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 Rien d'autre à faire

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 29 Sep 2013 - 20:22

L'orc m'emmena vers le mât, où il héla un matelot pour m'attacher.
Pendant la demi-seconde où je me trouvai libre, je me vis me baisser, feinter, détaler et plonger. Pauvre et pieu vœu. Ne tenant pas encore bien sur mes jambes, je n'avais presque aucunes chances d'échapper et à l'orc, et aux pirates éparpillés sur le pont.

Je me laissai entraver, dents serrées en une mâchoire de tueuse.
Qui plus est, on avait rabattu ma capuche en arrière, sans me demander mon avis.
Et ça, ça m'énervait. Que tout le monde puisse voir les sublimes couleurs de mes prunelles. Personne ne devait les voir. Jamais. À part ceux qui le méritaient.

Et ces ordures de pirate ne l'ont certainement pas mérité.
Ma chevelure de flamme danse au gré des embruns autour de ma tête.
Était-il nécessaire de leur dire que je ne me sens pas vraiment l'âme d'une figure de proue ? Surtout en étant dirigée vers la poupe... Je grince des dents en distinguant les regards torves posés sur moi. Que l'un d'entre eux m'approche, que l'un d'entre eux pose ses pattes crasseuses sur moi et il meurt. Mes genoux, mes jambes sont autant d'armes qu'il ne me déplaira pas d'utiliser en une telle occasion.

Mais les minutes, puis les heures passent.
Mes muscles s'engourdissent et ma conscience travaille à retrouver cet état de léthargie si doux dans lequel j'étais plongée alors que j'étais assommée, un peu plus tôt...

C'est alors que je la vis.
La capitaine. Je grince des dents en voyant qu'elle me regarde aussi, mais ne baisserais les yeux pour rien au monde. Quelques mots murmurés filtrent de ses lèvres. si je suis trop loin pour en capter le sens, j'imagine très bien ce qu'elle doit ressentir : tout ça à cause d'une idiote d'assassin qui lui a damné le pion. Elle doit m'en vouloir. Je laisse un sourire cynique flotter sur mes lèvres alors que je continue de la fixer dans les yeux.

Un regard de rubis et d'opale contre un regard parfaitement noir.
Jamais la fureur de l'Océan ne fut mieux personnifiée...
Je commençai à concevoir de l'admiration pour elle.
Un peu.

Sans pour autant baisser les yeux.
Il n'est pas né l'homme ou la femme qui me fera baisser les yeux.
Elle se décide à bouger –je l'aurais bien fait, cela dit, mais bon, il faut y réfléchir à deux fois avant de m'entraver–, enlève son manteau munie d'une grâce étrange, barbare, mais non dénuée de charme, et fait un pas, suivit de quelques autres. Sabre en avant. Je ne la quittai pas des yeux, de ce regard cynique et goguenard qui était mon apanage en de telles situations.

Elle hèle un matelot, retransmission des qu'avait fait l'orc.
Mais à l'inverse, et avec un peu plus de grâce. Et de charisme. Elle était un peu plus grande que moi, et je relevai le menton pour ne pas la quitter des yeux. Ils ne m'avaient pas défait de mes lames, les avaient-ils oubliées, ou ne s'en souciaient-ils pas outre mesure ? Mes deux poignards, bien visibles, ornent toujours mes flans. Ils ont dû oublier. On ne détache pas une assassin armée sans en payer les conséquences.

Je cligne des paupières. Je ne suis pas encore très bien réveillée.
Malgré cela, je me vois déjà me baisser, plus vive qu'un serpent, pour lui sauter au cou, et appliquer en un clin battement de cœur une lame délicate et froide sur son tendre cou couleur chocolat. Mais, toujours un mais, toujours... –Deryn, tu te fais vieille ou quoi ?– Mais, voilà : dans mon état, j'étais on ne peut plus certaine de mourir dans les dix minutes.

J'aimais bien provoquer, mais il y a des limites.
Et puis, que peuvent-ils me faire de si terrible, ces pirates ?
J'ai déjà torturé. J'ai déjà été torturée. Rien de ce qu'ils inventeront ne pourra m'atteindre quand je me serais mise en état de mi-léthargie. Et qu'ils essayent de me violer, je les attends de pied ferme. Ils ne savent pas à quelle succube ils s'attaquent... Sans rire, j'ai déjà tué mes contrats alors qu'ils étaient au-dessus de moi. Il suffit de poser ses talons sur chaque rein de la victime, de l'empêcher de bouger avec une ou deux clefs. De resserrer son étreinte... et d'attendre que les reins explosent et qu'il expire.

Rien qu'à ces souvenirs, un mélange de dégoût et de joie déferle en moi.
Joie de tuer, dégoût de les avoir sentit entrer en moi. Ils se croient puissants, à ce moment-là. C'est le moment où ils sont le plus vulnérables. Je serrai les mâchoires. Je me répète peut être, mais qu'un des pirates tente la même chose, et je le tuerai. De cette façon ou d'une autre –celle-ci me dégoûte un peu, mais je ne l'utiliserai qu'en dernier recourt.

Je plisse les yeux.
Le gabier, comme elle l'appelle –je me demande bien ce que c'est– reçoit l'ordre de m'envoyer dans la cabine du capitaine. Pas dans un cachot, pas à fond de cale, pas attachée en haut du mât ? Bizarre. Me serais-je trompée, finalement, aurais-je affaire à autre chose qu'à des pirates ? Non, impossible, tous les signes sont là, même le drapeau en tête de mort hissé en haut du mât.

Sa cabine... et seule, en compagnie de ce pauvre homme !
Mais... elle veut sa mort ou quoi ? Il refait certes mes liens, mais ce ne sont que de simples cordes, et qui plus est abimées par les embruns, glissantes et pleines de sel et d'iode... Et je suis toujours armée ! Je réitère ma question... veut-elle la mort du matelot ? Je hausse des épaules imaginaires. Cela dit, mieux vaut leur faire croire que je ne peux pas me débarrasser de ces liens pour le moment.

Si je joue assez bien, ils me laisseront peut être mes lames...
Je baisse légèrement la tête pour entrer dans le bateau –c'est exigu, un bateau, je me demande comment l'orc arrive à passer par ici. J'eus un sourire amusé en me disant qu'en tous les cas, ils ne les découvriront jamais toutes. Je me dirige docilement vers la cabine. Pour l'instant, nul signe de danger. Le matelot n'a même pas l'air de tenir à poser ses mains sur moi. Il a peut être comprit qu'il fallait être suicidaire pour porter la main sur un assassin ?... Pas si bêtes, ces pirates –enfin certains.

¤

Après avoir déambulé longuement dans le couloirs du bâtiment –je soupçonne le matelot d'avoir voulu me perdre... et c'est réussit–, il m'ordonne de pousser la porte qui se trouve devant moi, ce que je fais en haussant les épaules. Il fait ce qu'il veut après tout, s'il veut jouer avec sa vie...

Le battant se pousse, révélant une superbe cabine.
Telles que je n'en avais encore jamais vues. Puis mon cerveau occulte tout le reste, l'or, les joyaux, même
mon arbalète posée sur la grande table, quand il aperçoit, entre deux monceaux de pièces, la pirate, affalée sur plusieurs riches fourrures de félins nord-orientaux. Elle semble endormie, et une personne, sans doutes le médecin de bord, est penché sur elle, lui faisant un bandage. Elle semble si douce, si paisible, une fois endormie. Si belle...

Je cligne des yeux en entendant enfin les paroles du gabier.
Oh, il a dû s'énerver en croyant que je ne l'écoutais pas... M'asseoir ? Ah, d'accord ! Je prend une chaise comme il me l'ordonne, toujours docile, à ceci près que je choisis aussi son orientation. Pile de manière à pouvoir voir et la porte, et là où est alitée celle qui m'a à la fois et capturée et peut être sauvée de ces badauds...

Je le laisse refaire mes liens, puis se poster dans un coin de la pièce, notant avec satisfaction que, malgré sa science des nœuds, il n'a pas comprit que j'étais contorsionniste et que pour m'échapper de ce genre d'attaches, il ne me faudrait qu'une poignée de minutes. Le médecin de bord finit par repartir, et l'attente de la capitaine commence... Je jette un énième regard au corps allongé sur le lit. Si désirable...

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Lun 30 Sep 2013 - 19:32


    Je grimaçai. Ca faisait fichtrement mal ce truc tout fin quand c’était planté dans votre mollet, quand ça vous avez écorché la joue, quand ça vous piquait, brulait, quand le sang pulsait à travers la blessure comme une onde ardente insoutenable. Je m’étais redressée mais ne pus suivre le matelot que sur quelques mètres tant la géhenne irradiant de ma chair obscurcissait toute trace de volonté en mon âme. Je ne pu avoir le temps que de prendre appui sur la vulnérable rambarde en bois devant moi, cligner des yeux une dernière fois, voir papillonner le monde, le navire se couvrir d’étoiles noires puis mon corps devançant mon esprit, je perdis conscience.

    J’émergeai doucement de ma léthargie cotonneuse, sentant peu à peu que mon esprit reprenait connaissance du monde de cellules, d’eau, de sang et de nerfs dont il avait l’entière charge. Un poids lourd avait élu domicile sur mes paupières, pourtant, à l’instar de tous, la première chose que je désirais faire en reprenant connaissance, était d’ouvrir les yeux. Parce qu’à la vue de quelque chose de connue et reconnue, la mort s’éloignait alors, ne devenant plus qu’une vieille bataille.

    Mon corps me répondait. Je ne l’avais certes pas encore sollicité mais je sentais qu’il pouvait désormais me répondre. Je sentais mes cheveux sur ma nuque, le contact d’une peau douce, d’un poil duveteux et moelleux sur ma paume et mes bras nus, allongés le long de mon corps, la raideur et la chaleur de la couchette qui elles, me révélaient l’existence de chacune des cinq lombaires, douze dorsales et sept cervicales composant ma colonne vertébrale.

    Mes yeux, scellés par l’enclume d’un marasme qui jusqu’alors m’avait épargnée, s’ouvrirent avec difficulté.

    Le plafond était de bois. Jusque-là… tout allait bien.

    La sensation de mon corps allongé était désagréable –je me sentais terriblement raide ; alors doucement, clignant encore des yeux à cause de la lumière, je me redressai. Ma vue me révéla qu’un bandage blanc tacheté de sang ceignait mon mollet droit. Je portai une main à mon visage, sentant au contact de mes doigts la plaie me piquer de l’intérieur.

    C’était fou comme en moins d’un dixième de seconde vous pouviez passer d’un état tranquille à celui une angoisse sourde. Quelque chose avait bougé sur ma droite. Mon sang avait déserté le moindre recoin de son circuit habituel me laissant en proie à une froideur mortelle. Quelque chose, non. C’était quelqu’un. Enfin c’était quelque chose appartenant à quelqu’un.

    Mes yeux avaient quitté l’angle du genou pour remonter sur son propriétaire. Ou du moins, sa propriétaire.

    J’étais morte.
    Ce n’était pas possible.

    Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle venait me faire payer le prix d…

    Les souvenirs ré affluèrent à mon esprit. Je l’avais assommée –quand était-ce ? il y a une heure, il y a un jour ? et puis talonnées par les gardes, nous avions –la capitaine et moi, entrepris de la reporter au navire. Puis j’avais fait une diversion, avait pensé mourir plusieurs fois en la créant puis avait rejoint le port, son quai, et le bâtiment à la coque robuste qui était accosté là. J’étais montée à bord, avais hélé un homme puis…

    Mon regard venait de glisser sur ses lèvres.

    Noir. Plus rien. J’avais tout oublié.

    Puis nos yeux se croisèrent et j’eus confirmation que mon heure n’était pas arrivée -pas encore du moins. Ce qu’il y avait dans ces prunelles je ne l’avais jamais vu auparavant. Il ne pouvait donc guère s’agir d’une promesse de mort. Personne ne parlait jamais du pouvoir d’un regard. Et pourtant… L’étau de ce dernier vous clouait là, vous vissait au monde sans que vous n’ayez encore conscience d’y être, vous enfonçait en vous-même et vous suspendait aux reflets des torches qui dansaient dans l’iris couronnée de la personne qui vous faisait face.

    Est-ce que je rêvais ?

    Ou est-ce qu’on m’avait RÉELLEMENT mise avec cette assassin de…

    Elle avait les mains derrière le dos.

    Et elle se tenait d’une telle manière qu’elle ne pouvait être qu’attachées.

    Fichtre, j’étais entrain de devenir folle. Je me faisais des frayeurs des fois. C’était complètement stupide. Parce que quand bien même elle aurait été libre de tout mouvement, si je me trouvais là, blessure bandée, soignée, nettoyée, c’était que tout allait bien. Sinon elle aurait pu m’étrangler avec la bande dans mon sommeil. J’esquissai intérieurement un sourire. L’aurais-je fait moi, d’assassiner quelqu’un dans son sommeil ? Non. Bien évidemment que non, ça n’était pas assez drôle, pas assez dangereux. C’était mieux quand on prenait des risques.

    Je m’assis au bord du lit, la regardai.

    Je brûlais d’envie de lui lancer un « tiens, comme on se retrouve » narquois et provocateur ou encore d’oser lui demander en me moquant ouvertement si elle n’avait pas « trop » mal au crâne, mais les mots qui d’habitude sortaient sans problème restaient là au bord de mes lèvres. Suspendus, puis mourants, ils s’évanouirent sans que je ne cherche à les rattraper.

    Je m’infligeai une claque mentale. Il fallait que je me réveille !

    Je m’étirai, sentant ma colonne vertébrale s’étendre et se détendre doucement. Le mouvement de me lever s’était esquissé dans mon esprit mais je venais d’interrompre le message nerveux qui allait commander à mon corps d’exécuter les ordres de mon abruti de cerveau. Si je me levais, j’aurais mal, je grimacerais, je serais obligée de me rasseoir, et ce, sous les yeux de ma captive. Hors de question, bien entendu.

    Je me penchai pour dénouer le bandage autour de mon mollet. Que cet abruti de médecin me l’ait fait ne m’étonnerait pas. Il serrait toujours trop fort et j’étais entrain de perdre l’usage de mon pied !

    J’enlevai le tout, contemplai un instant la plaie puis haussai un sourcil.

    - Cet idiot m’a charcutée la jambe… et il n’a rien essayé de recoudre.

    L’exiguïté apparence de la pièce rendait difficilement supportable sa présence. Ou peut-être était-ce seulement une fabulation de mon esprit que la chaise et le lit paraissent proches, trop proches. Je me sentais confinée, à la merci du plafond qui ne manquerait pas de céder dans mes cauchemars. J’avais l’impression qu’il n’y avait que deux choses qui existaient. Ses yeux. Ses lèvres. Et que ce qu’il y avait autour n’était qu’un environnement inutile. A y réfléchir, c’était bien inutile en réalité. Mais passons...

    Je levai les yeux vers elle, percutant soudainement quelque chose.

    - Vous avez de quoi arranger ça sur vous, je suppose ?

    Hum... je réfléchissais...

    - Supposons que oui. Si je vous détache et vous promet que je me charge personnellement de ce gentil petit interrogatoire -sans dégâts physiques ni moraux et le patatras habituel, arrangeriez-vous moi ça ?

    Je lui offris un sourire.

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 1 Oct 2013 - 21:03

La jeune femme finit par se réveiller, petit à petit.
Elle sembla tout d'abord terrifiée (ce qui flatta un peu mon ego), puis réellement déroutée que je sois là, à son réveil, à la regarder. Un regard qui n'était même pas assassin, même pas haineux, juste calme, neutre, avec une ombre d'esquisse de sourire sur les lèvres.

En tous cas, la pirate semblait mal en point...
Je me demandai un instant comment elle avait fait pour finir comme ça..
Mal en point, hein, pas pirate. Puis elle s'assit et arracha son bandage ; après un temps (je n'avais pas envie d'entamer la discussion avec elle, j'attendais qu'elle ait reprit ses esprits pour cela), elle commença à parler. A me parler.

Quand elle eut finit, je clignai des yeux, interloquée.
Que me demandait-elle ? De la... recoudre ? Vraiment ?
Non, je ne rêvais pas, elle me demandait
réellement de la recoudre ?
Moi ? Elle ?

Je plissai légèrement les paupières.
Serait-ce une nouvelle espèce de piège, inconnu, inédit ?
Et plus dangereux encore de part ce fait ? Ou peut être était-ce... une façon excentrique de s'excuser de m'avoir assommé ? Je restai là, les mains accrochées dans le dos, on ne peut plus surprise de cette demande à laquelle je ne m'attendais pas. Avant que mon regard ne glisse sur elle, sur sa taille, sur sa jam... enfin, sur sa blessure. Et à mon tour d'esquisser un sourire.

– Désolée, mais ça risque d'être compromit, en ce moment, fis-je munie d'un sourire charmant. Votre capitaine n’apprécierait certainement que moyennement que vous me détachiez... Et malheureusement pour vous, mon savoir en médecine est dans mes mains, pas dans ma tête !

Je haussai les sourcils et secouai les doigts de mes mains entravées.
Ma mimique dût être parlante, ou du moins inhabituelle, puisque le matelot ne put retenir un éclat de rire qu'il tâcha de camoufler en toux. Je lui jetai rapidement un coup d’œil amusé, comme une comédienne qui savoure son effet, avant de tout de suite retourner mon regard dans celui de la pirate rousse.

– De ce que j'entends, votre marché ne vaut pour l'interrogatoire, si je ne m'abuse...
Je ne sais pas vous, mais pour ma part j'ai horreur d'être violée,
souris-je comme si je racontais une mondanité. Alors bon, un interrogatoire sans dégâts physiques ou moraux, c'est un peu gentil... et si je ne parle pas, qu'est-ce qu'il se passe, mmh ? (je hausse un sourcil, avant de hausser les épaules d'un air fataliste) Et puis bon, imaginons qu'il se déroule bien ainsi, sans aucun dégâts... d'accord, mais après ? Qui me dit que je débarquerai vivante ? Sans parler d'être vendue comme esclave ou volée, évidemment, mais pour ce dernier point c'est un peu tard...

Mon regard glissa presque malgré moi vers l'arbalète posée sur la table.
Ébène et acier. L'arbalète de Sen. Toute à son image : fine, élégante, discrète, efficace... mortelle. Mon cœur se serra en songeant qu'elle n'était plus à moi. Je me promis cependant que je ne sortirai pas de ce navire sans elle, sans la leur avoir reprise. Si j'en sortais vivante, bien entendu, ce qui n'allait déjà pas tout à fait de soi.

– Et puis... quelle assurance ai-je qu'une fois votre jambe guérie, vous n'allez pas vous retourner contre moi ? D'autant que... je vous ai déjà sauvé la vie, il me semble ? (je parcouru la cabine des yeux avant de revenir sur elle pour afficher un sourire cynique) Et regardez où cela m'a mené ! Vous croyez que j'ai envie de recommencer, pour ce que vaut votre parole ?

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Lun 7 Oct 2013 - 14:55


    Sourire à la fois charmant et charmeur peint sur les lèvres, elle me répondit d'une voix douce et posée. Réponse nullement étonnante, ce n'était effectivement pas le genre de femme à se laisser amadouer par un simple sourire. Elle venait seulement de me le rappeler. Me rappeler aussi que la très généreuse personne qui me servait de capitaine n'apprécierait surement pas que je détache SA prisonnière et me rappeler surtout que nous n'étions pas seules. Après que le matelot assit silencieusement ait pouffé à une de ses tirades, je pris alors conscience que nous étions trois dans la pièce. Nuhada n'était pas donc pas complètement folle...

    – De ce que j'entends, votre marché ne vaut pour l'interrogatoire, si je ne m'abuse...

    J'esquissai un sourire. Je n'aimais pas les longues tirades quand c'était à moi de les faire. J'avais opté pour un truc court. Peu détaillé certes. Mais court. Et ça suffisait. On se perdait toujours dans les longs discours.

    – Je ne sais pas vous, mais pour ma part j'ai horreur d'être violée. Alors bon, un interrogatoire sans dégâts physiques ou moraux, c'est un peu gentil... et si je ne parle pas, qu'est-ce qu'il se passe, mmh ? Et puis bon, imaginons qu'il se déroule bien ainsi, sans aucun dégâts... d'accord, mais après ? Qui me dit que je débarquerai vivante ? Sans parler d'être vendue comme esclave ou volée, évidemment, mais pour ce dernier point c'est un peu tard...

    Que de questions, que de questions... C'était fatiguant les questions... Bien qu'elles soient justifiées. En tout cas, elle était vive d'esprit la mignonne. Elle avait conscience qu'il ne fallait pas se fier aux pirates, c'était déjà un bon point pour elle. Cependant... j'avais engagé mon honneur. Et ne pourrais de toute manière pas sortir de cette pièce dans cet état.

    Je lui adressai un sourire narquois et déclarai d'une voix où perçait une certaine arrogance.

    – C'est moi qui pose les questions ici, ma belle. Mais vous aurez vos réponses bientôt, n'ayez crainte.

    Je me tournai vers l'homme assit non loin de nous. Inutile au possible, juste là à se rincer l’œil en triturant ses mains mutilées.

    – Toi. Sors.

    – Et pou'quoi don' j'devrais sortir ?

    Je lui lançai un regard noir. Glacial et meurtrier. Tu contestes mon autorité ou tu contestes mon autorité, malheureux ? Très bien, je m'occuperai de toi juste après.

    – Parce que je te le demande, abruti. Et que si tu ne t’exécutes pas dans la prochaine seconde je te cloue les bijoux de famille au siège. Compris ?

    Il avait pâli d'une façon absolument exquise. Et encore j'étais restée polie et raisonnable. Il savait cependant que j'étais capable de mettre à exécution mes menaces et sage fut il de quitter la pièce, l'échine et la queue basses.
    Bien, ça c'était fait. Je reportai mon attention sur la jeune femme toujours assise, menottée devant moi. Qu'elle ait les mains derrière le dos offrait au monde la vue de ses formes. Je lui offris un nouveau sourire. Moins provocant que tout à l'heure, mais encore assez sardonique.

    – Nous pouvons commercer l'interrogatoire. En paix et seules. Vous voilà rassurée j'espère ?

    J'avais envie de tester quelque chose. De me lever, passer dans son dos, de me pencher à son oreille. Mais ce n'était qu'une vision. Il ne fallait pas que je me lève ou je perdrais toute crédibilité. Je rejetai une mèche qui me gâchait la vue d'un mouvement de tête.
    Très bien.

    – Répondez à mes questions et rien ne vous arrivera, il se pourrait même que j'arrive à négocier avec la capitaine pour qu'on vous laisse au prochain port. En revanche, si vous les esquivez je vous laisse à la merci des chiens qui rôdent juste au-dessus de nous -mes bons camarades de bord. Ça vous va ? C'est parfait !

    Je n'avais pas attendu qu'elle ouvre la bouche pour enchainer.
    Maintenant...
    Les choses sérieuses.
    Qu'est-ce que Nuhada voudrait savoir ?

    – Qui cherchiez-vous, précisément et pourquoi ? Quelle relation entretenez-vous avec l'elfe avec qui je vous ai aperçu dans la taverne. (je fis une courte pause) Si vos réponses me plaisent, on  passe à la suite.

    Je venais d'attraper une chaise et de la tirer à moi. Je l'enfourchai et croisai les bras sur son dossier. Sourire aux lèvres avec un "Je vous écoute".

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 8 Oct 2013 - 19:20

Je me mordis la langue.
J'avais faillit oublier un instant que je n'étais pas en mesure de négocier.
Ni en mesure d'exiger des réponses à mon avalanche de questions. Je haussai un sourcil, agréablement étonnée qu'elle me promette cependant d'y répondre –enfin, que j'aurais mes réponses– plus tard. Je me rembrunis : enfin, plus tard, cela pourrait vouloir dire dire sur l'instant, aussi...

Sur-ce, la pirate s'occupa du cas de son compagnon de bord.
Enfin, subordonné serait sans doutes le terme exact. Il rougit, pâlit, passant par plusieurs nuances de rouges, de verts... puis partit. Un sourire amusé flotta un instant sur mes lèvres. Mais il s'effaça lorsque le regard de la jeune femme reporta son sourire à moitié sardonique sur moi. Elle était belle, bien trop belle pour son bien –sans parler du mien.

Elle me lança le début de l'interrogatoire, chose que j'aurais voulu retarder entre toutes, à la figure. Raison principale de mon avalanche de mots d'il y a peu. Moi ? Rassurée ? Pas vraiment. Mais allais-je le lui avouer ? Certainement pas. Mmh? Il suffit que je réponde à ses questions et il ne m'arrivera rien ?... Négocier mon dépôt au prochain port ? Mais c'est génial ! Où est-ce qu'on signe ?...

La bonne blague.
Elle oublie un petit détail...
Que je lui ai dit la vérité dans cette ruelle près du port, alors que je venais de la sauver. Et qu'elle, elle ne m'a pas crut. Qu'est-ce que je pouvais bien lui dire d'autre ? Il allait me falloir esquiver, feinter. Mais il suffirait qu'elle s'en rende compte pour décider sur un coup de tête de me livrer à ses camarades. Et la voilà précisément qui me menace de me livrer à eux ! Ah ah.

Et les questions commencent.
Un peu trop nombreuses. Ça se voit qu'elle est novice dans ce domaine...
Dans un vrai interrogatoire, il y a une question à la fois. Mais je ne la juge pas, et tant mieux si ce n'est pas son métier, ça m'arrange : j'arriverai peut être à m'en tirer...

Je m'accorde un moment pour répéter ses questions dans ma tête, penchée sur le côté.
Les mémoriser. La personne que je cherche et pourquoi je la cherche. Ma relation avec l'elfe de la taverne. Je souffle ; il y avait beaucoup de mots mais finalement seulement trois questions. Bon, ça ira... Je me passe une langue sur la coupure de ma lèvre inférieure, peut être due à mon passage dans la fameuse ruelle.

Ce que j'ai à répondre à la première question est bien mince...
Quant à la deuxième... comment lui expliquer –et à condition en prime que ça n'ai aucune incidence sur l'avenir de la guilde– si encore j'avais à l'expliquer à un membre de la guilde, mieux, du conseil, ce serait facile... mais à une pirate ? Et puis, qui me dit qu'elle est digne de confiance ? Absolument personne. Comme dit plus tôt : « pour ce que vaut sa parole et sa "reconnaissance"... »

– Celui que je cherche... moi-même, je n'en connais pas le nom... Il utilise un pseudonyme, le Chasseur, on l'appelle aussi l'Égorgeur ou le Régicide, même si le Roi qu'il a tué ne gouvernait pas tout à fait l'un des cinq royaumes. Vous l'aurez comprit, il est comme moi, un Assassin de la Guilde ; et... je le cherche... Comment vous expliquer ? J'ai besoin de lui, pour... la Guilde... il l'a quittée il y a peu, pour... faire une pause ? J'ai cru comprendre... Mais à présent, j'ai de nouveau besoin de lui, terminai-je, avant de retenir un soupir en prévision de la dernière réponse ; je m'octroyai une petite pause avant de me lancer : Quant à votre troisième question, j'y ai déjà répondu ; il y a une ou deux heures. Mais comme vous m'avez assommée juste après, j'imagine que c'est parce que vous n'avez pas crut mes paroles... alors que rajouter d'autre ? Je ne le connais pas. Je l'ai simplement autorisé à prendre mon bras pour entrer dans la taverne, car il avait peur... pour ma sécurité, je crois.

Fin sourire amusé.
Il avait eut raison, en fin de compte...
Je terminai soigneusement de défaire le nœud sans en avoir l'air.
Je me sentais plus à l'aise quand je n'étais pas attachée. Au cas où. Je gardai le cordage sans mouvements brusques pour faire croire qu'il était toujours en place.


¤

L'Ombre s'aplatit derrière une caisse, au dernier moment.
Cela faisait trois fois qu'il était à deux doigts de se faire surprendre.
Certes, il n'aurait eut aucun mal à les tuer et à cacher leurs corps, mais s'ils criaient ? Si on se mettait à sa recherche ? Surtout que... certes, il n'y connaissait rien, mais sur un bateau, chacun devait avoir une place bien précise... et de ce fait, toute absence mènerait fatalement à des recherches, et au bout de quelques heures cela serait intenable, même pour lui.

L'Ombre regarda le matelot passer devant lui sans le remarquer.
Il se tordait les mains, des mains pleines de cicatrices. L'Ombre se demanda un instant comment il se les était faites, en combattant ou en manipulant des cordages ? Le pirate n'eut même pas le temps de disparaître au fond du couloir exigu que l'Ombre se jetait en avant, d'une formidable impulsion silencieuse, vers là d'où venait le marin.

Car il s'en souvenait parfaitement : c'était ce pirate qui avait emmené une Deryn encore à moitié assommée dans les entrailles du navire, sous la menace du sabre élancé du capitaine à la poitrine si arrogante. Une porte se dressa devant lui. Il allait l'ouvrir quand il se rappela qu'ils étaient en pleine mer et que s'il se faisait repérer, ça irait mal et pour Deryn et pour lui.

Il resta un instant debout, d'une immobilité et d'un silence parfaits.
Puis il avisa une porte sur le côté, minuscule, sans doute un placard ou une cabine de maigre importance. La porte s'ouvrit sur un noir d'encre que le faible halo du couloir ne parvint pas à trancher. Il s'y engouffra sans plus hésiter, non sans laisser un maigre jour qui lui permettrait de voir si quelqu'un entrait dans la pièce d'à côté.

Puis l'Ombre colla son oreille au mur pour avoir une chance de percevoir ce qu'il se passait derrière. Ce n'était qu'une mince cloison de bois, mais il n'entendait que des mots isolés à cause des grincement et du roulis de la coque. Il serra les poings, prêt à tuer, puis se calma aussitôt. Ce n'était pas l'heure. Ni le lieu.

Il se dit que de toutes façons, si Deryn criait, il l'entendrait.
Il sourit, amusé, sachant pertinemment que Deryn ne criait pas, même sous la torture. Pas plus qu'elle ne donnait d'informations utiles à l'ennemi.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Jeu 31 Oct 2013 - 12:33

Le temps a filé bien vite et le navire d'autant plus vivement qu'un elfe nous accordait la faveur des courants. Je savais bien qu'aucun navire ne pourra nous rattraper, mais ce n'était certes pas le seul port de l'ouest et ça ne m'étonnerait pas que Quetaïn s'apprète à quelques représailles. Fuir les flottes punitives des états est un quotidien de tout pirate, mais il est rare que ces flottes aient une idées de la position des dit-pirates.
En somme, plus vite nous quitterions la zone d'influence de Quetaïn, plus vite nous serions en sécurité. Mais je ne pouvais me faire de fausses idées pour autant. Mes hommes étaient fatigués, pire ils étaient crevés. Qu'une vaguelette les frôles et ils seraient bêtement balayés. Alors affronter d'autre navires, c'était de l'ordre du fantasme. Nous avions de l'avance, si attaque il devait y avoir, il ne fallait pas y compter le jour même, ou alors par un véritable coup de malchance. Et la chance m'a toujours favorisée.


-Dargal, envoie les hommes se reposer, gardes-en juste un pour la vigie et fait le relayer. Je vais me reposer un peu et je te remplace par la suite. Ah, et dit à Wil de se reposer aussi. Qu'importe qu'il soit en pleine forme ou aussi exaspérant, assomme le s'il le faut, je ne veux pas qu'il se fatigue pour rien. Il vaut mieux l'utiliser pour la fuite que pour se jeter dans la gueule du loup.

Je parlais beaucoup, sans parce que j'étais fatiguée.  J'avais l'esprit embrouillé et il devenait difficile de donner des ordres précis et concis, d'autant que Dargal pouvait souvent interpréter un simple grognement pour l'ordre qu'il était. Dire que j'aurais pu passer la nuit à lâcher des soupirs dans les bras d'un bel étalon.. Cette assassin va payer la soirée qu'elle m'a fait manquer. C'est pas tout les soirs qu'on peut profiter des plaisirs de la terre.
Alors que la grosse voix de Dargal s'élevait dans les airs, je passe la porte qui me mène à l'intérieur du navire. Quelques couloirs défilent, des portes, un escaliers. Je n'y prête pas vraiment attention. C'est machinalement que je retrouve le chemin de ma cabine et m'arrête devant sa porte.

Il ne faudrait pas que la grande capitaine Corsaire arriva épuisée devant une petite assassin. Un peu de tenu et de savoir paraître ne faisait jamais de mal. Je me frottais le visage pour chasser la fatigue, ramenait mes cheveux en arrière et ajustait mes pistolets. Il faudrait bien que je songe à recharger le deuxième.. Mais cela attendra.
Je poussais finalement la porte, sans me douter un instant qu'il y avait dans l'ombre un regard qui me détaillait.

En entrant, je ne m'attendais pas à trouver une Enseigne éveillée et même assise sur une chaise à écouter passionnément notre prisonnière. Mince, aurais-je mal joué mes cartes en voulant mettre les filles en sécurité loin des hommes ?
Au moins ont-elles eu la bonne idée de tourner leur regard vers moi, m'auraient-elles ignorées que j'en aurais tué une ou deux.


-N'y a-t-il rien qui puisse t'achever ma belle Lyra ? Toute la garde d'une ville et une flèche n'auront pas fini de t'épuiser à ce que je vois. Mais ménage donc ta blessure, je ne voudrais pas que le Doc se retrouve forcé d'amputer ta jambe.

Loin de moi l'envie d'interrompre leur conversation, mais la fatigue pèse sur mes épaules, il faut donc que j'en finisse vite avec cette trop longue histoire.

-Voilà comment ça va se passer l'assassin.

Je m'installais sur le lit et déposait mon attirail au sol, sauf mon pistolet chargé que je gardais près de moi au cas ou..

-Je n'ai pas les moyens de savoir si tu mens et je sais que ceux de ta profession n'ont pas toujours les moyens de dire la vérité. Toutefois, dans ta situation, tu ferais mieux de chercher à me contenter si tu ne vas pas que je jette ta dépouille à la mer.

Ce disant, je faisais sauter mes bottes sur le plancher et retirait mes gants. Je ne le cacherais à personne, je menais mon interrogatoire en me préparant à me coucher.

-Si tes réponses parviennent à me satisfaire je pourrais envisager de te déposer lors de notre escale à Akeraï. Je n'ai pas envie de m'attirer la colère de ta Guilde mais je dois aussi savoir si je ne l'ai pas déjà.

J'hésitais à me défaire de ma chemise tout de suite. Bien que pratique pour l'escrime, elle était trop ample pour être confortable sous une couverture. Pourtant, je serais sans doute moins impressionnante dans mon simple appareil.. donc intimider un assassin.. Tant, pis, ça attendra.

-Je n'ai donc qu'une question, mais tu y répondras avec tout ton sens du détail et, je l'espère, la sincérité donc sont capables les assassins.

Je pris le temps de déposer mon tricorne sur le lit avant de relever les yeux sur elle.

-As-tu l'intention de tuer l'un ou plusieurs des membres de cet équipage?

Question puérile, assurément. Rien ne la forçait à la vérité, sinon mes promesses, rien ne l'empêchait de manquer à sa parole sinon la malédiction de morts, et dans le doute il aurait été plus sûr  de la jeter à la mer. Mais la Guilde serait sûrement plus clémente à la sauvegarde d'un de leurs assassins qu'à sa mort. Et puis.. Le Roi d'Akeraï avait besoin de moi, roi qui était soit-disant dans les bonnes grâces des assassins. La Guilde prendrait-elle le risque de me tuer malgré l'atout militaire que représentaient mes navires ?
Je ne le pensais pas. Et j'avais envie de dormir.

Alors mes yeux se sont posés sur elle dans l'attente de la réponse. Et l'ont parcouru de la tête au pieds. Sacrément belle, elle aurait pu me disputer quelques amants. Humm, avec la petite Lyra, elle ferait une jolie pièce de plus sur ce navire. Et capable de se défendre seule avec ça.
Je croisais ensuite le regard de Lyra. Pourquoi diable avait-elle quitté le repos d'un bon lit celle la ! Tout les hommes n'aspiraient plus qu'à ça et aucun n'avait eu la jambe en charpie comme elle.

Peut-être qu'elle déborde trop d'énergie au fond.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 2 Nov 2013 - 1:18

L'Ombre baille au milieu des ombres béantes.
Quel ennui... lui qui aurait aimé entendre des coups, des signes de lutte, de torture, sentir l'odeur de la chair brûlée ou des hurlements... Bon, pas ceux de Deryn, car c'est impossible, mais au moins ceux de l'autre ! Aller, ma vieille, un petit effort, fais-la crier, que diable, ce n'est qu'une pirate !

L'Ombre hausse les épaules, fataliste...
...avant d'entendre un bruit dans le couloir. Il se coule devant la porte légèrement entrebâillée, avant de se figer pour ne pas risquer d'être aperçu. Voir sans être vu, c'était là l'une de ses spécialités. Ainsi, il put tout à loisir admirer la capitaine à la poitrine arrogante dans un léger moment de faiblesse qui ne faisait que rehausser son éclat quand elle se décida à pousser la porte. Si fragile et si forte à la fois...

Un léger sourire étira furtivement ses lèvres.
Il se demanda ce que son assassin préférée allait faire contre une telle adversaire...

¤

La porte s'ouvrit à la volée.
Mon regard était venu se poser sur le panneau de bois deux ou trois secondes avant que la capitaine ne l'ouvre. Cette dernière parla presque immédiatement, mais bien sûr elle s'adressait à sa subordonnée, et non à moi ; ce qui m'arrangeait... mais le répit fut de courte durée.

– Voilà comment ça va se passer, l'assassin.

Moi aussi je suis très heureuse que vous m'ayez conviée sur votre charmant navire.
Elle s'installa tranquillement sur son lit. Elle m'avait tourné le dos plus d'une seconde et demi. J'aurais pu la tuer sans difficulté. Me jeter hors de ma chaise vers son dos et briser sa nuque aussi facilement qu'une noisette. Et la jeune femme aurait été la prochaine sur ma liste. Mais. Car oui, il y avait un mais, sinon, vous vous doutez que cela se serait passé ainsi.

Mais. Premièrement, j'étais seule.
Et les pirates de ce navire étaient une bonne cinquantaine.
Deuxièmement, la cote n'était plus en vue, impossible de rentrer à la nage.
Et troisièmement, même dans l'hypothèse où j'arrivais à tous les tuer, et sans me condamner au passage, je ne savais absolument pas comment fonctionnait ce rafiot. Et puis, tout seul, ça devait être proprement infaisable de le faire avancer. Dans tous ces cas de figure, moi ou mon cadavre finirions au fond de l'océan, à nourrir les poissons.

Ce n'était pas tout à fait envisageable.
Et assez peu attrayant comme perspective de carrière.
Je laissai donc la pirate continuer son monologue après l'avoir laissé me tourner le dos et s'asseoir sur son lit. Quand elle l'eut terminé, pas une seule fois mon regard l'avait lâché, pas une seule fois il n'avait cillé ou flanché, pas plus que mes paupières n'avaient cligné. Un regard fixe, absolument neutre. Comme lisant dans les tréfonds d'une âme.

Mais un coté de mon esprit notait quand même que...
...que la capitaine pirate, ou corsaire, était en train de se déshabiller devant moi.
Le rêve de tout homme, non ? Voir une sublime créature se dévêtir devant soi. J'eus énormément de mal à empêcher la corde de tomber de mes mains, libres, qui ne souhaitaient qu'une chose, agripper cette peau couleur chocolat, plonger dans les cheveux en copeaux de cacao, se...

Une gifle mentale cueillit mes pensées.
Pensées ô combien doucereuses... dangereuses.
Désirer sa geôlière... jusqu'où étais-je donc descendue ?
Non mais quelle pitié, Deryn ! Déjà qu'avec la jeune femme, c'était difficile, si la capitaine en rajoute une couche... Non, avec la pirate rousse, c'était différent. Il n'y avait pas qu'un désir physique, il y avait... non, ce n'était certainement pas comparable. Deuxième gifle mentale. Je rêve ou bien je croyais que je ne voulais rien avouer à propos de ce que je ressentais pour elle ? Je suis peut être plus fatiguée que je ne le pensais...

Elle continuait de parler, et je continuais de la fixer de mon regard dérangeant.
J'eus même un petit sourire en coin en voyant que la capitaine s'apprêtait... à se coucher.
Je me demandai un instant, dans l'hypothèse où elle comptait vraiment me laisser en vie après cet interrogatoire, si elle comptait me faire également passer la nuit ici. Parce que, si elle se couchait maintenant, qui m'emmènerait passer la nuit dans les geôles du navire ?

Elle n'était plus vêtue que d'une chemise de lin lorsqu'elle s'arrêta.
Je poussai un long soupir mental. C'était une bonne chose... un peu plus et mon cerveau n'était plus bon à rien pendant plusieurs minutes. Déjà que je me sentais commencer à rougir... Je m'agrippai d'autant plus du regard au sien pour ne pas le laisser dériver. Elle termina en faisant appel à mon sens du détail et à la sincérité... dont sont capables les assassins ?

Je retins difficilement un éclat de rire. Notre sens du détail ?
Nous qui étions, sommes et serons toujours des plus laconiques et concis ?
Et notre sincérité, en prime ? …c'était forcément une blague. C'était forcément ironique. Nous mentions encore plus que les voleurs eux-mêmes ! Du moins la majorité d'entre nous. Il est vrai que pour ma part je mentais rarement, même si c'était toujours avec adresse. Mais ça, à la limite, elle n'était pas censé le savoir.

Je passe ma langue sur la coupure de ma lèvre.
Elle a encore le goût de mon sang. Cuivre et fer, métallique. Ultime saveur entre toutes...
J'aime beaucoup mon sang ; je me demande quelles nuances de saveurs peuvent avoir le sang de la capitaine et de la jeune femme rousse. J'aimerais bien goûter le sang de pirate. Ma langue s'attarde un peu plus longtemps que nécessaire. Elle ne manqueront pas de le remarquer.

– As-tu l'intention de tuer l'un ou plusieurs des membres de cet équipage ?

J'ouvris des yeux ronds.
Pour la première fois de l'interrogatoire, je n'avais pu dissimuler ma surprise.
Pourtant, j'aurais dû m'y attendre. Pourtant, c'était une question parfaitement légitime, sinon logique. Mais je n'y avais pas réfléchis. Pour moi, elle m'avait arrêté parce qu'elle pensait que je complotais contre elle, ou que j'étais là en espionne ou en éclaireuse. Je n'avais pas pensé qu'elle me suspecterait de vouloir l'assassiner elle ou son équipage.

Parce que, voyez-vous, on ne me suspecte jamais d'être là pour assassiner quelqu'un quand c'est effectivement le cas ! Alors, l'inverse, vous pensez... Non, je n'y avais pas songé.

C'est pourquoi ma réponse mit tout de même une poignée de secondes à arriver :
– Non, lâchai-je finalement. Non, je ne suis pas là pour vous éliminer, vous ou votre équipage. Mais puisque le crime semble inscrit sur mon front-même, votre subalterne, comme vous-même, n'arrivez pas à croire que pour une fois je n'ai rien fait qu'être là au mauvais endroit au mauvais moment. (long soupir) Comme je l'ai dit, je cherchais quelqu'un. Sachant qu'il aime Quetaïn et aussi la compagnie des pirates, je suis passée dans votre auberge –au passage, navrée pour votre fête– ; ne l'ayant pas trouvé, je suis partie.

Pour la première fois depuis son entrée ici, je détournai un instant les yeux.
Et j'eus un sourire en coin, mais un sourire plein de lassitude et de désillusion.
– Quelle ironie que vous m'ayez poursuivie malgré tout, comme si votre vie en dépendait... je ne retrouverai pas celui que je cherche avant des lustres maintenant... Mes excuses, je m'égare, fis-je accompagné d'un petit sourire presque timide –mais qu'avais-je donc ? J'ai répondu à votre question, sincèrement et en détail. Dire que je suis si laconique d'habitude, ne fais-je pas preuve de bonne volonté ?

Cynisme.
Je haussai les épaules en guise de ponctuation.
Et c'est là que les cordages tombèrent aux pieds de la chaise.
Gasp... Comment ai-je pu commettre une telle erreur de débutante ?
Est-ce le fait d'avoir deux créatures de rêve juste en face de moi ? Est-ce le fait que je sois immensément attirée par l'une d'entre elle sur un plan qui dépassait à la fois le plan physique et mon propre entendement ? Peut être tout cela à la fois...

Je n'ai pas bougé d'un pouce, mais je dois être devenue aussi rouge que les dragons de Rarhanria.
– Ce... n'est pas ce que vous croyez... je n'aime pas les cordes, c'est tout... je les ai juste... légèrement desserrées..

Pieu mensonge.
Comme si j'essayais de m'en persuader du même coup.
Je grimaçai. Et attendait le coup de pistolet dans un bras, un genou ou une épaule, qui viendrait peut être. Il faudrait que je sois prête à me jeter sur le coté si jamais elle faisait mine de se saisir de son arme... Mais qu'est-ce que j'avais, aujourd'hui, à être si maladroite ?

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 3 Nov 2013 - 18:02

Elle sembla surprise de la question. Manquait plus que ça tient, les assassins vont s'offusquer qu'on les traite de meurtriers maintenant ? Heureusement, elle n'en arrive pas jusqu'à une telle absurdité et fini par me raconter une jolie histoire qui, si elle semble un peu trop bien faite, me convient parfaitement. Elle a conscience qu'ici elle ne peut pas jouer n'importe comment et c'est tant mieux. Un navire dont l'équipage s'entre-tue ne revoit jamais un port. C'est pour ça qu'on s'embête tant avec des hiérarchies ! Faut savoir qui a raison sans en arriver aux poings,  c'est pas forcément plus judicieux mais ça a le mérite de mieux marcher.

Alors bien sûr, elle n'en perd pas ses grands airs, haha comme si elle en avait plus que nous la petiote.. Bon elle est plus vieille que moi, ça se voit, mais je doute qu'elle ait été élevée par un orc tient ! Et puis, je suis trop fatigué pour m'offusquer d'un ton un peu trop haut à mon goût. Après une bonne nuitée, on verra bien si j'arrive à lui apprendre le respect.
Par contre, toute la fatigue du monde ne pourra pas me cacher les cordes qui tombes mollement sur le sol et le visage de l'assassin qui vire au rouge. Comme si elle n'était pas assez enflammée celle la ! Je dois dire que la seule réaction de surprise qui me soit venu fut de lever un sourcils. J'aurais sans doute du tirer sans y penser, mais je venais de me mettre d'accord pour la laisser en vie.. ça aurait fait mauvais genre. Néanmoins, ça aurait pu mal finir tout ça, il faudrait peut-être la punir..
Mais la voir baragouiner un semblant d'excuses était la goûte de trop. Je ne pu retenir un large sourire, ni même me mordre suffisamment la lèvre pour empêcher les éclats de rire de s'échapper. Par précaution je lâchais le pistolet pour me tordre de rire sans risquer de planter une balle dans quelqu'un ou même dans mon navire. Celle la me plaît !


-Hahaha ! Tu n'aimes pas les cordes hein ? Haha, j'aurais du m'en douter ! C'est pas un bout de ficelle qui va retenir une telle femme! C'est dommage néanmoins, on peut faire de bonnes choses avec des cordes.

Les larmes aux yeux, je reprenais difficilement mon souffle, consciente que je devais offrir un bien drôle de spectacle moi même. Diable, ce que rire fait détend ! Et épuise en même temps. Je me sens plus vidée encore qu'à mon entrée dans la chambre, mais je me rappelais aussi que je n'aimais pas me coucher le ventre vide.

-Ma ptite Lyra, va donc m'chercher une bouteille de Rhum puisque tu es remise. Voir deux en fait. Pour trois ça fera l'affaire.

Je m'étonnais seulement maintenant de ne pas l'avoir entendu participer à la conversation, ni même avoir glissé un petit commentaire. Une Lyra docile c'était rare, elle devait sûrement être plus fatiguée qu'elle ne l'avouait. En fait, je ne compris que lorsqu'elle poussa un juron en se levant. A la voir, marcher sur sa jambe relevait d'une stupide détermination qui pourrait se révéler mauvaise pour sa santé. Non mais je vous jure ! Ou pouvait-elle avoir attrapé ce fichu orgueil d'homme celle la ? Néanmoins, ce qui suit son juron est-il révélateur.

-Pourriture de Doc. Ça ne sait même pas recoudre et ça se prétend médecin!

-Attend un instant. C'est le Doc qui t'a laissée comme ça ? Tss ! Oublie le Rhum et allonge toi, y a visiblement plus urgent à penser. Hep l'assassin, vient donc t'occuper de sa jambe, j'ai trouvé comment tu allais payer ton droit de passage. Enfin, je suppose que vous savez faire ça, manier des aiguilles.

Tant pis pour le Rhum, je me lève et fait les gros yeux à Lyra pour qu'elle ne proteste pas et s'allonge gentiment sur le lit. Il est bien assez grand pour plusieurs personnes. Néanmoins, il semblerait que les blessures l'assagisse, elle ne se fait absolument pas prier. Pour ma part, je finis de me déshabiller. Fini l'intimidation, j'ai sommeil et ce pantalon et cette chemise sont de trop pour mon confort.

-Me semble pas qu'on ai prit la peine de te dépouiller pour le moment, si toutefois tu as besoin de quelque chose tu peux fouiller dans cette étagère là, je fais pas confiance aux hommes pour maintenir les stocks en état. Et vu le doc qu'on a repêché cette fois, j'en viens un regretter le vieux Berny.

Je lui jette un regard pour m'assurer qu'elle a compris et je la surprend à me regarder un peu trop intensément. Loin de m'en vexer, je pose les mains sur mes fines hanches et lui adresse un sourire carnassier.

-Il y a quelque chose que j'ai oublié de te dire?

Haha, est-elle choquée de mon manque de pudeur ? Allons bon ! Entre femme on peut tout de même se permettre quelques libertés, et là encore je garde un bas et un simple corset, ce n'est pas si indécent ! Certes, je ne me promènerais pas devant mon équipage dans cette tenue, mais il en faut bien peu pour allumer les bas instincts de ces braillards.
Une fois qu'elle se mit en tâche de soigner ma brave Enseigne, je pris le luxe de glisser sous la belle fourrure de je ne sais quoi qui m'avait tapée à l'oeil dans je ne sais plus quel abordage. Démons des mers, que c'est chaud et confortable. Cela vaut presque l'étreinte sauvage que je n'ai pas eut.
Toute à mon petit confort, je m'étire dans mon immense lit, faisant comme s'il n'y avait personne, car dans mon état de fatigue, j'en étais à ne plus rien sentir d'autre que mon pauvre corps noué et tendu.
N'empêche, j'irais bien me blottir dans les bras d'un gros ours si je pouvais..

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Jeu 20 Fév 2014 - 20:48

Un éclat de rire.
Intense, chaud, sincère.
Je quittai en partie ma carapace de crabe bleu qui aurait cuit.
Et sourit, amusée par... ben, par son rire, je crois. Heureuse, car je n'avais pas fait rire quelqu'un de la sorte depuis bien longtemps. Peut être des années. En fait, depuis que le Chasseur n'était plus là, ce n'était plus que travail, travail et travail... Seul le fait d'exécuter mes contrats me soulageait. Et plus ils étaient ardus, dangereux, compliqués à réussir, plus ils me soulageaient, même si c'était pour un temps toujours limité. Comme une drogue...

Cependant...
Aujourd'hui, je n'avais plus le temps de prendre beaucoup de contrats.
Avant, il y a encore trois ou quatre ans, quand Sen était encore en vie, je prenais quasiment plusieurs contrats chaque semaine, si bien qu'un jour, l'assassin qui accordait les primes m'a même demandé, impressionné, comment je faisais pour exécuter autant de contrats aussi vite, mais toujours sans bavures. Je me souviens lui avoir répondu d'un clin d’œil en rétorquant "secret professionnel".

Cette époque, malgré sa proximité, me semblait bien lointaine, presque irréelle.
Mais je n'en étais pas encore à regretter de diriger cette guilde, tâche que Sen m'avait léguée. Une tâche ingrate, épuisante, dangereuse... mais qui me tenait et me tiens toujours à cœur depuis le premier jour jusqu'à aujourd'hui. Et que je ne lâcherai pas de si tôt.

Je souris à la tirade du capitaine.
Je l'aimais bien, cette femme, finalement.
Nos relations avaient eut un début tendu, certes, mais elles prenaient à présent un tour bien plus intéressant. J'aimais bien son état d'esprit, et sa peau couleur d'argile ou de dattes luisantes me fascinait, car le fait est que je n'avais pas souvent eut l'occasion de rencontrer beaucoup de gens de cette couleur. Sans parler du reste du physique.

– Je le sais... je pourrais vous en faire la démonstration, un jour. Et à cette occasion, vous m'apprendrez peut être quelques nœuds à votre tour.

Peut être que c'en avait l'air, mais cela n'avait rien de tordu ou de sexuel.
C'était juste une proposition. Je connaissais nombre de nœuds, mais ceux des marins m'étaient en grande partie inconnus. La capitaine envoya la jeune femme rousse lui chercher quelques bouteilles, mais alors que celle-ci se levait, mon oreille exercée capta faiblement le bruit qui précède la déchirure d'un tissu.

En l’occurrence d'un fil.
Et... peut être bien le déchirement satiné de la chair, aussi.
Ce bruit, ce faible bruit, malgré la distance, malgré l'adrénaline retombée depuis longtemps, suffit à m'en réinjecter d'un coup. Mon souffle se fit plus court, mon corps entier tressaillit, et je dus cacher mes mains en deux poings serrés pour les empêcher de trembler. Par tous les dieux d'Aranor... j'avais envie de tuer...

Cela faisait... bien deux mois ?
Peut être plus ! Enfin, à part le chien, dans la ruelle, mais ça ne comptait pas.
J'avais fait ça de loin, et ce n'était qu'un clébard... Là... Là ! J'avais en face de moi deux beautés libres et indomptables. Le genre de victime dont les cris sont très longs à faire sortir, mais si jouissifs lorsqu'ils arrivent enfin ! Je parcourus du regard les jambes de la jeune pirate. Une peau si parfaite procurerait tellement de plaisir à celui qui la déchirerait... muscle après muscle !

Une scène s'imposa à mon esprit.
Bondir sur la capitaine, la maîtriser, peut être en l'assommant.
L'autre, qui est blessé, a réagit avec une seconde de retard, qui lui est fatale.
La maîtriser également, mais la laisser consciente. Pour la suite. Immobiliser et bâillonner les deux, confisquer le pistolet, reprendre l'arbalète, et chercher quelques objets tranchants, dont la cabine ne doit pas manquer. Puis, la fête commence...

Je secouai la tête.
Ces temps-ci, ce genre de vision s'imposait presque quotidiennement à mon esprit.
J'avais apprit il y a longtemps à gérer mes envies sanguinaires, mais ces derniers temps, elles étaient de plus en plus fortes et de plus en plus nombreuses. Au début, je m'étais dit que c'était à cause du nombre de mes contrats qui s'était réduit depuis que j'étais à la tête de la guilde, mais cela faisait déjà longtemps, alors ça ne pouvait être uniquement cela... Et pourquoi augmentaient-elles en fréquence alors ?

Il devait exister des réponses, mais je ne les possédais pas encore.
Pas encore. Et en attendant, j'en cherchais d'autres, des réponses –peut être étaient-elles liées après tout, qui sait ?–, en traquant un chasseur, mais... j'avais quelques contre-temps. D'où ma frustration. Pourquoi s'était-elle blessée, celle-là, aussi ? Pfff. Pas doués, ces pirates. Bon, d'accord, j'exagérais, et je faisais preuve de mauvaise foi. C'était pour faire diversion et distraire mes pulsions.

Cela marchait... pour l'instant.
Mais ce que demandait la capitaine...
Bon sang, je ne pouvais pas faire ma fine bouche et refuser, elles ne comprendraient pas.
Et j'aurais sans doutes droit au fond de la cale le reste du voyage. Si elles consentaient à me débarquer malgré tout. C'était des pirates, quand même. À part ça, manier une aiguille, voir du sang, il était évident que ce n'était rien pour moi, mais... le plus dur serait de résister à recoudre au lieu de déchirer.

Je hoche la tête quant à ses explications.
Et fouille rapidement dans l'étagère. Je n'ai pas beaucoup de fil, avec tout ce qui m'est arrivé dernièrement, alors si je pouvais ne pas user le peu qu'il me restait sur elle, cela m'arrangerait... oui ! Le fil et une de mes aiguilles en mains –je n'avais pas le temps de vérifier la qualité et la propreté des aiguilles des pirates, alors autant ne pas tuer la malheureuse, surtout d'une maladie : ce serait du gâchis–, je me dirigeais vers le lit couvert de peaux luxueuses.

Je rougis de plus belle quand elle me surprit en train de la regarder.
Ne sachant plus où me mettre, je préférais ne pas répondre –ce qui équivaudrait à perdre toute dignité–, et rejoignis la blessée à grandes enjambées. Pourtant, la capitaine, tout comme sa subordonnée, ne sont pas particulièrement déshabillées, mais peut être à cause de toutes les tentatives grossières et énervantes que j'avais eut à subir de la part d'hommes trop avinés ou simplement trop stupides, je commençais à me demander si autre chose n'était pas possible, voire envisageable...

Au moment où je terminais les points, mes pensées finirent également.
Et mon regard se leva –au lieu de mon corps entier–, atterrissant dans ses yeux à elle.
Mon souffle ralentit encore, mais pas pour les mêmes raisons que tout à l'heure. L'audace de mes pensées me frappa de plein fouet, et j'eus autant honte que si elle avait réellement pu lire dans mon esprit ce qu'il venait de s'y passer. Je détourne le regard, et reprend l'aiguille. Je remarquai qu'elle n'avais pas crié ni même gémit, alors que recoudre une seconde fois une blessure était dix fois plus douloureux que la première –testé et approuvé.

Je me détourne, me lève et range le matériel dans la poche prévue à cet effet.
Je ne sais pas quoi dire, et après ce genre de pensées, je ne trouve pas que c'est une bonne idée d'aller dans ce lit avec elles. Pas du tout.


¤

L'Ombre attend.
Elle est très forte à ce petit jeu là.
Parfois, cette patience lui permet de faire croire à ses victimes qu'elles ne sont plus en danger après plusieurs heures... et c'est là qu'elle leur fond dessus. Elle adore faire ça. Et là, même s'il n'y a absolument rien pour l'aider à faire passer le temps, elle s'en fiche, elle n'en a pas besoin. Elle attend.

Elle attend son heure.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 5 Mar 2014 - 15:37

Des fois, les choses ne se passaient pas toujours comme on l'avait prévu. Des fois ? Jamais serait plus exact. Jamais les choses ne se passaient comme prévu. Il y avait quelques heures je me morfondais encore sur ma couche, bras croisés, la mine renfrognée à l'idée d'accoster et d'aller festoyer dans une taverne et là je me retrouvais à me faire recoudre la jambe par une personne probablement bien plus importante qu'on ne l'aurait songé au premier regard. En témoigne le matériel qu'elle sortait de ses poches.
Nuhada m’avait fait les gros yeux pour que je me taise et que je m’allonge, alors mâchoires non moins serrées je m’étais sagement (une fois n’était pas coutume) exécutée, laissant l’assassin jouer de fil et d’aiguille sur ma peau.

J'ignorais si c'était la douleur qui m'avait fait définitivement me taire ou oublier même de la regarder mais mes yeux épiaient chacun de ses gestes avec plus de méfiance que pour une quelconque autre chose. Après réflexion, il ne fallait jamais se fier à une femme et surtout pas celle-là. C'était évident. Et rien que d'imaginer qu'elle allait faire le sale boulot de l'autre abruti sur mon propre corps me faisais grincer des dents. Mais avais-je réellement le choix ? Allais-je rester la plaie ainsi, la laisser s'infecter et continuer de serrer les dents ? Bien évidemment que non. C'était ça ou rien et mieux fallait ça que rien.

Ses mains manipulaient l'aiguille et le fil bien mieux que chacun des médecins que j'avais pu côtoyer au cours de ma vie. D'où sortait-elle ? M’est avis que la capitaine se posait surement aussi la question.
Après quelques minutes à suivre la valse de ses doigts de mon regard attentif, elle fit un dernier point et, soulagée je levai les yeux sur elle. Mauvaise idée car nos regards se croisèrent. Il y eut quelques secondes de battement. Le temps s’était de nouveau arrêté, semblant bien plus long que les fois précédentes. La gêne était palpable et l’atmosphère vraiment étrange. La jeune femme se leva et rangea ses aiguilles tandis que moi je me redressai et m’assis sur le bord du lit, testant la qualité de la couture.

Hum.

Passable.

Je m’appuyai sur la couche et me mis sur mes jambes.  

Bon, ok…

Bien.

J’avouais. Mais bon… c’était trop tôt que j’aille me dégourdir les jambes en grimpant dans les cordages et en montant les marches quatre à quatre... Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire pendant ce temps là... ? Certainement pas rester cloîtrer dans une loge, allongée ou même assise sur un lit, ça non. Oui mais... je ne pouvais pas réellement marcher alors... je me rassis doucement.

« Ça m’a l’air d’être pas trop mal » je déclarai, sourire amusé aux lèvres à l’intention de la capitaine... étendue sur son lit... Je me détournai. « Le droit de passage est payé donc ? Voilà qui est bien dommage... »

Je venais de glisser un coup d’œil à l’assassin en haussant mon habituel sourcil moqueur puis faisant mine de ne pas voir la commissure de ses lèvres bouger infimement, je me rallongeai sur ma couche. Bras croisés derrière la tête. M'étirant en poussant un soupir las. Si j'étais fatiguée ? Oui à vrai dire, éreintée même, vidée de toute énergie. Mais jamais je ne l'aurais avoué. Surtout pas dans ce genre de circonstances. Il ne fallait pas rêver.

La capitaine allongée, moi inapte à sauter sur mes pieds, les quelques prochaines secondes et minutes dépendaient de la conscience de notre... invitée ? Peu sûre que Nuhada apprécie ce qualificatif mais ma foi... je trouvais que ça sonnait bien. Enfin, ça me plaisait. J'aimais bien l'idée d'avoir des invités et pas pour une fois... enfin.. bref. Vous savez déjà tout.

« Madame l'assassin daignerait-elle me tendre gentiment la bouteille de rhum posée sur la table ou cela nécessiterait-il un effort trop intense après ces éprouvantes dernières heures ? » je demandai en la lorgnant avec aux lèvres un sourire proche de l'insolence.

C'était à croire que nous n'avions... rien d'autre à faire.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Jeu 26 Juin 2014 - 23:25

Il du y avoir un temps où je pouvais dormir sur mes deux jolies oreilles et garder mes mirettes closes plus d'une pelletée de minutes sans avoir à me redresser d'un bond ou sentir le besoin pressant de rouvrir les yeux. Si ce temps là n'était pas qu'un beau rêves fugitif, il devait se trouver loin. Depuis que j'ai été en âge de comprendre qu'il n'y avait pas de place pour un Orc sans clan et une gamine fugueuse dans le monde, je m'étais habituée à voyager souvent et à des horaires insolites. Dargal savait y faire pour vivre à la dure et il a su m’inculquer quelques principes Orcs pas tout a fait stupides.
Par exemple, la plus petite faiblesse peut causer la mort d'un être monstrueusement fort. Il m'avait dit ça pour que j'apprenne à chercher les faiblesses des autres, mais il ne m'a donné que plus conscience de la fragilité des Hommes, de ma faiblesse la plus totale. J'ai bien sûr appris à me battre et j'en connais pas un qui soit assez fier de ses bourses pour remettre en doute mes talents. Du moins, pas un qui puisse encore être fier de quoi que ce soit.
Pourtant, quoi que j'ai pu faire pour assurer ma force, pour asseoir mon pouvoir, pour dresser mon respect.. Il y a une faiblesse que je ne pouvais contrer, comme tout mortel. J'étais absolument sans défense durant mon sommeil. Je le suis encore, je ne peux le nier.. Et c'est pourquoi je ne peux m'y abandonner trop longtemps, même alors que je me savais plus en sécurité dans mon navire que nulle part ailleurs.
Seules les nuits délicieusement agitées, ou de bonnes doses de Rhum pas moins délicieuses, pouvaient m'apporter le contentement d'une nuit pleine et sans entractes. A bonne fatigue, bonne nuit pourrait-on dire. Les événements de la soirée avait beaux s'être montrés éprouvants, mes sens étaient encore en alerte.

Voilà pourquoi j'ai soudainement rouvert les yeux. Avais-je dormis une dizaine de minute, plus ou moins, je n'aurais pu l'affirmer, mais je doutais que ce fut bien longtemps puisque je retrouvais le fessier de ma jolie Lyra sur le lit et, un peu au dessus de l'épaule de mon enseigne, le regard exotique d'une rouquine que je ne connaissais encore que depuis peu.
Elles étaient donc encore là.. Grand bien en fasse, car je me souvenais maintenant ne pas avoir donné de cabine à notre nouveau Doc. La raison en était simple que ce navire n'avait pas été fait pour accueillir de passager et qu'il ne comportait pas de nombreuses cabines personnelles.. De même, je me disais que la soudaine faiblesse de Lyra pourrait pousser certains de mes braillards à oser des actions qui deviendraient vite regrettables.
Je vous arrête tout de suite, je suis une pirate, une vraie ! Je n'ai pas de scrupules à laisser une femme complaire mon équipage, consentante ou non. Je sais que ma crédibilité va de pair avec mon manque de pitié. Je sais aussi qu'un bon voyage ne saurait ce faire si des membres d'équipages s’entre-tuent et je l'ai déjà répété bien assez souvent pour que vous y pensiez un peu tout seuls ! Bande de cervelles de moineaux !
Alors non, aucune solidarité féminine n'a pu me traverser l'esprit quand j'en suis venu à la conclusion qu'il serait pour leur bien de rester dans cette cabine cette nuit. C'était juste la façon la plus intelligente de procéder. Rien d'autre. Et puis j'ai pas à me justifier auprès de vous ! C'est moi la grande reine corsaire après tout.

Et puis, loin d'être d'une parfaite innocence, j'avais la soudaine envie de taquiner mon enseigne. C'était toujours un plaisir sans fin que de lui rappeler que j'étais toute puissante et au-dessus d'elle en toute occasion. Un plaisir d'autant plus grand que le respect que je lui portais et me refusait à lui avouer ne cessait de grandir. Je voyais déjà le moment où je ne pourrais plus me risquer à la vexer sous peine de la voir voguer de ses propres voiles. Tant qu'elle était encore à moi, je voulais en profiter.


-Eh bien, vous êtes encore là.. Grand bien s'en fasse, j'avais oublié quelques instructions.

Je glissais mes bras autour de Lyra pour l'allonger sur mon lit et me blottir contre elle.

-Vous restez avec moi ce soir, je m'étais faite à l'idée de serrer un homme entre mes bras, mais puisque je n'ai que vous je m'en contenterais. Ce lit est assez grand pour nous trois, autant en profiter.

Je souriais comme une enfant avec sa poupée et c'était sans doute le meilleur moyen de me décrire en ce moment. J'avais ma petite Lyra à moi, c'était l'un de mes jouets préférés. Et puis, je venais d'en recevoir un tout nouveau qu'il faudrait bien tester.
Mais avant de vouloir trop de choses, je devais m'assurer que ma première poupée serait docile. Le tempérament de Lyra n'était plus à décrire et j'avais l'intime conviction qu'elle ne tarderait pas à protester contre mon étreinte possessive. N'était-ce pas cette fierté propre à elle même qui la rendait si amusante et intéressante à taquiner?


-Puisque c'est la faute du capitaine si l'enseigne se retrouve dans cet état, il va de soit que je vais prendre grand soin de toi ce soir ma petite Lyra. Bien sûr, tu ne refuserais pas ma reconnaissance, n'est-ce pas?

Eut-elle seulement grommelé quelque chose que je ne pu y prêter la moindre attention. Sa présence m'enivrait déjà d'un doux sentiment de plénitude. Il suffit d'avoir quelque chose entre ses bras pour se sentir bien, pourquoi n'a-t-on pas encore inventé de Lyra-compagnonne-de-nuit ?

-Je n'oublie pas que je te dois sûrement sa vie, ma jolie. Avoir pris soin de cette précieuse petite rouquine te vaudra bien un peu de reconnaissance aussi, mais je n'ai que deux bras. Il te faudra bien attendre ton tour.

Je ne savais plus trop ce que je disais, le sommeil me happait et je parlais pourtant. Peut-être même avouais-je des choses que j'aurais du garder pour moi. Comme la valeur de cette enseigne parfois insolente et parfois magnifiquement efficace. Comme mon désir d'acquérir une autre poupée. Comme mon plaisir à me presser contre quelqu'un. Homme ou femme.. Qu'importe tant que cette présence endormait mon sentiment de faiblesse. Tant que son cœur pulsait à mon oreille.

Tant que je pouvais rêver si paisiblement.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 27 Juin 2014 - 0:59

Je me mordis la lèvre inférieure.
Durant une poignée de secondes, j'avais laissé le trouble suscité par les paroles de la jeune pirate altérer mes traits. Malheureusement, ce délais était trop long pour que la principale concernée ne l'ait remarqué. Mes yeux glissèrent de côté, hésitants. Alors que quelques minutes plus tôt, je ne rêvais que de déchirer cette peau tannée par le sel, l'iode et le soleil, à présent, j'avais envie de la frôler, de la toucher... d'y poser mes lèvres pour la goûter..

À croire que mon esprit, mon corps et les pulsions envoyées par l'un ou par l'autre jouaient au yoyo. Qu'importe, m'assurai-je, il fallait les oublier, les refouler comme je le faisais si bien, d'habitude. Sauf que d'habitude, j'ai d'autres échappatoires, des contrats, voire des inconnus croisés dans une ruelle sombre, en dernier recourt... et d'habitude, je n'étais pas dans une situation aussi précaire. Je tendis la bouteille de rhum demandée par la pirate, qui s'en empara.

Malgré cela, je ne pouvais me sortir de la tête qu'elle trouvait cela... "dommage".
Dommage... que quoi ? Que je ne sois plus sa prisonnière ? Qu'elle ne soit pas autorisée à me torturer pour m'arracher des informations ? Ou... pour autre chose ? Mes yeux revinrent furtivement vers les deux silhouettes sur le lit ; sans les regarder directement, mais assez proche pour les garder dans ma vision périphérique. En partie pour détecter le moindre mouvement... mais peut être pas seulement.

Je ne voulais pas les quitter des yeux.
Mais je ne l'avouerai jamais, même sous la torture.
Quoique, par principe, je ne dirai sans doutes rien du tout sous la torture.
Enfin, le "sans doute" est incontestablement en trop, puisque je l'ai déjà fait. Les informations qu'on me demandait à l'époque n'étaient pas vitales, et j'aurais pu les donner sans craindre trop de représailles, cependant, quand un homme (ou une femme) parle une fois, ça veut dire qu'il est susceptible de le refaire une deuxième fois. Et puis d'autres.

L'un des premiers engagements implicites d'un assassin est de ne rien divulguer sous la torture.
Et moi, je venais de répondre sans conditions à... un simple interrogatoire ? Cela dit, qu'y avais-je donné, au fond ? Aucune information concernant la guilde, rien que moi, mes actions, le fait que je cherchais quelqu'un. Ce n'était rien ! Mais ces pensées qui se voulaient réconfortantes ne suffiraient pas à m'ôter le goût étrange que leurs prédécesseures avaient déposé sur ma langue.

Le seul réconfort aurait pu être le fait que je n'avais pas été torturée et que j'avais donc donné ces informations de mon plein gré et en pleine possession de mes moyens... cela m'était déjà arrivé, pour distraire des cibles, ou les manipuler ! Mais je savais que ce n'était pas tout à fait véridique non plus.

Aussi, mon regard se riva-t-il sur elles dès que leurs silhouettes créèrent un mouvement dans la périphérie de mon regard. Mais aussitôt, je me figeai, et mes pensées également. Le rouge me revint irrésistiblement aux joues, et je ne pu détourner les yeux. Impossible. C'était à la fois trop mignon, un peu effrayant, et parfaitement hypnotisant. La capitaine corsaire traitait sa subalterne comme... eh bien, comme un jouet.

Elle souriait en la tenant serrée contre elle, et me regardait.
Cela aurait peut être fait froid dans le dos de n'importe qui. N'importe qui, sauf une personne habituée à côtoyer des psychopathes et des sociopathes de degrés variés à longueur de journées. Les paroles de la pirate à la peau couleur de chocolat m'invitant à les rejoindre sur le lit, puis m'intimant d'attendre mon tour, fut sans doutes la goutte de trop.

Après un instant d'hésitation, je m'approchai des deux femmes, avec l'impression d'être la créature la plus maladroite de l'univers, et me hissai sur le lit d'une légère impulsion de mes muscles parfaitement dessinés sous mon armure de cuir. Une hésitation supplémentaire m'amena à choisir d'avancer doucement vers la capitaine plutôt que vers sa compagne. Peut être parce que ce serait moins dur de ne pas aller au bout de mes fantasmes si je choisissais celle avec laquelle je pensais avoir le moins d'attirance... autre que physique ?

N'en revenant pas moi-même d'avoir ce cran –ou folie ?–, j'avançai ma main et touchai la joue de la capitaine du bout des doigts, mon regard dissymétrique plongé dans l'ébène du sien.

– Vous n'avez peut être que deux bras, capitaine, mais moi aussi.

En y réfléchissant, mes paroles étaient aussi absurdes que dénuées d'intérêt, mais je ne voulais pas tenter de dire une autre bêtise là-dessus, aussi me tus-je. Je frôlai de mon autre main son épaule dénudée, et avançai lentement mon visage vers elle –attendant peut être de prendre une gifle pour m'arrêter...?

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Lun 7 Juil 2014 - 15:00

Bouteille entre les mains, j’extrayais le bouchon en le tirant avec mes dents, geste tant rôdé par l'habitude qu'il ne connut aucune hésitation. Sans une hésitation non plus, je le crachai vers le verre en terre posé sur la table de la cabine. Je fus soulagée que mes heures d’entraînements incessants portent leurs fins en toutes circonstances car le bouchon de liège toucha le bord du récipient et finit en son fond. La classe incarnée, n'est-ce pas ? N'était pas pirate quelqu'un qui ne buvait pas, ne débouchaient par les bouteilles avec les dents et ne savait recracher le bouton où il le désirait, voyons. Tout le monde savait ça.

Je portais le goulot à mes lèvres et pris une longue gorgée. Par je ne sais quel maléfice le rhum était bien frais comme je l'aimais. J'avalai, tête rejetée en arrière, bouteille levée, yeux clos, à savourer avant de la rabaisser et de jeter sur la pièce un regard étrange. Quoi ? Déjà là le décalage entre le regard et la perception ? Jamais ! Impossible. Je levai encore la bouteille. Ah, déjà la moitié de partie ? C'est que ça allait trop vite...

C'est ce moment là que choisit la capitaine pour m'attraper de ses bras et m'allonger de force et se lover contre moi... Je levais les yeux au ciel. Elle n'était pas sérieuse, si ? Nuhada John Long Silver qui me faisait ça ? A moi son enseigne ? Je poussai un grognement contrarié.

- Puisque c'est la faute du capitaine si l'enseigne se retrouve dans cet état, il va de soit que je vais prendre grand soin de toi ce soir ma petite Lyra.

Ca faisait plus peur qu'autre chose, en fait.

- Bien sûr, tu ne refuserais pas ma reconnaissance, n'est-ce pas ?

J'esquissai un sourire. Et bien juste par esprit de contradiction, si. J'entreprenais de décider de me lever, bouteille à la main, sourire impertinent aux lèvres, me délectant déjà de l'air agacé de la capitaine face à mon caractère difficile quand... la jeune femme en face de nous fit un pas en avant. Serait-ce mon esprit alcoolisé qui fabulait ou bien il se passait réellement ce que je croyais qu'il se passait ? Qu'avais-je dis plus tôt ? « Des fois, les choses ne se passaient pas toujours comme on l'avait prévu. Des fois ? Jamais serait plus exact. Jamais les choses ne se passaient comme prévu. » La preuve en était encore.

Elle s'approcha plus encore, nous rejoignit sur la couche et dirigea son visage vers celui de la capitaine.

- Je crains ne pas avoir assez bu pour ça, murmurai-je.

Je bus une nouvelle gorgée de rhum, plus longue encore que la première et proposai la bouteille.

- Mes chères ?

Je m'esquivai des bras de la capitaine, les mains enfin libres et me relevai vraiment. Lyra Maar était inaccessible, les hommes le savaient bien eux. Ce n'était pas ce soir que ça changerait. Je n'étais pas un jouet. Je n'étais sous l'autorité de personne. Personne ne devait l'oublier. J'étais libre et je me prenais la liberté de reprendre le contrôle de la situation. Moi ? Exécrable ? Toujours voyons. Ça ne serait pas amusant sinon. Il fallait se laisser désirer.

J'haussai un sourcil provocateur devant le regard de la capitaine. Elle ne me connaissait que trop bien. Elle ne pouvait plus être étonnée à ce stade là. J'étais complètement prévisible, j'allais toujours dans le sens contraire de ce qu'on attendait de moi.

- Vous permettez ? fis-je moqueusement détachée en m'asseyant sur une chaise et en la basculant en arrière puis en croisant mes jambes sur la table. Ne vous occupez pas de moi.

Je m'emparai du couteau glissé dans ma botte, le plantai dans la poire qui traînait là, en découpai un quartier et le portai à ma bouche. Indéniablement amusée par la situation. Ainsi l'air de Dark Waters joué à l'accordéon dans les comptoirs pirates me traversa l'esprit. Je me pris encore à sourire. Ca pourrait être marrant...

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 12 Juil 2014 - 11:30

– Vous n'avez peut être que deux bras, capitaine, mais moi aussi.

Elle aurait aussi bien pu me parler de poneys roses dévorant les arc-en-ciel que je n'aurais pas su m'en inquiéter. J'étais déjà dans mon petit monde abstrait où les sens n'existent plus et où je me sentais capable de ronronner comme un chaton. J'étais prête à sombrer dans le sommeil, sécurisée par la présence de Lyly entre mes bras. La fatigue doit avoir mauvais effet sur moi, puisque je n'avais même pas crainte qu'elle me découvre aussi fragile et innocente qu'une petite fille.
Je voulais juste mon gros nounours à câliner.

Un frisson me parcours toutefois l'échine lorsqu'une douce caresse effleure ma joue. Je pourrais jurer que ce n'est pas le vent et c'est ce qui me pousse malgré tout à rouvrir les yeux et tourner mon regard vers les étranges yeux de l'assassin. Que peut-elle bien me vouloir avec ce regard intense ? Aurait-elle finalement refusé mon offre et décidé de m'éliminer ? Non, pourquoi aurait caressé ma joue avec ses doigts plutôt que ma gorge avec sa lame ?
Je me rend soudain compte que son visage s'approche et que ses doigts glissent sur ma peau dans une sensation loin d'être désagréable. Cela pourrait bien valoir un rêve, peut-être même deux..

- Je crains ne pas avoir assez bu pour ça

Ce n'est qu'un murmure mais il me rappelle à la réalité et me réveille plus efficacement qu'un seau d'eau que l'on m'aurait jeté à la figure, avec ou sans eau d'ailleurs. Je reste tétanisée d'effrois alors que les lèvres de l'assassin n'étaient plus qu'à quelques millimètres des miennes. Qu'est-ce que je faisais ? Qu'est-ce qu'elle faisait ? Non non non, ce n'est pas moi qui l'ai invitée à ça quand même ?
Je pose mes doigts sur la joue de la jolie rouquine pour retenir ce trop beau visage le temps que je me remémore ce qu'il vient de se passer..
J'aurais pu virer au rouge en comprenant que le malentendu venait effectivement de moi et de mon incapacité à être claire lorsque je suis enivrée par le sommeil. Je tiens bien mieux l'alcool que les rêves, je peux le jurer..
Heureusement que Lyra a encore fait sa tête de mule où j'aurais pu me laisser entraîner dans une incroyable bêtise ! Non pas que cela aurait pu être déplaisant.. il doit y avoir bien des avantages à la compagnie nocturne d'une assassin.. mais c'est l'un de mes seuls principes que de ne pas coucher avec mon équipage ! J'ai pas beaucoup de bonnes résolutions, se serait un comble que de les piétiner en plus. Surtout quand je ne peux pas donner toute confiance à cette personne.

Bon.. Quelque part dans ma tête j'étais frustrée que Lyra se soit échappée à ma récompense sans la moindre once de respect. Pour une fois que je lui faisais presque une requête personnelle, elle aurait pu y mettre du sien. Mais c'était tout de même grâce à sa maudite fierté que je revenais à des pensées plus claires et salvatrices.
Mais maintenant, me voici embarrassée et ça ce n'est pas dans mes habitudes, absolument pas.

Dans un combat, y a pas de secret. Si on prend l'initiative on mène la danse. Je dépose un petit baiser sur le front de la rouquine et lui offre mon sourire le plus taquin.


-Voilà pour toi et un câlin en prime, mais en demander plus serait un peu osée pour une première rencontre, tu ne penses pas?

Quel aplomb Nada ! Je t'aime, t'es la meilleure, tu vas réussir à garder ton sang froid!
Oui, oui, je sais, ça frôle le narcissisme, mais c'est parce que je suis trop fatiguée pour l'être pleinement. Je me tourne vers ma Lyra qui, malgré sa blessure a préférée s'installer derrière ma table de travail dans habituel manque de tenue que j'appréciais temps. Son regard en disait long de son amusement et de ses pensées et je me serais volontiers offusquée qu'elle me prenne pour ce genre de perverse.. je ne dis pas que je ne le suis pas mais jamais je ne me serais prêté à ce jeu sur mon navire en pleine situation de fuite.
Un jour, je devrais bien la dresser cette petite Lyra, lui inculquer quelques petites choses qui lui serviront pour l'avenir, mais pas trop. Lorsqu'elle aura son navire, elle fera un capitaine formidable et je n'aurais plus de prises sur elle, plus la moindre..

Finalement, j'aurais bien aimé que ce soit-elle qui prenne ce câlin, mais puisqu'elle faisait sa boudeuse tant pis pour elle.

Sans plus demander son avis à personne je me blotti contre la rouquine aux jolies yeux et niche mon museau renfrogné contre son cou. Aucun doute qu'elle ne se méprenne plus sur mes intentions. Il ne s'agit pas de jouer cette nuit, il s'agit de dormir dans la douce quiétude des bras d'un autre.

En sécurité, dans les bras d'un assassin.. quelle ironie. Mais Lyra veille. Elle ne me respecte peut être pas autant que je le voudrais, mais elle a prouvé qu'elle risquerait volontiers sa vie pour moi, de son propre chef.

Une nuit qui se promet sereine.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 12 Juil 2014 - 15:21

Mon ventre se crispa tandis que nos lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres.
Un souffle d'air déplacé me fit redresser mes barrières qui avaient fondu comme neige au soleil au contact de ces deux pirates –et je ne savais ni comment ni pourquoi. À ce moment, toute retenue m'avait abandonnée, et je contemplai la pirate devant moi avec une envie des plus coupables. Mais à ce moment-là, je m'en fichais, je n'avais qu'une seule envie : y répondre.

Mais le courant d'air avait balayé le désir quelques secondes, et m'avait permit de me reprendre. La main de Nuhada, me repoussant, me permit de stopper aussi mon corps dont l'élan était concentré vers elle. Quelle idiote. Pourquoi avais-je essayé de faire ça ? Pour qui, pour quelle espèce de détraquée me prenaient-elles à présent ? C'était peut être des pirates, mais c'était des femmes. Je m'éloignai un peu, hésitant entre la honte et la colère envers moi-même.

Mais la capitaine s'avança de nouveau vers moi pour poser un baiser sur mon front.
Je ne m'y attendais pas. Pas plus qu'à la phrase qui sortit de ces lèvres qui m'avaient fait perdre la tête une minute plus tôt. C'était plus que je n'osais espérer à présent, et je m'empourprai en réalisant qu'elle avait raison. Nous ne nous connaissions pas.

Mais, en y réfléchissant, n'était-ce pas la peur qui la faisait me parler ainsi ?
Avait-elle peur de moi, de ma réaction, craignait-elle que je lui en veuille et que je décide, frustrée, de faire danser mes douces lames, en lieu et place de mes mains ? Peut être pas. Et à ma grande surprise, elle se blottit contre moi, effaçant encore les doutes que je pouvais avoir sur une prétendue lâcheté ou crainte de sa part.

Je restai immobile, étonnée et indécise.
J'eus beau chercher dans ma mémoire, personne ne s'était jamais blottit dans mes bras avec autant de confiance. Il y avait bien eut parfois des cibles, dont le contrat stipulait de les faire souffrir émotionnellement en les séduisant –de la part de quelques femmes, ou parfois hommes, déçus– puis en les laissant tomber dans l’abîme des remords, avant de les exécuter. Ça pouvait être plaisant, à l'occasion, mais je n'avais jamais vraiment aimé ce genre de contrat. Je préférais être discrète, que personne ne me voit ou ne puisse faire le lien depuis mes victimes jusqu'à moi, ne jamais être vue en leur compagnie.

Ce à quoi je voulais en venir, c'est que personne, en me sachant assassin, n'avait jamais eut ce genre de geste. Non mais sérieusement... j'étais peut être désarmée, mais déjà qu'en face à face, il me suffit en général de trois mouvements pour mettre quelqu'un du poids de la pirate hors combat, alors dans cette position, il me suffirait de poser mon bras sur sa gorge et de serrer. Comment pouvait-elle s'abandonner ainsi, dans les bras de quelqu'un d'aussi dangereux ? Et vouloir y passer la nuit ! Loin d'être lâche comme je l'avais présumé, cette femme était vraisemblablement folle ou inconsciente.

Je croisai alors un regard émeraude qui me regardait attentivement.
D'accord, la subordonnée veille... Pourquoi pas. On avait foi dans qui on pouvait, après tout. Après un instant d'hésitation, je refermai finalement mes bras sur la corsaire toujours blottie contre moi, le visage dans mon cou. Je sentais son souffle caresser les rares endroits où ma peau était découverte. Sans que je m'en rende compte, un sourire se mit à flotter sur mes lèvres. Il était rare que je me sente en sécurité quelque part. Mais très étrangement, alors qu'on avait voulu me tuer, qu'on m'y avait entraînée de force et attachée à une chaise pour m'y interroger, à présent, je pourrais presque envisager d'y dormir.

Presque.
Je n'étais pas totalement stupide et même si j'avais envie de me sentir en sécurité entre ces deux femmes pirates, c'était impossible. Trop d'incertitudes. Vers où voguions-nous réellement ? Vers Akeraï, ou vers une crique perdue où les pirates pourraient faire de moi ce qu'ils souhaitaient ? Devais-je craindre d'être transformée du jour au lendemain en esclave ? Devais-je craindre de m'endormir aux côtés de pirates et de me relever dans une cage de fer ? Devais-je craindre de boire une seule goutte de rhum, de manger le moindre fruit, qui pourraient être empoisonnés ?

J'avais envie de dire non, mais n'était-ce pas en refoulant mes envies que j'avais réussit à ne pas me faire tuer jusqu'à maintenant ? J'avais déjà faillit me faire prendre, il aurait suffit que la garde de la ville me rattrape au lieu que ce soit ces pirates. Que savais-je vraiment d'elles ? Rien. Elles n'avaient même pas peur de moi, et cela cachait... probablement quelque chose. Mais je savais que je n'avancerai pas avec des "probablement", des "sans doutes" et des "peut être".

Parfaitement sereine, vue de l'extérieur, je posai une main sur les cheveux à la fois doux, et rendus un peu rêches par le sel et par l'iode, de Nuhada, toujours perdue dans mon cou. Si mon corps lui accordait toute son attention, mes yeux restaient fixées dans ceux de la dénommée Lyra, à qui je lançai finalement un regard à la fois amusé et moqueur. Comme une invitation. Ou un défi.


¤

L'Ombre collait son oreille depuis plusieurs minutes contre le mur devant lui, mais elle n'entendait quasiment plus rien depuis un temps. Se pourrait-il que Deryn ait capitulé ? Ou qu'on l'ait tuée ? Si la première option avait allumé une ombre de sourire sur le visage de l'Ombre, la deuxième lui faisait serrer les mâchoires. Heureusement, les pirates tuaient rarement ce qui pouvait leur rapporter gros. Enfin, à part si ça avait plus de valeur, mort... ce qui n'était pas le cas... n'est-ce pas ?

L'Ombre n'y tint plus et sortit du placard sombre pour avancer dans le couloir. Vide.
Elle se tourna vers le dernier endroit où elle avait vu disparaître Deryn. Par une chance des plus insolente, la porte était entrouverte. L'assassin glissa un coup d'œil à l'intérieur, plus curieux qu'inquiet...

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 3 Aoû 2014 - 20:19

Et les voilà qui se faisaient un câlin ! On aura tout vu aujourd'hui, décidément.

La blessure à ma jambe était douloureuse, même si la couture tenait ; je décidai donc de me rasseoir correctement, pour une fois, deux pieds au sol, en continuant de couper ma poire en quartier pour la manger. Les talons de mes bottes claquèrent faiblement sur le  plancher de bois, troué par endroit et rongé par l'humidité. On pouvait même regarder entre les planches des fois tant le bois avait bougé.

Il fallait préciser que ce navire là, il vivait bien. Il passait clairement plus de 95 % de son temps en pleine mer et les seules haltes qu'il faisait servaient à se ravitailler en vivres et rhum. On ne comptait plus le nombre de fois où il avait traversé des tempêtes monstrueuses, avait été submergé par des vagues gigantesques, percuté par d'autres navires pendant l'assaut. Et pourtant, contrairement à bien d'autres bâtiments, il tenait bon.

Je portai un quartier, planté sur la pointe de mon couteau, à mes lèvres et croquai dedans. La chair du fruit était fraîche et fondante, comme toujours avec des poires parfaitement mûres. Un vrai régale ! Rhum... puis poire, ça passait bien. A ce moment là, un couinement attira mon attention derrière moi et me fit me retourner. C'était Croc, mon rat, qui venait de passer par la porte entr'ouverte. J'esquissai un sourire, toujours à fourrer ses sales pattes partout celui là et me baissai pour le ramasser de la main gauche, le couteau dans l'autre.

A cette seconde précise, le regard de l'assassin croisa le mien. C'était moi où ses yeux souriaient pour une raison inconnue ? Je haussai un sourcil provocateur et d'un geste rôdé par l'habitude je posai la bestiole sur mon épaule et retournai à mon découpage de poire. Ses poils titillaient la peau de mon cou, tandis qu'il reniflait tout et rien sur mon épaule, sûrement effrayé à l'idée de tomber.

Fruit fini avec la délicatesse qu'on ne m'aurait sûrement pas donnée, je pourléchai mes doigts du jus et m'étirai. Il fallait dire que la journée avait éprouvante, tout de même. Je grattouillai Croc et souris à la jeune femme qui me faisait face. Autant la réaction de la capitaine ne m'avait pas réellement étonnée, autant celle de l'assassin était bien imprévisible. Quelle idée de se mettre à séduire Nuhada déjà ? Bon, d'accord, cette dernière avait clairement lancé une invitation, mais...

Je fis une pause dans mes pensées, juste deux secondes. Mais qu'aurais-je fais à sa place ? De l'assassin, j'entendais, évidemment ! Si j'avais été à la place de Long Silver, c'était certain que j'invitais les deux femmes qui se trouvaient devant moi ; cependant... à celle de notre semblant d'invitée jusqu'au prochain port... je ne savais pas.

Enfin, si, je savais. Je n'aurais pas réagi comme ça. Mais en même temps, j'aurais fais en sorte de ne pas être capturée du tout... moi. Hehe...
Croc sauta de mon épaule, sur la table et s'arrêta sur un rebord en remuant ses longues moustaches translucides. Je m'apprêtai à le caresser quand il sauta. Oui, enfin... il se laissa tomber par terre et se remit sur pattes pour détaller. Il courut sur le plancher et disparut par la porte ouverte. Je me retournais pour le suivre des yeux quand je sursautai. Un frisson me parcourut l'échine. Il y avait quelque chose dans l’entrebâillement de la porte ! Ou du moins... il me semblait avoir vu quelque chose... mais peut-être n'était-ce qu'un homme de l'équipage qui traversait le couloir car il n'y avait bel et bien plus rien.

En fronçant les sourcils, je me levai et me dirigeai vers la porte. Il n'y avait que trois pas à faire mais ils me parurent plus longs que d'habitude. Je tendis finalement le bras et posai la main sur la poignée en ivoire sculptée. Je l'abaissais et tirais doucement la porte à moi pour la refermer lorsqu'un membre de l'équipage déboucha du fond du couloir en courant et s'arrêta devant moi, m'interdisant de fermer.

- Prévenez la Capitaine qu'un orage approche. Il ne va pas tarder à nous tomber dessus...

Un orage ? Rien qu'un petit orage comme on en voyait souvent, à coups sûrs.

Je le congédiai et, main toujours sur la poignée, je me retournai.

- Vous allez pouvoir user de votre formidable talent à la barre, Cap'tain. Nous fonçons dans une tempête.

Sans attendre de réponse particulière, je m'étais déjà éclipsée de la cabine et grimpai les marches menant au pont. Là, une jeune fille, les cheveux bruns détachés battant dans le dos, fila devant mes yeux. Une jeune fille bien seule parmi ces hommes mûrs et pervers. Une jeune fille arrivée dans le milieu de la piraterie par un heureux et désiré hasard. Une jeune fille que Nuhada John Long Silver et moi-même avaient pris sous notre aile... sous peine que l'on puisse dompter l'indomptable.

- Howell ! eues-je tout juste le temps de l'interpeller d'une voix claire mais douce.

La jeune matelot se retourna, plongeant dans mes yeux, un regard vert et profond auquel s'ajoutait la question silencieusement évidente : "Oui ?". Je terminais de monter les marches et faisais claquer une première botte sur le bois sombre du pont. J'y jetai un coup d'oeil et notai rapidement l'agitation qui commençait à y poindre. Les hommes avaient l'air angoissé et il n'y avait qu'une seule chose qui pouvait les rassurer : la présence de John Long Silver, là, derrière la barre, avec son tricorne et son allure de dompteuse des mers. Oui, sauf que John Long Silver n'était, précisément, pas encore là.

Je reportai mon attention sur la jeune fille.

- Personne n'est autorisé à toucher à la voilure, au cap ou que sais-je encore tant que la Capitaine n'a pas donné ses ordres. lui rappelai-je.

Ma remarque lui paru tant évidente que je me sentis obligée de rajouter, en lui adressant un clin d'oeil amusé :

- Je veux dire, n'oublie pas de rester en place.
Sinon, je peux compter sur toi pour empêcher ces lourdauds de faire des bêtises ?
demandai-je en désignant les hommes de l'équipage d'un coup d'oeil.

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Howell Ino'Sann
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 8 Fév 2015 - 19:00

Accoudée au bastingage, les yeux perdue dans l'immensité de l'océan, mes pensées volent plus loin que je ne l'aurais jamais imaginé. Je me remémore des derniers événement qui ont bouleversé ma vie.
L'eau est calme en cette soirée, où l'équipage c'est absenté pour fêter je-ne-sais-quoi... ou peut-être rien du tout, juste une excuse pour finir la soirée ivre mort.

J'ai préféré resté ici, car je ne me sens pas encore membre de l'équipage à part entière. Je sais pertinemment que je ne me serais pas sentie à ma place, et la soirée aurait été fortement déprimante.
Mon cœur se sert en me demandant si je me sentirais un jour parfaitement à ma place ici. Je ne me suis jamais aussi bien sentie, et pourtant, je suis toujours un peu égarée en me réveillant le matin sur cet endroit que je connais à peine.

Un sourire se dessine sur mes lèvres quand le soleil plonge dans l'immensité de l'océan, pour s'éclipser jusqu'au lendemain matin.
Je ne m'y ferais jamais, à ce paysage magnifique qui s'offre à moi tous les soirs depuis que je suis arrivée là. Ce soir plus que jamais j'apprécie ce couché de soleil, me demandant quand est ce que j'aurais l'occasion de me sentir aussi paisible.

Après un long moment à avoir observé l'horizon, je me relève et m'étire longuement; Mes membres engourdis par les quelques jours qui ont précédés me font souffrir. Mais bizarrement , j'aime ça. J'ai l'impression de travailler dur, de fournir plus d'efforts que je ne l'ai jamais fais, mais cela m'apporte une satisfaction que je n'aurais jamais cru ressentir un jour.
Mes mains sont couvertes de cloques à cause des nœuds que je fais dans les cordes, et elles sont rouges et boursouflées, mais chaque jour, mes gestes deviennent plus sûrs, et je réalise que les bases que j'ai en cordage me servent énormément, même si je suis loin d'acquérir la même agilité que mes compagnons de bord.

Le temps passe, je m'occupe comme je peux. Je finis par m'assoir contre le mât et sors mon poignard de son fourreau, attaché à ma ceinture. De ma poche, je prend l'un morceau de bois que j'avais fourré dans mon sac avant de partir. Lentement et avec précautions, je me met à le sculpter. Au fur et à mesure que le temps passe, les formes se font plus précises, et quelques heures après avoir commencé, on peut voir un dragon apparaître, comme par magie.

Je relève la tête, en entendant du bruit; l'équipage revient plus tôt que prévu, même si il fait déjà nuit noire.
Je fronce des sourcils, en voyant le Second arriver en beuglant des ordres, comme si on se faisait attaquer.

J'interpelle un matelot pour qu'il m'explique brièvement ce qu'il se passe, mais il ne semble pas plus informé que moi. Je laisse donc tomber ma petite enquête, et obéis aux ordres que l'Orc lance. Après quelques instants, je vois la Capitaine arrivée, avec une jeune femme à moitié affalée sur son épaule. Sans un regard, elle l'abandonne au milieu du pont, ou tous lui marche dessus. Tout en exécutant les ordres qui nous sont ordonnés de faire, je garde un œil sur la femme : pas prudent de la laisser ainsi.

Elle ordonne aux artilleurs de préparer les canons. J'essaye d'aider comme je peux, mais n'étant sur le navire que depuis très peu de temps, et n'ayant pas encore eu le temps d'apprendre grand chose, je laisse principalement ceux qui savent faire s'en occuper.
Les artilleurs semblent faire tout leur possible pour que les canons soient prêts le plus rapidement, mais cela n'est toujours pas suffisant pour la Capitaine, qui menace ses matelots et les insulte. Je souris doucement : son caractère me fait rire. Elle n'aurait pas pu trouver un métier lui correspondant mieux que celui de pirate.

Son perroquet lance l'ordre de tirer, et les boulets fendent l'air dans un bruit assourdissant, pour se fracasser contre la muraille de la ville de Quetaïn.
La Capitaine nous insulte de plus belle, pour ne pas avoir tirer comme il le fallait, mais s'interrompt quand un matelot l'appelle pour lui dire que l'Enseigne est blessée.

Par curiosité, je m'approche de là où elle est allongée. Long John Silver récupère son tricorne que Lyra avait pour une quelconque raison. Elle se retourne vers moi et les autres matelots qui ont voulu voir ce qu'il se passait, et me désigne avec l'un de mes compagnons pour emmener la blessée dans sa cabine.
Nous prenons tout les deux Lyra, et l'emmenons dans la cabine.

J'ai un hoquet de surprise lorsque je rentre dans la pièce exiguë, décorée comme je n'ai jamais vu une chambre décorée, avec d'épaisses couvertures et des ornements d'ors.
Je dépose Lyra, aussi confortablement que possible, sur les couvertures duveteuses, et la regarde un instant. Pendant un court moment, je me demande ce qu'elle a dit au Capitaine pour qu'elle m'accepte sur le navire. Je lui poserais la question, à l'occasion. Je réajuste un coussin avant de quitter la pièce.

Lorsque je retourne sur le pont, un vent frais et brusque c'est levé. Les voilent claques, et le navire, tout juste après avoir quitté le port, file déjà plus vite que le vent.
Le Second désigne un matelot pour être vigie.
N'ayant ni bu, ni festoyé de la soirée, je fait remarquer que je peux tout aussi bien prendre son tour pour qu'il aille se reposer, mais l'Orc me lance un regard tellement noir que je m'éclipse rapidement, laissant le pauvre homme à la tâche qui lui a été donnée. Ne jamais contredire le Second, c'est noté.

Le temps passe, et je ne me sens toujours pas fatiguée. Je m'assois sur le planché froid, et essaye de continuer le dragon en bois que j'avais commencé un peu plus tôt dans la soirée, mais la nuit est sombre. Dans ma grande bêtise, je tente tout de même de continuer, mais glisse, et me coupe légèrement à la paume de la main.
Je pousse un soupir. J'arrache un pan de ma tunique et l'enroule autour de ma blessure.

D'un coup, le vigie lance un appelle. Je le regarde, et il informe les quelques matelots qui ne sont pas endormis, qu'une tempête approche.
L'un d'entre nous va prévenir le Capitaine, tandis que les autres vont réveiller le reste de l'équipage.

Je me relève, et pose mes mains sur mes hanches en regardant, l'eau noir et scintillante s'agiter de plus en plus fort.

-Howell

Je me retourne vers la personne qui m'a interpellée. Lyra se trouve un peu plus loin. Je la regarde, surprise de la voir sur pieds aussi rapidement et curieuse de savoir ce qu'elle me veut, je lui lance un regard interrogateur.

-Personne n'est autorisé à toucher à la voilure, au cap ou que sais-je encore tant que la Capitaine n'a pas donné ses ordres.

D'un regard amusé, je hoche la tête. Je suis nouvelle, certes, mais pas demeurée.
Comme pour se rattraper de l'évidence qu'elle vient de me dire, elle lance :

-Je veux dire, n'oublie pas de rester en place.
Sinon, je peux compter sur toi pour empêcher ces lourdauds de faire des bêtises ?


- Je ferais de mon possible pour les surveiller, promis, je lui répond en souriant.

Alors que je me retourne pour pouvoir vérifier qu'aucun de mes compagnons désobéit aux ordres, ma gorge se serre et mes entrailles se crispent à l'idée de traverser cette tempête en pleine nuit.
Je ne suis qu'une nouvelle, et je ne connais encore que très peu de choses. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de faire quelque chose de mal.
Il y a pas si longtemps que ça, je n'étais jamais montée sur un navire de ma vie, et je suis déjà sensée savoir comment agir face à tout ce qui arrive.

D'un coup de panique, qui ne me ressemble pas, je me retourne vers Lyra, en espérant trouver un peu de réconfort auprès d'elle. Comme une gamine, les larmes me montent aux yeux, et je serre les dents, pour ne pas fondre en larmes.

Que je suis sotte. Qu'est ce que je croyais ?
Que la vie en mer était une partie de plaisir, ou que j'allais me la couler douce sur un navire pirate ?
Pathétique. Je suis pathétique.
Je me suis engagée à être une membre de l'équipage à part entière, alors il faut que je prenne mes responsabilités en main, et que j'arrête de me comporter comme une princesse, incapable de me démerder seule, et de toujours être à la recherche du soutient des autres. C'est bien cela que je suis venue chercher ici, alors autant prouver que je suis digne d'être ici, d'être une pirate, et de naviguer sur le navire de la Seigneur pirate.

Je me reprend en main, et après avoir jeté un rapide coup d’œil aux autres matelots tout juste réveillés, je lance assez fort afin que tous m'entendent :

-La Capitaine ordonne de rien toucher avant son arrivée.

J'hésite un instant à leur dire de se réveiller un peu plus que ça, afin d'éviter toute remarque dévalorisante de Long John Silver, mais m'en tiens là. Il est encore trop tôt pour se permettre de leur faire remarquer qu'ils ont tous des mines affreuses et certainement pas dignes de nous.
Je me tiens prête à exécuter les ordres de n'importe qui, et j'attends maintenant avec impatience d'en finir avec cet orage, de prouver ce que je vaux.
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Nuhada Long John Silver
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 6 Mar 2015 - 9:58

Plongée dans un sommeil qui n'aurait pas dû connaître de fin, je m'enivre de l'odeur de mon compagnon de rêverie, trouvant dans son étreinte un confort inattendu, un sentiment de sécurité tout ce qu'il y a de plus déplacé mais aussi et surtout le repos que je désire plus que tout. Malheureusement, il y a toujours une fin aux bonnes choses.. Si seulement il y en avait un peu plus aux mauvaises, je ne m'en porterais que mieux.
Dans les bras de l'assassin la plus dangereuse que je connaisse, je dois avouer en connaître peu et encore moins avoir partagé leur couche en toute connaissance de cause.. m'enfin pour ce que vous en avez à faire de mes ébats.. , je me réveille difficilement en entendant ce qui devait-être la voix de Lyra. Je mets un peu de temps à décrypter les mots, à vrai dire je n'en ais pas l'envie, mais j'ai appris il y a longtemps qu'il valait mieux écouter avant de faire la sourde oreille.
Je me redresse difficilement sous le regards étrange que je n'avais croisé que la veille. C'est qu'elle est mignonne à croquer la demoiselle. Non pas mignonne, ça ne convient pas. Plutôt jolie, voir sexy. Eh, si Lyra n'avait pas la mauvaise habitude de me défier, elle ferait aussi un joli autour dans ces draps.. non ?

Ah ça y est, le décryptage s'achève et je comprends maintenant le sens de ces quelques mots qui ont été jetés. On entre donc dans une tempête ? Et alors ? A moins que le bateau coule, y a pas de raisons pour que l'on me réveille ! En plus je suis presque sûr que j'allais attraper la fichue licorne qui s'est emparée de mon tricorne. La prochaine fois qu'elle vient me narguer dans un rêve je sors un flingue, je vous l'promets... Ah mais, les tempêtes peuvent couler les navires maintenant que j'y pense. Wyl ou pas d'ailleurs. Il est bien brave ce petit, mais tout les efforts du monde ne calmeront pas l'océan quand il fait son petit capricieux. Suis-je la mieux placé pour parler de caprices ? Diable oui !

Bon sang de calamités à la noix de poiscaille, je m'en vais te lui botter le train à cte tempête ! Alors comme ça on veut défier la grande Nuhada Long John Silver ? On croit que trois bourrasques lui arracheront son tricorne ? Qu'un éclair la pourfendra ? Qu'une vague la fera plier ? Ah ! Eh bien voyons ça en face à face ma grosse !

Rien ne vaut un défi monté de toute pièce pour se remettre l'esprit au clair. Je saute hors de mon lit et me presse d'enfiler mes vêtements. Rassurez vous je ne prends pas le temps de me repeigner. En revanche j'hésite un instant quant à la conduite à tenir avec mon invité. Lui demander de me suivre et prendre le risque qu'une vague l'emporte ? La laisser se prélasser là et prendre le risque qu'elle tente quelque folie sur mon beau bateau ? Ou alors lui promettre que je reviendrais vite finir notre nuit de folie comme je l'aurais fait avec un quelconque amant ?

Si j'ai le temps de plaisanter, alors l'équipage à celui de bailler aux corneilles. C'est jamais bon d'être laxiste, je m'en vais te les mettre au boulot moi!


- J'ai un océan à dresser, pas de bêtises et tu auras d'autres câlins!

Je lui offre un joyeux clin d’œil avant de bondir hors de la cabine en emportant mon inséparable tricorne. Je l'enfonce bien profondément sur mon crâne et je me précipite dehors en claquant les épaules des quelques braillards qui traînent encore la patte. A peine ais-je commencé à grimper sur le pont que le vent m'accueille en claquant violemment mon visage. Le tricorne tient, heureusement que j'ai la grosse tête !

Dargal est déjà là et s'assure que tous mes joyeux bonhommes ne se rendorment pas malgré l'air humide qui leur fouette le visage. Je peux comprendre leur fatigue la soirée était mouvementé. Par chance, je repère deux autres têtes bien vives qui ne se laissent pas conquérir par le sommeil. Hey, les deux autres demoiselles du bord de plus ! J'aimerais bien trouver celui qui a dit que les femmes avaient pas leur place sur un navire.

J'attrape mon second par le bras et lui demande de faire plier nos voiles. Certes on a besoin de quitter vite les eaux de Quetaïn, mais on ne va pas y risquer nos voiles. Tout bon cap'tain sait quand arrêter de chercher la culotte de dame chance. A vrai dire, Dargal aurait donné cet ordre seul en temps normal, Cependant on  est pas en temps normal. On a un elfe qui parle au vent, une capitaine tarée et on fuit les possible représailles du plus gros royaume d'Aranor.. donc, il a tout mérite à croire que je pourrais lancer un bras d'honneur à cette misérable tempête.

Mais je crois que mon quota de chance a déjà été bien entamé le soir dernier, rechargeons nous un peu.

Eh oui, si ça se durcit encore – ce que les nuages approchants confirment à grands gris – nous serions bien embêtés de voir nos voiles se fendre. Pire encore, de laisser le bateau se faire emporter dans quelques directions inconnues ou même de voir le mâts craquer. Wyl a beau être compétant, je ne le ferais pas affronter pareil cataclysme sur un simple coup de tête.

Tout le monde s'active dès que le second se met à beugler, une bonne chose tient, j'aurais pas à essayer de surpasser les vents avec ma pauvre voix. Lyra et Howell relaye les ordres et ne se privent pas de les effectuer non plus. Enfin, tout le monde s'attache au pont pour éviter de finir en mer. C'est que là on se rend pas encore tout a fait compte, mais les vagues sont déjà hautes. Je vous avais bien dit qu'elles pouvaient emporter des bonshommes, non ? Je me précipite à mon poste, non pas que l'on puisse me forcer, je l'ai choisis ce poste tudieu ! Une fois derrière la barre j'attache une belle grosse corde autour de ma taille – dois-je préciser que c'est une fort belle taille où bien des hommes voudraient pouvoir poser leurs mains ? - et j'attrape ce truc ronds qui dirige si bien le bateau quand on le tourne et que l'on nomme affectueusement la barre.

Dargal me rejoint avec sa grosse stature d'Orc que je connais si bien. Sa voix, à lui, n'a pas tant de mal à surpasser la fureur de l'océan et je la jalouserais bien si elle n'était pas si grave et bourrue. Eh bien oui, c'est moins facile de faire sa coquette avec une telle voix.


- Les hommes sont à leurs postes Cap'tain. Wyl demande s'il doit éloigner les vagues ou donner le cap.
- Le cap, il ferait pas bon de faire demi-tour avec le grabuge qu'on a fichu la veille, je lui hurle pour me faire entendre. - S'il a le temps de danser qu'il s'occupe plutôt de ce fichu vent, il va finir par emporter mon tricorne.

Demande inconsidérée avec le tumulte actuel. Wyl aura bien trop matière à s'assurer que le navire  ne dérive pas pour s'occuper d'un vent aussi joyeusement turbulent. D'autant plus que les repères favoris de l'elfe, à savoir les courants marins et aériens étaient désormais sans dessus dessous. De toute façon Dargal en a bien conscience et il se contente de transmettre le premier  ordre. Sa voix porte vraiment bien, ou bien sont-ce les oreilles de l'elfe qui lui permettent d'entendre depuis ce mât tout la haut ? Le fait est que la créature la plus étrange de ce navire, ne perdons pas de temps à le décrire il pourrait avoir changer la forme de son nez d'ici que je finisse, se laisse souplement tomber sur le pont et vient s'installer dans un équilibre douteux sur barrière qui se dressent au dos de la barre. Je le traiterais bien d'imbécile s'il y avait matière à cela, mais de nous tous c'est le seul qui ne craigne rien de cette tempête. Heureusement, ses indications sont aussi précises que semblant ne venir de nulle part et aucune bourrasque ne parvient à faire vaciller le son de sa voix.
Est-ce parce qu'il est elfe ? Ou parce qu'il est cartographe ? Peut-être un peu des deux. Un élément exceptionnel de plus.

Sans que je comprenne pourquoi je sens la joie gonfler ma poitrine puis déchirer ma gorge dans un rire furieux. En fait si je le sais, c'est la même chose à chaque abordage et à chaque tempête. C'est ce soupçon de fierté qui me fait penser : ''Voyons voir qui de nous deux est le plus fort''. Ce soupçon de folie qui me vaut d'être considérée comme une chanceuse téméraire qui se jette au cœur des batailles les plus anodines et les plus folles sans m'appuyer sur plus que mon navire et mon insolent culot. Ce n'est rien de plus que ce sentiment de vivre pleinement et de risquer de mourir vraiment, cette arrogance qui me croire que je marque l'histoire et balafre le monde. Cette joie de me dire que je ne me suis jamais trompé de route.

Une fois encore je vaincrais, une fois encore j'aurais raison de l'adversité, qu'il soit humain, océan ou dieu. Personne ne pourra mettre fin à ma soif de gloire.


Ne faites pas attendre notre amie plus longtemps ! Réveillez vous bon sang ! Qu'on n'aille pas dire que l'équipage de Long John Silver s'est fait couler par ça quand même ! Si vous êtes des hommes c'est le moment de me le montrer ! Chantez et riez, la fête continue ! Et si vous lui faites honneur, je vous offre le tonneau de Rhum.

Cela va être amusant, forcément, aucune tempête n'aurait risqué de me réveiller sinon, pas vrai?

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 6 Mar 2015 - 20:59

Je soupirai.
Il avait suffit qu'un matelot débarque pour que mon câlin fonde comme neige au soleil.
Même Lyra était partie, malgré sa jambe charcutée que je venais de recoudre, cavalant déjà. Si la blessure se rouvrait une énième fois, les dieux sont témoins que ce ne sera pas de ma faute. Ce n'est quand même pas le rôle de l'assassin de soigner et encore moins de sauver des gens, alors les obliger à garder le lit...

Je m'assis sur mon séant, plus lasse qu'inquiète.
Et avec la désagréable impression de m'être faite abandonner par un amant, ce qui est un sentiment... relativement nouveau. C'est moi qui les abandonne –ou qui les tue– d'habitude, du moins. Il y a une première à tout, et ce soir semblait être un festival de premières.

À cet instant, mon esprit me passa à peu près tout ce que pourrait faire un saboteur, livré à lui-même sur ce genre de rafiot. Mais loin de tout cela, je m'étais déjà levée et précipitée sur la table pour reprendre mon arme, l'arbalète si chère à mon cœur, et le carreau posé à côté –miraculeusement encore là malgré la houle. Je la caressai un instant, du regard comme des mains, sous toutes ses coutures, pour vérifier qu'elle n'avait subit aucun dégât. Mais à part quelques éraflures, tout allait bien.

Soudain, des pas, non, le pressentiment de pas.
Mais déjà un pas résonne, puis un deuxième. Si étrange qu'il en est familier.
Ou si familiers qu'ils en sont étranges. Non, cela n'est pas... cela ne peut pas être... pas ici... Mais déjà mon regard est rivé sur la porte de la cabine d'où proviennent, j'en suis sûre à présent, les pas que je reconnaîtrais entre mille, si ténus qu'il n'y a que moi pour les avoir entendu malgré les vagues et les grincements du bateau.

La porte s'ouvrit doucement, sans un son, comme un spectacle muet.
Les yeux gris me transpercèrent, juste avant l'éternel sourire sous la sombre capuche.
Les longs cheveux noirs, dont quelques mèches filtraient sous cette dernière, ne changeaient pas. La perpétuelle armure de cuir noir, ne changeait pas. Si on pouvait trouver quelque chose de changé, c'était peut être son aura, plus calme, plus sereine, comme un lac en hiver.

L'Ombre.
Toujours sans bruit, il referma la porte, comme pour s'assurer que nous ne serions pas dérangés, et vint se planter à quelques mètres de moi. Puis un son déchire le silence, si assourdissant et si ténu que j'ai du mal à reconnaître ma propre voix :
– Comment...?
– Un peu comme toi. Mais sans aide et plus discrètement.
– Et... pourquoi ?
– Je préfère voir mes amis vivants que morts.
– Comment tu m'as trouvée...? Non, attends, tu étais au courant que je te cherchais ?
– Oh... tu sais, les choses sont rarement ce qu'elles paraissent être.
– Toujours adepte de phrases sibyllines, en tous cas...

Une fois n'est pas coutume, les yeux de l'Ombre sourirent autant que ses lèvres.
– Je ne savais pas que tu me cherchais, mais j'ai entendu dire que tu avais été aperçue dans la ville où je me trouvais. Tu as toujours des progrès à faire en discrétion, je me trompe ?
– Tu... fis-je, le souffle coupé par cette conversation surréaliste. Merde, mais pourquoi es-tu monté sur ce bateau ?
– J'ai déjà répondu à cette question.
– Et... s'ils te trouvent ?

L'Ombre me lança un regard si perçant et appuyé que je manquai de tressaillir –en réussissant toutefois à dissimuler mon trouble, si c'en était un. Dans le même temps, il répondit :
– Tu choisiras l'amitié la plus ancienne, non ?

Cette fois, je m'empourprai.
Comment savait-il que... et puis, que c'était-il passé, dans les faits ?
Rien de très compromettant, j'en étais sûre. Ou presque...

– Allons, je te taquine, sourit-il aussitôt. Pourquoi craindre ce qui se passerait si quelque chose de totalement improbable se produisait ? Pourquoi craindre un retour des anciens elfes ? Pourquoi craindre que la lune et la mer disparaissent ?
– Très drôle...
– C'est pourtant vrai ! Comment peux-tu croire que des pirates me trouvent alors qu'il y a de l'ombre à peu près partout, sur et dans ce navire ?

Cette fois-ci, j'en étais sûre, il se fichait de moi.
– Tu te crois si doué que ça ? Je te signale au passage que ces pirates connaissent probablement leur bâtiment par cœur, et qu'ils en utilisent probablement chaque centimètre carré. J'ai du mal à croire que tu arriveras à en débarquer aussi facilement que tu as embarqué.
– Tu verras bien, fit-il en se détournant dans l'intention apparente de repasser la porte.

Je souris, amusée par son air faussement blessé.
– Néri ?
– Quoi ? lâcha-il en se retournant vers moi, toujours drapé dans sa dignité.
– C'est gentil de t'être inquiété, et d'avoir prit le risque de venir me sauver.

L'immense sourire qu'il m'offrit me fit oublier toutes les misères que j'avais subies aujourd'hui.
– Une dernière chose, lançai-je alors qu'il passait la porte, j'aurai une proposition à te faire, quand on sortira d'ici.

Quand on retrouvera enfin une terre ferme sous nos pieds...
À ce moment, une vague plus grosse que les autres manqua de me projeter au sol, et ce n'est que grâce à mon équilibre légendaire que je ne m'affalai pas comme une loque à même le plancher. Le temps que je me redresse, l'Ombre avait disparu, comme à son habitude, me laissant seule avec les miennes.

Mais qu'est-ce que je me racontais ?
Serais-je celle qu'on abandonne, la femme qui reste, seule dans la maison, debout avec ses doutes, tandis que son mari affronte les dangers ? Serais-je une amante d'une nuit qu'on abandonne au lever du soleil ? Les deux pourquoi pas ! Non. Définitivement, non. Mes deux geôlières m'abandonnaient pour affronter la tempête, celui pour qui je m'étais embourbée dans ces ennuis venait et repartait, et moi ? On me laissait là, comme un objet fragile ?

Au cas où certains se poseraient malencontreusement la question...
Je ne suis pas un objet fragile.

Je ne me demandai même pas à quoi je pourrai bien servir une fois en haut.
J'avais simplement une sainte horreur de l'inaction et de l'attente.

¤

Je déboulai enfin à l'air libre.
Enfin, à l'air libre. Peut être qu'il l'était un peu trop, pour le coup.
Avant que lui ou une vague ne m'emporte, je me jetai sur le mât le plus proche et l'agrippai tant bien que mal.

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Wilwarin Gwilwileth
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 6 Mar 2015 - 23:19

Plus tôt.
___


Wilwarin pouvait peut être passer pour un fou, mais il ne l'était pas.
Du moins pas au sens où on l'entends. Certes il était étrange, différent, exubérant, joyeux, optimiste... mais il n'était pas fou. Vous me direz sans doute que la plupart des fous se pensent saints d'esprit. Oui ! Mais lui... il n'est pas vraiment fou ni vraiment saint d'esprit, vous voyez ?

Lorsque les autres avaient voulu débarquer à un port pour y festoyer, Wilwarin avait décliné l'invitation. Pourquoi ? Parce que s'il arrivait à tenir sur un bateau pendant plusieurs heures, il préférait de loin piquer une tête de temps à autres, lorsque le bateau n'avançait pas trop vite. Il n'aimait pas être sec. Et si une chose était certaine, c'est qu'il n'aimait plus la terre ferme.

Peut être vous en doutez-vous déjà, mais Wilwarin n'était pas vraiment le genre de pirate à se mêler aux autres, à envoyer de grandes claques dans le dos de ses camarades et à s'envoyer pinte sur pinte. Cependant, contrairement à beaucoup d'individus de sa race, il buvait, avait même une belle descente et aimait le contact des humains. Même si ces humains-là étaient assez différents de tous ceux qu'il avait pu voir dans sa vie d'avant, quand il parcourait le monde sous la forme d'un elfe-loup.

Perché sur le bastingage de la poupe, en dessous du premier des trois mâts, Wilwarin observa longuement la femme attachée contre la base du plus grand. Elle était étrange. Ses yeux, sa peau, ses cheveux... n'étaient pas ce qui le gênait le plus. Elle avait... une aura. Tous les sens de Wilwarin le lui criaient. Une aura trop dense, trop aiguë et trop tranchante.

Il ne put en détacher le regard, jusqu'à ce que la capitaine la fasse descendre dans sa cabine.
Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que les canons derrière eux tonnaient encore. Alors il se leva, ouvrit les bras comme pour embrasser l’atmosphère toute entière et ferma les yeux. Le vent, qui était en Travers par rapport au bateau –penchant même vers le Près–, changea bientôt de direction pour gonfler les voiles. Wilwarin oublia totalement la femme à l'aura dérangeante, tout comme il avait presque oublié où il était. Il était le vent, il était sa balise, son messager et son guide à la fois.

Cette euphorie dura de longues minutes, le temps d'arriver au large.
C'est là qu'il entendit la capitaine demander à ce qu'ils se reposent, et particulièrement lui.
Pourquoi lui spécialement ? Pour une fois, il n'avait rien fait pour énerver la capitaine ! Il grimpa donc dans les cordages pour échapper à la grosse brute verte, mais elle le menaça aussitôt de le traiter comme un déserteur, ce qui eut le mérite de le faire redescendre... d'une façon originale : il sauta. D'une hauteur de plus de vingt mètres. Un mouvement de ses mains sculpta l'air pour freiner sa chute, et il se réceptionna souplement, n'ayant eut à encaisser la force que d'un saut de cinq mètre. Son ossature fine, son équilibre et sa souplesse naturels avaient fait le reste.

Il sourit à l'orc.
Wilwarin aimait bien le Second.
Il l'aimait autant que la Capitaine, car tous les deux étaient francs et entiers, durs mais justes. Et aussi fiers et libres, comme seuls des pirates pouvaient l'être. Alors il lui obéit et partit se coucher, dans son habituel recoin à la proue où il dormait tranquillement, régulièrement aspergé par les embruns –il s'était rendu compte qu'il s'asséchait vite quand il dormait hors de l'eau.

¤

Quelques heures plus tard, ce furent ses sens en alarme qui le réveillèrent.
Ils le tirèrent d'un coup de sa couchette improvisée, lançant des signaux d'alarme à travers son cerveau comme les lumières d'un phare. Il fallut donc quelques instants à Wilwarin pour se rendre compte de la teneur du message.

Le vent et la mer enflaient.
Wilwarin tiqua. Quoi ? On l'avait réveillé uniquement pour ça ?
Et pourquoi les pirates allaient et venaient en tous sens ? C'est là qu'il comprit. Tous n'étaient pas des elfes-poissons. Aucun ne pouvait respirer sous l'eau, et le vaisseau non plus n'était pas fait pour flotter entre deux eaux. Ah ben oui.

Un immense sourire illumina le visage de l'elfe.
Ça voulait dire qu'il allait de nouveau pouvoir jouer avec le vent sans encourir les menaces du Second et du Capitaine ? Il sauta littéralement de joie, s'attirant de brefs regards énervés des membres de l'équipage, mais n'en eut cure, et gagna rapidement l'arrière du vaisseau, où Nuhada s'était déjà attachée à la barre pour ne plus en bouger, défiant les éléments.

Il se posta derrière elle, sur le bastingage, le vent hurlant autour de lui.
Il ne s'était pas encordé une seule fois, ne s'était accroché à aucun angle en traversant le bateau de la proue à la poupe. Il n'en avait pas besoin. Il n'avait peur ni du vent, ni de la mer, ni de quelqu'autre sorte de courant que ce soit. L'euphorie le gagna de nouveau. De nouveau il oublia tout, où il était, avec qui et pourquoi. Il avait une mission : permettre au bateau de ne pas couler ; et il n'en démordrait pas quelle que soit la force des éléments en présence.

S'il y avait bien une chose à laquelle il s'était attaché, c'était ces pirates, et par extension, leur navire. Ou l'inverse.

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 31 Mar 2015 - 0:33

La jeune fille me répondit par un sourire léger.

- Je ferai de mon possible pour les surveiller oui.

Parfait. J'acquiesçai d'un hochement de tête tandis qu'elle se tournait déjà.
Mon regard passa sur les hommes, puis remonta vers le ciel. Des nuages noirs, plus noirs encore qu'à l'ordinaire, s'étaient amassés au-dessus des flots et un vent soulevait désormais les vagues.

Ce n'était pas que je n'avais pas confiance en eux. C'était des hommes aguerris pour la plupart, rodés aux caprices de la mer, aux voyages, aux vagues qui se fracassaient sur la coque et manquaient de les jeter dans le ventre des créatures mythiques qu'on prêtait au cœur de l'océan. Ces hommes, Nuhada les connaissait encore mieux que moi. Pour sûr que s'ils étaient si incompétents que ça, ils seraient déjà passés par dessus bord depuis longtemps. D'ailleurs, certains étaient sur ce fichu navire depuis plus longtemps que moi...

Je chopai un marin et lui demandai d'arrimer le plus solidement possible la cargaison dans la cale pour qu'elle ne ballote pas dans les coups de roulis. Ordonnai à un autre de débarrasser rapidement le pont des marchandises lourdes qui pouvaient menacer l'équilibre du navire. Me dirigeai vers la barre, avalai les escaliers marches deux à deux et...

Une douleur lancinante pulsa de mon mollet. Je serrai les dents et jetai un œil aux coutures, interrompant mon mouvement en me tenant à la barrière de bois qui encadraient les escaliers. L'... assassin avait indéniablement fait du bon travail... ce n'était certes pas beau à voir, ça me tirait, ça pulsait sourdement dans ma jambe, mais les fils tenaient bon. Et ce n'était pas mince affaire, je le reconnaissais volontiers. Finalement, la douleur s'amenuisant après quelques millisecondes, je gravis le reste de la volée de marches et me retournai.

Un éclair fissura le ciel et illumina pendant une seconde impalpable le pont du navire, submergé par les eaux.

En contre-bas, Howell semblait s'adresser aux hommes de l'équipage, qui, à l'instar de ce qu'ils avaient l'habitude de faire avec moi, lui lancèrent des regards amers et dédaigneux. Nuhada quant à elle émergeait des entrailles du navire et posait une botte déterminée sur le pont, arborant toujours aussi fièrement son si tristement célèbre tricorne. Elle se précipita finalement sur la barre, me dépassant, s'y attachant fermement avec une corde. Je pris le temps de noter entre deux regards à Dargal qui arrivait qu'elle avait un sacré don pour faire les nœuds.

Le tonnerre grondait et le vent sifflait désormais si fort qu'il emportait avec lui les paroles qu'adressait la capitaine à son second. Et comme tombé du ciel, Wilwarin, lui, atterri à côté d'elle. Quelques secondes plus tard, j'entendis cette fois nettement les paroles de John Long Silver. Des paroles qui comme à l'accoutumé, semblaient vous arracher les tripes à la force des ongles.

- Ne faites pas attendre notre amie plus longtemps ! Réveillez vous bon sang ! Qu'on n'aille pas dire que l'équipage de Long John Silver s'est fait couler par ça quand même ! Si vous êtes des hommes c'est le moment de me le montrer ! Chantez et riez, la fête continue ! Et si vous lui faites honneur, je vous offre le tonneau de Rhum.

Déjà que les hommes avaient hurlé en cœur, poumons rugissants, s'accrochant néanmoins avec la force des fins de journée à ce qui pouvait être susceptible de tenir le coup. Je fis un pas vers la... Le navire heurta quelque chose avec un bruit sourd. Les cris des hommes firent écho à celui-ci. Qu'est-ce que... ? Le choc, d'une violence incroyable, ajouté aux vents massifs et déchaînés qui menaçaient de nous arracher au bois du pont, me projeta au sol. J'étais au sol ? Où est-ce que j'étais ? Je tendis une main lourde, comme écrasée par les lames de pluie glaciales qui tombaient du ciel furieux. C'était la balustrade des escaliers. Je me relevai. La tempête était belle et bien sur nous. Le rideau de pluie qui s'abattait sur l'océan était si dense que même la silhouette de la capitaine semblait floue et lointaine, brouillée, à quelques pas de moi. Je me retournai. Cherchai Howell des yeux.

En vain.

La pluie était aveuglante. L'océan tempétueux venait jeter contre la coque du Dernier Baiser des vagues toutes plus violentes et plus hautes les unes que les autres. C'était la panique à bord. La bateau inclinait, remontait, tombait dans un creux, était recouvert par une vague, emportait ses victimes dans les profondeurs abyssales, puis remontait, s'inclinait, rien n'était régulier. L'océan se déchaînait avec violence. Le pire serait que la fureur des vents, confondus en bourrasques, casse le mât en deux et emporte voile et verge au loin, en pleine mer. Mais... il n'était jamais rien arrivé de tel à Nuhada John Long Silver. Cette femme était bénie.

Je réfléchissais, encore à moitié assommée. Qu'est-ce qui n'allait pas ? On avait réduit la voilure, s'était mit à la cape pour diminuer la prise au vent. On avait vérifier et renforcer la solidité de la mâture et l'efficacité des pompes de cale à mains, comme toujours. On avait disposer l'ancre flottante à l'avant du vaisseau, arrimer la cargaison dans la cale... On ne pouvait rien de plus hormis nous remettre au talent et à l'expérience Long Silver et Wilwarin -j'avais beau détesté cet elfe misérable terriblement ennuyant, je devais reconnaître qu'en navigation... il faisait du bon boulot.

Et prier les dieux qu'ils veuillent nous laisser encore quelques temps en vie.

Un rapide coup d'oeil à ma jambe m'apprit que la blessure s'était rouverte. Je serrai les dents.
Je descendis les marches, luttant contre les éléments démontés. Un homme sortait du navire. Je l'interpellai, lui demandai si la coque été percée ou fissurée hurlant pour recouvrir le vacarme causé par la pluie, la mer, le ciel et les pirates. Apparemment non. Tout allait bien. C'était déjà ça.

J'étais de toute façon bien inutile dans ce genre de situations. Alors un peu plus ou un peu moins, ça ne changeait pas grand chose. J'aurais tout de même bien préféré ne pas avoir l'handicap d'une blessure en pleine tempête. C'était déjà assez compliqué comme ça d'y survivre...

Un mouvement attira soudainement mon attention. Quelqu'un s'était accroché au mât principal. Je plissai les yeux, bataillant contre la pluie diluvienne, avant que la réalité ne me frappe. C'était notre... invitée qui s'était mise dans cette posture ? Nuhada ne l'avait tout de même pas enjointe de venir sur le pont, si ? Non. Impossible. Et puis même si c'était le cas, au diable les ordres.

Je m'avançai doucement, jambes fléchies, ralentie par le vent, les secousses et surtout la douleur.

- Hey... toi ! lui hurlai-je à travers le rideau de pluie. Dans la cale !

Impossible dans ces conditions de voir plus loin. Impossible de retrouver Howell. Je serrai les dents, fis un pas en avant, tendis la main en direction de l'assassin, l'attirai à moi et lui indiquai les escaliers du menton. Je discernai un éclat de bois filant à toute allure et me protégeai le visage du bras. Mince, manquerait plus que finir borgne...
Je laissai partir l'assassin sans une autre parole, trop préoccupée par la situation pour admettre que je me serais bien noyée dans ses yeux plutôt que dans cette mer si capricieuse.

Après m'être assurée qu'elle descendait bien les marches, je jetai un coup d’œil alentours.

Quelques pas plus loin, luttant corps et âme elle aussi contre la tempête, je trouvai finalement la jeune fille que nous avions prit sous notre aile. Enfin, mon aile, vu que -malgré tout le respect que je lui devais- Nuhada avait l'attention d'un bigorneau -à savoir pas beaucoup. Ça faisait combien de temps qu'elle était parmi nous déjà ? Je ne me souvenais plus. Et moi, depuis combien de temps je servais le Dernier Baiser et sa capitaine ? Longtemps. Et en même temps trop peu. Trop peu pour mourir maintenant, j'entendais.

J'appelai Howell et lui demandai de me rejoindre.

- On a besoin de toi entière tu sais. Vérifie que rien ne fuit dans la cale, tu veux ? Elle s'apprêtait à s'y élancer quand je la retins en posant une main sur son épaule. Ah et... fais attention à toi avec notre... invitée. On n'est jamais trop prudents...

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Howell Ino'Sann
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 25 Avr 2015 - 15:06

Déjà la tempête fait rage. En une fraction de seconde, me voilà trempée. J'aide de tout mon possible les autres matelots pour essayer de dompter les flots qui jaillissent pour noyer le pont sous des vagues faisant parfois le double de ma taille.

Mon manque d'expérience en mer m'empêche de faire tout ce qui pourrait l'être, mais malgré les trombes d'eau qui me tombent dessus, je tiens le coup, et continue à épauler mes camardes qui se battent tout autant que moi.

La pluie tombe à présent tellement fort que j'ai du mal a discerner Nuhada qui arrive, lançant des ordres que je n'entends à peine. Je vois les autres s'activer autour de moi, sauf un homme que je n'avais encore que très peu vue, qui reste quelques instants perplexe avant de sautiller de joie quelques instants. Je comprend rapidement que cette personne n'est autre que l'elfe marin dont j'ai entendue parlé une ou deux fois.

Alors que les autres lui lancent des regards malveillants ( j'imagine que l'idée de se noyer dans ces torrents ne leur plaise pas plus qu'à moi ), je souris, en me disant que, après tout, si je pouvais respirer sous l'eau et dompter le vent, j'agirais de la même manière.

En attendant, je ne peux pas. Je me remet donc au travail, alors que les vagues sont chaque instant un peu plus grande. L'une d'elle me tombe dessus, me faisant tomber sur le bois trempé, et m’assommant à moitié. Je me relève malgré tout, mais mes sens sont quelque peu embrouillés, et à chaque fois que je tente de rester plus de quelques secondes sur mes deux jambes, une nouvelle vague me tombe dessus.

Plusieurs fois à suivre je m'écroule sur le sol, avant de renoncer à tenir debout. Je rampe un peu plus loin, en évitant tout ceux que je peux, et en me faisant marcher sur les doigts à plusieurs reprises. J'arrive finalement contre le mât, auquel je m'accroche pour enfin réussir à me mettre debout. Lorsque je relève la tête, je tombe nez à nez avec l'étrange femme qui avait été amené par Nuhada et les autres lors de leur retour de la ville. Je croise son étrange regard, avant d'entendre la voix de Lyra s'adresser à elle.

J'essaye désespérément de m'approcher d'elle pour lui demander si elle veut que je fasse quoi que ce soit, mais le vent est trop violent, et je manque de tomber à de nombreuses reprises, avant qu'elle ne m'interpelle. Je réussi à me tenir sur mes deux pattes devant elle, tandis qu'elle m'ordonne de faire, à mon tour, un saut dans la cale, pour vérifier si quelque chose ne va pas.

-Ah et... fais attention à toi avec notre... invitée. On n'est jamais trop prudents... me dit elle, avant que je m'élance le plus rapidement possible, afin d'échapper au torrent de pluie qui s'abat sur nous.

Lorsque je suis finalement à l'abri, seule avec la mystérieuse « invitée » j'examine chaque planche de bois, pour m'assurer que rien n'a été endommagé.

Sur mes gardes, comme Lyra me l'a conseillé, je sors tout de même mon poignard de son étui, et le glisse dans ma manche, prête à anticiper une quelconque attaque de sa part. Du coin de l’œil, je la surveille, tout en tâtant le bois du bateau : certaines des planches sont légèrement humides. Je fronce des sourcils, et regarde plus précisément quels endroits sont endommagés. Je les notes dans un coin de ma tête, avant de me retourner, afin de regagner le pont, et informer Lyra. Après coup, je pourrais peut être essayer de renforcer les endroits qui laissent l'eau passer, avec son accord. Quelques planches en plus, et normalement ça devrait tenir le coup jusqu'à ce qu'on puisse trouver quelqu'un qui pourra réparer ça bien.

Avant de retourner dehors, je me tourne vers la femme aux yeux étranges, hésitant à la laisser seule, ne serait-ce que pour quelques instants. Je la fixe un moment, et lui lance :

- Je reviens tout de suite. Ne t'avises pas de toucher à quoi que ce soit : c'est pas un moulin ici, et j'ai pas que ça à faire que de surveiller les faits et gestes de n'importe qui.


Je me retourne, surprise par mon cran. Je ne pensais pas pouvoir m'adresser à quelqu'un d'aussi important ( elle est restée un bon bout de temps seule à seule avec la Capitaine, après tout, ça ne doit pas être n'importe qui ) de la sorte.

Je prend une grande inspiration avant de sortir. Dès que je met un pied dehors, un rideau d'eau me tombe dessus. Je sens la pluie glisser dans mon cou, et mes vêtements sont une nouvelle fois tellement mouillés qu'il ne sont plus qu'un poids que je dois traîner.

Je plisse des yeux pour essayer de trouver Lyra, mais je ne vois même pas à un mètre devant moi. Je m'avance difficilement là où je l'ai vu pour la dernière fois.

Elle n'est pas là non plus.

Je cherche en vain pendant de longues minutes. Chaque instant, me demandant si j'ai pris la bonne décision en laissant l'autre seule dans la cale.

Je continue à chercher Lyra, mais je tombe sur tous les autres membres de l'équipage sauf elle. Je grommelle quelques injures incompréhensibles, avant de retourner vers la cale, pour prendre des initiatives moi même, et bloquer la fuite comme je peux.

Au moment où je m’apprête à retourner à l'abri, j'aperçois enfin Lyra un peu plus loin. Je me lance vers elle le plus vite possible, et lui explique la situation.

- Rien n'est très endommagé, mais ça va pas tardé si on fait rien. Y a des petites fuites, mais c'est encore rattrapable.
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 27 Juin 2015 - 20:44

Je dois dire que je n'ai pas été déçue.
A peine avais-je fini de rire au nez de la tempête qu'une vague particulièrement houleuse vint heurter la coque et manqua de jeter au sol si la poigne de Dargal ne m'avait pas maintenue. Comment lui avait-il tenu sur place ? Je ne sais pas, je le soupçonne parfois d'avoir des griffes à la place des doigts de pieds et de les planter dans le sol.. mais je n'ai jamais trouvé de griffe, alors je suppose qu'il a un bon sens de l'équilibre.. ou juste que c'est mon Dargalounet. Wyl n'avait pas sembler bouger d'un poil et continuer de me confier de multiples indications que j'attrapais un peu au hasards.
Inutile d'être savant pour se douter qu'il y aura du dégât et j'espérais que le Néreïde s'en sorte sans trop de casses. M'enfin, si on devait couler pour quelques vagues, on s'rait pas de vrais pirates.

Plus important, c'est la vie des marins qui me semble singulièrement menacée par cette affreuse tempête. Le navire tangue et louvoie dangereusement et il ne faut pas oublier les vagues qui traversent le pont sans le moindre ménagement. Si on ne perds pas un ou deux bonhommes, c'est que finalement il me restait encore pas mal de chance.

Je n'irais pas jusqu'à dire que je m'inquiétais vraiment, mais je parcourais tout de même le pont du regards pour m'assurer, à travers les trombes de pluies, que je n'étais pas seule à lutter. Je voyais surtout des formes, reconnaissait vaguement des silhouettes. Personne n'était ménagé, toutefois tous s'accrochait et j'en était heureuse. Du moins, jusqu'à ce que j’aperçoive une tempête de cheveux roux apparaître sur le pont.. Par l'sang bleu d'un elfe, qu'est-ce qu'elle faisait là ? Non pas que ce soit pas adorable de la voir s'accrocher misérablement au mât, mais préférerais qu'elle ne meurt pas sans mon accord. Est-ce trop demander que d'attendre gentiment à l'abri ?
Lyra l'a vue aussi et se déplace vers elle, mais à la voir peiner autant je ne peux que me souvenir qu'elle a encore une blessure. C'est bien elle, ça aussi. Toujours à trop en faire quand il faudrait juste qu'elle se repose. Je m'en vais te ficeler ces deux là, elles vont apprendre à se tenir tranquille !

De toute façon, au rythmes où vont les choses, je n'aurais plus besoin de beaucoup de marins sur le pont. Juste de quoi manœuvrer, une poignée en somme et si possible pas convalescent. Dargal doit en avoir conscience et il sait aussi que c'est le meilleur moyen d'éviter les pertes inutiles.

Je donne une claque sur son gros bras pour attirer son attention et lui fait signe d'y aller. Il hésite un instant, comme s'il rechignait à quitter mes côtés en plein milieu d'une tempête, mais je ne suis pas une choses fragile et je lui aurais fait les gros yeux pour le lui rappeler si je n'étais pas déjà aux prises avec la barre. Finalement, il s'en va faire son boulot de second, se déplaçant difficilement mais assurément sur le pont et sélectionnant ceux qui auraient droit d'aller se reposer, laissant ainsi aux autres l'honneur de m'accompagner dans la tempête. Je ne sais pas combien de temps elle durera, mais faudra qu'on se relaye si on veut pas finir perdu au milieu de nulle part (bien que le vrai problème serait de finir en morceau, et ce quel que soit l'endroit où cela arrive). Je suis tout de même bien heureuse d'avoir eut le temps de me reposer. J'espère que Dargal obligera Lyra à en faire autant. Blessée ou pas, faudra bien qu'elle participe à cette fête si je veux en faire un capitaine un jour.


***

Dargal n'a pas pour habitude d'abandonner sa protégé dans les moments critiques et, bien qu'il ne soit pas le plus expérimentés des marins à bords, il estimait cette tempête suffisamment puissante pour être critique. Après tout, un ennemi de chair et de sang, on peut toujours le tailler à la hache, mais du vent, des trombes d'eau et la foudre, il ne pouvait rien y faire. Au moins était-il rassuré à l'idée que l'elfe s'y connaisse plus que lui, mais la nature frivole de ce dernier ne le mettait pas beaucoup plus en confiance que cela.
S'il y a un avantage à être un orc dans cette pagaille, c'est principalement son poids. En se penchant un peu, il parvenait à s'assurer un équilibre viable et pouvait parcourir le bateau sans s'accrocher à tout ce qui lui passait par la main. Il ne pouvait pas courir d'un bout à l'autre mais il n'en avait pas besoin pour faire son travail. Il attrapa et ordonna à plusieurs hommes de se mettre à l'abri, visant particulièrement ceux qu'il savait n'avoir pas eut le temps de récupérer de leur fuite récente et aussi les moins expérimentés. Quand il fut certain de ne plus pouvoir enlever que deux ou trois paires de bras à cet enfer, il chercha les quelques femmes qu'il n'avait pas élevé de lui même. Il les trouva ensemble toute deux. Elles semblaient à l'oeuvre et il reconnut une fois de plus qu'elles étaient dignes d'être sur ce navire. Mais Howell avait beau apprendre vite, elle n'était pas de taille ici et de ce qu'il en savait Lyra était blessée. De plus, il serait stupide de perdre trop de membres de la chaîne de commandement en même temps.

Il s'approcha d'elles avec sa lourde carcasse et quand il fut certain qu'elles ne pourraient que l'entendre beugler, il beugla ses ordres : « Foutez moi l'camp du pont ! Z'êtes mis au r'pos jusqu'à nouvel ordre. »
Il ajouta à cela un grand signe du bras vers la cale et resta auprès d'elles jusqu'à être certain qu'elles obéiraient. Il avait assez côtoyer Nuhada pour savoir que les femmes étaient bien plus fourbes que les hommes. Il suffisait de leur tourner le dos pour qu'elles n'en fassent qu'à leur tête.

Enfin, il jeta un dernier regard autour de lui, cherchant une ultime raison pour rester aussi.. Mais il savait qu'il n'y en avait pas et qu'au contraire il y en avait pour qu'il se mette à l’abri. Après tout, il n'avait pas pris le temps de se reposer durant leur fuite et maintenant il le regrettait.

Il finit par descendre pour rejoindre le reste de l'équipage au repos.

[Navré du retard! En cas de sushis hésitez pas à me mp ;) ]

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 28 Juin 2015 - 20:17

De l'eau, de l'eau partout.
Au-dessus, au-dessous, sur les côtés, partout.
Il y en avait dans l'air, que j'inspirai difficilement, il y en avait sous mes pieds, sur le pont, mais aussi tout autour de moi, en vagues que j'aurais plus volontiers qualifié de montagnes que de vagues. C'est alors qu'il se passa quelque chose de totalement inattendu, ou du moins que moi, je n'attendais pas du tout : un ange m'apostropha.

Ma sauveuse m'attira à elle, à qui je m'agrippai avec l'énergie du désespoir.
Sans que je l'eusse prémédité, mon cerveau, par une déformation professionnelle sans doutes, capta que la blessure de Lyra ne s'était toujours pas remise, et qu'elle s'était rouverte de plus belle. Mais avant que j'ai pu articuler un mot –si tant est que j'y soit parvenue–, elle m'indiqua les escaliers proches que je n'avais pas même aperçus à travers les éléments déchaînés.

Alors que je m'écartai à regret de l’appui sécurisant de Lyra pour me diriger tant bien que mal vers ma destination, je croisai un regard que j'eus du mal à décrypter, celui d'une jeune fille –diable, combien de femmes y avait-il sur ce bateau ? Du moins une de trop : moi.

Je grommelai en descendant les marches.
Je n'avais jamais demandé à venir sur ce maudis rafiot, moi.
Je manquai de m'effondrer en bas des marches, vaincue par les éléments bien mieux que par n'importe quel ennemi de chair et d'os. Avant que je retrouve mes esprits, une présence était là, dans mon dos, à fouiner dans je-ne-sais quel but.

Mes boucles rousses tombaient en pluie sur mes lèvres à la respiration saccadée.
Je me relevai, encore un peu vacillante, notant au passage quelques détails sur mon vis-à-vis, qui n'était autre que la jeune fille dont j'avais croisé le regard, une poignée de secondes plus tôt. Un éclat dans sa manche –encore une déformation professionnelle– m'apprit qu'une lame s'y trouvait. J'entendis la tirade qu'elle me lança, et retins difficilement un sifflement dédaigneux tandis qu'un éclair malveillant fusait dans mon regard. Ne me tourne pas le dos.

Ne me tourne pas le dos !

La lame apparaît dans ma paume alors qu'elle se retourne.
Sa nuque est là, sous ses cheveux noirs parsemés d'embruns. Si proche, si... fragile.
Je ne compris pas moi-même l'impulsivité de ma réaction. Ma main gauche se leva pour frapper, mue comme par des fils de marionnettiste... puis s'arrêta. Ma main droite, qui s'était levée pour lui prêter assistance, venait de se refermer autour de mon poignet. Je clignai des yeux, stupéfaite.

Qu'est-ce que j'allais faire ?
Mais qu'est-ce que j'allais faire ? Je m'apprêtais à tuer cette fille, j'étais devenue folle ?
Je voulais bien croire que tout ce qui s'était passé depuis la nuit précédente avait été fort en émotions de toutes sortes, mais était-ce une raison pour réagir aussi impulsivement pour... pour... pour quoi d'ailleurs ? M'avoir parlé comme à une enfant ? Ne pas avoir peur de moi ? Pire, se ficher de ma présence comme d'une guigne ?

N'importe laquelle de ces raisons me faisait passer pour une irresponsable ou une imbécile.

Lorsque je relevai enfin le regard de mes paumes, la fille était bien entendu partie.
Je m'obligeai à respirer par le ventre pour calmer les battements irréguliers de mon cœur, fis disparaître le poignard et passai une main trempée sur mes paupières fatiguées et emplies de sel et d'iode. Contrairement à ce que mes émotions m'avaient poussées à ressentir, ma colère n'était pas dirigée contre cette jeune fille, mais bien contre moi-même.

Parce qu'enfin, qu'est-ce qui m'avait prit ?
Quelle était cette multitude de mauvais choix qui m'avait conduit ici ?
M'aventurer dans cette auberge, en partir sans explications, rester espionner le capitaine et ses subordonnés au lieu de fuir, et, celui que j'avais le plus de mal à regretter, tuer le chien enragé qui menaçait Lyra au lieu de m'enfuir. Sans compter celui que je venais d'entreprendre. Pourquoi diable étais-je monté sur ce maudis pont déjà ?

Je relevai finalement la tête, à nouveau claire, et inspirai, de nouveau calme, ou peu s'en fallait.
J'en avais eut marre qu'on me dise quoi faire... c'était toujours le cas, d'ailleurs. Mais je devais quand même avouer que sur ce bateau, les mieux renseignés étaient fatalement les pirates qui l'occupaient.

La pièce –si on pouvait appeler ça ainsi– qui se trouvait au bas des escaliers était remplie de choses et d'autres, cela allait du baril de poudre à des cordages enchevêtrés, mais aucun marin n'était en vue –ils devaient se trouver dans la cale, ou une autre partie de ce maudis rafiot. Je me refis au passage la promesse que jamais je ne grimperai de nouveau dans semblable galère, de mon propre gré du moins.

Grommelant encore d'avoir à rester à attendre au lieu d'agir, je m'assis sur un tonneau, me fondant sans l'avoir prémédité dans les ombres épaisses qui tapissaient l'endroit, vêtue de ma sombre tenue d'assassin. Je ne me rendais pas encore compte que si une personne entrait, elle aurait bien du mal à m'apercevoir.

Je tâchai de prendre mon mal en patience, et, cherchant à m'occuper les mains, j'entrepris de vérifier mon équipement, remettant en place certaines parties de mon armure de cuir, ajustant certaines sangles, en resserrant d'autres. Cela fait, je vérifiai chacune de mes lames avant de les remettre dans leurs gaines, graissant ou affûtant celles qui le méritaient.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Jeu 21 Avr 2016 - 21:13

J'étais entrain d'aider tant bien que mal les marins qui s'activaient à survivre à la tempête quand Howell m'interpella. Elle se précipita vers moi, et défiant les hurlements de la tempête qu'elle essayait de couvrir d'une voix forte, elle s'exclama : « ... très en…magé… si on… rien… petites fui… core r...pable ». Trempée jusqu'aux os, la pluie s'abattant sans discernement sur nous, les yeux et la vue voilés, haletante et essoufflée, je mis quelques longues secondes à comprendre ce qu'elle avait voulu me dire. Enfin, comprendre était un bien grand mot car en réalité il s'agissait plus de « deviner », ou même « supposer ». En fait, il n'y avait qu'un seul mot qui avait fait mouche : fuites.

Par les dents du Kraken, des fuites ! Certes, c'était prévisible vu la violence de la tempête et des vagues… mais les fuites n'en demeuraient pas moins les pires ennemis des navigateurs… Quoi de pire que de sombrer en pleine mer à cause de ça ?

Au moment où j'allais conseiller à Howell de rejoindre la cale, Dargal hurla des ordres. Sa voix était à l'inverse des nôtres presque discernable tant il avait du coffre. Aussi fut-il impossible que nous n'entendions pas qu'il nous invectivait de quitter le pont et nous mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre. D'autres de nos compagnons se bousculaient pour rejoindre la cale, étaient déséquilibrés par un choc violent, tombaient, se relevaient péniblement dans la pagaille, descendaient. Sans réfléchir plus longtemps, je me précipitai en boitillant vers les escaliers après que le dernier en vue s'y soit engouffré, faisant passer Howell devant moi.

Un dernier coup d’œil vers la capitaine m'apprit qu'elle avait plus ou moins les choses en main. Loin de moi l'idée de contester ses ordres, pour une fois. S'il y en avait une sur ce navire capable de combattre tête haute une tempête digne de ce nom, c'était elle. S'il y en avait bien une sur ce navire qui avait l'expérience qu'il fallait pour limiter les dégâts, c'était elle. Et enfin, s'il y en avait une sur ce navire capable de nous sortir vivants de cet enfer, c'était encore elle.

Nuhada John Long Silver s'était accrochée à la barre, si charismatique que personne sur ce navire n'aurait même une seule seconde douté qu'elle soit capable de s'en sortir. Son inséparable tricorne trônait toujours sur sa tête. Décidément, pas même une des plus terribles tempêtes ne pouvait le lui arracher ! N'y avait-il pas un brin de magie dans tout ça ? N'y connaissant pas grand-chose en la matière, je me dis que cela continuerait d'alimenter sa légende encore longtemps.

Je me pris à esquisser un vague sourire avant d'emboîter le pas à Howell et d'engager la descente à mon tour. J'étais sur la plus haute marche quand un éclair zébra de nouveau le ciel et qu'éclata un terrifiant coup de tonnerre.  Ballotté par les vagues, le navire roula, nous projetant violemment contre la paroi des escaliers. Je retins un juron, m'arrêtai, repris mon équilibre puis la descente, m'arrêtai encore.

Sur le pont, dehors, les hommes criaient, relayaient les ordres. C'était le chaos. Arrivée en bas, je me servis d'un mur comme support : foutue blessure, foutue jambe ! Elle s'était rouverte... je détachai le foulard trempé à ma ceinture et l'attachai fermement autour, me cognant contre les bords des escaliers à chaque creux et vague. Ce n'était pas terrible, mais bon, c'était plus agréable à voir. A l'instar des pirates à l'extérieur, les hommes ici criaient pour couvrir le son de l'orage, couraient ou piétinaient dans tous les sens. Je remontai sur une marche pour qu'on me voit un peu mieux, m'accrochai à un anneau de fer au mur servant d'ordinaire à attacher la plaque en bois pour fermer l'accès.

« On s'active là d'dans ! Vérifiez que tout est bien arrimé dans la cale !  Si quelque chose se détache c'est le trou dans la coque assuré ! Alors rien ne doit se détacher ! Renforcez les liens ! Retenez les canons et les barils de vos propres mains s'il le faut mais tout doit tenir ! »

Certains s'étaient retournés et faisaient passer le mot à ceux qui, trop préoccupés par la cohue n'avaient pas entendu. Alors je redescendis et me penchai vers Howell pour qu'elle m'entende et demandai d'une voix pressante :

« Tu peux me montrer les fuites ? On risque de ne pas avoir beaucoup de temps… Même si nous avons la meilleure capitaine de tous les temps, elle risque d'avoir besoin de nous. Soyons efficaces ! »

Nous pénétrâmes dans la cale où les hommes s’affairaient déjà à maintenir les vivres et munitions en place. Je cherchai l'assassin des yeux, ne la trouvai pas, jurai entre mes dents. Où diable avait-elle pu passer ? Elle ne pouvait pas avoir quitter le navire quand même ! Ni s'être cachée… à moins qu'elle n'ait une quelconque idée en tête. Je tentai néanmoins de l'appeler, bien que je ne connaisse que son surnom.

Pas de réponses.

Nom d'un tentacule de Kraken ! Nous avions besoin d'aide, où pouvait-elle bien être ?

Je me retournai vers Howell.

« Bon, très bien… on va se débrouiller. Montre moi tout ça. L'océan n'a jamais fait sombrer ce navire, montrons-lui aujourd'hui encore que le Dernier Baiser ne craint pas les caprices de la mer ! »

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