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 Nande'Dareloth, mains ardents

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Nande'Dareloth
Mortel
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Messages : 44
Date d'inscription : 20/04/2013

Caractéristiques du mortel
Race/Nation/Guilde: Elfe/Enetari/Guérisseur
Âge: 130-140 ans
Signes particuliers: Il porte toujours un diadème sur la tête

MessageSujet: Nande'Dareloth, mains ardents    Dim 21 Avr 2013 - 0:49


Identité


    Nom : /

    Prénom : Darel, Nande'Dareloth (en entier)

    Surnom : Nande'ardent (par le passé), Darel

    Âge et année de naissance : Âge estimé au alentour de la centaine (vers 130-140 ans) (vers l'an 718)

    Race & Royaumes : Elfe d'Enetari

    Guilde & Rang : Cercle des guérisseurs/Mage de force




Psychologie


    Caractère: Darel est une personne troublée. De par son amnésie, la perte de son passé le perturbe beaucoup. Il a dû mal à trouver sa vraie place et est toujours à la recherche de réponse sur qui il est. A côté de cela, il est un parfait modèle de guérisseur. Attentionné, attentif, empathique, il est d’une profonde gentillesse et se révèle parfois naïf. Il agit en imbécile lorsqu’il se laisse trop emporter par sa curiosité, comme le coup du diadème qu’il a mit sur la tête sans savoir l’utilité de l’objet (désormais attaché à lui sans pouvoir être enlevé). C’est un elfe ; Il est donc naturellement sage, aussi souvent que possible, mais est tout de même d’une impulsivité chaude, parfois explosive. Sa colère est souvent accompagnée par son arrogance et peut parfois se montrer hautain et sûr de lui-même, confiant en ses capacités. Il reste au final une personne attachante, un peu étrange, discrète mais pas trop, souvent de bons conseils. Mais surtout absent. Souvent dans ses pensées, c’était à se demander s’il ne se mettait pas en méditation fait exprès pour pouvoir réfléchir. Il se laisse souvent emporter par son métier de guérisseur et passe du temps à la tâche, revenant parfois dans un état un peu lamentable, épuisé et à moitié shooté par les plantes. Heureusement que sa constitution elfique ne le rendait pas plus amère dans cet état, évitant l’ivresse ou l’état second que procurait certaines plantes. Il pouvait arriver dans de rare fois de le croiser joyeux, amusé et taquin. Rarement, car il était digne et n’aimait pas tellement être surpris ainsi.

    Préférences: Après mûre réflexion, je crois que ce qu'il aime le plus... C'est avoir le choix. Faire des choix dans la vie et les faire, les produire, et les assumer, pour lui est un devoir primordiale qui permet la paix, l'harmonie et la justice. Ne plus avoir le choix, ne plus avoir son libre arbitre, est une peur de son esprit qui se cache... Dont Azira se délecte chaque minutes.

    Ce qu'il déteste alors ? ... Pas grand chose. Être perdant, ne pas réussir quelque chose, se sentir inutile et ne pas comprendre quelque... Tout ceci est capable de le rendre malade ou de l'envoyer dans la forêt pour méditer longuement sur ses erreurs. Le diadème qu'il est obligé de porter sur la tête, à défaut de connaître la chose qui pourrait l'aider à le retirer, un mot, un sort, un truc, l'ennuie vraiment. Mais on finit par s'habituer aux choses lorsqu'elles sont imposées de force...
    Un peu comme Azira.




Physique


    Physique: Il affiche souvent un air sérieux sur le visage, naturellement fin et beau, aux traits gracieux. Un personnage si mystérieux, si agréable à regarder, comme s’il venait d’un univers magique, comme s’il faisait partie entièrement de la nature qui l’entourait. Une longue chevelure blonde et une peau pâle rappelait son diapason purement elfique. Si la personne avait encore des doutes sur cela, il suffisait qu’elle regarde les oreilles, pointues comme on s’y attend. Les yeux bleus plutôt foncé en général, montraient une âme pleine de volonté et de bonnes attentions, mais également beaucoup d’ambitions.

    Vêtements & Équipements : Darel est souvent habillé en blanc, habit de guérisseur, arborant dans un pli la Feuille d’Argent représentant son Cercle. Le plus étrange était cette espèce de diadème qu’il portait sur la tête. Si vous lui posait des questions là-dessus, il vous regarde un peu indigné et vous dira que ce n’est pas bien d’être trop curieux. Puis il rirait de bon cœur, et haussera les épaules, car il ne sait rien du tout sur cette objet à l’heure actuel. Le composant était de métal elfique léger couleur argenté foncé. Elle avait sans doute une utilité, encore faut-il que l’elfe la trouve.

    Les autres habits qu’il porte généralement sont simples et sans doute toujours d’origine de chez lui. Il trimballe avec lui un sac avec quelques effets personnels, sans importances, juste des utilités pour les voyages, ainsi qu’une sacoche remplie de plantes.




Histoire




    Un oiseau. Un lapin dans son terrier… D’autres oiseaux. Une clairière. Et tout autour, des arbres qui touchaient le ciel. C’était ce que je pensais, ce que je voyais.

    Je vivais parmi eux, dans cette harmonie. Dans la grande forêt d’Enetari. Je jouissais d’une liberté sans limite, courant entre les majestueux de feuilles et de bois, faisant la course avec les bêtes amicales. Et lorsque je n’avais pas le choix, je me battais pour survivre contre les prédateurs parfois plus gros que moi. Cela en faisait plus pour manger, pour me nourrir…
    Je mangeais peu. Si bien que j’ai appris à me débrouiller sans la viande, en reconnaissant les fruits comestibles et en goûtant les racines…

    J’ai vécu… J’ai vécu si longtemps ainsi ? Je ne sais plus. Je sais que mes souvenirs sont flous car je me perdais dans cette vie envahissante, prenante. Je faisais corps avec la nature qui m’avait accueillit. Et doucement je perdis la notion du temps. J’en oubliais que je fus un elfe… Je ne parlais même plus, communiquant en grognant ou en poussant les cris des bêtes avec qui je voulais communiquer. Bizarrement, ils me comprenaient.

    Je… J’avais même perdu les souvenirs de ma lointaine enfance. Il m’arrivait parfois à me demander ce que je faisais là, pourquoi. Et surtout, où étaient les autres, n’avais-je pas une… famille ? …

    Non, je suis resté seul longtemps. Cela devait être ainsi depuis le début…
    En faite.
    Est-ce que j’ai des souvenirs d’une vie ? Ais-je eu une vie avant d’être ici ?...
    En faite, je n’ais pas de souvenirs… Je ne suis pas sûr. Si ? Parfois je me rappelle, dans des rêves étranges je voyais. Je vois des choses… Comme si… Comme si mon être appeler, m’attirer vers la réalité, celle de mon identité.

    Comment je me nomme ?
    Qui suis-je ?
    D’où je viens ?
    La réponse était bien là dans ma tête. Mes rêves voulaient répondre. Mais à force de ne rien me souvenir, et de me réveiller déçu, je finis par me dire que je n’avais aucune raison de m’en rappeler. Rien de valable... Je me disais cela tous les jours. Et je finis par… M’oublier.
    M’oublier.
    Oublier que j’essayais de me rappeler…
    Oublier complètement que je suis un elfe.
    Je vis corps et âme dans la forêt, je lui appartiens.


    Mais un jour, une personne vint me poser ces questions, que je refoulai.


    Je l’observais, du haut d’un arbre, les yeux ronds. C’était une femme, de par sa poitrine cachée sous un manteau blanc. Oui je me souvenais encore de cette couleur… Parfois le soleil me le rappelait lorsqu’il brillait trop fort, mais là c’était… Elle était juste très impressionnante. Elle m’intriguait.
    Elle n’était pas comme les animaux. Elle n’avait ni le comportement ni le souci de faire attention, car je pouvais aisément la tuer de là où j’étais… Imprudente, mais tous les jours elle revenait, faisant toujours la même chose. Cueillir des plantes. Elle ne cessait de faire cela, à chaque moment où je la trouvais, où je posais mes yeux sur elle. Elle cueillait.

    Mais cette fois, ce jour-ci spécifiquement je ne sais pas pourquoi, je décidai de m’approcher... Descendant les branches silencieusement, je touchai le sol, et tel un félin, je me faufilai dans les buissons. Comme le pensais, son imprudence ou son manque d’instinct ne la fit pas se retourner. Elle ne m’avait pas entendu, continuant à cueillir. Je m’approchai pour mieux l’observer. Alors que j’allais relever la tête pour mieux voir, j’entendis un bruit distinct de pas précipités venir vers moi. La panique me prit à la gorge et je m’empressai de battre en retraite, retournant dans la forêt.

    Je n’aurais pas dû approcher, me répétai-je, je n’aurais pas dû sortir de la forêt !
    Mon poursuivant détala derrière moi, je le distinguais nettement me crier :
    « Attends ! Hé toi ! Reviens ! Maman… Maman, il y a quelqu’un là ! »

    Je fus brusqué de comprendre ses paroles… Enfin à peu près. Mais le mot qui me fit ralentir était :
    Ma… Ma… Maman ?... Cela m’arrêta. Je me retournai et vit une petite fille… Bientôt rejointe par un garçon, un peu plus âgé. Surpris et un peu effrayés, ils me regardaient. La fille marcha lentement, hésitante, alors que le garçon la repoussa vers l’arrière en disant « Laisse-moi faire ». Il s’avança vers moi d’un pas plus assuré. Je reculai…
    Mais pourquoi ? Je savais me défendre ! Je sentis quelque chose. Ce sentiment animal qui vous prenait aux tripes lorsqu’il avait l’ascendant sur la conscience : L’instinct de survis.

    Je grognais, montrant les dents et pointant ma lance vers eux. Une lance… Ou plutôt un bout de bâton avec un caillou accroché en embout. Le garçon fronça les sourcils.
    « Du calme… » Il leva les mains « Je ne suis pas armée. » Il tenta de rester calme, mais en vain. Je sentis bien son stresse comme une proie prise au piège. « Cousin, tu ne crains rien ici… Pourquoi lèves-tu les armes contre nous ? »

    Comment m’a-t-il appelé ? Cousin ? Ses paroles me rendirent perplexe… Et je me rendis enfin compte d’un détail qui me frappa net. Leurs oreilles étaient aussi longues et pointues que les miennes. Pour m’ôter le doute, une main quitta ma lance et toucha mon oreille droite…

    Les mêmes… Identiques… Longues et pointues…

    Que… Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’ils étaient… elfes. Des elfes. Tous les deux des elfes. Je me rappelle… Je suis un elfe. Oui je le sais, j’en suis sûr. Mais alors… Pourquoi ne sont-ils pas comme moi ?

    Des pas précipités s’entendirent et leur mère les rejoignis, me lançant des regards troublés.
    « Qui êtes-vous ? »
    « Maman » s’empressa le garçon « C’est un elfe sauvage de la forêt, je t’avais dit que ça existait ! »
    « Non mon petit je pense qu’il est juste perdu »
    « Maman maman » La petite fille tira la manche de sa mère…

    Mais attendez, comment je les comprenais ces gens ? Depuis quand je comprends une langue… Depuis quand je… Est-ce que j’ai parlé un jour ? Le trouble ne faisait qu’augmenter
    « Maman dis, on l’emmène avec nous hein ? Dis ? »
    « Je ne sais pas si votre père sera d’accord… » Elle me regardait. Son regard était doux et compréhensif. Avec la bonté d’une mère, elle me tendit une main… Comme pour m’accueillir. Je ne sais pas comment je faisais pour comprendre tout ce qui se passait, ni comment je pouvais deviner de telle choses… Comment ? Pourquoi ?...
    « Viens, petit. Tu m’as l’air encore jeune… Hmmm, mais certainement plus assez pour que je t’appelle mon petit hein ? Tu es plus âgé qu’il paraît… Depuis combien de temps es-tu dans cette forêt ? Hmm ? »

    Elle était perspicace et calme. Elle voyait juste, car je devais être légèrement plus vieux que son fils… Je crois. J’étais… jeune adulte. Ou sortant de l’adolescence, je ne sais pas. Je ne m’en souviens plus. Mais ce qui me frappait le plus c’était… ces paroles… Elle me parlait. Elle me posait des questions. Je les ais attendu, pendant très longtemps.
    Je ne sais plus depuis combien de temps, ni pourquoi je les ai attendu. Maman… Une mère, en face de moi, me porter de l’intérêt. Les animaux avaient eu le même intérêt, mais ils ne parlaient pas. Ils ne me posaient pas de questions.

    Elle, oui.

    « Tu vas bien ? Pourquoi ne me réponds-tu pas ? Es-tu perdu ? »
    « Maman, il va faire nuit » Sur ces mots, le garçon s’approcha dans la démarche de m’attraper le bras. Par instinct encore une fois, je reculai et pointai ma lance vers sa gorge, fronçant les sourcils, le regard plein de défi.
    « Non ! Doucement, il ne veut pas te faire de mal. Je m’appelle Areall, je suis une guérisseuse qui vit à Enetari. Tu dois sans doute venir de là-bas. Je me trompe ? »
    « Maman… »
    « Calmes-toi Gaerath, je suis là » Rassura-t-elle, prenant tout de même la précaution de tirer posément son fils vers elles.
    « Je te propose de venir avec nous. Tu ne dois pas rester seul ici… »
    « Il n’a pas l’air malin, il ne te répond pas » Le garçon se reçu une légère tape sur la tête, en gage de punition. Je souris un peu, une chose que je n’avais plus faite depuis des lustres. Car les animaux ne comprenaient pas le langage facial. La dame le remarqua et rendit ce sourire.
    « Tu vois, il comprend très bien. Je pense même qu’il est bien plus malin que toi ! » Rétorqua la petite fille.
    « Même pas vrai ! »
    « Suffit vous deux… » La mère s’approcha, posant une main protectrice sur ma lance.
    « Tu ne crains rien. Dis-moi ton nom, jeune elfe. »

    Je lui lançai des regards perdus, confus. Elle me fit baisser ma lance et approcha une main vers mon épaule. Je la suivis du regard, effrayé et je vis une énergie qui s’en dégagea. Je reculai brusquement contre un arbre, sentant mon épaule picoter.
    « Tu n’auras plus mal désormais » Me sourit-elle « Je t’ai soigné, comme récompense, j’aimerais savoir ton nom, tu veux bien ? »
    Son sourire s’agrandit, doux et apaisant. Je regardai mon épaule, j’allais même jusqu’à la toucher. En enlevant mes maigres bandages, je ne vis plus aucune blessure. Même pas une cicatrice.
    Je posai enfin mes yeux dans les siens, et comme j’avais parfaitement compris cette question, mettant inconsciemment répété pareille scène dans ma tête, avec ambition et espoir derrière ma folie sauvage de liberté absolue, j’entrepris de lui répondre, avec difficulté pour articuler :
    « Je… m’appe…elle… Darel. »

    Nande’dareloth avait repris conscience de son identité.



    ~Les filaments magiques s’étirèrent ce jour là. Une emprise puissante s’éloignait, petit à petit. Très lentement. C’était comme si la bataille jusque là aveugle devenait plus claire. Le souvenir grimpait, à la force des bras, une monté dur à atteindre. Vers le conscient, vers la source, vers Lui.
    Et un jour…

    Il parviendra à toucher la cime~




    Je suivis la famille jusqu’à Enetari. Je ne me sentais pas très bien dans cet endroit, au début. J’étais toujours dans la forêt, mais à la place des animaux se trouvaient des êtres comme moi. Je n’avais pas l’habitude de cette espèce… Ma propre espèce. Tout se mélangeait un peu dans ma tête.
    « Darel tu viens avec moi, on va jouer, hein tu veux ? » Le sourire éblouissant de la petite fille me laissa sans voix.
    « Niadael ! Laisses-lui la paix un peu. Il besoin de temps, tu comprends ? »
    « Oui maman »
    Elle courut en sautillant vers d’autres elfettes et entreprirent des pas étranges. Une espèce de danse mais qui n’avait pas but reproducteur ni d’agression mais… Elles jouaient, purement et simplement. Je fronçai les sourcils, perplexe.

    « Suis-moi mon grand » La guérisseuse m’emmena dans un arbre… Non pas un arbre. Il était étrange. Il vivait toujours mais acceptait autour de lui une structure près de sa base… Les elfes cohabitaient avec les arbres et les respectaient. Ils construisaient leurs demeures autour d’eux afin de les préserver et de ne pas déranger leurs vies.
    Je déduisis cela. D’où me venaient ces souvenirs ? Je m’arrêtai au pas de la porte, respirant un peu plus vite, comme pris par l’angoisse. Comment sais-je tout ça ?!
    « Hé, chhhh, n’est pas peur petit »
    Areall me prit doucement le bras et me fit entrer. Elle me guida pas à pas, aussi doucement qu’il m’était nécessaire, car je commençai à regarder partout, voulant tout voir dans l’entourage, découvrant ou redécouvrant des choses. La maison était simple, mais à mes yeux sublimes. Il s’y trouvait des objets que je voulais voir de plus près, des commodes que je voulais comprendre mais surtout un foyer au centre de la pièce. Avec de grands yeux, j’analysai le phénomène : Un feu qui ne brûlait pas le bois, qui flottait à quelque centimètre du sol et qui rougeoyait, flamboyait, vivait au sein de l’arbre.
    « Ça t’intrigue hein ? » Rit doucement l’elfe qui fut amusée par ma stupeur. J’approchai mes mains pour toucher mais elle m’en empêcha.
    « Attention, ça reste du feu. Tu peux te brûler »
    Elle garda mes mains dans les siennes et me tira jusqu’au lit. Un lit… Je sais ce que c’était. J’ai connu celui en peau de bête, mais ce dernier était couvert de draps soyeux.
    « Bienvenu à la maison. Je vais t’accueillir ici le temps que tu… te remettes un peu de ta blessure, même s’il semblerait que j’ai bien travaillé avec un seul sort » On sentait un peu de fierté dans sa voix, mais surtout de la volonté de réussir et de soutenir son prochain.
    Stop. Je… je venais encore d’analysé cette personne. Je… Je dois arrêter de faire ça ! Je me perdais continuellement dans mes faits et gestes, dans mes pensées également. Je croyais fermement n’avoir rien. Je ne suis rien… Qui étais-je ? Pourquoi m’étais-je retrouvé en cet endroit ? Tout était si familier, mais comment ? Qui… Quand… ?
    Etais-je seulement un elfe sauvage ? Toutes ces questions que je me posais… Sans réponses.

    Je mis une main sur ma tête sentant venir quelque chose… Je la déplaçai sur mon visage… Ma main s’humidifia légèrement lorsqu’elle descendit. De l’eau ?
    « Oh qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit quelque chose de mal ? »
    Sa voix changea de ton, prenant celui de l’inquiétude. Elle approcha son visage pour me regarder droit dans les yeux. Avec un geste doux, elle essuya mes yeux en larmes avec l’aide d’un mouchoir.
    « Tu dois te sentir désemparé, c’est normal. Je vais t’aider, d’accord ? Ensemble, nous trouverons comment tu es arrivé là » Elle me sourit « Ensemble, d’accord ? » Et me tendit une main.
    Je la regardai longuement et l’empoigna avec hésitation. Mes yeux d’enfants égarés se relevèrent, puis se fermèrent, fatigués. Je voulus me laisser tomber, épuisé, mais la bienveillance de l’elfe me rattrapa et me posa délicatement sur le lit.
    « Là, reposes-toi, tu en as grandement besoin. Les réponses viendront vite, Darel. »
    « Nande… »
    « Pardon ? » Elle se rapprocha de moi, pour écouter.
    « Nande… Nande’dareloth… »
    « C’est ton nom en entier ? C’est joli » Sourit-elle doucement. Elle me tint la main, pour me rassurer. J’appréciai cette attention.
    « Referme les yeux maintenant, et dors, je veille sur toi »
    Je souris à mon tour, mon esprit calmée, rassurée, et me sentant enfin… A la maison. Dans une famille.


    « Il t’a dit quelque chose ? » Demanda Franërol, le père de famille, curieux et intrigué par le nouveau membre de la famille.
    « Non, il m’a juste dit son nom en entier. Nande’dareloth. »
    « Hmmm… ça ne nous avance pas des masses.
    « Non, mais je ne perdrais pas espoir. Ce garçon n’est pas sortit de nulle part et il n’est certainement pas né dans la forêt »
    « Je suis rassuré qu’il ne soit pas dangereux. Tu accueilles tout de même un parfait inconnu à la maison, avec les enfants et… Enfin, ça reste tout de même un elfe. Il est juste un peu instable. »
    « Juste sauvageons » Le sourire d’Areall devint espiègle, alors que les yeux de son mari virèrent blasés.
    « A chaque fois que je dis quelque chose… » Reprit-il « Tu ne m’écoutes qu’à moitié ! »
    « Non, ce n’est pas vrai ! J’ai écouté en entier ta déclaration d’amour »
    Il sourit tendrement et s’approcha pour l’embrasser.
    « Il fallait me le dire chérie que tu voulais un troisième enfant »
    « C’est chose faite du coup » Un nouveau sourire joueur se dessina face à l’ébahissement de son mari.
    « Tu… Tu l’adoptes ? Mais- »
    « Non chéri, ‘nous’ l’adoptons. »
    « Nous… Mais… On ne sait rien de lui et…
    « C’est juste un ados, même s’il est plus proche de l’âge adulte d’ailleurs. Il a l’air bien plus âgé que notre fils mais vue son état, il est complètement inoffensif. De plus je sens qu’il comprend très vite. Il va apprendre, réapprendre à cohabiter, et peut-être devenir guérisseur ? »
    « Ah je vois. Voilà où tu veux en venir en réalité »
    « S’il te plait ! Gaerath veut devenir chasseur, et notre belle Niadael sculpteuse. J’aimerais transmettre ce que j’ai appris à quelqu’un, tu me comprends ? »
    « Oui chérie » Sourit l’elfe. Il déposa un tendre baisé sur ses lèvres « Je comprends. Et si tu es si sûr que ton Nande’dareloth réussira à comprendre les rudiments de guérisseur, alors tente ta chance. »
    « ça fera un chasseur de moins, un guérisseur de plus, héhé »
    « Pfff… Cette ‘compétition’ te monte à la tête chérie »
    « Hihihi ! »
    Elle laissa son mari vaquer à ses occupations.

    Areall passa des années à me réapprendre toutes sortes de choses. Parler, écrire, travailler, la bonne tenue… Je dois avouer que réapprendre à manger à table me… perturbais. Gaerath me jalousait parce que j’avais le privilège de manger par terre. Jusqu’à ce que je daignais enfin m’assoir sur une chaise et prendre les collations dans les assiettes.
    Tout ceci me servit et j’étais heureux de me retrouver un peu, devenant de moins en moins une bête, un sauvage. On a enfin pu déterminer pas mal de petites choses, comme mon âge par exemple, qui était environ la centaine. Mais…
    Tout ceci ne m’aidait pas à recouvrir la mémoire. Pas encore. Mais ce souci devint de moins en moins oppressant. Car devenir guérisseur n’était pas une mince affaire. L’apprentissage et les études ainsi que la connaissance de leur éthique me prenaient tout mon temps libre.
    Et les années passèrent…



    "Le Guérisseur est fils de la Terre
    Il soutient ses frères,
    Il chasse la peine, apporte le réconfort
    Et refuse la violence et la mort."




    « Tu es prêt, Darel »
    Areall me sourit. Je me retournai une dernière fois vers ma famille. Ma sœur, mon frère, mon père, tous m’avaient adopté. Mais je devais tous à ma mère. J’enlaçai Areall et lui promis de réussir mon épreuve.
    Je devais la réussir pour devenir guérisseur moi aussi.

    J’entrepris une marche dans la forêt. J’allais retourner là où on m’avait trouvé, autrefois sauvage et capable de communiquer seulement avec des sons de bêtes. Désormais, je suis moi. Et mon ambition était de rejoindre le Cercle. Passé deux jours, seul dans la forêt, pour faire corps avec la nature, je l’avais déjà fait. Cela ne devrait pas être trop compliqué à le refaire. Je choisis un endroit parfait pour la méditation, et je commençai à entreprendre ce que je devais faire.
    Areall m’a dit que je devais sentir la nature, l’écouter, la comprendre, pour pouvoir apprendre, prendre connaissance du savoir qu’elle avait à m’apporter.
    Je ne sais pas combien de temps je suis resté assis à écouter, à tenter de comprendre ce qui m’entourait. Je me sentis partir dans une profonde méditation… Je me perdais presque dans… Dans…
    Je me perdais…

    Je me revois dans ma peau de bête, chassant le lapin pour me nourrir. J’avais tellement faim cette fois-ci que je dois…
    ~… Je dois accepter mon destin et ne rien regretter. Ma puissance est grande. Certes, fait de feu et de cendre, mais tous ceux qui oseront se mettre sur ma route, seront des ennemis balayés. Je suis bien plus supérieur qu’eux ! Je n’oublie pas mon serment, mais je n’oublie pas également ce qu’ils ont fait, ces chiens !... Je suis forts… Assez pour les repousser. Je suis…~
    Je suis… coincé. Non Darel, sors-toi de là !

    Dans un sursaut, j’ouvris les yeux et j’essayai de reprendre péniblement une respiration normale. Où allais-je comme ça ?... J’avais failli me perdre dans mes souvenirs et ne plus en ressortir. J’ai failli également me perdre dans quelque chose qui ne m’était pas tout à fait inconnu. J’y voyais du feu… De la puissance… Comme dans mes rêves.

    Enervé, je frappai le sol et me leva. Je m’approchai de la clairière pour boire un peu… Je ne devais pas laisser la colère m’emporter. Je devais reprendre la méditation et trouver une solution. Je me rassois. Et reprit mon épreuve.
    Deux jours plus tard, on vint me chercher. On me retrouva dans la pause de méditation. Des plantes avaient poussé autour de moi, des oiseux s’étaient posés, des animaux veillaient sur moi. Même un arbre semblait d’être penché pour me couvrir du soleil. J’ouvris les yeux et regardai les deux elfes qui me sourirent. Je leur rendis un sourire heureux, car j’avais réussi.
    J’avais réussi à surmonter ma peur, à vaincre la part sauvage en moi et à communiquer avec la nature autrement qu’avec des grognements.


    "Le Guérisseur est fils de la Terre"
    Et non du feu...


    Le jour du conclave vint et on me remit ma tenue blanche. Cette même tenue que portait Areall lors de notre première rencontre. Moi qui suis arrivé de la forêt, on m’avait accueillit comme un fils et désormais on m’accueillit comme un frère parmi d’autres. Au sein du Cercle des Guérisseurs.
    C’est avec une grande joie que je pris entre mes doigts la Feuille d’Argent, insigne désignant les guérisseurs et l’accrocha sur ma tenue. Tout le monde m’acclama et me souhaita le bienvenu parmi eux.
    Je ne sus où poser mes yeux. Nous n’étions pas si nombreux, mais assez dans un petit endroit pareil, reclus dans la forêt, caché de tous. Peut-être par miracle, ou parce que j’avais beaucoup de chance, j’aperçus dans la foule une elfe. Je m’approchai, car je n’étais pas sûr d’avoir bien vue. Elle s’éloigna en courant, pourquoi ? Plus je m’approchai plus elle partait ! Non ! Reviens !
    Je courais derrière elle, avec l’assurance que je devais la rattraper.
    « Attendez », criais-je.
    Je trébuchai légèrement (comme par hasard une branche était là, ou alors la racine d’un arbre s’était déplacée ?) et je tombai à ses pieds. Je repris quelque peu mes esprits et je levai les yeux vers elle. Je me relevai en toussotant, marmonnant des excuses, gênés et essayant de lui expliquer que je…
    Je… Que je… Je m’arrêtai de parler.
    Plus aucun mot ne sortit de ma bouche, ma fonction parole étant coupé par la fonction de la vue, totalement accaparée par… Cette elfe. Belle, très belle, ravissante, très ravissante, éblouissante… Vraiment éblouissante.

    Pour la première fois de ma vie, je voyais une créature bien plus belle que le soleil ou la lune. Ces yeux bleus m’envoûtaient. Je voulais les toucher, mais je ne pouvais que les regarder. Ces lèvres semblaient douces, comme un fruit que j’ai envie de manger. Et ces longs cheveux d’un blanc aussi soyeux que la neige, sont certainement plus chauds au touché que ces nappes hivernales rarissimes dans cette région.
    Comment t’appelles-tu ? Toi que j’ai tellement envie d’enlacer, de… Tellement envie de…
    Je rougis, de plus en plus mal à l’aise. Je bégayais lorsqu’elle me parlait. Je baissais les yeux lorsqu’elle me sourit.
    Toutes ces choses que je ressentais et qui m’empoignaient le cœur, est-ce que c’était de l’amour ? Oui je l’aimais… Je t’aime !
    Je devais mieux lui parler. Alors je parlais. Je devais mieux la regarder. Alors je la regardais et lui rendais son sourire. Au fil du temps, j’ai fini par l’embrasser. Ce premier baisé dura une éternité je crois, et la suite fut si réjouissant. Bien plus que le jour où je fus accepté dans le Cercle.
    Je t’aime.
    Je partageais tout avec elle, racontant ce que j’ai vécu. Elle faisait de même, plus réservée, me disant que certaines choses étaient trop dures à raconter. Je n’insistais pas.
    Le jour où nous nous donnions l’un à l’autre sous la protection de la forêt, je vis une part d’ombre d’elle, sur son corps…
    Des cicatrices… Bien étranges. On aurait dit des cicatrices de… brûlures… ?

    ~Brûlez ! Sentez ma puissance, et acceptez cette purification, car vous n’êtes que des bêtes. Personnes ne devraient avoir à tolérer votre présence, chiens !~

    « Darel ?... Tu m’entends ? »
    J’étais assis contre un arbre, en sueur… Elle me regardait, inquiète. Ses mains sur mon visage, ses yeux dans mes yeux, cherchant à savoir si j’allais bien. Elle me sourit lorsque, d’après elle, je « revins » à moi. Un moment d’absence ?... Nous ne savions pas. D’habitude, je voyais ces choses en rêves. Jamais je n’ai eu ce problème. Mais par contre, comme souvent, j’oublis les détails de ce que je voyais… Encore.
    Mais ce jour là, je n’y prêtai pas plus attention… Nous nous sommes unis en ces moments de paix, sous les arbres d’Enetari.


    Je t’aime
    Et je veux t’aimer à jamais. Aussi longtemps que l’éternité nous portera. Je veux me lier à toi.
    C’était une façon de faire chez les elfes. Puisque nous vivons longtemps, nous promettons non pas de s’unir dans la vie et la mort, mais plutôt de s’unir dans l’éternité.
    Je m’unis à toi pour l’éternité, je te donne mon cœur et je partagerais mon amour avec toi. Veux-tu de moi ? Je ne prétends pas être celui qu’il te faut. Mais je peux t’assurer que personne au monde ne t’aimera plus que je t’aime, là, maintenant. Et à jamais.
    Je t’aime…
    … Seelen Amani.

    J’attendis sa réponse, suspendu à ses lèvres fines. Je m’attendais à un oui sans hésitation, mais elle semblait réfléchir. Qu’elle prenne son temps, je ne voudrais surtout pas la brusquer. Elle me toucha le visage, m’embrassa avec passion. Vraiment, j’ai cru qu’elle allait me laisser sans réponse, tellement son baisé fut long et bon.
    Mais… Elle me dit qu’elle ne pouvait pas, qu’elle devait partir. Elle ajouta que j’aurais mal avec elle, qu’elle ne voulait pas me blesser. Mes yeux sont grands, surpris, je ne comprenais pas. Elle se retourna et s’enfuit. Je crus voir des larmes flotter dans le vent… Peut-être que mon imagination me jouait des tours à ce moment là, car je ne savais plus très bien où j’en étais, ni ce que je devais faire. La première chose qui me vint à l’esprit et que j’entrepris aussi sec fut de courir derrière elle pour essayer de la rattraper. Je criai son nom, et courrai entre les arbres. Je connais bien la forêt, je vais la retrouver…
    Mais le destin en décida autrement… Je passai plusieurs jours à la chercher frénétiquement. Et lorsque la fatigue et la faim me tenaillèrent, je m’effondrai à genoux, sur le sol, et me tenait le ventre de douleur… Je ne savais pas qu’il était possible d’avoir si mal lorsqu’on pleurait, je ne savais pas non plus que l’on pouvait verser autant d’eau de ses yeux…
    Qu’est-ce que la mort fasse à cette douleur ? Cette incompréhension ? Face à l’impression que l’on venait de perdre tout ce qui était cher à son cœur. Sa tendre, son amour, son cœur…
    Seelen… Je me répétai son prénom. Je l’aime tellement. Pourquoi était-elle partie ?

    Quelque chose naissait au fond de moi, quelque chose de fort, de téméraire, d’ambitieux et de croyant, bouillonnant dans mon être et me chuchotant son nom : L’espoir. Il me portait, et je me relèverai de cette douleur.
    Je te promets qu’un jour Seelen, nous nous reverrons. Car j’attends une réponse de ta part. Je marchai avec conviction, malgré la tristesse et le doute m’envahis. Est-ce qu’elle m’aimait ? Oui. Oui je ne peux pas en douter. Quelle folie te poursuit pour t’être enfuit ainsi, qui te fait peur, ou quoi ? Pourquoi être partie ?...

    Seelen Amani… Je ne peux plus retourner en arrière, car j’ai posé mes yeux sur toi. Et tu m’as capturé, moi qui fus sauvage. Je passerai l’éternité entière s’il le faut, mais je te retrouverai, mon amour.


    « Tu t’en vas, tu es sûr ? », me demanda une dixième fois Areall.
    « Oui », répondis-je en préparant quelques affaires dans un sac, puis des plantes dans une sacoche.
    « Tu es déterminé, je le vois. Et si tu l’aimes, cela ne peut qu’être davantage une détermination courageuse. Est-ce que c’est censé ? Cela est une autre question »
    « Je l’aime, Are… Mère » Elle me sourit alors que j’essayer de défendre ma pensée : « Je n’ais jamais ressenti cela auparavant. Si je la perds elle, je me perds moi, tu comprends ? »
    « Oui. J’ai ressentis la même chose pour Franërol »
    « Je pars, mais je ne pars pas pour toujours. Je reviendrais. »
    « Tu es un elfe, mon cœur, de plus un guérisseur désormais. Notre espèce est bien vue mais pas par tout le monde, mais ce statu t’aidera à aller partout. Les guérisseurs sont très appréciés. N’oublie jamais que ces gens seront qui tu es grâce à ce manteau » Dit-elle en montrant ma cape blanche et la Feuille d’Argent que je portais en signe de mon statu de guérisseur.
    « Je sais tout ça, mère »
    « Alors va mon petit » Fit-elle souriante, posant un baisé sur mon front « Et fais attention à toi surtout. N’oublie pas de manger de temps en temps, gardes toujours des réserves de plantes et … et… »
    « Oui, mère » Souris-je, l’enlaçant. « Tout ira bien. »
    « Tu avais autre chose à me dire tout à l’heure ? »
    « Je… Tu sais les rêves que je fais… Et… Et bien il y a une semaine je… j’ai eu comme la même chose alors que j’étais réveillé. Comme une absence. »
    Areall ne répondit plus rien, et me regardait les sourcils froncés. Pendant des années, nous avons cherché à savoir d’où me venait ces rêves, en même temps de savoir qui j’étais et comment j’étais arrivé dans la forêt, à l’état de sauvageons.
    Nous n’avions rien trouvé, pas grand-chose en tout cas qui était suffisant pour mener à une piste solide. Et à chaque fois qu’on pensait tenir quelque chose, elle s’envolait dans le vent…
    « Darel, promets moi de faire très attention. Ces absences ne me rassurent pas du tout. »
    « Promis »
    « Et si jamais tu… tu découvres quelque chose ou que tu as des crises pareilles trop fréquentes, tu reviens à la maison. Compris ? » Cette mère avait le naturel de s’inquiéter pour ses enfants. Je l’aimais ainsi et lui souris pour la rassurer.
    « Ne t’inquiète pas, Areall, ma tendre et seule mère, je te dois tellement que je ne pourrais jamais rien te cacher »
    « Je ne suis pas ta mère biologique, mais je t’aime autant que si je t’avais faite. Alors tu as intérêt à tenir ta promesse »

    C’était sur ces mots si que je partais de la maison, avec pour seul objectif de réussir une carrière de guérisseur et pour seul ambition et désir de retrouver celle que j’aimais. Seelen Amani.


    "Il chasse la peine, apporte le réconfort

    …Et refuse la violence et la mort…"
    Refouler l’appel de la bataille…


    ~… Refuser ce qu’on est c’est refuser de voir la vérité en face. Je sais ce que je suis, alors il faut que je l’accepte. QUE JE LE VOIS !...~

    Je me réveillai en sueur ce soir là, une des premières nuits que je passai, loin de la forêt, loin de la maison et de ma famille. Je tremblai comme une feuille et j’avais beaucoup de mal à me calmer. Cela faisait déjà une semaine que je marchai comme un pèlerin en quête d’une mission. Entre temps je m’arrêtai pour méditer, restant en contact avec la nature. Hier, je croisai sur mon chemin un homme blessé, mordu par des loups. Mon passage fut fortuit pour le malheureux qui aurait perdu une jambe si je n’étais pas intervenu. Alors il ne savait pas comment me remercier, il me proposa donc de loger dans sa cabane une nuit ou deux, le temps que je refasse des provisions. J’acceptai avec grande joie, ne sachant pas par où reprendre ma route…
    J’ai perdu la trace de Seelen… Et mes cauchemars commençaient à être de plus en plus prenants.

    Rêver de feu… Mais pourquoi ? Est-ce… mes souvenirs ? Je ne voulais pas y croire.
    Cette question me brûlait encore plus que les signes eux même provenant de mes sombres songes. J’aimerais avoir les réponses, il le fallait. En tout cas mon esprit insistait lourdement…
    En remerciant le chasseur pour les provisions et le logement, je repartis en direction de Quetaïn. J’espérais retrouver Seelen quelque part, pas très loin d’ici. J’atteins mon objectif et fit ma première rencontre avec une grande ville. Areall m’en avait parlé, mais le voir de ses propres yeux étaient bien plus impressionnant. Tous ce monde, toutes ces couleurs, ces odeurs… Et ces innombrables marchands qui cherchaient à gagner en argent et en réputation. La seule chose que j’aimais beaucoup moins était ce bruit assourdissant égal aux nombres de personnes et l’argent exorbitant que je devais dépenser pour avoir de la nourriture. Heureusement que je pouvais me passer de nourriture pendant des semaines étant un elfe.
    Venir ici me permit d’avoir des renseignements sur la région, et voir où on pouvait avoir besoin de moi. Je m’adaptais vite et je parvenais à mes fins. Je proposais mes services, soignant les malades, les blessés, et les voyageurs de passage.

    Bientôt je me fis une légère réputation de bon guérisseur. Un peu trop téméraire, mais très doué et gentil. Ce qui m’a valu une petite visite d’une personne étrange, encapuchonnée, au manteau sombre… Seul le bas de son visage dépassait, je ne voyais ni ses yeux, ni son nez…
    « Nande’Daleroth ? Si je puis me permettre… »
    Je ne répondis pas, un peu surpris qu’il sache mon prénom en entier… Je me présentais souvent auprès des gens comme Darel. Alors comment un étranger savait cette information.
    « Ais-je bien prononcé ? Je suis navré si ce n’est pas le cas car je ne suis pas très doué avec l’accent elfique »
    « Mais qui êtes-vous ? »
    « Personne »
    « Répondez… A ma connaissance personne ne connait ce nom là »
    « Certes, mais ça ne change rien, monsieur. Je ne suis personne, vraiment. Personne d’important à vos yeux »
    « J’aime savoir et voir avec qui je parle » Rétorquais-je légèrement agacé, montrant du menton la capuche.
    « Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus sur ma personne »
    Pour faire court à la conversation, l’homme ouvrit son manteau et sortit de l’intérieur quelque chose… Un drôle d’objet. A première fut, j’aurais dit une couronne, mais cela n’en avait pas tout à fait la forme ni l’envergure. Une sorte de diadème ?
    « Qu’est-ce que c’est ? » Demandais-je un peu hautain, essayant de cacher ma frustration que l’homme continuait à nourrir en moi. Cela le faisait sourire…
    « Un diadème », Répondit-il simplement « Cette objet vous appartient »
    « Pardon ?... Je n’ais jamais eu ce genre d’objet en ma possession, vous devez faire erreur »
    « Désolé, Nand’ardent, mais je ne fais jamais d’erreur, car je sais tout »
    Sous mon regard étonné, l’homme encapuchonné disparut, ne laissant que fumé. Je restai pendant un moment à observer l’endroit où il se trouvait à peine deux minutes auparavant, avant de porter mon attention sur le diadème…
    Je n’étais pas un imbécile, et je sentais parfaitement l’émanation magique de cet objet. C’était avec une grande prudence et précaution que je pris le diadème entre mes mains… Je le regardai, le tournai, le retournai, et … Ne comprenant pas vraiment son utilité, je le reposai sur la table pour continuer à l’étudier des yeux, intrigué.

    "Nand’ardent"… Pourquoi m’avait-il appelé ainsi ? Est-ce que cet homme connaissait mon passé ?... C’était la première fois que j’avais un « contact » avec ça… Et il disparaît en fumé, en me laissant songeur avec une chose curieuse. Mon patient d’aujourd’hui, qui revint me voir pour prendre ses plantes, me conseilla une chose un peu risqué, mais pas si stupide en y repensant. « Essayez le et vous verrez bien ce que ça fera ». Alors je suivis ce conseil…
    Le soir venu, seul et sans visite de prévu, je m’isole dans ma chambre, le diadème dans les mains. Après quelques dernières réflexions, avec les doutes qui allaient avec, je décidai enfin à me lancer…
    … Je le mis sur la tête…
    J’attendis quelques minutes, mais rien ne se passa… Je souris, soulagé…
    « Ce n’était pas la peine de se faire des frayeurs… C’est juste un… »

    ~"Fait de mes mains, il m’aidera à canaliser mes sorts. Ainsi, j’en lancerais plus, et toucherais davantage d’ennemis. Je suis fait pour la guerre… J’ai été éduqué dans la magie. Mais tout le monde ferme les yeux sur les massacres de nos villages. Ils payeront. Tous payeront ! "

    Et le feu brûla tout, comme l’épée de la vengeance, tranchante, laissant des champs de chair et de sang…~


    Mon hurlement alerta un voisin, qui entra et pénétra dans ma chambre. Affolé et inquiet, il était penché au dessus de moi, me demandant sans cesse si j’allais bien… Etendu sur le sol, respirant rapidement, ma tête me brûlait. Il m’apporta de l’eau et me demanda si j’avais besoin d’autre chose… Je ne répondis rien, ce qui le fit sortir pour aller prévenir un médecin…
    Ironie du sort, j’étais un guérisseur. Enfin, je n’étais plus sûr de qui j’étais en réalité. Qui je suis…
    Ma main posé sur le diadème, toujours sur la tête, mon regard perdu, pensif, je rassemblais les éléments de ma vision. Car cette fois-ci, je me souvenais des détails, aussi horrible que cela m’avait parût.
    Canaliser des sorts.
    Fait pour la guerre, éduqué dans la magie…
    Des massacres d’elfes… par qui ?...
    Mais qu’est-ce que ça voulait dire ? Qui j’étais pour tenir de telles paroles ?

    Le mal de tête persistait, alors j’entrepris l’action d’enlever le diadème… De l’enlever… De… Je veux l’enlever !
    Paniqué, je me recouchai, les yeux ronds, fixant le plafond, réalisant chaque seconde que je venais de condamner ma tête à porter ce diadème sans jamais pouvoir le retirer.
    Bravo Darel. Vraiment très fort…
    Il devait y avoir un moyen de … J’avais beau m’énerver dessus, dire des politesses ou encore de me concentrer ou d’entrer en méditation, cette foutue chose ne voulait pas entendre raison et resta accroché à mon crâne. Ainsi était faite la nature, elle jouait avec les imbéciles.
    Dans un sourire crispé, je soupirai ces jours futurs avec cette « chose » avec moi… Une chose dont je ne compris toujours pas sa réelle fonction.

    Je quittai la ville peu de temps après ces évènements, préférant m’isoler pour éviter d’inquiéter les habitants. Et éviter également qu’on me harcèle de questions. Je devais retrouver seul avec la nature m’aidait à surmonter mes angoisses. Je ne sais pas ce que je dois comprendre, mais un homme m’a donné cet objet en disant qu’il m’appartenait… C’était le seul lien que je possédais avec mon passé.
    Alors je finirais par trouver des réponses, un jour. Mais pour le moment je devais rester concentrer, et ne pas me laisser distraire. J’ai beau m’occuper des autres, être un bon guérisseur et voir du pays et des choses formidables partout où j’allais… Une seule personne accaparé tout mon esprit, tous mes sens. Absolument tous étaient tournés vers elle.

    Puis… J’eus une idée. Seelen m’avait parlé qui lui arrivait de communiquer avec les esprits. Je ne savais pas ce qu’elle voulait dire par là, si c’était vrai ou une histoire pour me rassurer. Quelque part, je la crus, vraiment. Alors, pendant une méditation, j’essayais d’écouter… Et de parler avec mon esprit, d’envoyer un message dans cette forêt. Je leur disais de m’aider à retrouver l’être qui était le plus cher à mon cœur. Car sans elle, je ne connaissais plus la couleur, que le ciel gris pleuvait tous les jours sans son regard claire pour m’éclairer. Je leur communiquais son nom, et leur avoua que j’aimais profondément cette personne.
    Je ferais tout pour la revoir. Pour lui parler et la serrer dans mes bras de nouveau…
    Je sortis brusquement de ma méditation sans comprendre, comme si j’avais reçu une claque. Quelque part dans cette forêt, c’était l’impression que j’eus, quelque chose m’avait écouté. Et peut-être comprise.

    Je ne connaissais rien du monde des esprits, et à mon insu, un esprit commença doucement à se nourrir de quelque chose en moi. Il aimait mes angoisses, mes doutes, mes peurs, et resta comme collé à moi telle une sangsue. Il me suivit partout où j’allais, curieux de voir comment j’allais évoluer… Comme un scientifique qui surveillait son cobaye. Je ne le savais pas, il se cachait…
    Il n’en sait rien, je me cache, mais je suis bien là. A l’intérieur…

    ~Au milieu de tout ce feu qui crépite~




Extension de fiche



Pratiquant de l'Eldar:

Niveau de sophistication : Très élevé, quasi parfaite.

Malgré son amnésie, Darel sait parler sa langue natale. Il ne se souvient plus que certains mots soient associés à la magie et le redécouvrira au fur et à mesure qu’il recouvrira la mémoire.


Sorcier :

Esprit : Azira
Capacité d'absorber la magie du sorcier/mage et environnant en petite quantité sur un certain temps.

Histoire :
Esprit ambitieux, dévoreur de la puissance. Auparavant une sorcière talentueuse, belle et reconnue. Sa soif de conquérir de plus en plus de puissance l’a poussé à commettre d’effroyable chose, comme le sacrifice de personne pour le compte de la magie. Elle « se nourrissait » en quelque sorte d’énergie. Elle parvint jusqu’à utiliser des sorts pour absorber la magie des autres sorciers qu’elle croisait, et acquérir leurs connaissances au passage. Mais par-dessus tout, elle appréciait certaines parties des personnes, là où se cache la peur, les angoisses, les songes. Sadique et calculatrice, elle parvenait à ses fins tout le temps et adorait la destruction par la force.
Mais un puissant Chevalier l’exécuta suite à une série de meurtre qu’elle avait fait dans un village, ayant été aveuglé par ses ambitions.

Azira est devenue un esprit dévoreur de puissance, comme de son vivant. Elle voulait continuer à apprendre et à consumer sans cesse. Elle entendit l’appelle à l’aide de Darel, curieuse, et y répondit, sans que l’elfe s’en rende compte. Elle voyait en lui un potentiel immense et elle sentit quelque chose dans sa tête. Anormal, une magie enveloppait son esprit et lui supprimait l’accès à certains souvenirs… Avec une ambition toujours si folle, elle s’implanta en lui pour pouvoir se nourrir de ses angoisses, de ses peurs, et de la magie. Elle savait qu’elle grandirait et gagnerait en puissance et pourra, un jour peut-être, passer au dessus de l’esprit de l’elfe. C’était ce qu’elle espérait…


Classe : Mage de force

Niveau d’apprentissage (débutant/érudit/accompli/maître) : Accompli. Darel était capable d'enseigner non seulement sa langue mais également les bases de sa magie.

Style de magie (protectrice/destruction etc…) : Destructrice

Affinité principale (l’élément feu, eau, vent, terre) : Feu

Capacité du mage/sorcier (précisez un peu ce qu’il est capable de faire en respectant la logique de son niveau) : Comme dit plus haut, malgré son amnésie, Darel est encore capable de reconnaître et de se rendre compte qu'il est plus qu'un guérisseur. De par son savoir poussé de l'eldar, il connait les mots de pouvoirs qui sont associés aux sorts. Il est capable de déchainer les enfers, utilisant des sortilèges qui sont principalement pour la destruction d'armée, ou de lieu. Il est plus à l'aise avec la magie du feu et donc peut utiliser facilement son énergie dans ces sorts brûlants.



Extension de fiche : Autres



    Don & Particularités : Drôle de guérisseur que voilà. Capable de lancer des sortilèges de destructions, tel les mages de force qui protègent le monastère des Historiens, Aruil. Une aura étrange s'élève de cet elfe, comme si une ombre le dévorait petit à petit et le changeait...
    "Certaines âmes regrettent fortement la mort et tentent de revenir à la vie par le biais d'autres corps..." (cf : livre de la sorcellerie)


Et un jour... J'y arriverais


L'ambition d'Azira :

~ Un beau matin, un peu pluvieux, sur les plaines d'Aranor, dans une forêt en Quetaïn ~

    Je brûle. Cette sensation que j'ai dans ma tête à chaque réveil... Mais ce matin là, je me sentis un peu faible et tout en sueur. Qu'est-ce qui m'arrive ?...
    Je me lève pour aller me rincer le visage au petit lac. C'est en me regardant dans l'eau que j'eus l'impression de voir quelque chose... Je me concentre un peu pour mieux voir et je crue entrapercevoir... Une mèche blonde plus bouclé parmi ma chevelure raide, sautiller sur mon épaule.
    Instinctivement je pose ma main sur celle ci. Rien. Hmmm... Je suis sens doute un peu fatigué.

    Je me relève et commence à revenir sur mes pas lorsque j'entendis un léger rire. Venant des profondeurs de la forêt, j'eus l'impression que l'écho s'intensifia jusqu'à me siffler aux oreilles. Je grimace de douleur et me retourne pour voir... Pour voir qui riait.
    Mais j'étais seul dans cette forêt. Ma tête me faisait de plus en plus mal et je décide de me recoucher près de l'arbre qui m'abritait.

    Lorsque je ferme les yeux et que je commence à m'endormir, je rêve de certaines choses, toujours de feu, mais... D'autres choses...
    Je vois une femme parfois, que je ne connais pas, dans certaines scènes. J'ai la forte impression qu'elle n'a rien à faire là, qu'elle ne fait pas partie des histoires, ni du décors. Qu'elle n'était pas censé être "ici".
    « Qui es-tu, Darel ? Moi je sais qui tu es. Je le sens, je le vois. Je sonde ton esprit et je sais tout. »
    Quelque chose m’oppresse et j'ai dû mal à respirer...
    « Qu'y-a-t-il, mon choux ? Tu as l'air si fatigué... Oh ! Attends je vais t'aider »
    Je sens quelque chose s'infiltrer en moi, comme si une force intérieur... "Aspirer" un flux, que je présents magique.

    Je me réveille à nouveau, en sursaut. Ma tête me faisait moins mal, et ma fatigue avait disparu... Le jour était bien avancé et la forêt toujours aussi calme. Je tourne le regard sur une chose qui sortait toutefois de l'ordinaire : Une petite bête bleuté, plutôt grisé actuellement puisqu'elle avait perdu son éclat magique, était étendue là, inerte, non loin de moi.
    Mes yeux s'ouvrirent en grand lorsque je me rendis compte que non seulement elle était bien morte mais qu'en plus je "savais" que c'était "moi" qui avait fait cela...
    Comment je pouvais "savoir" cela ?
    Je me lève et m'approche pour confirmer mes doutes. La petite Faera ne bougeait plus et n'émettait même plus une once de magie, son écaille de couleur généralement doré-bleutée était désormais pâle. Je m'en voulais sens comprendre pourquoi ni comment je lui avais fait une chose pareille.
    Je sentais quelque chose de changer en moi... Et mes craintes se confirmaient lorsque je regarde machinalement mes mains...
    J'avais l'impression que ma peau blanche était devenu un peu plus foncé. Juste une légère nuance de rien du tout mais que je distinguais aisément, sans doute grâce à ma vue elfique.

    Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
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Nande'Dareloth, mains ardents

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