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 Rien d'autre à faire

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MessageSujet: Rien d'autre à faire   Dim 17 Fév 2013 - 23:23

Cela faisait quelques jours que Mathan tournait en rond dans la ville de Quetaïn. Il n’avait pas de contrats à honorer pour le moment. Calme plat au niveau des missions, le néant. A croire que le monde ce portait plus que bien. « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Quel était ce Candide, misérable, capable de croire à une telle idiotie ? Bien sur que non e monde n’allait pas parfaitement bien. Des personnes se faisaient tuées pour un « oui » ou un « non » sur les routes. Par des hommes, des assassins, des créatures…. Par lui….

Non, le monde ne va pas bien. Le monde de Mathan en particulier déraille. Pas de mission. Pas de sœur, là, devant lui. Sa famille, son unique famille, quelque part dans ce monde sauvage. Sauvagerie qu’il entretient. Oui, il l’entretient ce monde sauvage. Mais il garde précieusement ces secrets. Quand Mathan n’a pas de mission, il s’attelle à confectionner des poisons dans un laboratoire mis à sa disposition. Mais voilà…. Il n’a plus d’ingrédients de base. Pas les plantes. Ceci lui ait aisé d’en trouver aux alentours de la Capitale. Mais des produits quelque peu chimiques, rares ou les deux. Acides, souffre,….

L’elfe fait venir ces ingrédients spéciaux par bateau. Des bateaux qui passent par la côte Ouest, évidemment. Ils ne devaient pas prendre le risque de passer par la mer des îles. En cas de contrôle par les Chevaliers, son chargement n’arriverait pas. Pire encore, les chevaliers remonteraient la trace jusqu’à lui, jusqu’aux assassins. Mathan ne pouvait pas le permettre.
Il attendait donc patiemment que son précieux chargement arrive. Mais hélas. Il ne parvint pas.

Le chargement ne parvint pas jusqu’à la capitale pour une bonne raison. Le marchand qui devait transporter la marchandise de l’estuaire de l’Embourbée à Quetaïn n’avait pas été livré. Le marchand n’avait pas été livré car le bateau n’avait plus la marchandise. Le bateau n’avait plus la marchandise parce qu’il avait été attaqué. Attaqué par des pirates. La belle affaire. Mathan ne pouvait pas se permettre de mettre ses travaux en stand bye pour six mois. Trop long. Surtout s’il n’avait rien de mieux à faire. Une belle aventure s’offrait à lui.

C’était décidé. Mathan partirait à l’aube à la recherche de ses ingrédients. Il prépara son paquetage avec soin : de l’argent, ses armes, son armure dans un sac, et quelques potions. Sans oublier son carnet de notes. C’est dessus qu’il consignait ses résultats concernant les potions. Testes, effets, et autres caractéristiques. Des renseignements très précieux que les autres assassins aimeraient bien avoir. Mais il était hors de question de leur laisser jeter un œil dessus. Bien trop précieux. Si ses travaux tombaient entre de mauvaises mains ? Comme si les siennes étaient pures….

Au bout de huit jours environs, Mathan arriva au port de l’estuaire de l’Embourbé. Il trouva l’équipage du bateau marchand en charge de sa commande. A force de persuasion, il obtient du capitaine et de certains membres d’équipage quelques précieux renseignements. – Mort lente, quelque peu douloureuse, suée froide, chute de la température du corps, pas de contre poison – mais ça on ne le dit surtout pas. C’était gratuit, mais ça soulageait.

Un bateau pirate, commandé par une femme, les avait dépouillé de toute leur marchandise et avait couleur leur bateau. Ils s’en étaient sortit, pour une partie, grâce aux canaux de sauvetage. Le capitaine n’avait même pas eu le cran de mourir sur son bateau…. Injustice réparée.

Commandé par une femme… Ça commande une femme maintenant ? Soit…. Il lui fallait trouver soit le bateau en question, soit un navire assez stupide pour l’emmener en mer à la recherche de ce pirate. On ne féminise pas ce mot, non mesdames. C’est ainsi que l’elfe se retrouva a arpenter un port.

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 19 Fév 2013 - 12:36

Une pièce moyenne au spartiate mobilier de bois.
Un lit simple, un grand bureau doté d'une chaise et quelques coffres, en grande partie vides. Pas de fenêtre, comme toutes les pièces du nouveau siège de la Guilde, qui a élu domicile dans les souterrains de Quetaïn. Contrairement à la chambre située à Akeraï, celle-ci ne contient que peu de livres. Il y règne une atmosphère légèrement poussiéreuse, peut être parce que son occupante n'y passe pas si souvent que cela et, quand elle le fait, c'est en général en coup de vent.

Des pas résonnent dans le couloir.
Ils s'arrêtent devant la porte, qui s'ouvre sans émettre le moindre son.
Des pieds couverts de fines chausses noires esquissent deux pas dans la pièce avant de refermer la porte, sans délicatesse mais sans la faire claquer. A l'image de la jeune femme qui enlève son manteau dégoulinant d'un liquide écarlate pour le poser sur un porte-manteau.

Incroyable.
Il n'y a donc que des imbéciles sur ce monde ?
Un assassin... qui a voulu la doubler... Deryn secoue la tête. Mais qu'avait-il dans le crâne ? Elle l'a laissé pour mort. Il ne l'était pas tout à fait. Elle secoue de nouveau la tête. Cela ne lui ressemble pourtant pas, de laisser quelqu'un qui respire encore... mais celui-ci, elle le connaissait –bof, raison de plus, me direz-vous. Enfin, passons, si jamais il survit, il viendra lui réclamer des comptes. Sinon, tant pis pour lui.

Deryn rejette ses mèches rousses en arrière.
Que devait-elle faire à présent ? Merde, elle avait plein de paperasse à faire... le conseil comptait la noyer ou quoi ? Quand soudain, un papier retint son attention. Elle ouvrit la feuille simplement pliée en deux et posée sur le bord de son bureau, et la parcourut rapidement des yeux. Ceux-ci s'écarquillèrent, se levèrent des lignes, puis replongèrent pour relire ces dernières. Non, impossible...

Elle regardait les flammes finir de consumer le bout de papier.
Elle l'avait lu et relu tant de fois que chaque mot, chaque virgule restaient gravés dans sa mémoire et ne risquaient pas de s'effacer de sitôt. Elle se mordit la lèvre. Elle était dans la salle commune du repaire de la guilde à Quetaïn. Elle devait en avoir le cœur net, elle devait y aller.

¤

C'était le soir.
Elle arpentait le port de l'embouchure de l'Embourbé, perdue dans ses pensées.
Son éternel équipement noir, aussi efficace qu'une armure, se coulait sur ses membres comme si il était liquide, accompagné plus haut de la capuche sombre qui ne la quittait jamais –sans la cape qui va avec, non, elle n'était pas un de ces assassins amateurs qui s'encombrent d'une jolie et encombrante cape noire qui les gêne dans leurs mouvement et qui ne peut que causer leur perte, les rendant plus repérables qu'un bouffon sur la place publique. Elle se coulait dans l'ombre des bâtiments, regardant chaque passant –plus si nombreux que cela– sans oublier de capter le moindre détail qui aurait pu lui servir d'indice.

Mais le port était vaste ; normal pour Quetaïn, le royaume le plus commercial des cinq.
Mais cela n'arrangeait pas son affaire, comment allait-elle trouver ce qu'elle cherchait, ou plutôt la personne qu'elle cherchait si l'endroit était aussi grand ? Elle soupira. Eh bien, il ne lui restait plus qu'à trouver un lieu dans lequel elle pourrait obtenir des informations... C'est alors qu'un grand fracas lui parvint, à quelques rues de sa position. C'est sans réfléchir qu'elle s'y précipita, imaginant quelque scénario dans lequel la personne qu'elle recherchait serait impliqué... il faut dire que son coude était prompt à se lever, et qu'une fois soûl il avait tendance à être...

Arrivée à la source du vacarme, Deryn cligna des yeux, surprise comme rarement elle avait pu l'être.

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Nuhada Long John Silver
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 20 Fév 2013 - 11:47

Nous avons accosté de nuit, fiers et guillerets. Voilà quelques jours que nos abordages se révèlent assez fructueux pour nous permettre une pause aussi méritée que coûteuse ! Il en est assez de ces arnaqueurs de pirates de nos chères et tendres contrées du sud ! S'il est un endroit où l'on peu s'amuser sans compter, mis à part pour son argent, c'est bel et bien à Quetaïn ! Pour peu que l'on s'allège d'une bonne bourse, il y a de quoi trouver la tranquillité pour une soirée ou deux ! Et de l'or on en déborde en ce moment !
C'est totalement incognito parmi les autres navires que Dernier Baiser accoste au port, pavillon baissé et canons cachés en cale. Un navire de pirate n'est rien de plus qu'un navire une fois son enseigne disparue. Et ses membres semblent être de simples marins. Mais dans le doute, un autre équipage à déjà débarqué plus tôt dans la journée. Celui de Néréïde, encore jeune et inexpérimenté mais qui mérite bien une pause après tant de pillages en règle sans échecs. Le capitaine est d'ailleurs sur le quai, nous regardant nous amarrer et descendre sur la terre ferme.

Aaahan ! Que l'air est frais sur un quai commerçant ! Et encore, bien plus que celui d'Akeraï. Pas de marais, pas de charogne et de vieux agonisant le long des trottoirs. C'est ce que j'appelle la civilisation. Bon, ça sent encore un peu le poisson, après réflexion, mais pour la louve des mers ce n'est que le quotidien. Un jour on fera une sortie plein air dans les prairie ou les montagnes. J'ai entendu dire que ça musclait de vivre à la montagne, c'est sûrement n'importe quoi mais j'ai toujours rêvé de voir de plus près ces petits gros bonhommes qui boivent tout le temps que l'on appelle des Nains ! Et puis c'est toujours marrant ces petits moments de détentes avec l'équipage et, surtout, ils casseront rien sur le bateau pour faire la fête !

-Bienvenue à terre Cap'tain.
-Tu as trouvé de quoi faire notre bonheur Faryl?
-Une taverne à l'écart des habitations, assez grande pour nous tous et munis d'une bonne réserve de Rhum cap'tain !
-Et les gardes?
-Ils ont accepté le prix que vous aviez convenu.
-Fort bien!


Et voilà ! Du rhum, une taverne et pas de gardes pour nous embêter ! Ce sera une soirée inoubliable. Tout l'équipage abandonne le navire pour emboîter le pas de Faryl et découvrir le lieux de nos réjouissances. Se peut-il vraiment que personne ne reconnaisse en nous des pirates ? Eh bien oui ! Tout les marins ne sont qu'une bande de braillard ne réclamant qu'à trouver la chaleur d'un bon établissement et d'une bonne paire de jambe lorsqu'ils retrouvent enfin la terre ferme ! Quoi de plus normal, ces hommes se privent de bien des plaisirs pour celui de s'envoyer en mer. N'importe qui donnerait cher pour avoir compensation.
D'ailleurs, mon bon Faryl ne fait pas les choses à moitié pour ses hommes, le voici qui me demande s'il peut faire venir quelques prostituées pour combler tout les désirs de nos hommes. Ma foi, tant que ce n'est pas moi qui paye pour ça, qu'ils se fassent plaisir ! Et à peine le lui ais-je répondu que j'entends les hourra de mes braillards secouer le port.
Nous passons bien devant deux ou trois encasqués de l'armée de Quetaïn, mais ils passent leur route sans ne rien dire. Vu la somme que je leur ai versé, cela ne m'étonne guère et puis, il faut avouer que dans ce royaume on prête plus d'attentions aux marchands frauduleux qu'aux pilleurs généreux. Vous ais-je déjà dit que cette fête serait inoubliable ?

La taverne est sans dessus dessous alors que l'on a pas encore entendu le premier des douze coups de minuits. Les braillards tapent sur les tables, s'engueulent de vivent voix, s'assènent des tape dans le dos à terrasser des mammouths et vomissent l'alcool autant qu'ils l'ingurgitent ! Le tavernier est désemparé, il ne sait s'il doit se réjouir ou pleurer, mais je lui ai promis compensation sur ses pertes, il se retient d'aller chercher un garde, préférant tenir son rôle à carreau que de risquer de traverser la mêlée.
C'est la fête à la taverne! Des pirates de partout qui dansent, qui pètent, qui rotent, qui boivent, qui tombent, qui chantent, qui meurent, qui ressuscitent et qui s'endorment au pays du bon petit verre!


Tous finirons par danser la gigue
La corde au cou au quai des pendus
Toi John Forrest et toi John Merick
Si près du gibet qu'j'en ai l'cou tordu.


On l'a chantée, rechantée à nous en crever la gorge ! La décence n'existe même plus tant les esprit se sont échauffés et embrumés. Je suis presque sûr d'en avoir vu un pisser par dessus une fenêtre comme s'il pissait par dessus bord ! Quel joyeux bordel, ponctué de violents coups sur ma droite. Ce bon vieux Dargal enchaîne choppes après choppes, adversaires après adversaires. S'il tient toujours la cadence, je peux dire à ses propos délirant qu'il n'a plus les esprits clairs ! Dire que je l'ai fait passer pour un esclave Orc.. vu tout ce qu'il boit le tavernier ne doit plus être dupe.
Bah ! La taverne est à nous!

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Lun 25 Fév 2013 - 23:02

Alors qu’il marchait le long du port, un bruit, que dis-je, un baroufle vint heurter l’ouie délicate de l’assassin elfique. Sans courir, mais en se hâtant un minimum, a grandes enjambées souples et gracieuses, Mathan s’approcha de l’origine du vacarme.

A l’écart des habitations de la citée, et relativement proche de l’embarcadère, une foule de marins s’y était regroupés. Ils avaient l’air aussi éméchés que ceux qui se trouvaient à l’intérieur. Certains d’entre eux avaient couru chercher des fusils. Mais les gardes les retenaient. Qui diable ces marins voulaient-ils tuer ? Qui ces gardes voulaient-ils protéger ? De riches marchands ? Des chefs d’Etats ? Des personnes à détrousser … . Parfait. Mathan allait enfin se venger du vol odieux dont il avait été victime. Victime indirectement, car rappelons le, ce n’est que le navire marchand qui à été pillé. Il y avait juste la commande du jeune elfe à bord.

En passant le petit barrage crée par les marins respectable et les gardes, Mathan entendit les chants sortir de la taverne. Tout comme il vit une gerbe d’eau sortir par une fenêtre. Cette gerbe avait d’ailleurs plus une odeur de pisse contenant un fort taux d’alcoolémie.


- Quelle décadence… .

Murmura t-il plus pour lui même que pour la cantonade. Cependant, il était non loin d’une rouquine. D’ailleurs, son visage lui était familier. Mathan était très physionomiste. Et si un visage lui disait quelque chose, c’est qu’il l’avait déjà vu. Mais où ? Où pouvait-il avoir déjà vu un minois aussi ravissant ? Appartenait-il à l’une de ses conquêtes d’un soir ? Celles à qui l’on promet monts et merveille avant de disparaître au petit matin ? Celles qu’on à voler avant de partir ? A qui on a tout pris, les laissant sans sous, sans avenir.

Probablement. Mais si cela est le cas, il devrait se souvenir de son corps. Il se glissa discrètement derrière elle, sans bruits. Et tenta, par la mémoire, de redessiner ses courbes. Non. Rien dans ses souvenirs ne ressemblait à des courbes aussi pures. C’est du moins ce qu’il se dit avant chaque conquête.

Alors où avait-il vu ce visage ? Il l’avait vu, il en était sur. Ce qu’il ignorait, et pour cause, c’est qu’il l’avait croisé à Quetaïn. Et plus précisément à l’avant poste des assassins. Il n’avait pas fait le rapprochement avec ce lieu, car la jeune femme y passait tellement peu de temps que s’il l’avait croisée deux fois, c’était un pur hasard.

Le fait étant qu’il l’avait déjà vu. Il l’a prenait à tord pour une faible femme à protéger.


- Ma dame

Dit-il d’un ton très courtois

- Ce lieu n’est guère propice aux jeunes filles de votre rang. Laissez-moi vous conduire dans un endroit plus sur.

Entre faire bonne impression auprès d’une jeune fille et chasser sa bande de pirates, Mathan ne savait que faire.

- Sauf si vous voulez vraiment entrer là-dedans. En ce cas, laissez-moi être votre garde du corps.

Il s’inclina légèrement devant elle en lui tendant son bras. Si elle acceptait il pourrait courir la jeune fille et chasser ses pirates…. Avec un peu de chance, la bande de joyeux ivrognes de l’intérieur auront peut être des informations plus réjouissantes que les marchands.
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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 27 Fév 2013 - 13:26

Tous finirons par danser la gigue
La corde au cou au quai des pendus
Toi John Forrest et toi John Merick
Si près du gibet qu'j'en ai l'cou tordu !


Cette chanson, je l'avais déjà entendue.
Un sourire indéchiffrable traversa mes lèvres. Et... c'était une chanson de pirates.
Cachée dans l'ombre d'un bâtiment en face de celui-ci, mes yeux se plissèrent légèrement tandis que j'essayais de discerner ce qui se passait à l'intérieur de l'établissement. Une odeur d'alcool et de liquides corporels, des bruits assourdissants qu'il était ardu de démêler...

Seulement, il y avait cette chanson.
J'eus un sourire. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de pirates.
Et si j'allais leur rendre une petite visite ? Je jetai un regard aux marins et aux gardes qui bataillaient ferme, ennuyée par l'insistance des deux camps. Qu'ils aillent au diable et n'en parlons pl...

Une présence.
Là, tout près de moi.
Elle se rapproche.
Derrière moi.

Pas le temps de poser des questions.
Je ne suis pas à Akeraï. Si je me fais prendre ici, j'aurais du mal à m'en sortir... ou du moins, ça prendra plus de temps. Et présentement, mon temps, je voulais l'utiliser à aller voir ces pirates et à m'amuser, pour le moment. Au moment précis où j'allais ordonner à mes muscles de se mettre en mouvement, l'intrus parla. D'un ton courtois qui plus est.

- Ma dame

Je m'attendais à beaucoup de choses, mais pas à cela.
Je haussai un sourcil imaginaire, sans répondre.

- Ce lieu n’est guère propice aux jeunes filles de votre rang. Laissez-moi vous conduire dans un endroit plus sur.

Je clignai des yeux.
Il pensais connaître mon rang, celui-là ?
Un deuxième sourcil imaginaire se haussa. J'étais réellement perplexe.
Je n'avais pas bougé d'un pouce, et le regardai du coin de l’œil, toujours tournée vers l'auberge bruissante.

- Sauf si vous voulez vraiment entrer là-dedans. En ce cas, laissez-moi être votre garde du corps.

Je résistai à la tentation de rire.
Et un simple sourire se dessina sur mes lèvres.
Je décroisai les bras que j'avais jusque-là laissé croisés sur ma poitrine, et lui répondis :

– Je n'ai pas très envie.. d'aller dans un endroit plus sûr. J'accepte donc votre invitation, monsieur, si vous le voulez bien.

Il s'était légèrement incliné pour me tendre son bras.
J'y posai une main recouverte de noir –ben oui, ma combinaison faisait tout mon corps, pour ne pas laisser de preuves sur les lieux de mes meurtres– et lui lançai :

– Allons-y ? proposai-je en lui offrant le sourire le plus éclatant de mon répertoire.

Nous entrâmes donc dans cet endroit bizarre.
Cela sentait plus fort, beaucoup plus fort que ce que j'avais sentit depuis la ruelle. Cela me prit à la gorge dès les premiers pas dans l'auberge infestée de monde. Je souris, sentant que notre présence ne passerait pas inaperçue très longtemps...

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 1 Mar 2013 - 18:05

La nuit était noire et seules de maigres étoiles en trouaient le drap de velours. C'était à Quetaïn que le Dernier Baiser et son équipage avait décidé d'accoster. Nous ne manquions certainement pas de vivres, ni d'alcool, ni de rien du tout. Nos dernières attaques de navires marchands nous avaient rapporté largement de quoi rester en mer quelques semaines encore.
Mais voilà. Les hommes, même pirates, sont faits pour vivre à terre.
Alors nous avions jeté l'ancre. Là où nous pourrions passés inaperçus, là où les marins peuplaient autant les bars que les voyageurs en tout genre, là où tout était à disposition pour passer quelques très bons jours... et nuits. Quetaïn était parfaite pour cela. Plaque tournante des échanges commerciaux et des flux aussi bien licites qu'illicites, la cité, comme le royaume étaient reconnus pour leur majesté, leur prospérité. Quoi de mieux que de venir échouer ici le temps de rassasier les hommes ? Fouler la terre ferme ne ferait de mal à personne.

Sauf peut-être à une.

Je posai le pied sur le quai. J'avais laissé mon sabre et ma hache d'abordage dans mon local. Ce n'était pas la peine de se jeter dans la gueule du loup, il s'agissait d'armes beaucoup caractéristique de la piraterie ! L'air était frais, le port plutôt agité et malgré tout l'équipage qui n'était pas loin de moi, je ne me sentais pas en sécurité. Pas de sabre, pas de hache, pas d'océan. J'étais nue.
Nue, la chemise, le pantalon flottant dans la brise du soir.
Nue, avec pour seul vêtement, Royal, mon poignard.

Sans détermination je suivis les hommes de l'équipage qui faisaient pour une fois, bien marins et non pirates. Ils traversèrent le quai. Les rires fusaient, les accolades aussi. Tout allait pour le mieux. Ils semblaient vraiment heureux de passer quelques jours ici. Quoiqu'ils se réjouissaient surtout de leurs nuits.... C'était si évident ! Pourtant, à côté d'eux je n'étais pas loin de préférer retourner dans ma cabine, m'y enfermer jusqu'au départ. Je ne voulais pas revenir à terre....
Pas même que je voulais encore entrer dans une taverne.
C'était toujours la même scène.
C'était toujours la même angoisse.
Mais c'était stupide. Hozt ne serait pas là. Il était tavernier à Port-Escale. Pas ici. Il ne pouvait pas me retrouver. Et puis, il était peut-être déjà mort. Oui, mort. C'était un ivrogne, suant comme un bœuf au moindre mouvement. Son cœur n'avait pas dû tenir très longtemps. Surtout si c'était lui qui s'était aperçu d...

La Capitaine poussa la porte d'un bâtiment dont une lumière feutrée s'échappait des fenêtres. Les hommes la suivirent, agités, pressés. Ils s'y voyaient déjà, devant une bonne chope de bière ou un bon ragout brulant. Stupides ! Je m'arrêtai sous l'enseigne qui grinçait dans le vent nocturne. Taverne. Toujours, encore, une taverne. Là où l'alcool coule à flot, où les chants et les danses sont festives ; là où... j'avais été esclave, près d'une vingtaine d'années déjà. Que de mauvais souvenirs.

Je fis le tour du quartier, doucement. Des idées de vols derrière la tête. Une maisonnette là. Une lueur sous la porte, des voix qui s'élèvent, qui se taisent. Pourquoi pas ! De plus en plus intéressant !
Puis...
Pourquoi faire ?
J'étais déjà assez riche.
A quoi bon priver une famille qui était peut-être dans la même galère que moi plus jeune ?

Demi tour. Direction la taverne de laquelle un chant pirate s'échappait.

Deux personnes. Un homme et une femme entrèrent dans la pièce. Un couple surement. Quelle drôle d'idée comme soirée en tête à tête...

Je soupirai, m'adossai dos au mur, à droite de l'entrée et croisai les bras sur ma poitrine. Palsambleu que l'air était frais. Un frisson zébra ma colonne vertébrale. Je serrai les dents.
Il faisait nuit.
Il faisait froid.
Je n'avais rien à faire.
Il y avait certainement de quoi s'amuser à l'intérieur.

Mais qu'attendais-je ?

Je tournai la tête et découvris qu'un homme semblait avoir satisfait ses besoins par la fenêtre, de l'autre côté de la porte. Une grimace déforma mes traits. Répugnant. A l'intérieur, l'agitation avait grandi depuis tout à l'heure. Des bruits sourds, de tables déplacées, de verres brisés, de jurons...
Par l'Océan tout puissant, il y avait l'air d'avoir de l'ambiance là bas.

Entrer.
Vagabonder.
Retourner sur le navire.
Non. Entrer.
Oui mais...
Non.
Entrer.

Ma gorge sèche eut finalement raison de mon passé. Il me fallait boire. Un truc fort. Oui. C'est ça. Mon corps réclamait quelque chose de fort. A m'en faire oublier cette fameuse nuit à Port-Escale où... j'avais commis mon premier meurtre.

Je me décidai enfin et poussai la porte. Oula. Sacré bordel ici. Et quel brouhaha !
Des marins partout, de l'équipage pirate, incognito...
Et la Capitaine.
Si charismatique...
Que ça avait été généreux de sa part de convier tout son équipage à sa... fête.

Le couple de tout à l'heure n'était pas très loin et...
Par les crocs de Crocs !
Je n'avais jamais vu une femme si... magnifique...


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Nuhada Long John Silver
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 2 Mar 2013 - 13:29

Milles Dragons d'eau douce !
Y en a qu'ont vraiment pas froid aux yeux pour venir s'incruster dans ma taverne ! Un elfe en plus, par tout les dégénérés de Sipheaï on aura tout vu ! Quel dommage que Wilwarin soit resté près du navire, mais bon cette tête d'elfe farcie au poisson.,ou l'inverse, semble trouver plus de joie dans l'eau que dans l'alcool. J'aurais bien aimé voir la réaction de son congénère devant l'impensable allure de l'elfe-marin. Et y a pas que lui ! Y a aussi une rouquine au regard pas très courant. Ah ça ! Des yeux comme ça on en croise sûrement qu'en enfer, et par tout les démons de l'enfer on aimerait en croiser plus souvent des silhouettes comme ça ! Serait-elle venue faire concurrence à mes charmes cette rouquine ? Elle n'aurait peut-être pas du mettre les pieds ici, car il en faut peu pour échauffer mes gaillards !
La pauvre dame est déjà la cible de bien des regards, si avides et lubriques qu'ils en sont hilarants ! Mes braillards n'espéraient sans doute pas trouver réjouissance auprès de créatures si fantasques ! D'ailleurs, je doute qu'ils puissent en tirer plus que de l'espoir, car son elfe-galant se prête au jeu du protecteur.

Ah mais, ça pour une surprise ! Mais c'est la petite Lyra ! Héhé, l'enseigne aurait-elle finit de bouder ? Ou porterait-elle quelques curiosités vis-à-vis du blondinet aux grandes oreilles ? J'avoue que ces deux invités surprise me donnent envie de voir ça de plus près. Alors soyons généreuse et offrons à nos tourtereaux une place parmi nous ! En espérant qu'ils ne prennent pas la mouche devant les avances peu respectueuses que mes fiers pirates font déjà à la demoiselle. En fait, il y en a un assez bourré pour en faire aussi à l'elfe. Ça par exemple, il a du en boire des choppe lui!

Voilà qui promet d'être drôle, les réactions de ces pauvres âmes en peines qui se sont perdus parmi nous. Et puis, une occasion aussi de voir Lyra lors d'une festivité, ce n'est pas courant qu'elle se joigne à nous. En fait, je ne sais plus ! Elle est là parfois, pas là d'autres. Une véritable girouette ! Mes avis que seul le Rhum est une valeur sûr avec elle. Je me demande d'ailleurs si elle peut suivre la cadence de mon Orc, une choppe à la main !

Je fais d'ailleurs signe à mon Enseigne de venir me rejoindre. Ma table, en fond de salle, est bien entourée de quelques lèches-bottes et joueurs de cartes, trop éméchés pour jouer avec cohérence, mais bien décidés à gueuler leurs âneries, échanger leurs airs marins et se remplir la vessie d'alcool ! Une joyeuse compagnie, juste assez sage pour pouvoir être assise tranquille. Et pour veiller sur le bien être de leur cap'tain.
Est-ce nécessaire de préciser que, pour prendre mes aises, mes jambes se sont croisées sur la table et qu'au vu de la chaleur dans la pièce, ma chemise s'est vu ouverte de quelques boutons ? La taverne doit respirer sueur et la crasse, sans parler du dégueulis et de la fumée, mais l'alcool de ma choppe est si fort qu'il m'en lave les narines !
Je sais même pas comment je fais pour avoir l'esprit assez clair pour observer les alentours.

Ah ! Ils sont beaux les terrifiants pirates !
Oh oui, par les mers, qu'ils sont beaux à vivre leur vie sans aucun soucis.
Hakuna Matata les gars!

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 23 Avr 2013 - 20:53

Mathan entra dans la taverne avec à son bras une ravissante rouquine. Il pensait déjà la mettre dans son lit a la fin de la soirée. Mais c’était sans avoir vu la paire de jambes qui trônaient sur une table avec tant de désinvolture. L’elfe garda son calme apparent bien qu’en lui tout bouillait. Deux superbes créature au milieux de ces décadents.

- Vous buvez ma chère ?

Demanda l’elfe. Il attendit la commende de sa cavalière avant de s’éclipser au bar pour commander. Il ramena à la rouquine ce qu’elle avait demandé non sans se poser des questions sur qui elle pouvait bien être. Une si jolie créature qui buvais quelque chose de fort… . Lui, pris un rhum dans un grand verre. Il voulais garder l’apparence de boire de l’eau. Il ne faut pas se griller tout de suite voyons. Et le rhum ne pouvait que passer pour de l’eau dans un grand verre. Un liquide bien transparent, dans un grand verre. Qui n’était pas assez bourré pour aller renifler dans le verre d’un elfe ? Pas grand monde.

Ceci fait, le blondinet se dirigeât vers la femme aux longues jambes exposées sur la tables. Il la regardait en la dévorant des yeux, mais avec retenue. Mathan s’assit à sa table et lui dit.


- Ma dame, Est-ce vous l’honorable capitaine de ce joyeux équipage ?

Pour avoir une posture ainsi, au milieux de tant d’homme, elle ne pouvait qu’être haut placé dans cet équipage. Et l’elfe devait bien se l’avouer, bien qu’une femme aux commandes le déroute. Non mais franchement, avez vous déjà vu une femme être un mercenaire de talent ? Elles ne pensent qu’a porter les plus belles robes et avoir des enfants ! Enfants …. Mathan était assez mal placé pour penser ça…. N’est-ce pas lui qui couche avec les femmes qu’il détrousse ? Et s’il l’une d’elles, ou plusieurs avaient eu des enfants ? Qu’importe. S’il le faut il tuera la mère et le gosse pour effacer tout ça. Pas de témoin, pas de trace, c’est la règle chez les assassins.

- Si c’est le cas, très chère.

Reprit-il après avoir but une gorgée dans son verre.

- j’aurais besoin de savoir si vous n’avez pas eu vent d’une cargaison quelque peu illicite. Elle comporterait des substances chimiques potentiellement dangereuse….

*Dangereuse si traité par mes soins, évidemment*

Mais ceci n’était pas à dire, évidemment. L’elfe esquissa un sourire quelque peu sadique à cette pensée.
Mais Mathan n’eut pas le temps d’attendre une réponse de la pirate que la porte de la taverne s’ouvrit à nouveau. La nouvelle arrivante, plutôt jolie, semblait captivée par la rouquine. Mathan hésitait entre aller protéger sa cavalière ou rester questionner la pirate. La rouquine pouvait peut être se défendre seule…


*Observons et écoutons.*
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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 1 Mai 2013 - 23:07

J'en oubliai tout.
Le mois que mes recherches m'avaient fait passé sur les routes, l'épisode de la caravane, de la troupe de bandits et des deux guérisseurs, mon passage sur la plage basaltique de ma "naissance"... Tous mes doutes, tous mes questionnements, tout le mois qui venait de s'écouler s'est retrouvé comme passé à la trappe.

J'oubliai tout, absorbée par les larges yeux verts qui s'étaient posés un instant dans les miens. Était-il possible pour une femme d'être aussi belle ? Cela devrait être déconseillé, voire interdit. J'ai vivement détourné les yeux. Une pirate. Un parfum d'aventure et de mers turquoises. Un vent de liberté gonflant les voiles et faisant voleter les magnifiques et courts cheveux roux qui allaient de pair avec ce regard émeraude. Je grinçai légèrement des dents. Je n'avais rien contre les pirates, je les aimais même presque bien. C'est juste que...

Que je n'étais pas là pour m'amuser, au départ.
Au départ, je cherchais quelqu'un. Quelqu'un qui, lui aussi, aimait bien la compagnie des pirates. Je réprimai un soupir avant de reporter mon attention sur ce qui m'entourait. Une taverne pleine de pirates. Je jetai un coup d’œil à mon chevalier servant, lui demandant quelque chose de bien fort, histoire de me faire de l'effet. Puis il partit me chercher ce que j'avais commandé. Je m'installai plus confortablement. Je n'avais pas particulièrement envie de finir la soirée dans le lit de cet elfe, alors qu'il s'éloigne, ses vues sur moi me désespéraient.

Je n'ai rien contre les elfes, pas plus que contre les pirates.
C'est juste qu'il s'y croyait un peu trop. Et aussi, qu'il me croyait incapable d'assurer seule ma propre sécurité. Ça non plus, je n'avais pas trop aimé.

C'est alors que j'enregistrai du coin de l’œil un mouvement à ma gauche.
Une boisson –celle que j'avais commandé, en l’occurrence– était arrivée sur la table, mais mon "protecteur" avait à l'inverse très vite disparu... pour parler à une femme –une autre pirate et une autre superbe créature–, qui semblait être le capitaine, vu sa façon de se tenir, mais aussi au vu des regards des matelots autour d'elle. Bon, peut être pas capitaine, mais pas loin. Nos regards se sont croisés un instant. L'opale de mon regard s'est perdu une poignée de secondes dans le noir abyssal du sien.

J'ai sourit délicatement, puis je me suis prudemment détournée.
Non sans afficher un air de vainqueur en prenant une première gorgée de ma chope, tournant sans vraiment le vouloir le dos à l'elfe et à la pirate haut-gradée. Et j'ai continué mes recherches sans en avoir l'air, le museau dans ma chope que je ne buvais en fait que du bout des lèvres –et encore. Mon intention n'était pas d'être soûle avant l'heure. Cela dit, ne rencontrer que des sourires malsains en retour de mes observations commençait à m'énerver légèrement.

Certains se sont même avancés...
Ils n'auraient pas dû. J'ai planté mon regard dur dans le leur.
Mon visage n'était peut être pas le plus reconnu, mais mes yeux, eux, immanquablement. Tous connaissaient "l’œil du démon", mon surnom. Certes, j'étais discrète, mais au bout d'un certain nombre de victimes, on arrive finalement à trouver des témoins, voire des assassins de la guilde en quête d'un petit pactole –presque des traîtres en vérité.

J'avais donc l'affiche la plus placardée du pays.
Et des yeux que personne ne manquait de reconnaître.
Ils étaient... peu discrets, il est vrai. Mais d'ordinaire, ils étaient cachés sous ma capuche. Les pirates qui m'approchèrent étaient assez éméchés pour se croire très attirants. Ils ne l'étaient pas assez pour ne pas avoir peur de ces yeux-là. Certains appelaient même ces prunelles "dernier regard". J'ai toujours trouvé ce surnom légèrement présomptueux. Les pirates ont rapidement fait marche arrière et je me suis désintéressée d'eux. J'ai tout de même capté les murmures qu'ils ont échangé avec leurs compagnons de navire. J'ai soupiré, et ai reposé ma chope.

Mon geste avait été idiot, je présume.
Tout comme celui d'être entré dans cette taverne.
J'ai jeté un coup d’œil à l'elfe et à la pirate en pleine conversation. Puis j'ai balayé la salle du regard. Je ne trouverai plus rien ici. Je n'avais plus qu'à partir. J'ai prit le temps de finir ma chope avant de me lever dans le but de gagner la sortie.

J'ai voulu rabattre mon capuchon sur mes yeux quand un matelot ivre m'a percuté.
J'ai chancelé et ai brutalement heurté quelqu'un. Je me suis redressée sans aide et ai toisé ma victime. Je ne sais pas ce que j'aurais dit, si je me serais excusée, ou non, ou si j'aurais réellement dit quelque chose... Je pourrais vous dire que mon cœur s'est mit à battre plus fort, que le sang a afflué à mon visage, que j'ai eut la chair de poule ou je ne sais quelle idiotie...

Mais j'ai simplement perdu mes mots.
Mon sang avait déserté mon visage. J'ai voulu déglutir, mais cela semblait impossible.
Là, à quelques centimètres de moi. La pirate rousse qui m'avait causé tant d'émoi et que j'avais soigneusement évité de regarder pendant le laps de temps qui s'était écoulé depuis que je l'avais vue. Des sentiments étranges se répercutaient dans ma cage thoracique : jalousie, doute, envie... peur ? Puis, j'arrivai peu à peu à me reprendre.

Et serrai les dents.
Ce n'était qu'une pirate.
Juste qu'une pirate.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Jeu 2 Mai 2013 - 17:59

Tout juste arrivée que la chaleur me sautait au visage.
Magnifique n'était pas le mot. Mais je doutais qu'il en existe un capable de décrire pareille... femme. Nos regards s'étaient croisés et le temps s'était comme suspendu. J'avais pu noter ses yeux vairons. Et si celui dont l'iris d'un gris presque blanc était une pure merveille, l'autre... était un puits d'invraisemblance. Moitié rubis, moitié opale. Ce n'était pas possible. Ou alors ma vie en mer m'avait fait oublié les mystères de l'existence. Certains livres parlaient bien de magie. Etait-il possible qu'elle y soit liée ? Rien de bien étonnant avec ce charme...

Il me semblait avoir déjà rencontré un tel regard mais je ne parvenais pas à savoir où, quand ni comment... Puis me résignant à ne pas le reconnaître, le mien avait glissé sur ses lèvres, inéluctablement.

Mon cœur avait fais un raté, puis un deuxième. Je m'étais ressaisie pour l'observer plus distinctement. Du moins avais-je essayé. Certes les femmes ne courraient pas les ponts mais ce n'était pas une raison pour reluquer celle-ci ainsi...
Une aura sombre se dégageait d'elle, une prestance de ténèbres. Des boucles rousses encadraient son visage pâle. Je lui donnais la trentaine. Pas moins en vue des responsabilités et de la maturité qui émanaient de son attitude. Pas plus, sa peau était lisse, pâle sans aucune imperfection. Certainement que son travail la gardait cacher du soleil.

Mais quel travail exerçait ce genre de femme ?

Quoiqu'il en soit, elle avait l'âge adéquat, une aura intéressante et surtout une beauté sans pareille. Je laissai mon regard glisser sur elle, sur ses courbes... Elle était la liberté, l'inaccessible, l'intouchable et il se trouvait que ça m'avait toujours irrésistiblement attirée. Qu'est-ce que cela faisait de se balader aux bras d'une telle femme ? Je me prie à l'imaginer... Quelle aventure !

Mes yeux tombèrent finalement sur l'homme à qui elle avait accroché son gant de velours noir. Un elfe, évidemment. En témoigne ses oreilles de lutin crétin. Un elfe ! Je serrai les dents. Pourquoi diable s'entourait-elle d'un elfe ? Il n'y avait rien de plus stupide ! Et ce d'autant plus que l'homme semblait vouloir la protéger.

Je soupirai.

On ne les refaisait pas... mais il fallait être plus qu'un brin stupide pour proposer du soutien à pareille femme. Tout criait en elle qu'elle était prédateur. Elle avait l'air d'une veuve noire élégante, prête à sauter à la gorge de son mari. Et quel mari était-ce ? Un elfe... Un elfe ! Quel étrange couple. Un imbécile et une...

Il se pencha, lui demanda quelque chose avant de s'enfuir vers le comptoir.
Trop aimable.

Mon regard revint sur la jeune femme...

Nom de...

Je m'obligeai à reporter mon attention sur autre chose... et esquissai un sourire amusé.
Les hommes de l'équipage n'avaient pas froid aux yeux et dardaient sur elle des regards envieux où la fièvre faisait briller un éclat d'inconscience. Décidément, il n'y avait pas que moi qu'elle troublait.

Lyra...

Mon regard avait de nouveau glisser sur elle...
Je me mordis la lèvre et m'arrachai à sa vue. Supplice. L'air lourd de la taverne m'incendiait la peau. Je n'aimais pas les tavernes. Je n'aimais pas la foule. Je n'aimais pas les lieux clos. Je n'aimais pas le bruit. Que faisais-je ici alors ? Je n'avais qu'à faire demi tour, pousser la porte, sortir à l'air frais, respirer, faire un tour de la ville, rejoindre le navire... Rien de plus simple. Alors pourquoi restais-je là incapable de me décider à quitter l'établissement ?
Il faisait froid dehors.
Je n'avais rien à faire.
Et puis... j'avais besoin de rencontres.

A la vue de mes camarades de bord dont un bon nombre déjà étaient saouls je me pris à chercher la Capitaine Long John Silver. Quelle « fête » était-ce là ? Nos hommes étaient des habitués des alcools cuisants, comment cela se faisait-il que la majorité soit déjà grise ? Il ne me semblait pas m'être baladée autant de temps que cela...
Mes yeux s'arrêtèrent finalement en fond de salle où la... charmante personne qui nous servait de capitaine avait renversé sa chaise sur ses deux pieds arrière et avait croisé ses bottes crasseuses sur la table. Chemise ouverte avec impudeur sur son décolleté.

Je levai les yeux au ciel.

Quelle indécence...

Un bref regard à l'entour m'apprit néanmoins que l'équipage seul avait pris possession des lieux. Mais il n'en restait pas moins le couple de toute à l'heure. Jolie image de la marine que nous étions censés être que nous donnions là ! Et surtout, quelle crédibilité...

La Capitaine m'adressa un signe de la main. Une invitation à la rejoindre sans nul doute. Que le diable l'emporte... Je ne voulais pas m'asseoir à côté de cet...

Ah mais tiens donc, cet imbécile d'elfe crétin qui servait de second n'était pas là ? Il n'était peut-être pas si idiot que ça le lutin. A moins que Madame la Capitaine lui ai ordonné de garder le navire? Pauvre homme... Il n'était vraiment pas aidé. Peut-être espérait-il qu'un jour il prendrait le poste de capitaine et que c'était la raison pour laquelle il se pliait si facilement aux ordres. Encore un qui manquait de couilles. Décidément, ces elfes...

L'homme de tout à l'heure, justement, s'était assis à la table du capitaine et il avait, semblerait-il, déjà lancé la conversation. Sa compagne, quant à elle, sirotait un verre avec élégance un peu plus loin, leur tournant le dos. Qu'est-ce qui les avait fais débarquer ensemble, ces deux là ? Tout les opposait et ils donnaient l'impression de n'avoir cure l'un de l'autre. Je m'étais peut-être trompée sur leur statut...

Je balayai la salle des yeux. Rien ne me donnait envie de rester. Sauf peut-être la perspective de la jolie femme assise là-bas. Seule. Je grimaçai. Quelle folie me prenait de vouloir tenter le diable... ? Les cheveux qui tombaient sur ses épaules laissaient entrevoir la peau de son cou et...

C'était décidé : J'allais me payer un coup à boire. Je n'allais quand même pas me laisser prendre par la folie. Il me fallait un truc fort. Et au diable la Capitaine et ses discussions forts passionnantes ! Je ne voulais pas de sa compagnie.

Je me dirigeai vers le bar quand la femme se leva. J'épiais chacun de ses faits et gestes et ce, malgré mon intention de m'en détacher. C'était particulièrement... déstabilisant.
Des matelots saouls chantaient en dansant non loin d'elle. Je filai vers le comptoir en détournant les yeux. Le fait de savoir que l'on allait se croiser était insoutenable. C'était vraiment étrange comme sensation... J'étais irrémédiablement attirée par elle, suspendue à chacun de ses mouvements, suspendue à son regard si atypique, suspendue à la courbure de ses lèvres..

STOP, Lyra. Avance.


Je me ressaisissais... mais c'était avant qu'elle me percute après s'être faite bousculée par un compagnon de bord. Avant qu'un réflexe incompréhensible me fasse lui attraper le bras. Avant que ses yeux se lèvent, qu'elle se redresse, que nos regards se croisent, que le temps s'arrête, que mon cœur s'emballe, que les vertiges me prennent. La chaleur incendiait mon visage mais je me prie à prier les Dieux -s'ils existaient du moins- de cacher cette stupide rougeur.

Je rejetai la mèche folle qui me barrait les yeux pour me dégager la vue. Ça aurait été quelqu'un d'autre je l'aurais plaqué au mur et lui aurais arraché un œil de ne pas avoir fait assez attention. Ça aurait été quelqu'un d'autre encore, j'aurais peut-être articuler une excuse. Qui sait... Ça m'arrivait d'être dans un bon jour...
Mais voilà... ce n'était pas quelqu'un d'autre. C'était elle. J'étais pétrifiée...
Et je lui tenais le bras sans raisons.

Et merde.

Je le lâchai avec douceur en lui adressant un sourire confus et me forçai à articuler un semblant de quelque chose de compréhensible.

- Mes excuses... Ce n'était qu'une simple... précaution.

Précaution, Lyra ? Précaution... N'importe quoi !

Et je savais autant qu'elle qu'il n'y avait pas que de ça. Que faire ? Surtout il me fallait cesser de parler ou les tremblements dans ma voix finiraient de me trahir.

J'esquissai un sourire amusé.

Piètre façon depuis mon adolescence de me mettre à distance, en sureté, de réajuster le masque et de me faire reprendre le contrôle. Et ce, avec toujours une pointe d'impertinence. Car oui, j'étais joueuse et j'avais toujours eu le goût du risque. C'était indéniable. Ce sourire là était ma première et dernière arme, et elle m'avait, du moins jusque là, plutôt bien servie.
Bon, et maintenant ?
Je l'esquivai de l'épaule et me dirigeai vers le comptoir. J'étais là pour boire non ? Je humai au passage le parfum de ses cheveux et disparue derrière elle. J'étais entrain de perdre la tête. Je commandai un verre de rhum au tavernier et m'installai à la première table venue, tremblante. Je ne voyais plus rien. Il n'existait plus rien autour de moi. C'était le noir. Il n'y avait plus qu'elle, que j'avais laissé là. Derrière. Parce que la peur m'avait cloué à ma chaise et qu'elle m'avait fais asseoir dos à elle. Je fermai les yeux, poussai un soupir...
J'avais le sentiment d'avoir raté une occasion, d'avoir raté un petit quelque chose qui me laissait un goût amer en bouche.
D'être passée à côté sans rien faire...
De l'avoir laissé filer...

J'espérai une seconde faire machine arrière mais... Je grinçai des dents, portai mon verre à mes lèvres. Ma gorge était sèche. J'avalai un trait de rhum, refermai les yeux...

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 11 Mai 2013 - 19:14

Décidément associable au possible, ma jolie enseigne préfère prendre un air désespéré que rejoindre son splendide capitaine. On ne peut donc rien tirer d'elle a ce que je vois. Alors même que l'on est ici pour fêter bien des instants glorieux et profiter du nombre de perte minime lors des derniers abordages, toutes ces choses qui font aimer la vie et la piraterie, Lyra reste de marbre. Elle s'isole et va s'ennuyer dans son coin, ratant les anecdotes les plus drôles et les soirées les plus folles. Heureusement qu'elle sait se défendre, sinon l'équipage n'en aurait fait qu'une bouchée depuis longtemps. Si on ne fait pas l'effort de le côtoyer et de s'y intégrer, on est souvent en danger sur un navire. Mais Lyra et moi avons aussi ce talent de nous faire respecter.

Oublions un peu cette rabat-joie pour nous concentrer sur mes invités.

Pendant que je m'apitoyais sur le sort de la solitaire et lointaine Lyra, le jolie couple s'est séparé et je découvre que des mèches dorées s'approchent de ma table. Mon regard se veut curieux lorsqu'il se plante dans celui de l'elfe, mais il est quelque peu adoucie par l'immense sourire de joie que je n'arrive pas à défaire. Quand je bois, je suis heureuse, j'y peux rien et c'est pas plus mal. Sauf peut-être lorsqu'il m'empêche de jouer mon rôle de redoutable capitaine. De toute façon, le regard de l'elfe ne s'arrête pas sur mon visage et je ne peux que réellement m'amuser de le voir si intéressé par ma silhouette. Bon, pour la forme, je pourrais prendre l'air offusquée.. Mais comment lui en vouloir d'avoir si bon goût ?


- Ma dame, Est-ce vous l’honorable capitaine de ce joyeux équipage ?

Sans l'ombre d'un doute, il s’assoit à ma table sans même s'intéresser aux regards de mes compagnons. Un elfe qui n'a pas froid aux yeux, voilà qui me plaît bien. A moins qu'ils ne soient tous aussi dérangés que Wilwarin.
Je me garde pourtant bien de répondre à l'affirmative. Je ne suis pas du genre modeste, loin de là. La vie m'a appris qu'il vaut mieux attendre de savoir ce qu'on nous veut avant de se venter d'être capitaine de pirates. Il faudrait bien qu'il soit aveugle pour ne pas avoir reconnu ces terreurs des mers dans ces hommes sans retenus.


- Si c’est le cas, très chère. J’aurais besoin de savoir si vous n’avez pas eu vent d’une cargaison quelque peu illicite. Elle comporterait des substances chimiques potentiellement dangereuse….

Mon sourire s'efface et j'arque un sourcil étonné au petit freluquet avec son verre d'eau. Que ne vient-il pas me gâcher ma fête pour me parler affaire celui-ci? J'hésite à l'envoyer sur une fausse piste pour me venger.. mais bon, s'il a de quoi payer c'est une autre histoire.

-Que je sois capitaine ou non de ce joyeux équipage, il est des réponses que l'on n'offre pas à n'importe qui. Par chance, nous sommes au beau royaume féerique de Quetaïn ! Une jolie bourse vous distinguera aisément.

Je parle juste assez fort pour qu'un homme puisse m'entendre en se penchant un peu, au vu de ses belles oreilles je pense que la cacophonie qui nous entoure ne le gênera pas trop. Pourquoi m'égosillerais-je plus ? Je doute qu'il ait de quoi me convaincre de négocier avec lui. En temps normal je limite le marchandage avec la Crique, cela a le mérite d'étaler la réussite des abordages au grand jour et aussi de négocier contre de la poudre et des boulets. Bien sûr, je ne cracherais pas sur de l'or, mais les gens ne s'intéressent au marcher noir que pour faire baisser les prix.. Ce qui ne m'intéresse pas.
Cependant.
Je suis curieuse de nature, vous le savez, aussi je ne peux que m'intéresser à ces cargaisons potentiellement dangereuses. Je ne suis absolument pas une connaisseuse en terme de substances chimiques... d'ailleurs, personne dans l'équipage ne doit l'être.. Mais je ne peux que deviner que cet homme lui même est dangereux ! Hors.. une bonne partie de mon équipage n'est plus en état de tenir un sabre. Il est simplement hors de question de monter sur le bateau seule. Il me faut au moins Dargal et... Je jette un regard dans la salle.. L'amie de l'elfe croise mes yeux.
Tient, je l'avais presque oubliée. Pourtant, je me répète, des regards comme ça ne peuvent que marquer les mémoires. Un regard qui fuit le mien, dommage. Mais revenons en à mes réflexions.
Oui, je ne vois que quelques hommes encore capable de m'accompagner si je dois présenter la cargaison à cet elfe. Mais pas vraiment fiable.. Ah ! Mais Lyra n'en est qu'à son premier verre et elle tient aussi bien l'alcool qu'un sabre. Voilà, un Orc et deux femmes, cela suffira bien pour s'assurer que cet elfe ne nous fasse pas de mauvais tours.

Je pose le bout de mes doigts sur l'épaule de l'homme qui joue aux cartes à côté de moi. Le maître d'équipage n'est peut-être pas un combattant hors-pairs, mais il a le mérite de savoir répondre à mes appels. Il tourne sa grosse tête barbue vers moi. Ses joue sont bien rosies sous les poils sombre, il n'a pas craché sur le rhum à ce que je vois. Au moins, il est prêt à recevoir un ordre. Voilà qui est une bonne chose. Je me penche pour murmurer à son oreille.


-Demande à Dargal et Lyra de sortir et de m'attendre dehors. J'en aurais pour quelques minutes tout au plus.

J'ai la surprise de voir son visage devenu tout rouge alors que je m'écarte de lui. Se pourrait-il que mes lèvres aient trop frôlées son oreille ? Mon sourire ironique a tôt fait de lui reprendre ses esprits et il lâche un rapide ''J'y vais'' avant de se lever maladroitement. Amusant ces hommes.
Mais alors que j'allais reporter mon attention sur mon invité, un autre de mes hommes prend la chaise tout juste libérée. Une haleine lourde et puante se fait un chemin jusqu'à mon nez alors qu'une grosse voix résonne à mes oreilles.


-Cap'tain, je dois vous parler.

Je lève les yeux au ciel et prend une rapide gorgée de Rhum. Ce gars là a déjà du me faire des avances une quinzaine de fois depuis qu'il est sous mon commandement. Toujours avec plus d'audaces jusqu'à ce que je le fasse tomber du pont. Il a de la chance que je sois montrée si patiente. Bon, j'ai tout de même attendu quelques minutes avant de le faire repêcher. Ça a eut le mérite de le calmer. Jusqu'à présent semble-t-il..

[color=grey]-J'ai déjà vu les yeux de cette femme cap'tain ! Je suis sûr que ce sont de l'affiche.

Oh, il semblerait que ça marche encore. Il n'a pas besoin de m'indiquer de quelle femme il parle, il n'y en a qu'une que je ne connais pas ici. La fameuse rouquine.

-L'affiche mon grand ?

Je ne le regarde pas, j'ai bien trop besoin de garder les yeux rivés sur l'elfe pour m'y risquer. Après tout, nous parlons de la personne qui l'accompagnait en entrant. Il serait légitime de les penser associés.

-C'est dernier regard, Cap'tain. J'en mettrais ma main à couper!

Encore une fois, pas besoin d'en dire plus. Même quelqu'un d'aussi insouciant que moi a déjà entendu parler de cette personne. On lui rapporte tant de méfaits que je doute que la moitiés soient vrais. Pourtant, sa présence devrait déjà être une source d'inquiétude. Et qu'est-ce que l'elfe vient faire dans tout ça?
Je ne sais, mais si ce n'est pas réglo, il faudra que je règle tout ça de la pire manière qui soit.
Je pose déjà ma main libre sur l'un de mes pistolets, nonchalamment pour ne rien laisser paraître, mais tout de même un peu inquiète.


-C'est une bien étrange amie que vous avez là, monsieur l'elfe..

***

Au milieu des rires, des chants et des danses, un gros homme à la barbe broussailleuse se crée un chemin à coup d'épaules jusqu'à une table où l'on acclame une puissante créature à la peau verte. Une énième choppe s'abat puissamment sur la table et un énième adversaire s'affaisse sur le lourde table. L'Orc se frappe le torse d'un coup qui aurait fait tomber le plus solide des hommes autour de lui et pousse un hurlement de victoire. Le Maître d'équipage était sur le point de lui tapoter l'épaule, mais il se souvint à temps que la créature n'appréciait pas le contact physique, du moins ceux qui ne relevaient pas d'un défi à mort.

-Patron ! Le cap'taine veut que vous la rejoignez dehors.

L'orc tourne son imposante mâchoire vers lui et le maître d'équipage prie pour que l'alcool ne lui soit pas trop monté à la tête.. Ce qui relèverait du miracle vu tout ce qu'il a ingurgité depuis le début de la fête.

-Ca tombe bien, j'ai besoin de prendre l'air!

L'Orc lève sa lourde carcasse, peu assuré au premier abords. Lui même s'en est rendu compte et pousse un grognement de colère.

-DE L'EAU!

Sa demande, exprimée sous la forme d'un rugissement, se voit très vite exaucée par les matelots les moins enivrés. On lui apporte sur le champs un pichet d'eau qu'il se vide sur la tête. Le Maître d'équipage se dit que le moment serait bien choisi de faire suivre l'ordre à l'autre concernée, aussi ne vit-il pas les effroyables claque que la brute s'infligea pour remettre son esprit au clair. La méthode peut paraître un peu rustique, mais elle semble bien fonctionner puisque c'est avec plus d'aisance que précédemment qu'il parvient à quitter la taverne.

Comme pour le Second Dargal, il n'est pas difficile de retrouver l'Enseigne Lyra Maar. En effet, c'est l'une des rares personnes dans cette taverne que l'on a plaisir à reluquer. Le barbu ne put que damner les océans, une fois de plus, qu'une telle créature ne participe pas pleinement à leur festivités. Qui sait, alors, si un peu d'alcool n'aurait pas suffit à lui offrir sa couche. En tout cas, il ne s'aviserait pas de le lui proposer sobre, car il n'a que trop conscience de ce qui lui attire les faveurs du capitaine. Cette femme sait taper là où il faut. A part cela, il ne faut pas oublier qu'elle est dans l'équipage de la Corsaire depuis plusieurs années de plus que lui. Les rares personnes à avoir suivit Nuhada si longtemps sont presque des légendes et redoutables.
Néanmoins, il s'ose à lui tapoter l'épaule. Elle a beau être dangereuse, elle reste humaine et un membre de l'équipage. Une camarade en somme.


-Lyra, le cap'taine te d'mande de la rejoindre dehors.

Il hésite un instant à regagner son siège mais, comme il vient de se le dire, c'est une camarade.

-Chuis pas sûr de c'qui va s'passer mais ça à l'air important. Elle à aussi d'mandé le Patron. JChais pas c'qu'il veut cet elfe, mais le cap'taine le sent mauvais.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 20 Aoû 2013 - 23:15

La bousculade n'avait pas pu être assez forte pour vider tout l'air de mes poumons.
Alors où était-il donc ? Où fallait-il que je le cherche pour le retrouver ? Je me sentis commencer à rougir. Par manque d'air, uniquement par manque d'air. C'est là que je me rendis compte d'une pression sur mon bras. Ténue et excessivement puissante à la fois, délicate et gauche, douce et brûlante. Lâche-moi... Non, ne me lâche pas... Mais tu vas me lâcher, oui ? Non, surtout pas...

Elle me lâcha avec une douceur incroyable.
Un sourire aux couleurs chaudes de fruits exotiques gorgés de soleil paraît son visage, mais la perte de son contact sur mon bras me donna l'impression que l'on m'arrachait quelque chose de vital. Mon souffle se tarit. J'allais étouffer, quand elle ouvrit la bouche pour articuler quelques mots qui ressemblaient à des excuses.

J'ouvris la bouche pour tenter d'articuler quelques mots, une excuse, ou un juron, ou n'importe quoi... Rien n'en sortit. Je me dégageai de sa vue en titubant comme une alcoolique, me ressaisis et prit la porte aussi vite et discrètement qu'une ombre. Une fois dans la rue, je rabattis ma capuche sur mes yeux et filai chercher l'invisibilité dans la ruelle la plus proche. Qu'est-ce que je foutais là, mais qu'est-ce que je foutais là ?

Il fallait que je respire.
On avait dû me droguer, ou quelque chose dans le genre.
Peut être même qu'on m'avait empoisonnée ? Je sortis vivement une de mes dagues pour m'écorcher la paume et laisser goutter quelques gouttes de sang dans une petite fiole que je refermai d'un geste sec avant de commencer à la secouer.

J'agissais avec des mouvements presque saccadés...
La tristement célèbre Dernier Regard tremblerait-elle de peur ? Non, c'est complètement idiot. J'étais droguée, ou empoisonnée, cela crevait les yeux, et je n'avais bu qu'un seul verre, cela ne pouvait pas être ça, puisque je tenais l'alcool aussi bien que bien des marins –cela avait (presque) fait partie de ma formation.

Je cessai d'agiter la fiole, et l'observai attentivement.
Mais rien : ni violet, ni bleu, et encore moins vert, mon sang avait gardé sa jolie couleur vermeil, ne réagissant avec aucuns des réactifs que contenait l'éprouvette.

Je clignai bêtement des yeux, avant de me laisser retomber contre un mur.
Je passai une main sur mon front. Il était un peu chaud, mais cela rien d'alarmant. Je pressai ma carotide. Mon cœur battait follement vite, mais je savais bien que cela ne voulait rien dire. À moins que le poison que l'on m'ait administré ne soit indécelable... non, c'était impossible. Une petite voix voulu me souffler une évidence que je ne voulais écouter pour rien au monde. Je la fis taire.

Bon... Je ne suis pas empoisonnée, pas droguée, pas soûle –pas déjà.
C'est déjà ça... Mais alors pourquoi mon corps avait-il eut ces réactions étranges ? Je secouai la tête. Je me poserai la question une autre fois. Puisque celui que je cherchais n'était pas dans cette auberge avec ces pirates, il était forcément quelque part ailleurs... mais où ? Je baissai les yeux en sentant un liquide chaud dégoutter de mes doigts.

Je grimaçai en regardant ma paume détrempée de sang.
Dans ma hâte, je l'avais écorchée bien plus qu'il ne fallait... Je pris un rouleau de bandages dans ma trousse médicale, arrachai un morceau avec mes dents et entreprit de bander la blessure, en serrant bien.

Au moment pile où je rangeai le tout, des gens sortaient de l'auberge.
Je me plaquai vivement contre le mur, ne me rappelant qu'après que, cachée comme je l'étais par les ombres et mon habit entièrement noir, personne, pas même un chat, ne risquait de m’apercevoir –éventuellement, un félin aurait eut plus de chances de me sentir, mais pas depuis l'autre bout de la rue et encore moins avec toutes les odeurs du port...

Le cœur battant toujours la chamade –ben voyons !–, j'observai attentivement les personnes qui sortaient de là...

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 21 Aoû 2013 - 9:19

Les verres filaient sans que je ne les compte. Sans même que je prenne conscience que je les terminais, en recommandais, payais, buvais. Et vite. J'avais perdu aussi la notion de tout et surtout de ce qui m'entourait. Je frémissais. C'était des frissons où l'amour et l'alcool se mêlaient.
J'avais fermé les yeux et avais porté le froid de mon verre à mon front. Le contact frais contrastait avec ma peau brûlante. Dans ma tête, des marteaux frappaient des enclumes inconnues, faisant pulser mon sang dans mes tempes. Des bruits s'y fracassaient furieusement : des rires, des chants, des crissements de chaise sur le plancher... Un porte avait claqué mais j'ignorais combien de temps il s'était écoulé depuis lors. Le bruit faisait écho dans mon crâne. Il semblait loin et pourtant tout proche. C'était elle qui avait fermé la porte d'une démarche irrésistible et qui s'était évanouie dans le noir de la nuit. Elle que j'avais laissé filer. N'importe quoi, sincèrement. Un courant d'air, tout droit passé par la fenêtre ouverte traversa l'atmosphère enfumé et lourd de la pièce et vint titiller ma peau fiévreuse. Je frissonnai une fois encore. Un main se posa sur mon épaule. Grande. Ferme. Douce.

- Lyra.

La voix était lointaine. Ailleurs. Et masculine. Je ne relevais pas la tête, luttant contre mon cœur qui battait à tout rompre et mon sang qui y pulsait avec fureur et acharnement.

- Le cap'taine te d'mande de la rejoindre dehors.

Quoi ? Le capitaine... ? Demande ? Rejoindre ? Dehors ? Mais... n'était-elle pas censée faire la fête ? J'esquissai un mouvement. J'ouvrai la bouche, respirai -ou soupirai-, décollai le verre humide de mon front brûlant et levai les yeux. De quoi avais-je l'air pour qu'il me regarde de la sorte ? L'homme en question était le Maître d'Equipage. Il affichait un air inquiet. Peut-être était-ce ma tête  ou... Que venait-il de dire ? Le Capitaine avait besoin de moi ? Je clignai des yeux. Mais...
Pourquoi ?

-Chuis pas sûr de c'qui va s'passer mais ça à l'air important.


Par les dents du... Kraken. L'adrénaline sembla me réveiller. Un combat ? Un problème ? Que sais-je encore... mais...

- Elle à aussi d'mandé le Patron. JChais pas c'qu'il veut cet elfe, mais le cap'taine le sent mauvais.

Le Patron ? Ça devait effectivement être important ! Mais le plus urgent était d'apprendre à ce pauvre homme à quatre dents à parler correctement. Je posai le verre sur la table, à moitié vide ou... à moitié plein. Disons à moitié vide, au moins j'aurais l'impression de ne pas en avoir raté trop en me levant. Je jetai un regard à la Capitaine en fond de salle, puis mes yeux tombèrent sur Dargal. Le second. Son second. "Cet elfe" n'aurait qu'à bien se tenir... Elfe ? Il avait dit Elfe ?

Quel Elfe ?

Celui qui était arrivé avec... elle ?

Ça devait certainement être de lui dont il parlait. Du moins je ne voyais que lui...  La capitaine ne le sentait pas ? Et si... elle et lui étaient de mèche ? Après tout ils étaient arrivés ensemble et à peine arrivée qu'elle était repartie. Cherchait-elle quelque chose ? Quelqu'un ? Ou... était-ce autre chose ? Leur manège avait peut-être mal tourné...
Je n'avais soudainement plus envie de boire, ni de subir les effets de l'abus d'alcool. Les cloches de l'enfer résonnaient cependant toujours dans mon crâne. Il fallait que je sorte. Je rejoindrais la capitaine en même temps que je ferais cesser ces tambourinements infernaux.

Je me levai rapidement et ne voulant pas me répandre en grand discours, je remerciai le maître d'équipage d'un sourire, aimable, une fois n'est pas coutume. Ce dernier, déjà bien rouge, s'empourpra encore. Je manquai de pousser un soupir las -les hommes... quand apprendraient-il à se retenir- me rappelant la raison pour laquelle ce brave homme venait de me sortir de mes pensées. A quoi je pensais déjà, d'ailleurs ? Ah oui... Cette fois je soupirai bel et bien, et, forçant l'homme à se pousser de mon chemin, je me dirigeai vers la porte...
Et dire qu'on venait tout juste d'arriver ! Ce n'était pas amusant...

A peine celle-ci refermée que le vacarme assourdissant de la taverne se cède au silence de la nuit. Il faisait frais et la bise côtière, chargée d'embruns, venait titiller vos narines avec délices. Je m'adossai au mur, à droite de l'entrée, croisai les bras sous ma poitrine et rejetai la tête en arrière. Les maigres étoiles de tout à l'heure étaient désormais bien visibles sur le rideau noir de la nuit. Je cherchais quelques constellations des yeux quand Dargal poussa un grognement devant moi, attirant évidemment mon regard.

Sale brute sans cervelle ! pensai-je. Il valait mieux que je garde cette réflexion pour moi, nous sommes d'accord. On ne rigolait pas avec Dargal et je n'avais pas mes armes de prédilection sur moi. Et puis... nous devions déjà traiter affaires ! Et quelles affaires ? Un Elfe... Un Elfe ! J'avais décroché mes yeux du tas de muscles et étirai mes lèvres en un sourire en coin. Si seulement nous pouvions lui faire sa fête ! Je ne rêvais que de ça, torturer un Elfe ! Depuis le temps que je brûlais de dépecer Wilmy, l'autre idiot resté au navire et que la capitaine m'enjoignait de le laisser tranquille... J'allais enfin m'amuser ! Enfin... peut-être.

- Une idée du programme ? lui lançai-je, sourire moqueur aux lèvres, l'œil pétillant de malice et l'épaule nonchalamment appuyée sur le mur de pierre de l'établissement.

Que l'capitaine se dépêche de sortir, et vite. Je voulais de l'action ! Là, maintenant, tout de suite. De l'adrénaline. Un combat, une chasse à l'homme, que sais-je, mais de l'adrénaline !

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 4 Sep 2013 - 16:02

Il y a des jours, comme des nuits, où il faut savoir agir. Et je peux difficilement rester de marbre quand je m’aperçois que la rouquine prend le large avec précipitation. Juste après que lyra se soit adressée à elle ? Un assassin à la prime surprenante qui s'enfuit devant une jeune femme, là, je vous le dis y a un truc qui cloche. Mais quoi, c'est une chose que je ne saurais définir. Comment le pourrais-je au milieu de tout ce chaos ? Quelqu'un en avait-il après nous ? Quel est le rapport avec le blondinet d'elfe qui me fait face ?
Par tout les démons des mers, je n'en sais fichtre rien. Et ça me donne des mots de têtes.

-Messieurs, réveillez les hommes et mettez fin à cette fête, je veux tout le monde sur le navire dans les plus brefs délais.

Les hommes autour de ma table lève de grands yeux surpris. Je ne pense pas que ce soit l'idée d'abandonner la fête qui les perturbe, mais de devoir l'annoncer à leurs compagnons. Ça risque de ne pas plaire à tout le monde que les réjouissances prennent fin aussi tôt, mais il serait mal venu de contredire les ordres d'un seigneur corsaire.
Même chez les pirates, il y a une certaine discipline à respecter. De plus, sur les mers on ne parle pas de déserteurs mais de morts. C'est ainsi, on sert le navire ou l'on n'y a plus sa place. Hors, pour des pirates, se retrouver abandonnés dans un royaume, sans compagnons ni échappatoire, c'est se livrer à la justice.

-Allez ! On s'active !
-Mais Cap'tain ! Sans le Second cela risque de tourner à la boucherie..
Il faut avouer que ce n'est pas dénué de sens. Un Dargal suffit généralement à refroidir les plus belliqueux des hommes. Cependant, je pensais l'utiliser à attraper Dernier Regard. Je ne pense pas pouvoir en tirer une prime, mais savoir ce qu'elle tramait ici aurait pu avoir son avantage. Hors de question de renoncer à ce projet, pas plus que je ne peux laisser mon équipage s'entre-tuer pour cause d'ivresse. Tant pis, je ne prendrais que Lyra avec moi pour la chasse aux sorcières.

-Je vous envoie Dargal. Ah, et surveillez moi ce type. Vous me surveillez ce type. Je le veux sur le pont à mon arrivé.

Le fait que je ne prête plus aucune attention à mon blondinet d'elfe ne veut pas dire que je l'ai complètement oublié. Il a sûrement quelque chose à voir avec la présence de l'assassin, je ne voudrais pas rater une source d'information. Et puis, ça se revend bien les elfes. Pas qu'aux alchimistes d'ailleurs. Dans certains bordel, ils font leur petit effet, même les mâles.
Si faire affaire avec lui ne s'avère plus possible, j'en ferais mon affaire. Simple et rentable.


-Bien Cap'tain!

Les ordres sont donnés, je récupère mon tricorne et me penche au dessus de la table pour déposer un baiser sur la joue de mon joli prisonnier.

-Si tu veux toujours faire affaire, accompagne mes hommes jusqu'au navire sans faire de bêtise mon beau. Sinon, ils feront ce qu'ils veulent de toi et c'est pas toujours beau à voir!

Debout sur mes bottes, je me dirige vers la sortie, abandonnant une bourse pleine de Quals aux mains du taverniers. Le brave homme a bien tenu son rôle, il mérite sa récompense. C'est rare de pouvoir profiter d'une bonne auberge quand on est accompagnée d'une telle bande de bourrin.

Le monde extérieur est si frais.. si pur. Il faut bien vivre une beuverie pour se rendre compte à quel point ! J'inspire un bon coup et repousse gentiment les brumes qui voulaient s'emparer de mon esprit. Pas de bêtises, la traque va nécessiter que je me concentre un peu. Devant la taverne, je trouve Lyra à côté de mon bon gros Dargal. Ce dernier lève les épaules vers elle, l'air de lui dire qu'il ne sait pas.
Peut-être parce qu'elle est une femme, ou parce qu'elle a du caractère, Lyra semble plus à l'aise avec mon second que les autres membres d'équipages. Elle n'en est pas proche, dommage pour elle, mais elle ne le craint pas. Une bonne chose, on ne commande pas un navire si on a pas les tripes d'insulter un orc en tête à tête, et justement elle censé commander un navire un jour.


-Navré les enfants, j'ai eu un changement de programme. Dargal, tu me rassembles les hommes et tu les ramènes aux navires. Tu risques d'avoir besoin de les secouer un peu. Oh, et puis vérifie s'ils sont tous encore en vie, avec ce grabuge ils auront été fichus de se cogner à toutes les tables!

L'orc pousse un léger grognement d'assentiment et s'en retourne dans la taverne en roulant des muscles. Pas de doute, va y avoir des baffes. Je remarque avec plaisir que les gardes du port sont parvenus à disperser la foule des mécontents. Tant mieux, j'aimerais ne pas avoir à me battre avec des téméraires ce soir.
Je pose mes yeux sur Lyra et la scrute de haut en bas. Elle a l'air en bon état de marche, tant mieux parce que je vais devoir compter sur son appuis. Je ne donnais pas cher d'un assassin devant le cuir épais d'un orc, mais celle des humains doit se faire trouer bien aisément.


-Ma belle, j'ai besoin de toi ce soir. Tu te souviens de la jolie femme rousse que tu as croisé dans la taverne ? J'ai peur qu'elle n'ait monté quelques intrigues contre nous. J'ai beau prendre mes précautions, je pense que l'interroger ne serait pas de trop. Me suivras-tu?

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 4 Sep 2013 - 20:24

Mais pourquoi restais-je ici, dans ce coin de ruelle ?
J'avais d'autres choses intéressantes, ou plutôt des choses plus importantes à faire.
Je respirais un peu plus calmement, jusqu'à ce que j'identifie, du premier coup d’œil en fait, la personne qui venait de sortir. La jeune femme rousse. La pirate que j'avais heurté après avoir été bousculée, lorsque j'avais voulu sortir si hâtivement... Je l'aurais reconnue entre mille, et j'avais encore son parfum dans les narines...

– Une idée du programme ?

Un carillon.
Le son d'une cloche.
Des gouttes de pluie sur une vitre.
Le doux ressac des vagues s'écrasant sur la grève.
De lointains rires en échos.
Du sang et des perles.
La mort et la vie.

Tout cela en même temps dans un seul timbre de voix.
C'est à cet instant que le sens me parvint –enfin. Programme. Programme comme... quoi ?
Puis je vis son interlocuteur. Il passait pour ainsi dire, difficilement inaperçu, mais ce n'était pourtant qu'après la jeune femme que je le remarquai. Chose pour le moins étrange, puisque la précision de ma perception visuelle était un de mes points forts, d'habitude...

Un orc... un orc pirate. Eh bien ! Quel potentiel...
Je clignai des yeux. Je n'étais pas là pour juger leur équipage. Je ne devrais même pas être là du tout ! Mais je ne me risquais pas à bouger, pour le moment. S'ils voyaient un mouvement dans la ruelle, je prenais le risque d'être vue, prise pour cible et poursuivie. Mieux valait donc attendre pour le moment... Certes, il restait un risque qu'ils passent par ma ruelle, mais il était minime, et je priai la déesse de la nuit pour qu'ils regagnent rapidement l'auberge, ou bien leur bateau... mais qu'ils partent.

En attendant, je jaugeai l'orc du regard.
Si j'avais déjà rencontré, voire tué de ces machines de guerre, je n'en restais pas moins immensément prudente face à eux. Presque malgré moi, mon regard était irrémédiablement attiré par la pirate... Je reportai mon regard sur l'orc pirate. Je savais les carreaux de mon arbalète capables de percer le cuir de ses hommes-bêtes, et ils l'avaient déjà prouvés (l'arbalète étant quasiment la seule arme capable de venir à bout d'un orc, par ailleurs), mais... mais quand même, un frisson d'appréhension me taraudait à l'idée de l'affronter.

C'est pourquoi je ne m'autorisai à inspirer de nouveau que lorsqu'il fut partit.
Mais je grimaçai quand même, car même sans tendre l'oreille, j'avais entendu les mots qui venaient d'être prononcés. Une mauvaise surprise venait de prendre la place d'une autre. Pas le genre de mauvaise surprise à laquelle je m'attendais, bien pire en fait ; mais j'aurais dû le prévoir, en faisant peur à ces trois pirates avinés et en quittant précipitamment l'auberge... J'étais démasquée, bien sûr, mais plus grave : la capitaine (car c'était bien elle qui donnait les ordres, même à cette montagne de muscles) me croyait coupable d'une quelconque machination ou manœuvre contre elle, ses hommes ou ses bateaux.

Je grinçai des dents.
Ce qu'elle venait de proposer à Lyra –c'était donc ainsi que ce nommait cet ange...– n'était pas une prommenade au clair de lune anodine, non, c'était une chasse, une chasse au chasseur, une chasse à l'assassin. Si me faire poursuivre par des gardes en armure était rigolo tant c'était un jeu d'enfant que de les semer, quelque chose me disait que ce ne serait pas aussi facile de semer ces deux-là.

Je fermai les yeux, plus que concentrée.
Et passai en revue les armes que j'avais sur moi.
Tout d'abord, une Arbalète de poing d'une capacité de deux carreaux.
Les deux cordes sont rechargeables en une seule fois mais cela prend évidemment beaucoup plus de temps que bander un arc –normal, la tension dans la corde n'est absolument pas comparable–, et me prend au moins une minute, sans compter qu'il me faut la poser, sortir mon remonte-corde, l'enclencher, le désamorcer... D'excellente facture, et malgré son encombrement, c'est l'arme qui compte le plus à mes yeux, l'arme que j'ai sur moi en permanence, où que je me trouve –même en totale sécurité... ce qui n'est certes jamais le cas. Car c'est... c'était l'arme de Sen. Elle fait partie des choses qu'il m'a légué quand...

Ensuite, une incroyable collection de couteaux, poignards, shurikens et autres objets tranchants. Cela dit, je n'en prend souvent que quelques uns pour sortir, comme c'est le cas ici : deux poignards pendent à mes côtés tandis que les multiples poches de ma veste regorgent d'objets tranchants, de crochets à serrures (de vraies clefs, aussi), de potions, de poisons bien sûr, et d'autres babioles tout aussi utiles, comme la fiole avec laquelle je viens de tester la pureté de mon sang.

Cependant, même si mon équipement se résumait à cela, j'avais d'autres armes...
Mes mains, mes pieds, mes coudes et mes genoux étaient autant d'armes que Sen m'a obligé à travailler et retravailler, jusqu'à ce qu'ils deviennent aussi, voire plus dangereux que mes lames. Sen m'avait en outre entraîné et ré-entraîné à me servir de tout ce que j'avais à disposition, quoi que ce soit, pour porter un coup, le plus mortel possible et de préférence fatal. Suite à quoi il m'avait enfermé dans ses pièces avec un animal sauvage, au départ peu dangereux et avec des objets assez utiles... puis de plus dangereux, et de moins utiles, allant jusqu'à m'enfermer avec un loup et une cuiller en bois ! J'étais venue à bout du loup en atterrissant sur son dos et en lui faisant sauter les globes oculaires l'un après l'autre... Il aboyait et gémissait de peur, de douleur, d'incompréhension, mais je suis quand même allé jusqu'au bout (ça n'avait pas l'air comme ça, mais c'est relativement bien accroché, ces trucs-là), avant de l'achever.

M'interroger...
J'ignore si interroger a une signification particulière dans la bouche de cette femme.
Mais tout peut avoir une signification particulière dans la bouche d'un pirate, et je n'aimais pas sa manière de le dire et... autant rester prudente. Que ses interrogations soient avec tortures ou non, je ne veux pas prendre le risque de leur poser gentiment la question. Ce serait, disons, plus qu'idiot, alors que je pourrai me sauver dès qu'elles ne regarderont plus par ici...

C'est alors que je me fige.
Un bruit strident vient de retentir.
Tout proche. Trop proche. Un chien galeux, crasseux vient de surgir à côté de moi.
Mais putain de cabot, tu vas la fermer oui ! Il va me faire repérer... oh non. Trop tard... Elles ont tourné la tête par ici. Plus le temps de le faire taire. Je lui donne quand même un coup de pied, pour la forme –il lance un "Kaï !" de douleur avant de partir, queue entre les pattes–, et dans le même mouvement, je m'élance ; une formidable impulsion vers la droite, à l'opposée de mes poursuivantes.

Elles ne peuvent pas me rattraper.
Je sais courir. Je sais plus que courir. Pendant sept ans, je n'ai fait que cela.
De jour, de nuit, dans les bois, dans leurs branches, sur les toits, du verglas... des toits verglacés ! Rien n'était trop ardu au goût de mon maître. Et qu'importe où nous courrions et dans quelles circonstances, mon pas devait être parfaitement silencieux, ma foulée claire et précise, mes mouvements concis, ma respiration régulière et suffisante, quoique toujours silencieuse... encore et toujours. Grrr, maudit cabot !

Je prend à gauche, puis à droite, puis encore à gauche.
Si je sais où je suis, ayant parcouru cette cité portuaire (et même une fois m'étant amusée à dessiner sa carte... il y a une demie-éternité, quand j'étais cartographe et non pas assassin), je ne sais par contre pas du tout où je vais. Je suis les ombres, tente de semer mes poursuivantes sans y parvenir... Elles ne... peuvent pas me rattraper...

...si ?

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 6 Sep 2013 - 17:06

M’attendant à avoir en réponse à ma question un grognement animal, la surprise se peignit sur mon visage (juste un sourcil qui se leva), quand l’orc haussa simplement les épaules. Quoi ? Voulait pas discuter ou quoi ? Il était plus loquace que ça d’habitude… A ce moment précis, alors même que mon sourcil s’arquait, perplexe, la porte de la taverne s’ouvrit, laissant la capitaine déboucher dans la rue.

Mes yeux se posèrent sur elle. Elle avait quelque chose à nous dire, non ? Alors ? de l’action ?!

-Navré les enfants, j'ai eu un changement de programme.


Oui oui, ça, on sait. Mais encore ?

-Dargal, tu me rassembles les hommes et tu les ramènes aux navires. Tu risques d'avoir besoin de les secouer un peu. Oh, et puis vérifie s'ils sont tous encore en vie, avec ce grabuge ils auront été fichus de se cogner à toutes les tables!

Tiens… tous les hommes aux navires ? Ca promettait… Je sentais l’agitation grandir en moi. Allez… faites-donc cesser ce suspens ! Dargal pouvait maltraiter les hommes de l’équipage quand ça lui chantait, moi jamais. C’était à mon tour de m’amuser ! Ne serait-ce qu’un peu… juste un peu… juste un Elfe, rien qu’un Elfe ! J’en étais presque à vouloir supplier la capitaine mais je savais néanmoins que mon heure viendrait. Chaque chose avait son temps. Il suffisait d’attendre et de se saisir des opportunités. Il n’y avait pas de hasards, seulement des rendez-vous qu’il nous fallait prendre. Je voulais, j’exigeais un rendez-vous avec une chasse à l’homme ! Là, maintenant, tout de suite !

Pendant que je jubilais intérieurement –d’extérieur, j’étais de marbre, comme toujours, Dargal, le bon gros Dargal, s’en retournait à la taverne, exécutant comme à l’accoutumé les ordres avec un simple grondement de gorge, et ce, sous le regard affectueux que la capitaine posait sur lui. Oui, affectueux. Ben… Ce n’était pas n’importe quelle capitaine aussi… il s’agissait de la grande et redoutée (redoutable ?) Nuhada John Long Silver ! La seule et unique personne qui était à détrôner et pour qui les plus grands seigneurs du monde donneraient tout l’or imaginable pour avoir la tête. Enfin, tout ça pour dire qu’elle n’était comme nul autre. Et que c’était la raison pour laquelle je rêvais un jour d’être à sa place. Un navire. Un capitaine. Soit l’une, soit l’autre. Ce n’était pas bon signe, pas vrai ?

Ses yeux de nuit se posèrent finalement sur moi.

-Ma belle, j'ai besoin de toi ce soir.

Ça m’intéresse ! J’ai aussi besoin que vous ayez besoin de moi… Mon sang bout, moi aussi. Je m’échauffe. Je m’y voyais déjà. J’allais m’amuser ! Et pas avec n’importe quel joujou je vous prie. Un elfe ! Un de cette espèce de truc hyper allongé et efféminé, avec des oreilles de lutin et un sourire de crétin, et oui ! Ah… depuis le temps que j’en rêvais…

-Tu te souviens de la jolie femme rousse que tu as croisé dans la taverne ?

Quoi ? Pardon ? Là, pour déchanter, je déchantais… Pourquoi me parlait-elle d’elle ? Où était le rapport ? Que pouvais-je répondre ? Mentir. Non, je ne voyais pas de qui est-ce qu’elle voulait parler. Je ne m’en souvenais pas, j’avais la tête  ailleurs et étais passée sans vraiment la regarder. Pff. Minable. Et pas crédible. J’avais comme le sentiment que la capitaine savait qu’on s’était percutées. Elle ne ratait jamais rien de toute façon, pas pour rien que c’était une John Long Silver.

Bon, solution facile, ne rien répondre. Ne rien dire. Juste soutenir son regard.

-J'ai peur qu'elle n'ait monté quelques intrigues contre nous. J'ai beau prendre mes précautions, je pense que l'interroger ne serait pas de trop. Me suivras-tu?

Intrigues ? Ah ? Comment pouvait-elle se douter d’une telle chose ? Précautions ? Quelles précautions ? De quel genre ?

J’acquiesçai doucement du menton, les pensées en vrac dans le crâne. J’allais néanmoins articuler une question quand un bruit attira notre attention. Un chien. Juste à l’angle d’une rue. Enfin, un chien qui aboyait… qui aboyait… contre quelque chose ? quelqu’un ? Voilà qu’il couinait tandis qu’une silhouette tout de noir vêtu s’élançait.

Inutile de tourner le regard vers ma supérieure. Je savais qu’elle allait s’élancer. Je posais ma main sur son bras avant qu’à son tour elle ne le fasse :

-Il faut se séparer. La prendre à revers. Je laissais une pause, histoire de réfléchir encore. Puis décision prise, j'articulai : Je passe par les toits.

Pas besoin d’accords. De toute façon, il était évident qu’il s’agissait d’elle. Elle : celle que la capitaine voulait « interroger ». Je me jetai en avant, analysai rapidement les alentours, mangés par l’obscurité et malgré tout éclairés par quelques maigrelettes étoiles. Là un tonneau près d’un mur, puis une gouttière. Juste ce qu’il me fallait. Je sautai sur le premier, montai à la force des bras sur la deuxième. J’avais fait ça toute mon enfance, il n’y avait rien de plus facile ! Quoique…

La gouttière céda.

Nom de…

Il était vrai que depuis mes 17 ans j’avais quand même pris quelques kilos, du moins assez pour que cette gouttière là, vieille et peut-être déjà un peu sabotée ne tienne pas sur mon passage.

Je trébuchai et perdis la cible des yeux.

Argh

Je me décalais sur le toit.

Allez rattraper quelqu’un qui court sur du plat de cette manière ! C’était impossible !

Réfléchir, réfléchir… Surtout, il fallait réfléchir. C’était facile ça.
Par où partirait quelqu’un qui devait prendre la fuite ?

Personnellement j’aurais pris l’option du port. Mais la personne que nous traquions devait surement avoir compris qui nous étions et si elle était un minimum intelligente –je ne doutais pas qu’elle le soit, elle choisirait d’aller à l’opposé. Très bien ! Allons donc à l’opposé ! Pour avoir déjà séjourné dans cette ville, je savais par où me diriger et quand bien même je ne savais pas… Ca se devinait de là où je me trouvais.

Je commençais à désespérer de la retrouver lorsqu'une sombre, élancée, silencieuse, fila au coin de ma vue. Je la suivis, la perdis des yeux, la retrouva, faillis rater un toit en y sautant, la reperdis... J'avais couru à perdre haleine. Sans réfléchir. Me concentrant plus sur là où je posais les pieds plutôt que sur ma respiration ou sur ma cible. Ma poitrine se soulevant douloureusement et me sentant au bord de l'asphyxie, je m'arrêtai, mains sur les genoux.

Je courais après la jeune femme de toute à l'heure. Et ce, pour rapporter sa tête à ma capitaine. Par les dents du Kraken... qu'est-ce qu'il me prenait de faire ça ?

Je serrai les dents, parcourant encore les environs des yeux.

Au diable la capitaine. Au diable les ordres.

Cette femme, je la retrouverai. Mais pas pour ma supérieure.

Je m'approchai du bord du toit sur lequel j'étais. Quelqu'un respirait en dessous mais les ténèbres étaient telles qu'il m'était impossible de voir de qui il s'agissait. Un ivrogne ? Un enfant fuyard ? Ma jolie proie ? Que sais-je... Je dégainai mon poignard. Sait-on jamais, si la personne était armée...  

Je me laissai tomber. Arme devant.

Il faisait un noir presque complet. Du moins, la cécité fut totale avant que mes yeux ne s'y accoutument et me laissent entrevoir qu'il s'agissait d...

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Deryn Basalt
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 7 Sep 2013 - 22:00

[Nuhada me dit qu'elle ne courre pas aussi vite que nous, du coup c'est moi qui répond avant ^^]


Je courrais.
Tentant de conserver ma vitesse maximale malgré les indications alarmantes que m'envoyait mon corps. Je pressentais qu'il aurait de bien pire raisons de se plaindre si jamais je me faisais rattraper. Et tuer une capitaine pirate était quelque chose dont je me serais bien passée, surtout quand on m'avait auparavant reconnue, dans cette taverne remplie de pirates. De ses pirates, surtout.

Et puis, je n'aime pas tuer les jolies créatures.
Cette capitaine, et son ange de subordonnée encore moins...
Soudain, une respiration saccadée résonna à mes oreille. Celle d'un animal... un canin, de toute évidence, qui paraissait sur le point d'expirer. Toujours courant, j'évitai soigneusement de m'approcher de l'endroit d'où provenait le bruit et...

C'est alors que le son de ma poursuivante devint plus proche.
Nettement plus proche. Je me jetai dans une ruelle adjacente et me préparai à un sprint, voire à grimper sur les toits, et regardai une dernière fois derrière moi...

Ce que je vis m'arrêta net dans mon élan.
Elle venait de sauter du toit. Droit vers la respiration, qu'elle pensait sans doutes être la mienne, puisqu'elle atterrit en position défensive, poignard en avant. S'il m'arrivait de prendre mon temps pour analyser une situation, c'était uniquement lorsqu'elle le permettait, lorsque j'avais besoin d'y réfléchir longuement pour dévoiler toutes les possibilités...

Mais dans une telle situation, pouvais-je vraiment prendre le risque de réfléchir ?
Le chien était fou de rage et de souffrances. Il allait se jeter sur elle, qui, seulement armée d'un poignard, avait beaucoup de chances de se faire mordre, même si elle finissait par en venir à bout. Je serrai les dents. Mais je n'avais que deux carreaux à mon arbalète... et cette femme me poursuivait pour me remettre à son capitaine ! Pourquoi la sauver... ?

Mais ceci était la voix de la raison.
La voix logique. Et mes émotions en ce moment étaient tout sauf logique.
Un tel chaos dans ma tête... d'habitude cela ne m'aurait pas dérangé, j'aime le chaos, mais là... Trop d'un coup. Je grinçai des dents, bandai mes muscles pour m'élancer...

Le chien s'affala dans un râle.
L'empennage rouge d'un carreau noir fiché dans la tête.
Je la sentis plus que je la vis se retourner. Qu'allait-elle faire à présent ? Il fallait que je déguerpisse avant que sa capitaine ne rapplique, mais je n'arrivais pas à esquisser le moindre geste de repli. Emprisonnée par deux émeraudes.

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mer 11 Sep 2013 - 3:00

Et merde.

Putain de…


Ce n’était pas un vieil ivrogne, un enfant fuyard ou… celle que je cherchais. Non. Ce n’était pas non plus qu’une simple respiration, c’était une lente agonie. Celle du chien qui, avec un grognement sourd, me montra ses dents.

Arg.

Pas gentil le toutou.


Pas gentil et pas content qui plus est, ce qui n’arrangeait en rien ma situation. Et dire que je pensais l’avoir retrouvée ! Je m’étais vue l’espace d’une seconde, l’étrangeté de son regard plantée dans le mien. Un de ces regards durs, froids, concentrés et surtout prêt à en découdre. Je ne doutais plus qu’elle soit belle et bien dangereuse. Son apparence, son attitude me l’avaient criée plus tôt dans la taverne, mais maintenant que j’avais pour tâche de la traquer, je me rendais compte à quel point j’avais eu une bonne intuition…

Enfin, concernant le fait qu’elle était dangereuse, parce que là, je pensais la trouver et c’était face à ce nabot que j’avais atterris.

Je resserrai ma prise sur la garde de mon poignard, piètre défense il fallait l’avouer face à un chien enragé, prêt à vous déchirer la gorge à coups de crocs. C’était d’ailleurs ce qui semblait m’attendre vu que le cabot en question me fixait, l’œil rouge, bave dégoulinant de la gueule. Qu’il essaye donc de m’avoir ! Ce ne serait certainement pas un sale chien, blessé qui plus est, qui m’aurait moi. C’était hors de question. C’était autant inenvisageable que… je n’occupe jamais la place de capitaine ! Ça vous donne un aperçu de ma détermination, non ?

Voilà que le chien se mettait à aboyer comme un fou.

Rah. Il allait moi aussi me faire repérer le triple imbécile !

Sans nul doute qu’avec cette mâchoire et ses crocs, s’il en venait à me sauter dessus, ses canines me traverseraient le bras. Mais bon… ce n’était pas à l’ordre du jour que de se laisser bouffer par un espèce de sale sac à puces. Surtout pas ici, pas ce soir, pas maintenant. Jamais. J’avais une mission. Je devais m’en sortir pour la mener à bien.

Alors que je serrai les dents, presque aussi fort que mes doigts aux phalanges blanchies, crispés sur la garde de mon poignard, un sifflement perfora l’air. Je crus apercevoir un éclat noir du coin de l’œil puis devant moi, l’animal s’écroula dans un râle. Je me retournai. Je ne pus forcer mon regard à ne pas se lever pour découvrir mon sauveur. Ou du moins… ma sauveuse.

Qui aurait cru que le traqué finirait par sauver le traqueur ? Enfin, « la ». Personne. Personne ne le croirait parce que personne n’agirait de la sorte. Personne. Comme personne ne serait allé dans une taverne pour provoquer, faire noise à un équipage pirate. Personne ne serait arrivé en compagnie d’un elfe pour le laisser à une table pour repartir sitôt le premier verre fini. Personne. Personne ne m’aurait tant intrigué. Personne.

Sauf peut-être une.

J’inspirai une bouffée d’air, les poumons presque vides, les yeux rivés dans ceux qui à quelques pas de moi me dévisageaient. La lueur d’une torche, suspendue au coin de la bâtisse qui faisait l’angle de la rue, se balançait dans le vent nocturne, jetant sur le visage de la jeune femme, les couleurs rougeoyantes de la danse des flammes. Dans ses cheveux aussi miroitaient le feu de la lampe.

Diable…

Que devais-je faire ?

Je n’avais pas l’habitude que les gens que je cherchais me trouvent. Je voulais trouver l’aventure mais c’était finalement l’aventure qui me trouvait. Et ça, à cet instant précis, ça me posait problème.

J’avais eu pour ordre de retrouver cette fameuse femme. J’avais fini par reléguer la traque à une affaire personnelle. Laquelle ? Aucune idée, je vous l’avoue. Je n’avais pas même réfléchis à ce que je ferais d’elle une fois retrouvée. Et maintenant qu’elle se tenait là, devant moi, une arbalète à la main, que pouvais-je bien faire ? Quelque chose c'était certain.

Il fallait…

Improviser.

J’étirai mes lèvres en un sourire amusé, rengainai mon arme, me baissai souplement, retirai le carreau noir du corps de la bête et me redressai, le faisant tourner entre mes doigts. Bien plus simple à faire qu’avec un poignard il m’était obligée de noter. Puis je me rapprochai de sa propriétaire et lui tendis son dû. Nos regards ne se détachaient plus l'un de l'autre. On se jaugeait, se scrutait, s'observait. Et sans nul doute que derrière l'air détaché elle avait, elle aussi, noté quelques détails sur ma personne.

Continue de me regarder de la sorte et je t’arrache un œil.

Ce n’était pas que je ne les aimais pas, c’était qu’ils me… perturbaient, déstabilisaient, troublaient. Tout ce qui allait dans ce genre de synonymes immondes qui criaient au monde entier vos faiblesses les plus absurdes. Cauchemar que de se l'avouer d'ailleurs. Tentant de garder mon calme et mon masque si bien ajusté à l'accoutumé, j'articulai un :

- Il me semble que cela est à vous.

Rajoute un truc nom de...

Je haussai un sourcil. A la fois... perplexe et intriguée, les yeux finalement tombés sur l'arbalète et le carreau ensanglanté qui m'avait probablement -j'aurais pu m'en sortir seule- sauvé la vie.

- Il faut être sacrément douée pour abattre un chien enragé... de sang-froid avec ce genre d'arme, je notai à voix haute.

D'un coup, la voix de Nuhada surgit dans mon esprit : J'ai peur qu'elle n'ait monté quelques intrigues contre nous. J'ai beau prendre mes précautions, je pense que l'interroger ne serait pas de trop. . Et si elle avait raison ? Si cette femme s'était réellement introduite dans nos affaires ? Si nous courrions un quelconque danger de par sa faute ?

Elle n'avait parlé que de l'interroger mais ayant depuis quelques années eu l'occasion de voir à l’œuvre des pirates "interroger" quelqu'un, je ne pouvais pas me résoudre à la lui ramener. D'autant plus que je n'avais absolument rien pour la ligoter -la convaincre de me suivre gentiment étant oublié d'office. Rien non plus pour me battre. Voilà qui était réglé. Il fallait éviter l'affrontement.

Je rejetai une mèche tombée devant mon regard et le replantai dans le sien.

Maintenant, ça se corse.

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Nuhada Long John Silver
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Ven 13 Sep 2013 - 14:33

Lyra est bien plus réactive que je ne le pensais ! La voir s'élancer après cette femme, n'hésitant pas à gravir les murs et manquant même de tomber.. ça me fait penser que je dois vraiment être un capitaine exceptionnel ! Pour qui d'autre se serait-elle embêtée à accomplir tant de choses, sinon pour moi ? Eh oui, j'ai vraiment eut le coup d’œil en la prenant avec moi cette petite.
Bon, il y a juste un soucis. Certes elle s'est montrée réactive à souhait, mais à donné des conseils plus qu'avisés dans le peu de temps qu'il lui était imparti, mais... Un peu plus de réflexion lui aurait fait comprendre que si je lui ai demandé de venir c'était pour éviter de me retrouver seule face à un assassin. Je n'aime pas plus l'idée que mon enseigne se retrouve dans une si mauvaise posture, même si c'est à ma place. Hey, on n'envoie pas à l'abattoir une personne que l'on espère voir mener un navire un jour. C'est aussi simple que cela, j'y tiens à ma petite Lyra.

Assez de sentimentalisme. Ce n'est pas le seul problème dans l'histoire ! Cette idiote n'est pas encore apte à diriger un navire, ou du moins des hommes ce qui revient au même. Non mais.. Vraiment !
Je peine à courir avec tout mon équipement !
Un sabre, deux pistolets, un tricorne que je ne laisserai s'envoler pour rien au monde et un long manteau qui ne fait que m'encombrer dans mes mouvements. Pensait-elle vraiment que me faire courir serait une bonne idée ? Tss, je doute qu'elle ait prit le temps de penser. Voilà pourquoi on ne peut pas confier le commandement aux personnes trop instinctives. Enfin, l'instinct a du bon aussi.

Mais non, pas question que je courre plus longtemps. D'autant qu'à la vitesse où je vais, je n'ai aucune chance de me rabattre sur l'assassin à temps. Il y a un autre moyen. Quand on a tout un équipage on trouve toujours un autre moyen. Sauf que je n'ai pas mon équipage sous la main. Il va falloir improviser autre chose.
Par chance, des éclats de voix me parviennent non loin. Une petite place m'attendait gentiment au détour d'une ruelle. Un groupe de cinq hommes parle et rit, sans doute un peu éméché, mais encore capables de tenir debout. Je tiens là mon joker, j'en suis certaine.


-Bien le bonsoir messieurs. Seriez-vous tenté par de l'or facile?

Le groupe s'agite et se tourne vers moi dubitatif. Ça se comprend, tout le monde aime voir la couleur de l'or lorsqu'il en ait fait promesse. J'aurais agit pareillement, alors je ne me fais pas prier et je déniche un qual dans ma bourse pour faire sauter la pièce jusqu'au milieu du groupe. Une main, plus agile que les autres l'attrape et l'observe un instant.
Le mot heptagone s'élève, pour les plus incultes il se traduit vite par 50 quals. Leurs regards se reposent sur moi avec un intérêt accru. Ce n'est pas un hasard si un tel qual est sortit de ma bourse. Ils y vivent en multitude avec d'autres pièces plus ou moins importantes. C'est ainsi que doit s'afficher un Seigneur corsaire, dans la richesse et l'assurance.


-J'ai une bourse pleine qui reviendra à celui qui peut m'attraprer une belle jeune femme rousse au regard.. étrange, elle est vêtu de cuir sombre alors je suis sûr que vous ne pourrez pas la manquer. Il y a peu elle est partit sur les toits et je l'ai perdue de vu, mais je ne doute pas qu'elle devra redescendre. A vous tous, vous aurez vite fait de la trouver et de me la signaler. Cependant.. je n'ai assez d'argent que pour le plus rapide, vous devriez vous presser.
-Et si tu ne donnais tout de suite cette bourse plutôt?


Mais oui, il fallait bien que je tombe sur un petit plaisantin, mais c'est bon, je l'attendais celle la. Je saisis l'un de mes pistolets et le pointe nonchalamment sur l'imbécile qui en voulait trop. Rien n'est plus plaisant que de voir le petit malin se décomposer et ses petits copains s'éloigner de lui prudemment.


-Figure toi que ce n'est pas pour rien qu'elle me fuit, mon chou. Alors, vous le voulez cet argent ? Ce serait bête de cracher sur une pareille somme...

Il semblerait que les arguments commencent à toucher ces braves gens, pas si braves que ça finalement. Et puis, après des regards hésitants, ils se sont mis à chercher. Cinq hommes pour couvrir les ruelles de Quetaïn c'est peu. Aussi, j'ai renouvelé l'offre à tout les passants que j'ai croisé,  et la traque s'est renforcée.
Finalement, c'est en marchant tranquillement que je déambule dans les rues. Les mailles du filet se referment. Ils ne sont peut-être pas organisés, mais mes mercenaires forment un certain nombre. Le désir de l'argent est bien plus fort qu'on ne le soupçonne !
Finalement un premier cri raisonne.  Déjà d'autres hommes débouchent des différentes ruelles. Repérer la cible est une chose, l'attraper en est une autre. J'espère tout de même qu'ils arriveront avant qu'il n'arrive du tord à Lyra.

Oh.. il ne faudrait pas qu'ils fassent du tord à lyra non plus!

Je me met aussi à courir derrière tout ces braves sous-fifres. J'ai tout de même un devoir envers ma petite lyra..

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 14 Sep 2013 - 23:14

Nous nous fixions. D'une intensité peu commune.
Nos regards, chargés en énergie, étaient comme deux aimants contraires s'attirant mutuellement, mais incapables pourtant de faire un seul pas pour se rapprocher de l'autre, tels deux aimants de même charge. Mon souffle ne tenait plus qu'à un fil, et pourtant ! Pourtant mon bras droit, qui tenait l'arbalète, continuait de viser la pirate du carreau restant, incapable de lui faire un tant soit peu confiance. Je venais de lui sauver la vie, mais me le rendrait-elle ou me planterait-elle une lame entre les omoplates dès que j'aurais le dos tourné ?

C'est alors qu'elle se décida à bouger.
Je cligne des yeux, passant de l'état de statue à celui d'être de chair et de sang.
Sang qui afflue progressivement vers mon visage. Cachée par ma capuche et la chiche lueur de la lune, la pirate ne put heureusement rien remarquer. Elle rangea son arme, et après une hésitation, je baissai mon bras en retour –subtile nuance, car sans me désarmer pour autant. C'est alors qu'elle me quitta des yeux pour se baisser sur le cadavre du chien... et prendre le carreau qui y était fiché.

À la vue d'une tierce personne tripotant l'une de mes armes, je serrai les dents.
Mais parvins à garder mon calme. Son sourire amusé m'atteignit cependant en plein cœur, carreau mille fois plus ajusté que le mien. Je suffoquai sans vouloir le laisser paraître, ne serait-ce la minuscule grimace qui tordit une seconde mes traits. Elle joua un instant avec mon projectile avant de faire un pas en avant –pendant lequel je me tendis à tout rompre, prête à détaller–, avant de comprendre qu'elle me tendait mon trait.

Ses yeux d'émeraude me clouèrent sur place.
Il fallait que je m'en aille, il fallait que je parte, mais j'en étais incapable.
Strictement incapable. Au-delà de ce magnétisme qui m'attirait inexorablement, elle était déjà magnifique. Une silhouette fine et musclée, taillée à la serpe par les embruns, des cheveux courts et soyeux –fait étrange chez une pirate–, agrémentés on ne sait comment d'un foulard noir à l'arrière du crâne. Habillée d'une chemise blanche, d'un pantalon marron pourvu des gaines à ses côtés à l'intention de ses lames. Bref, une pirate jusqu'au bout des ongles. Comme j'étais moi-même assassin, et ce jusqu'à la moelle.

– Il me semble que cela est à vous.

Un peu décontenancée, je tiquai, avant d'avancer la main pour reprendre mon bien.
C'est vrai que ça coûte cher ces machins-là... c'est de l'or qu'il faut débourser pour un carquois de ces petites choses –si utiles, si mortelles. Je repris le carreau –de la main gauche, la droite tenant toujours l'arbalète–, avant de le ranger dans un carquois fermé attaché à ma taille.

– Il faut être sacrément douée pour abattre un chien enragé... de sang-froid avec ce genre d'arme.

Presque malgré moi, je haussai un sourcil.
Peut être faut-il être doué... mais surtout faut-il être IDIOT !
C'est vrai, qu'est-ce qui m'avait prit de lui sauver la vie ? Il m'aurait suffit de ne pas m'arrêter, de lui tourner le dos, et tout serait redevenu simple, comme avant que j'entre dans cette taverne et ne croise son regard ! Incroyable comme une simple rencontre, un simple regard peut marquer à ce point. Il m'aurait suffit de continuer ma course, et la capitaine étant loin, je n'aurais pas été inquiétée avant longtemps... Je n'aurais même pas eut son sang sur les mains !...

– Merci... commençai-je, avant que ne s'impose à moi une sorte de... besoin, de vouloir me justifier. Comme vous vous en doutez, j'ai surprit les paroles de votre supérieure. Mais malgré ce qu'elle insinue, je n'ai rien manigancé contre vous ou les vôtres. Je cherchais quelqu'un, et ne l'ayant pas trouvé, je suis partie. L'elfe est venu entre temps, je ne le connais pas et ne peux donc répondre de lui ni de ses intentions. Cependant, soyez sûre que si on m'attaque, je me défendrai. (pause, peut être un peu gênée) Cela dit, laissez-moi poursuivre mon chemin et je passerai le mien ; ou continuez à vouloir me capturer pour... m'interroger... et vos têtes finiront au bout de cordes de chanvre. Que ce soit de ma main ou de celles des gardes.

Je fanfaronnai un peu, mais la poursuite se corsait et même moi, pourvue comme je le pensais de tant de ressources, commençai à fatiguer. De toutes façons, mon ton n'admettait pas de répliques, et  le masque de fer qu'était mon visage était parfaitement convainquant... elle ne pouvait donc que me croire, voire me craindre... non ?

C'est alors qu'une ombre bougea à la limite de mon champ de vision.
Mes yeux s'ouvrirent en grand et je pointai mon arbalète et son carreau restant sur la personne qui arrivait derrière moi. Je m'attendais à trouver la capitaine pirate, seulement ce n'était absolument pas le cas : un homme, un peu rond –dans tous les sens du terme, banal à souhait, et parfait inconnu. Le geste qu'il fit pour mettre la main sur moi fut lent, pataud. Je l'esquivai sans effort. Mais aussitôt j'en vis d'autres. De plus en plus nombreux. Et des voix qui beuglaient :
"Elle est là ! Elle est là !"

Bon dieu ! Mais que leur avais-je fait ?...
C'est alors que je crus comprendre. C'était un coup des pirates.
Ou bien du capitaine des gardes, qui sait ? L'un des deux en tous cas, quoique les pirates me paraissent plus crédibles. Le fait étant que quelqu'un avait mit tous les badauds, tous les débauchés de la ville à mes trousses –avec sans doutes la promesse d'or à la clef, raison de leur assiduité. Je rageai, avant qu'un sourire cynique me passe sur les lèvres. On avait été plus malin que moi. Et moi qui ne savais même pas où trouver celui que je cherchais... Cela dit... peut être que grâce à cela, le bruit que j'étais en ville lui sera arrivé aux oreilles ? J'espérais seulement qu'il prendrait la peine de venir voir ce qu'il se passe...

C'est alors que je m'aperçus que mon esquive m'avait placé beaucoup plus près de la rouquine... Les pirates m'avaient joué un sale tour ? Qu'à cela ne tienne, je leur en jouerai un de mon cru ! Je fis une clef de bras à la jeune pirate, me collant contre elle et refusant d'écouter mon cœur battant à tous rompre. Sans doute était-ce dû à ma situation délicate, ou à l'adrénaline dans mes veines. Oui, sans doutes. Je posai l'arbalète sur l'épaule de ma captive, pointe dirigée vers son cou, avant d'invectiver la foule :

– Pas un pas ou je tire ! Celle qui vous a promit l'or tient à cette femme, faites-la tuer et vous ne verrez pas le matin ! N'AVANCEZ PLUS !

Ma voix avait crissé sur le dernier mot, à force de hurler.
Je n'étais absolument pas certaine de ce que j'avançais. Pas certaine du tout.
Il y avait bien eut quelque chose entre les deux femmes, quand elles ont parlé –de me capturer, entre autres–, devant la taverne... mais rien de plus je pense. Enfin la principale intéressée ne démentira pas, sous peine de se prendre un carreau noir et rouge dans la gorge, et la capitaine, n'étant pas là –et même si elle était là !–, ne démentira pas non plus.

La horde –ils étaient plus d'une quinzaine à présent, et il en venait toujours plus– s'était stoppée un instant, à dix mètres de moi, hésitante... Un silence passa, les badauds se regardèrent, se demandant sans doutes si je disais vrai ou non. Puis la foule se remit en marche, d'abord timidement, puis s'enhardissant. Je grinçai des dents, mais j'avais prévu le coup, je savais qu'il n'y avait qu'une poignée de secondes à gagner à ce petit jeu...

Puis je me retrouvai bêtement par terre quand deux d'entre eux m'agrippèrent les jambes.
L'ange, ou plutôt Lyra, puisque c'était son nom, s'était échappée de mon étreinte funeste, vive et glissante comme une anguille. En tombant, mon arbalète m'échappe et j'entendis le carreau partir, juste avant le hurlement de l'homme qu'il avait touché. Je voulu me relever, quelque chose me cogna la tête, et je sombrai.




[Mouhahaha ! À vous d'imaginer la suite ! ;) sachant que je pense tout de même que c'est Lyra qui a assommée Deryn... et qui l'a, pourquoi pas, sortie de cette foule ? Et là, Nuhada arrive pour la féliciter ?
Bref, je vous laisse un ou deux tours de réponses pour vous arranger entre vous de ce qu'il s'est passé ! (je sens que je vais me réveiller à bord d'un navire, moi.. x))]

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Lun 16 Sep 2013 - 22:40

Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire donc ?

J’étais là, hypnotisée, envoutée, prisonnière de ce regard si étrange, si effrayant et pourtant si attirant. J’étais là, et pour rien au monde je n’aurais avoué mon désarroi. Pour rien au monde. Jamais. Alors que je ne cessais de me dire qu’armée d’un tel regard, il ne devait pas y avoir que moi qu’elle désarmait, l’idée me fit grincer des dents. Moi, désarmée ? N’importe quoi, vraiment. C’était une femme. Juste une femme. Rien qu’une femme. Ca ne valait pas de finir dans cet état.

Irrésistiblement, un de ses sourcils se hausse après ma tirade, puis elle ouvrit la bouche pour me répondre :

– Merci...


Cette voix. Cette voix… Putain d’dieux de… rah.

-Comme vous vous en doutez, j'ai surprit les paroles de votre supérieure. Mais malgré ce qu'elle insinue, je n'ai rien manigancé contre vous ou les vôtres. Je cherchais quelqu'un, et ne l'ayant pas trouvé, je suis partie. L'elfe est venu entre temps, je ne le connais pas et ne peux donc répondre de lui ni de ses intentions. Cependant, soyez sûre que si on m'attaque, je me défendrai.

Elle avait sorti ça d’une traite, sans me laisser le temps de m’arrêter sur chacune de ses phrases, chacun des mots employés, chacun de leur sens. Ca ne devrait pas exister des femmes si belles. Non, pas exister non plus des voix comme ça. Cette attitude, cette démarche, cette manière de se comporter, cette voix, ce regard, ce tic au bord des lèvres, rien de tout ce qui faisait le charme de quelqu’un ne devait exister. Rien de ce qui faisait le charme de cette femme n’aurait dû exister.

Ah, ce sourire. Cet air… gêné ? Non, impossible. Juste irrésistible, ça me suffisait.

-Cela dit, laissez-moi poursuivre mon chemin et je passerai le mien ; ou continuez à vouloir me capturer pour... m'interroger... et vos têtes finiront au bout de cordes de chanvre. Que ce soit de ma main ou de celles des gardes.

Elle était marrante quand même. La laisser filer comme ça après avoir failli me rompre les os en tombant d’un toit pour la rattraper ? Après qu’elle m’ait sauvé la vie ? (Il paraissait que quand quelqu'un nous sauvait la vie, on lui était redevable...) Après tout… c’était logique d’un point de vue autre que le mien. Mais c’était tout bonnement inenvisageable. Les gardes ne nous avaient jamais eu non plus, ce ne serait pas cette nuit qu’ils le feront. Ou du moins, il faudrait vraiment qu’un de leur escadron nous tombent dessus pour qu’ils osent espérer nous avoir, toutes les deux, avant que tout l’équipage ne leur fasse la fête.

Enfin, elle était dangereuse. Et dangereux ce serait que je ne trouve qu’à la railler ouvertement. Raison valable pour me faire garder le silence et enfermer ce que j’avais au bord des lèvres au fond de mon âme…

Là, quelque chose.
Un mouvement.

Mes yeux se posaient sur l’homme quand la jeune femme pivotait et d’un seul geste, braquait la pointe de son carreau en sa direction. Le voilà qui levait la main contre elle (fou il fallait être nom de Dieu pour oser faire une chose pareille !). C’est alors qu’en l’esquivant, elle me permit de voir apparaître, sortant peu à peu des ombres de la nuit, le reste de la bande qui accompagnait le premier incapable. Je me demandais d’où ils pouvaient bien sortir lorsque la jeune femme se glissa derrière moi. Je grinçai des dents, fermai les yeux. Merde.

La clef était imparable. La douleur était belle et bien présente et je ne pouvais m’échapper. Je serrai la mâchoire. Jurai. Jurai encore. Pestai. Insultai le monde entier. En silence. Pas question de perdre mon sang froid en public. Jamais. Oui, sauf que, elle s’était collée à moi pour renforcer l’étau de sa prise. Et ce stupide étau sur mon cœur. Quelque chose se posa sur mon épaule, je tentai de tourner le cou quand la pointe acérée du carreau de son arbalète me piqua la peau. Non… elle n’allait pas faire ça ?

-Pas un pas ou je tire ! Celle qui vous a promis l'or tient à cette femme, faites-la tuer et vous ne verrez pas le matin ! N'AVANCEZ PLUS !

Ah si. Mon sang commençait à chauffer. Pour qui me prenait-elle, un joujou de négociation, de marchandage ? Je grinçai encore des dents. Ça ne me plaisait pas du tout, ça. Elle allait me le payer…

Je sentis la prise se desserrer et m’extirpai de son étreinte avant de ne trouver qu’une seule et unique chose à faire pour lui épargner la vie face à cette espèce de bandes de dépravés écervelés complètement stupides. L’assommer. Avec mon propre coude. Geste fait plus d’une centaine de fois, toujours efficace. Parfois mortellement ajusté. J’avais agis sans réfléchir, à l’instinct, sur le vif, énervée. Mais là maintenant, j’osais espérer qu’elle se réveillerait…
Ça serait… dommage de rater cet… interrogatoire.

Les hommes, dont un gémissait en se tenant l’épaule dans lequel le carreau s’était fiché, s’étaient rués en avant. Je me plantai entre eux et la jeune femme et hurlai :

-Stop ! (apparemment convaincant puisqu'ils stoppèrent net leur course). Approchez encore et je vous ouvre les tripes pour les donner en pature aux corbeaux, abrutis que vous êtes.

J’avais sorti mon poignard de mon ceinturon pour accompagner ma tirade.

-Cette femme, il nous la faut vivante. Lui sauter dessus de la sorte est complètement idiot, bande de triples crétins d'imbéciles.

Je les regardais assez froidement pour avoir jeté un froid. Ah, l’appel de l’or. Ca les rendait encore plus stupides ces hommes là.

Il aurait été judicieux de prendre des nouvelles de la capitaine. Si c’était bien elle qui les avait envoyé, comme le supposait la jeune femme auprès de laquelle je m’étais désormais accroupie, elle les avait certainement suivi, de près ou de loin et ne devrait pas tarder à arriver. Je notais du coin de l’œil que les hommes, embarrassés pour certains, irrités pour d’autres commençaient un peu à s’agiter, tout en posant deux doigts sur une artère sur le cou de l’inconsciente. J’avais repoussé ses cheveux d’un geste doux. Des pulsations battirent, écho de ceux de son cœur tandis que le mien recommençait à battre. Je respirai. Quelle idée d’avoir frappé si fort…

Je me redressai et aboyai aux hommes :

-Qu’est-ce que vous foutez encore là les moches ? Vous voulez que je vous remanie le portrait ?

Je me penchai, ramassai l’arbalète et demandai au blessé de se dépêcher de rendre celui qui avait élu domicile dans son épaule, sous peine que je lui crève les yeux avec –j’étais inspirée ce soir, n’est-ce pas ? Puis carreau et arbalète en main, je m’en retournai auprès de la jeune femme, mains sur les hanches. La foule allait se dissiper. La capitaine n’allait pas tarder à arriver.

Je serais pourtant bien partie maintenant. La charger sur mon épaule ne poserait pas grand soucis si le poids était bien placé. Pourtant... quelque chose me disait que la capitaine serait bientôt là, et... il ne fallait pas que je parte maintenant. Il fallait qu'elle soit là pour négocier. C'était la seule raison qui me clouait là, à attendre.

Armes posées à mes pieds, j'avais désormais croisé les bras et regardais les badauds me jeter des regards en coin. Je soupirai...

Quand soudain je repensai aux paroles de la jeune femme. Elle n'avait rien manigancé contre nous ? Elle était juste à la recherche d'une personne introuvable ? Ça tenait presque debout. Sauf que. Presque. Je les avais vu. J'étais témoin du fait qu'ils étaient arrivés ensemble dans cette fameuse taverne, l'elfe et elle, suspendue à son bras. Je les avais vu, de mes propres yeux. Le démentir venait de refaire peser sur elle mes soupçons. Ajoutés à ceux de ma supérieure, que lui restait-il comme chance ?

J'esquissai un sourire.

La suite des festivités risquait d'être amusante. Quelle quelle soit.

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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Mar 24 Sep 2013 - 21:51

Par tout les diables des septs milles mers ! La prochaine fête, je la ferais munie d'une simple rapière et d'un pistolet tout au plus ! Oui mon bon monsieur, vous faites bien de briller ainsi de l’œil, aussi lubrique que plein de bon goût, je ne prendrait rien d'autre ! Ni tricorne, ni manteau, ni bottes, ni pantalon ni chemise, ni.. enfin bref, vous m'avez comprise !
M'enfin, il faut bien que je courre malgré mes trop nombreuses affaires. Il serait bête qu'il arrive malheur à ma petite Lyra, elle qui se révèle déjà si prometteuse. Il faut dire que tant d'homme courant après une magnifique rouquine, suivie de près par une autre.. Je risque de tomber sur une scène étonnante si je laisse les choses s'échauffer !
Mais.. pourquoi ne pas contempler ça ?
Allons ma grande ! T'as encore besoin de ton enseigne, et qui mieux que l'assassin redoutable qui s'est invitée à ta fête pourra te rassurer quant à sa présence ? Et au contenu de ton rhum.. Brrr, empoisonner le rhum ! Sacrilège s'il en est. D'ailleurs.. est-ce seulement possible ? C'est qu'il en faut pour ternir un alcool aussi costaud ! Eh !

Et si je me concentrais ? Oui, il faut que je revienne sur le soucis actuel. Lyra, ma troupe de mercenaires improvisés, l'assassin recherché par probablement tout les royaumes. Et c'est pas peut dire, sa simple fonction lui vaudrait l'animosité des Orcs. Bref, y a bien que les Sryles pour pas s'inquiéter des poignards qui rodent dans l'ombre.
Finalement, j'arrive à un aggloméra de bonhommes qui se tiennent bêtement dans une ruelle à échanger des regards nigauds. J'en ai presque envie de pousser une gueulante.  Je les paye pas à s'attarder dans les recoins de Quetaïn ! Qu'est-ce qu'ils peuvent bien fiche là dedans ?
La réponse ne tardera sûrement pas à venir car déjà les regards se tournent sur moi. Ça murmure, ça  se pousse, ça se serre, (ça devient presque alléchant tout ça) et finalement ça me laisse apercevoir les cheveux roux de ma rebelle de pirate, penchée sur ce qui m'a tout l'air d'être l'autre rouquine. Eh bien, on dirait que j'arrive juste à temps pour admirer la scène finalement !

-Je veux mon or ! C'était truqué depuis le début, la fille est de mèche avec elle!

Ah ? C'est donc pas le moment d'admirer ? Mince alors..
Je reconnais la gueule de celui qui vient d'élever sa voix. Décidément, c'est celui qui m'aura le plus provoqué cette nuit. Une espèce d'immondice humain qui sait toujours pas quand la fermer, baisser la queue et filer. Quoi les hommes ne font pas ça ? Les miens SI !
Et pas de pitié pour cet arriviste !

-Un marcher c'est un marcher ! Vous l'avez pas attrapée, vous pouvez retourner déambuler dans les rues. Et tu ferais bien de te rappeler ce qui t'as empêché de me détrousser un peu plus tôt mon gros!
-Cette fois, on est trop nombreux pour toi ! Vas-y tire et on te fera la peau!


Eh ben.. il a du culot celui-là. Et déjà j'entends des murmures d'assentiments autour de lui, y en a qui essuient leurs nez sur leur manche, près à en découdre. J'en vois qui commencent à se masser le poing aussi, ce qui est plus inquiétant que le manque d'hygiène des premiers.
Bon, s'il faut en arriver là.
La détonation résonne fort dans la ruelle, coupant court à toutes les rumeurs. L'homme contemple son front, essayant de comprendre d'où à pu venir ce trou d'où perlent de nombreuses goûtes sombres. Mais trop tard pour son cerveau lent, ce fut le trou de trop. Il s'effondre au milieu de ses compagnons d'infortune. Ils restent un instant bêtes, puis se tournent vers moi avec des airs de méchants.
Ben oui, une arme à feu n'a qu'un coup. Sauf que j'en ai deux.

-Alors ? Qui veut être le prochain ? Allons allons, plus qu'un à se sacrifier et je n'ai plus de balles.
Étrangement, aucun autre ne se sent le courage de se dresser contre le pistolet. Ils ne doivent suffisamment aimer l'or pour lui donner leur vie. C'est pas si bête un homme, j'aurais fait comme eux. Tout comme j'aurais essayé de m'attaquer dans le dos. Donc, vos mieux que je les garde pas sur mon chemin.
-Allez ! Foutez le camp maintenant ! On a plus besoin de vous!

Les uns après les autres, bien que lorgnant sur le canon de mon arme, ils s'en vont et finissent par détaler dans les ruelles. Ils font bien parce que la garde ne devrait plus trop tarder, et ça c'est problématique, même quand on a de l'or.. Sans tout mes hommes pour me défendre, il leur serait aisé de me le confisquer. Donc, faut pas traîner !

-Eh bien ! Je pensais que je te retrouverais pas vivante ! Tu sais que t'es vraiment une sacrée veinarde toi ? Allez hop ! On l'embarque ! Pas le temps d'attendre qu'elle se réveille, je veux qu'on prenne le large au plus vite. Ou au moins qu'on soit sur les bâteaux. Je doute qu'on puisse aller bien loin avec le taux de rhum qui circule dans les sang de nos compagnons. En revanche, les canons tiendront la garde en respect, ça c'est garanti !

Je bavarde, je bavarde, mais en même temps j'attrape un bras de la rouquine endormie et le passe au dessus de mon épaule, attendant que Lyra fasse de même. J'aurais mon bon gros Dargal que j'aurais pas à mettre la main à la patte, mais si Lyra fait peur aux hommes c'est pas tant pour ses giffles que pour son genou pointu ! Donc, à deux, on ira plus vite.

-N'empêche tu m'as fait économiser une pleine bourse. C'est pas qu'elle m'aurait manquée, mais je les aime bien ces petites piépiéces moi ! Se peut même qu'y ait un rubis dedans. Je sais plus trop ce que j'y ai mis en fait.

Parler, ça fait passer le temps et ça peuple les rues désertes. Ça a aussi le mérite de pas trop me faire penser à toutes ces bottes que j'entends courir, signe annonciateur que la Garde se dirige vers ce quartier. Si on va assez vite, on devrait pouvoir rejoindre le port sans trop d'ennuis. Une fois là bas, on sera tirées d'affaire c'est sûr !

-Ce qui faut pas faire pour attraper les belles rouquines ! J'en plaindrais presque tes soupirants tient ! Si faut de telles cavalcades à chaque fois. Mais t'en fait pas, je te délesterai vite d'elle, elle aura pas le temps de t'attirer des ennuis.

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Lyra Maar
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 28 Sep 2013 - 11:09

Hors RP:
 


    J’étais là, désormais mains sur les hanches à les regarder s’agiter à l’ombre d’une torche. Ça commençait sérieusement à protester d’ailleurs. N’étaient pas contents les bonhommes. Pas contents qu’une femme, une simple femme, jeune qui plus est, leur ait fermé le clapet d’une telle manière. Pas contents non plus de ne pas voir arriver leur récompense. Voilà que ça commençait à grogner, montrer les dents, l’ouvrir, rechigner.

    -Je veux mon or ! C'était truqué depuis le début, la fille est de mèche avec elle!

    Ce n’était pas à moi que venait de s’adresser le bonhomme, il venait en effet de se retourner vers quelqu’un. Quelqu’un vers qui tous ses comparses se tournèrent également. Tiens donc, ne serait-ce pas ma très chère Nuhada John Long Silver qui arrivait ?

    -Un marché c'est un marché !

    J’esquissai un sourire moqueur. Si, c’était belle et bien elle et toujours avec cette répartie implacable. Un type non loin de moi se pencha à l’oreille de son voisin pour lui murmurer quelque chose avant que ce dernier ne s’éclipse, profitant de l’agitation pour passer inaperçu. Je redevins sérieuse, haussant un sourcil intrigué sans pour autant bouger de là où j’étais. Je ne prendrais pas le risque que la jeune femme se réveille tant dis que je le poursuivais. Non, jamais. Et puis si ça se trouve, ça n’était pas très important…

    -Vous l'avez pas attrapée, vous pouvez retourner déambuler dans les rues. Et tu ferais bien de te rappeler ce qui t'as empêché de me détrousser un peu plus tôt mon gros!

    Hum. Du Nuha tout craché. Que de marchandage… Il fallait dire qu’elle était plutôt douée pour persuader, marchander, commercer. Enfin, entre ses paroles et sa plastique de rêve, il était évident que c’était la deuxième qui primait dans les négoces, surtout dans ce monde d’hommes. Je me demandais bien comment est-ce qu’elle avait fini capitaine d’ailleurs…

    -Cette fois, on est trop nombreux pour toi ! Vas-y tire et on te fera la peau!

    Ah bah, ça n’avait pas marché cette fois. Il était coriace celui-là. Coriace mais abruti. On ne tenait pas tête à la très grande Nuhada John Long Silver, c’était la première règle. Une règle vitale. Ainsi donc la détonation qui venait de faire taire les murmures, montés à la suite de la réplique du gros bonhomme, laissa un pistolet fumant. Un pistolet fumant pointé vers ledit bonhomme, qui sans un mot, tomba raide mort au milieu de ses comparses. Mon sourire revint. J’aimais décidément beaucoup sa répartie à cette bonne femme.

    Voilà qu’elle les menaçait de trouer le prochain de sa dernière balle. Heureusement pour eux, aucun des restants n’esquissa le moindre geste, ni n’ouvrit la bouche. A croire qu’ils s’étaient même retenus de respirer. Puis doucement -mais surement, les uns après les autres, ne sachant pas réellement où aller, ils s’en furent dans la nuit noire, nous laissant bientôt seules. Toutes les deux. Enfin, toutes les trois.
    La capitaine roula des hanches en s’approchant de moi :

    -Eh bien ! Je pensais que je te retrouverais pas vivante ! Tu sais que t'es vraiment une sacrée veinarde toi ?

    Je souris encore. J’avais jusque-là toujours eu de la chance. C’était bien vrai. Je devais admettre qu’elle avait raison. D’autant plus que je ne serais peut-être plus debout si la jeune femme échouée à mes pieds n’était pas intervenue. Une voix dans ma tête me somma de me taire. Bien évidemment que je m’en serais sortie. Je m’en sortais toujours. Je re-songeais à la gueule du chien qui aurait pu m’enserrer la gorge alors que la capitaine soulevait l’inconsciente et passait un de ses bras sur son épaule. Je l’imitai, quoi qu’avec surement plus de précautions et de douceur qu’elle -ce qui n’était pas difficile.

    -Allez hop ! On l'embarque ! Pas le temps d'attendre qu'elle se réveille, je veux qu'on prenne le large au plus vite. Ou au moins qu'on soit sur les bateaux. Je doute qu'on puisse aller bien loin avec le taux de rhum qui circule dans le sang de nos compagnons. En revanche, les canons tiendront la garde en respect, ça c'est garanti !

    Je ne répondis rien. Je ne savais pas quoi répondre à ça d’ailleurs car je devais avouer que malgré mon indéfectible refus de l’ordre et de l’autorité, il y avait des fois où les décisions des autres valaient la peine qu’on les écoute. Et qu’on s’y tienne. Le mec éclipsé de tout à l’heure pouvait très bien être allé chercher la garde et s’il ne l’avait pas fait, c’était certain qu’avec le coup de feu qui avait résonné dans la ville silencieusement endormie, elle ne tardait pas à rappliquer. Il ne nous fallait pas trainer. Et il n’y avait pas que sur ce point que la capitaine avait raison.

    -N'empêche tu m'as fait économiser une pleine bourse. C'est pas qu'elle m'aurait manquée, mais je les aime bien ces petites piépiéces moi ! Se peut même qu'y ait un rubis dedans. Je sais plus trop ce que j'y ai mis en fait.

    Vrai aussi que je pouvais m’avérer utile des fois. Et qui sait à quel point les pirates tenaient à leur or. Surtout une capitaine de cette renommée. Le renom naissait de la gloire, la gloire de l’or. Un pirate dépouillé de son or n’était plus qu’un rat. De ce qu’elle m’avouait là, elle était bien loin de finir pauvre. Un rubis, rien que ça. C’était intéressant…

    Intéressant n’était pas par contre pas le tambour des pas de fer sur les pavés de la ville. Ce n’était pas dit qu’ils nous retrouvent, soit, mais le risque était bel et bien présent. Peut-être n’allaient-ils pas dans notre direction, peut-être que si. Je n’attendrais certainement pas pour le savoir. Nous forcions l’allure, nos enjambées se faisaient plus pressantes, notre souffle plus court mais il en fallait beaucoup pour faire taire la capitaine.

    -Ce qui faut pas faire pour attraper les belles rouquines ! J'en plaindrais presque tes soupirants tient ! Si faut de telles cavalcades à chaque fois. Mais t'en fait pas, je te délesterai vite d'elle, elle aura pas le temps de t'attirer des ennuis.

    Nouveau sourire. Belles surtout, rouquines à la limite ça n’avait pas grande importance. Irrésistiblement je jetai un coup d’œil à la poitrine de la jeune femme inconsciente. Pas désagréable à regarder… Je ne relevais par contre pas le reste de la tirade, plus occupée à écouter finalement les bruits de pas qui semblaient se rapprocher. Etait-ce réel ou une fabulation de mon esprit ? Difficile de savoir. Quand on voulait voir, lire, entendre quelque chose, on y arrivait toujours, c’était bien connu…

    -Je crois qu’on a un problème…

    Je réalisai soudainement autre chose. J’avais laissé carreaux et arbalète là où je les avais posés plus tôt. A savoir… sur le chemin que les gardes étaient certainement entrain d’emprunter. Quoique ce n’était pas le fait qu’ils les découvrent qui me posais tant problème, c’était de savoir que ces armes paraissaient importantes pour… elle. J’étais tiraillée entre l’envie de faire demi-tour, de retourner les chercher, et celle d’embarquer au plus vite, en sécurité. Je n’aimais pas être à terre, je n’avais jamais aimé l’être et depuis que je passais la quasi-totalité de mes jours et nuits en haute mer, j’avais réellement du mal à poser le pied dans un port. Cela faisait déjà trop longtemps qu’on était là. Trop longtemps que mon sabre et ma hache étaient trop loin de moi. Trop longtemps. La preuve en était : nous avions la garde à nos trousses. Je réajustai le bras de la jeune femme sur mon épaule, sentant une douleur poindre dans mes muscles et sentant peu à peu mes nerfs se bloquer. Je serrai les dents.

    Merde quoi. Que faire ? Aller chercher ces putains de trucs ou aller sur ce tout aussi putain de navire ?

    Nous tournâmes sur la gauche, puis sur la droite, puis encore sur la gauche. Le cliquetis des voiles dans le vent nocturne se faisait entendre, nous n’étions pas très loin. Tout comme la garde impériale dont les bottes de fer résonnaient de plus en plus fort. Nous forçâmes encore l’allure, les muscles tiraillés, le dos douloureux, les mâchoires serrées. Quand le navire fut enfin visible, que l’équipage criait, beuglait à son bord des chansons de marins, quand notre but était enfin proche, les soldats débouchèrent derrière nous. Le problème était que… les tenir en respect à l’aide des canons d’accord, seulement le temps d’arriver sur le pont et de transmettre les ordres, ils auraient déjà embarqué et entrepris le massacre. Nous manquions de temps.
    Je réfléchissais.

    -Je vais faire une diversion. Il vous faut combien de temps ?

    Comment je ne savais pas encore… c’était aussi bien un problème. Quoi ? Si je vouvoyais la capitaine ? Évidemment que non. A quelques mètres du navire, je cessai de soutenir la jeune femme, laissant à Nuhada le plaisir d’avoir à la porter pour les quelques misérables mètres qu’il lui restait. Je retirai le tricorne de sa tête, le posai sur la mienne.

    -Juste un emprunt.

    Puis je me sentis obligée de justifier à la hâte.

    -S’ils pensent que je suis capitaine, ils vont me vouloir à tout prix. C’est cher payé à ce qu’il parait.

    J’esquissai un sourire… L’idée de me faire passer pour capitaine était plus que plaisante. Néanmoins… Je pivotai. La garde était au bout de l’avenue. Et elle arrivait vite. Mais il fallait absolument qu’elle me voit, sinon… mon plan tombait à l’eau. Il fallait être fou pour être pirate, pour s’opposer aux codes, aux lois de l’Empire, pour oser braver les interdits, pour piller, ravager, attaquer les navires de la très prestigieuse maritime de Quetaïn. Fou pour vivre autant de jours en mer, fou pour tuer de sang-froid. Oui, il fallait être fou, malade. D’autant plus pour se mettre à courir en direction de l’escadron.

    Puis arrivée à une trentaine de mètres d’eux alors que ce qui semblait être le leader hurlait un « Attrapez-là », je sautai, me hissai de nouveau sur un toit. Cette fois, sans rester à courir en équilibre sur la gouttière.

    Pitié qu’ils n’aient pas d’archers…

    Une flèche siffla à mon oreille.

    Je jurai.

    Merde. Merde. Merde. Merde. Merde et… re merde.


    Re merde parce que… je ne me souvenais plus où est-ce qu’elles étaient ces jolies armes. Il fallait que j’attire la garde loin du navire, ou du moins que je l’attire, lui serve d’occupation. Donc il ne fallait pas que je la sème, je devais rester à leur vue… et donc à celle des archers, et ce, tout en pensant à où je retrouverais l’arbalète et ses carreaux. Qui pourraient m’être bien utiles pour le chemin du retour d’ailleurs. Si chemin du retour il y avait…

    Je me baissai, sautai sur un autre toit. Trop loin. Je percutai l’angle de plein fouet, fermai les yeux, serrai les dents, me hissai, me relevai, trébuchai.

    Putain,
    ça fait mal.

    Me redressai. Aller, ça ne devait plus être si loin que ça…

    Je courrai, je courrai, je sautai encore, je priai -pour la première fois de ma vie- les dieux pour que les flèches des archers ne me touchent pas, puis je descendis. Là, rien n’avait bougé. L’arbalète et ses carreaux étaient là. Je courrai, les attrapai. La garde était là. Pas le temps d’encocher le carreau, pas le temps d’armer l’arbalète, pas possible de remonter sur les toits avec les mains prises.
    Dans quoi est-ce que je me suis embarquée…

    -Ce n’est pas elle. Elle n’a pas le même regard.

    Je…
    Quoi ? Pardon ? Bouge Lyra, merde. Non, qu’est-ce qu’il a dit ? Ce n’était pas moi qu’ils cherchaient…

    -Non, mais… c’est une pirate.

    Putain de dieu. Quelle conne. Foutu tricorne de merde.

    Je me remettais à courir. L'empennage d'une flèche venant tracer un fil de feu et de sang sur ma joue. J'étais mal barrée, vraiment mal barrée... Quelqu'un me toucha l'épaule, un gant de fer, je me retournai, balançai d'une main l'arbalète en plein dans la tête du garde qui venait de m'empoigner. Son casque volait tandis que de l'autre main je lui enfonçais un carreau dans l’œil. Pas déplaisant d'ailleurs ! Voilà qu'il hurlait. Seul car les autres gardes avaient disparu. Où étaient-ils ? Peut-être qu'ils s'étaient séparés et si c'était le cas, ça n'était pas bon signe non plus.

    Merde. Allait me faire repérer cet abruti.

    Je retirai le carreau de son globe oculaire et me remis à courir.

    Pitié que les autres ne débouchent pas de cette ruelle sur la droite... puis celle là sur la gauche, ou encore de celle-ci... Pitié... Des voix s'élevèrent cependant de nouveau. Dans une rue parallèle. Ah si seulement les Dieux pouvaient exister et être utiles des fois...

    Souffle court, poumons en feu, je découvris alors que l'ordre de lever l'ancre venait d'être donné quand sur les pavés du port, j'entendis l'agitation des marins. Enfin, ça ressemblait à ça, ou peut-être le but était seulement de s'éloigner du quai. Il n'y avait qu'un mètre d'écart entre le quai et le bastingage. Un mètre, juste un mètre... Du moins pour l'instant. J'accélérai. Une flèche me traversa le mollet alors que je me lançai, pleine vitesse, direction ledit bastingage. Je le percutai au même endroit que tout à l'heure et une fois encore la douleur me coupa le souffle. Je laissai arbalète et carreaux tomber sur le pont du navire et me hissai avec la force du désespoir.

    Je pris le temps de fermer les yeux. De respirer. De respirer encore. Les minutes étaient longues. Puis je hélai le premier homme sous la main :

    -Hey toi. Conduis-moi à la capitaine. (pause, c'était dur de parler avec cette douleur à chaque respiration.) Maintenant.

    Alors que je me redressai difficilement, le tonnerre des canons m'apprit que je n'avais pas fait néanmoins tout ça pour rien.

    Comme quoi, certaines choses valaient parfois la peine que l'on se sacrifie...


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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Sam 28 Sep 2013 - 21:04

HRP:
 


Le vent porté par la nuit et l'océan faisait claquer les pans de sa cape.
L'Ombre leva ses yeux gris clairs nuancés de bleu vers les étoiles. Que la nuit était douce. Il sauta d'un toit, son corps décrivant une parabole impensable avant terminer son saut sur les toitures d'en face. Il fit une roulade parfaitement silencieuse sur les tuiles, et se releva dans le même mouvement. Juste à temps pour voir une pirate fine et rousse, un tricorne en travers de la tête et poursuivie par des gardes de la ville, se baisser pour ramasser quelques objets.

L'Ombre esquissa un sourire.
Tout cela l'amusait beaucoup, oui, il était amusé.
Deryn n'en avait jamais fait qu'à sa tête. Il fit tournoyer un carreau entre ses doigts finement gantés de noir. Où l'avait-il trouvé ? Oh, dans l'estomac d'un mourant, deux ruelles plus loin. Enfin, d'un mort, à présent. Ça devait être une des premières fois que la belle assassin rousse tuait véritablement par accident ! Son sourire s'élargit ; il lui souhaitait bonne chance avec ces pirates... Oh, il aurait pu la sauver, il aurait pu tuer les deux femmes qui l'avaient capturée, mais... Mais ç'aurait été moins drôle.

Il se détourna, s'élançant de nouveau sur les toits.
On ne sait jamais, au cas où ces pirates avaient dans l'intention de la torturer, de la violer ou de la tuer. Il était joueur, mais il savait protéger ses amis. Enfin, pas trop quand même, mais il les préféraient vivants que morts. Il s'élança vers les quais. Nul doute qu'il arriverait à s'infiltrer à bord du navire principal avant qu'il s'éloigne du quais. Par comme cette infortunée pirate rousse, qui aurait certainement plus de mal... Au moins, ils ne partiront peut être pas sans elle.

¤

Un noir complet.
Sans rêves. Mais pas sans sensations.
Ma tête me brûlait, d'abord. Ensuite, des cahots dans tous les sens. Et des sons, lointains, dispersés comme autant de souvenirs. Des sons, des sensations qui ne me concernaient pas, une situation qui arrivait à quelqu'un d'autre. Pas à moi. Puis un cahot plus fort que les autres me fait grimacer et froncer les sourcils. Tiens, j'ai un visage ? D'autres sensations affluent, si diverses et rapides que j'ai du mal à les analyser, et y renonce. Cela ne me concerne pas, je veux retourner dans la douce obscurité où j'étais à l'instant.

Je frissonne, convaincue d'ouvrir une paupière sur le monde par le froid qu'il y règne.
Des lumières, lointaines, tout comme les sons, et diffuses. Oh, mais ce sont des étoiles... La nuit, sombre sans la lune qui n'est qu'un minuscule croissant dans le ciel, est piquetée d'un millier d'étoiles, sans doutes beaucoup plus. Je persiste à vouloir me réveiller, peinant à retrouver mes souvenirs immédiats mais ayant la conscience que je devrais me lever pour m'enfuir. M'enfuir, oui, c'est ce que j'étais en train de faire quand... quand... quand ?...

Je prend appuis sur le sol, en... bois ?
Et remonte un genou, puis mes mains pour soulever mon buste.
Je m'assois avec difficultés. Les sensations reviennent, certainement pas une à une, les mesquines, mais toutes en même temps, me forçant à refermer les yeux quelques secondes à cause de cette putain de migraine. Je me la ferait un jour...

Au fur et à mesure, j'arrive à analyser les sensations qui me parviennent.
Il y a un véritable raffut autour de moi, j'entends beaucoup de personnes courir, mais aucune ne semble faire attention à moi. Tant mieux... si je pouvais m'enfuir pendant que... C'est alors que tout me revient. La recherche de cette personne, l'elfe, l'auberge, les pirates, la rouquine, la capitaine, le chien, la fuite, de nouveau la rouquine, puis un autre chien, l'arbalète, le sang, puis les clochards à mes trousses, enfin ma ridicule tentative de prise d'otage et pour terminer, le noir.

La pirate rousse avait fait l'inverse de mon cadeau.
Je lui avait sauvé la vie, et en retour elle m'avait assommée à la première occasion pour me livrer à son chef... ça m'apprendra à sauver des gens ! Ça me rappelle ce que j'avais vécu sur le chemin de Quetaïn : j'avais sauvé ce guérisseur orc et cette bande de caravaniers, et qu'est-ce que ça m'avait valu ? Certainement pas de la reconnaissance ! On m'avait reconnue et l'orc lui-même, guérisseur de surcroît, s'était jeté sur moi.

Je soupire, rouvre douloureusement les paupières.
Le bois sur le sol, ce tangage... Je suis sur leur bateau !
Mon cœur se met à battre à tout rompre dans ma poitrine.
Si nous sommes déjà en mer, je suis perdue. Tortures, viols, meurtres, je sais de quoi sont capables les pirates. Et je n'aime pas franchement la souffrance ; d'habitude, c'est moi qui l'inflige aux autre, pas l'inverse !

Le sol tangue toujours, mais je n'ai plus le temps d'attendre de reprendre mes esprits.
Sans réfléchir, je me met debout, titube, manque de tomber, me rattrape à une barrière... le bastingage ! Je jette un coup d’œil derrière la poupe du navire, et aperçois avec une joie intense les lumières du port, à moins de deux encablures. J'étais sauvée ! Il suffirait juste de ne pas me noyer en entrant dans l'eau glacée... mais je savais que j'en étais capable. Sen m'avait déjà fait vivre pire, non ?

Je pris une grande inspiration...
Et enjambai la balustrade.

Mais rien ne vint.
Je rouvris un œil, étonnée de ne pas sentir l'eau glaciale me prendre aux tripes.
Je... flottais dans l'air ? Non, c'était impossible, j'étais en plein rêve, là ! Une lourde voix rocailleuse résonna à mes oreilles encore somnolentes. Si je n'en compris pas réellement le sens, je ne manquai pas de remarquer le ton de réprimande. Comme une mère qui fâcherait son petit. Je me dévissai le cou pour tenter d'apercevoir l'homme qui me tenait par le blouson... Sauf que ce n'était ni une mère, ni un homme. C'était un orc. J'ouvris des yeux ronds.

Mais un assassin doit savoir aller jusqu'au bout.
Pour la guilde et pour lui-même. Et parfois, les actions qui paraissent les plus folles, les plus insensées, peuvent être les meilleures. Une lame se retrouva dans ma main. Et j'allais m'en servir pour déchiqueter les lanières de ma veste quand une deuxième main vint m'enserrer la jambe comme un étau d'acier. En désespoir de cause, je plantai mon poignard dans le cuir vert de cet étau, munie d'une grimace de rage.

Mais l'orc ne broncha pas.
Il me ramena sur le pont où il me désarma d'un geste.
Avant de me tordre les avant-bras dans le dos. Je savais me battre au corps à corps, mais contre une telle montagne de muscle, cela m'était impossible. Et la clef de bras, pourtant si simple, prenait avec la force de l'orc des allures de chaînes d'acier. Je me sentis entraînée vers je-ne-sais-où, ne cherchant plus à me débattre. Inutile à présent... mais je comptais bien leur fausser compagnie à la moindre occasion –quoique pas en plein océan... Je serrai les dents mais consentit à précéder l'orc où il souhaitait m'emmener.

¤

L'Ombre, son demi-sourire cynique aux lèvres, savoure sa victoire.
Vif comme une anguille, il a réussit à se glisser dans le navire en effervence sans être aperçu de quiconque. Il s'est glissé par une porte et a eut le temps de visiter le vaisseau en long et en large avant d'avoir à se cacher car certains pirates commençaient à circuler à l'intérieur et plus seulement sur le pont. Mais il continuait, avec la plus grande discrétion, de chercher l'endroit où se trouvait Deryn. Et bientôt, il trouverait.

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Nuhada Long John Silver
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MessageSujet: Re: Rien d'autre à faire   Dim 29 Sep 2013 - 17:53

La chose n'était pas si simple qu'on aurait bien voulu la croire. Les pas lourdement métalliques ne se laissaient pas distancer ni perdre. Plus le quai se présentait et plus nous les sentions sur nous. Je ne sais pas trop comment, mais notre marche difficile s'est transformée en course impossible. Nous ballottions la petite tête rousse de notre gibier dans tout les sens, tandis que nous fuyons ce qui semblait être plus d'une vingtaines d'hommes. La peste soit de Quetaïn et de ses trop nombreux gardes ! Une partition infernale s'engraine tandis que la sortie nous semble si proche.
Ils vont se refermer sur nous.. c'est sûr. Depuis quand ils sont si efficaces ceux là ? Et Dargal ? Il est où mon Dargal ?
Et comme si on était pas assez dans la panade, Lyra semble perdre son sang froid. Pourquoi regarde-t-elle si souvent derrière, pourquoi cette mine inquiète ? Je suis là, elle ne risque rien auprès de la Corsaire réputée que je suis ! Elle n'a qu'à se rappeler de quelle façon je lui ai botté les fesses il y a quatre ans. Qu'est-ce qu'une vingtaines de soldat avec épées et flèches ?
Pfft, une broutille !

Mais une broutille de trop, la petite a perdu la boule. La voilà qui s'empare de mon tricorne, m'abandonne la rouquine et s'en va en babillant quelques incohérentes explications.. Non mais.. Libre a elle de mourir si elle le veut, mais sans mon tricorne queue Diable !
Je fulmine, en prenant dans mes bras cette stupide assassin qui n'aurait jamais du fiche le plus petit de ses orteils dans MA fête. Ou elle aurait pu avoir l'obligeance de se présenter et de m'offrir ses services, je sais pas le minimum pour que je n'ai pas à la soupçonner de nous attirer des ennuis ! C'est de sa faute si on est dans cette galère maintenant.
Mais que diable cette galère allait-elle se foutre sur mon chemin ?

Je suis seule, mais le sacrifice de Lyra n'aura pas été vain, le nombre de bottes s'est clairement réduis derrière moi. Si y a encore deux clampins pour me poursuivre, se doit être le maximum. Bon, ptet quatre si j'ai pas de chances.
Le problème c'est que, même si les gardes de la ville sont partis ailleurs, mon marcher avec ceux du quai ne tient plus. Ils pourraient décider de me mettre des bâtons dans les roues alors que je passe seulement la petite muraille qui délimite ces deux zones. La porte n'est plus gardée, il ne faut pas long pour comprendre pourquoi. Un tas de casques roulent sur les pontons de bois. Ben tiens, ils ont essayé de prendre les navires avant qu'on puisse actionner les canons. C'était sans compter sur la force titanesque de mon orc. Sans compter non plus l'instable elfe qui doit jouer dans les cordages de Dernier Baiser. A eux deux, une garde si peu entraînée ne fait pas le poids, alors si on ajoute une horde de brutasses éméchées, on comprend qu'un navire pirate ne se prenne pas à la légère.

Bien, ce sera ça de moins ! Je peux atteindre le pont de mon navire amiral sans encombres, découvrant un Dargal occupé à beugler des ordres par ci par là et à fiche des baffes à ceux qui sont pas bien éveillés. Ben tient, on est pas prêt de prendre le large avec cette bande de bras cassés. Pas le choix, on va devoir prendre possession des quais. Le temps que tout cela se réorganise. Je laisse tomber mon fardeau sur le pont, qu'importe qu'on lui marche dessus, j'ai d'autres chats à fouetter.

-Laisse tomber ces abrutis Dargal. Réveille d'abord les artilleurs, je veux les canons chargés et prêts à tirer, on me retourne le navire d'un quart, face au port et plus vite que ça ! Et qu'on fasse signe a Néreïde de commencer à prendre le large. Je laisserais pas ces marins d'eau douce jouer avec la poudre l'esprit embué !

Un grognement d'accord roule dans la gorge de l'Orc tandis qu'il jette toute son ardeur à rassembler les esprits des artilleurs. Sans doute parce qu'il a conscience du danger qu'ils vont manipuler, il préfère cette fois les faire asperger d'eau que les frapper. Un bon Second sait faire obéir au mieux les ordres du Capitaine. Ça c'est bien.
Lorsque mes bottes résonnent sur le plancher si familier de mon navire, je ne peux que me sentir à nouveau en sécurité. Et par la même, penser avec plus de calme à Lyra. Dargal ne s'en est pas inquiété, il sait que les morts ça arrive dans la piraterie. Mais c'est une sacrée fichue chanceuse en plus d'être une tête brûlée. Y a ptet moyen qu'elle en ressorte vivante, aussi tout les moyens sont bons pour l'attendre.

-Vous me pillonerez ces tours ! Que ça m'étonnerait pas qu'y ait une baliste voir un canon là dedans. Ce serait bête qu'ils arrivent à l'utiliser alors qu'on a réussit à se débarrasser des gardes des quais. Et touchez pas à la porte ! Pas tant que personne n'y passe..

Des ailes frappent l'air juste à côté de mon oreille et, quelques frôlement de plumes contre ma joue plus tard, un bel oiseau aux couleurs chatoyantes se perche sur mon épaule en hurlant de sa voix si exotique et étrange.

-Piiiiilooneeez ! Piiiiiloneeez ! Bande de braillaaaaards!
-Z'avez entendus Monsieur Scrate ? C'est trop lent bande de braillards impuissants ! J'ai vu des prostituées vous faire tirer vos coups plus vite que ça ! Faut que je leur demande de venir astiquer ces canons pour vous ou quoi ? Que diable ! Qui m'a foutu un équipage de faiblards bailleur au corneille comme celui là ! Allons ! Faut que j'appelle le Patron pour vous réveiller?

Les insultes, y a que ça de vrai dans la piraterie. Les pirates adorent défier l'autorité, alors prouver qu'ils valent mieux que ce qu'en dit le capitaine, qu'y a-t-il de mieux ? Et sinon, les baffes de Dargal  forment une crainte omniprésente sur ce navire. Déjà ça se remue plus vite et ça beugle ! Ben tient ! Les val qui s'insultent entre eux pour se motiver. Tapez vous dans le dos mes braves, montrez à votre capitaine que z'avez pas peur de la mer, et donc pas de ces minables de la terre.
Les artilleurs s'activent, les boulets roulent et le jolie clong d'un canon prêt à faire feu se sonne joyeusement à mes oreilles.
Ah, voilà qui est bon. Un petit mousse arrive à mes côté avec une petite boîte et l'ouvre sans se faire prier. Son bien ces ptit gars, prennent pas de places, ils lavent le pont et on leur laisse pas de Rhum. Toujours opérationnels. Dommage qu'ils faillent les promouvoir un jour.
Je saisis un petit morceau et le présente devant mon perroquet chéri.

-Donnez la cadence Monsieur Scrate.
-Feeeeeuuuuuuu!

Les détonations retentissent et quatre boulets s'envolent. Un seulement atteint sa cible. Deux s'écrasent contre la muraille, un passe par dessus. Je grimace. Quelles sont les chances pour que Lyra périsse à cause de celui-ci ?
Je ne sais pas, Monsieur Scrate ne me le dira pas, il est trop occupé à savourer sa petite récompense. Il sait aussi que plus il va vite, plus il en aura. Ce qu'il ne doit pas savoir en revanche, c'est que les artilleurs ont pour missions d'aller aussi vite que lui. Un bon dressage des deux partis !

-Eh bien ! C'est l'alcool qui vous empêche de viser ! Ah ! Comment vous pouvez enfiler vos putains avec une précision pareille !

Oh, ils peuvent s'offusquer les bougres, c'est pas mon problème qu'ils aient voulu honorer la fête ! Mon problème c'est que les tours tiennent toujours et que je veux pas que ça tire sur mon navire !
Mais au moins sont-ils dans les temps. Le nouveau hurlement de Scrate déclenche la salve suivante. Elle a un succès de plus, mais faut reconnaître que Quetaïn a mis la dépense dans ces tours. C'est de la bonne pierre, enfin je crois. Je suis pas naine, mais ça tient bien au boulet.
Je laisse Scrate aux soins du Mousse qui pour une fois va pouvoir mener la danse.
Le Néréïde a déjà quitté le port, il attendra au large. Inutile d'envisager un long voyage avec des marins nauséeux. Je note que mon invitée n'est plus à sa place cependant. Quand ai-je bien pu l'attacher au mât ? C'est que je suis efficace quand je veux !
Qu'importe, je dois chopper mon elfe-océan-foufou pour qu'il se prépare à nous faire partir vite et bien. Je ne saborderais pas les navires du port (ça serait décourager le marchandage par la mer, et déjà que ça ne vole pas bien haut!), il faudra donc les distancer bien comme il faut.
Et si Lyra n'est plus là quand Dargal aura fini de secouer les gabier et les matelots, alors tant pis pour elle.
On se souviendra ptet de son sacrifice..

-Doc ! Par là Doc ! L'enseigne est blessée!

Ils ont rien compris eux. Elle est pas blessée, elle est condamnée là ! Et mon tricorne avec ! Rah, elle aurait pu se suicider sans tout de même..
Et pourquoi qu'ils s'attroupent ces balourds au lieu d'aller me préparer la voilure ?
Je m'approche avec une mine sévère d'eux. Ils s'empressent de s'écarter et me présentent une jeune rouquine, plutôt mignonne, et le chirurgien de bord tenant une flèche brisée entre ses mains pleines de sang.
Ah bah.. on aura pas le temps de la pleurer..
D'où sort cette arbalète ? Rah, trop de questions, pas le temps de s'en soucier.
Je me penche sur le visage de cette fichue tête brûlée et récupère mon tricorne. J'ai bien cru que je le reverrai jamais celui-là.

-Bien joué ma grande ! On te tuera pas aujourd'hui ! Vous deux, mettez là dans ma cabine pour que le doc puisse la soigner. Et en profitez pas pour traîner vos sales pattes dessus, l'patron pourrait ne pas apprécier! Et mettez cette arbalète sur ma table.

Elle semble vouloir dire quelque chose, mais elle attendra pour que je l'écoute.
Bien, mon tricorne de retour, y a plus de raison de démolir cette ville! Allez fichons le camps !

-Assez joué messieurs ! On rentre ! Direction plein sud Wil ! Et qu'on lui ouvre la grande voile parce que j'ai pas l'intention de traîner ici!

Dargal relaie déjà les ordres, le boulot est fini. Je suis sûr qu'ils tarderont pas à ranger les canons, j'ai plus à me soucier de grand chose. Sauf peut-être de cette rouquine. Attachée au mât, elle fait déjà tourner la tête de mes bonhommes. L'état d'urgence les a peut-être empêchés de faire des bêtises, mais faut pas compter dessus trop longtemps. Qu'ils touchent pas à Lyra, leur camarade est une chose. Qu'ils touchent pas à une prisonnière.. ça c'est impossible.

-Jusqu'où me causeras-tu des ennuis toi?

Ce n'était qu'un murmure, mais le regard que je pose sur elle ne cache rien de ma contrariété. Sur le pont, tout le monde est à l'épuisement. Je me reposerais en même temps que les autres, quand on aura plus de soucis. Mais d'ici là, va falloir éviter qu'ils décident bêtement d'évacuer leurs tensions. Un navire, en fait il faut en attendre plus d'un, peut toujours nous poursuivre en représailles. Attaquer un port de commerce n'est pas courant. Dire que notre entrée était discrète et presque réussie. C'est triste !
Qu'importe, je jette mon manteau sur un tonneau, un mousse s'en occupera bien, et tire mon sabre. Trop de choses à régler ce soir. Et le petit matin risque d'arriver trop vite à mon goût. J’apostrophe un gabier pour qu'il vienne refaire ses liens, sous la surveillance de ma lame.
Enfin, il l'emmène dans ma cabine, où elle pourra retrouver sa ravisseuse, avec l'ordre de l'attacher à une chaise. Qu'on ne m'en parle plus avant la pause !

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