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 Le calme avant la tempête (PV Nuhada)

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Lyra Maar
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MessageSujet: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Jeu 18 Avr 2013 - 18:05

~ Le calme... avant la tempête ~



Quatre ans plus tôt...

Le jour déclinait et bien que cela soit une vision quotidienne depuis bien des années déjà j’avais toujours du mal à m’arracher à cette contemplation. Cette vie là, d’air frais, d’embruns et de voyages me comblait d’autant plus que chaque matin et chaque soir le soleil était différent et drapait l’eau de couleurs nouvelles. Comme maintenant. Le ciel commençait clairement à s’assombrir tandis que le soleil amorçait une descente romantique. Le clapotis des voiles dans la brise du soir et la houle maternelle me berçaient à tel point que j’en oubliais que j’étais censée retransmettre les ordres aux matelots. Penchée sur le bastingage, menton entre mes mains en coupe, je me remémorais mon premier en jour en mer, treize ans auparavant…

J’avais alors quitté la terre ferme pour le premier navire levant l’ancre. Je m’étais embarquée sans un mot et avait dû subir un long et ennuyeux entretien avec le seigneur marchand qui servait de capitaine. Qui étais-je ? Quel âge avais-je ? Que faisais-je là ? Pourquoi étais-je montée ? Avais-je déjà voyagé ? Savais-je lire, écrire, compter ? Si je m’y connaissais en commerce ? Si je savais cuisiner, soigner, rentrer les voiles, me repérer avec les étoiles ? etc… J’avais répondu le plus brièvement possible. Comme toujours, par méfiance.

On m’appelait Lyra, j’avais dix sept ans, j’avais fui mon port natal et ses mauvais souvenirs mais ils pouvaient tous se rhabiller je n’en parlerais pas. Je n’avais jamais rien vu au-delà des murs de la ville, je ne savais ni lire, ni écrire, mais oui je savais compter. Je ne leur avais pas spécifié comment je l’avais appris mais ils s’en fichaient pas mal, le capitaine, son second et l’enseigne présents. J’étais une gamine et j’étais à bord : seul cela les préoccupait. J’ai appris bien plus tard par ce qui deviendra un compagnon que selon de vieilles superstitions la présence d’une femme à bord portait malheur. Pourquoi ? Les marins vivaient pendant de longs mois dans une intense frustration physique et sentimentale. Oulala. Et une femme circulant au milieu de l'équipage ne pouvait qu'alimenter passions, jalousies, querelles, mais aussi les tentatives de viol. Sachant les marins très superstitieux, il aurait fallu simplement laisser se répandre une réputation de porte-malheur concernant la femme pour éviter ces désagréments. Songeraient-ils un jour à arrêter le rhum ?

Sinon je savais cuisiner, du moins je savais me débrouiller pour ne pas mourir de faim, mais je n’avais jamais touché des cordages de ma vie, ni ne m’étais jamais interrogée sur l’aide possible des étoiles dans la navigation. Je ne savais rien faire et je n’avais nullement le sens du commerce. A quoi bon me garder ? Et bien… si l’homme qui servait d’enseigne n’avait pas une fille du même âge que moi et ne s’était pas opposé aux choix de ses supérieurs de me laisser au prochain port, je ne serais pas là aujourd’hui. Pas là à rêvasser sur le bastingage. Et à trainer pour faire exécuter les ordres.

Qu’il s’en était passé des choses depuis ce fameux jour là. Ca semblait si loin et pourtant… Aucun détail ne m’avait quitté. Tout était ancré dans ma mémoire comme si tout était encore frais de la veille. Les visages pas rasés, les vêtements sales et mal odorants, le drapeau et la peau de bouc flottants en haut du grand mât, les bruits… ceux de l’eau sur la coque, ceux qui marins qui s’activaient. Pour un premier jour en mer, il n’avait certainement pas été de tout repos et pendant plusieurs semaines je n’ai cessé d’avoir les muscles courbaturés de toute part, les mains écorchées, brûlées par les cordages. Mais diable que je n’avais jamais été si heureuse ! Je servais peut-être sous les ordres d’hommes bourrus et inintéressants mais je savais qu’il n’en serait pas toujours le cas. Les meilleurs marins finissent toujours par grimper les échelons et ma soif de vengeance me forçait à me dépasser.

Après près de dix ans à nettoyer, servir, ranger, répondre aux commandements, le capitaine fut assassiné lors d’une escale. La richesse fait bon nombre d’envieux, à ne jamais oublier. Son second avait pris alors le commandement avant de se jeter lui-même dans le ventre de l’océan une nuit où la tempête interminable qui sévissait depuis une semaine avait abattu chacun des marins les plus tenaces. L’enseigne avait alors pris la barre et m’avait fait Maitre d’équipage. Que d’honneur. Et de responsabilités…

Mais fallait-il encore s’y tenir.

Voilà que le rond de soleil mourrait derrière l’horizon en nappant l’océan d’un violet rose étrangement pâle pour la saison. Moi j’étais là, à ressasser et les marins en profitaient pour prolonger leur pause.
C’était ennuyant comme vie tout de même. C’était trop plat. Trop calme. Les voyages étaient rythmés par les échanges commerciaux, les routes étaient toujours les mêmes, les escales se faisaient toujours dans les même ports. Nous nous arrêtions toujours dans les mêmes tavernes, nous veillions toujours à incarner la marine marchande de la région tel qu’il se devait. Jamais aucune impasse possible. Jamais aucun déboire. Jamais aucun problème avec la piraterie. C’était trop parfait pour me convenir…
Des bruits de pas derrière moi m’arrachèrent à mes pensées et je me retournai.

─ Madame.

L’homme s’inclina respectueusement.

─ Le Capitaine requiert votre présence en sa cabine.

Je ne mourrai que d’envie de l’envoyer dans les enfers mais le désir d’un jour succéder à ledit capitaine me fit tenir ma langue. Les hommes avaient un don particulier pour se rendre inintéressants au possible. Les marchands d’autant plus qu’ils se croyaient forts à faire des manigances avec tout genre d’individus. Certes l’économie jouait un rôle central dans le développement du continent mais les échanges, les négociations, les comptes, il n’y avait rien que je connaisse de plus ennuyant que cela.

Je remerciai le matelot de la tête et quittai la rambarde de bois pour l’intérieur du navire. Je descendis les escaliers rongés par l’humidité qui menaient à la cabine du capitaine. Ca ne me disait rien qui vaille. Il avait le don pour me convoquer comme on siffle un cabot et cela m’horripilait plus que je n’en donnais l’air. A croire que j’étais devenue susceptible et rétissante à toute autorité. Des règles, des codes, encore et toujours. La bienséance par ci, la bienséance par là. Au diable la bienséance oui ! Ils m’emmerdaient tous. Quand à moi je devais avoir un don pour être aussi insupportable.

Ma foi, cela me convenait.

Le vieil homme se trouvait en fond de cabine, assis derrière un petit bureau où des feuillets jaunis et sales étaient éclairés par la lueur frétillante d’une bougie. Debout devant lui son second et l’enseigne pivotèrent d’un bloc quand ma première botte fit claquer son talon sur le plancher. Et bien… j’étais attendue.
Je m’approchai du bureau non sans noter les airs graves et les visages fermés de mes… supérieurs. Quel mot et statut ingrat ! Je réajustai les pans de ma veste par respect et m’arrêtai un pas derrière eux.

─ Vous m’avez fais quérir, Capitaine ?

L’homme soupira bruyamment en levant les yeux vers moi.

─ Oui, il va nous falloir redoubler de prudence. La zone est réputée dangereuse, les récifs sont toujours là, et à eux s’ajoutent une nouvelle menace.

Voilà qui semblait intéressant… Que cela pouvait-il être ?

─ A notre dernière halte, on nous a signalé que les pirates sortaient de plus en plus souvent de leur crique. Ils commencent sérieusement à bien s'organiser. Je crains le vent de panique qui pourrait souffler sur l'équipage si nous les mettions au courant dès ce soir, néanmoins je voudrais que vous soignez prête. Assurez vous que nos armes sont en bon état et disponibles.


Je fis la moue. Des ordres. Diable, des ordres.

─ Bien Capitaine.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Sam 20 Avr 2013 - 17:04

Je n'ai jamais aimé parler au passé. Penser sans cesse aux infinis possibles qui n'ont de toute façon pas eut lieu, pas plus que de penser à ce qui ne changera jamais.
J'aime le changement, l'avenir troublé par nos actes. J'aime la surprise d'un coup audacieux.
Pourtant, j'aurais beau le rejeter, le passé est là. Dans cette jolie petite tête, un peu usé par le temps mais bien présent.

La journée est trop calme, une navigation tout ce qu'il y a de plus reposante, sous un océan endormi. Les hommes rêvassent, pêchent et jouent aux dés. Comment le leur reprocher, même le pont est trop propre pour faire travailler les mousses. Alors moi, je comble le vide. Dargal s'est prêté au jeu de l'entraînement. Voilà longtemps que je ne l'avais pas affronté, lui mon presque père, sabre à la main.

Dire qu'il fut un temps où je n'étais pas redoutée à travers les mers. C'est si loin.

Quatre années plus tôt par exemple.. Ce jour si particulier que je ne risque pas d'oublier !

Le vent sifflait à mes oreilles, manquant d'arracher ce fidèle tricorne à l'allure presque neuve à l'époque ! Une main sur la tête, l'autre me retenant aux cordages, je riais à pleins poumons. J'avais tant gagné depuis ma rencontre avec Dargal ! J'ai su m'entourer de ceux que l'on ne voulait plus sur terre, le fourbe Damis, m'a offert deux navires et, s'ils n'étaient pas aussi fringuant que ceux d'aujourd'hui, ils étaient splendides à mes yeux !
Bon sang.. j'avais 18 ans à l'époque ! Je devais passer pour une gamine aux yeux de mon équipage. Pas de tous, j'avais quand même ma joyeuse bande dans le tas ! Nous avions une année de navigation et de piraterie sommaire au compteur. C'était peu, il m'en fallait toujours plus.

On ne connaissait pas encore mon nom, pas spécialement surtout. C'était ''les pirates'', parfois on parlait de ce Jack Sombre-Barbe. Une véritable star à la crique ce type.
Bref, j'étais jeune et insouciante.


-Navire en vue ! Navire en vue!

Ça c'était Simon, un jeune homme aux yeux d'aigles, mort deux ans plus tard dans les mers de l'Est. Je me souviens qu'il avait fui Quetaïn, il s'était cru meilleur voleur qu'il ne l'était. L'un de mes plus vieux et plus jeune camarades. Je m'étais vraiment pris d'affection pour ce gringalet, un peu comme pour la plupart de mes hommes à l'époque. Des traces de naïveté enfantine il faut croire.
A son cri, le pont s'était agité de clameurs et de mouvements empressés. Les ponts devrais-je dire ! Il y avait Sombre Lune, avant qu'il ne devienne une épave puis soit rafistolé et redressé et puis le Condamné, trop justement nommé finalement.
Dargal beuglait des ordres et voilà qu'on étendait les voiles, voilà qu'on levait notre terrible drapeau. Le capitaine de Sombre Lune, Silvin mort en 852 dans les ruelles de la crique c'était un chic type bien qu'on l'accusa de meurtre (à tort ou à raison ? Qu'en sais-je), menait mon second navire sur la même longueur d'onde que Dargal.

Et moi me direz-vous ? Que faisais-je qui mérita ma place dans ces navires ?

Je levais fièrement mon sabre, sautant sur le pont et encourageais mes hommes à vive voix. Mes ordres étaient déjà clair avant que je ne les énonces ! On va se le faire ce navire et plutôt deux fois qu'une !

Sombre Lune et Condamné n'étaient peut-être pas les meilleurs navires d'Akeraï, mais au moins ils avaient le mérite de savoir fendre la mer comme pas deux ! Bien sûr, je n'avais pas encore l'argent de me payer canons et poudres, mais nous compensions largement par le nombre de combattants, deux trois archers talentueux et un moucheur. Obtenir un mousquet pour assurer ce poste n'a pas été aisé, heureusement, la crique est pleine de cadavres à dépouiller. Parfois, on a de la chance. Et bien sûr, moi j'avais déjà un pistolet. Il fallait bien que je me démarque un peu ! Et mon escrime n'était pas aussi prononcé qu'à l'époque.

Je vais être franche, pour une fois. A chaque abordages que nous amorcions, nous nous demandions combien d'entre nous reviendraient vivant. Et encore, nous ne nous attaquions pas aux frégates et cuirassés de Feïral ! Non, ce n'était que des navires marchands, peuplé de marins désireux de survivre. Rien n'est plus terrible que la rage du survivant, je vous le dis. Le surnombre était nécessaire, mais pas toujours suffisant. C'est pourquoi l'on faisait tourner les bouteilles de rhum en plus de sortir nos sabres !

Ah j'ai failli oublier. On avait une arme aussi, un atout hors du commun. Un Orc, fier et puissant. Le genre de créatures que l'on évite généralement d'affronter. La peau épaisse, des muscles de géant. Dargal, comme toujours, était mon fer de lance.

C'est pourquoi nous nous osions à charger ce navire marchand, isolé et mal tombé. Ils se savaient forcés de nous affronter, comment diable pourraient-ils en faire autrement ? Nous les pourchasserions jusqu'aux limites du monde s'il le fallait !

Cependant, je n'avais pas idée des trésors m'attendant sur ce navire.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Mer 24 Avr 2013 - 21:30

Je tournai les talons et posai une botte sur la première marche de bois. Des ordres. Encore et toujours des ordres. Je montai les escaliers, marches deux à deux et quittai la cabine du capitaine. Enfin… du marchand qui avait fini capitaine. Qui servait de capitaine. Certes il avait fini par devenir un bon marin et c’était grâce à lui que j’étais ici et à ce poste mais… Je n’aimais pas la façon dont ses yeux se fixaient sur moi quand je lui tournais le dos. Je n’aimais pas la façon qu’il avait de me parler si mielleusement et ce même quand il me donnait des ordres. J’avais l’âge d’être sa fille, rien d’autre. Et certainement pas sa domestique.

En prenant la direction des écoutilles qui me permettront d’accéder aux cales je songeais que c’était bien mon rôle que de veiller à la sécurité du navire. Et après tout il fallait bien que je gagne leur confiance pour qu’un jour j’ose espérer les succéder à la barre. Quelle sympathique idée que cela… Hum…

J’ouvrai le panneau de cale permettant de protéger son intérieur des intempéries et sautai les marches. Je savais par habitude qu’elles étaient glissantes et abruptes.

La cale était sombre comme à l’accoutumée et une forte odeur d’humidité se dégageait des murs et du sol. C’était le paradis des rats ! D’autant plus que toutes nos marchandises y étaient entreposées dans l’attente du prochain arrêt et de la prochaine vente. Il y avait également en plus des affaires toutes les provisions qui nous servaient à tenir en vie en mer. Un vrai petit trésor pour rongeurs…
Mais bizarrement ce soir il n'y en avait pas un seul en vue. C'était étrange. Il paraissait selon de vieilles superstitions qu'un bateau privé de rat serait dans une mauvaise passe, car les rats l'auraient quitté pressentant quelque malheur. Don spécialement attitré aux rats...
Bref.
Je tournai sur la droite, accomplis la mission qui m’était accordée et rejoignis la cabine avant de l’équipage. Des couchettes insalubres se superposaient à seulement trois pieds d’écart. Les lits étaient comme toujours défaits et sales. Et oui ! les marins ne se souciaient guère de cela. Leurs vêtements faisaient propres et seul cela comptait. C’était déjà ça, je l’avoue. Il ne fallait pas demander le diable non plus...

Au moment j’allais entrer dans le poste d’équipage, l’homme qui m’avait interpellée tout à l’heure sur le pont apparu dans l’entrée de la porte. Que faisait-il là celui là ? L’accès était formellement interdit aux vulgaires membres. Par quel droit s’était-il offert le luxe d’y entrer ?

─ Madame.

Il s’inclina comme tout à l’heure, avec un semblant de respect. Quoi de plus insupportable ?

─ Je vous cherchais. Le capitaine avait l’air anxieux, je me demandais ce qu’il se passait.

Oh mais tiens donc...
Je grinçai des dents en m’arrêtant devant lui. Mais quelle belle fouine celui-là. Je notais depuis quelques temps son comportement bizarre. Qu’arrivait-il ? N’était-ce normalement pas l’Enseigne qui devait relayer les ordres et demandes du capitaine ? Comment se faisait-il que depuis quelques semaines ce soit cet idiot doublé d’un fouineur qui venait me quérir ? J’étais Maître d’Equipage, pas un misérable mousse incapable.

─ Ah oui ? demandai-je avec un sourire moqueur en croisant les bras sur ma poitrine.

Je naviguais sur les eaux de l’océan occidental depuis treize ans, certes j’étais bien plus jeune que la plupart des marins mais j’avais appris vite à mettre l’accent sur mes talents. Tous, d’ailleurs… Cela m’avait permis de devenir importante. Où s’accordaient-ils aussi le droit de me traiter tous comme un chien que l’on siffle en cas de besoin. Et pourquoi diable celui là venait-il foutre son nez dans les affaires de la commanderie ? Ce n’était pas son milieu.
Ses cheveux gris en bataille étaient assortis au bleu de ses yeux et donnaient à son visage clair un air glacial. Comment s'appelait-il déjà ? Carlan ? Cartan ? Caltan ? Quelque chose dans ce genre là, tant pis...

─ Les affaires sont toujours préoccupantes quand on a le soucis du détail, mon cher.

Voilà qui était bien véridique. Il cesserait de s’inquiéter. Je durcis mon regard vert pâle.

─ Maintenant que te voilà rassuré laisse-moi passer tu veux.

Je m’avançai et le forçai à m’esquiver. Pour qui se prenait-il ? Par les Dieux des Enfers, je ne mourrai que d’envie de le plaquer au mur et de lui éclater le crâne. Il m’énervait. Ils m’énervaient tous d’ailleurs. Un joli ramassis d’imbéciles. Je passais cependant sans un faux mouvement qui aurait pu me trahir. Pas maintenant voyons, pas encore. Les hommes me tenaient encore trop en respect pour que je me permette de m’en mettre certains à dos. Quoiqu’à force de parler ainsi à ce… Carlan ? Cartan ? Caltan ? il finira vite par me haïr.

Une fois débarrassée de la Fouine, je me jetai en travers de ma couchette. Ce n'était pas l'heure de dormir mais s'il fallait s'attendre à une attaque autant se préparer physiquement. J'hésitais néanmoins. Je devais me trouver prête s'il devait arriver quelque chose... mais en même temps il était possible que rien n'advienne donc...

Je soupirai et fermai les yeux. Puis je me perdis dans mes pensées, jusqu'à ce que je ne vois même plus le plafond que je fixais, que je n'entende plus les rires des marins, que je ne sente plus le bercement de la houle.

« Quand le navire doit sombrer, les rats sont les premiers à le quitter. »

C'était une citation. De qui ? Telle était la question. Mais l'absence de rats dans la cale commençait à m'intriguer. Et si les vieilles superstitions se révélaient être vraies ? Hum... non. Impossible. Quoique... Les légendes n'arrivent jamais par hasard.

J'ignorais combien de temps il s'était écoulé quand l'agitation et les cris remplacèrent soudainement mon cocon de silence. Je sautai de mon lit et traversai la cabine avant, bousculée de toute part par les marins qui s'activaient et sortaient eux aussi de leur sommeil. Mes yeux ne s'étaient pas encore dévoilés et je n'avais pas réellement repris mes esprits cependant la seule idée qu'il puisse s'agir de ce que nous redoutions me tenait debout.

─ Des piiiiiiiiiiiraaaaaaaaaates ! cria quelqu'un à bout de souffle de je ne sais où.

Je me tournai vers les marins et aboyai :

─ Sortez les armes et réduisez la voilure !

─ Mais on pourrait essayer de... contesta un jeune marin.

─ Croyez vous vraiment pouvoir échapper à un navire pirate ? Non. Alors exécution !

Ils s'exécutèrent sur le champ, la panique se lisait dans leur regard. Malgré moi je devais avouer que je n'en menais pas large. Je ne savais absolument pas comment réagir. Je n'avais jamais été confrontée à un attaque quelconque en mer. Et pas de nuit non plus. Je m'emparai donc d'une lance, comme tout les autres et remontai sur le pont où l'agitation s'était muée en chaos.

Oui c'était ça.
Parfaitement.
Le Chaos.

Que disait-on déjà ?

« Quand le navire doit sombrer, les rats sont les premiers à le quitter. »


Les pirates faisaient des prisonniers non ?
Il y avait encore de l'espoir...


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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Jeu 25 Avr 2013 - 19:14

En y repensant, c'est peut-être cette nuit là qui a inspiré mon premier couplet. Nous étions fous de joie de sauter à l'abordage de ce navire, et pour cause ! Voilà que le Rhum nous donnait de la vigueur et le feu aux tripes ! J'en voyais qui avaient tellement envie d'échanger des coups qu'il caressait le fil de leur lames impatiemment.
Comme le veut la stratégie pirate, de longs cordages pendaient sur le pont, prêt à nous emmener jusqu'à notre humble destination. Billy, mon moucheur, s'était niché au dessus de la voile, astiquant précautionneusement son arme. Ces mousquets sont certes meurtriers et diablement précis, mais il faut apprendre à les chouchouter. Tout le monde sait qu'un mauvais entretiens peut nous faire exploser l'engin à la figure.
En bon subordonné, il était venu me voir plus tôt. Il n'a pas une cadence de tir aussi élevée que celle d'un archer et il peut difficilement espérer tirer plus de trois coups et encore. Il doit viser soigneusement pour ne pas tuer un camarade. Aussi, il fallait bien que je lui fixe ses priorités.

-Tu me dégommes tout ce qui a une arme à feu et dis a Bald, Faust et Tim de m'ouvrir une voie jusqu'au capitaine. Je voudrais qu'on en finisse vite.
-C'est pas le rôle du Second d'habitude cap'tain?
-Les temps changent mon petit Billy. Allez au boulot ! Et que je me prenne pas une flèche au derrière ou je vous fais tâter de mes bottes!
-Bien sûr Cap'tain!

Dargal, quant-a lui, s'était muni d'une grande hache qui nous a coûté une coquette somme. Mais je lui devait bien ça et il faut dire qu'il l'a vite rentabilisée. Solide, elle accompagne ses coups puissants sans se briser. Résultat, il devient une véritable terreur pour ses adversaires. Oh bien sûr.. on ne se risque pas à laisser cette brute se balancer à une corde ! Non non, il ne ferait pas pencher le navire.. je ne crois pas. Mais si la corde venait à lâcher et qu'il tombait à l'eau, on serait dans de beaux draps ! Non, avant de pouvoir sauter sur le bateau ennemi et rejoindre la mêlée, Dargal a un autre rôle à jouer.

Sur un navire, pirate ou non, tout le monde à son rôle à jouer. Bon, a moins que l'on ne transporte un voyageur, mais à ce moment là c'est tout comme de la marchandise. L'important, c'est que les rôles soient bien accomplis.

La chance nous souriait sûrement ce jour ci, puisque nos victimes s'étaient résolues à nous voir arriver. Pas de course poursuite, peut-être, mais pas de bataille j'en doute. Même résigné, un équipage n'abandonne pas ses marchandises sans se battre durement, a moins qu'il ne se mutine pour rejoindre les rangs des pirates ! Mais c'est un cas plutôt rare. Ces bougres de marins ont une famille, ou le respect des règles les garde de se fourvoyer à nos côtés. Bref, nous savions déjà que nos armes n'étaient pas sorties pour rien.

Les mousses allaient se terrer dans les cales, normal ils ne sont pas préparés à ça, ils auront tout le temps plus tard. Et puis, il faut bien quelqu'un pour défendre mes trésors ! Manquerait plus que je me fasse voler durant la bataille ! Bon, à l'époque, je ne devais pas avoir grand chose de valeur dans mes cales, un navire pirate à tendance à se remplir en mer, pas au départ. Mais il y a toujours des vivres, et ça ça reste important !
Pendant ce temps, Sombre Lune et Condamné manœuvraient pour encadrer le pauvre bateau ennemi. Dargal me lançait un regard appuyé, attendant de savoir mes ordres. C'est vrai, on pouvait toujours essayer des pourparlers. Négocier leurs vies contre leurs biens. Mais si je voulais égaler un jour le fameux Jack Sombre-Barbe, j'étais obligé de faire des coups d'éclats.

Dans une nuit d'encre, un sabre s'élevait et son propriétaire hurlait au navire : ''Pas de quartier bande de braillards !''
Deux navires emplis de damnés effrontés furent secoués par les clameurs de quinzaines d'hommes, annonçant déjà le début de la bataille alors que les navires croisaient à peine leurs routes. Et une demi-douzaine de flèches volèrent, pour se planter dans le bois, ou parfois la chair d'un navire vraiment mal barré.
Quelques gorgées de Rhum encore et les premiers pirates s' élançaient, traversent la mer, et sautaient sur le pont adverse en frappant du pied les malheureux sur leur route, quand les malheureux ne parvenaient pas à les stopper avec un sabre. Un premier coup de feu retentissant marquait l'entrée en jeu du moucheur, ah ce brave Billy.

Je hurle de joie en atteignant l'autre côté. Mes braves hommes font barrage de leur lames pour me laisser une jolie zone d’atterrissage. Tombant souplement sur mes bottes, j'attache le bout de corde que j'ai entraîné avec moi au bastingage. Ptet que Durgal peut pas sauter, mais s'il ne peut venir au navire, il le fera venir à lui. A peine lui faisais-je signe que le nœud était serré que la corde se tendait. Les puissants muscles de Dargal rapprochaient les deux bateaux, lentement mais sûrement. Il n'était plus que question de temps avant qu'il nous rejoigne, mais cette fois je comptais bien avoir fini avant qu'il n'arriva.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Ven 26 Avr 2013 - 18:29

Il faisait noir et la fraîcheur du vent qui d'ordinaire prévoyait une nuit calme et paisible ne parvenait pas ce soir à apaiser les hommes. J'étais à peine arrivée sur le pont que je distinguais les ombres du navire approcher... oh mais... Nom de Dieu... des deux navires ! Ils avaient deux navires ces rats des mers !

Dieu de l'Océan tout puissant...


Je regardai autour de moi, les marins courraient dans tout les sens, ne sachant que faire. Les hurlements sur les bâtiments ennemis me glaçaient le sang, me clouaient sur place et me sciaient les jambes. Je n'avais jamais peur. De quoi tremblais-je ?

Peut-être de l'évidence certaine de la mort...

Quoique c'était qui sait la panique ambiante qui me faisait perdre la tête. Je montai sur le bastingage en me tenant aux cordages. Mes yeux analysèrent d'abord le temps qu'il nous restait avant que les navires nous encerclent. Puis je levai ma lance et m'époumonai pour couvrir les clameurs qui montaient chez les corsaires.

- Marins, hommes de foi et loi ! (J'attendis qu'ils se rassemblent malgré le chaos) L'Epicier du Levant est votre maison, votre famille, défendez-le ! Vos vies en dépendent ! Je lis la peur dans vos yeux, la même qui étreint mon cœur. Mais ce soir nous ne perdrons pas courage ! Nous avons des amis à défendre ! Nous ne baisserons pas les bras ! Qu'importe ce qui débarque sur ce navire, vous tiendrez vos positions et vous battrez pour votre liberté ! Alors pour toutes ses années de dur labeur, pour vos familles, pour votre loyauté et dignité de marins libres, faites-front, hommes des mers !

Des acclamations enthousiastes me répondirent et alors je sautai du bastingage. Je croyais à peine ce que j'avais dis. Ma folie me perdra. Je n'imaginais pas une seule seconde que nous puissions nous en sortir si facilement. Je ne croyais pas en l'espoir, ni en l'amitié, ni en la loyauté. Je n'avais, de plus, aucune famille pour laquelle me battre.
Le Capitaine Clegan Mohin Jefferson était sorti de sa cabine et m'attrapa brutalement le bras. Je manquai de lui sauter au visage pour lui mordre la peau tellement il me serrait avec force. Il n'avait pas trouvé le sommeil depuis plusieurs jours, c'était évident. Des croissants de lune violet avaient gonflé sous ses petits yeux et ses traits étaient plus que jamais tirés par la fatigue.

Je lui envoyai une gifle enragée.

- Lachez-moi !

- Que leur fais-tu faire, idiote ?! aboya t-il en resserrant son étau.Il faut se rendre !!

- Vous croyez qu'ils vont nous laisser nous rendre ?! criai-je. C'est vous l'idiot ! Autant se battre plutôt que de se laisser tuer sans rien faire !

Il me regardait avec un tel désespoir que j'en vins à me demander pourquoi j'espérais. J'étais peut-être folle. Voilà que je m'apprêtais à me battre pour la défense d'un navire que je rêvais de quitter depuis quelques années, non sans jamais savoir quoi faire après. Je n'étais pas marchande, je n'étais pas soldat, je n'étais pas cuisinière, ni chirurgienne, j'étais marin. Ça oui. Tous étaient d'accord. Je maîtrisais les joies de la navigation, mais...

Des sifflements emplirent l'air et je me plaquai au sol en lâchant mon arme.
Je levai les yeux...

Des flèches.
Dont une fichée dans le coeur du capitaine.
Qui s'effondra.

Merde !

Ils abordaient !

Je sautai sur mes pieds et contemplai horrifiée les premiers pirates qui emboutissent les torses des marins à coups dans le plexus. Ils débarquaient des deux flans du navire. Personne ne savait où donner de la tête. Impossible de savoir où allait débarquer le prochain...

Je me rangeai aux côtés de mes hommes, lance à la main.

Plus les deux navires se rapprochaient, plus la tension montait, plus les corps tremblaient, plus les esprits vacillaient. Les pirates hurlaient, criaient. Nous étions tous pétrifiés d'effroi. Certains massacraient déjà tout sur leur passage. Se jouant de la peur qui paralysait les marins. Un pirate s'approchait, chemise dépareillée ouverte sur son torse mutilé, bandana rouge au cou, poignard entre les dents. Il semblait habité d'une frénésie diabolique. Les yeux révulsés et injectés de sang, des dents comme des crocs jaunis prêts à mordre.

Je serrai les dents.

Toi, t'es pour moi...


Il accéléra l'allure, pointa sa lame devant lui et se jeta sur moi en s'arrachant les poumons. Je me crispai. Esquivai. Frappai avec le revers de la lance. Il tituba, grossière erreur qui me permis de lui embrocher la gorge. Un flot de sang en jaillit alors qu'il tombait à genoux dans un râle ensanglanté. Je détournai les yeux. Au Diable la lance...

Je m'emparai de son sabre et rejoignis les marins qui commerçaient à reprendre espoir.

Mais c'était avant qu'Elle n'arrive...

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Sam 29 Juin 2013 - 23:46

Un sabre au clair, un pistolet dans une main, j'avançais, je passais les rangs de mes confrères. Les flèches venant du Condamné se firent plus précises. Les hommes devant avaient à peine le temps de lever leur sabre que l'une d'entre elles se fichait tantôt dans leurs épaules, tantôt dans leurs têtes. Je n'avais qu'à les achever d'un coup de sabre et avancer dans la mêlé. Je n'étais pas totalement hors de danger pour autant, il y en avait toujours un pour se désintéresser des brutes qui m’accompagnaient en se disant que je serais plus facile à tuer. A l'époque, c'était peut-être vrai. Mais je savais tout de même habilement me tirer des situations difficiles. Ma botte préférée de l'époque : Coup de pied dans les roubignoles, a genoux mon coco que je tranche la gorge. Toujours trop inattendu celui là.

En fin de compte, je m'en tirais plutôt bien, mais j'étais loin de me réjouir. En général, le capitaine est sur un point en hauteur.. là, je ne le trouvais nulle part. Pas d'otage à prendre pour ordonner la fin des combats.. Fichtre, ce pleutre s'est-il caché dans sa cabine ? Il doit bien y avoir un second quelque part pour diriger la résistance du navire, non ?

En cherchant, je n'eus que la surprise de trouver une femme.
Non, pas une femme, pas une simple femme. Une vraie diablesse qui se défendait sang et eau pour garder sa vie.. Encore que dans son cas, je crois qu'il y avait bien plus de choses à défendre. La toute première fois que je voyais Lyra et sans doute la seule fois que j'ai jamais affiché toute l'étendue de mon admiration. Et la première fois que j'ai ressenti cette douce chaleur au creux de mes tripes que Dargal appelle la soif de sang. L'excitation pure et dure, la violente envie de la combattre. Et je ne me suis pas faites prier.

J'ai levé mon sabre haut pour faire stopper les flèches de mes fervents protecteur. Pas question que l'on m'accuse de tricherie, je voulais faire scander mon nom et si cela devait se décider dans un duel de femmes, qu'il en soit ainsi.
Je me suis avancée vers la lance de la femme avec mon plus beau sourire. Presque comme si ma soif de combat était palpable, les hommes se sont écartés de nous. Pas tous, l'un des marins a voulu s'interposer, mais ma botte secrète de l'époque eut vite raison de lui. Je crois que l'acte a trop surpris les autres pour qu'ils s'avancent à leur tour.

Et bizarrement, dans mon humble souvenir, il n'y avait plus qu'elle et moi. Nos sabre et mon pistolet. Nos souffles profonds et cette douce excitation qui ne voulait pas me quitter.
Et, peut-être, une pointe d'inquiétude.


[un peu court ^^' ]

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Dim 30 Juin 2013 - 15:54

Les volées de flèches qui s'abattaient sur nous immobilisaient les plus braves des hommes. Ils tombaient, à droite, à gauche. Les mains portées à son cou, un marin s'effondra dans un râle glauque, une flèche l'ayant traversé jusqu'aux plumes. Je détournai les yeux, prise de nausées. Ce n'était pas loyal. Il n'y avait pas de réels combats depuis que les archers armaient leur traitrise du haut de leurs navires. Une femme, grande, à la peau brune avançait, tranchant la gorge des matelots qui agonisaient déjà des flèches qui les avaient transpercé.

Une femme. Un bateau pirate. Impossible.

Et pourtant... un tricorne presque neuf trônait sur sa tête. Avec fierté et arrogance. Nos yeux se croisèrent. Elle leva son sabre et dans la seconde, les tirs cessèrent. Les hommes lui laissaient ouvertement le passage. Tout c'était comme suspendu. Les dernières flèches achevèrent leur ultime volée dans la chair des marins et le silence se fit mort.

Sabre encore scintillant à la main, je jetai un regard désespéré autour de moi. Ce n'était pas possible. Ca ne pouvait pas se passer comme ça...

Une femme. Un bateau pirate. La capitaine. Impossible.

Son regard ne se détachait plus du mien. Ses yeux clairs, contrastant avec sa peau brune, me dévisageaient avec une pointe de folie. C'était donc ainsi que j'allais mourir. A la vue du pistolet qu'elle tenait dans une main, je me pris à entendre le sifflement de la balle et le bruit sourd de l'impact dans mon cœur. Seule façon de mourir rapidement.
Campée sur mes jambes, sabre à la main, mâchoire serrée, mes yeux verts plantés dans les siens, je me refusais néanmoins à me laisser prendre la vie. Je venais de servir des abrutis pendant plus d'une décennie, ce n'était certainement pas pour crever maintenant. J'avais à peine trente ans. De beaux jours devant moi, de belles expériences. Qui sait... la piraterie avait peut-être de quoi m'offrir ma Liberté...

Enfin... la femme qui me faisait face n'avait pas l'air de vouloir m'épargner.
Je serrai les dents et les doigts sur la garde du sabre.

C'était la première fois que je tenais une telle arme. Si la situation n'était pas aussi dramatique, j'aurais trouvé ça agréable. Mais l'idée que ce soit avec un même sabre, que la folle qui servait de Capitaine, allait m'ôter la vie, rendait tout écart impossible. Et le sourire que cette dernière affichait en s'approchant de moi était on ne peut plus insupportable... Un mouvement sur ma droite me tira de l'étau de ce sourire...

Caltan...

Oui, il s'appelait Caltan...

S'interposa entre nous en poussant un cri de rage. Grave erreur. Elle savait où frapper et comment. Le vieil homme s'effondra, la gorge finalement ouverte par le tranchant de la lame pirate. La jeune femme se retourna vers moi, l'arme écarlate au poing. Elle aurait pu être belle si elle n'était sanguinaire. Du moins, je pensais encore à cette époque que la beauté n'était que l'affaire du bon. Sa peau sombre, ses yeux clairs, elle avait vraiment fière allure, sa cape se soulevant doucement dans le vent nocturne. Elle aurait même pu se confondre à la nuit si le feu qui mordait le pont n'illuminait pas sa silhouette.

Je serrai mon sabre encore un peu plus fort, phalanges blanchies.

La tension était palpable.
Le temps s'était arrêté.
Le vent susurrait une complainte.
Tout était immobile.

L'écho des battements de mon cœur semblait pulser dans l'air. J'allais mourir là... seule... exécutée par une pirate. Tout était fini.

Merde Lyra !

Non ! Je ne pouvais pas crever ici, là maintenant, tout de suite, comme ça, pour ça ! Pour quoi d'ailleurs ? Rien ! Alors... il fallait que je me ressaisisse. Ici, là maintenant, tout de suite, comme ça (je faisais un pas en avant), pour ça (elle voulait un combat de femmes, elle l'aurait, et sa tête tombera la première).

C'était une promesse.
C'était un arrêt de mort.

Le sien.
Le mien.
Le notre.

Je m'élançai avec l'idée que, quoique je fasse, je mourrai. Si je la tuais, ces hommes m'exécuteraient. Mais fallait-il que je l'ai avant elle.

Mon coup avait pour objectif de lui fendre la tête. Elle leva son sabre. Les lames s'entrechoquèrent et pendant une seconde, le temps qui s'était accéléré, s'était de nouveau suspendu. Puis... la proximité de nos têtes et la pression exercée sur nos armes ont fait que nous nous sommes dégagées. Les jambes fléchies, un sourire amusé aux lèvres, elle se mit à me tourner autour avec lenteur. Comme un prédateur qui rode autour de sa proie.

Et moi, pour éviter de me retrouver dos à elle, je n'avais qu'une option. La suivre. Regard l'un dans l'autre. Sabre devant. Posture de combat...

A ce stade là, qui était la proie, qui était le prédateur...

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Ven 5 Juil 2013 - 11:22

Je crois me souvenir, que ce combat ne m'a jamais fait perdre le sourire.

Cette pauvre créature acculée et abandonnée était une vue amusante. Je pouvais lire cette lueur de désespoir dans son regard et même apprécier sa volonté de vivre. Lorsque sa lame s'est abattue sur moi, j'ai bien cru qu'il en était fait de mon tout récent tricorne, si je n'avais pas eu le réflexe de bloquer.
J'aurais du tenir à deux mains mon sabre, pour plus de sûreté, mais ce ne fut qu'avec une que je retenais la descente du fil mortel, consciente que ce premier coup pouvait déjà décider de mon destin. Mourir bêtement, ou imposer le respect à cette femme ? Dans tout les cas, je ne pouvais lâcher mon pistolet, dernier recourt si le combat tournait en ma défaveur.
D'ailleurs, je me retiens à grande peine de lui tirer tout de suite une balle dans le ventre. A cette distance, il serait difficile de la rater.. mais l'empressement ne ferait que provoquer une erreur de ma part. Un pistolet n'a qu'un coup. Le tout est de savoir quand l'utiliser.

Je n'ai pas fuis son regard une seule fois et, si il est arrivé à mes lèvres de se crisper, j'ai toujours pris soin d'afficher ce sourire.

Pourquoi s’embarrasser d'un étirement de lèvre dans un combat ? Rien n'est plus amusant, et accessoirement utile, qu'un adversaire déstabilisé. Ce petit sourire arrogant, preuve d'une nonchalance illusoire, est l'une de mes meilleures armes. De celles qui poussent l'ennemi à un surplus de confiance, le miel qui attire l'ennemi sous ma lame.

Et puis.. qui aurait peur d'une personne qui n'a pas confiance en elle ? Si je veux devenir un capitaine redouté, il faudra bien que je fasse parler de moi !

D'un bond, nous finissons par rompre l'effort. Instinctivement, mon doigt s'approche de la gâchette. A la suite d'un bond, il y a un instant utiliser pour se redresser, le moment parfait pour tirer.. Mais cette femme semble pouvoir me donner un magnifique combat que l'on n'oubliera pas de si tôt. Alors je me met en garde et tournoie autour de ma proie.

Alors que je la détaille, je m'aperçois qu'elle n'est vraiment pas moche. Bien des bordels de la crique payeraient chers pour obtenir ce genre de filles. La capturer vivante serait bon pour mes affaires, mais je doute que la garder sur mon navire soit une bonne idée.. Les hommes se massacreraient entre eux pour faire leur affaire avec elle.
Tant pis, il me faudra la tuer.

Sauf que la proie n'est pas aussi docile que je l'espérais. Comme si elle était mon égale, elle se met à bouger en même temps que moi. Nos pas ne cessent d'essayer de prendre l'autre à défaut, mais cela finit par nous faire tourner en cercle.

Un duel... c'est vraiment un duel.

Les rangs des hommes se séparent, marins comme pirates, aucun d'entre eux ne veut se trouver sur le chemin de Dargal. A vrai dire, le bateau semble se scinder en deux, les pirates du côté de l'orc, les marins de l'autre.
Je m'étonne.. Cette fille est-elle si importante aux yeux des marins pour cesser leur défense afin d'observer l'issue de ce combat ?

Hoho, serait-elle plus qu'une fille de joie emmenée dans le mauvais navire ?
Je l'espérais vraiment. Pour ma gloire.. et peut-être pour son avenir.

J'ai été la première à rompre le cercle.
Comme je l'ai appris de ma vie sur mer, l'apparence fait l'erreur de l'autre.

Un pas en avant, le sabre en retrait pour donner l'illusion d'être sans défense et pouvoir ainsi deviner où va frapper l'ennemi.
Qui se suit vivement d'un pas sur le côté et d'un sabre qui cherche la main de l'adversaire. Si je la désarme, je gagne.
Première règle d'un duel.

Un pistolet chargé dans le dos, prêt à apparaître devant la tête de mon adversaire s'il a la mauvaise idée de bloquer ma lame et de se fixer plus de quelques secondes.
Si je la tue, je gagne.
Première loi de la vie.

Je n'étais vraiment qu'une gamine à l'époque, mais une gamine qui en avait déjà pas mal dans les tripes!

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Mar 3 Sep 2013 - 19:10

Qu’est-ce que je foutais là. Par le Kraken, mais qu’est-ce que je foutais là. Des pirates… j’étais entourée de pirates. Des pirates ! Ces redoutables et redoutés rats des mers, fléau des contes d’enfants des côtes ouest, voilà devant quoi je me trouvais. Et le pire de tout, était que je m’étais embarquée dans un combat à mort. Pas contre n’importe qui je vous prie, je m’appelais Lyra Maar, j’occupais le poste de Maître d’Equipage sur le Fond’Cale, navire de la marine marchande de Quetaïn. Et non… pas contre n’importe qui que je me battais.  Contre le capitaine. Le capitaine ! Rien que ça ! En personne. Et je croisais le fer contre une femme. Oui,  moi, je me battais contre une femme, chose que j’avais toujours détesté faire.

Non, pas une simple femme. C’était un pirate ! C’était une ennemie. Et elle voulait ma mort. J’avais donc toutes les raisons pour me défendre et sauver ma vie. Ou au moins… essayer, parce que vu où en était la situation (notre petit duel), j’avais de quoi douter d’en sortir vivante… et indemne. Indemne étant plus difficile que vivante. Quoique… Et si… non, impossible.
Il fallait que j’arrête de me faire des illusions. Les pirates ne faisaient pas de… Je secouai intérieurement la tête. Allons allons, restons concentrée.

Je notai du coin de l’œil que mes camarades de bord, du moins, ceux toujours en vie formaient presqu’un arc de cercle autour de nous, et que l’autre moitié, formée elle d’un nombre bien plus important de pirates, se tenait quelques mètres plus loin. Un géant à la peau verte, bras musculeux croisés sur son imposante poitrine, regardait le combat d’un air sauvage et animal. Un mouvement, ajusté par la femme à la peau brune, à l’angle de ma vue, me fit revenir au plus important. Le duel. La capitaine venait de faire un pas vers moi, sabre en retrait, me laissant ainsi une sacrée ouverture pour attaquer. Je faillis me jeter sur elle mais quelque chose me retint. Je tiquai. Un pressentiment. Un doute. Un questionnement. Pourquoi donc une capitaine pirate, commandant au minimum trois splendides navires et près d’une cinquantaine d’hommes, ferait une pareille erreur ? Pourquoi me laisserait-elle tout cet espace pour lancer mon assaut ? Pourquoi ?

Il n’y avait aucune hésitation dans son regard, c’est peut-être ce qui me poussa à croire au piège. Elle savait exactement ce qu’elle faisait. Elle savait exactement pourquoi elle le faisait. Et si elle pensait que je penserais à faire ce à quoi elle pensait, c’était me sous-estimer. Je venais de comprendre. Faute d’avoir l’expérience, l’habileté, il me fallait jouer d’autres cartes. L’observation, puis la ruse. Je me félicitais de ne pas me précipiter dans la gueule du loup, pourtant, j’étais quand bien même dans une très mauvaise passe. Elle savait se battre, moi non. Et dans un combat, on se bat. Facile d’en déduire que je n’avais aucune chance de m’en sortir.

Il me fallait mettre fin au duel. L’évidence était là, je ne gagnerais pas, et si je ne gagnais pas, je mourrais. Alors autant cesser tout ça tout de suite.

D’accord, mais comment ?

Si j’abandonnais, je scellais le sort des hommes encore debout, et les Dieux seuls savaient ce qui les attendraient. Quelle que soit la haine que je leur vouais, je ne pouvais me résoudre à les laisser se faire assassiner sous prétexte que je fuyais un combat. Il devait bien y avoir une échappatoire quelque part. Oui, c’était certain. Il y en avait toujours une… fallait-il encore la trouver.

Je fis un pas en arrière, me concentrant sur le fait qu’il fallait absolument que la distance qui nous sépare reste la même. Un peu trop près et hop, son sabre me trouerait le corps. Un peu trop loin et hop, une balle se chargerait de faire de même. Ma vie ne tenait plus à rien. Les flammes mordaient le bois du pont, lançant sur les visages des lueurs fauves. Ça sentait le brûler, le roussi aussi et de la fumée noire et épaisse venait me piquer l’œil. Je serrai les dents, plissai les yeux. Si seulement je pouvais négocier… Je savais bien le faire, ça. Marchander, tirer profit. Depuis le temps que je fricotais avec des marchands, il m’était possible de trafiquer, de commercer ! Quoique je n’avais, je l’avoue, jamais marchandé la vie d’une vingtaine d’hommes, la mienne comprise. Ah… si seulement je pouvais le faire aussi avec des pirates…

Pause. Je maintins ma garde, l’esprit tergiversant à toute allure. Et pourquoi ne pourrait-on pas le faire avec des pirates d’ailleurs ? Il y avait bien les…

J’abaissai mon arme, me redressai, dos droit, tête droite, regard dur.

Aies l’air sûre de toi, Lyra. Aies au moins l’air.

- Pourparlers.

Je grinçai de nouveau des dents. Etait-ce moi qui réclamais ça ? Mais où avais-je la tête ? L’avais-je complètement perdue ? J’étais emprise à la folie. Quoique le courage est des fois une certaine forme de folie…

- Je demande des pourparlers.

Pourquoi ce besoin de répéter ? Peut-être pour être sûre que la femme qui me faisait face avait bel et bien entendu et compris ma requête. Peut-être pour me faire comprendre, à moi-même, que je m’embarquais dans un nouveau duel. Un nouveau duel où je risquais encore une fois ma vie, mais aussi celle des autres marins. Un nouveau duel, avec des armes, mais d’autres encore, différentes. Les mots.

Je venais de me créer une ouverture. Du moins… j’espérai sincèrement que la pirate accepte. Sinon… ç’en était fini de moi. Une ouverture, mais pas un piège. Elle, elle n’avait aucune raison de se méfier. Mais… se méfierait-elle ou avais-je réellement une chance de m’en sortir ?

Là était la question.

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Dernière édition par Lyra Maar le Mer 12 Mar 2014 - 17:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Mer 12 Mar 2014 - 11:31

Avais-je bien entendu? Pourparlers? Y'avait-il vraiment des gens qui croyaient encore en l'honneur et l'honnêteté des pirates?
J'avais envie de lui rire au nez et de lui planter ma lame dans le cœur, ça lui aurait appris à penser pouvoir me retirer mon plaisir avec un simple mot comme celui-ci. Cependant, un pirate qui ne respecte pas le code perd la confiance de son équipage. Déjà qu'il était dur de se faire respecter par ses brutes, si les hommes commençaient à manquer de confiance en leur capitaine, je risquais la mutinerie. Même si Dargal était là pour les recadrer, ça aurait parler à la crique et ma réputation aurait terriblement chuté. En somme, mes ambitions me forçaient bien malgré moi à écouter ce qu'elle avait à dire.
Quel fichu crétin avait pu inventer ce mot ?
J'en perdait mon sourire et baissait mon arme, bien malgré mon amertume. Il faudrait négocier, le seul avantage de ces pourparlers, c'était que l'équipage devrait reconnaître avoir perdu et se plier à mon autorité comme il se doit. Moins de pertes, moins d'amusement mais plus de bénéfices sûrement.

-T'as un sacré culot de me demander ça petite. Avant toute discussion, jetez tous vos armes à terre. Si l'un d'entre vous tente quoique ce soit il n'y aura plus de quartiers.

Qu'ils soient déjà heureux que je me plie à une tradition aussi stupide et ennuyante que les pourparlers. J'ai été élevée par un Orc, rien de moins étonnant que de me voir prendre mon pied dans les batailles. J'ai tant vécu au fil de ma lame et de mon audace que j'en étais venue à en faire un art de vivre. Il fallut pourtant que le milieu le plus impitoyable de cette terre, milieu que j'ai rejoint avec des espoirs de gloire et d'amusement, se révèle aussi mièvre et embêtant. Il suffisait de connaître un mot pour stopper une tuerie gagnée d'avance. Je me disais déjà que ce serait la première chose à changer lorsque mon jolie fessier viendrait s'imposer sur la table des Seigneurs Pirates.
En y repensant, je n'ai toujours pas changé cela.. Nous y reviendrons bientôt.
Ma déception ne se masquait que par mon mépris et d'un geste ennuyé j'invitais Dargal à me rejoindre. Pirates face aux Marins. Nous étions bien plus nombreux et, rien que par la présence de mon Second, nous étions bien plus impressionnant. Je ne doutais pas un instant que les armes des marins allaient tomber et en effet ils ne se firent pas prier plus de quelques instants. Était-ce pour cette jeune femme ou pour leurs propres vies ? Je n'en savais rien, mais elle les avait clairement sauvé d'une tuerie. Il y avait déjà assez de morts après tout, il me fallait voir combien des miens étaient tombés et, au cas où, leur prendre remplaçant. Je doute que beaucoup soient partant pour rejoindre l'équipage de forbans qui a tué leurs alliés, mais qui sait ?

-Toi la rouquine, puisque t'as l'air la plus intelligente ici, c'est toi qui négociera pour ton équipage. J'espère que tu manies aussi bien ta langue que le sabre. Dargal, tu me surveilles ces pleutres et dis à Silvin de compter nos pertes et de s'occuper nos blessés. J'emmène cette effronté sur Condamné, on y sera mieux pour discuter. Suis-moi rouquine.

Je jette un regard appuyé à la jeune femme et lui présente le navire qu'elle va devoir rejoindre. Dargal avait mené les bateau au coque à coque, tant et si bien que nous n'aurions qu'à sauter par dessus le bord pour arriver sur l'autre. Elle ne risquait pas de finir à l'eau, des fois qu'elle eut envie de fuir.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Lun 7 Juil 2014 - 13:23


Un certain dégoût passa dans les yeux de la capitaine et alors elle baissa son bras armé. Quel divin homme avait inventé les pourparlers... j'allais lui vouer un culte jusqu'à la fin de mes jours, assurément. Les lèvres de la jeune femme se serrèrent et c'est d'une voix inflexiblement méprisante qu'elle répondit :

- T'as un sacré culot de me demander ça petite.

Je me retins de rétorquer qu'entre courage et folie il y avait moins d'un pas et qu'en l'occurrence, la situation ne me laissait pas réellement d'autres choix que d'essayer de négocier pour sauver ma peau. Et accessoirement celle des hommes dont je croisais les regards inquiets qui déposaient leurs armes à terre. Quelle était la chance que je parvienne à les sauver eux aussi ? Quel était le prix à payer ? Je serrai les dents quand ce qui semblait être son... animal de compagnie -possible que ça soit un orc ? vint se ranger aux côtés de la brune de peau.

- Toi la rouquine, me héla t-elle, puisque t'as l'air la plus intelligente ici, c'est toi qui négociera pour ton équipage.

Trop d'honneur...

- J'espère que tu manies aussi bien ta langue que le sabre.

Se moquait-elle de moi ? Je ne savais nullement manier le sabre et si notre combat avait duré 5 secondes de plus, je serais à l'heure actuelle entrain de joncher le bois brun du navire à me vider de mon sang. Assurément qu'elle se fichait de ma personne. Je continuais néanmoins de rester coite alors qu'elle se tournait maintenant vers l'orc, lui quémandant de surveiller le reste des hommes pendant qu'elle m'emmenait sur ce qu'elle avait appelé le Condamné. Sympa comme nom de navire pirate d'ailleurs... Refourguant finalement ses yeux sombres dans les miens, elle m’enjoignit sévèrement de la suivre.

Puis d'un coup de tête elle désigna ledit Condamné, bord à bord avec le Fond'Cale, tout de voiles noires et d'hommes menaçants. Il portait bien son nom. Était-ce les hommes qui y étaient condamnés qui avaient fait de ce navire ce qu'il était ou bien tout autre chose ? Et quels genres d'hommes étaient condamnés et comment l'étaient-ils ?
Je posai distraitement une main sur le bastingage et lançai la jambe opposée, pied chaussé d'une botte à la pointe usée et entrepris de me hisser dessus afin de sauter prudemment sur l'autre pont. Sous les sifflements incessants des hommes. Certains se rapprochèrent même et pas une fois je ne rétorquais sous leurs mains baladeuses. Pas peur... mais je ne l'avouerai jamais, j'étais trop occupée à me donner l'air décidé, sûr de moi, insensible à quoique ce soit pour me trahir en faisant un geste de trop.

Pas une fois non plus je ne jetai un regard à l'intention des marins de l'équipage. Pas une fois. Pas même quand je dus suivre la jeune femme dans le ventre du navire, quand je descendis les marches abruptes semblables à celles qui menaient à la cabine de Clegan Mohin Jefferson et que j'avais descendue quelques heures auparavant.

Ici tout était presque similaire, quoiqu'un peu plus désordonné. Il y avait des parchemins sur lesquels étaient dessinées manuellement bien des cartes ; vieux, abîmés, roulés sur eux-même pour certains et tenus par des liens de cuir ; cornés, déchirés, barbouillés d'encre noire pour les autres. Sur une table en bois mangé par l'humidité, on trouvait rien de plus normal pour une cabine... un compas, une plume, des cadavres de bouteilles, de la cire de bougie... Rien qui ne me soit pas familier en somme. Enfin il y a des étagères pleines de livres à la reliure de cuir. La vie de pirates était-elle aussi différente que le disaient les contes d'horreur pour enfants ? Peut-être pas au final...

La porte fut fermée et nous nous retrouvâmes toutes deux là. Moi à détailler avec attention le contenu de la cabine, et elle... à m'analyser d'un œil étrange.

- Puis-je ? demandai-je en désignant du menton une chaise en bois. Sans attendre la réponse je m'y installais et la basculai sur deux pieds.
« Je propose mes membres d'équipage en remplacement de vos pertes de cette nuit, contre ma liberté et ma vie. Qu'en dites-vous ? »

Ben quoi ? Au moins ils étaient saufs et moi aussi... non ?

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Mar 8 Juil 2014 - 9:47

Une fois que nous nous étions installées dans cette cabine qui était autrefois la mienne, cabine bien plus sobre et pauvre que celle que du Dernier Baiser mais à l'époque je faisais avec ce que j'avais, ma prisonnière sembla perdre tout sens de crainte ou de respect. Elle s'installait avec désinvolture sur une chaise et entamait les négociations comme si elle pensait mener la danser.
Comme si j'allais lui laisser ce plaisir en plus de celui de m'avoir coupé dans mon combat!


-Et de quel droit disposes-tu pour me donner des membres d'équipages ? Je pourrais parier ma réserve de rhum que tu n'es pas capitaine et être sûre de m'enivrer ce soir ! Et ne t'en déplaise, j'ai pas l'habitude de demander la permission pour me servir. Si ce que tu veux c'est ta vie, va falloir négocier ta liberté. Si tu préfères la dernière, alors je peux te retirer l'autre tout de suite, y a pas plus libre qu'un cadavre dans l'océan.

J'étais de mauvaise humeurs, cela allait sans dire, aussi je n'avais qu'une envie c'était de lui rappeler qui commande ici et surtout la remettre à sa place. Elle n'a jamais fait jeu égal avec moi et elle n'était pas prête de le faire. Je n'étais peut-être pas encore la plus grande terreur des océans, mais j'avais déjà ma fierté et mon petit caractère.

-Tout ce que tu as gagné avec tes pourparlers, c'est un sursis. Tu n'es qu'une femme et pas moche avec ça. Je sais pas ce qui t'as amené sur ce bateau, mais sur le mien tu finiras juste par distraire mes gaillards, si tu restes sur l'autre je sais pas si t’arriveras à rejoindre la côte avec ce qu'il reste de votre équipage et sans capitaine pour les cadrer ces marins deviendront aussi bête et violent que mes pirates. En somme, t'es condamnée ma p'tite.

Un sourire d'Orc s'était emparé de mes lèvres à ce moment. C'est pas facile à faire ce genre de sourire, les Orc ont une mâchoire qui n'est absolument pas comparable à celle des hommes et en plus ils ne sourient pas vraiment. Mais sur une bouche d'homme, dévoiler autant de dents à un effet si effrayant que j'ai décide d'en faire l'une de mes expressions. Je crois que l'on peut aussi appeler cela un sourire de prédateur. J'étais juste amusée de voir tout les efforts de cette rouquine la mener à  un cul de sac.
Comme si une femme pouvait prendre la mer !
Hum.. enfin, une femme sans tout mon potentiel.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Mar 8 Juil 2014 - 13:41

C'était en effet une idée comme une autre. Je ne l'avais pas vraiment réfléchie, elle m'était venue comme ça. Je n'avais jamais aimé les hommes de l'équipage. Pas une fois ils ne m'avaient montrée une once de respect et leurs vies n'étaient rien à mes yeux. Ils n'étaient que des animaux en chien, la queue entre les jambes, à vous suivre de leurs yeux fiévreux. Non, ces hommes là, ces marins là, je n'en avais cure. Qu'ils vivent, qu'ils meurent, peu m'importait, ça ne changerait pas grand chose. Sauf qu'ici, en l’occurrence, ils pouvaient s'avérer utile comme monnaie d'échanger contre ma vie et ma liberté.
Enfin, pour cela fallait-il réussir à négocier avec la capitaine pirate et à sa mine renfrognée, je crains que mon attitude s'occupe déjà de me passer les fers aux poignets. Je n'avais pas grande panoplie de choix de comportements à adopter. Si je m'écrasais, elle en profiterait. Si j'osais trop, ça pourrait mal tourner. Néanmoins, je restais persuadée que ce n'était pas en manquant de confiance et d'audace qu'on menait des négociations, ainsi choisis-je d'oser la provocation. J'avais déjà tout perdu, ma vie ne tenait qu'à ce fil de discussion et m'est avis que la jeune femme savait à merveille retourner la situation à son avantage. Je n'avais donc plus rien à perdre.

Sourcils froncés, ladite capitaine lâcha entre ses dents :

- Et de quel droit disposes-tu pour me donner des membres d'équipages ? Je pourrais parier ma réserve de rhum que tu n'es pas capitaine et être sûre de m'enivrer ce soir ! Et ne t'en déplaise, j'ai pas l'habitude de demander la permission pour me servir. Si ce que tu veux c'est ta vie, va falloir négocier ta liberté. Si tu préfère la dernière, alors je peux te retirer l'autre tout de suite, y'a pas plus libre qu'un cadavre dans l'océan.

Je souris.

- Il s'avère que je fais partie de la commanderie et que compte tenu du fait que le capitaine a péri sous vos feux, je me retrouve son dernier membre. Vous ne serez donc pas saoule à cause de ça ce soir.

- Tout ce que tu as gagné avec tes pourparlers, c'est un sursis, enchaîna t-elle. Me rappelant bien que les pirates n'avaient pas coutume de laisser de vivants après leurs assauts et que je n'avais pas trop d'espoirs à me faire. Tu n'es qu'une femme et pas moche avec ça. Je sais pas ce qui t'as amené sur ce bateau, mais sur le mien tu finiras juste par distraire mes gaillards, si tu restes sur l'autre je sais pas si t'arriveras à rejoindre la côté avec ce qu'il reste de votre équipage et sans capitaine pour les cadrer ces marins deviendront aussi bêtes et violents que mes pirates.
En somme, t'es condamnée ma p'tite.


Elle esquissa le rictus d'un sourire. Du moins c'est que ce que m'en apprit l'étincelle sauvage allumée dans le fond de ses yeux de nuit. Je haussai un sourcil perplexe mais une pointe d'ironie perçait dans ma voix.

- Vous n'êtes également qu'une femme et loin d'être moche vous non plus. Je ne sais pas ce qui vous a amené sur ce bateau, mais vous distrayez vos hommes bien plus que moi. Cela ne vous empêche pas d'être celle que vous êtes. Je ne trouve donc pas votre argument recevable.

Je réfléchis une fraction de secondes.

- Vous êtes mieux placée que moi pour savoir que l'ambition n'est pas une question de sexe.
Un point commun de plus, dirait-on.

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Ven 8 Aoû 2014 - 19:32

Elle avait du répondant la petite, beaucoup trop pour son bien sans doute, mais c'est comme le rhum. Mieux vaut en avoir trop que pas assez. Si on le dilapide pas trop vite, ça peut devenir un outils de persuasion on ne peut plus utile. Je le savais, tout comme je savais qu'une femme pouvait parfaitement tenir tout son équipage en place. Cependant, elle devrait éviter de trop agiter cette langue devant moi, c'est moi qui décide ici et j'aime bien qu'on essaie pas de se montrer aussi malin que mÔi! Non mais c'est vrai quoi, elle se prenait pour qui cette gueule d'ange? Je venais quand même de décimer une bonne partie de son équipage et Dargal avait sûrement commencé à piller le navire. Alors bon, elle pourrait au moins avoir l'amabilité de se montrer un poil effrayée et réclamer ma pitié! Je n'ai jamais été contre la flatterie..

Bon, pour le coup je ne pouvais rien espérer de cela de sa part. Ce qui était sans doute mieux pour elle et pour moi au final. Si elle n'avait pas montrer qu'elle en avait autant qu'un homme, j'aurais jamais eu la folle idée de la prendre sur mon navire. Mais comment était-elle vraiment venu cette idée déjà?

-Haha! Tu penses pouvoir te comparer à moi? Je doute que nous ayons la moitié d'un bout d'histoire en commun! Et puis, nous n'avons surtout pas les mêmes moyens. Sais-tu seulement qui je suis et comment j'en suis arrivée là? Figure-toi que je ne me vanterais jamais d'y être parvenu avec mon unique grande gueule ma belle!

Je marquais une pause, pour voir si elle allait seulement essayer de me prouver le contraire, ou si elle a déjà eut vent de mon nom. C'est que s'en forger un sur les mers n'était pas tout a fait donné. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle connaisse mon parcours. J'espérais plutôt avoir une bonne raison de la mettre à l'épreuve. Je devais bien admettre que j'avais toujours eu envie de jouer avec elle.. Depuis l'instant où je l'ai vue mettre à terre tant de mes hommes.
Qui ne voudrait pas mettre en cage cette lionne?

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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête (PV Nuhada)   Sam 9 Aoû 2014 - 2:11

A y réfléchir un peu mieux, il y avait bien des histoires qui parlaient d'une certaine seigneur pirate, capitaine d'une flotte de navires au pavillon noir et aux canons endiablés. Nunada, Hudana, Nuhada ? Oui, un truc dans ce style, avec un nom qui sonnait comme les grands pirates de l'ancien monde, comme... John Long Silver ? Je crois que c'était ça mais rien n'était moins sûr.

Je passais rarement mon temps à discuter et écouter les membres de l'équipage. A vrai dire, je ne le faisais jamais. C'était surement une erreur que de ne pas se lier en étant membre de la commanderie mais ces hommes là, ils ne m'avaient jamais inspiré. C'était des marins, des marchands, des commerciaux. Tout ce que je détestais. Ils faisaient genre que leur travail était propre et officiel mais les magouilles avaient le vent en poupe dans le milieu des affaires et des échanges. On ne trouvait pas plus hypocrite et manipulateur qu'un marchand. Ce domaine n'était pas fait pour moi.

- Je n'ai pas la moindre idée de qui vous êtes. Et ça m'importe peu que vous soyez cette personne ou quelqu'un d'autre. Ça ne change rien à ma situation. Je suis prête à parier que vous savez déjà ce que vous allez faire de moi.
Sinon, avoir cette part de grande gueule comme vous dites m'a déjà fait gagné quelques minutes, comme quoi, ça n'est pas totalement inutile, quand le temps est compté.


Je m'étais refroidie, c'était indéniable, qui ne l'aurait pas fait ? Cette femme était trop assurée pour continuer à la provoquer ouvertement. J'optais donc pour une méthode un peu plus indirecte. Et puis, je jouais ma vie et la liberté, quand même, je devais garder ça en tête et surtout ne pas l'oublier.

- Vous avez l'air d'avoir une histoire fort intéressante pour vous attendre à ce que je la connaisse. Au risque de vous décevoir, je ne suis pas de ceux qui écoutent les rumeurs et les légendes, vous allez donc devoir me l'apprendre.

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Le calme avant la tempête (PV Nuhada)

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