec toi, rentre à la maison, et ne bougez pas ! »
Maman me donne Leïo et prend un poignard. Il n’y a pas beaucoup d’humains. Dix ? Mais ils ont des armes.
Je prends Leïo et cours vers la maison. J’ai peur. Leïo crie. Je me cache derrière un coffre. Je tremble.
Un bruit.
Quelqu’un est entré. C’est un elfe. Papa ne l’aime pas trop. Je sais pas pourquoi.

« Donne-moi Leïo. Je vais le mettre à l’abri. »
J’arrive pas à réfléchir. Je lui tends Leïo. Il l’emporte avec lui. En le voyant franchir la porte, me vient une pensée étrange.
Pourquoi Leïo, et pas moi ?

J’ai l’impression d’avoir fait quelque chose de terrible. Je me sers contre le coffre en sanglotant.
Longtemps après, maman reviens. Quand elle voit que Leïo est pas là, elle hurle

« Ou est-il ? »
« Un elfe l’a… l’a pris ?... C’est celui que papa aime pas… »
Maman hurle, encore, et encore. Elle me gifle à la volée. Je pleure. Papa arrive et l’empêche de me frapper encore.

« C’est pas sa faute, il murmure, pas sa faute… »
Maman continue de le hurler et le repousse. Elle s’enfuit dans la nuit. Papa me prend dans ses bras.

« Papa ?... Et Leïo ?... »
« L’elfe l’a emporté avec lui. On ne les reverra plus. »
Papa est triste mais ne me crie pas dessus. Il m’explique que c’est l’elfe qui a envoyé les barbares sur le village. Il m’assure que maman va revenir. Dehors, le feu brûle.
Flammes.
Sang.
Rouge sur rouge, flammèches orangées, or brûlant.
Neige tachée, acier luisant, hurlements.

Maman est revenue. Deux mois plus tard.
Mais est-ce une bonne chose ?


Leïna cligna lentement des yeux, la tête résonnant comme un tambour. Un tambour qu’un joueur frappe comme en ayant l’envie de le crever.
Qu’est… où suis-je ?
Elle referma les yeux et fit le tour de ce qu’elle savait. Elle avait bu… hier… Quand ? Beaucoup. Trop. Elle était sortie, et… Trou noir.
Mouais, ça ne m’avance pas…
Et maintenant, où était-elle ?
Sur un lit ?
Et dans son état, comment avait-elle pu se rendre seule ici ?... A ce qui paraissait être une auberge ?
L’Ange posa la main sur son poignard et se redressa brusquement. Elle referma aussitôt les yeux, submergée par une vague de douleur.
Les rouvrit.
Une femme était assise sur une chaise. Lisant une carte. Rousse.

- Hem… excusez-moi… Mais vous pouvez me dire ce que je fiche ici, et qui vous êtes ?

Elle lâcha son poignard.
Et puis, avez-vous quelque chose contre le mal de crâne ?

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 1 Mai 2013 - 9:40

Oui. Un bateau ferait l'affaire... d'autant plus l'affaire que je m'y sentais chez moi.
Après... Il en fallait un qui accepte une femme à bord.
Et s'il n'y en avait aucun...
Il faudrait que je m'y introduise discrètement.
Tout une autre histoire que ceci.

Ma foi... ça pourrait être intéressant...

Je parcourus la carte des yeux.

Alors donc c'était dans cette région immensément désertique, à l'est de la cité de Sipheaï que j'avais passé mes dernières semaines. Combien déjà ? J'étais bien incapable de le dire ! Le temps avait paru si long une fois l'aventure dans le désert commencée... Les jours étaient interminables et les nuits des plus terribles. Qu'ils s'étaient bien réussis ses idiots à m'envoyer là-bas ! Comme punition c'était parfait. Je ne comptais pas le nombre de fois où j'avais cru mourir, et le nombre encore plus important de fois où j'avais voulu en finir.

Je soupirai silencieusement.

Ils me le payeront...

- Hem… excusez-moi… Mais...

Surprise de m'être faite surprendre, j'abaissai la carte. Décidément c'était une habitude maintenant. Où était passé mon indéfectible oreille et intuition ?

- Vous pouvez me dire ce que je fiche ici, et qui vous êtes ?

Je croisai mes jambes et basculai la chaise sur ses pieds arrière de façon à ce que son dossier s'appuie sur le mur et esquissai un sourire amusé.

- Bonjour très chère. Je dirais que vous avez noyé votre désespoir dans l'alcool hier soir.

Rien de plus courant que cela, il fallait l'avouer.

- Je vous ai ramassé dans la rue, inerte et vous ai amené dans cette charmante auberge...

Je l'analysai sous toutes les coutures. Des cheveux roux enflammés tombaient en dessous de ses épaules et s'ils étaient décoiffés par la nuit agitée que la jeune femme avait passé, ils n'en restaient pas moins sublimes. Ses yeux eux, me paraissaient étranges. Mais j'ignorai s'il s'agissait là d'un résultat à une cuite monstre, à un réveil ou... toute autre chose. Une peau pale, sans taches. Simplement parfaite. Des lèvres dorées et ciselées avec merveille... Un corps qui paraissait frêle, enroulé dans un drap..

J'esquissai un sourire moqueur.

- Pour ce qui est de qui je suis, vous ne tarderez pas à le savoir. Prenez d'abord le temps d'émerger...

Même au réveil, même grises, les femmes détenaient toujours leur certain charme.
Mais les souvenirs qui remontaient en moi faisaient référence à cette nuit à Port-Escale...
Cette nuit où le propriétaire m'avait confié à un client tapi dans l'ombre de l'escalier.
Cette nuit où dans une chambre comme celle-ci, âgée alors de dix sept ans...

Ahaha...

- Il y a un gant et une bassine d'eau au pied de votre lit.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 8 Mai 2013 - 23:58

La femme réagit, levant la tête. Elle renversa sa chaise et sourit.

- Bonjour très chère. Je dirais que vous avez noyé votre désespoir dans l'alcool hier soir.

Leï soupira, lasse. C’était bien la première fois que cela lui arrivait. Sans compter celle, une ou deux semaines après son abandon par sa mère, où elle s’était soûlée dans une auberge, d’ailleurs plutôt fréquentable, à vrai dire. Et encore, elle était alors suffisamment lucide pour se payer une chambre, à moitié dans le brouillard, y aller, fermer la porte à clé et s’affaler sur le lit pour décuver.

Elle avait beau boire un ou deux verres à l’occasion, en fait même plutôt souvent, elle s’enivrait que très rarement et n’était pas si résistante à l’alcool que ça.
Ce qui était agaçant, dans tout cela, à part qu’elle avait été stupide au point de ne plus arriver à se souvenir de quoi que ce soit, c’est qu’elle avait été vulnérable pendant son inconscience. Et ce n’était pas vraiment pardonnable, ni intelligent.

Enfin… elle avait eu la chance de tomber sur quelqu’un de… normal ? Bienveillant ? Et encore, chance, c’était très relatif. Elle allait bien voir.

- Je vous ai ramassé dans la rue, inerte et vous ai amené dans cette charmante auberge...

L’elfe secoua doucement la tête dans l’espoir de se remettre les idées en place. En attendant, cela ne lui donnait pas toutes les informations qu’elle désirait. Bien peu de gens, en ce siècle, aidaient leur congénères.

- Merci, marmonna-t-elle.
- Pour ce qui est de qui je suis, vous ne tarderez pas à le savoir. Prenez d'abord le temps d'émerger...

Leï regarda attentivement son interlocutrice. Elancée, sans avoir l’air faible, de courts cheveux roux, des yeux verts éclatants, une peau claire, une humaine.
Faut-il s’en méfier ? Et… Est-ce une menace, un avertissement ?
Circonspecte, elle hocha doucement la tête. Le temps… On a beau courir, il nous rattrapera toujours.

- Il y a un gant et une bassine d'eau au pied de votre lit.

L’Ange baissa les yeux et aperçut les objets en question. Elle se pencha pour les ramasser et les poser sur ses genoux pour plus de confort, jetant un regard intrigué dans l’eau miroitante. Elle était ébouriffée, à cause de son sommeil sans doute agité, avait des traits tirés, et une gueule de bois quasi-légendaire…
Elle dédaigna le gant et plongea ses mains en coupe dans la bassine, recueillant de l’eau pour s’en passer sur le visage tout en veillant à ne pas s’en mettre partout.

Cette toilette, bien que rapide et sommaire, eut le mérite de l’éveiller un peu. De nouveau à peu près lucide, elle posa la bassine en regrettant de ne rien avoir contre le mal de crâne.
Et elle recommença à réfléchir correctement.

Hier, hier… Même si elle ne savait pas trop combien de temps elle était restée endormie. Donc… elle se souvenait d’être allée voir le commanditaire de la mort de l’ermite. Elle lui avait donné la chevalière récupérée sur la cible, il lui avait donné son argent.
Normal, en somme. Sauf peut-être son affolement.
Elle allait devoir bien faire attention à ce qui se passait dans son dos, dans les jours qui viendraient. Et elle y arriverait d’autant mieux si elle ne buvait pas comme un trou.

Leïna se leva avec précautions, s’étira longuement et se tourna vers la femme.

- On me nomme Ange. Et vous ?

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 15 Mai 2013 - 13:10

Elle baissa alors la tête et ses yeux tombèrent sur ce que je lui avais destiné. Elle se pencha et plongea ses mains dans l'eau froide sans tressaillir. Doucement elle les amena à son visage et laissa un instant l'eau ruisseler sur sa peau pâle, yeux mi-clos. Pour quelqu'un en plein dégrisement elle était plutôt jolie. Mais même grises, il me fallait avouer que je trouvais un certain charme aux femmes. Je devais avoir un problème... Je l'avais déjà pensé quelques secondes auparavant, pourquoi insister... Pendant que je la détaillais de nouveau, elle semblait retrouver ses esprits. Dans un mouvement souple mais lent, elle se dégagea des draps et se mit sur pieds. Je m'attendais à la voir chanceler mais il n'en fut rien. Elle se remettait bien on dirait. Et vite. J'allais retourner à mon analyse cartographique et géographique de la région mais...

Elle étira ses membres, avec délice et grâce. Jolies formes. Joli corps. Jolie voix. Puis pivota vers moi.

- On me nomme Ange. Et vous ?

Ange ? C'est une blague ? Ange ?! Je lui lançai un regard froid. Elle se foutait de moi. Ange... N'importe quoi. C'était le prénom le plus ridicule que je n'ai jamais entendu. Pourquoi fallait-il que cette jolie jeune femme porte un nom pareil ? ANGE ? Manquerait plus que ce soit une Elfe.

Tsss.

Je repliai la carte d'un air las. Je n'avais pas dormi, moi. Le sommeil commençait à me manquer et la patience avec. Je basculai la chaise en avant et me levai souplement. Je n'aimais pas ce genre d'humour foireux. Ca n'avait jamais eu rien de drôle. Et je n'avais pas non plus qu'on me harcèle pour connaître mon nom. Que de choses qui venaient me contrarier. Dommage... elle n'était pas mal...

Je serrai la mâchoire, m'approchai d'elle.

Ange...
ANGE !

Inutile de dire que je n'y croyais pas.

Je penchai la tête sur le côté, étirai mes lèvres en un sourire glacial -une grande spécialité. Puis, poussée à répondre quelque chose j'articulai :

- Je crains ne pas aimer les anges, ma chère. Comment votre mère vous a t-elle appelée ?

A m'entendre poser cette question le visage de la mienne s'imposa à mon esprit. Cela faisait dix-sept ans que je n'avais pas posé le pied à Port-Escale. Dix-sept ans que j'étais partie, que je l'avais laissée seule dans la misère. En quittant la ville je pensais qu'au moins je ne serais plus une charge pour elle. Mais maintenant, avec la distance, je me disais qu'en réalité, mère aimante qu'elle avait toujours été, elle ne devait certainement pas se plaindre de travailler pour satisfaire nos besoins vitaux. Après tout, elle aurait bien pu m'abandonner pour avoir la paix, ou bien me vendre, ou encore me tuer...

Seulement, elle n'avait rien fais de cela. Jamais. Je savais qu'elle ne l'avait même jamais pensé. Que lui avais-je offert en retour ? Rien. Pas même ma présence vu que je passais mes temps libres à vagabonder sans but dans le port. Je rentrais au petit jour, quand elle était déjà partie. Mon... travail me tenait éloignée d'elle. Et trop égoïste pour penser à lui venir en aide, je ne passais jamais à la taverne la journée. Je ne faisais pas d'efforts pour nous tirer d'affaire. On m'exploitait déjà la nuit, pourquoi me tuerais-je à m'activer le jour ? L'adolescence m'avait rendue égoïste. Il fut un temps où trop jeune pour être esclave, je l'aidais en ville, à voler, puis revendre des trucs illicites à des marins étrangement vêtus. Puis les années passant, j'avais cessé de travailler pour deux. Mon salaire à la taverne me permettait à peine de manger. Jamais je n'ai pensé une seule fois à travailler plus pour elle, alors que je savais pertinemment que c'était grâce à elle que je parvenais à survivre. Combien de fois ai-je trouvé mon repas sur ma couche en rentrant à l'aube ? Mangeait-elle jamais, elle ? Dépensait-elle tout son argent pour ma santé ? Fort probable. Elle s'était amaigrie avec le temps...

Je serrai les dents.

Pas l'heure à culpabiliser. Cela faisait dis-sept ans que j'étais partie, dix-sept ans que je ne l'avais pas vu, elle devait avoir reprit du poil de la bête. Et quant à moi, j'avais trente-quatre ans désormais, une vie d'imprévisible, de sang, de tortures, de chants et surtout... j'avais de quoi lui payer la plus confortable des maisons de Port-Escale.

Serais-je seulement capable de revenir ? Rien que revenir...

Je m'inclinai pour une révérence arrogante, pris la main de la jeune femme, la baisai, amusée. J'aurais aimé être un homme rien que pour pouvoir m'accorder ce plaisir il y a quelques années. J'avais finalement découvert qu'homme ou femme, rien ne m'empêchait de le faire.

Et puis, j'avais toujours aimé la provocation...

- Certainement pas qu'elle vous a nommé Ange.


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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 15 Mai 2013 - 18:56

Leï haussa un sourcil devant le regard froid de la femme. Quoi ? Son surnom ne lui convenait pas ? Elle n’aimait pas donner son vrai nom aux gens, et son surnom lui avait paru une bonne idée jusque là. Mais il était vrai que « Ange » tout seul pouvait faire un peu étrange, rien qu’en regardant ses habits…
La prochaine fois, elle préciserait.
La femme replia sa carte et se leva pour se planter devant l’assassin. Un sourire mauvais orna les lèvres de cette dernière, reflet de celui, glacial, de la femme.

- Je crains ne pas aimer les anges, ma chère. Comment votre mère vous a t-elle appelée ?

Un regard noir commença la réponse de Leï, ladite réponse se terminant par des mots prononcés sur un ton doucereux.

- Et je crains que vous m’ayez mal comprise… Je vais préciser : l’on me nomme l’Ange Noir. Ce n’est certes pas mon vrai nom, vous vous en étiez doutée.

Quant à ma mère…
Une soudaine mélancolie traversa les yeux de feu de l’elfe. Leïna. Etait-ce sa mère, ou son père, qui avait décidé de son nom ? Probablement sa mère. Elle était si forte, si sûre d’elle, qu’il était impensable qu’elle eut laissé la moindre possibilité de protester à son mari.
D’ailleurs, était-ce de la force, ou de la folie ?

Folie.
Leï n’avait pas vraiment de joyeux souvenirs de sa mère. Les premières années de sa vie avaient été belles. Simples. La vie dont seuls les adultes sans enfance rêvaient.
Et puis son petit frère était né. Leïo. Sa mère – Illiya – s’était concentrée sur lui, sur ce bambin, sa copie parfaite. Heureusement, son père avait été là.

Leï-enfant ne savait pas pourquoi sa mère affichait une telle préférence pour Leïo. Elle ne savait pas non plus pourquoi ni comment des humains avaient attaqués le village. Mais dès que le petit avait disparu, sa mère avait totalement sombrée dans sa folie. Partant deux mois, pour revenir.

Pour repartir. Avec eux, cette fois.
Qu’avait fait sa mère, pendant son absence ? Qu’avait-elle trouvé, pour se retrouver du jour au lendemain sur un bateau pirate, amante du capitaine, puis capitaine lors une grave blessure de ce dernier ?
Encore quelques années, et elle dépassait la simple réputation de petit pirate pour Seigneur Corsaire, probablement aidée de la notoriété de son amant, qui finit par décédé, par « accident ». Illiya avait toujours été fidèle à ses amants – humains – mais dépassé un certain âge, elle les envoyait rejoindre les poissons.
Normal.

Qu’était-il arrivé à sa mère, qu’avait-elle fait, pour être ainsi ? Mauvaise, haineuse. Elle valait bien son surnom. La Sorcière. Pas si glorieux que ça, disent certains. C’est avant de la croiser.
Son dernier souvenir d’elle… Celui d’une femme aux longs et épais cheveux bruns, aux yeux froids comme son âme – si elle en possédait encore une – et sa peau pâle brillant sous le soleil.
Celui d’une femme lui assignant une mission factice pour mieux larguer les amarres sans elle. Leï ne savait toujours pas pourquoi elle avait attendu aussi longtemps pour l’abandonner. Elle ne savait pas non plus pourquoi elle l’avait fait, mais avec le temps, certaines questions s’estompaient.
Peut-être que les deux questions n’en faisaient qu’une. Et si Illiya avait attendu d’avoir d’autres enfants pour délaisser la première ? Celle qui avait perdu son fils chéri.

Illiya n’aimait pas sa fille. Et celle-ci n’arrivait pas complètement à le lui rendre. Leï ne savait même pas quelle serait sa réaction une fois devant sa mère. Leur réaction, à toutes les deux. Pleurer ? Certainement pas. Hurler ? Probable. Sortir sabres et colère ? Sans doute.
Qui peut savoir ?

Si seulement je pouvais savoir où elle est…

L’Ange quitta son air mauvais pour un autre, impassible, tirée de ses pensées par la femme qui venait de s’incliner devant elle pour baiser sa main. Elle esquissa un sourire, mi-amusé, mi-surpris – c’était bien la première fois qu’on lui faisait un baisemain.

- Sinon… Appelez-moi Leïna.

Elle s’efforçait d’être un peu aimable. Après tout, cette femme l'avait amenée ici au lieu de la laisser dans la rue, alors bon…

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Dim 30 Juin 2013 - 8:59

Ange Noir.
Voilà qui était déjà un peu plus... intéressant.
L'adjectif qui s'opposait en tout au nom. Un ange, ça avait la réputation d'être lumineux, d'être garant de paix, d'harmonie, de sagesse. Un ange... c'était une petite chose fragile, une poupée de porcelaine sur le point de se briser et pourtant... c'était cette petite chose fragile qui gardaient et protégeaient les plus grands.

Pourquoi donc, noir ?
Mes yeux s'attardèrent dans les siens. Fichtre, comment était-il possible qu'existe pareil regard ? Ce n'était pas la première fois que je me trouvais confrontée à autant d'étrangetés. J'avais succombé à une femme dont le regard était le plus recherché du continent. Je devrais m'y être faite depuis lors. Pourtant... ces yeux là me paraissaient encore plus... inhumains.

Ses traits affichèrent un air surpris quand après avoir déposé mes lèvres sur le dos de sa main, je me redressai, sourire amusé en prime. Ah que j'aimais cette béatitude peinte sur le visage de certaines face à cette attitude. J'avais toujours été attirée par des milieux d'hommes. La navigation, la guerre, le meurtre... (quoique certaines... étaient des maîtres en la matière). Je n'avais par conséquent que rarement fréquenté des femmes, simplement parce que je ne voulais plus être asservie. C'était une sorte de promesse, guidant mes pas depuis mon départ et je réalisais peu à peu à quel point l'accomplir me comblait.

- Sinon… Appelez-moi Leïna.

Le ton de la jeune femme s'était radoucit et, loin de me déplaire, je lus au fond de ses yeux qu'elle admettait qu'arrogante ou non, je lui avais peut-être sauvé la vie. J'étais détestable, oui. La Capitaine ne me portait pas toujours dans son cœur, l'équipage me fuyait, mais je pouvais ainsi jouir d'une douce solitude. Je m'amusais à maltraiter les prisonniers, néanmoins, étrangement, je ne serais jamais capable de lever la main sur une femme. Les plus redoutables des meurtriers ne sont pas sans cœur...

Je lâchai sa main, rejetai une mèche de cheveux qui me barrait l’œil, mes yeux d'émeraude scintillant...

- Ma chère Leïna, je suis enchantée.

Une pointe de malice continuait de percer dans ma voix. Je ne pouvais m'en défaire, j'étais ainsi. Provocante. C'était une armure trop bien accrochée à moi, je ne pouvais plus l'en changer. Ca sentait la carapace mal agencée à trois mille pieds et pourtant, cela faisait presque une vingtaine d'années désormais que cette couverture me permettait d'avancer. Les hommes ne pouvaient rien me refuser. Je parvenais à toutes fins en un regard et quelques susurrations à l'oreille. Séduire d'abord. Puis... Briser ensuite. Qui n'avait jamais été confronté dans ses pires cauchemars à un fou diabolique vous torturant le sourire aux lèvres ? Savez-vous ce que cela fait de ne pas pouvoir se réveiller pour se libérer ? Ah... si seulement ils étaient encore là pour raconter...  

Je me détournai d'elle, retournai à la chaise où la carte était encore ouverte, la fermai.

- Et bien... qu'est-ce qui vous a amené dans cette charmante cité ?

J'avais peut-être de quoi traiter affaires avec elle... qui sait...
Ou mieux... si l'alcool n'avait pas fini de faire des siennes...
Ou si... elle partageait... l'idée.

J'évitai néanmoins de la questionner sur les raisons de sa cuite. Pas que cela ne m'intéressait pas, mais ce n'était pas le moment.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Dim 18 Aoû 2013 - 13:22

Un ange, il paraît que c’est innocent. Drapé de pureté, de blancheur. C’est du moins l’image qu’on aime lui donner. Un être de lumière venu apporter la paix. Exempt de toute souillure.
Quelle bêtise.
Comme s’il existait vraiment des gens complètement innocents.
Les Sryles mis à part, évidemment. Et encore… qui peut savoir ce qui leur passe par la tête ?

- Ma chère Leïna, je suis enchantée.

Désolée, mais ce n’est pas vraiment réciproque.
La provocation perçant dans la voix de l’humaine lui plu malgré tout. Elle appréciait le sarcasme, qu’elle maniait comme d’autre manient une épée, la moquerie, voire le mépris.
Finalement, l’épée était une mauvaise comparaison. Bouclier, armure, auraient mieux convenus.
Eloigner les autres à coup de moqueries, pour qu’ils ne nous connaissent pas. Qu’ils ne s’approchent plus.

Leï s’appuya nonchalamment contre le mur, une jambe tendue devant elle, l’autre repliée, bras croisés. Elle suivit du regard la fille humaine qui alla déplier une carte.

- Et bien... qu'est-ce qui vous a amené dans cette charmante cité ?
- Des affaires… répondit tranquillement l’Ange.

Des affaires… mettant en scène du sang et de l’argent. Un plaisir que la plupart des gens ne comprennent pas. Quel dommage.
Elle n’allait pas préciser son statut d’assassin. Bien que c’était effectivement uniquement pour cela qu’elle était ici. L’argent… La renommée… Que faisait les gens normaux, eux ? Peut-être voir des parents, des amis… Des affaires, aussi, quoique pas forcément les même que les siennes.
C’était presque dommage de venir découvrir des villes juste pour cela.

- Et vous ? ajouta-t-elle, posée, un léger sourire aux lèvres.

Elle doutait d’avoir une réponse plus précise que la sienne, mais cela ne l’empêchait nullement d’essayer tout de même.
Songeuse, l’assassin laissa son regard errer vers le plafond. Il paraît que lorsque quelqu’un vous sauve d’une situation fâcheuse, on lui doit… quelque chose… Enfin…
Elle leva une main et la passa sur son visage. Il y avait quelque chose qui clochait avec son commanditaire, ainsi que son ex-cible. Elle allait devoir y réfléchir sérieusement. Quand son crâne cesserait de résonner aussi désagréablement, peut-être.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mar 3 Sep 2013 - 19:20

Comme tout le monde, quand je posais une question, j’attendais une certaine réponse. Une précision. Pas qu’un mot vague, non, des détails. Une vraie réponse, quelque chose sur lequel il était possible de rebondir. Quelque chose sur lequel je pouvais m’appuyer pour continuer le dialogue. Alors quand la jeune femme me répondit un court « des affaires » à la question concernant ce qui  l’avait amenée ici, je ne pus que difficilement retenir une moue d’insatisfaction. Déjà que je ne parlais pas beaucoup, si en plus quand je le faisais on esquivait mes questions…

La carte fermée toujours en main, je finis par m’asseoir. Arg, c’était terriblement plat, une chaise sur quatre pieds. En manque de houle, je la basculai sur ses deux pieds arrière et soupirai, intérieurement. Oui, intérieurement. Il ne fallait pas irriter notre jolie et jeune demoiselle, et ce, bien que l’exaspération grandisse en moi. J’aimais quand les choses étaient claires. Quand on me répondait franchement. Je n’avais qu’à moi aussi le faire ? Hum, mouais, non. Les autres oui, moi non.

Je levai les yeux. La jeune femme s’était adossée au mur, non loin de moi, une jambe repliée, un talon au mur et les bras croisés sur sa poitrine. Je souris, l’observant désormais du coin de l’œil -pas question de montrer que je la détaillais. Quoiqu’il en soit, elle me plaisait bien, cette nana ! Même si elle avait depuis son réveil l’art de ne formuler que des demi-réponses. Demi… et encore, j’étais bien généreuse. Enfin, bref.

Elle eut l’air de se perdre quelques secondes dans ses pensées. Quel genre d’affaires était-ce donc ? Je me surpris à l’imaginer, feignant de regarder l’armoire qui, derrière le lit, me faisait face. Puis… un sourire étira ses lèvres. Il aurait pu être moqueur, narquois, matois, il n’en était rien. C’était un simple sourire. Un sourire amical. Un de ces sourires que rares m’offraient. Je tiquai. Pas l’habitude de voir quelqu’un réagir de la sorte à mes provocations. Pas l’habitude et heureusement. C’était… désagréablement surprenant. Ses yeux tombèrent sur moi.

Un sourire.

Une voix qui sourit.

- Et vous ?

Moi ?

Mon regard se posa de nouveau sur elle, brillant de malice.

Moi ?

- Et bien… des affaires.

J’accompagnai ma réponse d’un sourire amusé en croisant moi aussi les bras sous ma poitrine tout en me berçant sur les deux pattes arrière de la chaise, jambes croisées elles aussi. Il fallait s’y attendre. Quand on offre une pareille réponse et qu’on retourne la question, il faut en effet s’attendre à recevoir la monnaie de sa pièce. Elle ne voulait pas donner de détails. Elle n’en aurait pas de moi non plus. Stupidement logique, pas vrai.
Je penchai la tête sur le côté tout en dessinant du bout des ongles sur le bois humide de la chaise.

- Le tout est de savoir, quel genre d’affaires est-ce. Il se pourrait qu’elles se rejoignent et si tel est le cas, il se pourrait que mon aide vous soit utile. Ou vice-versa.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Dim 8 Sep 2013 - 2:30

- Et bien… des affaires.

Leï lâcha un rire amusé. Exactement le genre de réponse à laquelle elle s’attendait. Bon, elle l’avait peut-être un peu provoqué. Et peut-être qu’elle était aussi un peu lunatique. Sarcastique et provocatrice, ou froide et mauvaise.

- Le tout est de savoir, quel genre d’affaires est-ce. Il se pourrait qu’elles se rejoignent et si tel est le cas, il se pourrait que mon aide vous soit utile. Ou vice-versa.

L’assassin réfléchit. Cette fille n’avait pas l’air ordinaire. Le genre de personnes sur lesquelles des contrats tombaient, ou qui pouvaient s’avérer fort utiles par la suite. Une occasion à ne pas manquer.
Même si elle évitait de requérir l’aide de qui que ce soit. Être redevable envers quelqu’un ? Merci bien, mais non. Elle l’était déjà une fois avec cette fille, une seconde fois…
Mais si c’était elle qui lui apportait de l’aide, elle serait débarrassée de la dette qui l’encombrait.
Oui.
Une occasion à ne pas manquer.

- Intéressant…

Elle sortit son poignard et le fit tournoyer entre ses doigts quelques secondes, puis le rangea. Sarcastique, provocatrice et parfois menaçante.

- Le genre d’affaires qui implique la mort et l’argent.

Elle afficha un sourire carnassier.

- Assassin.

Elle se redressa et regarda la fille, croisant les bras.

- Et vous, quel genre d’affaires cela peut être ?

Leï sourit et détailla la fille.

- Vous n’êtes pas comme les humains normaux. Pas le même comportement. Et la tenue… Vos affaires n’impliquent pas un peu de sang ou d’argent par hasard ?

Un autre sourire. Elle s’approcha de la fenêtre et regarda à travers.

- Ou peut-être que je me trompe complètement.

Mais l’odeur de la mort vous suit.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Lun 16 Sep 2013 - 20:58

Je prenais encore un peu de temps pour l’observer. Pas banale comme fille celle-là qu’elle était. Etait-elle vraiment humaine d’ailleurs ? Tout donnait à croire que non mais je ne voyais pas ce qu’elle pouvait être d’autre. Ces stupides d’elfe étant vraiment trop idiots pour avoir parmi eux une si jolie (et intelligente, aucun doute là-dessus) jeune femme. Non, vraiment trop idiots, vraiment trop ignobles, vraiment trop…

Elle aussi prenait du temps, mais pas pour poser sur moi ses yeux étranges. Non, je lisais dans son regard qu’elle considérait ma tirade avec intérêt. Notant surement le pour ou le contre d’accepter une telle proposition. Car oui, c’était bien une proposition que je venais de faire, de sous-entendre. La question était de savoir de quelles affaires elle parlait pour, peut-être, si la réponse le permettait, l’aider dans quelques domaines que je pusse.

Toujours du coin de l’œil, je l’aperçus dégainer quelque chose. Pour sûr, il s’agissait bien du geste de dégainer, je le connaissais par cœur, aucune feinte n’était possible là-dessus. Un coutelas fin et effilé apparut et brilla dans sa main, à la lueur des rayons du soleil qui, se jetant par la fenêtre, venait désormais inonder la chambre. Elle joua un instant avec, de la même manière que je le faisais quand l’envie me prenait, avec ma propre lame. Elle joua, jongla légèrement, le fit tourner entre ses doigts. Précision, habitude.

J’esquissai un sourire, reflet parfait du sien. Carnassier. Elle me plaisait vraiment bien. Nous n’étions pas si différentes que ça.

- Le genre d’affaires qui implique la mort et l’argent.

Je ris doucement. Ah, si elle savait…

-Assassin.

Hum. Vraiment ? Tiens donc… Comme… comme… Elles se connaissaient peut-être.

- Et vous, quel genre d’affaires cela peut être ?

Voilà qu’elle me détaillait maintenant. Ses lèvres s’étirèrent en un nouveau sourire et elle articula :

- Vous n’êtes pas comme les humains normaux. Pas le même comportement. Et la tenue… Vos affaires n’impliquent pas un peu de sang ou d’argent par hasard ? Ou peut-être que je me trompe complètement.

Pour cette dernière phrase, elle s’était rapprochée de la fenêtre, jetant un regard attentif vers l’extérieur. Démarche souple, gracieuse, élégante, efficace. Il me semblait avoir déjà vu ça quelque part. Cette façon irrésistible de mettre un pied devant l’autre sans que ni l’un ni l’autre ne fassent ne serait-ce qu’un bruit de frottement. Pas même le son de la caresse du sol par la semelle. Le silence complet. Mortel surtout.

Tous les assassins se déplaçaient-ils de la sorte ? Non. Je n’avais pas envie d’y croire. Deryn était Deryn. Elle ne serait jamais égalée.

Je notais maintenant le sens de ces paroles. Pas comme les humains normaux ? Elle ne se considérait donc pas comme tel. En ce qui concerne le reste…
J’arborai un nouveau sourire, moi aussi.

- Tout bon ma belle. Je cotoye aussi la mort et l’argent, bien que ce que je fais de mes journées m’apportent plus que de simples meurtres et contrats comme vous autres.

Je souriais encore.

- Et la raison de votre cuite de hier soir est-elle liée à l’exercice de votre... profession ?

Ton légèrement moqueur oblige... je la regardais d'un œil amusé.


Hors-RP:
 

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Sam 28 Sep 2013 - 23:10

- Tout bon ma belle. Je cotoye aussi la mort et l’argent, bien que ce que je fais de mes journées m’apportent plus que de simples meurtres et contrats comme vous autres.

Tant mieux, si j'avais eu tort, j'aurais pas eu l'air maligne. Au moins, y a pas trop de bordel dans mon crâne, c'est un point positif.


- Et la raison de votre cuite de hier soir est-elle liée à l’exercice de votre... profession ?

Leï répondit par un rictus, où se mêlaient agacement mal dissimulé et moquerie. Puis elle essaya de chercher quoi répondre à cela. Oh, elle le savait. Ce prenant sentiment de lassitude qui l'envahissait quand elle s'avisait de baisser sa garde. Et alors, les verres défilaient trop vite pour qu'elle ne s'en rende compte.
Cela ne lui arrivait pas si souvent que cela. Peut-être était-ce la faute de cet imbécile de commanditaire. Son comportement curieux lui avait fait craindre les problèmes. Et elle n'aimait pas ce genre de problèmes. Les imprévus. Les pièges, les guet-apens. Elle aurait dû au contraire être encore plus sur sa garde, et puis... non.

Son maître lui avait parlé de ces gens s'imaginant pouvoir piéger un assassin, en l'envoyant tuer quelqu'un. Généralement, la cible était bien accompagnée, mais il pouvait arriver que cela soit plus officieux, et alors, c'était le commanditaire qui, à la livraison, essayait soit de vous tuer, soit de vous capturer.
Elle ne pensait pas être encore assez célèbre pour cela, mais après tout... C'en était presque flatteur, en un sens. Mais elle nageait en eaux troubles et ne savait pas ce qui pouvait lui tomber dessus, ni quand, ni où. Or, elle détestait cela.

Alors quoi ? Tu veux savoir quoi, la maligne ? Tu t'attends à quel genre de réponse ? Je ne suis pas vraiment de bonne humeur avec une gueule de bois – peu de personnes le sont dans ce cas-là – et de plus, aussi étonnant que cela puisse paraître, je n'aime pas qu'on m'aide.
Alors, quoi ? Je fais quoi, moi ? Je ne vais pas te tuer, quand même. Tu m'as juste posé une question, ce serait quand même...Excessif. Et puis... Je ne suis pas en état. Pas encore. Tu sais, les dettes, chez certaines personnes, cela s'oublie vite.
Très vite.
Et il vaut donc mieux éviter d'agacer ces personnes, tu vois ? Même si je pense que tu dois quand même le savoir.
En temps normal, je t'aurais écrasé, oui. Mais les mots, c'est pas forcément mon fort. Pas maintenant, en tout cas.


Leï desserra ses doigts, qui s'était crispés sur le rebord de fenêtre sans qu'elle y prête attention. Puis elle fit brusquement volte-face et se planta devant la fille agaçante.

- Bon, alors déjà je vais me saouler si ça m'amuse et je pense être assez âgée pour ne pas avoir de remarques dessus, d'accord ?

Comme si j'en avais déjà eu, en plus.

- Ensuite, je n'ai pas besoin de ton aide pour quoi que ce soit. Même si, effectivement, c'est très aimable de ne pas m'avoir laissé dans une ruelle. Vraiment. J'en suis ravie.

Son ton devint plus mordant et cynique. Il fallait bien l'avouer, remercier les gens, ce n'était pas son truc.

- Maintenant, si t'as besoin d'aide, j'ai justement du temps devant moi. Je comptais l'utiliser pour massacrer des gens ou cueillir des fleurs, selon mon humeur, mais après tout, il paraît que les gens normaux et bien élevés ont une dette envers ceux qui les aident. Alors, tu me dit tout de suite si t'as besoin de quelque chose. Ok ?

Elle s'efforça de se calmer. Mains sur les hanches et un sourire cynique aux lèvres, elle attendit la réaction de la fille agaçante.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Lun 7 Oct 2013 - 9:46


    Grimace. Ça n’avait pas l’air de l’enchanter comme question. Avais-je touché une corde sensible de la personnalité de ma charmante interlocutrice ? Je m’étirai de façon langoureuse. Cette maudite chaise m'avait raidie le dos toute la nuit. Je poussai un soupir en même temps tant dis qu'elle se retournait brusquement vers moi.

    - Bon.

    Ahaha. Énervée la jolie ? C'était toujours intéressant une femme sur les nerfs.

    - Alors déjà je vais me saouler si ça m'amuse et je pense être assez âgée pour ne pas avoir de remarques dessus, d'accord ?

    Je passai mes mains derrière ma tête, toujours dans ma logique d'étirement, me cambrant sur la chaise en bois. Qu'elle continue. Elle risquait de dire des choses... intéressantes.

    - Ensuite, je n'ai pas besoin de ton aide pour quoi que ce soit. Même si, effectivement, c'est très aimable de ne pas m'avoir laissé dans une ruelle. Vraiment. J'en suis ravie.

    Tiens donc. Fameux passage au tutoiement, signe caractéristique de l'agacement qui avait mis à mal sa capacité à garder son sang-froid. J'esquissai un sourire. Une pointe d'ironie pointait dans ses paroles. Ou un petit quelque chose qui sifflait étrange à mes oreilles. Ça semblait moyennement sincère mais peut-être juste parce qu'elle n'avait guère l'habitude de présenter des remerciements. Qu'importe. J'aimais en avoir le privilège...

    Elle venait de mettre nerveusement ses mains sur ses hanches. Les femmes faisaient toujours ça quand elle étaient en colère et c'était absolument irrésistible. Je resongeais à Nuhada, se plantant des fois là, dans cette même posture, tricorne trônant sur ses cheveux bruns, aboyant des ordres aux mousses qui couraient dans tout les sens. Quelle délicieuse attitude de pseudo autorité.

    - Maintenant, si t'as besoin d'aide, j'ai justement du temps devant moi. Je comptais l'utiliser pour massacrer des gens ou cueillir des fleurs, selon mon humeur, mais après tout, il paraît que les gens normaux et bien élevés ont une dette envers ceux qui les aident. Alors, tu me dit tout de suite si t'as besoin de quelque chose. Ok ?

    J'étirai mon dos, ainsi que ses muscles une derrière fois et relâchai le tout en reprenant une position normale.

    - Vous êtes pour sûr assez âgée pour que l'on ne se permette pas de vous faire de réflexions. Mais pas assez semblerait-il pour ne pas dépasser vos limites.

    Sourire impertinent. J'avais croisé mes bras, touchant du bout des doigts la garde de mon poignard accroché à mon flan gauche.

    Après tout, ça ne me regardait pas, le reste. Mais la curiosité était un vilain défaut... Et j'aimais bien évidemment prendre des risques.

    - Sinon, tout le plaisir était pour moi. Il se trouve que j'avais aussi et ai toujours du temps devant moi et n'ai strictement rien de prévu. Je serais curieuse de savoir néanmoins si vous savez où se trouve le port de Sipheaï.

    Je pris la carte, en équilibre sur l’accoudoir droit de la chaise et me redressai.  

    - Je me dois de remonter le fleuve jusqu'à son embouchure et le plus illégalement possible serait le mieux.

    Je rejetai une mèche folle, retroussai un pans de ma manche de chemise jusqu'au coude -ce dernier ayant glissé quand je m'étais levée, en traversant la pièce pour ouvrir l'armoire. J'y avais déposé mon sabre. Pour quelles raisons vous demanderez vous ? Par soucis de commodité d'abord... s'assoir sur une chaise, faire la bascule avec un sabre... pas pratique tout ça tout ça mais aussi par soucis de discrétion. Je ne savais pas réellement à qui j'avais affaire et j'avais préféré mettre mon arme de prédilection hors de ma vue, et de la sienne...

    Je remis mon sabre dans son fourreau donc. Rangeai la bassine sur l'étagère. Me retournai, posai mes yeux sur la jeune femme. Après tout ce que j'avais osé lui dire, y aurait-il un affrontement autre que verbal ?

    C'était à elle d'en décider.

    Hors RP:
     

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Leïna Liuwën
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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mer 23 Oct 2013 - 11:53

Respirant profondément, Leï retrouva son calme. Perdre son self-control ne lui ressemblait pourtant pas. Elle adressa un sourire légèrement sarcastique à l’humaine et retourna à la fenêtre, croisant les bras et tentant de reprendre contenance.

- Vous êtes pour sûr assez âgée pour que l'on ne se permette pas de vous faire de réflexions. Mais pas assez semblerait-il pour ne pas dépasser vos limites.

Un air mauvais passa sur le visage de l’elfe, accompagné d’un rictus mi-amusé, mi-menaçant.

- Oh, j’ai des décennies devant moi pour apprendre, susurra-t-elle, faisant référence au ridicule statut d’éphémère de la fille en face d’elle. Et puis, il faut savoir s’amuser.

Mais c’est vrai qu’à l’avenir, j’éviterais. Par les dieux, que m’est-il passé par la tête, hein ?
Elle se tourna vers m’extérieur, observant l’affluence de gens déambulant dans la rue. Préoccupés par des choses tellement futiles… Leur vie ne tenait qu’à un fil fragile, et au lieu d’en profiter, ils suivaient les autres, travaillaient, restait dans leur ville ou village, y choisissait un compagnon bien comme il faut… puis y mourrait, sans avoir vécu.
Pathétique.

- Sinon, tout le plaisir était pour moi. Il se trouve que j'avais aussi et ai toujours du temps devant moi et n'ai strictement rien de prévu. Je serais curieuse de savoir néanmoins si vous savez où se trouve le port de Sipheaï.

Leï s’étira à son tour, faisant craquer ses muscles encore endoloris. A cette heure-ci, elle devrait déjà être sur les routes, en chasse dune proie, en quête d’un commanditaire, ou même chipant de quoi manger sur le marché. Pas en train de discuter avec une humaine.

- Près de l’eau, je pense, ironisa-t-elle.

Elle s’approcha de l’humaine, jetant un œil à sa carte. Ah, une carte… Dans son exploration effrénée, cela lui serait bien utile. Un jour, peut-être. C’était comme ses gants pour protéger ses mains du coupant des lames qu’elle affectionnait tant. Elle n’y pensait jamais quand il le fallait.

- Je me dois de remonter le fleuve jusqu'à son embouchure et le plus illégalement possible serait le mieux.
- Hm, hm. Evidemment, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué… marmonna l’elfe, songeuse.

Elle suivit du bout du doigt le tracé du fleuve.
Et pourquoi illégalement, hein ? Moi aussi je veux être curieuse. Ce n’est que justice.
Elle suivit du regard la fille récupérer un sabre dans l’armoire de la chambre.
Oooh, tu caches tes jouets ? Si tu le récupère maintenant, cela signifie-t-il que tu me considère comme une menace, ou au contraire que tu ne cours aucun risque avec moi ?

Avec nonchalance, elle s’approcha de l’humaine et jeta un coup d’œil au sabre qu’elle tenait. Joli. De bonne facture, et indubitablement pirate.
Intéressant. Très intéressant. J’ai donc affaire à une pirate.
Un éclair d’animosité la parcourut. Elle ne supportait pas cette engeance – ce qui, venant d’un assassin, était plutôt cocasse. Ce qui l’étonnait, c’était qu’elle l’ai aidée. Ce n’était pas le genre des pirates. Voire pas du tout. Serait-elle tombée sur une exception ?
Ses lèvres frémirent quand elle songea que si elle était tombée sur une fille évanouie dans une rue, elle lui aurait fait les poches avant de se tirer comme si de rien n’était.

Elle refoula donc son aversion.

- Et pourquoi donc illégalement ? demanda-t-elle, formulant à haute voix ses pensées.

Elle revint près de la carte, y jetant un vague coup d’œil. Certes, l’illégal était sa spécialité, mais… Nettement moins cet illégal-ci. Et puis, d’abord, comptait-elle utiliser une monture, un bateau, y aller à pieds ? Rapidement ou pas ? Comment peut-il être illégal de remonter un fleuve ?
Certes. Elle était peut-être encore un peu dans le brouillard. Mais quand même.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Mar 5 Nov 2013 - 16:35

Une question des plus prévisibles m’accueillit.

- Et pourquoi donc illégalement ?

Je lui adressai un léger sourire.
Moqueur, amusé, provocateur et charmeur à la fois. Expression des sentiments contradictoires que je ressentais toujours. J’étais certaine qu’elle connaissait déjà la réponse au fond d’elle. Pourquoi une jeune femme voudrait-elle voyager non officiellement ? Pourquoi se cacher ? Pourquoi se taire ? Pourquoi donc ?

Je me dirigeai vers la porte close, posai une main sur la poignée. Me retournai, tout sourire.

- Il se trouve que je transporte certaines… choses qui se doivent de rester là où elles sont. Si des doutes venaient à peser sur ma personne, je risquerais primo de finir en garde-à-vue et en prison et deuxio qu'on me retire ce que je porte de si… précieux.

Je lui adressai un clin d’œil, brillant.

- Et évidemment, je n’ai pas envie de ça.

J’abaissai la poignée, ouvrai la porte, me penchai en faisant une révérence avec un « Je vous prie » en désignant la sortie du bras. Et tandis qu'elle passait devant moi, me regardant du coin de l'oeil, méfiante, la carte que j'avais laissé dans la main, j'ajoutai à voix basse.

- Autant plus que c’est tellement plus palpitant d’être hors-la-loi… Vous approuvez certainement autant que moi.

La porte claqua derrière moi. Je sortis la clef que la propriétaire m'avait confié pour la nuit, la tournai dans la serrure. Le mécanisme se ferme. Et marchant sur les planches usées qui constituaient l'étage, nous fîmes craquer le bois. Si le bruit était sinistre ce n'était rien comparé aux grincements lugubres des escaliers. Je descendis les marches à la va-vite, dépassant la jeune femme, déposai les clés sur le comptoir de la tenancière et poussai la lourde porte de la sortie. Sans payer. Pour quoi faire ? Je n'avais pas désirer cette chambre. Je n'y avais personnellement pas dormi. A quoi bon payer ? J'ignorais si l'aubergiste avait réagi mais quoiqu'il en était, j'avais passé la porte et la jeune femme également. Quelques passants traversaient devant nous, caisses de légumes, enfants ou linges dans les bras. Si le regard d'un vieil homme passa sur nous, il s'en détourna vite. Les gens ne savaient pas regarder. Ils ne savaient pas repérer. Ils voyaient. Se détournaient. Et oubliaient. Tout comme ce qu'ils entendaient. Ils ne savaient pas écouter. Vraiment écouter. Et bien heureusement pour nous. Une assassin et une pirate. Que diable ça serait si tous savaient nous repérer. Ahah. On s'amuserait surement beaucoup, ma foi.

Le soleil se levait doucement tandis que c'était un air frais, léger, matinal qui nous accueillait alors. De ce que j'avais repéré précédemment, le marché allait se trouver quelque part sur notre gauche. Mieux partir à l'opposé. D'autant plus qu'étant le nid des voleurs, la garde allait se tenir sur les lieux, prête à enfermer dans ces geôles les jeunes orphelins sans argent de la ville. Combien auraient la main coupée d'ici ce soir ? Je m'engageai sur la droite donc.

- Le temps de trouver le port, je suppose qu'on a le temps de discuter. Je serais curieuse de savoir ce que vous risquez si vous échouez à accomplir une mission dans les... règles.

Pas que je connaisse la Chef de la Guilde mais...

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Dernière édition par Lyra Maar le Jeu 6 Mar 2014 - 15:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Ven 8 Nov 2013 - 18:13

Leï retourna un sourire poli et surtout glacial à celui de la pirate agaçante.
 
- Il se trouve que je transporte certaines… choses qui se doivent de rester là où elles sont. Si des doutes venaient à peser sur ma personne, je risquerais primo de finir en garde-à-vue et en prison et deuxio qu'on me retire ce que je porte de si… précieux. 

L’elfe haussa brièvement les yeux au ciel. Même si elle comprenait parfaitement, par ailleurs. Elle sortit de la chambre, ignorant la révérence de la pirate – qui l’agaçait décidément de plus en plus.
 
- D’autant plus que c’est tellement plus palpitant d’être hors-la-loi… Vous approuvez certainement autant que moi. 
 
Le regard que posa l’assassin sur la fille était lourd de mépris. En réalité, Leï était un peu embarrassée. Être hors-la-loi, elle connaissait cela depuis presque toujours. Alors, de là à savoir si c’était palpitant ou pas… demandez à un paysan qui a passé sa vie à la campagne si les vaches c’est « palpitant ».
Aux yeux de Leï, ce n’était pas « palpitant ». C’était tout ce qu’elle connaissait.
Pas forcément pareil.
Même si elle devinait certains avantages que n’avaient pas les gens bien comme il faut. La liberté, l’ivresse apportée par la traque… Même se faire chasser pouvait être amusant. Etait souvent amusant.
 
En réponse, l’elfe se contenta donc d’hausser les épaules. Le bois grinçant lui tira une grimace – ils pourraient quand même entretenir les bâtiments, comment peut-on s’introduire silencieusement, après ?
Cette pensée d’absolue mauvaise foi faillit lui tirer un sourire. Elle suivit la pirate hors de l’auberge, se contentant juste de hausser un sourcil quand elle vit que cette dernière n’avait pas plus l’intention de payer qu’elle. Avant que la porte ne se referme derrière elles, l’elfe lança un regard amusé vers la tenancière, qui avait l’air plutôt déconcerté.
Ne pas avoir à débourser d’argent ne la dérangeait absolument pas, et la tête de l’aubergiste en valait le coup. Elle-même empruntait parfois la case « fenêtre » pour ne pas rendre de comptes.
 
L’air vivifiant finissant de la faire émerger, elle calqua son rythme sur celui de l’humaine. Elle allait l’aider puis disparaître. Ce n’était pas le « travail » qui manquait. Les gens sont tellement haineux, rancuniers, et tellement lâches. Une aubaine pour les gens comme elle ; enfin, elle ne pouvait pas vraiment se moquer. Au fond, elle était comme eux.
 
- Le temps de trouver le port, je suppose qu'on a le temps de discuter. Je serais curieuse de savoir ce que vous risquez si vous échouez à accomplir une mission dans les... règles. 

L’elfe leva les yeux au ciel. Allons bon…
 
- Je n’ai pas pour habitude d’échouer, rétorqua-t-elle, moqueuse.
 
Hop, question esquivée.
En fait, elle n’avait pas pour habitude d’ « accomplir une mission » pour la guilde. Elle se la jouait plutôt en solo.
Par ailleurs, elle doutait que la réaction de cette guilde de dingues soit positive si elle commençait à raconter à tout le monde comment ils traitaient leurs membres. Le silence, toujours le silence.
Il va parfois de pair avec la vie.
Leï comprit enfin, même si elle l’avait déjà calculé, que l’humaine agaçante était une pirate.
Une pirate…
Intéressant.
 
[colorblack]- Quant à moi, je serais curieuse de savoir quelle est votre place sur un navire… Et sous les ordres de qui – si vous en recevez, évidemment.[/color] 
 
Qui sait ? L’information pourrait lui être utile, si elle devait chasser sur les mers. Et elle pensait à quelqu’un en particulier.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Sam 15 Mar 2014 - 18:12

- Je n'ai pas pour habitude d'échouer.

Je m'esclaffai. Quelle bonne réponse qu'elle m'avait offerte là. Mais au regard et au sourire qui s'en suivaient, je devinai que ce serait bien la seule chose dont je devrais me contenter comme réponse à ma question. Son silence confirma mon pressentiment, attisant plus encore la curiosité qui m'étreignait quand je m'entretenais avec certaines femmes. Dont de ce genre.

Des enfants courraient en riant vers le marché et leurs mères, plus loin, discutaient gentiment leur panier sous le bras. La pauvreté était cachée et c'était parce qu'on l'ignorait qu'elle engendrait la violence. Je détaillai d'un regard la devanture d'un établissement sur notre gauche, puis le levai sur le ciel dégagé et bleu. Il faisait bon vivre dans ce genre de villes, pendant ce genre de saison et avec une condition d'existence propice au bonheur. Vivre là-dedans n'était cependant pas d'actualité pour moi.

- Quant à moi, je serais curieuse de savoir quelle est votre place sur un navire...

Elle avait la tête sur les épaules celle-là. Elle ne perdait pas le nord.

- Et sous les ordres de qui... si vous en recevez, évidemment.

Enfin, quoique. Je l'avais quand même ramassée inerte et saoule dans la rue la nuit dernière.

Au coin de la rue tourna une escouade de gardes, armés de lances et d'épées et revêtus de l'armure de Sipheaï. Il m'aurait fallu la volonté des dieux eux-mêmes pour que je résiste à la sourde angoisse qui venait de m'étreindre le cœur. Or, je n'avais guère la bénédiction des dieux. Je me raidis, continuant de marcher comme si de rien n'était, me forçant à sourire à mon interlocutrice tout en gardant un œil sur les soldats qui approchaient.

- Ma place est dans la loge du capitaine, jambes croisées sur la table à boire et boire encore, très chère. Je suis enseigne...

Je lui adressai un sourire. Omettant volontairement de préciser le nom de ma supérieur.

- Sous le meilleur commandement qui soit, si je puis dire.

Les gardes décidèrent de nous croiser à cet instant et de s'arrêter. Après que l'homme à leur tête nous aie rapidement détaillées, il demanda :

- Mes dames, nous avons besoin d'informations. Pouvez-nous aider ?

Merde.

Je passai une main dans mes cheveux.

- Tout vient à penser que non, mes excuses..

- Vous allez quant bien même répondre à nos questions.

Je m'ébrouai...

Abruti va. Pose pas de questions si t'en as rien à fiche de la réponse.

... Et jetai un coup d’œil à la jeune femme à mes côtés. Quelle flamme s'était allumée dans le fond de ses yeux. Si conjointe à ce qui pouvait me traverser l'esprit des fois. Mon regard retourna sur le garde. Je mourrais d'envie de lui faire manger sa barbe et ses chicots avec. L'espace d'une seconde, j'avais vu défiler dans ma tête un coup de genoux dans la partie la plus intime de son anatomie, puis un coup de coude abattu sur sa nuque. Imaginant que la charmante assassin à mes côtés s'occupait de celui qui était le plus proche de nous. Aucun des autres soldats n'avaient d'arc, c'était facilement faisable. On avait vécu bien pire toutes les deux.

Mais une fois n'était pas coutume... je choisis la diplomatie.

- On vous écoute.

J'avais croisé mes bras sous ma poitrine et savais que j'avais juste à tendre les doigts pour sentir la garde de mon poignard. Une mauvaise question et sa vie s'enfuirait par le trait ensanglanté qui aurait ouvert sa gorge.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Ven 2 Mai 2014 - 9:54

Et la ville vivait paisiblement, toute d’apparence. Elle, les brigands, cette pirate insolente, les voleurs, les pauvres, les orphelins en étaient le cœur, soigneusement cachés. Tous connaissaient leur intolérable existence, et tous s’efforçaient de l’oublier. Presque tous. Certains petits malins comme les Chevaliers et les gardes imaginaient pouvoir les annihiler, les enfouir au plus profond de la mémoire commune. Mais la lie de la société rôderait toujours, car elle jaillissait du cœur même des êtres, elle était leur double obscur, leur ombre cynique. On ne tue pas son ombre. On s’efforce de l’ignorer, c’est tout.

Des gardes, ceux-là même haïssant les gens dans leur genre, entrèrent dans leur champ de vision. Etait-il flagrant qu’elles n’étaient pas du peuple commun ? Excellente question. Leï, sentant la pirate à ses côtés se tendre, jeta un coup d’œil autour d’elle. Issues. Maisons pouvant être escaladées. Ruelles sombres.

Calmer son agitation. Garder une démarche simple.

- Ma place est dans la loge du capitaine, jambes croisées sur la table à boire et boire encore, très chère. Je suis enseigne...

On avait vu pire, comme place, sûr.

- Sous le meilleur commandement qui soit, si je puis dire.
- Je n’en doute pas, répondit l’assassin d’un air distrait.

Les plaisantins en armure s’étaient arrêtés. Evidemment. Le contraire aurait presque été drôle. La question était maintenant : que leur voulaient-ils ?

- Mes dames, nous avons besoin d'informations. Pouvez-nous aider ?

Avez-vous pour habitude de tuer des gens ? Nan, pourquoi ?

- Tout vient à penser que non, mes excuses..

Leï retint un sourire.
Tu es nerveuse, pirate ?

- Vous allez quant bien même répondre à nos questions.

Pas chiant, lui.
Il était déplaisant de voir une tranquille discussion et une tout aussi tranquille promenade interrompue par une bande de macaques en fer-blanc. Tout comme il était agaçant de voir ledit groupe de singes insister. Aucun savoir-vivre. C’était bien dommage, et il aurait fallu lui apprendre la politesse. Et la plus douce des façons possibles, s’entend.

Elle fit rapidement le tour de ses armes, jeta un coup œil à la pirate à ses côtés, en décompta les armes visibles. Pas étonnant qu’elles aient attiré l’attention.
Elle refit le tour de son arsenal. Si la pirate décidait d’attaquer, si la question ne leur plaisait pas, elle pourrait facilement mettre la main sur son poignard, son sabre, ou même ses lames, planquées à l’intérieur de sa veste. En une fraction de secondes. Avec l’aide de la flamme rousse, les macaques auraient bien vite cessé de les agacer.

Ensuite, il faudrait fuir. Leï pouvait prendre la voie des toits et des airs, mais la pirate ? Une fois n’était pas coutume, elle pourrait tenter d’attirer l’attention sur elle pour lui permettre de s’échapper – au moins de se cacher. Elle-même était difficilement rattrapable, loin du sol.

- On vous écoute.

Bien.
L’assassin tendit doucement ses muscles et posa, elle, ses mains sur ses hanches.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Lun 7 Juil 2014 - 13:19

La jeune assassin à mes côtés s'était à son tour raidie, bien qu'en posant ses mains sur ses hanches, elle se donnait un air détaché. Il était vrai qu'elle était sûrement plus recherchée que moi. La confrérie des assassins donnait du fil à retordre à bien des milices du monde entier et si l'avis général était à la recherche de sa tête, personne, et surtout pas un garde ne cracherait sur une arrestation d'un de ses membres. Quelle place avait cette chère demoiselle au sein de la guilde, je me le demandais maintenant. Ce n'était assurément plus une novice ; elle avait par conséquent bien des choses à cacher.

Je songeai à reporter mon regard sur le garde qui nous avait abordé quand je le vis esquisser un mouvement, du coin de l'oeil. Je braquai alors mes yeux sur lui, contrôlant mes muscles pour qu'ils ne répondent à quelconque réflexe que ce soit. J'avais pris l'habitude de poser directement une main sur la garde de ma lame et dur fut de résister à cet instinct défensif. Avec toute la volonté du monde je gardais les bras croisés sur ma poitrine.

La main de l'homme remonta à son visage et en inclinant le cou, il se dévêtit de son casque de fer. Alors il posa sur la fameuse Leïna des yeux dorés relevés par le brun de son bouc soigné et de ses cheveux coupés courts. Attitude peu courante de la part d'un garde. Qu'était-il entrain de faire celui-là ? Qu'est-ce qu'il nous voulait ? S'il avait été seul j'aurais jugé qu'il s'agissait d'une réelle faute professionnelle. En agissant de la sorte, il se privait d'un bras, celui qui portait le casque contre lui ; mais m'étais avis qu'il n'était pas le genre à commettre ce genre de fautes si évidentes. Il avait beau être jeune pour un chef de soldats, il devait faire partis des meilleurs.

Que voulait-il donc pour se dévêtir ainsi de son casque ?

- Nous sommes à la recherche du jeune hors-la-loi qui a semé le trouble au marché ce matin.

- Difficile de vous aider, mon cher, nous n'y étions pas.

Les yeux du soldat se reposèrent sur moi.

- Quel genre de femmes ne fait pas le marché de Sipheaï ?

Il en posait de ces questions lui.

- Le genre qui ne répond pas aux questions sorties du contexte, répondis-je en lançant mon sourire le plus aguicheur. Je voulais éviter qu'il ne réfléchisse pas trop à cette volontaire absence de réponse. Comment est ce garçon messieurs ?

- Heimer, appela l'homme ne dédaignant pas réagir à mon affront, tu peux décrire ce que tu as vu ?

Le soldat derrière lui sembla retourner dans ses souvenirs. J'eus ainsi le temps de le détailler. Au contraire de son supérieur hiérarchique, ce soldat là semblait avoir été recruté dans la milice non pas par dévouement et/ou talent quelconque pour l'art des armes mais bel et bien parce que la garnison manquait cruellement d'hommes. Je lui donnais la quarantaine en vue des rides qui parcheminaient ses traits et les trous qu'il avait dans les dents. Il ne devait pas avoir une vie très confortable pour être aussi abîmé à cet âge.

- Ouais, c'tait un p'tit gars tout maigre 'vec à peine la peau sur les os et des ch'veux blonds emmêlés. Un en'fant sauvag' quoi, mais d'la ville.

Mais oui, bien sûr, un enfant sauvage de la ville...

- Il y a des enfants de la sorte dans n'importe quelle ville, et par centaine. Vous ne risquez pas de le trouver. déclarai-je.

- Et en quoi une femme sait un truc à ces choses là ? reprit le capitaine de la garde.

Je lui lançai mon plus beau sourire.
Moqueur, séducteur, rieur.

L'envie de le pendre par les bijoux de famille ne me manquait pas. Que les hommes et leurs réflexions sexistes aillent au diable. Déjà tout à l'heure il avait quasiment sous-entendus que la place des femmes étaient à faire le marché le matin et maintenant le voilà qui...
En quoi une femme serait-elle nécessairement forcée à faire le marché ? Pour ramener la boustifaille à la maison et faire la popote pour le mâle de la famille ? En quoi une femme n'aurait-elle pas le droit de savoir, de voyager plus qu'un homme de la sorte pouvait espérer le faire ? Si je ne m'emballais pas trop précipitamment ? Jamais. Trop d'inégalités et d'injustices en ce monde pour ne pas chercher à en déceler la moindre.

Je craignais de m'énerver et de me vendre si je répondais.

Je laissais la jeune femme à côté de moi réagir à ma place quand je vis traverser la rue derrière les soldats et se cacher derrière un tonneau de bois, un corps svelte haut comme trois pommes surplombé par une crinière blonde...

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Jeu 10 Juil 2014 - 9:21

Conservant son air détendu, l’assassin focalisa son attention sur les gestes et les postures des gardes, prête à se défendre ou à prendre la fuite en cas de problème. Mais ces derniers n’avaient pas l’air très belliqueux. Méfiants, à la rigueur… Qui ne le serait pas face à deux personnes totalement inconnues portant des armes et faisant preuve d’assurance ?
Réponse : les fous, ou bien les inconscients. Ce qui revenait peut-être au même. Ou alors, les innocents, mais rare sont ceux qui le restent bien longtemps, et encore moins en entrant dans la garde.

Avaient-ils pu la reconnaître ? Peut-être, peut-être pas. Ne seraient-ils pas, dans ce cas, plus agressifs ? Il était sans doute inutile se de concentrer là-dessus, l’avenir le dirait, et à ce moment-là, seul le présent comptait.

Elle suivit elle aussi des yeux le geste du garde retirant son casque, et s’en étonna tout autant. Il n’allait pas enlever son armure, s’attacher les mains et leur donner ses armes, tant qu’à faire ? Ce serait bien plus drôle.

L’Ange ne cilla pas en croisant le regard du garde et le soutint avec toute l’innocence possible, bien qu’elle eut plutôt envie de lui faire manger son bouc. Qu’est-ce qui lui prenait ? L’inquiétude quant à qu’il connaisse son identité la reprit, mais elle la chassa aussitôt. Si tel avait été le cas, il n’aurait justement pas ôté son casque. Elle aimait faire preuve de mauvaise foi quant aux compétences des gardes, mais elle n’était pas assez stupide pour y croire.
Alors, c’était quoi son problème ?

- Nous sommes à la recherche du jeune hors-la-loi qui a semé le trouble au marché ce matin.

Au moins, cela n’avait pas vraiment de rapport avec elles. Mais pourquoi les arrêter pour si peu ? Il y avait tant de gens, autour, partout, pourquoi spécifiquement elles ?

- Difficile de vous aider, mon cher, nous n'y étions pas.

Il y avait même peu de chances qu’elles y soient. A part, peut-être, jeter justement le trouble… Avec une pointe de soulagement – qui aime ce faire dévisager ? – les yeux de la boîte de conserve changèrent de cible.

- Quel genre de femmes ne fait pas le marché de Sipheaï ?

Finalement, elle allait lui faire manger ce qui lui permettait de procréer. On ne sait jamais, peut-être que la bêtise est héréditaire ?
Quel genre de femme ? Le genre de femme assez intelligente pour ne pas faire des choses aussi triviales ? Le genre qui préfère aller chercher sa nourriture elle-même, et ne surtout pas traîner dans un endroit bondé de gens et de pickpockets ? Le genre assez malin pour ne pas se lier à quelqu’un, et encore moins un homme ?
L’humanité dans toute sa splendeur.

- Le genre qui ne répond pas aux questions sorties du contexte. Comment est ce garçon messieurs ?

Leï félicita intérieurement la pirate pour avoir gardé son calme.

- Heimer, tu peux décrire ce que tu as vu ?

L’assassin jeta un œil au dénommé Heimer, avant de retourner son attention vers le singe en armure.

- Ouais, c'tait un p'tit gars tout maigre 'vec à peine la peau sur les os et des ch'veux blonds emmêlés. Un en'fant sauvag' quoi, mais d'la ville.

Et ils n’avaient rien d’autre à faire que de chasser un gamin ?

- Il y a des enfants de la sorte dans n'importe quelle ville, et par centaine. Vous ne risquez pas de le trouver.
- Et en quoi une femme sait un truc à ces choses là ?

Décidément, ses mains la démangeaient beaucoup. Elle en venait presque à souhaiter qu’ils deviennent agressifs, afin de faire ravaler sa stupidité crasse à cet imbécile. De la façon la plus douloureuse possible, histoire de lui montrer les connaissances en torture d’une femme.
A croire qu’il les cherchait. On ne dit pas de telles choses à des femmes armées… Et quoi, après ? Il allait leur proposer de les ramener très gentiment chez elles, parce que c’est dangereux, dehors, pour une femme ?
S’il savait.

Très obligeamment, sentant l’énervement de  la pirate, elle prit la relève, avec toujours son sourire innocent. Si l’envie de lui donner tort était puissante, elle n’était pas assez cinglée à ce point-là pour se venger de ses paroles. Du moins, pour l’instant.

- Rien qu’en venant, nous avons vu passer une petite bande de ce genre d’enfants, improvisa l’elfe sur un ton doux qui ne lui était certes pas coutumier. Je pense que votre description, hélas, est trop succincte.

Elle ne manqua pas de remarquer presque aussitôt un gamin ressemblant assez bien à la description des gardes. Et s’il s’agissait de celui-là ? Prise de pitié, elle n’avait guère envie qu’il se fasse prendre. Pour cela, il fallait mener les gardes ailleurs.

- Néanmoins, reprit-elle aussitôt, détachant immédiatement son regard du gosse, il me semble qu’une de mes amies  était au marché, ce matin, et qu’elle a assisté à ce… trouble. Je peux vous conduire à elle, si vous le désirez.

Elle quêta le regard de la pirate, espérant qu’elle abonde dans son sens. Son but était juste de les balader un peu, avant de fuir vite fait. A ce moment-là, ils se concentreraient alors sur elle(s) et oublieraient le gamin – s’ils acceptaient, cela allait de soi.
Risquer autant pour un mioche. Quelle blague.

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MessageSujet: Re: L'alcool, c'est le mal... [Lyra]   Lun 14 Juil 2014 - 16:04

Je jetai un coup d’œil à ma partenaire. Si elle était irritée, il n'y avait cependant rien dans son attitude qui pourrait la trahir. C'est ainsi, que sourire amical aux lèvres, elle déclara d'une voix douce :

- Rien qu’en venant, nous avons vu passer une petite bande de ce genre d’enfants. Je pense que votre description, hélas, est trop succincte. Néanmoins, il me semble qu’une de mes amies était au marché, ce matin, et qu’elle a assisté à ce… trouble. Je peux vous conduire à elle, si vous le désirez.

Une amie.
Une amie ?
Une amie !
Qu'est-ce qu'il lui passait par la tête ?
Elle voulait les conduire à l'écart car elle avait vu aussi le jeune garçon derrière son tonneau ?

Le garde opina du chef sans hésitation, sans paraître se méfier.

- Bien entendu. Nous vous suivons.

J'espère qu'elle avait idée de là où aller parce que moi non.
Le soldat m'avait d'ailleurs jeté un regard, auquel je me sentis forcée de répondre en haussant les épaules :

- Je ne la connais pas, ce n'est pas moi qu'il faut suivre.

Je laissais les hommes suivre la jeune elfe, tandis que je faisais signe de la tête au garçonnet de déguerpir au plus vite. Il ne bougea pas d'un cheveu. Même qu'il semblait avoir l'intention de nous suivre à son tour. Jetant l'éponge de peur que cette attitude devienne suspecte, je me rangeai à côté d'un garde plutôt mignon semblait-il, en dessus de son armure de fer et entrepris de lancer la discussion.

- Vous avez de genre de problèmes tout les jours ou c'est exceptionnel ?

Il fallait les divertir. Parler divertissait non ?

- Ca dépend à vrai dire, répondit le jeune homme. Ca parait normal comme problème et en même temps, c'est la première fois qu'on a à faire avec ce genre de vaurien, surtout à cet âge.

- De quoi est accusé ce... vaurien, comme vous dites ?

Le garde hésita, croisa le regard de son supérieur.

- Nous ne sommes pas autorisés à vous répondre.

Je levai les yeux au ciel.

- Voyez-vous ça ! m'exclamais-je en regardant ledit supérieur. Comment voulez-vous que l'on vous apporte notre aide si vous ne donnez pas d'informations.

Ma réplique avait une forme de question, mais ça n'en était pas. C'était pour les faire réfléchir, non pas répondre. Mes yeux retournèrent sur le soldat à mon côté.

Auquel j'offris mon plus charmant sourire.

- Après tout, c'est plus votre problème que le mien.

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